Archive pour la Catégorie 'nouvelles technologies'

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5G : l’interopérabilité pour éviter les situations monopolistiques ?

  •  5G : l’interopérabilité pour éviter les situations monopolistiques ?

 

  • L’interopérabilité des équipements télécoms et l’installation de n’importe quel logiciel d’exploitation sur n’importe quel équipement permettrait d’éviter la domination monopolistique de quelques firmes. Une trentaine de grandes entreprises internationales se sont mobilisées. L’alliance «Open RAN Policy Coalition», regroupe des noms prestigieux, comme les américains Cisco, Facebook, Juniper Networks, Google, Microsoft, IBM, Verizon, Intel, VMWare, Qualcomm et d’autres groupes internationaux, notamment Vodafone, Rakuten, Telefonica et Samsung. Leur objectif est de promouvoir une nouvelle génération de solutions interopérables .

 

Internet : hausse de l’audience de 36 %

Internet : hausse de l’audience de 36 %

Selon les données de Médiamétrie, le temps de surf est passé en moyenne à 2 h 50 par jour sur la seconde quinzaine de mars, soit 36 % de plus que l’année précédente. «Cette hausse est plus marquée sur les ordinateurs et les tablettes, qui sont les écrans privilégiés à domicile», note Bertrand Krug, directeur du département internet de Médiamétrie.

L’institut n’a pas encore de données sur l’effet du confinement sur les gros consommateurs d’internet, qui se connectent habituellement 7 heures par jour. Mais les résultats d’audiences pour le mois de mars montrent une claire modification dans les usages, et une forte accélération de certains services.

Deux grandes catégories trustent le haut du classement des sites les plus visités en mars: les réseaux sociaux et les médias.

 

 

 

La régulation de l’intelligence artificielle ?

La régulation de l’intelligence artificielle ?

 

 

Nozha Boujemaa,Directrice science & innovation chez Median Technologies estime indispensable  la régulation de l’IA. (Tribune dans le Monde)

 

« . La Commission européenne a annoncé fin février sa volonté de réguler l’intelligence artificielle (IA). Celle-ci suscite fantasmes, craintes et fascination. Les industriels européens redoutent le coût financier d’une telle régulation et brandissent le frein à l’innovation. Les consommateurs redoutent les discriminations. Serait-ce l’avenir ou le péril de l’humanité ? On entend l’un et l’autre : l’intelligence artificielle va sauver des vies, l’intelligence artificielle va décider de nos vies.

Existe-il une définition unique de l’intelligence artificielle ? La réponse est non, il y a autant de définitions que d’écoles de pensée et de communautés scientifiques. Par exemple entre l’IA statistique et l’IA symbolique, l’IA faible et l’IA forte, certaines sont explicables et d’autres pas encore. Aucun exercice de définition de l’IA n’a débouché sur un réel consensus, et parfois même l’exercice a été abandonné.

D’ailleurs, c’est une erreur que de personnaliser l’IA. Les algorithmes de l’IA et leurs dérives potentielles de toutes sortes (éthiques ou juridiques) ne sont qu’une codification des opinions de leurs concepteurs et de ceux qui les déploient. La tentation est très forte de réguler tout ce qui semble échapper à notre compréhension et à notre contrôle. Cette approche suppose que le simple fait d’établir de nouvelles règles juridiques sera un rempart protecteur face aux dérives potentielles.

La nécessité d’encadrer juridiquement l’usage des algorithmes de l’IA ne fait pas de doute, tant leurs champs d’application sont étendus et tant les brèches pour certaines dérives au service de leurs concepteurs sont possibles. La régulation des algorithmes de manière générale, et celle de l’IA en particulier, est un terrain de jeu tout à fait nouveau pour les juristes. Il faudrait une transformation numérique du métier juridique pour espérer une réelle efficacité. Il faudrait que les avocats se forment aux algorithmes sans pour autant en devenir spécialistes et que les cabinets d’avocats se dotent de spécialistes de l’IA pour cerner les questions à résoudre.

Autrement, la régulation ne donnera lieu qu’à des mesures descendantes traduisant les principes de ce qui doit être fait mais qui resteront non applicables. Comment un juriste pourrait-il s’assurer qu’un algorithme d’IA respecterait la nouvelle juridiction qui sera mise en place ? Ce qui doit guider la régulation de ce nouveau genre, c’est l’analyse du risque des décisions algorithmiques pour l’humain. Le secteur de la santé est bien en avance dans ce domaine pour l’homologation des services logiciels comme dispositifs médicaux, pour garantir la maîtrise des biais et de la répétabilité. »

 

 

Quelle compatibilité entre Intelligence artificielle et éthique ?

Quelle compatibilité entre Intelligence artificielle et  éthique

 

Un Livre blanc européen sur l’intelligence artificielle, publié le 19 février, insiste d’abord sur l’importance du respect des droits fondamentaux des citoyens et met par exemple en garde contre des distorsions dans les algorithmes de recrutement conduisant à des discriminations.

D’après le site pwc.fr , les intelligences artificielles (IA) se font de plus en plus présentes – voitures autonomes, algorithmes de recommandation, drones, etc. – et la question de la moralité de leurs actions commence à se poser. Celles qui s’appuient sur les réseaux de neurones artificiels (deep learning) sont particulièrement critiquées : on leur reproche d’être opaques, de ne pas laisser voir le raisonnement qui permet aux algorithmes d’arriver au résultat final. Une science naissante s’applique d’ailleurs à développer des outils pour regarder à l’intérieur de ces boîtes noires que sont les réseaux neuronaux. À ce travail à rebours pour scruter le code des IA s’ajoute, en parallèle, la volonté affichée par de nombreux experts d’intégrer des préceptes éthiques très en amont, directement au cœur de l’IA.

En s’appuyant sur d’énormes quantités de données, les systèmes de deep learning sont capables d’effectuer un très grand nombre de tâches : reconnaître et analyser des images ou des voix, proposer une police d’assurance sur mesure, accepter ou refuser une offre de prêt, piloter un véhicule… Mais comment avoir confiance dans les décisions de l’IA si nous ne sommes pas en mesure de les comprendre ?

« L’intelligence doit être augmentée, c’est-à-dire au service de l’humain, plutôt qu’autonome. Nous devons construire un binôme humain-machine où l’IA devra offrir une compréhension intuitive pour l’humain. Elle devra être capable d’expliquer ses recommandations de façon simple et immédiate. » François Royer, directeur consulting Data Intelligence, PwC France

Le développement d’une telle IA a par exemple déjà été initié aux États-Unis par la DARPA (département de R&D militaire du ministère de la Défense) : les premiers résultats du projet XAI (Explainable AI) sont attendus en novembre 2018.

