Archive pour la Catégorie 'environnement'

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Climat : Vers la désertification de la zone Méditerranée

Climat : Vers la désertification de la zone Méditerranée

 

D’après le rapport sur l’état de l’environnement et du développement en Méditerranée (RED 2020) le bassin méditerranéen est particulièrement vulnérable au réchauffement climatique et risque des dommages « mettant en danger la santé et les moyens de subsistance » des populations

Ce rapport était attendu par de nombreux experts car il concerne 21 pays riverains de la Méditerranée. Et ses conclusions font froid dans le dos. « L’exploitation des ressources et des organismes, la pollution et le changement climatique devraient exacerber les fragilités préexistantes (…), mettant en danger la santé et les moyens de subsistance », selon le rapport, dont la précédente version remonte à 2009. Ainsi, 15% des décès dans le bassin méditerranéen seraient déjà attribuables à des causes environnementales évitables, selon les données compilées.

La zone méditerranéenne est particulièrement exposée au changement climatique. Elle se réchauffe ainsi « 20% plus rapidement que la moyenne mondiale », que ce soit la température ambiante ou celle de l’eau. Ces modifications ont des conséquences directes dramatiques pour la région En terme de précipitations, les projections annoncent de jusqu’à 30% de baisse d’ici à 2080. Les saisons d’incendies vont s’allonger et la prolifération d’espèces invasives menace la biodiversité et la pêche.

L’un des points saillant de cette vaste étude est l’augmentation importante du niveau de la mer. Il pourrait atteindre de 0,5 à 2,5 mètres d’ici à la fin du siècle. Ce dernier phénomène menace les habitants des zones côtières, soit un tiers des quelques 510 millions d’habitants des pays du bassin méditerranéen. En outre, « la grande majorité des sites du patrimoine culturel sont côtiers et à basse altitude », souligne François Guerquin, alors que la région est la première destination touristique mondiale. Ce qui accentue par ailleurs d’autres pressions environnementales, comme l’urbanisation côtière, mais représente en moyenne 11% du PIB.

Pollution l’air : de nouvelles zones à faibles émissions, avec radars et amendes

Pollution l’air : de nouvelles zones à faibles émissions, avec radars et amendes

L’écologie punitive continue de sévir avec la création de nouvelles zones à faible émission mais compléter avec des radars pour les véhicules trop polluants. En fait une mesure qui va surtout toucher les moins favorisés qui possèdent des véhicules un peu ancien, soit le tiers du parc.

On comprend évidemment qu’on s’attache à la pollution provenant essentiellement de la circulation automobile. Mais le gouvernement adapte une attitude assez vicieuse en autorisant l’achat et la circulation de véhicules polluants mais en en punissant l’utilisation, en plus sur certaines zones seulement. Comme si la pollution pourrait être contenue dans des frontières.

En outre la véritable alternative à l’automobile à moteur thermique est sans doute la voiture électrique voir à hydrogène mais surtout le développement du transport collectif moins polluant et moins consommateurs d’énergie.

Parmi ces 11 zones, celles qui ne parviendront pas à respecter les normes en termes de pollution de l’air verront la mise en place par l’Etat de restrictions de circulations pour les véhicules Crit’Air 3,4 et 5, soit « un tiers du parc automobile » à compter de 2023. Cela pourrait concerner Paris, Lyon et Marseille. Compte tenu de leur densité urbaine, ces trois métropoles ont peu de chance d’atteindre ces objectifs, selon le ministère.

Le calendrier précis de ces interdictions et leurs modalités précises doivent encore être définis à l’échelle des collectivités. Des dérogations sont prévues pour les véhicules d’urgence ou pour encore pour les personnes handicapées.

De plus, le dispositif des ZFE sera étendu  »dans les agglomérations de plus de 150.000 habitants d’ici 2025, soit 35 nouveaux territoires concernés », pour anticiper un durcissement des normes européennes de qualité de l’air qui devraient s’aligner sur les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus strictes.

 

 

Agroalimentaire: se passer des additifs (Dry4Good)

Agroalimentaire:  se passer des additifs (Dry4Good)

 

La startup Dry4Good  a développé un procédé de déshydratation permettant d’éviter l’ajout de produits « fonctionnels ». Il a déjà attiré des clients industriels dans les secteurs du lait, des compléments alimentaires, des snacks apéritifs, des taboulés et des préparations pour la restauration collective.

L’idée est partie d’un constat : celui de la méfiance croissante de la part des consommateurs vis-à-vis des produits alimentaires industriels, dont les recettes complexes, remplies de sigles qui indiquent des additifs, manquent de transparence. Une suspicion à l’origine du succès d’applis telles que Yuka, qui simplifient le choix dans les rayons des supermarchés en proposant des notes synthétiques de la qualité des produits, et qui a déjà incité plusieurs marques à revisiter leur offre.

