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Affaire Cahuzac : « désastre généralisé »

(INTERVIEW –   Michel Wieviorka sociologue à l’EHESS. – interview JDD))

Quelle est votre réaction à l’affaire Cahuzac?
Je suis dans un état de sidération. C’est un désastre pour la gauche, pour le monde politique, pour la vie intellectuelle et la vie morale. Un désastre généralisé.

Qu’est-ce qui vous choque le plus : son mensonge depuis quatre mois, son compte offshore?
Pour moi, le plus grave, c’est que cette situation ait été possible. Depuis dix ans qu’ils se préparent à gouverner, les politiques de gauche avaient le temps de se connaître, de nouer des relations d’amitié, de confiance. Le fait que l’un d’eux ait pu faire gober à tous ses proches, au Président, au Premier ministre, à tout le monde, qu’il n’avait pas ce compte, c’est hallucinant. Après DSK et l’aveuglement du PS, cela m’inquiète beaucoup sur la capacité de ceux qui nous dirigent à porter un jugement sur les hommes. Qu’il ait menti, qu’il ait eu ce compte, toujours actif, alors qu’il était ministre du Budget, en charge de traquer la fraude fiscale, c’est terrifiant… D’autant que son prédécesseur au Budget était lui aussi, déjà, sous le coup de soupçons. Je crois que ce pays commence à être exaspéré par le monde de l’argent. Je sens une colère populaire qui monte. On ne peut pas demander davantage de pression fiscale, des efforts supplémentaires à tout le monde, et d’un autre côté voir une classe politique qui fonctionne comme cela. Cette colère qui monte, elle risque de se transformer en rage ici et là parce qu’il y a de quoi être enragé face à de tels événements. Vous savez, ce n’est pas rien des gens qui se suicident devant Pôle emploi ou sur leur lieu de travail… Il se passe quelque chose. On vit dans ce pays-là.

«Tout l’univers de Hollande est discrédité»

Cahuzac, c’est d’abord un désastre pour la gauche…
Bien sûr, d’abord pour la gauche. Elle avait dix ans pour se préparer au retour aux affaires, pour se forger une vision, et à l’évidence aujourd’hui, au bout de dix mois de gestion, on voit bien qu’elle n’était pas préparée et qu’aucune réflexion n’avait été engagée pour savoir comment conduire un pays en temps de crise. Elle se revendique de la social-démocratie, mais pour cela il faudrait avoir la capacité à faire fonctionner un État providence et pouvoir s’appuyer sur un parti ou un mouvement ouvrier ou syndical qui fasse du social ! Or rien de tout cela. C’est une social-démocratie sans social ! Dans la crise, la gauche n’offre aucune perspective à moyen, court et long terme. Elle a cru qu’il suffisait de gérer techniquement la crise… La droite n’est guère mieux, même si elle s’essaye à une deuxième jeunesse avec sa critique du mariage pour tous. Oui, je suis très inquiet… En fait, il s’est produit avec l’alternance de mai dernier une situation espagnole à l’envers. On prend la gauche parce que la droite ne va plus, mais maintenant qu’est-ce qu’on va faire si la gauche échoue aussi ? Un gouvernement de techniciens, cela a échoué en Grèce et en Italie. Je n’y crois pas en France. Il va nous rester les deux populismes, le national populisme d’extrême droite et le gaucho populisme d’extrême gauche. On risque de s’enfoncer dans une spirale de grand délabrement politique.

Vous parlez aussi de crise morale…
Oui, nous traversons une crise morale. La France est en Europe un des pays qui a le plus de mal avec la mondialisation. Dans toutes les études, nous sommes ceux qui ont le plus peur de l’avenir. Il y a une sorte d’inquiétude collective. Du coup, on s’enferme dans des débats surréalistes, comme le dernier en date, celui de la crèche Baby Loup. Nous sommes devenus un pays sans repères. Coup sur coup, l’affaire DSK, puis l’affaire Cahuzac, cela fait beaucoup… La crise est aussi intellectuelle. À la Maison des sciences de l’homme, on essaye de construire un débat d’idées sur des bases solides, respectables, mais c’est difficile. La plupart de nos initiatives ne provoquent que bien peu d’intérêt auprès des politiques…

Vous craignez une montée du Front national?
Ma plus grande inquiétude, ce n’est pas tant que le Front national rafle la mise, c’est plutôt une droitisation d’une partie de la droite. Dans un même temps, le FN va réclamer davantage de respectabilité et une partie de la droite est en court de lepénisation. Cette double logique peut provoquer une rencontre…

Comment pensez-vous que François Hollande puisse réagir?
Je ne sais pas, compte tenu de sa personnalité et de son approche politique, s’il pourra prendre les décisions structurelles lourdes qui s’imposent. Je pense qu’il va continuer à s’enliser en priant le ciel pour que l’économie reparte et que la crise s’éloigne. Bien sûr tous ses ministres ne sont pas corrompus, mais tout son univers est discrédité. Avec qui pourrait-il aujourd’hui faire des choses neuves ?

Vous êtes très pessimiste…
François Hollande a déjà perdu un an. C’était tout de suite qu’il fallait prendre des mesures, engager des choses importantes. Je ne dis pas qu’il n’a rien fait, mais que ce qu’il a fait n’était pas à la hauteur. Aujourd’hui, plus rien ne se résoudra par de la com ou des réformettes. Je ne vois pas ce que Hollande peut faire, et si ça commence à tanguer plus fort, je ne crois pas qu’il aura les ressources pour prendre les mesures et renverser la vapeur. Je vois plutôt un scénario à la Zapatero, avec un affaiblissement général et une fin de mandat médiocre.

 

Déclaration patrimoine politique : du cinéma !

Déclaration patrimoine politique : du cinéma !

