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J.J Augier, ex-trésorier d’Hollande, justifie ses placements dans les paradis fiscaux

J.J  Augier, ex-trésorier d’Hollande, justifie ses placements dans les paradis fiscaux

Selon Jean-Jacques Augier, il n’y a « rien d’illégal » et « rien d’incompatible avec les engagements de François Hollande », pourfendeur de la finance internationale.  Éditeur discret, Jean-Jacques Augier, 59 ans, doit en partie sa fortune au redressement de la société de taxis parisiens G7, qu’il quitte en 2000 avec un parachute doré de 11 millions d’euros.  Quatre ans plus tard, il décide d’investir une partie de ses capitaux en Chine dans une chaîne de librairies à l’occidentale, avec deux associés : un Français installé en Chine et un homme d’affaires chinois. Une société de portage des actifs est constituée, International Bookstores Limited, et domiciliée aux îles Caïman, célèbres paradis fiscal des Caraïbes sous souveraineté britannique. Un montage en vogue, semble-t-il, dans les milieux d’affaires chinois. En exclusivité sur France Info, Jean-Jacques Augier se défend d’avoir fait quoique ce soit d’illégal : il a investi dans cette société offshore par le biais d’une filiale de son holding financier, Eurane, qui gère toutes ses affaires chinoises. « L’investissement dans International Bookstores apparaît au bilan de cette filiale, Capital Concorde Limited. Rien n’est illégal », affirme-t-il. Expliquant n’avoir « ni compte bancaire personnel ouvert aux Caïmans, ni investissement personnel dans ce territoire. » Il confie à Marie-Eve Malouines son « grand étonnement » face à la tournure que prend le débat.

 

122 000 sociétés repérées dans des paradis fiscaux » ; enjeux 20 à 30 000 milliards de dollars

122 000 sociétés repérées dans des  paradis fiscaux » ; enjeux 20 à 30 000 milliards de dollars

Cette plongée dans le monde opaque des paradis fiscaux a été rendue possible par les recherches de longue haleine faites par le Consortium de journalistes d’investigation américains ICIJ, « sans doute la plus grande collaboration journalistique internationale de l’histoire », selon ses propres termes.  L’ICIJ a réussi à se procurer un disque dur contenant 2,5 millions d’e-mails et des informations sur 122.000 sociétés off-shore et quelque 12.000 intermédiaires : mémos internes, copies de passeports, pièces comptables ou encore documents officiels. Soit « le plus important stock d’informations venues de l’intérieur sur le système des sociétés off-shore jamais obtenu par des médias », commente le Guardian, qui fait partie de la quarantaine d’organes de presse internationaux qui ont ensuite eu accès à ces données confidentielles, avec Le Monde, la BBC, le Washington Post ou encore la Süddeutsche Zeitung. Ces informations concernent principalement les Iles vierges britanniques et représentent un volume « 160 fois supérieur aux informations confidentielles publiées par WikiLeaks sur le département d’Etat américain en 2010″. Elles ont filtré à partir de deux sociétés offrant des services « offshore » à Singapour et aux Iles Vierges.  On y trouve les noms de « milliers de détenteurs » d’intérêts dans des paradis fiscaux, dentistes américains, « villageois grecs issus des classes moyennes », dirigeants étrangers, milliardaires et marchands d’armes, écrit le Guardian.  Parmi eux, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev qui aurait quatre sociétés off-shore aux Iles Vierges à son nom ou à celui de son épouse et de ses filles. Ou l’ancien ministre des Finances de Mongolie, Bayartsogt Sangajav, qui aurait monté la société « Legend Plus Capital ltd » quand il était occupait ses fonctions ministérielles.  Y figurent aussi la célèbre collectionneuse d’art espagnole Carmen Thyssen-Bornemisza, la fille aînée de l’ancien dictateur philippin Ferdinand Marcos, Maria, et Olga Chouvalova, la femme d’Igor Chouvalov, un homme d’affaires proche de Vladimir Poutine, titulaire du poste de vice-Premier ministre en Russie.  Mais l’affaire se révèle particulièrement embarrassante pour le président français Hollande, déjà aux prises avec le scandale déclenché par l’inculpation de son ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac pour fraude fiscale : Jean-Jacques Augier, son trésorier pendant la campagne présidentielle de 2012, est en effet aussi mentionné par l’ICIJ.  Il serait actionnaire de deux sociétés offshore dans les îles Caïmans par le biais de son holding financier Eurane.  Ce dernier a confirmé qu’il avait participé à ces montages à la demande de ses partenaires, notamment d’un homme d’affaires chinois, mais il a assuré qu’il n’y avait là rien d’ »illégal ».  The Guardian prend aussi le soin de rappeler que « rien ne suggère que les personnes mentionnées sur ces listes aient enfreint la loi ».  Mais ce « Who’s Who des paradis fiscaux », comme le baptise l’ICIJ, « montre comment le secret de la finance off-shore s’étend dans le monde, permettant aux riches d’éviter de payer des impôts, alimentant la corruption et les malheurs des pays riches et pauvres », souligne le consortium. Pour lui, la crise chypriote actuelle « est un des exemples de la façon dont le système off-shore peut affecter la stabilité financière d’un pays ».  La Grèce a d’ailleurs immédiatement annoncé l’ouverture d’une enquête sur les comptes d’une centaine de sociétés offshore inconnues de ses services fiscaux, dont l’existence a été révélée par l’ICIJ. Ces dispositifs offshore ont constitué pendant des années un des vecteurs clés de l’évasion fiscale endémique dans ce pays.  La Commission européenne a, quant à elle, profité de l’occasion pour exhorter les Etats membres de l’UE à « se saisir de la question » de l’évasion fiscale qui coûte « plus de 1.000 milliards d’euros par an à l’Europe ».  Le Tax Justice Network, un réseau international de chercheurs et de militants qui lutte pour la « justice fiscale », évalue à 20.000 à 30.000 milliards de dollars le montant des sommes dissimulées dans les paradis fiscaux de par le monde.