Romaric Janssen, qui jusqu’en 2019 travaillait dans le secteur agroalimentaire, se dit alors que pour ceux qui seront capables de proposer aux industriels des solutions leur permettant de simplifier leurs recettes, il y a un marché à prendre. Il connaît en effet le cercle vicieux qui conduit à cette multiplication des ingrédients artificiels. La logistique comme les procédés industriels imposent de remplacer nombre d’aliments.

« Saint-Gobain aussi pour la neutralité carbone en 2050″ (P.-A. de Chalendar)

« Saint-Gobain aussi pour la neutralité carbone en 2050″  (P.-A. de Chalendar)

Le  PDG de Saint-Gobain Pierre-André de Chalendar explique dans la tribune comment il entend attendre la neutralité carbone en 2050 mais ils comptent aussi sur d’autres.

Quel est l’impact du reconfinement sur l’activité de votre groupe ?

PIERRE-ANDRÉ DE CHALENDAR - Le reconfinement impacte surtout l’Europe, bien que le contexte ne soit pas le même entre avril et aujourd’hui, et la situation toujours très différente d’un pays à l’autre. Actuellement, nos usines continuent de fonctionner, mais surtout nos clients du bâtiment sont très actifs : c’est une différence majeure comparée au printemps dernier.

Outre-Manche, où l’activité a le plus chuté, la construction, lors du premier confinement, y était notamment considérée comme un secteur non-essentiel. Nous avions donc dû fermer nos usines et surtout nos agences de distribution.

En France, si les hésitations du gouvernement avaient créé des difficultés, provoquant un écart de 4 points de PIB avec l’Allemagne, dont 2 liés au bâtiment, le troisième trimestre a été très fort. À la différence de l’Allemagne où il n’y a pas eu d’effet de rattrapage.

Au niveau européen, la dynamique globale est néanmoins favorable, et j’ai la conviction que le profil de croissance de Saint-Gobain post-Covid devrait être supérieur à celui d’avant-crise. En Europe, par exemple, la rénovation, qui représente environ 50% de nos ventes, soit plus de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, devrait connaître un surcroit d’activité durable sur les prochaines années.

D’autant qu’à la différence du premier confinement, le maintien de la chaîne d’approvisionnement en matériaux de construction, en commerce de gros ou de détail, a été autorisé par l’exécutif…

Effectivement, au moment de l’annonce du confinement le 17 mars, nous avons dû fermer pendant deux-trois jours nos enseignes de distribution, mais nous avons repris très rapidement dès que les protocoles sanitaires ont été mis au point, plus vite que certains de nos clients qui ont mis plus de temps à s’adapter. En revanche, Lapeyre a dû rester fermé durant toute cette période. Toutes nos usines tournaient. Aujourd’hui, alors que le bâtiment a effectivement été désigné par le président de la République comme un secteur essentiel, tout est ouvert, tout fonctionne et nous avons un niveau d’activité normal. Plus que le confinement, en ces mois d’hiver, c’est davantage la météo qui pourrait avoir un impact sur notre activité. Pour l’instant, celle-ci n’est pas mauvaise.

Vous avez animé une « task force » sur la rénovation des bâtiments pour le gouvernement. Trouvez-vous le plan de relance dédié à la hauteur des enjeux ?

Le plan de relance dédié à la rénovation énergétique est calibré de façon satisfaisante. Il est en phase avec les recommandations de notre groupe d’experts composés notamment d’énergéticiens, d’industriels, et de fédérations professionnelles.

Les travaux de rénovation dans le résidentiel privé vont ainsi monter en puissance avec Ma Prime Rénov’ désormais accessible à tous et applicable aussi pour une rénovation globaleCette aide avait été supprimée pour les déciles de revenus 9 et 10, c’est-à-dire pour les ménages les plus aisés..

«Eoliennes : un scandale environnemental»

«Eoliennes :  un scandale environnemental»

Jean-Louis Butré, expert en énergie dénonce dans le Figaro le scandale environnemental que constituent les éoliennes.

 

Jean-Louis Butré est membre du groupe d’experts «Energie et vérité».


Plus de 2 000 associations se sont créées dans le pays pour protester contre l’implantation d’éoliennes, symbole d’un scandale environnemental et financier malheureusement couvert par les pouvoirs publics, tandis que chaque semaine de nouvelles manifestations apparaissent. Le rassemblement de toutes ses associations est en cours, nous attendons avant 2 ans les inscriptions de plus de 4 000 associations capables désormais de réunir plus de 500 000 citoyens.