Hollande va organiser la fausse transparence mais il y aura un retour de bâton car beaucoup vont maquiller leur patrimoine ; la preuve, les premiers qui ont faiat l’exercice déclare des biens immobiliers sous évalués, un PEA de 120 euros !, des voitures de plus de dix ans ! Des sortes d’auto proclamation sans aucune vérification. De quoi nourrir la presse pendant des mois. Le projet de loi fera l’objet d’une communication, selon l’Elysée « précise », en Conseil des ministres dès mercredi, avec pour objectif sa présentation devant ce même Conseil deux semaines plus tard, le 24 avril, et une adoption définitive par le Parlement « avant l’été ».  Sans attendre et devant le risque d’une décrédibilisation encore plus profonde du pouvoir et de la classe politique, onze mois après l’élection de François Hollande à l’Elysée, le Premier ministre a annoncé par ailleurs la publication des déclarations de patrimoine de l’ensemble des ministres d’ici au 15 avril.  Pour le chef du gouvernement, cet exercice de transparence est « de nature à recréer de la confiance ». « C’est bien que ceux qui exercent une responsabilité publique, ministres, parlementaires ou encore élus de grandes collectivités territoriales, rendent public leur patrimoine », a déclaré à la presse M. Ayrault, lors d’un déplacement à Tours.  A l’Elysée, on est conscient du risque de cette opération de transparence. « Psychologiquement ça va être dur et politiquement ça peut être ravageur », affirmait ainsi un conseiller.   »La marge est très étroite entre la dissimulation d’un côté et le déballage de l’autre. La solution intermédiaire c’est la transparence », plaidait-on. « Ca va dépendre beaucoup de la situation des parlementaires chez eux » mais « on sait que pour la gauche c’est toujours plus dur ».  Quant à la « rumeur » repercutée par le quotidien Libération, prêtant au ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius un compte en Suisse, en reprenant une piste « explorée » par Médiapart, c’est « un scoop assez spécial », ironisait-t-on à l’Elysée. « Personne ne sait quelle est la consistance de la rumeur » concernant M. Fabius, ajoutait-on cependant.  On a en tous cas formellement démenti tout mouvement de panique à l’Elysée à ce sujet. Quant à la possibilité que d’autres personnalités soient mises en cause, « on ne va pas vivre dans la paranoïa non plus », affirmait-on.   »Il n’existe à Mediapart que ce qui est publié sur notre site », a pris soin de souligner un journaliste du site d’information, tandis que M. Fabius a « formellement démenti » les assertions du journal, promettant « des procédures juridiques ».  Les consultations sont allées bon train tout au long du week-end avec une entrevue entre le chef de l’Etat et Jean-Marc Ayrault dimanche. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, et celui du Redressement productif, Arnaud Montebourg, ont également été vus au palais présidentiel.  Des réunions devaient se dérouler encore lundi soir à l’Elysée.  Visiblement affecté par la tournure des événements, François Hollande y a de nouveau fait allusion, au cours de la réception lundi des skippers du Vendée Globe, comme il l’avait fait samedi lors d’une brève visite sur ses terres corréziennes.  Les Français « s’interrogent », a-t-il dit. « Est-ce que le cap est bon, est-ce que la direction est bien la plus courte pour arriver à l’essentiel, est-ce qu’au-delà des tumultes, des turbulences, nous pouvons réussir? », s’est-il demandé.  Il a répondu d’un simple « oui », saluant la capacité des marins, « quand il y a un certain nombre d’intempéries et qu’il y a quelques cassures », de « tenir bon, de réparer, de repartir et de finir ».  Prenant les devants, la ministre Marie-Arlette Carlotti a publié dès lundi sa déclaration de patrimoine sur son blog. Les deux ministres écologistes du gouvernement, Pascal Canfin et Cécile Duflot, l’ont imitée en fin d’après-midi, tout comme plusieurs députés de tous bords plaidant aussi pour la « transparence ».  François Fillon a annoncé dans la soirée qu’il le ferait également.  Deux propositions de loi seront également déposées par les députés écologistes, dès mardi à l’Assemblée, sur la lutte contre les paradis fiscaux et la moralisation de la vie politique.  Après le calendrier annoncé par Matignon, le patron du PS Harlem Désir a appelé « toutes les formations républicaines représentées au Parlement » à adopter le futur projet de loi du gouvernement.  Pour l’UMP Valérie Pécresse, qui avait précédé Jérôme Cahuzac au ministère du Budget, « toutes les propositions (de moralisation de la vie publique, ndlr) qui sont sur la table ne servent qu’à faire diversion face à la gravité du séisme ». Elle a assuré n’avoir eu en sa possession « absolument aucun élément » sur les comptes à l’étranger de Jérôme Cahuzac lorsqu’il était à la tête de la commission des Finances de l’Assemblée nationale.  Quant au président UMP de cette commission, Gilles Carrez, il a affirmé ne pas être « satisfait » des réponses apportées par le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, sur l’enquête fiscale qui devait déterminer si Jérôme Cahuzac était détenteur d’un compte en Suisse. Le député s’interroge encore sur les raisons pour lesquelles Bercy n’a pas sollicité Singapour et ne s’était intéressé qu’à une seule banque suisse, UBS.  Ancien chirurgien, Jérôme Cahuzac doit désormais faire face aussi à ses pairs. L’Ordre des médecins souhaite l’entendre sur d’éventuels manquements à la déontologie et tout particulièrement sur ses relations avec les laboratoires pharmaceutiques. La sanction maximale encourue est la radiation à vie du droit d’exercer la médecine  L’affaire Cahuzac enfin continue à avoir des effets délétères sur l’opinion : ainsi, selon un sondage BVA-Orange pour l’Express-France Inter et la presse régionale, 63% des Français (contre 54% en juillet 2010) pensent que les affaires sont le signe que les personnalités politiques sont le plus souvent corrompues  D’après le baromètre de l’action politique Ipsos/Le Point publié lundi, le président François Hollande perd 5 points de popularité en un mois avec 26% de satisfaits de son action, tandis que son Premier ministre Jean-Marc Ayrault en perd 3 points à 28%.

 

Moralisation politique : Cohn-Bendit n’y croit pas

Moralisation politique : Cohn-Bendit n’y croit pas

L’opération transparence : du pipeau, c’est en substance ce que dit Cohn-Bendit. L’eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit a dit lundi ne pas croire à « l’opération transparence » voulue par le gouvernement sur le patrimoine des ministres et à laquelle se plient des députés, car il faudrait pouvoir vérifier ce qui est avancé.   »Je n’y crois pas! Si quelqu’un a quelque chose à cacher, l’opération transparence il en a rien à cirer! », a-t-il déclaré sur RTL.   »Je ne crois pas que d’étaler la fiche d’impôt sur la place publique ça fasse avancer quoi que ce soit », a aussi dit le responsable écologiste.  Il s’est dit favorable à ce que parlementaires et ministres déclarent leur patrimoine et leurs avoirs auprès d’une institution publique, mais à condition que celle-ci, qui dépendrait par exemple du Parlement, ait « la capacité de vérifier » ce qui est dit.   »Moi je suis pour une République qui fonctionne; la solution c’est casser les paradis fiscaux, l’évasion fiscale », a souligné encore M. Cohn-Bendit  Pour lui, « il n’y a qu’une dictature qui peut vraiment vérifier tout sur tous les citoyens ». Et, a-t-il enchaîné, « le +tous pourris+ ça c’est les années 30! Non les politiques ne sont pas tous pourris, il y a des pourris », mais comme il y en a « dans le peuple, chez les industriels, chez les syndicalistes »., le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé la publication des déclarations de patrimoine de l’ensemble des membres du gouvernement d’ici au 15 avril.

 

Sondage popularité Hollande : la descente aux enfers s’accélère

Sondage popularité  Hollande :  la descente aux enfers s’accélère

 

 

Nous indiquions que l’affaire Cahuzac coûterait sans doute de l’ordre de 5 points à Hollande déjà au plus bas. C’est fait,  François Hollande perd cinq points en un mois et franchit le seuil symbolique de 70% d’opinions négatives, contre 26% de positives, selon le baromètre Ipsos-Le Point diffusé lundi. Pour l’hebdomadaire, cette chute du président de la République est l’effet direct du choc provoqué par l’affaire Cahuzac, le sondage ayant été effectué les 5 et 6 avril, trois jours après les aveux de l’ancien ministre du Budget. Le chef de l’Etat est particulièrement en chute libre chez les électeurs qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle il y a un an (- 10,2% d’opinions favorables). Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, souffre d’un désaveu moins cinglant, perdant trois points d’opinions favorables, à 28%, soit deux points de plus que le locataire de l’Elysée. Sur les 38 personnalités testées, 34 voient leur taux d’opinions défavorables augmenter, signe d’un rejet généralisé de la classe politique, estime Le Point. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, conserve la tête du classement, avec 52% d’opinions favorables, mais lui aussi voit les opinions défavorables monter de huit points, à 33%. Dans cette enquête, l’affaire Cahuzac semble profiter à la marge aux extrêmes, le président du Parti de gauche et la chef de file du Front national continuant à se tenir dans un mouchoir, respectivement 17e et 18e. Jean-Luc Mélenchon obtient 35% d’opinions favorables (+1) et Marine Le Pen 33% (+2).