Si XAI vise à développer des techniques de machine learning qui permettent de construire des modèles d’IA plus compréhensibles, capables d’expliquer aux humains en bout de ligne leur raisonnement, c’est loin d’être le cas de toutes les IA. Le fonctionnement des réseaux de neurones artificiels est particulièrement opaque. Les géants du digital, boostés par des mécanismes de collecte de données très efficaces, disposent de quantités de données phénoménales ce qui les encourage à développer massivement les réseaux de neurones artificiels. Ces réseaux se nourrissent des corrélations qu’ils détectent entre des jeux de données préexistants, ce qui peut poser problème.

 

Bruxelles recommande donc  que les futurs systèmes d’intelligence artificielle à haut risque (concernant la santé par exemple) soient certifiés, testés et contrôlés, comme le sont les voitures, les cosmétiques et les jouets.

 

Theodorous Evgueniou, professeur de la prestigieuse école de management Insead, a rendu avec plusieurs autres chercheurs européens et américains un avis mettant en garde contre les risques d’une approche européenne trop centrée sur ses valeurs.

« Il semble que l’esprit du Livre blanc soit que l’Europe utilise ses valeurs comme une arme stratégique pour rattraper la Chine et les États-Unis », et se rendre attractive dans la course mondiale à l’intelligence artificielle, affirme-t-il. Mais « pourquoi penser que des pays non-européens préféreront des intelligences artificielles formées aux valeurs européennes ? Je ne suis pas sûr que ça marche », explique-t-il.

 

Par exemple, le Livre blanc affiche « l’explicabilité » comme valeur cardinale: il doit être possible de comprendre exactement pourquoi un système d’intelligence artificielle arrive à telle conclusion – comme le fait de refuser un prêt à quelqu’un.

Mais obliger des intelligences artificielles à expliquer leur choix « peut réduire leur performance de 20%, si ce n’est plus », affirme-t-il.

De son côté, Guillaume Avrin, responsable de l’intelligence artificielle au sein du Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE), ne remet pas en cause les impératifs éthiques dans le Livre blanc. Mais il regrette que la Commission s’avance peu sur les moyens de vérifier la conformité des intelligences artificielles auxdites valeurs.

« Comment fait-on pour s’assurer de la conformité des systèmes d’intelligence artificielle » à une réglementation, alors qu’ils sont souvent évolutifs et adaptatifs et ont des comportements  »non linéaires », voire « chaotiques », explique-t-il.

Intelligence artificielle et éthique: un livre blanc

Intelligence artificielle et  éthique: un livre blanc

Le Livre blanc européen sur l’intelligence artificielle, publié le 19 février, insiste d’abord sur l’importance du respect des droits fondamentaux des citoyens et met par exemple en garde contre des distorsions dans les algorithmes de recrutement conduisant à des discriminations.

D’après le site pwc.fr , les intelligences artificielles (IA) se font de plus en plus présentes – voitures autonomes, algorithmes de recommandation, drones, etc. – et la question de la moralité de leurs actions commence à se poser. Celles qui s’appuient sur les réseaux de neurones artificiels (deep learning) sont particulièrement critiquées : on leur reproche d’être opaques, de ne pas laisser voir le raisonnement qui permet aux algorithmes d’arriver au résultat final. Une science naissante s’applique d’ailleurs à développer des outils pour regarder à l’intérieur de ces boîtes noires que sont les réseaux neuronaux. À ce travail à rebours pour scruter le code des IA s’ajoute, en parallèle, la volonté affichée par de nombreux experts d’intégrer des préceptes éthiques très en amont, directement au cœur de l’IA.

En s’appuyant sur d’énormes quantités de données, les systèmes de deep learning sont capables d’effectuer un très grand nombre de tâches : reconnaître et analyser des images ou des voix, proposer une police d’assurance sur mesure, accepter ou refuser une offre de prêt, piloter un véhicule… Mais comment avoir confiance dans les décisions de l’IA si nous ne sommes pas en mesure de les comprendre ?

« L’intelligence doit être augmentée, c’est-à-dire au service de l’humain, plutôt qu’autonome. Nous devons construire un binôme humain-machine où l’IA devra offrir une compréhension intuitive pour l’humain. Elle devra être capable d’expliquer ses recommandations de façon simple et immédiate. » François Royer, directeur consulting Data Intelligence, PwC France

Le développement d’une telle IA a par exemple déjà été initié aux États-Unis par la DARPA (département de R&D militaire du ministère de la Défense) : les premiers résultats du projet XAI (Explainable AI) sont attendus en novembre 2018.

Si XAI vise à développer des techniques de machine learning qui permettent de construire des modèles d’IA plus compréhensibles, capables d’expliquer aux humains en bout de ligne leur raisonnement, c’est loin d’être le cas de toutes les IA. Le fonctionnement des réseaux de neurones artificiels est particulièrement opaque. Les géants du digital, boostés par des mécanismes de collecte de données très efficaces, disposent de quantités de données phénoménales ce qui les encourage à développer massivement les réseaux de neurones artificiels. Ces réseaux se nourrissent des corrélations qu’ils détectent entre des jeux de données préexistants, ce qui peut poser problème.

 

Bruxelles recommande donc  que les futurs systèmes d’intelligence artificielle à haut risque (concernant la santé par exemple) soient certifiés, testés et contrôlés, comme le sont les voitures, les cosmétiques et les jouets.

 

Theodorous Evgueniou, professeur de la prestigieuse école de management Insead, a rendu avec plusieurs autres chercheurs européens et américains un avis mettant en garde contre les risques d’une approche européenne trop centrée sur ses valeurs.

« Il semble que l’esprit du Livre blanc soit que l’Europe utilise ses valeurs comme une arme stratégique pour rattraper la Chine et les États-Unis », et se rendre attractive dans la course mondiale à l’intelligence artificielle, affirme-t-il. Mais « pourquoi penser que des pays non-européens préféreront des intelligences artificielles formées aux valeurs européennes ? Je ne suis pas sûr que ça marche », explique-t-il.

 

Par exemple, le Livre blanc affiche « l’explicabilité » comme valeur cardinale: il doit être possible de comprendre exactement pourquoi un système d’intelligence artificielle arrive à telle conclusion – comme le fait de refuser un prêt à quelqu’un.

Mais obliger des intelligences artificielles à expliquer leur choix « peut réduire leur performance de 20%, si ce n’est plus », affirme-t-il.

De son côté, Guillaume Avrin, responsable de l’intelligence artificielle au sein du Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE), ne remet pas en cause les impératifs éthiques dans le Livre blanc. Mais il regrette que la Commission s’avance peu sur les moyens de vérifier la conformité des intelligences artificielles auxdites valeurs.