Depuis des décennies la politique énergétique de notre pays a été un exemple de réussite qui nous a permis d’avoir l’une des électricités les moins chères d’Europe, nous procurant ainsi un avantage compétitif. Ce succès de nos ingénieurs et de nos responsables politiques risque sous peu de n’être plus qu’un souvenir tant les efforts du lobby écologiste détruit avec constance cet atout national. Le prix du KW au rythme actuel doublera en moins de 10 ans, sans lien avec l’effort nécessaire pour lutter contre le réchauffement climatique!

Ces centaines de milliers de Français, non écoutés, ne s’opposent pas aux énergies renouvelables, pourvu qu’elles soient efficaces, compétitives et qu’elles contribuent à notre prospérité tout en étant socialement acceptables ; or ce n‘est pas actuellement le cas pour l’éolien terrestre, d’une agressivité inacceptable envers les populations.

Les atteintes connues à la biodiversité ne semblent pas émouvoir les habituels défenseurs de l’environnement qui se mobilisaient naguère pour la sauvegarde d’une espèce particulière d’escargot

Scandale financier, oui c’en est un. D’un côté nos taxes visibles sur notre facture d’électricité sont en forte hausse, pour financer 41 milliards d’euros sur 9 ans prévus pour les éoliennes, appuyé sur le seul argent des contribuables et des consommateurs. Ces financements transitent par l’opérateur national EDF pour qu’il rachète aux promoteurs le courant produit par leurs éoliennes à 91 euros le kwh, cela pendant 15 ans. Rappelons que le coût marginal du kwh produit par les centrales nucléaires est de 33 euros le kwh. C’est donc à EDF d’assurer les pertes malgré ses difficultés financières. Qu’importe pour le lobby écologiste!

Le scandale environnemental n’est pas moins stupéfiant. La dévastation de nos paysages suscite auprès des populations un rejet croissant, et les atteintes connues à la biodiversité ne semblent pas émouvoir les habituels défenseurs de l’environnement qui se mobilisaient naguère pour la sauvegarde d’une espèce particulière d’escargot. Fort heureusement, pour la démocratie on voit désormais aux quatre coins de la France des défilés de mécontents.

Quelle agression que ces engins métalliques qui peuvent atteindre désormais 200m de hauteur et surgir à 500m d’une habitation! L’expérience montre que toutes les habitations perdent alors dans un rayon de quelques kms entre 30 et 40 % de leur valeur quand elles trouvent un acheteur, comme l’ont vérifié les notaires dans ces zones. En effet, qui acceptera d’acheter une maison à l’ombre de ces engins dont on mesure actuellement les multiples nuisances.

Aujourd’hui, pour faire tenir ces monstres il faut, autre atteinte à l’environnement, environ 2 500 m3 de béton, de nouveaux «blockhaus» qui vont parsemer nos champs. Leur démantèlement pose le problème de qui paiera dans 15 ou 20 ans quand les promoteurs auront sans doute disparu, alors que la réserve prévue de 50 000 euros est ridiculement faible au regard des premières expériences estimées à 450 000 euros?

 

Ce sont probablement les communes qui verront revenir vers elles à long terme les coûts pharamineux des travaux de remise en état des terrains

Comment seront recyclés les «terres rares» aujourd’hui nécessaires à leur fonctionnement? Que faire aussi des «pales» et des «mâts»? Ces questions auraient dû préoccuper les écologistes, il n’en est rien. Ce sont probablement les communes qui verront revenir vers elles à long terme les coûts pharamineux des travaux de remise en état des terrains.

L’éolien est devenu le plus prospère de nos secteurs économiques et pourtant le plus destructeur de valeur! Il ne fonctionne que grâce à l’État qui multiplie les avantages en faveur des promoteurs: garantie des recettes sur 15 ans, priorité d’accès au réseau électrique, difficultés accrus des recours des citoyens, impuissance des préfets et des élus. Ce qui attirent évidemment les multiples questionnaires de fonds et les personnalités à la recherche de hauts rendements garantis pour leurs placements.

Cette chaîne du silence et de la compromission sous le parrainage du lobby écologiste, et du ministère doit être dénoncée. Il faut faire savoir à l’opinion que ces éoliennes n’ont aucune influence dans la lutte contre le réchauffement climatique. De plus, leur développement entraînera, à cause de leur intermittence (24% d’efficacité), la construction de nouvelles centrales à gaz évidemment polluantes, accentuant notre dépendance à des pouvoirs étrangers.