 

Economie, politique, société: pages les plus regardées 8 avril 2013

chansons-poèmes de  g.bessay:

 

 

 

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Sondage : les élus sont corrompus pour 77%

Sondage : les élus sont corrompus pour 77%

 Selon un sondage OpinionWay pour LCI et Le Figaro, 36% des Français éprouvent du dégoût et 32% de la méfiance envers leurs élus. Pire : ils ne sont plus que 1% à ressentir du respect pour eux. Et pour cause : près de huit Français sur dix (77 %) pensent que leurs représentants sont corrompus, seuls 22% les trouvent honnêtes. «C’est la confirmation d’une image désastreuse. Sans doute, cette proportion va diminuer quand l’affaire sera close. Mais il restera des traces», prédit Bruno Jeanbart, directeur général adjoint d’OpinionWay. En trois ans, le sentiment de dégoût a progressé de 13 points mais la méfiance, elle, est tombée de 39 à 32%. Logiquement, l’intérêt pour la politique est donc passé de 18% en octobre 2011 à 9% ce mois-ci. « C’est la première fois que le dégoût est le sentiment qui arrive en tête chez les Français quand ils pensent à la politique », assure Bruno Jeanbart. Pour Bruno Jeanbart, « on y voit clairement l’effet Cahuzac depuis décembre. En trois mois, le dégoût gagne 10 points. Les Français ont franchi une nouvelle étape. Le risque est désormais de passer de la défiance teintée de désintérêt à la défiance marquant une opposition tranchée contre la majorité. »

Bayrou au gouvernement ?

Bayrou au gouvernement ?

 

 

La déclaration de Bayrou n’est pas anodine ; il sait que le gouvernement et sa majorité vont s’effondrer complètement d’ici quelques mois. D’une certaine manière, il entrevoit à juste titre l’incontournable nécessité d’un gouvernement d’union nationale. François Bayrou, président du MoDem, a affirmé, dimanche sur France 2, qu’ »il y a un moment où le remaniement devient inéluctable », en précisant qu’il n’était « pas envisageable » pour lui d’entrer au gouvernement « tant qu’il n’y a pas de changement de ligne politique ».  ’Il a un moment où le remaniement devient inéluctable, en particulier si l’on fait ce que je crois absolument indispensable, c’est-à-dire reprendre toutes les questions de moralisation », a affirmé M. Bayrou, en citant « tout ce qui touche au cumul des mandats, aux gouvernements pléthoriques, aux nombres de députés, de sénateurs, de collectivités locales ».   »On ne peut pas laisser ces choses en chantier. Là est une partie des réponses de la société française » après l’affaire Cahuzac, a-t-il insisté.  Il a précisé que la pétition qu’il avait lancée sur internet en faveur d’une loi de moralisation de la vie publique (moralisation.fr) avait déjà recueilli « plusieurs dizaines de milliers de signatures ».  Pourrait-il intégrer un gouvernement remanié? « Ce n’est pas envisagé et pour moi, ce n’est pas envisageable tant qu’il n’y a pas de changement de la ligne politique du gouvernement », a-t-il répondu.

 

 

Juppé: c’est la politique qu’il faut changer ; pas seulement le gouvernement, avec Juppé à la tête ?

Juppé: c’est la politique qu’il faut changer ; pas seulement le gouvernement, avec Juppé à la tête ?

Juppé est un connaisseur de la politique, il résume l’action du gouvernement : des pseudos chocs, d’abord de compétitivité, ensuite de simplification maintenant de moralisation. En fait, il sait que le gouvernement et la majorité PS n’ont  plus de crédibilité et que toute cela se terminera un jour par la mise en place d’un gouvernement d’union nationale (et –ou d’experts). Il faudra un personnage un peu crédible pour le diriger, il y en a très peu en France, il en fait partie. Ses déclarations ne sont pas anodines, une sorte de posture de candidat potentiel. « Le président de la République serait bien inspiré de dire +je me suis trompé+ », a déclaré le maire UMP de Bordeaux sur Canal+. Selon lui, le pays vit « une crise politique grave » et « ce gouvernement n’a plus de crédibilité alors même qu’il y a des réformes extrêmement difficiles à faire ».   »Remanier, oui, à condition de changer de politique », a dit M. Juppé, évoquant une situation économique « gravissime ». « Remanier n’a de sens que si c’est pour engager une politique différente », a-t-il souligné, en affirmant que « la boîte à outils du président de la république n’est pas à la hauteur » de la situation.  Alain Juppé a notamment demandé au gouvernement de « cesser de matraquer » et de « stigmatiser les entreprises ».  Jugeant « le pouvoir complètement déboussolé », Alain Juppé a ironisé sur « le grand patouillage » dans la majorité depuis les aveux de l’ancien ministre du Budget, et notamment sur « le choc de moralisation » annoncé, après « le choc de compétitivité et le choc de simplification ».  A propos de l’affaire du compte suisse de Jérôme Cahuzac, l’ancien Premier ministre a estimé qu’il restait « des questions » auxquelles le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, devait répondre « de façon plus explicite qu’il ne l’a fait ».  M. Cahuzac a commis « une faute inqualifiable », selon M. Juppé. « Maintenant, il redresse apparemment la tête et prétend rester sur son siège de député. C’est inacceptable », a-t-il ajouté. Même si légalement Jérôme Cahuzac a le droit de revenir à l’Assemblée nationale, « il faut qu’il s’écarte complètement de la vie politique », a dit M. Juppé, parlant d’une « question de morale ».  Interrogé sur les moyens d’éviter à l’avenir ce genre d’affaire, M. Juppé a indiqué qu’il fallait « sans doute être plus vigilant dans le choix des principaux responsables des grands postes » comme le ministère de l’Economie ou celui du Budget. Il a cité l’exemple de « procédures d’audition » aux Etats-Unis pour les candidats à certaines fonctions.  Selon M. Juppé, il n’est pas forcément nécessaire de légiférer à nouveau, mais il convient plutôt de faire appliquer les textes existants.  Quant à un référendum, dont l’idée a été avancée par le PS, il risquerait fort, estime-t-il, de « se transformer en question de confiance pour ou contre le gouvernement ».

 

Affaire Cahuzac Laurent- Wauquiez (UMP) : « le problème du rapport à l’argent concerne toute la classe politique »

Affaire Cahuzac Laurent- Wauquiez (UMP) :  «  le problème du rapport à l’argent concerne toute la classe politique »