« Comment fait-on pour s’assurer de la conformité des systèmes d’intelligence artificielle » à une réglementation, alors qu’ils sont souvent évolutifs et adaptatifs et ont des comportements  »non linéaires », voire « chaotiques », explique-t-il.

Intelligence artificielle ou technolâtrie ?

 Intelligence artificielle ou  technolâtrie ?

Un article forcément très marqué diffusé par l’ACIA (association française contre intelligence artificielle),  sans doute excessif, mais qui mérite d’être lu.

« Que les individus soient en perte de repères dans un monde déboussolé, c’est à fois un cliché et un constat certainement globalement juste. Mais il est un vieux repère de la modernité qui a résisté contre vents et marées et constituera peut-être l’ultime d’entre eux : l’enthousiasme, la foi, voire la vénération pour l’évolution technique, qui prend aujourd’hui la forme des technologies numériques. Propagé par les politiques, les économistes et les médias, cet optimisme technologique (ou technoptimisme) nous aveugle et nous empêche de prendre la mesure des conséquences humaines et écologiques du déferlement numérique et robotique qui saisit l’humanité depuis une vingtaine d’années. Bertrand Méheust, nous sommes face à un « nouvel âge de l’esprit » que plus rien ne pourra arrêter sur sa lancée… sauf un effondrement de la mégamachine (ce qui ne saurait tarder). Savoir que tout cela se terminera un jour ne nous prémunit pas hic et nunc contre la dangereuse mutation anthropologique que cela implique, même si l’on fait partie – ce qui est mon cas – des derniers réfractaires du smartphone, condamnés à vivre avec amertume l’évanouissement à marche forcée d’un monde qui nous était jusqu’il y a peu familier. L’économie numérique représente bien une rupture majeure, et il serait vain de vouloir nous comparer aux époques antérieures. Rien de cyclique ici, sous le soleil de l’innovation, rien que du nouveau, comme l’on bien vu les camarades de Pièces et main d’œuvre. Entre fantasme et réalité, le transhumanisme, l’extropianisme et la singularité technologique représentent les bonheurs et accomplissements que nous promettent les techno-prophètes dans le courant de ce siècle. Pour ce, ils peuvent compter sur l’appui des « progressistes » de gauche comme de droite, qui voient dans toute extension des droits individuels des bienfaits que seuls des réactionnaires pourraient critiquer, même si ces droits passent de plus en plus par le truchement de la technoscience, comme, par exemple, les nouvelles techniques de procréation. Que faire ? D’abord décréter un moratoire sur l’innovation incontrôlée, puis organiser une désescalade technique, voilà une condition nécessaire pour reconstruire la cohésion sociale dans une société qui se voudrait démocratique, écologique et décente.

L’actualité des livres vient à la rescousse.

Dans Seuls ensembleDe plus en plus de technologies, de moins en moins de relations humaines (éd. L’Echappée, 2015), la psychologue et anthropologue du MIT Sherry Turkle (née en 1948) a étudié l’impact des nouvelles technologies en Intelligence Artificielle sur la « façon dont nous nous pensons, dont nous pensons nos relations avec autrui et le sens de notre humanité » (p.20). Pour ce, elle s’est appuyée sur deux cent cinquante observations cliniques, principalement d’enfants, d’adolescents et de personnes âgées.

La première partie traite de leur rapport avec les robots – aux doux noms de Tamagochis, Furby, AIBO, My Real Baby, etc… – pour constater la facilité avec laquelle nous projetons sur eux nos sentiments et avons des attentes démesurées sur ce qu’ils pourraient nous apporter en terme d’aide, mais aussi de réconfort, d’amitié et même de sexualité !

D’une part, la notion d’authenticité perd de sa substance au profit d’une nouvelle définition de la vie « à mi-chemin entre le programme inanimé et la créature vivante » (p.61). D’autre part, les êtres humains sont remis en cause dans leur capacité à prendre soin les uns des autres. Les robots, « nous sommes aujourd’hui prêts, émotionnellement et je dirais même philosophiquement, à les accueillir » (p.31). Ces « créatures » robotiques sont traitées comme des égaux et non plus comme des machines, elles sont placées sur le terrain du sens, « alors qu’elles n’en dégagent aucun. » Elles sont de plus en plus présentes dans les maisons de retraite où elles remplacent le personnel manquant ou défaillant. En majorité, les pensionnaires s’y attachent, rentrent en intimité avec elles. A l’argument selon lequel les machines ne peuvent éprouver d’affects, les roboticiens répondent sans rire qu’ils en fabriqueront un jour de manière synthétique.

« Il est tellement aisé d’être obnubilé par la technologie et de ne plus chercher à développer notre compréhension de la vie », conclut l’auteure (p.170).

La seconde partie concerne l’internet avec ses réseaux sociaux, ses jeux en ligne, sa Second Life et ses sites de confession. Les effets de leur omniprésence dans notre quotidien sont loin d’être négligeables. D’abord celui d’une attention fragmentée permanente aboutissant au multitasking (multitâches) chez les jeunes, cette faculté qui impressionne tant les aînés, alors que les études en psychologie montrent que lorsque l’on fait plusieurs choses à la fois, on fractionne son attention et on les fait toutes moins bien. Ensuite, un effacement de la frontière entre la vie professionnelle et la vie privée, quand le smartphone reste allumé jour et nuit. Même en vacances, le cadre américain reçoit environ 500 courriels, plusieurs centaines de textos et 40 appels par jour !

Résultat : faute de temps, tous nos interlocuteurs sont réifiés, nous les traitons comme des objets. Turkle a aussi étudié le cas des natifs numériques (digital natives), les générations nées après 1990 pour lesquelles le web représente un liquide amniotique non questionné. « Je suis connecté, donc je suis ! » Et alors ?, répondront les technoptimistes.

« Ce n’est pas parce qu’un comportement devient normal qu’il perd la dimension problématique qui l’avait auparavant fait considérer comme pathologique », précise l’auteure (p.283).

Les jeux en ligne et Second Life nous entraînent dans un monde virtuel fait de simulacres, qu’on finit par préférer à notre vie réelle, les plus accros y passant la moitié de leur temps de veille ! Nous en demandons moins aux êtres humains et plus à la technologie, à laquelle nous appliquons une pensée magique : tant que je suis connecté, je suis en sécurité, et les gens que j’aime ne disparaîtront pas. Facebook est un fauve insatiable qu’il faut alimenter en permanence de nouvelles « positives » sous forme de textes, de photos, de vidéos, qui envahissent la vie privée, dans une simplification et un appauvrissement de nos relations.