Tous les éléments de ces engins métalliques sont fabriqués hors de France ce qui nous rend, là aussi, dépendants. De surcroit, c’est une filière qui ne créée que très peu d’emplois. Tous ces inconvénients méritent que se lèvent à travers nos territoires ces milliers d’associations représentant les centaines de milliers de citoyens pour protester contre l’alliance fallacieuse de l’écologie et de l’affairisme aux dépends de la prospérité de notre pays.

Biodiversité : Schneider Electric veut réduire son empreinte

 Biodiversité : Schneider Electric veut réduire son empreinte

Un article de la Tribune fait état de la volonté de Schneider électrique de réduire sensiblement son empreinte écologique A la différence de la préservation du climat, dont les objectifs et la métrique sont désormais définis et partagés, la protection de la biodiversité se heurte toutefois encore à des incertitudes, portant sur la mesure de la crise comme de ses causes. Une défaillance qui contribue au retard dans la définition des objectifs et des stratégies publiques et privées. Pour les entreprises, elle a engendré jusqu’à présent une difficulté à définir son propre niveau de responsabilité, et donc des actions qui ne soient pas purement anecdotiques. Les recherches avancent toutefois aussi dans ce domaine, et les entreprises s’approprient leurs résultats: c’est notamment le cas de Schneider Electric qui, main dans la main avec la CDC Biodiversité, branche de la Caisse des dépôts et des consignations, mène une expérience inédite. Pour réduire son empreinte écologique en particulier sur l’eau du faite de l’extraction de matières premières.

«Quelle vague verte?» ( Marc Grivel, métropole de Lyon)

 «Quelle vague verte?» ( Marc Grivel, métropole de Lyon)

Marc Grivel considère dans l’Opinion que la victoire des écolos est une illusion d’optique.

Les élections municipales et métropolitaines de 2020 ont conduit, selon de nombreux commentateurs, à une « vague verte historique » avec la victoire de listes écologistes ou à forte dominante écologiste, notamment sur la métropole de Lyon. C’est pourtant une illusion d’optique : la réalité politique profonde de nos territoires est plus nuancée. Nous pouvons et devons aujourd’hui tirer quelques enseignements de ces élections.

La « vague verte » engloutie par le raz-de-marée de l’abstention

Le contexte sanitaire, social et politique, l’incertitude chronique sur la tenue du second tour des élections dans un entre-deux tours dilué dans le confinement, tout autant que la profonde crise de confiance entre les citoyens et le monde politique déjà existante ont conduit à un « raz-de-marée » de l’abstention, alors que, jusqu’ici, les élections municipales résistaient et constituaient le rempart de la démocratie de proximité.

Dans l’agglomération de Lyon, l’illisibilité des élections métropolitaines, la méconnaissance des enjeux, d’incompréhensibles alliances de second tour et l’absence de double scrutin dans près de deux tiers des communes (dont les conseils municipaux avaient été élus dès le 1er tour), ont encore accentué ce phénomène de désintérêt et de défiance.

Des résultats révélateurs d’une fracture territoriale qui s’approfondit

Au-delà même de la situation inédite dans lequel s’est inscrit ce scrutin, on constate que les résultats électoraux sont bien plus contrastés que la lecture simpliste qu’en ont donnée beaucoup de médias : la « poussée verte » est issue des centres urbains développés alors que, traduisant une vraie biodiversité électorale, la situation est bien différente dans les territoires périphériques et, au-delà, dans les territoires ruraux.

Il suffit d’observer les résultats des élections sénatoriales qui découlent de ces élections locales : la majorité de la droite et du centre droit en sort élargie, il n’y a pas eu de déferlante d’élus verts dans la Chambre haute.

Ces élections locales sont en réalité révélatrices de l’accentuation de la fracture territoriale avec un creusement des disparités démographiques et socio-économiques entre les grandes villes et les territoires périurbains ainsi que les villes moyennes et les territoires ruraux.

Un vote écolo conjoncturel porté par un changement structurel de génération

Dans les centres urbains et dans ce contexte d’abstention, le vote militant soutenant les listes écologistes, ainsi que le vote sur la seule préoccupation environnementale (sociétale, transversale, dont personne n’est propriétaire), ont pesé lourd. Il faut dire que l’inertie du monde politique, sur au moins trois décennies, a donné progressivement le sentiment aux Français que les problèmes écologiques n’étaient pas pris à bras-le-corps.

Nos concitoyens, notamment les plus jeunes, veulent que les choses aillent plus loin, plus vite et pensent – souvent à juste titre – qu’il est urgent d’agir. La « vague » électorale écolo, conjoncturelle par définition, révèle « en grand » l’arrivée sur la scène politique d’une génération nouvelle, qui vient amplifier le dégagisme amorcé en 2017. Elle va durablement imprimer sa marque dans la politique française et, en conséquence, la nature et le sens de nos engagements politiques individuels et collectifs.