 

Évasion fiscale : un coût de 1000 milliards par an pour l’UE

Évasion fiscale : un coût de 1000 milliards par an pour l’UE

Affaire Cahuzac mais surtout la diffusion par la presse des personnalités ayant des comptes dans des paradis fiscaux ; deux éléments pour faire enfin réagir la commison européenne. La Commission européenne a exhorté jeudi les pays de l’UE à « se saisir de la question » de l’évasion fiscale, notamment en adoptant une définition commune de ce qu’est un paradis fiscal, et a rappelé que l’évasion fiscale coûtait « plus de 1.000 milliards » d’euros par an à l’Europe. Interrogé au cours d’un point de presse sur la liste de personnalités actionnaires de sociétés dans des paradis fiscaux, publiée jeudi par plusieurs journaux dans le monde, le porte-parole de la Commission européenne, Olivier Bailly, a refusé de la commenter.  Mais, a-t-il rappelé, la Commission « a une position très ferme sur la fraude fiscale en générale » et a proposé en décembre dernier des mesures qui « sont encore en attente d’accord de la part des Etats membres » de l’UE.  Le but est de « limiter le coût de l’évasion fiscale en Europe, que nous évaluons à plus de 1.000 milliards d’euros par an », a-t-il expliqué.   »Pour la Commission, il ne doit y avoir aucune complaisance quelle qu’elle soit pour les individus, les sociétés ou les pays tiers qui contournent les lois internationales pour organiser la fraude fiscale », a-t-il dit.  La Commission a proposé en décembre un paquet d’une trentaine de mesures visant à lutter contre l’évasion fiscale. Elle y invite notamment les Etats de l’UE à faire une liste des paradis fiscaux, et à renforcer les accords de double imposition entre pays, pour éviter les vides juridiques favorisant la fraude fiscale.   »Nous attendons que les Etats membres se saisissent de cette question », a-t-il dit, ajoutant: « nous voulons que les Etats membres développent une position commune et une définition commune de ce qu’est un paradis fiscal ».  A la question de savoir si le Luxembourg est un paradis fiscal, M. Bailly n’a pas directement répondu, rappelant que des règles « très claires » s’appliquaient à « tous les Etats membres » de l’UE en matière de transmission d’informations sur les contenus des comptes bancaires.   »Nous sommes plutôt en train d’essayer d’avoir une définition des pratiques qui seraient illégales, plutôt que d’un terme qui cristallise », comme celui de paradis fiscal, a-t-il ajouté.

 

Cahuzac « Le Renseignement intérieur savait tout »(RMC)

Cahuzac  « Le Renseignement intérieur savait tout »(RMC)

 

François Hollande a affirmé qu’il ne savait rien sur le compte de Jérôme Cahuzac, mais le doute subsiste. Sur le ministère de l’Intérieur aussi : a-t-il tenté de masquer l’affaire ? Ce jeudi matin sur RMC, le journaliste de La Croix, Antoine Peillon, affirme que la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) savait tout, depuis longtemps.  Avec l’affaire Cahuzac, l’exécutif parait de plus en plus fragilisé. La courte intervention du chef de l’Etat hier mercredi n’a pas suffi à lever les doutes de l’opposition. Pour Jean-François Copé, la solution tient en un mot : remaniement. Mais dans l’immédiat, François Hollande va devoir répondre aux soupçons. Que savait-il sur le compte de Jérôme Cahuzac ? Dès fin décembre, il aurait été averti par une note blanche confirmant les accusations de Mediapart. Faux, riposte l’Elysée. Et Manuel Valls enfonce le clou, ce jeudi matin sur RMC et BFMTV : le ministre de l’Intérieur affirme catégoriquement qu’il ne savait rien et qu’aucune note n’a été transmise à la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI).  Des doutes qui pèsent aussi sur Bercy et la place Beauvau. Les services des ministères des Finances et de l’Intérieur ont-ils fait le nécessaire, ont-ils tenté de masquer une partie de l’affaire ? Pour le journaliste de La Croix, Antoine Peillon, la DCRI savait tout, depuis longtemps : « Dans l’enquête que j’ai faite, j’ai constaté, parfois avec une certaine consternation, que les policiers du Renseignement intérieur [la DCRI, qui dépend du ministère de l’Intérieur] sont au courant de quasiment tout en ce qui concerne l’évasion fiscale. Je pense que sur ce qui concerne particulièrement monsieur Cahuzac, étant donné ses responsabilités politiques depuis longtemps, étant donné son activité d’évasion fiscale assez maladroite quelque part, je ne peux pas croire que ce n’était pas connu, précisément de cette police-là ».

 

Cahuzac blanchi par Moscovici (Edwy Plenel , Médiapart, interview RTL)

Cahuzac blanchi par Moscovici (Edwy Plenel , Médiapart, interview RTL)

Vous dites que Pierre Moscovici a blanchi Jérôme Cahuzac ?

« Il n’était pas le seul. Fin janvier, début février, Pierre Moscovici, les communicants, certains médias comme le Journal du Dimanche, M. Bartolone, ont essayé de faire pression sur l’enquête en cours en instrumentalisant l’administration fiscale sur un document que personne n’a vu et qui a permis d’affirmer à l’époque que Cahuzac était blanchi par la Suisse. »

La façon dont Pierre Moscovivi a posé les questions aux services suisses étaient biaisées ? Il ne pouvait avoir que cette réponse là car c’était la mauvaise question ?

« Tout cela était téléphoné par l’entourage de M.Cahuzac. Cela a été fait par l’administration fiscale dans un cadre où il faut consulter l’avocat de la personne concernée. M.Cahuzac et ses communicants essayaient d’entraver cette enquête depuis le 8 janvier. Il y a eu un conflit d’intérêt. Le fait que M.Cahuzac soit resté en poste après nos révélations fait qu’ils ont pu utiliser l’administration fiscale pour essayer d’entraver la marche à la vérité. Je n’emploie pas le mot « mensonge d’état » car cela voudrait dire que l’on remonte jusqu’au président et au Premier ministre. C’est plus complexe. Le point commun entre M.Moscovici et M.Cahuzac ? Ce sont les Strauss-kahniens. M.Hollande et M.Ayrault ont peut-être été minoritaires dans cette affaire par rapport à un autre courant au cœur du dispositif gouvernemental. L’ancien avocat de M.Cahuzac, Gilles August, est un proche de M.Strauss-Kahn. Le nouvel avocat de M.Cahuzac est le même que celui de M.Strauss-Kahn. Nous sommes au cœur d’une bataille. L’erreur de M.Hollande est de ne pas avoir écouté Mediapart dès décembre et demander à M.Cahuzac de quitter le gouvernement pour se défendre. »

D’où viennent les fonds des compte de Cahuzac ? De l’industrie pharmaceutique ?