Laurent Wauquiez est un candidat virtuel à la direction de l’UMP, il sait qu’il a des chances d’être élu (à condition que Copé n’étouffe pas l’élection) ; il n’hésite donc pas à dire qu’en faiat toute la classe politique est mouillée dans les scandales politico –financier – attaque indirecte contre Sarkozy, Copé et les vieux briscards de la politique).  Sous prétexte de participer au concours d’idées pour moraliser la vie politique, Laurent Wauquiez a jeté hier un pavé dans la mare de son propre parti, l’UMP. « Le problème n’est pas seulement Cahuzac et Hollande, mais celui du rapport de la classe politique à l’argent, de toute la classe politique », a affirmé l’ancien ministre dans le « JDD » et sur France 3 . « Tout le monde doit balayer devant sa porte », a-t-il insisté. Depuis la désastreuse élection Fillon-Copé, la jeune relève UMP fait au fond le pari que les deux hommes se sont fourvoyés et elle essaie d’accélérer l’histoire. Sûrs d’eux et de leur talent, Xavier Bertrand, Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire, entre autres, multiplient les initiatives censées illustrer leur nouvelle façon de faire de la politique. Laurent Wauquiez a été plus loin encore hier. Le « qui savait quoi sur Cahuzac » se pose à tous, droite comprise ? Le député-maire de Haute-Loire l’a senti et engage la bataille générationnelle dans son parti. Il a publié son patrimoine, proposé de s’inspirer de la transparence américaine et nord-européenne, et a assorti le tout de sous-entendus assassins sur ses aînés politiques. A commencer par Jean-François Copé, qu’il rêve d’affronter à l’UMP en septembre. « Je n’ai jamais eu d’ »estime personnelle » pour Jérôme Cahuzac », a indiqué Laurent Wauquiez en reprenant les mots utilisés par Jean-François Copé à l’égard de l’ancien ministre. Lorsqu’un parlementaire a une activité privée, il faut rendre publics les clients et les honoraires, a-t-il proposé, en citant les « avocats », profession du président de l’UMP. Mais plus généralement, « dans ma génération, nous nous sommes engagés en sachant qu’on ne faisait pas fortune en politique », a-t-il affirmé, comme pour mieux rappeler que ce n’était forcément le cas des précédentes.  L’affaire Cahuzac et les secousses politiques qu’elle provoque ouvriront-elles la voie à des hommes neufs, ou susciteront-elles un besoin de solidité ? Difficile à dire. De Mélenchon à Marine Le Pen en passant par le PS et l’UMP, les postures adoptées depuis une semaine ne sont évidemment pas exemptes d’arrière-pensées. Jean-François Copé s’est en tout cas voulu plus « mesuré » que ces derniers jours hier sur BFM TV. Cibler le gouvernement et demander sa démission, sans « cautionner la démagogie ».

 

Cahuzac: Hollande prépare des mesurettes en attendant un nouveau gouvernement

Cahuzac: Hollande prépare des mesurettes en attendant un nouveau gouvernement

Face aux scandales Cahuzac ou de son trésorier de campagne (financier international), Hollande prépare des mesurettes ; il risque d’être rapidement dépassé par la situation car d’autres informations pourraient venir pourrir un peu plus l’atmosphère politique ; exemple, la télévision publique helvétique (RTS) a assuré dimanche que l’ex-ministre délégué au Budget avait cherché à placer 15 millions d’euros en Suisse en 2009, une « thèse » toutefois immédiatement réfutée par son avocat, Jean Veil.  Hormis son déplacement de quelques heures samedi dans son fief de Tulle, le président de la République a passé le week-end à travailler et à consulter tous azimuts, en contact étroit avec les équipes de Matignon et du ministre chargé des Relations avec le Parlement Alain Vidalies.  Cinq jours après les aveux de l’ancien ministre délégué au Budget, la droite n’a pas baissé la garde, poursuivant ses attaques à l’encontre de l’exécutif. « Les jours du gouvernement sont comptés » a lâché l’ancien ministre UMP Xavier Bertrand, qui avec le président du mouvement Jean-François Copé a demandé une commission d’enquête parlementaire sur l’affaire, comme l’avait fait auparavant l’UDI.  Face à l’urgence, l’objectif du gouvernement est d’élaborer le plus rapidement possible un projet de loi sur la base des mesures qu’il avait annoncées mercredi au lendemain de la mise en examen de son ex-ministre du Budget: réforme du Conseil supérieur de la magistrature pour « renforcer l’indépendance de la justice », lutte « impitoyable » contre les conflits entre intérêts publics et privés avec la « publication et le contrôle » du patrimoine des ministres et parlementaires, « interdiction de tout mandat public » pour les élus condamnés pénalement pour fraude fiscale et corruption.   »Je prépare sous l’autorité du président de la République des mesures sévères pour garantir la transparence, le respect de la loi et la probité », a déclaré Jean-Marc Ayrault dans une interview à paraître lundi dans la Nouvelle République du Centre-Ouest. « La fin du cumul des mandats, la transparence totale sur les patrimoines, la traque des conflits d’intérêts, la lutte contre la fraude fiscale et les paradis fiscaux. Nous ferons tout ceci », assure-t-il.   »L’idée c’est de sortir un texte de loi très fort pour juguler » la crise provoquée par cette affaire, affirmait dimanche l’Elysée indiquant sans plus de précisions que « plusieurs pistes sont à l’étude ».   »On n’est pas en cellule de crise du matin au soir » mais « le président est déterminé à ce que des mesures radicales soient prises rapidement », précisait un conseiller du chef de l’Etat.  A Matignon, « tout le monde est à fond pour produire un texte le plus rapidement possible », indiquait un autre conseiller sans être en mesure de préciser si le texte pourrait être présenté dès cette semaine.  Les propositions vont bon train dans la majorité pour tenter de réparer les dégâts de l’affaire Cahuzac. Parfois dans la cacophonie. Ainsi le premier secrétaire du Parti socialiste Harlem Désir a proposé vendredi un référendum pour moraliser la vie politique, mais une de ses porte-parole, Frédérique Espagnac, a elle jugé que le Parlement avait déjà « les instruments » pour le faire.  L’aile gauche de la majorité et les écologistes continuent eux à être très sévères sur les responsabilités de l’exécutif, alors que selon un sondage paru dimanche 60% des Français sont favorables à un remaniement du gouvernement et que dans un autre plus du tiers se prononcent pour une dissolution de l’Assemblée nationale.  Dans l’entourage du chef de l’Etat, certains voient mal comment sortir de l’impasse. « Ce ne sont pas les mesures de moralisation qui vont changer quoi que ce soit. La population a été ébranlée dans ses profondeurs, il y a aujourd’hui une rupture de confiance avec le monde politique », affirme ainsi un de ses conseillers. « Je me souviens du temps où on rêvait d’un quinquennat sans affaires… c’est raté », se lamente un autre, rappelant avec amertume les déclarations de campagne du candidat socialiste.  En particulier celles du grand meeting du Bourget le 22 janvier 2012 où il proclamait « j’aime les gens quand d’autres sont fascinés par l’argent », faisant du monde de la finance son « adversaire ».  Alors que le chef de l’exécutif est passé en dessous de la barre des 30% dans deux récentes enquêtes d’opinion, son deuxième déplacement de 48 heures, qui était prévu cette semaine dans l’Ardèche et la Drôme, est remis « à plus tard », a indiqué l’Elysée.

 

Fabius « dément » la « rumeur » de Libération sur un compte en Suisse

Fabius « dément » la « rumeur » de Libération sur un compte en Suisse

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a « démenti formellement » dimanche auprès de l’AFP une « rumeur, relayée par Libération » dans son édition datée de lundi lui « attribuant un compte en Suisse », ajoutant qu’il engageait des poursuites judiciaires.   »Je démens formellement la rumeur, relayée par Libération dans son édition du lundi 8 avril, m’attribuant un compte en Suisse. Elle ne repose sur aucun élément matériel et est dénuée de tout fondement » écrit M. Fabius dans un communiqué, en annonçant avoir mandaté son avocat « pour qu’il engage les procédures juridiques permettant de le démontrer et de faire cesser la diffusion de ces informations fausses et calomnieuses ».  En Une, le quotidien titre: « Affaire Cahuzac, le cauchemar continue », et écrit que Laurent Fabius a démenti auprès de lui « détenir un compte en Suisse ».  Libé en fait son « évènement » sous le titre: « une possible affaire Fabius tétanise l’Elysée ». S’en suit un long article qui ne produit aucun élément donnant à penser que le ministre des Affaires étrangères détiendrait un tel compte non déclaré, soulignant simplement que Mediapart « explore (cette) piste ».   »Il n’existe à Mediapart que ce qui est publié sur notre site », prend soin de souligner à Libération le journaliste du site d’information Fabrice Arfi.