Pour autant, la base politique n’est pas solide, le béton est encore frais. Ces élections confirment l’affaiblissement des partis de la gauche de gouvernement traditionnelle qui a permis à EELV, en bien des endroits, de préempter la position de clef de voûte de listes de gauche plurielle portées par ce changement générationnel fédérant des électeurs plus jeunes, plus militants, plus mobilisables.

Une métropole fragilisée par des dysfonctionnements programmés

Sur la métropole de Lyon, le nouveau mode de scrutin sur la base de 14 circonscriptions (dont le découpage pose encore question), avec son système de prime majoritaire, a en outre bénéficié à plein à EELV. Les résultats auraient été bien différents si le mode électoral était moins impropre à représenter la réalité politique des 59 communes.

Le conseil métropolitain issu de ces élections, et sa majorité, ne sont plus à l’image des territoires et de leurs habitants. Comment pourrait-il en être autrement quand 35 maires sur 59 n’en sont pas membres ?

Un phénomène subséquent a provoqué le déracinement préoccupant du conseil de la métropole : les associations ont remplacé les communes. À la faveur des élections de 2020 sont en effet entrés en masse dans l’hémicycle des militants associatifs, présents en force sur les listes écologistes, qui défendaient jusqu’ici des intérêts sectoriels, aussi louables et indispensables soient-ils. Or on ne gère pas une collectivité territoriale comme une communauté d’associations !

La légitimité d’un maire et celle d’un président d’association sont loin d’être les mêmes pour les citoyens. Alors qu’une association gère une cause, un intérêt spécifique, un maire doit gérer de nombreuses causes et intérêts de toute nature, pour des habitants très divers, et son arbitrage politique au quotidien se nomme l’intérêt général.

Espérons que la majorité métropolitaine saura s’ancrer dans la réalité et la diversité territoriales de la métropole et en tirer des décisions pragmatiques concertées. Dans le cas contraire, ce basculement de la métropole des communes vers les associations va conduire, amplifié par des arbitrages verticaux s’exonérant de réelles concertations, à des dysfonctionnements institutionnels majeurs préjudiciables aux orientations des politiques publiques et aux investissements. Au regard des enjeux pour la deuxième métropole de France et son 1,4 million d’habitants, les six ans à venir sont donc interrogés. Ils ne peuvent pas et ne doivent pas être six ans perdus.

Marc Grivel est conseiller de la métropole de Lyon, président du groupe Synergies métropole, maire de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or de 2008 à 2020 et 1er vice-président de la Métropole de Lyon de 2017 à 2020.

Les conditions pour une croissance forte, verte et inclusive»( Philippe Aghion)