« Medipart a évoqué cette hypothèse. Nous savons que ce compte a été ouvert en 1992 avec un premier versement. On tombe sur une autre famille politique ( Philippe Péninque, un proche de Marine Le Pen, aurait ouvert le compte de Jérôme Cahuzac chez UBS en 1992 selon Le Monde.fr, NDLR). Nous sommes devant un séisme qui est celui de l’évasion et de la fraude fiscale qui va ébranler la classe politique. Je rappelle que le premier défenseur de M.Cahuzac n’était autre que Eric Woerth, mis en cause dans l’affaire Bettencourt par Mediapart. Nous sommes devant un scandale oligarchique de gens qui brouillent les frontières politiques au cœur de leurs intérêts financiers. »

Des millions de transactions « offshore » dévoilées

Des millions de transactions « offshore » dévoilées

C’est un séisme fiscal planétaire. Des millions de transactions « offshore » ainsi que des dizaines de milliers de noms de sociétés et de particuliers provenant de 170 pays dans le monde entier vont être dévoilés jeudi. Ces révélations proviennent du travail de 86 journalistes du monde entier (The Guardian, la BBC, le Washington Post, Le Soir ou encore Le Monde) sous la direction de l’International Consortium of Investigate Journalists (ICIJ) à Washington. Ces journalistes ont rassemblé durant quinze mois 2,5 millions de fichiers ainsi que les comptes de 120.000 sociétés offshore. La fuite informatique équivaut, rapporte Le Soir à 160 fois le volume des câbles diplomatiques, comme ceux de WikiLeaks en 2010. Des nombreuses personnalités sont éclaboussées par ce scandale et de très nombreux pays sont mis en cause.

Cahuzac « par de complaisance » pour Moscovici ; alors incompétence ?

Cahuzac «  par de complaisance » pour Moscovici ; alors incompétence ?

 

Il y a 5 mois que l’affaire Cahuzac est évoquée, pourtant Moscovici, ministre de l’économie,  estime qu’il n’y a pas eu de complaisance. Pour un ministre des finances qui détient tous les leviers de l’information économique et fiscale ce doit être alors de l’incompétence. « Il n’y a eu aucune complaisance, aucune volonté d’entraver la justice (…) Le président de la République a demandé tout de suite des explications à Jérôme Cahuzac quand a été ouverte une enquête préliminaire. Evidemment la justice a pu travailler en toute indépendance« , a assuré Pierre Moscovici sur RTL. « Il y a pu y avoir des interrogations ou des doutes« , a concédé le ministre. « Je pense que le président de la République et moi-même avons fait ce qu’il convenait de faire », a-t-il cependant estimé, ajoutant avoir lui-même « fait des démarches qui visaient à aider à la manifestation de la vérité« . Il a mis en avant ses demandes adressées aux autorités helvétiques pour obtenir des informations sur l’existence d’un compte en Suisse de son ex-ministre du Budget, soldées selon par une réponse négative.  « Jérôme Cahuzac s’est adressé à UBS, pas forcément en posant les bonnes questions. On lui a répondu qu’on ne pouvait pas trahir le secret bancaire, et donc moi comme ministre des Finances, j’avais à ma disposition la convention d’assistance fiscale avec la Suisse et j’ai fait une demande d’assistance à la Suisse« , a déclaré Pierre Moscovici. « Le 31 janvier (…) j’ai eu une réponse large, j’ai eu droit à une réponse négative« , a-t-il affirmé. « De 2006 à 2013, les autorités suisses ont dit qu’il n’y avait pas eu de compte chez UBS« , a-t-il ajouté sans plus de détail.  »J’ai joué mon rôle, tout mon rôle, rien que mon rôle« , a martelé Pierre Moscovici, en assurant « ce gouvernement a l’exigence de l’exemplarité et de l’honnêteté« . L’ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a reconnu mardi détenir un compte à l’étranger depuis une vingtaine d’années et a été mis en examen pour blanchiment, revenant sur des semaines de dénégations.

 

L’affaire Cahuzac, c’est quoi ?

L’affaire Cahuzac, c’est quoi ?

 