A la fin du livre, nous apprenons qu’aujourd’hui de plus en plus de jeunes Américains ont la nostalgie du monde d’avant la connexion généralisée, quand les parents étaient attentifs, investis et engagés envers leurs enfants. Un début d’espoir de révolte ? Ce copieux essai de 523 pages fait le point sur un phénomène toujours sous-estimé dans ses retombées sociétales. Et encore, Turkle n’aborde pas ici l’aspect anti-écologique de ces technologies. Que resterait-il bien pour les défendre ? Chers lecteurs de France, voilà un excellent sujet pour le bac ! »

Bernard Legros

Article paru à l’origine dans Kairos, revue technocritique belge, n°19 avril/mai 2015

Bernard Legros est enseignant, essayiste, membre de l’Appel pour une Ecole Démocratique et membre fondateur du Mouvement politique des Objecteurs de Croissance (Belgique)

Intelligence artificielle : préserver la dimension humaine

Intelligence artificielle : préserver la dimension humaine

Dans une tribune au « Monde », le consultant Jacques Marceau explique que si le numérique s’impose comme un formidable moyen de décupler les possibles dans tous les domaines, un moyen d’accéder à une société plus durable et plus juste, il reste un outil.

« Cette crainte soudaine du numérique qui entraîne parfois son rejet pourrait se révéler dangereuse si elle venait à perdurer et à s’amplifier car ça nous priverait de solutions précieuses propres à nous aider à relever les défis de notre temps. »

Tribune.

 

 » De tout temps, les échanges entre les individus, avec les entreprises ou les Etats se sont fondés sur des relations rendues propices par la confiance réciproque. Relation et confiance sont ainsi les deux attributs indissociables, non seulement de toute économie, mais encore de toute vie politique ou sociale. Une architecture relationnelle que Paul Valéry (1871-1945) qualifie de « structure fiduciaire », une toile tissée de relations de confiance qui forment « l’édifice de la civilisation », comme l’explique le philosophe Pierre Musso, dans La Religion industrielle (Fayard, 2017).

On ne peut en effet « faire société » sans avoir besoin les uns les autres et se faire confiance. On ne peut non plus « vivre en société » sans faire confiance aux institutions et croire en la valeur de concepts parfaitement immatériels, comme notre monnaie, nos lois, nos traditions ou nos fameuses valeurs républicaines, qui, toujours pour Valéry, relèvent de « l’empire des fictions ». Des fictions néanmoins indispensables à la cohésion sociale et au fonctionnement de notre société.

Même programmée par des humains, la réponse de la machine reste artificielle et par essence arbitraire. Soit le degré zéro d’un rapport prenant en considération l’individu dans toute sa complexité et ses particularismes

Dans ce contexte, le développement d’une société dont les fonctions sont de plus en plus numérisées et virtualisées, pose la question de la transformation du lien, autrefois humain et souvent personnel, en une relation certes personnalisée, mais dorénavant désincarnée, dans laquelle la conversation avec la machine s’est substituée à la relation humaine. Une machine qui est, de surcroît et toujours davantage, investie, à la faveur du développement de l’intelligence artificielle, du pouvoir exorbitant de prendre une décision concernant son « interlocuteur » sur la base d’une mystérieuse formule appelée algorithme. Une décision vue comme un confort quand il s’agit de définir l’itinéraire routier le plus fluide ou de recommander une lecture ou un morceau de musique, mais qui devient suspecte et parfois insupportable quand il s’agit de l’obtention d’une place en université, d’un crédit immobilier ou, pourquoi pas demain, d’un traitement médical personnalisé.

 

Même programmée par des humains, la réponse de la machine reste artificielle et par essence arbitraire. Soit le degré zéro d’un rapport prenant en considération l’individu dans toute sa complexité et ses particularismes, et un terreau favorable à l’expression de ce que le sociologue allemand Hartmut Rosa désigne dans Résonance (La Découverte, 2019) comme des « protestations d’inspiration républicaine contre une politique qui ne se conçoit plus que comme la gestionnaire administrative et juridique d’un monde muet ». Et que nous appelons dorénavant, chez nous, des « gilets jaunes » ! Un monde muet qui, pour Rosa, est la conséquence de l’incapacité des politiques et de la sphère administrative d’entretenir un rapport responsif avec les individus. Il ajoute « la démocratie moderne repose (…) sur l’idée que sa forme politique donne une voix à chaque individu et la rend audible ». 

 

 

 

Huawei : la carotte d’une grande usine en France en France ?

Huawei : la carotte d’une grande usine en France  en France ?

 

La première grande usine Huwei hors de Chine pourrait se situer en France ,  un investissement minimal de 200 millions d’euros qui doit déboucher sur la création de 500 emplois.  En fait sans doute une perspective économique intéressante pour  la région qui pourrait réceptionner cette  installation mais aussi une véritable carotte pour la France qui aujourd’hui a un peu le cul entre deux chaises entre une acceptation de la technologie et des réserves quant à son implantation dans les secteurs stratégiques. Bref l’application aussi d’orientations européennes assez floues.

En plus de cette contradiction, s’ajoute les revendications des opérateurs téléphoniques français pour utiliser la technique Huwei  en dépit de ses conséquences néfastes sur le plan technologique et de la sécurité. On notera d’ailleurs que les grands médias sont assez flous sur les conséquences possibles de vente de la technologie Huwei en France et sur l’impact économique. Comme d’habitude, la Chine ne fait pas dans la dentelle, elle sort une grosse carotte dont d’ailleurs le ministère de l’économie se félicite avec cependant des réserves particulièrement ambiguës.

 

Une décision qui appuie les propos de Minggang Zhang, directeur général adjoint de Huawei France, il y a quelques semaines sur Europe 1 : « Le marché européen devient presque vital, on travaille donc sur une nouvelle stratégie en Europe, et évidemment en France. » Banni ou presque des Etats-Unis par Donald Trump, Huawei sort donc les grands moyens pour séduire l’Europe. L’usine que le géant compte installer en France, dont le lieu d’implantation n’a pas encore été arrêté, approvisionnera toute l’Europe.

 

Au ministère de l’Économie on parle d’une bonne nouvelle qui montre que la France est redevenue attractive. Mais, cela ne l’empêche pas de prévenir que cette opération de charme n’aura aucun impact sur les futurs contrats de Huawei dans l’Hexagone. Car c’est là tout l’enjeu : faut-il ou non accorder beaucoup de contrats au deuxième vendeur de smartphones en France dans le développement de la 5G sur le territoire ? Si la plupart des opérateurs louent son avance technologique, seul le résultat des contrats permettra de voir si le géant des télécoms chinois a eu raison, ou pas, de promettre cette usine.