  • Les conditions  pour une croissance forte, verte et inclusive»( Philippe Aghion)
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  •  « La destruction créatrice implique des réallocations permanentes de la force de travail. Elle n’est acceptable que si l’on protège les personnes », souligne l’économiste, professeur au Collège de France.(Interview dans l’Opinion)
  • Philippe Aghion est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Institutions, innovation, et croissance ». Ses travaux portent principalement sur la théorie de la croissance et de l’innovation. Avec Peter Howitt, il a développé l’approche schumpetérienne de la croissance économique. Il est notamment l’auteur de Endogenous Growth Theory (1998) avec Peter Howitt, Repenser L’Etat, avec Alexandra Roulet (2011), Changer de modèle, avec Gilbert Cette et Elie Cohen (2014), et Repenser la croissance économique (2016). Il vient d’écrire, avec Céline Antonin et Simon Bunel, Le Pouvoir de la destruction créatrice.
  • Vous consacrez 448 pages à l’idée de « destruction créatrice » ! Pourquoi cette notion est-elle si importante à vos yeux ?
  • La force de cette notion est qu’elle permet d’appréhender le processus de croissance, à la fois dans sa dimension historique, et dans l’analyse de ses déterminants et des conflits qu’elle génère. La destruction créatrice est ce processus par lequel de nouvelles activités viennent constamment remplacer d’anciennes activités, de nouvelles entreprises innovantes viennent concurrencer les entreprises existantes, de nouveaux emplois sont créés qui remplacent des emplois existants. Ce processus crée inévitablement des turbulences et des conflits que la société doit maîtriser et gérer. Par ailleurs, la destruction créatrice court toujours le risque de se retourner contre elle-même, dans la mesure où les innovateurs vont vouloir utiliser leur rente d’innovation pour bloquer l’entrée de nouveaux compétiteurs. C’est d’ailleurs un peu ce que l’on voit aujourd’hui avec les Gafam.
    • Vous montrez que le grand décollage économique, au début du XIXe siècle, résulte de la rencontre entre des technologies et des institutions favorables à leur diffusion…
    • Le grand décollage est le résultat d’une alchimie entre plusieurs institutions qui se sont révélées favorables aux innovateurs et aux innovations. Il y a eu d’abord un système de codification des savoirs scientifiques – songeons à l’Encyclopédie – mais aussi de large circulation des idées, qui a permis aux innovateurs de bâtir sans avoir à tout réinventer à chaque fois. La mise en place d’un système de droits de la propriété industrielle a joué également un rôle important, en permettant l’émergence d’un « marché de l’innovation », tout comme le développement d’un système financier organisé, qui permet l’emprunt à grande échelle. Enfin ce décollage a eu lieu en Europe, parce qu’il existait une forme de concurrence entre les pays pour attirer les talents et les savants : cette concurrence a limité la possibilité pour le gouvernement ou les entreprises en place dans un pays d’empêcher certaines innovations, car l’innovateur avait toujours la possibilité d’émigrer dans un autre pays concurrent.
    • Que se passe-t-il lorsqu’un pays a rattrapé ce que vous appelez la « frontière technologique » ?
    • Le concept de frontière est central dans notre analyse : il désigne l’état de l’art de l’innovation, ce qui se fait de mieux dans un domaine. Un pays peut être en rattrapage de la frontière ou bien se trouver à la frontière. Les enjeux pour lui ne sont alors pas les mêmes : imiter dans un cas, innover dans l’autre. Les institutions qui favorisent l’imitation ou l’innovation « à la frontière » ne sont pas les mêmes non plus. Par exemple, la concurrence favorise l’innovation à la frontière : celle-ci nécessite l’entrée sur le marché de nouveaux innovateurs, et la concurrence incite également les entreprises en place à innover pour échapper à leurs rivales. A cet égard, attention à ne pas avoir une vision trop statique de la concurrence, qui se focalise uniquement sur les parts de marché à un moment donné. Il faut accorder une attention plus grande à l’innovation, par exemple lorsque l’on analyse l’impact d’une fusion, et ne pas se focaliser uniquement sur l’impact sur les prix.«Les entreprises qui automatisent le plus sont aussi celles qui créent des emplois. Car ce faisant elles élargissent la taille de leur marché, grâce aux gains de productivité induits par l’automatisation»
    • La destruction créatrice est-elle destructrice d’emplois ? Doit-on choisir entre le robot et l’emploi ?
    • Attention aux idées trop simples : il y a le visible et l’invisible. Les données empiriques montrent que les entreprises qui automatisent le plus sont aussi celles qui créent des emplois. Car ce faisant elles élargissent la taille de leur marché, grâce aux gains de productivité induits par l’automatisation. Opposer le robot à l’emploi n’est donc pas fondé. La solution n’est pas de taxer les robots mais de qualifier davantage la main-d’œuvre, pour qu’elle soit davantage complémentaire du robot.
    • Mais la destruction créatrice entraîne bien une forte turbulence de l’emploi : comment protéger les individus sans bloquer la destruction créatrice ?
    • Oui, la destruction créatrice implique des réallocations permanentes de la force de travail à l’intérieur des secteurs et entre les secteurs. L’Etat a ici un rôle essentiel à jouer pour assurer les individus contre le risque de perte d’emploi, grâce à des garanties de revenus et en les aidant à rebondir sur un nouvel emploi. C’est là que les Danois ont été géniaux, en inventant la flexisécurité. Chez nous, en 2007, la Commission Attali avait émis l’idée d’un « contrat d’évolution » : le salarié demeure toujours un actif occupé, soit avec un emploi, soit avec une formation prise en charge lorsqu’il est en transition entre deux emplois. La destruction créatrice n’est acceptable que si l’on protège les personnes, et une étude récente par Alexandra Roulet et présentée dans le livre montre qu’au Danemark, grâce à la flexisécurité, la perte d’emploi n’a pas d’impact négatif sur la santé.
    • Dans la même veine, la destruction créatrice créée des inégalités de revenus…
    • La destruction créatrice crée de l’inégalité au sommet de la distribution des revenus à cause des rentes de l’innovation, mais en même temps elle stimule la mobilité sociale parce qu’elle permet à de nouveaux individus et de nouvelles entreprises d’émerger. Et également parce que les entreprises innovantes créent davantage de « bons emplois », c’est-à-dire des emplois qualifiants, où l’entreprise investit dans le salarié et lui offre de véritables perspectives de carrière.
    • La destruction créatrice pourrait être mise au service de l’environnement : vous insistez sur le potentiel de croissance de « l’innovation verte ».
    • Notre planche de salut pour réconcilier croissance et maîtrise de l’environnement, c’est l’innovation qui permet de découvrir de sources d’énergie plus propres. Le problème, c’est que, spontanément, l’innovation n’est pas verte : par exemple, nous montrons que les entreprises qui ont beaucoup innové dans les moteurs à combustion dans le passé continuent d’innover dans les moteurs à combustion aujourd’hui. Il faut donc l’intervention de l’Etat pour réorienter le changement technique des entreprises vers les technologies vertes. Le prix du carbone est un levier indispensable, mais il n’est pas le seul. Il y a aussi les investissements ciblés sur les technologies vertes, y compris le nucléaire.
    • Il est justement beaucoup question du rôle de l’Etat dans votre livre…
    • Il faut d’abord souligner que le marché est un instrument crucial pour générer de l’innovation et créer de la richesse. Mais il doit être encadré, régulé, accompagné, guidé par la puissance publique. C’est d’abord un Etat assureur, qui protège les individus, avec des filets de protection dont j’ai parlé plus haut, mais aussi des stabilisateurs automatiques pour assurer les individus et les entreprises contre des chocs macroéconomiques comme celui de la Covid-19. C’est ensuite un Etat investisseur, qui met de l’argent dans des productions à forte externalité comme le système de santé, l’éducation, la recherche et l’innovation. L’Etat est donc incontournable mais il ne suffit pas : encore faut-il qu’il ne soit pas capturé par les intérêts établis et les entreprises en place. D’où l’importance de la société civile comme contre-pouvoir, que ce soit à travers les médias, les corps intermédiaires et le mouvement associatif. Marché, Etat, société civile : tel est le triangle d’or pour que la destruction créatrice puisse générer une croissance à la fois forte, verte et inclusive.
    • Comment est né ce livre, pour vous qui êtes d’abord un chercheur ?
    • Mon cours du Collège de France a constitué le matériau de départ de cet ouvrage, dont l’ambition est de rendre accessible à un large public les recherches menées depuis trente ans sur les questions de croissance et d’innovation. Ce livre doit beaucoup aussi à mes coauteurs, qui l’ont impulsé, enrichi, et m’ont permis de surmonter l’angoisse de la page blanche