Fraude fiscale (comptes à l’étranger dissimulés), détournement d’argent public (fonds de la sécu), mensonge, conflits d’intérêts bref presque des « broutilles » pour celui qui était en charge de guerre le budget et d’imposer l’austérité et la justice sociale. Plus de trois mois après les révélations du site Mediapart, Jérôme Cahuzac est passé aux aveux. L’ancien ministre du Budget a déclaré dans un message posté sur son blog avoir eu un compte à l’étranger « depuis 20 ans ». Le 19 mars dernier, Jérôme Cahuzac avait été contraint de démissionner à la suite de l’annonce de l’ouverture d’une information judiciaire. Les deux juges en charge du dossier l’ont mis en examen mardi pour « blanchiment de fraude fiscale » et « perception par un membre d’une profession médicale d’avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la Sécurité sociale ».   Dans l’affaire Jérôme Cahuzac, l’ex-ministre est soupçonné d’avoir détenu à l’étranger un compte bancaire non déclaré. Un enregistrement révélé par le site Mediapart et authentifié par une expertise de la police scientifique, dans lequel Jérôme Cahuzac reconnaît avoir détenu un compte dans la banque suisse UBS, a fait éclater l’affaire en décembre dernier. Le compte bancaire en question, toujours selon le site d’investigation, aurait été fermé en 2010 pour être transféré à Singapour.  Mardi, les juges d’instruction ont mis en examen Jérôme Cahuzac pour « blanchiment de fraude fiscale » et « blanchiment de fonds provenant de la perception par un membre d’une profession médicale d’avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la Sécurité sociale ». En clair, les enquêteurs se penchent sur les avantages qu’aurait perçus Jérôme Cahuzac de la part de laboratoires pharmaceutiques. Après avoir quitté ses fonctions de conseiller au ministère de Claude Evin en 1993, il a en effet ouvert une société de conseil de laboratoires pharmaceutiques. Pendant près de 10 ans, sa société nommée Cahuzac Conseil a engendré plusieurs millions d’euros, dont une partie aurait été reversée sur des comptes occultes, révèle Le Canard Enchaîné de mercredi. L’argent engendrée par son travail de consultant pour l’industrie pharmaceutique « représente 3/4 des sommes qui ont transité sur les comptes occultes. Le dernier quart, se sont vraisemblablement des émoluments non-déclarés de la clinique qu’il avait avec sa femme », a commenté le journaliste Hervé Martin au micro d’Europe 1. Mais les enquêteurs vont également tenter de savoir si Jérôme Cahuzac n’a pas ouvert son compte alors qu’il était conseiller du ministre de la santé, Claude Evin. Entre 1988 et 1991, il s’occupait en effet de la politique du médicament. « La question est donc aujourd’hui ouvertement posée : des labos pharmaceutiques ont-ils monnayé à cette période certaines faveurs ministérielles via Jérôme Cahuzac ? En d’autres termes, M. Cahuzac a-t-il menti pour lui-même ou pour d’autres ? », s’interroge Mediapart.  Concrètement, « le blanchiment de fraude fiscale » consiste à réinjecter dans le circuit économique de l’argent dissimulé aux services fiscaux. « Ouvrir un compte non déclaré à l’étranger pour y placer de l’argent provenant de fraude fiscale, avant de s’en servir pour acheter des biens est caractéristique du blanchiment de fraude fiscale », résume l’avocat fiscaliste Me Marc Bornhauser, interrogé par Europe1.fr.  Pour qu’il y ait « blanchiment de fraude fiscale », il faut au préalable qu’il y ait fraude fiscale. « Or, en France, c’est la commission des infractions fiscales, placées sous la tutelle du ministère du Budget, qui décide d’engager ou non des poursuites lors de soupçons de fraudes fiscales », observe l’avocat fiscaliste Me Jean Hamet. Jérôme Cahuzac étant ministre du Budget, ladite commission risquait de se trouver en posture délicate. En optant pour le chef de « blanchiment de fraude fiscale », le parquet a pu vouloir éviter cet écueil et garder les mains libres pour enquêter à sa guise.  L’article 324-1 du Code pénal prévoit des peines de 375.000 euros d’amende et jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour des faits de blanchiment de fraude fiscale. C’est moins que pour la fraude fiscale en tant que telle, qui elle, peut valoir à son auteur jusqu’à sept ans de prison et un million d’euros d’amende. Dans le cas d’une suspicion de fraude fiscale, le délai de prescription est généralement de trois ans. Ce qui laisser planer la possibilité d’une éventuelle prescription des faits dans l’affaire Cahuzac. « Concernant les faits de blanchiment de fraude fiscale, le délai de prescription, qui s’élève lui aussi à trois ans, ne démarre qu’au moment de la découverte des faits », souligne Me Marc Bornhauser. L’ouverture d’une information judiciaire sur cette dénomination permet donc à la justice d’éviter toute annulation des poursuites pour cette raison. Par ailleurs, Jérôme Cahuzac a reconnu sur son blog détenir un compte en Suisse avec 600.000 euros dessus, mais qui « n’a pas été abondé depuis une douzaine d’années ». Les faits ne sont donc pas prescrits.

 

Affaire Cahuzac : discrédit fatal de la classe politique

 

 

Cahuzac : le  discrédit fatal de classe politique

 

L’affaire Cahuzac n’est pas la première du genre ; à droite comme à gauche, des ministres, en position judicaire délicate,  ont déjà été contraints de démissionner. Une grande différence toutefois, cette démission  concerne celui qui était chargé d’imposer l’austérité et cela en pleine période crise. Quelle crédibilité pourra-ton désormais accorder aux professeurs de rigueur qui ne cessent d’expliquer que les français doivent des efforts, encore de efforts, et en plus pour des résultats économiues et sociaux lamentables. A l’incompétence générale s’ajoutent  la goujaterie et l’hypocrisie d’une classe politique discréditée. En cause,  sans doute la professionnalisation des responsables politiques qui considèrent cette fonction come un métier et non comme un service civique temporaire. Le copinage, le corporatisme, les liaisons dangereuses avec les puissants portent un coup sévère à la démocratie. Démagogie,  irresponsabilité caractérisent ceux qui sont en charge de l’intérêt public. Si la crise est économique et sociale, elle est tout autant culturelle et démocratique ; la plupart de nos politiques ne sont guidés que par leur plan de carrière ; pour la plupart ils y entrent sitôt sortis des grandes écoles et y demeurent jusqu’à 70 ans voire davantage. La sociologie des responsables atteste de la coupure avec les forces actives du pays, pratiquement pas d’ouvrier, de chefs d’entreprise, de syndicaliste, d’agriculteur  ou encore d’employé du privé. Pour l’essentiel des fonctionnaires (ou équivalents), des apparatchiks, des pros de la politique. Le phénomène italien pourrait bien s’étendre à d’autres  pays et se traduire par un rejet général de la classe politique traditionnelle. Certes le politique ne peut pas tout mais il peut entraver l’  initiative, plomber la compétitivité,  tuer le pouvoir d’achat par la fiscalité ; sans parler des procédures kafkaïennes dont se nourrissent les fonctionnaires mais qui annihilent  tout effort de modernisation. La crise est profonde car elle ne concerne pas seulement les responsabilités nationales, jusqu’au plus bas niveau de la commune c’est la même démagogie, la même irresponsabilité. Une posture encouragée par une union économique elle aussi dirigée essentiellement par des fonctionnaires qui n’ont qu’une idée approximative des réalités économiques et sociales. La  vérité c’et que les dirigeants ne savent pas où ils vont, faute de connaissances et de doctrine, on suit bêtement la rigueur trop brutale imposée par Bruxelles et toute l’Europe va dans le mur. La crise sera durable car elle est systémique avec de interactions bien entendu économiques et sociales mais aussi politiques et culturelles.