 

Cahuzac : encore 15 millions cachés en Suisse ?

Cahuzac : encore 15 millions cachés en Suisse ?

L’ancien ministre français du Budget Jérôme Cahuzac aurait cherché à déposer 15 millions d’euros en Suisse en 2009, annonce dimanche la télévision publique suisse (RTS). « Il aurait tenté de placer cet argent dans un établissement de gestion financière à Genève en 2009 mais l’établissement aurait refusé par crainte de complications ultérieures, Jérôme Cahuzac étant une personnalité exposée politiquement, selon des informations bancaires recueillies par la rédaction de la RTS », précise la RTS sur son site. Pour Jean Veil, l’avocat de Jérôme Cahuzac, « cette thèse n’est pas crédible sur le plan du bon sens ». Avec l’acceptation en 2009 par la Suisse de se conformer à partir du 1er janvier 2010 aux règles de l’OCDE en matière d’évasion fiscale, Jérôme Cahuzac a cherché à escamoter ses avoirs et a pu clore son compte à la banque UBS avec l’aide de la société financière Reyl et Cie qui a placé l’argent dans la succursale de Singapour de la banque privée suisse Julius Baer. La somme concernée par cette opération est de 600.000 euros, comme l’a dit Jérôme Cahuzac et comme l’a laissé entendre à la presse le procureur genevois Yves Bertossa, en charge de l’enquête.  Le parquet de Genève, qui a saisi les documents bancaires concernant ce compte chez UBS et chez Reyl, a précisé ne pas avoir étudié le détail des mouvements de ce compte, tâche qui reviendra au parquet de Paris, à l’origine de la demande d’entraide judiciaire. Il n’y a pas eu de perquisition chez Julius Baer. Le parquet de Genève n’a pas exclu de recevoir des demandes complémentaires de Paris. Selon la RTS, « des sommes plus importantes auraient été déposées ou transférées par Genève dans les années précédentes », c’est-à-dire avant 2009. Des sources spécialisées n’excluent pas aussi l’existence d’un autre compte et s’étonnent de la relative modicité de la somme transférée sur Singapour compte tenu des frais facturés pour de telles opérations.

 

La rumeur de Libé sur Fabius ( Mediapart)

La rumeur de Libé sur Fabius ( Médiapart)

 

Lundi, Libération relaie une rumeur selon laquelle Mediapart détiendrait des informations sur un éventuel compte en Suisse détenu par Laurent Fabius. Une méthode qui a le don de mettre hors de lui Edwy Plenel, co-fondateur du site d’informations en ligne. « Libération transforme en information une rumeur sur Laurent Fabius en prétendant démentir une non-information de Mediapart », s’est-il offusqué sur Europe 1 lundi matin. « Nous n’avons rien à dire tant que nous n’avons rien publié. Nous sommes des journalistes sérieux. Nous ne publions que ce dont nous sommes sûrs. C’est ce qui s’est passé dans le cas de Cahuzac », insiste le directeur de la publication de Mediapart. « Tant que nous ne publions pas, c’est que nous ne savons pas. Et donc ce qui n’est pas publié n’existe pas », a insisté Edwy Plenel. « Ce ne sont que des rumeurs, l’ennemi du journalisme. Ce ne sont que des commérages, l’ennemi de la démocratie. Et donc, attention. Ce zèle des ouvriers de la 11e heure, dans le moment dramatique, d’interrogations sur notre démocratie, est pour moi catastrophique », assène-t-il.

 

Europe : rejet de l’austérité du fait de la fraude fiscale généralisée

Europe : rejet de l’austérité du fait de la fraude fiscale généralisée

En France, l’affaire d’évasion fiscale touchant l’ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac va renforcer « la vision un peu dominante d’un rejet des élites politiques, que l’on retrouve un peu partout en Europe », craint Eddy Fougier, chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). « Tout concourt à ce que cela conforte les thèses populistes, la thèse du +tous pourris+ », s’inquiète-t-il.   »Comment les citoyens ne seraient-ils pas écoeurés ou révoltés de constater que le grand argentier de l’Etat s’était froidement affranchi de la rigueur et des efforts qu’il leur réclamait? » s’interrogeait jeudi le quotidien Le Monde.  Si cette défiance se mesure jusqu’à présent en France surtout dans les médias et les sondages, dans les pays du sud de l’Europe en revanche, touchés par des années d’austérité beaucoup plus sévère, l’indignation a déjà trouvé sa traduction dans les urnes ou dans la rue.  En Italie, les affaires de fraude sont une constante à l’image des procès contre Silvio Berlusconi ou de l’amende énorme infligée cette semaine aux stylistes de Dolce & Gabbana (343 millions d’euros).  La réaction des Italiens ne s’est pas fait attendre et, aux élections de février, le Mouvement cinq étoiles (M5S) de Beppe Grillo, qui cristallise le vote anticorruption et antiaustérité, a engrangé environ 25% des votes.   »Aucun parti politique ne doit se faire d’illusion. Même si tous n’ont pas agi de la même façon, il existe une rage à leur encontre », juge Giacomo Marramao, professeur de philosophie politique à l’Université Rome III.  Dans la péninsule ibérique, les scandales à répétition provoquent le dégoût. Brandie dans la rue ou dessinée sur internet, l’enveloppe, censée cacher de l’argent, est devenue un symbole d’écoeurement.   »En Espagne, on n’a jamais bien pardonné le fait d’empocher de l’argent et si cela coïncide en plus avec une époque de crise généralisée, cela réveille des sentiments terriblement hostiles », analyse Emilio de Diego, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Complutense de Madrid.  Le Parti populaire (PP) est secoué par deux enquêtes. L’une porte sur une comptabilité occulte du parti qui aurait bénéficié jusqu’au chef du gouvernement Mariano Rajoy. L’autre, baptisée « l’affaire Gürtel », empoisonne la droite depuis 2009, des sociétés proches du PP étant soupçonnées d’avoir versé des commissions et offert des cadeaux afin d’obtenir des contrats publics.  Les scandales touchent aussi la famille royale depuis qu’un juge a ouvert une enquête sur le détournement de plusieurs millions d’euros d’argent public et dans laquelle est poursuivi Iñaki Urdangarin, l’époux de la fille cadette du roi, Cristina, elle-même convoquée prochainement par la justice.  En Grèce, où l’évasion fiscale est pratiquée à grande échelle via des sociétés offshore – comme le confirme l’enquête internationale publiée par différents médias depuis jeudi -, des milliers de manifestants dénoncent les « voleurs » devant le Parlement à chaque manifestation anti-austérité. La « liste Lagarde », comportant quelque 2.000 noms de Grecs détenteurs d’un compte dans la filiale suisse de la banque HSBC, a éclaboussé trois gouvernements accusés d’inaction.  Le journaliste à l’origine de la révélation de l’affaire, Costas Vaxevanis, a été mis en cause pour violations de données personnelles. Dans le même temps, l’ex-ministre des Finances Georges Papaconstantinou était accusé d’avoir falsifié la fameuse liste en retirant le nom de deux de ses cousines…  Les pays du nord de l’Europe ne sont pas épargnés. En Belgique, la création fin 2012 par la reine Fabiola, 84 ans, d’une « fondation privée » a été perçue comme une manière d’éviter les droits de succession. Depuis, la reine y a renoncé et le gouvernement a raboté sa dotation annuelle qui est passée de 1,4 million d’euros à environ 925.000 euros.