Pour une mutation des processus de production au service d’une croissance durable

Pour une mutation des processus de production au service d’une croissance durable

 

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C’est  seulement en nous  dirigeant vers la transformation écologique de nos outils productifs que nous pourrons retrouver un chemin de croissance pérenne estime Patrick Blethon, CEO du groupe Saur.

 

Les dernières prévisions économiques présentées la semaine dernière par la Commission européenne présagent de mois difficiles à venir. Et la multiplication des reconfinements qui a lieu sur l’ensemble du continent ne risque pas d’éclaircir ce tableau pessimiste. Déjà, dans sa dernière note de conjoncture publiée début octobre, l’INSEE annonçait un nouveau tassement du PIB français sur le dernier trimestre 2020, conduisant à une récession de 9 % sur l’année. Comme l’écrit l’office statistique, nous sommes actuellement « une économie diminuée ».

Évidemment, il peut difficilement en être autrement dans le contexte que nous traversons. La seconde vague épidémique nous frappe de plein fouet, la consommation pâtit des nouvelles mesures sanitaires et, en l’absence d’un vaccin, l’avenir reste – c’est peu dire – incertain. – (Déclaration dans la Tribune)

« Contribuer à la protection de la planète » (Veritas)

« Contribuer à la protection de la planète » (Veritas)

 

Le directeur général de Bureau Veritas dévoile à La Tribune sa « Green Line », un ensemble de services et de solutions en termes d’inspection, d’audit, de certification des industries et des organisations sur les engagements de développement durable.

 

 

Lors de la présentation de vos résultats trimestriels en octobre, vous aviez évoqué trois scénarios face aux incertitudes, une « reprise (économique) lente et progressive », une aggravation de la pandémie » et « une reprise atone ». A l’époque, vous aviez privilégié le premier. Avec le nouveau confinement en cours, notamment en Europe, avez-vous changé de scénario ?

DIDIER MICHAUD-DANIEL - Cela peut paraître contre-intuitif, mais je reste sur mon premier scénario. D’une part, la période que nous vivons, du moins depuis la semaine dernière, montre que l’activité ne s’est pas arrêtée brutalement, contrairement à ce qui s’était passé durant le premier confinement. Nombre d’industries fonctionnent, ce qui nous permet de continuer à faire nos inspections, nos audits et nos certifications sur les sites. L’impact sera sans doute beaucoup moins fort que celui que nous avons connu avant l’été, notamment en France. D’autre part, les échanges que j’ai avec les patrons de nos bureaux en Asie, notamment en Chine qui représente la première source de revenus de Bureau Veritas, indiquent que la reprise économique y est vigoureuse. Je n’imagine donc pas un trou d’air tel que celui que nous avons connu au deuxième trimestre.