Réseau cuivre : l’abandon total d’Orange en Gironde….. et ailleurs

Réseau cuivre : l’abandon total d’Orange en Gironde….. et ailleurs

Nombreux de zones sont privées de téléphone et d’Internet en Gironde mais aussi ailleurs, c’est l’état des lignes en cuivre dans les zones rurales. « L’état du réseau, particulièrement le réseau aérien est lamentable, il y a 35 000 poteaux à changer, le réseau n’est pas entretenu par l’opérateur historique à hauteur de ce qu’il devrait être ! » accusent des élus.

 

La Gironde n’est pas un cas isolé, au point qu’Orange est sous la menace d’une amende de plusieurs millions d’euros si l’opérateur n’améliore pas ses délais de réparation, comme le rappelait le président de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la presse) il y a encore quelques jours devant la commission de l’Assemblée nationale: “Nous avons mis Orange en demeure, de manière forte, pour répondre à ses obligations de service universel”, explique Sébastien Soriano. Orange dit faire des efforts. L’entreprise a embauché 200 techniciens et investi 20 millions d’euros supplémentaires en 2019 dans le réseau cuivre.

 

En Gironde, ce sont les fortes pluies de la fin d’année qui auraient endommagé les câbles souterrains. “Petit à petit, l’eau pénètre et petit à petit les clients tombent en panne, c’est ce qui a engendré des délais très longs« , explique Eric Leblanc, en charge des relations avec les collectivités en Aquitaine chez Orange. Le cas en Gironde est loin d’être isolé dans de nombreuses zones peu denses, ce sont les fils qui tiennent les poteaux et les accès autant au téléphone qu’à Internet sont  très perturbés voir impossibles. Le pire c’est qu’Orange est supposé entretenir ce réseau cuivre et que sa préoccupation pour l’instant et de le supprimer et même de vendre le cuivre. On se demande comment les zones peu denses seront desservies puisque de toute évidence, elles ne pourront pas avoir accès aux câbles beaucoup trop  cher , de même qu’  elles pourront attendre encore longtemps la technologie mobile 5G  compte tenu du nombre imposant d’antennes supplémentaires qu’il conviendra de mettre en place.

 

Compteur Linky: sous surveillance

Compteur Linky: sous surveillance

 

 

Un double surveillance d’abord celle de la CNIL, aussi cette  action collective lancée par deux avocats toulousains pour autoriser le refus de la pose du compteur Linky réalisée par Enedis.  D’une certaine manière, la commission nationale de l’informatique et des libertés a déjà mis sous surveillance le compteur Linky qui se substitue aux anciens compteurs EDF. En même temps , la commission en supprime grandement l’intérêt pour les distributeurs d’électricité. En effet, l’objectif était surtout à partir des conditions d’utilisation réelle de chaque foyer de mettre en place une tarification très fine qui permette d’augmenter les prix de l’électricité en douceur.

 

En  effet , la situation financière d’EDF est particulièrement catastrophique non seulement en raison de son endettement mais aussi des énormes investissements à réaliser pour le grand carénage notamment, aussi pour le traitement des déchets ou encore le développement des EPR. Les besoins de financement sont tels qu’ EDF que les prix devraient doubler en disant. Soit une  ans augmentation en moyenne de 6 % politiquement difficile à faire passer. Donc comme pour cette année, l’objectif serait de limiter officiellement l’augmentation d’électricité à 3 % en général mais de la compléter par une augmentation des prix individuels justement par la tarification très diversifiée permise par le compteur Linky.

La commission a exigé que les abonnés donnent leur accord analyser les données fines d’utilisation de l’électricité de chaque abonné. Le problème cependant, c’est que la commission n’a guère de moyens pour vérifier dans quelle mesure les abonnés  donneront ou non un accord.  La recommandation pourrait donc se révéler assez formelle.

“EDF et Engie recueillent effectivement un consentement auprès de leurs utilisateurs, ce consentement n’est ni spécifique ni suffisamment éclairé s’agissant des données de consommation à l’heure ou à la demi-heure”, écrit la Cnil dans un communiqué. S’agissant d’EDF, “la rédaction de la mention accompagnant la case à cocher ‘j’accepte’ est particulièrement susceptible d’induire l’abonné en erreur sur la portée de son engagement”, estime-t-elle. Concernant Engie, “aucune information suffisamment précise” n’est donnée avant de recueillir le consentement pour “permettre à l’utilisateur de comprendre la différence de portée” entre la collecte des données de consommation journalière et des données de consommation fines à l’heure ou la demi-heure.

L’autre “manquement” relevé par la commission concerne les durées de conservation “parfois trop longues au regard des finalités pour lesquelles les données sont traitées”, conservation “excessive” “en violation” selon la Cnil du règlement général sur la protection des données (RGPD).

Enjeu de l’intelligence artificielle ?

Un député de la majorité propose un débat sur le sens et les conditions de développement de l’intelligence artificielle. Il n’est pas inutile de revenir sur ce concept à partir de l’introduction au remarquable rapport qu’a effectué la CCI de l’Essonne. Une introduction faite par Éric Villani.

« Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ? On peut comparer le fonctionnement d’un algorithme de machine learning au développement cognitif de l’enfant : celui-ci apprend en observant le monde, en analysant la manière dont les individus interagissent, en reproduisant les règles sans pour autant qu’on les lui expose explicitement.

Schématiquement, la même chose se produit en matière d’apprentissage automatique : les algorithmes sont désormais entraînés à apprendre seuls sans programmation explicite. Il y a autant de définitions d’intelligence artificielle que de technologies. L’IA fait l’objet d’une compétition vive. Pourquoi ? L’apprentissage par données n’est pas la seule méthode menant à l’intelligence artificielle. Mais c’est aujourd’hui la méthode la plus utilisée, celle qui se développe le plus vite et celle qui fait l’objet de la compétition la plus vive.

L’Europe est la taille minimum pour être dans le concert international. Mais le budget du programme Euro HPC* (6 Mds) est insuffisant  : les Chinois investissent dix fois plus et nous serons toujours en retard de puissance. Des bases de données, à l’échelle européenne, vont voir le jour avec le concours des entreprises.

Il y a aujourd’hui des secteurs en haute tension comme la recherche et d‘autres sont à venir. La France, avec notamment Paris-Saclay et son exceptionnel écosystème, compte parmi les meilleurs mathématiciens au monde. C’est un atout de taille ! Quelle stratégie pour aider les PME essonniennes à prendre le cap des nouvelles technologies ? Elles doivent faire selon leurs moyens : avoir un référent en nouvelles technologies, constituer des petites équipes de veille technologique et de réflexions. L’essentiel pour elles est de créer des coopérations, trouver les bons interlocuteurs. Elles doivent être proactives, se mettre en connexion. * Euro HPC ; programme de l’UE pour le déploiement en Europe d’une infrastructure de calibre mondial dédiée au calcul haute performance (HPC).