Placé ( vert ; EELV) » discrédit politique sur l’ensemble du gouvernement »

Placé ( vert ; EELV) » discrédit politique sur  l’ensemble du gouvernement »

(interviewJDD)

Jérôme Cahuzac a avoué mardi avoir détenu un compte à l’étranger et déclenché une grave crise politique. Qu’en pensez-vous?
Dans cette histoire, on a tous été leurrés. J’ai eu l’occasion de voir de nombreuses fois Jérôme Cahuzac. Je l’ai même entendu éructer contre toutes celles et tous ceux qui attentaient à son honneur. Evidemment, moi qui suis attaché à la présomption d’innocence, je l’ai cru jusqu’à ces aveux. J’en suis encore abasourdi. Je suis bien sûr indigné, scandalisé, dépité. On rajoute une crise morale et éthique à la crise économique et sociale.  

François Hollande dit qu’il ne savait pas. N’est-ce pas là une preuve de naïveté ou d’incompétence?
Quand vous respectez l’ensemble des procédures légales, il n’y a que la justice qui peut agir. S’il y avait eu une enquête commandée à côté, ça n’aurait pas été légal. Ce qui a été fait a été bien fait, et par la presse libre et indépendante, et par la justice. Après, le responsable, c’est quand même Jérôme Cahuzac.

Croyez-vous que l’exécutif n’était au courant de rien?
Je suis peut-être naïf mais je crois les gens! Et je continuerai à le faire. Si à chaque fois qu’il y a un délit, ou même un crime, on en tire une leçon générale par rapport à telle ou telle personne qui aurait éminemment fauté, ça n’est pas possible.

«Je ne veux pas crier avec les loups»

François Hollande souhaite que tout élu condamné pour corruption ou fraude fiscale soit inéligible à vie de tous mandats. Qu’en pensez-vous?
Je ne suis pas particulièrement pour comme je ne suis pas pour la prison à vie pour un meurtre. Le mot « à vie » pose toujours la question du droit. Il ne faut jamais être dans l’urgence là-dessus. Après, l’essentiel de ce qui a été dit correspond à ce que l’on porte.

Le gouvernement a-t-il perdu de sa crédibilité?
Bien sûr! Je ne veux pas accabler Jérôme Cahuzac parce que je ne veux pas crier avec les loups. Mais c’est lui qui portait la politique d’austérité et de rigueur. Il faut être d’une exemplarité absolue pour pouvoir porter ce type de messages. De fait, le discrédit politique s’étend à l’ensemble du gouvernement, mais aussi à l’ensemble de la classe politique avec la combinaison de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, les visites des juges chez Bernard Tapie, Patrick Buisson… Il y a un discours du « tous pourris, tous corrompus ». Je comprends le coup de massue pour les Françaises et les Français qui se disent « de qui se moque-t-on? »

Les débats sur le mariage pour tous ont commencé jeudi au Sénat. Le vote s’annonce serré. Redoutez-vous que le texte ne passe pas?
La majorité est très compacte à l’exception de quelque voix autour de Jean-Pierre Chevènement au groupe RDSE, quelques élus d’Outre-mer qui ont une autre culture vis-à-vis du mariage pour tous. Il y aussi quelque voix centristes en notre faveur ou qui vont s’abstenir. Donc logiquement, si tout le monde dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit, ça devrait passer de quelques voix.

«On pèse peu sur la politique gouvernementale»

Vous êtes favorable à la PMA. Hollande a dit qu’il suivra l’avis du Comité d’éthique. Cela vous inquiète?
Il faut arrêter la reculade! Le Premier ministre avait garanti au groupe socialiste qu’il l’insérait dans le projet de loi sur la famille, avant l’été. Si le président se conforme finalement à l’avis du comité éthique (rendu à l’automne, Ndlr), je dirais que ça suffit! Il y a eu trop de reculs sur les questions sociétales. Je ne comprends pas où le chef de l’Etat espère tirer des bénéfices politiques de cette façon de faire. Ça n’a aucun sens, tout simplement!

A quoi conditionnez-vous votre départ de la majorité?
Il est vrai qu’on pèse peu sur la politique gouvernementale. Mais je ne vois pas aujourd’hui l’intérêt de sortir du gouvernement ni de prendre des distances accrues. Ça serait quelque part une facilité de s’en sortir en disant « on s’en va ». On pourrait faire le « Mélenchon écolo ». Moi j’ai bon espoir de réussir à peser dans la majorité. Il doit y avoir une prise de conscience dans l’exécutif.

Cécile Duflot a plaidé mercredi en Conseil des ministres pour une « inflexion de politique ». Pensez-vous qu’elle va être entendue?
Oui! Notamment sur l’accord interprofessionnel sur l’emploi, pour lequel la gauche du Parti socialiste est excédée. Les députés qui rentrent toutes les semaines dans leurs circonscriptions entendent les électeurs qui ont voté François Hollande au premier tour qui leur disent qu’ils ne voteraient plus pour lui.

Vous êtes critique envers la politique économique sociale, écologique, menée par le gouvernement. Il n’y a plus vraiment de sujets pour lesquels vous apportez votre soutien…
C’est vrai, le raisonnement est difficile à tenir. Je suis un déçu de ce gouvernement et de la politique menée. Je ne m’attendais pas un seul instant à ce que le gouvernement mène une politique aussi infléchie de social-libéralisme et accepte si rapidement les contraintes du marché et les contraintes européennes. Je m’attendais à du volontarisme, à de l’ambition.

«La qualité de la candidature de NKM»

L’automne sera une séquence politique importante pour les écologistes, avec le budget et la transition énergétique. Dans l’entourage de Cécile Duflot, on parle de « moment charnière »…
Nous souhaitons la réussite du gouvernement mais on constate un début d’échec significatif.Comme on est dans ce bateau-là, on préfère tourner la barre avant de toucher l’iceberg. Le président de la République a fait une émission en disant « je, je, je ». Je m’intéresse donc à lui maintenant, et je ne m’occupe pas d’Arnaud Montebourg ou Delphine Batho. Il faut que François Hollande assume ses responsabilités.

Vous vous êtes récemment dit « extrêmement inquiet » concernant les municipales à Paris. Pourquoi?
C’est vrai qu’on arrive après treize ans d’une politique de gauche un peu essoufflée. Anne Hidalgo est porteuse du bilan de Bertrand Delanoë et je ne sens pas de dynamique sociale ou écologiste dans sa campagne. Je ne sens pas de débats d’idées, je n’entends pas de propositions. Quand on voit la situation au niveau national et la qualité de la candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet, je me dis qu’il faut faire attention.

Les écologistes souhaitent présenter une liste autonome dans la capitale. Est-ce selon vous indispensable?
Bien sûr.J’appelle cela de mes vœux, comme dans la plupart des villes de plus de 100.000 habitants. C’est une stratégie politique.

Qui pour la mener? Les candidats déclarés ne sont pas des figures du parti au niveau national…
Le combat à Paris est très médiatisé. Mais il ne faut pas que nous les Verts allions aussi dans cette tonalité. Dans ce type d’élections, avoir des gens qui ont les pieds sur le terrain ne m’inquiète pas du tout.