Taxe 75% : un rapport ridicule mais nécessaire pour faire passer la pillule de l’austérité

Taxe 75% : un rapport ridicule mais nécessaire pour faire passer la pillule de l’austérité

 

Théoriquement la taxe devrait rapporter 500MF, en fait ce sera beaucoup moins car nombre de hauts salaires visés vont décaler leurs revenus au-delà des 2 ans prévus par cette taxe, d’autres recevront leur rémunérations dans des filiales situées à l’étranger (il y a le choix, il y a 30 000 filiales françaises à l’étranger). En fait l’assiette de cet impôt (destiné surtout  à faire passer de la pilule fiscale avalée par tous les français) va se réduire comme peau de chagrin grâce aux conseils avisés de l’armée de fiscalistes qui conseillent les grandes entreprises. « Il y aura cet effort demandé aux plus riches. C’est un acte de solidarité, presque un acte patriotique ». Mais « la taxe ne serait pas instaurée pour faire du rendement« , avait affirmé sur BFMTV et RMC, Pierre Moscovici, le 21 mars dernier à propos de la taxe sur les hauts revenus.  Mais la nouvelle mouture de ce prélèvement présentée par François Hollande lors de son intervention télévisée du 28 mars devrait finalement rapporter davantage que les modestes 210 millions d’euros par an budgétés dans le projet de loi de finances pour 2014. Selon Les Echos de ce 2 avril, citant Bercy, elle devrait carrément être du double, soit 500 millions d’euros.  Le nombre d’assujettis sera pourtant moins important: environ un petit millier contre 1.500 à 2.000 dans la version initiale. Seuls les salariés- y compris les joueurs de football !- seront concernés via leurs entreprises qui paieront la taxe.  En revanche, le taux du prélèvement sera supérieur à celui prévu dans le budget 2013. Au total, il sera de 75%, soit 50% de taxe plus 25% de charges salariales, sur les rémunérations supérieures à un million d’euro par an. Or, le taux facial de la première taxe n’était que de 18%.

 

Impôts locaux : relative stabilité en 2013, en cause les élections

Impôts locaux : relative stabilité en 2013, en cause les élections

 

Les élections approchent, Pas étonnant dans ces conditions que les maires aient opté pour la stabilité. «Dans la plupart des communes, les taux d’imposition ne devraient pas augmenter en 2013. Et là où il y aura des hausses, elles devraient être limitées, de l’ordre de 0,5 %», estime Philippe Laurent, président UDI de la commission des finances de l’Association des maires de France (AMF). Ainsi, toutes les grandes villes – Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nice, Nantes – laissent inchangés les taux d’imposition en 2013. Une décision qui concerne les impôts levés par le bloc communal, soit la taxe d’habitation, la part communale de la taxe foncière sur le bâti et la taxe foncière sur le non-bâti. Nombre de métropoles régionales, comme Rouen, Angers, et de villes moyennes, comme Châtellerault, Niort, Saint-Nazaire, Agen, Cagnes, ont elles aussi choisi la stabilité. Quimper, qui relève de 2 % le taux de la taxe d’habitation et du foncier non bâti et de 3 % celui de la taxe foncière, fait plutôt figure d’exception. « Les Français veulent moins d’impôts mais toujours plus de services municipaux. C’est la quadrature du cercle ! » Les départements sont l’autre strate de collectivités qui prélèvent des impôts sur les ménages, en l’occurrence une part de la taxe foncière sur le bâti. Ils devraient être tout aussi raisonnables. «Nous avons mené une enquête qui révèle que 70 % des départements maintiendront leur taux d’impôt inchangé en 2013. Chez les autres, la hausse ira de 0,5 % à 2 %», précise-t-on à l’Assemblée des départements de France (ADF). Toutefois, même un heureux ménage situé dans une commune et un département où les taux n’augmenteront pas verra sa facture de taxe d’habitation ou de taxe foncière progresser de 1,8 % en 2013. Explication: les impôts locaux s’obtiennent en multipliant une base – les valeurs locatives – par un taux d’imposition. Or le Parlement revalorise chaque année ces valeurs locatives. Et en 2013, il a fixé le curseur à 1,8 %. Surtout, rien ne dit que la relative sagesse des trois derniers millésimes – 2011, 2012, 2013 – suffira à faire oublier aux contribuables le début de mandat. Le matraquage a été violent dans certaines villes. À Paris, les taux d’impôt ont grimpé de 9 % en 2009 et de 8 % en 2010. À Nice, de 14,8 % en 2009. Désormais, les ménages sont réfractaires à tout nouveau relèvement. Selon un sondage CSA pour BFMTV et Le Figaro publié le 7 mars, les préoccupations des Français pour leur commune portent en priorité sur les impôts locaux (45 %), devant la lutte contre la délinquance (37 %). De fait, selon l’association Forum pour la gestion des villes, la taxe d’habitation et la taxe foncière dépassent souvent chacune les 900 euros par an pour les familles de deux enfants des villes de plus de 100 000 habitants. Les élus sont conscients de cela. «Nous savons que les ménages et les entreprises ne sont pas en forme», admet-on à l’ADF. «Les Français veulent moins d’impôts mais toujours plus de services municipaux. C’est la quadrature du cercle!», grince Philippe Laurent. De fait, les collectivités n’ont qu’une solution pour maintenir des comptes à l’équilibre tout en gelant les impôts: dépenser moins. Les départements s’y sont mis, les communes pourraient suivre. Certains le déploreront, d’autres s’en réjouiront

 

Cahuzac reconnaît son compte à l’étranger

Cahuzac reconnaît son compte à l’étranger

 

La déclaration de cAhuzac sur son blog «Par lettre du 26 mars 2013, j’ai demandé à Messieurs les juges d’instruction Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke de bien vouloir me recevoir afin que, délivré des obligations de ma fonction, je puisse enfin donner les explications qui s’imposent au regard de la détention à l’étranger d’un compte bancaire dont je suis le bénéficiaire depuis une vingtaine d’années.  J’ai rencontré les deux juges aujourd’hui. Je leur ai confirmé l’existence de ce compte et je les ai informés de ce que j’avais d’ores et déjà donné les instructions nécessaires pour que l’intégralité des actifs déposés sur ce compte, qui n’a pas été abondé depuis une douzaine d’années, soit environ 600.000 €, soient rapatriés sur mon compte bancaire à Paris. A Monsieur le Président de la République, au Premier Ministre, à mes anciens collègues du gouvernement, je demande pardon du dommage que je leur ai causé. A mes collègues parlementaires, à mes électeurs, aux Françaises et aux Français j’exprime mes sincères et plus profonds regrets. Je pense aussi à mes collaborateurs, à mes amis et à ma famille que j’ai tant déçus. J’ai mené une lutte intérieure taraudante pour tenter de résoudre le conflit entre le devoir de vérité auquel j’ai manqué et le souci de remplir les missions qui m’ont été confiées et notamment la dernière que je n’ai pu mener à bien. J’ai été pris dans une spirale du mensonge et m’y suis fourvoyé. Je suis dévasté par le remords. Penser que je pourrais éviter d’affronter un passé que je voulais considérer comme révolu était une faute inqualifiable. J’affronterai désormais cette réalité en toute transparence.»