Télécoms : le scandale de l’état du réseau cuivre

Télécoms : le scandale de l’état du réseau cuivre

Alors que les opérateurs téléphoniques se battent à propos de l’éventualité d’une augmentation du prix du dégroupage, peu de monde évoque la question de l’état lamentable de ce réseau de cuivre qui permet aujourd’hui l’ADSL. D’un côté il y a les concurrents d’Orange qui refusent  une augmentation du prix du dégroupage c’est-à-dire de l’utilisation du réseau cuivre classique dont Orange est officiellement chargé de l’entretien. En fait,  un entretien très partiel voir même nul quand dans nombre de zones peu denses;  en réalité ce sont les fils et les branches d’arbres qui soutiennent les poteaux.

La situation est d’autant plus scandaleuse que contrairement aux promesses, ces zones peu denses ne bénéficieront jamais du câble des questions économiques. Le câble n’atteindra au mieux que les ensembles d’habitations agglomérées. Par ailleurs ces zones ne sont pas prêtes non plus de bénéficier de la technique 5G   pour la téléphonie mobile compte tenu du très grand nombre supplémentaire d’antennes indispensables pour cette technique. Le régulateur,  président de l’Arcep, a d’ailleurs averti que la transmission réseau cuivre vers la fibre n’ira pas aussi vite que prévu et qu’il convient d’augmenter le coût d’utilisation du réseau cuivre. Il serait utile que parallèlement le régulateur exige un autre entretien de ce réseau. En fait Orange se désintéresse totalement de ce réseau et conteste officiellement les avertissements du régulateur.

Nicolas Guérin, le secrétaire général d’Orange, est d’ailleurs monté au créneau : « On nous dit que les tarifs du dégroupage doivent baisser parce que c’est le meilleur moyen de faire la promotion de la fibre… Mais il faut faire totalement l’inverse ! » Jeudi dernier, c’était au tour de Stéphane Richard, le PDG de l’opérateur, de dézinguer l’Arcep. « Ce raisonnement [du régulateur] me surprend, a-t-il fustigé. Je ne comprends pas exactement le rationnel de cette approche. » Selon lui, aucun doute : plus on baisse le prix du dégroupage, plus on incite les opérateurs à vendre de l’ADSL, ce qui retarde l’adoption de la fibre. Pour Orange, il faut a contrario hausser ce tarif. Le pire c’est qu’Orange a déjà annoncé qu’il entendait vendre le cuivre assez rapidement ! Autant de with privé nombre de zones peu denses de tout Internet ( sauf à payer des investissements et des abonnements coûteux par satellite par exemple).

 

La position des opérateurs privés à savoir, SFR, Bouygues Telecom et Free n’est guère pertinente en refusant toute augmentation du prix du dégroupage et au contraire en appelant à sa baisse pour le supprimer plus rapidement. Ce n’est pas une hausse du prix du dégroupage qui va l’inciter à le faire disparaitre … Au contraire, ça va l’inciter à garder ce réseau le plus longtemps possible pour faire du business. Voilà pourquoi il faut baisser le prix du cuivre, pour pousser Orange à l’éteindre rapidement. 

Réseaux sociaux: une audience considérable

Réseaux sociaux: une audience considérable

Même s’il est difficile de cerner avec précision le concept de réseaux sociaux et le type de relations de ceux qui les consultent, globalement il est indéniable que la fréquentation concernant ces nouveaux médias ne cessent de prendre une ampleur considérable au point sans doute de rendre obsolète certains médias classiques. Globalement le temps consacré  à Internet progresse considérablement. Dans cette enveloppe de temps , selon Médiamétrie, un tiers du temps passé sur internet leur est consacré. Ce taux passe à 45 % chez les ados. Cela signifie que les deux tiers de temps non consacré aux réseaux sociaux peuvent avoir différentes autres finalités et expliquent  largement la perte d’audience par exemple de la presse écrite ou même de la télévision. En cause sans doute le copier coller de la plupart de ses organes d’information maintenant maîtrisés pour la plupart par les grands groupes économiques et financiers et qui servent à peu près tous avec des nuances le même menu informatif.

Selon Statista, en 2017 (l’année la plus récente pour laquelle des données complètes sont disponibles), les gens passaient 135 minutes par jour, soit près de deux heures et demie, sur les médias sociaux. Il s’agit d’une augmentation par rapport à 2016, alors que les gens passaient en moyenne 126 minutes par jour. En fait, le temps que les gens passent quotidiennement sur les médias sociaux n’a cessé d’augmenter chaque année au cours des cinq dernières années. Si nous prévoyons que ces données comprendront les années 2018 ( 144 minutes)  et 2019, nous pouvons estimer que ce nombre est maintenant passé à 153 minutes par jour.

Les collégiens sont particulièrement attirés par les réseaux sociaux. Ils leur consacrent plus d’une heure par jour. 171595921/akhenatonimages – stock.adobe.com

Ils sont six sur dix à s’y connecter chaque jour, et ces sites représentent à eux seuls un tiers du temps passé sur internet: pas de doute, les Français sont accros aux réseaux sociaux et aux messageries. L’étude de Médiamétrie «L’année internet 2019» souligne le poids croissant de ces applications dans la vie quotidienne des internautes. Ainsi, 24 millions de Français se connectent chaque jour sur Facebook, soit 1,7 million de plus qu’en 2018. Ils sont 14 millions à consulter quotidiennement Snapchat, soit un bond de 5,8 millions d’utilisateurs en un an. Sur la même période, Instagram est passé de 7,3 millions de visiteurs par jour à 11,5 millions. Et les messageries ne sont pas en reste: 12,2 millions de Français discutent avec leurs proches chaque jour sur Messenger, et 9,9 millions sur WhatsApp. Ces applications ont toutes deux gagné 3,5 millions d’utilisateurs quotidiens en un an. «Et plus vous passez du temps sur internet, plus la part accordée aux réseaux et aux messageries est importante»

Intelligence artificielle : une consultation citoyenne indispensable

Intelligence artificielle : une consultation citoyenne indispensable

 

C’est l’avis de  Didier Baichère  , député LREM, sur franceinfo mercredi 19 février. Il s’exprime après la présentation par la Commission européenne de son Livre blanc sur l’intelligence artificielle (IA). « Sur l’intelligence artificielle, on a une voix française, une voix européenne qui doit se faire entendre », appuie-t-il.