Regrettez-vous que le patron d’Europe Ecologie – Les Verts, Pascal Durand, ne soit pas candidat à Paris?
Oui.Le seul conseil que j’ai à donner à notre excellent secrétaire national, c’est de se confronter au suffrage universel. Ça lui donnera plus de poids. Je veux renforcer sa parole.

Pourquoi pas vous?
(Rires). De nombreux amis me sollicitent en effet. C’est sympathique, beaucoup de gens viennent me voir pour les municipales, les régionales et même déjà pour la présidentielle.J’en suis flatté.

«Il faut que les ministres gardent la tête froide»

Vous avez donc d’autres volontés que celles de rester sénateur?
Beaucoup ont daubé sur mes ambitions ministérielles. J’assume. J’étais disponible mais je n’ai aucune amertume de ne pas y être. Je vais toujours au bout de ma logique, je suis un homme qui veut peser sur mes choix. Je n’ai pas particulièrement envie de faire autre chose que de présider le groupe écologiste au Sénat dans les mois et les années à venir.

Vous avez souvent été décrit comme un « apparatchik ». Cela vous a-t-il blessé?
Ça m’amuse beaucoup. Il s’agissait peut être de stigmatiser un responsable vert qui pour une fois affichait la volonté institutionnelle d’installer l’écologie dans les responsabilités. C’est mon combat depuis quinze ans et je continuerai là-dessus. C’est en disant les choses que l’on peut peser.

Vous gardez espoir malgré la crise politique et morale…
Bien sûr! Et il faut que les ministres gardent la tête froide. Je vois qu’ils ont tous un sentiment de désolation, de déprime. Dans les périodes de crise,il faut garder les nerfs solides.

Vous avez pris la présidence du premier groupe écologiste au Sénat en septembre 2011. Quel regard portez-vous sur les mois écoulés?
Les marges de manœuvres sont faibles mais on a réussi à donner une parole un peu plus libre et rajeunir le Sénat. Il suffit de regarder l’hémicycle pour voir que l’on détonne un petit peu ne serait-ce que par l’âge et les visages!

 

UMP: plus d’élection pour la présidence ?

UMP: plus d’élection pour la présidence ?  

Officiellement, MM. Copé et Fillon s’en tiennent à l’accord passé entre eux le 18 décembre, pour mettre fin à la grave crise générée par l’élection controversée du premier à la présidence du parti un mois plus tôt, et qui avait écorné leur image dans l’opinion.  Selon cet accord, Jean-François Copé restait président de l’UMP, sa direction devenait collégiale (et pléthorique) et une nouvelle élection était programmée pour septembre.  Depuis, la donne a changé, tant au sein du parti qu’en dehors. Pour de nombreux responsables et cadres de l’UMP, « Copé tient bien la boutique » (même si certains fillonistes, dénoncent « une parti verrouillé ») et se concentre sur les municipales de 2014, multipliant les réunions publiques à travers la France.  L’ancien Premier ministre, qui vient de lancer sa propre formation, Force républicaine, a, lui, l’esprit clairement tourné vers la primaire de 2016 en vue de la présidentielle, comme le montre l’intense activité qu’il déploie avec son « tour de France à l’écoute des Français » pour préparer un « projet politique d’alternance ».  Surtout, les militants font savoir qu’ils n’ont aucune envie de rejouer la mauvaise pièce de l’automne dernier et plaident pour le rassemblement.   »Est-il vraiment nécessaire que nous revotions, alors que l’objectif principal aujourd’hui, ce sont les municipales? », s’interrogeait fin février Philippe Rapeneau, le secrétaire départemental du Pas-de-Calais, en accueillant M. Copé à une réunion publique à Arras.  Mais « un accord est un accord. Il doit être respecté dans son intégralité », a martelé François Fillon mardi dernier, lors du comité stratégique hebdomadaire du parti. Le président de l’UMP dit peu ou prou la même chose.  Voilà pour « les postures officielles », comme les qualifie un proche de Copé. « En réalité, c’est plus complexe », estime le même, « tant que Fillon ne dit pas s’il sera candidat ou non, la stratégie publique consiste à rappeler qu’il y a un accord ». François Fillon a indiqué à plusieurs reprises qu’il prendrait sa décision en juin.  Aucun des deux rivaux n’a intérêt à sortir du bois le premier et se retrouver dans la position de celui qui rompt le pacte. Ayant chacun tout à gagner ou tout à perdre dans un combat à l’issue incertaine, ils pèsent le pour et le contre.  La victoire leur assurerait à l’un comme à l’autre une légitimité incontestable à la tête du parti. Une défaite, au contraire, signerait pour le perdant « la fin de ses ambitions politiques », comme le soulignent plusieurs responsables du parti.  Mais « Fillon ne peut pas se dérober », selon ses proches (Baroin, Pécresse notamment), sauf à se discréditer pour ce qui risquerait d’apparaître comme un manque de détermination de sa part.   »Il y aura une élection », assure un autre filloniste… Mais pas forcément avec Fillon, ajoute ce dernier, en allusion à Laurent Wauquiez. Le vice-président filloniste de l’UMP, à qui beaucoup à droite prêtent du « talent », brûle de se mesurer à Copé, lequel n’aurait en revanche aucune envie de placer son cadet à son niveau. « Les idées de Fillon doivent être représentées » en septembre, répète le député-maire du Puy-en-Velay et fondateur de la Droite sociale. Mais pour l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, et soutien de Copé, une nouvelle élection ne peut avoir lieu que si l’on rejoue le match Copé/Fillon.  D’autres (Brice Hortefeux, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire) réfléchissent à une porte de sortie « honorable » dont Wauquiez ferait les frais mais qui pourrait convenir au couple Copé/Fillon: Profiter du congrès virtuel (par internet) prévu vers la fin mai pour faire entériner les nouveaux statuts du parti en posant une question supplémentaire aux militants. Voulez-vous ou non d’une nouvelle élection? S’ils répondaient non, tant Copé que Fillon auraient beau jeu de se plier à la volonté de leurs troupes.

 

Jean-Christophe Lagarde, député-maire UDI devant un tribunal pour une affaire de marché public

Jean-Christophe Lagarde, député-maire UDI  devant un tribunal pour une affaire de marché public