Déficit public : autour de 4% au lieu de 3 en 2013

Déficit public : autour de 4% au lieu de 3 en 2013

 

Exit le déficit ramené à 3% en 2013 ( après 4.8% en 2012). Hollande reprend la prévision de la commission européenne à 3.7%. En fait, on sera autour de 4% car les économies de l’Etat ne seront pas entièrement réalisées et la croissance sera moindre que les prévisions. . Une croissance plus faible que prévu, et donc des rentrées fiscales inférieures aux anticipations. Dans la mesure où le gouvernement ne compte pas «rajouter de l’austérité à la récession», le ministre des Finances, Pierre Moscovici, a d’ores et déjà prévenu que des mesures d’ajustement supplémentaires ne seraient pas demandées aux Français cette année – que ces efforts portent sur les dépenses ou sur les impôts. «Les Français attendent de la sérénité, de la stabilité», a-t-il redit hier à l’Assemblée nationale. D’où un inévitable dérapage par rapport aux engagements. Pour la première fois mardi, le chef de l’État l’a chiffré: François Hollande a indiqué lors de son discours à Dijon que le déficit public de la France devrait être «sans doute de 3,7 % en 2013… même si nous essaierons de faire moins». Cette estimation n’est pas donnée au hasard: c’est celle que la Commission européenne vient de publier. Cet aveu, François Hollande ne veut pas qu’il soit perçu comme un signe de faiblesse: «En deux ans, nous aurons accompli un redressement structurel inédit tant il est considérable. Le déficit public en 2011 s’élevait à un peu plus de 5 % de la richesse nationale, à 4,5 % fin 2012», a-t-il insisté. Avant d’ajouter: «La bonne stratégie économique, c’est de rester dans cette trajectoire sans rien faire qui puisse affaiblir la croissance.» Pour autant -et c’est la raison pour laquelle l’exécutif entend redoubler d’efforts en 2014 -, «redresser les comptes est une obligation financière, sinon nous allons être pris par la spirale de l’endettement ; c’est également une obligation de souveraineté parce que la France ne doit jamais être en difficulté sur les marchés, jamais elle ne doit offrir la moindre vulnérabilité», a poursuivi le président de la République. Le chef de l’État a toutefois rappelé que les taux d’intérêt qui permettent de financer la dette française «sont au plus bas de notre histoire». Question : pour combien de temps ? Pour repasser sous la barre des 3 % de déficit en 2014, les dépenses devront être réduites et «des choix courageux» être faits, notamment pour les prestations sociales et les retraites, a d’ores et déjà prévenu François Hollande. Au final, «plus tôt on rétablira les comptes publics, plus tôt la confiance reviendra. Et plus tôt nous aurons retrouvé de la croissance, plus tôt nous en finirons avec les déficits et plutôt nous pourrons baisser le chômage», a-t-il conclu sur ce sujet.

 

Etat: délai de paiement réduit aux fournisseurs

Etat: délai de paiement réduit aux fournisseurs

 

Sans doute, une première mesure concernant le choc de Hollande : les délais de paiement par l’Etat. Une question qui constitue un véritable serpent de mer pour le public comme pour le privé ( et qui plombe les trésorerie). La France est en tête des mauvais payeurs qu’il s’agisse de clients du privé ou du public, en moyenne autour de 70 jours ; et en période de crise les délais tendent à se rallonger. Moscovici veut que l’Etat paye à 20 jours, un délai qui ne pourra pas être tenu précisément compte tenu de la complexité des cathédrales administratives. Le décret sur la lutte contre les retards de paiements dans les contrats de la commande publique est paru au Journal officiel dimanche en vue d’une entrée en vigueur au 1er mai prochain.  Dans un communiqué, le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, a salué « une étape importante pour la modernisation des relations entre les pouvoirs adjudicateurs et leurs fournisseurs », qui « participe du plan global pour le renforcement de la trésorerie des entreprises, notamment des PME et des TPE ».   »La réduction des délais de paiement des contrats de la commande publique constitue un objectif prioritaire du gouvernement » dans le cadre du  Pacte national pour la compétitivité, la croissance et l’emploi adopté le 6 novembre dernier, a-t-il souligné.   »Cette action déterminée se poursuivra avec la réduction à 20 jours des délais de paiement de l’État d’ici à 2017″, a ajouté le ministre.  Le décret étend le délai maximal de paiement de 30 jours à l’ensemble des contrats de la commande publique (délégations de service public, contrats de partenariat).  En cas de retard, le décret prévoit le versement d’intérêts moratoires au taux d’intérêt de la Banque centrale européenne augmenté de 8 points de pourcentage ainsi que le paiement d’une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement d’un montant de 40 euros, souligne Bercy.  Ces sommes seront versées au créancier sans qu’il ait à les demander. « Le dispositif bénéficiera donc directement aux entreprises en cas de retard de paiement des personnes publiques », ajoute le ministère.  Il ne concerne en revanche pas les établissements publics de santé et les entreprises publiques, dont la spécificité de l’activité justifie le maintien de leurs délais de paiement actuels (50 jours pour les établissements publics de santé et 60 jours pour les entreprises publiques), selon Bercy.

Des élus du nord baissent leurs indemnités de 10% et les autres ?

Des élus du nord baissent leurs indemnités de 10% et les autres ?

Après la décision des élus du nord, on attend la réaction des autres, gouvernement, députés, sénateurs  maires etc. Mercredi en conseil municipal, les élus du Cateau-Cambrésis ont adopté une mesure suffisamment rare pour être signalé. Ils ont en effet, à l’unanimité de surcroît, voté une baisse de 10% des indemnités du maire, des adjoints et des conseillers municipaux délégués. Dégageant ainsi 12.000 euros.  La réduction des indemnités des élus du Cateau-Cambrésis permettra de financer une prime à la naissance pour les jeunes parents, des fournitures scolaires pour les écoliers, des aides pour les frais d’inscription pour les étudiants, mais aussi des services en faveur des personnes âgées. C’est Serge Siméon, le maire du Cateau-Cambrésis, qui est à l’initiative de la baisse, motivée par l’insuffisance des financements publics. « Nous sommes conscients que l’Etat, depuis de nombreuses années n’a plus les moyens de sa politique », explique l’élu à Europe 1. « Il faut trouver une solution, il faut aider les gens qui souffrent. Et faire preuve de solidarité, pour nous, c’était du concret. Donc il faut qu’on résolve si peu soit-il les problèmes de société. On est en osmose avec notre population. » Dans une épicerie solidaire de cette ville du Nord de 7.000 habitants, l’initiative des élus est forcément bien accueillie. « Je trouve que c’est bien. On trouve qu’on n’a déjà pas beaucoup pour nous. Alors ce qu’on fait pour les enfants, pour les personnes âgées, c’est vrai qu’on peut leur dire un bon merci », réagit une habitante. « Si c’est pour donner aux autres, c’est bien. C’est tellement rare qu’il faut le dire », renchérit un autre. « Si ça pouvait servir d’exemple à beaucoup d’endroits, ce serait super », abonde Michel Wiseur, responsable des Restos du cœur du Cateau, « Il y a de plus en plus de gens en difficultés. Donc un petit coup de pouce, émanant des élus, c’est très bien. » Et les premiers versements pour les familles bénéficiaires sont prévus dans les prochaines semaines.