Didier Baichère souhaite une loi d’expérimentation et une consultation des citoyens concernant l’IA.  »Proposer une loi d’expérimentation, c’est s’arrêter deux minutes sur les usages qui nous ont envahis. Il faut prendre le temps de se poser la question avec des scientifiques. La science permet des choses mais est-ce qu’on est prêt à avancer en termes de valeur et d’éthique ? », demande-t-il.

L’intelligence artificielle regroupe plusieurs éléments comme les données, le machine-learning ou la reconnaissance faciale. Même sur ce dernier point, Didier Baichère prévient qu’il ne faut pas tout mélanger : « on ne peut pas raisonner ‘reconnaissance faciale’ de manière générique et globale. Il faut regarder usage par usage. »

Pour Didier Baichère, « il faut s’assurer que les bases de données qui sont utilisées ne sont pas réutilisables, ce qui est le cas aujourd’hui ». La protection des données personnelles et industrielles reste donc une priorité. L’Europe est l’un des seuls ensemble de pays qui a voté un texte spécialement pour protéger les données avec le RGPD.

 

L’UE: quelle stratégie numérique

L’UE: quelle  stratégie numérique

La Commission européenne a commencé à définir ses premières orientations en matière de politique numérique incluant le développement de l’intelligence artificielle, les technologies proprement dites et leur régulation.  Il était temps ! Il faudra rattraper notre retard qui se caractérise notamment par la domination des grandes multinationales numériques américaines et chinoises. Par la tentation de mettre les économies en tutelle de certaines de ces grandes sociétés, d’imposer enfin des technologies qui risquent de mettre sous contrôle l’ensemble de la société. “Notre stratégie englobe des domaines aussi variés que la cybersécurité, les infrastructures critiques, la formation numérique, les compétences, la démocratie et les médias”, a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, citée dans un communiqué. “Je tiens à ce que cette Europe numérique reflète le meilleur de notre continent: l’ouverture, l’équité, la diversité, la démocratie et la confiance.”

Alors que la première phase de développement de l’industrie numérique a donné naissance aux Etats-Unis à des géants comme Google ou Amazon, les Vingt-Sept espèrent que leur puissance industrielle, leurs capacités de recherches et leur volonté de régulation leur permettront cette fois de ne pas se laisser distancer dans la nouvelle ère qui s’ouvre, où l’exploitation des données et l’intelligence artificielle devraient modifier tous les aspects de la vie quotidienne des citoyens, des loisirs à la santé en passant par le travail, le maintien de l’ordre ou les transports.

La Commission compte présenter un projet définitif d’ici la fin de l’année après avoir recueilli les réactions des différents acteurs concernés par ses premières propositions.

Le coeur de cette stratégie est la création d’un “marché unique des données” qui serait complété par des mesures spécifiques pour certains secteurs comme l’industrie manufacturière, la mobilité ou la santé.

“Nous allons créer un marché unique pour les données au sein de l’UE et nous voulons susciter 4 à 6 milliards d’euros d’investissements dans les espaces de données et les infrastructures de cloud de l’UE”, a dit Ursula von der Leyen au cours d’une conférence de presse.

La Commission propose de définir de nouvelles règles pour harmoniser l’utilisation des données et le recours à l’intelligence artificielle dans des domaines comme le secteur manufacturier, le changement climatique, l’automobile, l’énergie, les soins de santé, les services financiers ou l’agriculture.

Face aux critiques sur le pouvoir détenu par les géants du numérique, l’exécutif envisage aussi d’instaurer des mesures pour empêcher ces plates-formes d’imposer unilatéralement des conditions d’accès et d’utilisation des données ou d’en bénéficier de manière disproportionnée.

Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ?

 

 

Un député de la majorité propose un débat sur le sens et les conditions de développement de l’intelligence artificielle. Il n’est pas inutile de revenir sur ce concept à partir de l’introduction au remarquable rapport qu’a effectué la CCI de l’Essonne. Une introduction faite par Éric Villani.

Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ? On peut comparer le fonctionnement d’un algorithme de machine learning au développement cognitif de l’enfant : celui-ci apprend en observant le monde, en analysant la manière dont les individus interagissent, en reproduisant les règles sans pour autant qu’on les lui expose explicitement.

Schématiquement, la même chose se produit en matière d’apprentissage automatique : les algorithmes sont désormais entraînés à apprendre seuls sans programmation explicite. Il y a autant de définitions d’intelligence artificielle que de technologies. L’IA fait l’objet d’une compétition vive. Pourquoi ? L’apprentissage par données n’est pas la seule méthode menant à l’intelligence artificielle. Mais c’est aujourd’hui la méthode la plus utilisée, celle qui se développe le plus vite et celle qui fait l’objet de la compétition la plus vive.

L’Europe est la taille minimum pour être dans le concert international. Mais le budget du programme Euro HPC* (6 Mds) est insuffisant  : les Chinois investissent dix fois plus et nous serons toujours en retard de puissance. Des bases de données, à l’échelle européenne, vont voir le jour avec le concours des entreprises.

Il y a aujourd’hui des secteurs en haute tension comme la recherche et d‘autres sont à venir. La France, avec notamment Paris-Saclay et son exceptionnel écosystème, compte parmi les meilleurs mathématiciens au monde. C’est un atout de taille ! Quelle stratégie pour aider les PME essonniennes à prendre le cap des nouvelles technologies ? Elles doivent faire selon leurs moyens : avoir un référent en nouvelles technologies, constituer des petites équipes de veille technologique et de réflexions. L’essentiel pour elles est de créer des coopérations, trouver les bons interlocuteurs. Elles doivent être proactives, se mettre en connexion. * Euro HPC ; programme de l’UE pour le déploiement en Europe d’une infrastructure de calibre mondial dédiée au calcul haute performance (HPC).

5G Huwei, un compromis allemand proche de celui de la France

5G Huwei, un compromis allemand proche de celui de la France

 

Finalement les députés de la CDU se sont rangés à un compromis qui tente de ne pas déplaire aux États-Unis et de ne pas choquer les Chinois. Ils avaient le choix à la demande des sociaux démocrates du SPD de se s’opposer totalement à la technologie chinoise Wuhai comme le demander les États-Unis ou bien d’autoriser la technologie chinoise sans aucune restriction comme le demandait  la Chine. Le problème des Allemands , c’est qu’ils souhaitent  protéger leurs exportations notamment d’automobiles tant  vers la Chine que vers les États-Unis. Du coup, ils ont mis en surveillance  la technologie chinoise; donc une autorisation sous condition. Un peu comme la position française qui n’a pas voulu s’opposer non plus frontalement à la technologie chinoise Huwei est  autorisée mais pas dans  les secteurs dits stratégiques. La position allemande est sans doute plus souple encore que celle de la France compte tenu de l’enjeu des exportations d’outre-Rhin.