Jean-Christophe Lagarde, député-maire UDI de Drancy (Seine-saint-Denis), va comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris pour une affaire de marché public, a-t-on appris samedi de source judiciaire confirmant une information du Parisien.  Le responsable centriste est soupçonné d’avoir attribué illégalement un marché public pour la construction d’une tribune du stade Guy Moquet à Drancy, selon le Parisien  Il sera jugé par le tribunal correctionnel de Paris à une date non précisée.  Selon une source proche de l’enquête, l’affaire a pour origine deux plaintes pour « prise illégale d’intérêt » et « détournement de fonds publics », déposées le 14 octobre 2010 auprès du parquet de Bobigny par un jeune responsable PS de Drancy, Ugo Portier-Thomassin.  La plainte pour prise illégale d’intérêt concernait l’attribution de marchés publics à une société dirigée par une personne de l’entourage d’une adjointe de M. Lagarde. Celle pour « détournement de fonds publics » avait pour origine des dépenses effectuées pour une association de la majorité municipale.  Les deux dossiers avaient été dépaysés à Paris. La première plainte a été classée sans suite, selon la source judiciaire. La seconde a débouché sur une injonction faite à M. Lagarde de rembourser les sommes versées à l’association, ce qu’il a fait, selon la source proche du dossier .  Durant l’enquête les policiers ont cependant mis au jour d’autres malversations présumées, dans la gestion municipale, selon la même source.  Selon le Parisien il s’agissait de l’attribution illégale d’un marché public à une société de location de matériel événementiel et l’attribution d’un marché public pour la tribune du stade Guy-Môquet, à Drancy.  L’affaire concernant la location de matériels événementiel a été réglée dans le cadre d’une procédure de plaider-coupable, a précisé la source judiciaire. Selon le Parisien, M. Lagarde a été condamné à 5.000 euros d’amende dans le cadre de cette procédure.  M. Lagarde est renvoyé devant le tribunal concernant l’affaire du stade.  Contacté par l’AFP, Ugo Portier-Thomassin s’est félicité du renvoi en correctionnelle de M. Lagarde, mais a regretté que l’un des volets de l’affaire ait été réglé par la procédure du plaider-coupable.   »La justice a fait son travail, mais l’a fait en totale opacité », a-t-il regretté. « Compte tenu du contexte actuel, les élus ne doivent pas seulement être condamnés par la justice, mais également par les électeurs », a-t-il ajouté, demandant « plus de transparence ».  Interrogé par l’AFP, M. Lagarde s’est dit « pas naïf au point de ne pas voir que l’information transmise au Parisien l’a été deux jours après que j’ai demandé une commission d’enquête parlementaire dans l’affaire Cahuzac ».   »J’observe également que j’apprends moi-même tout ceci dans le journal alors que je n’ai reçu à ce jour aucune convocation de la justice.  Dans cette affaire, j’avais moi-même saisi la justice et j’attends maintenant avec sérénité mais impatience de m’expliquer devant des juges indépendants », a-t-il ajouté.

 

Cahuzac a fourni un certificat fiscal falsifié

Cahuzac a fourni un certificat fiscal falsifié

L’homme politique a présenté à la banque suisse « un certificat fiscal falsifié », écrit le Monde.  Le journal français Le Monde a décrit mercredi dernier l’odyssée des 600.000 euros non déclarés de Jérôme Cahuzac, qui sont restés longtemps en Suisse.  En 1992, Philippe Péninque, un ami de longue date de Jérôme Cahuzac a ouvert pour lui, sous son nom, ce compte à l’UBS Genève.  Quelques mois plus tard, Jérôme Cahuzac s’est rendu lui-même à Genève et le compte a été transféré à son nom.  En l’an 2000, la petite société financière Reyl & Cie, établie à Genève, est entrée en piste. A l’époque elle n’avait pas de licence bancaire, mais travaillait comme une société de Bourse. A ce titre, elle relevait de la surveillance de la FINMA, l’autorité suisse de surveillance des marchés financiers.  En tant qu’intermédiaire financier, Reyl & Cie n’était pas soumise aux mêmes règles que les banques et ne devait pas fournir de renseignement sur les détenteurs de ses comptes.  Reyl & Cie a ouvert auprès de l’UBS un compte « omnibus », soit un compte comprenant les fonds de plusieurs clients, seulement connus par la banque, et parmi lesquels figurait Jérôme Cahuzac, dont l’argent est resté de facto à l’UBS.  En 2009, après que la Suisse s’est déclarée prête à accorder l’aide judiciaire en cas d’évasion fiscale, Jérôme Cahuzac a estimé que la situation devenait trop dangereuse à Genève et a demandé à Reyl & Cie de transférer les fonds sur un compte ommnibus à Singapour, auprès de la filiale de la banque Julius Baer .  La banque Julius Baer a réagi avec prudence, écrit le journal. Elle a réclamé à Reyl & Cie, bien que rien ne l’y obligeait, un formulaire appelé « formulaire A », qui fait apparaître le nom du détenteur des fonds.  Lorsque les banquiers de Julius Baer ont vu qu’il s’agissait d’un homme politique, ils ont demandé un document certifiant que les fonds avaient bien été déclarés au fisc compétent.  Selon des recherches effectuées par le Tages Anzeiger, Jérôme Cahuzac « a présenté un certificat fiscal falsifié ». Il a également assuré que ces 600.000 euros provenaient de son activité de chirurgien esthétique, ajoute le journal. En conséquence, Julius Baer a autorisé l’opération de transfert de fonds.

 

Sondage -Cahuzac- gouvernement : 60% des Français pour un remaniement

Cahuzac- gouvernement : : 60% des Français pour un remaniement

A la question « Après l’affaire Cahuzac, seriez-vous favorable ou pas favorable à un remaniement prochain du gouvernement ? », 29% répondent « tout à fait favorable » et 31% « plutôt favorable ». Le total de sondés qui ne sont pas favorable à un remaniement est de 40%.  Sans surprise, c’est parmi les sympathisants du parti de droite UMP (78%) et du parti d’extrême droite Front national (85%) qu’on trouve une plus large majorité de personnes pour un remaniement. Mais même parmi les sympathisants du Parti socialiste au pouvoir, ils sont 42% à vouloir que le président François Hollande remanie son équipe gouvernementale (contre 58% pas favorables).  Interrogés sur l’impact de l’affaire sur l’image qu’ils ont du personnel politique français, 70% des sondés le jugent « plutôt négatif » (6% « plutôt positif », 24% jugent qu’il n’a « pas d’impact »). Sur l’image du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, l’impact est « plutôt négatif » à 62% (7% « plutôt positif », 31% sans impact). Pour l’image de François Hollande, l’impact est négatif à 55%, positif à 9% et sans impact à 36%.

 

France : les réformes impossibles

France : les réformes impossibles

 

En gros pour sortir le pays de la crise, on propose une moralisation de la vie politique qui se résume au non cumul des mandats et à quelques broutilles. Un peu court sur le plan économique, social et même républicain. Sur le plan démocratique, l’enjeu n’est pas le cumul des mandats mais la division par dix du nombre des élus (communes, cantons, régions, assemblée, sénat etc.).Une réforme démocratique qui éviterait la dilution des responsabilités et les gâchis financiers.  L’urgence la seule, c’est la croissance et l’emploi, ce qui implique une plus grande compétitivité et moins de fiscalités qui plombent l’économie. La rigueur, il en faut mais on ne résout pas en 5 ans un problème qui perdure depuis trente ans, il faut évidemment étaler le redressement qui sera d’autant plus facile si la croissance reprend. Malheureusement, personne ne gère le pays qui a été abandonné aux superstructures à caractère administratif et qui décident des budgets. (Et des gaspillages). Il importe en conséquences de diminuer aussi par 10 ou 20  les procédures administratives (et pas  seulement les informatiser !) qui tuent  l’initiative. Recentrer l’école primaire sur l’essentiel (français, calcul), sortir l’université de son ghetto, recadrer la formation sur de vraies qualifications. Mettre fin au scandale de la formation permanente (30 milliards par an !). Globalement recentrer  la puissance publique sur les tâches régaliennes réelles et déléguer par délégation de service public nombre de missions (exemple Pôle emploi qui ne sert à rien,). En bref redonner de l’oxygène à l’économie et aux acteurs. Ce qui implique aussi de désétatiser les conditions sociales. Il convient de redéfinir le soutien aux politiques industrielles (depuis la disparition du plan il n’y a plus de stratégie) ; enfin mettre un terme à la financiarisation outrancière de l’économie qui se développe au détriment du développement économique notamment des PME. Autant de réformes (avec quelques autres comme l’environnement et la santé alimentaire) qui supposent une révolution culturelle chez nos élites qui conduisent le pays dans le mur.

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