 

Retraites : plus tard, plus basses et plus chères

Retraites : plus tard, plus basses et plus chères

Pour l’affichage politique on ne touchera pas à l’âge légal mais il faudra davantage d’annuités pour bénéficier d’un retraite pleine ; autant dire qu’on recule l’âge de la retraite ; Des retraites dont le niveau va baisser et qui seront plus chères car les cotisations vont probablement augmenter. « Nous ne toucherons pas à l’âge légal » de départ à la retraite, a tranché le Premier ministre, dans une longue interview au Journal du Dimanche. « Le fil conducteur de nos décisions, c’est la justice. Cette réforme traitera la pénibilité au travail, la complexité des régimes et résoudra les inégalités. Au final, nous paierons les retraites, nous préserverons les plus petites retraites, et nous pérenniserons les régimes de retraite pour les générations à venir », a enchaîné Jean-Marc Ayrault, promettant que les Français « y verront plus clair à l’automne », après une séquence de négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux.  Comme l’a annoncé Jean-Marc Ayrault, l’âge légal de départ à la retraite restera à 62 ans, limite qui entrera en vigueur en 2017 comme prévu par la réforme du précédent gouvernement. Idem pour la limite de 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler dès 18 ans et 19 ans, comme le prévoit le décret entré en vigueur en novembre dernier. La durée de cotisation risque en revanche d’évoluer. Aujourd’hui, les Français doivent cotiser un minimum de 40 annuités avant de pouvoir disposer d’une retraite à tôt plein, un seuil porté à 41,5 annuités en 2017 en vertu de la réforme Woerth. Selon les informations d’Europe 1, le gouvernement Ayrault envisage de le porter progressivement à 42,5 annuités, une réforme qui concernerait aussi les régimes spéciaux (SNCF, EDF, Ratp, etc.). A l’Elysée, on confirme qu’un allongement de cette durée fera partie de la négociation, mais aucun chiffre n’est encore avancé. C’est l’autre piste privilégiée par le gouvernement, qui a déjà acté, selon les informations d’Europe 1, que les pensions versées par l’Etat aux retraités n’augmenteront plus au rythme de l’inflation. Seules les petites retraites seront épargnées, mais le seuil reste à définir et ce sera compliqué puisque la retraite moyenne des Français s’élève à 1.200 euros par mois.

 

 

Déficit- Cazeneuve « 3% » du PIB » en 2014 ou 2024 ?

Déficit- Cazeneuve « 3% » du PIB » en 2014 ou 2024 ?

C’était sûr le déficit devait être ramené à 3% en 2013, pas de chance on a plongé à 4.8% en 2012 ; alors on repousse en 2014 sans aucune garantie car il faudrait à la fois cumuler de fortes économies et des recettes d’une croissance improbable. Au moins ça ne mange pas de pain et ça rassure la commission européenne qui n’en connaît pas davantage sur le sujet que notre ministre. Le ministre du Budget Bernard Cazeneuve a estimé samedi que la France devait « se conformer » à une réduction de son déficit public à 3% du produit intérieur brut fin 2014, dans un entretien accordé au Monde, alors que Bruxelles réclame qu’il s’établisse « nettement en dessous ».   »L’objectif est de se conformer aux 3% », a répondu M. Cazeneuve à la question: « Faudra-t-il faire 3% de déficit en 2014 ou, comme l’a demandé (le commissaire européen aux Affaires économiques) Olli Rehn, +nettement+ moins ? ».   »Il faudra pour cela la plus grande rigueur », a ajouté le nouveau ministre délégué chargé du Budget.  Le gouvernement a déjà abandonné il y a un mois l’espoir de réduire les déficits de l’Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités territoriales à 3% du PIB dès cette année comme il s’y était engagé vis-à-vis de ses partenaires européens.  Il négocie actuellement un délai avec la Commission européenne. Bruxelles réclame en échange que le déficit public s’établisse « nettement en dessous de 3% » en 2014.   »Les discussions se passent bien », a affirmé le ministre. « Il y a un climat de confiance qui doit être entretenu. C’est pour cela que la France ne saurait déroger à ses objectifs de réduction des déficits », a-t-il ajouté.  Il a par ailleurs réaffirmé que la réduction des dépenses publiques représenterait « l’essentiel de l’effort en 2014″.  Les services publics « risquent d’être mis en cause si nous laissons filer dettes et déficits », a-t-il ajouté. Il a dit souhaiter « que l’ensemble des opérateurs de l’Etat et autres délégations interministérielles voient leur action précisément évaluée pour éviter doublons, frais de structures et dépenses inutiles ».  Interrogé sur l’annonce faite jeudi par le président François Hollande selon laquelle la taxe à 75% sur les revenus supérieurs à un million d’euros serait finalement payée par les entreprises, M. Cazeneuve a rejeté l’idée que cela puisse compromettre les relations avec les entrepreneurs.   »Cette décision ne concernera que les entreprises qui choisissent de distribuer des rémunérations très élevées, je dirais même indécentes, alors que l’ensemble des salariés font des sacrifices », a-t-il argué. « Le gouvernement doit réconcilier les Français avec les entreprises », a-t-il ajouté.