 

Le  projet de compromis sur le déploiement de la 5G en Allemagne qui recommande de durcir la surveillance des équipementiers étrangers sans pour autant interdire formellement le chinois Huawei, a-t-on appris mardi auprès de plusieurs sources.

Le document a été élaboré par les chefs de file de la CDU soucieux d’apporter des réponses aux parlementaires hostiles à l’octroi de contrats au chinois Huawei, accusé par les Etats-Unis d’espionner pour le compte de Pékin.

Les députés conservateurs étaient divisés sur l’attitude à adopter devant une proposition des sociaux-démocrates du SPD, partenaires de gouvernement de la CDU-CSU, qui souhaitent exclure le spécialiste chinois des équipements de réseaux du marché allemand de la 5G, la nouvelle génération de téléphonie mobile.

Ce dossier doit être abordé lors du sommet européen prévu en mars à Bruxelles et Berlin entend organiser un sommet Chine-Europe lorsque l’Allemagne prendra, en juillet, la présidence de l’Union européenne pour six mois.

Le déploiement de la 5G est devenu un enjeu géopolitique en raison de l’importance prise par Huawei sur le marché des équipements de réseaux. Washington a inscrit le groupe chinois sur une liste noire d’entreprises susceptibles de menacer la sécurité nationale et exhorte ses alliés à ne pas se fournir auprès de lui pour construire leurs réseaux 5G.

Tous clients de Huawei, les opérateurs allemands ont prévenu qu’interdire le groupe chinois de participer au déploiement de la 5G entraînerait d’importants retards et coûterait des milliards d’euros.

5G Huwei: la Chine menace les exportations de la France

5G  Huwei: la Chine menace les exportations de la France

Le communiqué officiel de l’ambassade de Shin français clair en cas doposition à la pénétration de la technologie chinoise 5G  de l’opérateur Huwei  des mesures de rétorsion sur les exportations françaises seront prises « L’ambassade de Chine en France a pris note des reportages récents dans plusieurs médias français selon lesquels les autorités compétentes françaises envisageraient de prendre des mesures restrictives contre Huawei dans le déploiement de la 5G en France, précise le communiqué. Parmi elles : l’interdiction aux équipements 5G de Huawei d’être utilisés dans des dizaines de grandes villes françaises et l’imposition à Huawei d’une durée de validité de l’autorisation nettement plus courte qu’aux équipementiers européens comme Nokia et Ericsson. »

Le porte-parole de l’ambassade se dit « profondément déçu et inquiet ». Il estime que si ces mesures visant Huawei sont exactes, celles-ci seraient « contraire à l’engagement pris par le gouvernement français »« Le président Emmanuel Macron et d’autres hauts responsables français ont réaffirmé à plusieurs reprises que sur la question de la 5G, la France ne prendrait pas de mesures discriminatoires contre un pays ou une entreprise spécifique, ni n’exclurait pas Huawei », argue-t-il.

Le porte-parole juge qu’« une différence de traitement des entreprises selon leur pays d’origine constituera une discrimination patente et un protectionnisme déguisé ». Ce qui va, selon lui, « à l’encontre des principes de l’économie de marché et du libre commerce ». Surtout, le porte-parole laisse entendre que la Chine pourrait, en cas de discriminations visant Huawei en France et dans d’autres pays européens, prendre des mesures de rétorsion à l’égard de Nokia et d’Ericsson sur le marché chinois de la 5G.

« La Chine a toujours accordé un traitement équitable à Nokia et Ericsson dans le déploiement des réseaux 5G en Chine et les a même autorisés à prendre part au déploiement du cœur des réseaux [un endroit sensible où transitent toutes les communications, Ndlr], affirme le communiqué. Nous ne souhaitons pas voir le développement des entreprises européennes dans le marché chinois affecté à cause de la discrimination et du protectionnisme de la France et d’autres pays européens à l’égard de Huawei. »

Si Orange a renoncé à l’utilisation de la technologie chinoise en France ( mais pas l’étranger par contre) ,  SFR et Bouygues Telecom pourraient être concernés par ces menaces dans la mesure où ils utilisent la technique chinoise sur la moitié de leurs réseaux mobiles. 

 

Aménagement du territoire- Avec la 5G: une plus grande désertification numérique

Aménagement du territoire- Avec la 5G: une plus grande désertification numérique

 

La fracture numérique risque de s’accroître encore avec la technologie 5g  qui va nécessiter beaucoup d’antennes très supplémentaires ; des équipements qui  iront en priorité aux zones déjà favorisées. Du coup, les zones peu denses qui évidemment n’auront  jamais le câble n’auront pas  non plus la technologie 5G  avant longtemps et devront se rabattre sur le réseau cuivre dans un état déplorable.

 

La 5G va nécessiter des déploiements massifs d’antennes de communication mobile à travers le pays. C’est ce que souligne une étude du cabinet Tactis. Publiée ce mardi, celle-ci montre que dans les zones péri-urbaines, il faudra environ 30% de sites supplémentaires pour offrir un niveau de service équivalent à la 4G. Surtout, dans les territoires ruraux, deux fois plus de sites seront nécessaires pour disposer d’une couverture équivalente, et jusqu’à trois fois plus pour délivrer un service haut débit, c’est-à-dire au moins 8 mégabits par seconde.

En France, plusieurs centaines de villages et de hameaux ne disposent toujours pas de téléphonie mobile. Et dans de nombreux bourgs, passer un coup de fil ou surfer sur Internet avec un smartphone demeure un chemin de croix. Il en va de même pour l’Internet fixe. Alors que dans les grandes villes, de plus en plus de Français passent à la fibre et profitent d’une connexion ultrarapide, dans beaucoup de campagnes et de zones rurales, les foyers doivent composer avec un ADSL à bout de souffle.

Orange: trop dominateur sur le marché entreprises

Orange: trop dominateur sur le marché entreprises

 

Orange reste « tout puissant », annonce son président Sébastien Soriano dans un entretien mis en ligne sur le site des Echos.

« Nous ne sommes pas satisfaits de la situation. Nous voulons un marché entreprises puissant et concurrentiel ; nous sommes loin de l’avoir aujourd’hui », explique Sébastien Soriano dans l’entretien. Le régulateur prévoit de soumettre à consultation une nouvelle régulation en vue d’une mise en oeuvre d’ici la fin de l’année.

« Dans ce cadre, sur la fibre dédiée aux entreprises, l’Arcep fera un suivi beaucoup plus fin des offres d’Orange », explique Sébastien Soriano.

L’Arcep menace en outre Orange, numéro un français des télécoms, d’une mise en demeure s’il ne baisse pas « immédiatement » le prix de l’option qualité de ses offres fibres pour les entreprises.

 

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