 

 

Malte : non aux russes dans les banques

Malte :  non aux russes dans les banques

Le ministre des Finances de Malte, Edward Scicluna, s’est félicité que son pays n’ait jamais voulu faire d’affaires avec les banques russes, une décision dans laquelle il se sent conforté par les déboires de Chypre.   »Dès le milieu des années 90 nous avons décidé de ne pas laisser entrer les banques russes et ce type d’affaires », a déclaré M. Scicluna dans un entretien au site allemand Spiegel Online publié samedi. « Notre appréciation n’a jamais changé et aujourd’hui nous nous sentons confortés dedans », a-t-il ajouté.  M. Scicluna a réaffirmé, comme plusieurs dirigeants maltais ces derniers jours, que « le secteur bancaire maltais (était) robuste et stable ».  La presse internationale avait spéculé en milieu de semaine sur les dangers que pourrait courir le secteur bancaire maltais, après le plan draconien élaboré pour éviter la faillite à Chypre.  Beaucoup de capitaux russes sont déposés auprès des banques chypriotes, et les propos de M. Scicluna s’inscrivent en faux contre les spéculations selon lesquelles les investisseurs russes pourraient maintenant se tourner vers Malte comme nouvelle destination de leurs fonds.

 

Dette et déficits : le dérapage qui discrédite la rigueur

Dette et déficits : le dérapage qui discrédite la rigueur

 

Théoriquement la rigueur doit permettre de redonner de la compétitivité et de soutenir la croissance, c’est en tout cas la philosophie de Bruxelles et de Hollande. Or ces efforts ne servent ni à la croissance, ni même au rétablissement des comptes. En cause, l’incapacité à réaliser les économies prévues et l’effet néfaste de la fiscalité sur les recettes fiscales ; bref un double échec Le déficit public a été ramené de 5,3% en 2011 à 4,8% du produit intérieur brut (PIB) en 2012, un résultat moins bon qu’escompté par le gouvernement (4,5%), a annoncé vendredi l’Insee dans sa première évaluation.  La dette, elle a battu un nouveau record, à 1.833,8 milliards d’euros, soit 90,2% du PIB contre 89,9% prévus.  Ce mauvais résultat, au lendemain de l’intervention télévisée du président Hollande, complique encore la tâche du gouvernement.  Ce dernier a déjà abandonné il y a un mois l’espoir de réduire les déficits à 3% du PIB dès cette année et il négocie actuellement un délai avec la Commission européenne. Bruxelles réclame en échange que le déficit public s’établisse « nettement en dessous de 3% » en 2014.   »En 2013 on sera très loin des 3% et ça va être très difficile de les atteindre même en 2014, sauf à poursuivre dans une austérité marquée, qui du coup repousserait encore la reprise », prévient Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).   »Nous sommes sur la bonne voie, on est en train de réduire les déficits », a réagi le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, convaincu que, sans les « mesures correctrices » prises l’été dernier par le nouveau gouvernement socialiste, ils « auraient été supérieurs à 5,5% ».   »Le résultat obtenu est un résultat qui, loin d’être dégradant, dénote une gestion maîtrisée des dépenses publiques », a-t-il déclaré à l’AFP. Il a fait valoir que le déficit structurel (ndlr, corrigé des effets de la conjoncture), « s’est amélioré de 1,2 point de PIB en 2012, ce qui est exactement l’engagement que nous avions pris ».  Il a souligné que le dérapage était dû en partie à la recapitalisation par les Etats de la banque franco-belge Dexia en décembre, mais aussi à la réévaluation du déficit de 2011 (5,3% au lieu de 5,2%) et à la croissance nulle.  Mais les dépenses ont également légèrement échappé à la maîtrise des pouvoirs publics, passant de 55,9% du PIB en 2011 à 56,6% en 2012, soit plus que prévu. En volume (en plus de l’inflation), elles ont progressé de 0,7% au lieu de 0,5% escompté.   »Il y a en effet un petit dérapage des dépenses », reconnaît une source gouvernementale, « qui est dû pour moitié à la croissance zéro et pour moitié à un dynamisme plus important que prévu de l’investissement des collectivités locales ». En revanche, a assuré cette source à l’AFP, « côté Etat et Sécurité sociale, les dépenses sont tenues » avec même une bonne surprise pour l’assurance maladie.  Le taux des prélèvements obligatoires est lui conforme aux prévisions, à 44,9% du PIB en 2012 après 43,7% l’année précédente, « sous l’effet de la hausse des impôts » (+5,3%), a précisé l’Insee.  L’impact de la stagnation économique a fortement pesé. « Là, on entre dans le dur », estime M. Plane. « Au début, on a coupé dans les dépenses inutiles, mais plus ça va, plus on doit tailler dans la protection sociale ou l’investissement public, avec un impact plus fort sur la croissance », observe-t-il.  Jeudi soir, François Hollande a tranché plusieurs chantiers emblématiques en cours de réflexion en allant dans le sens d’une plus grande rigueur: allongement de la durée de cotisation à la retraite et réduction des allocations familiales pour les ménages les plus aisés.  Autant de gages adressés à Bruxelles alors que la France précisera ses nouveaux engagements budgétaires d’ici la mi-avril.  Certains économistes critiquent l’effet de l’austérité sur la croissance donc l’emploi. D’autres au contraire réclament encore plus d’efforts et de rigueur.   »Il va y avoir nécessairement des politiques sur les salaires et les retraites des fonctionnaires », estime l’économiste Jean-Paul Betbèze. Pour lui, la baisse des dépenses programmée par l’Etat pour 2014, 1,5 milliard en valeur absolue hors dette et pensions, « n’est pas suffisante ». D’autant plus, dit-il, si « les dépenses des collectivités montent à proportion de ce qui est économisé par l’Etat ».

Hollande-télé : où sont les économies de l’Etat

Hollande-télé : où sont les économies de l’Etat

 

Pour le moins Hollande a été très vague sur les économies du train de vie de l’Etat. Résumons, le  regroupements des achats des ministères soit 2 milliards qui restent à prouver car les ministères ont des structures de dépenses assez différentes dans ce domaine ; ensuite quelques centaines de millions pour la dématérialisation des formalités administratives. Pour le reste, il faudra attendre, on est loin des 10 milliards d’économies prévues. En cause, le refus de s’attaquer à la structure de l’Etat ou même des collectivités en général. Conclusion, c’est surtout la TVA qui fera la soudure, aussi  la hausse du barème de l’impôt, la diminution des pensions, des allocations familiales, de l’Unedic. Comme la dotation des collectivités locales va diminuer, il faut s’attendre à une hausse de la fiscalité locale. En fait, comme en 2012, le pouvoir d’achat sera surtout amputé par les hausses d’impôts et la réduction des revenus.

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