Précisément de par votre implantation vous connaissez bien la Chine. Comment les autorités développent-elles la politique économique post-pandémie ?

J’ai en effet des échanges hebdomadaires avec nos bureaux locaux, basés à Shanghai, qui sont dirigés par des collaborateurs nationaux : l’activité « matières premières, industrie et infrastructures » par David Wang, et l’activité « biens de consommation » par une femme, Catherine Cheng. Selon nos informations, l’épidémie est sous contrôle dans le pays, où peu de cas de contamination sont recensés. Et nous en bénéficions, notamment dans le secteur « construction et énergie ». Nous sommes les leaders en matière d’inspection des infrastructures énergétiques, et nous allons bénéficier de nombre d’initiatives prises par le gouvernement chinois. Notre croissance y est pratiquement de 10%.

Quelles sont précisément ces initiatives gouvernementales ?

Le gouvernement a décidé de mettre rapidement des moyens dans les énergies renouvelables, le nucléaire, considéré comme non polluant en termes de rejet de CO2, et dans le développement durable. De multiples appels d’offres sont lancés pour des fermes éoliennes, des installations solaires, et pour le développement d’une filière hydrogène. Nous avons une expertise dans ces domaines. Et puis les constructions d’infrastructures se poursuivent en raison de la migration continue des habitants des campagnes vers les villes. Je rappelle que parmi les économies développées le taux d’urbanisation en Chine est l’un des plus bas du monde. Les besoins de cette urbanisation croissante, notamment l’électrification, sont énormes. Et grâce à nos joint-ventures, nous pouvons accompagner nos clients chinois.

Glyphosate : Macron se contredit encore

Glyphosate : Macron se contredit encore

il y a trois ans Macron a promis de supprimer totalement le glyphosate.  La promesse faite en 2017 n’a pas été tenue puisque l’utilisation du désherbant n’a diminué que de 50 %.

Barbara Pompili, la nouvelle ministre de l’écologie qui a succédé au déçu Nicolas Hulot a dû avaler une couleuvre et finalement s’est rangée à la ligne gouvernementale : interdire chaque usage du glyphosate dès qu’une alternative existe.  Une ligne politique réaliste mais qui contredit évidemment la promesse ferme de Macon. En plus au sein même de la république en marche les avis divergent sur cette question selon qu’on est proche de certains milieux agricoles ou de la sensibilité écolo.

Pourrait être question maintenant d’inscrire dans la loi ce changement de perspective comme on l’a fait avec les insecticides dits néonicotinoïdes dans les champs de betteraves, interdits par une loi de 2016 portée par Barbara Pompili. Mais des insecticides qui ont du être ré autoriser légalement., Barbara Pompili avait dû soutenir un détricotage partiel de la loi qu’elle avait elle-même portée.

 

Joe Biden : une victoire aussi écologiste ?

Joe Biden : une victoire aussi écologiste ?

La victoire de Joe Biden est aussi apprécié par les écologistes du fait que l’intéressé a promis de rejoindre l’accord de Paris d’où s’était retiré Trump et qu’il a déclaré lancer un programme de 1700 milliards pour une neutralité carbone en 2050. Certains experts tout en se félicitant de la victoire de Biden se montre circonspects sur les capacités des États-Unis et du monde en général,  à  respecter des engagements de Paris. Aux États-Unis les freins pourraient venir des lobbys bien sûr mais aussi du Sénat.

Notons aussi que des pays très favorables sur le papier comme la France sont encore loin des objectifs qu’ils est supposés atteindre.

« Ne vous y trompez pas. La sombre réalité est que même si chaque Etat américain respecte ses engagements en vertu de l’Accord de Paris (et beaucoup, dont les Etats-Unis et l’UE ne sont aujourd’hui pas à la hauteur), cela nous mènera à moins de la moitié du chemin » pour limiter le réchauffement à +2°C, a mis en garde sur Twitter le climatologue Michael Mann, de la Pennsylvania State University, « prudemment optimiste » après la victoire de Joe Biden.

 

Pour ne pas dépasser +1,5°C et limiter l’ampleur des catastrophes climatiques qui se multiplient déjà à travers la planète, il faudrait en effet réduire de presque 50% les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2030, selon les experts climat de l’ONU (Giec). Une baisse qui nécessite des réformes radicales de l’économie mondiale. Mais une ambition qui serait un peu moins hors de portée avec Joe Biden à la Maison Blanche, estiment certains experts.

Certains experts tout en se félicitant de la victoire de Biden se montre circonspect sur les capacités des États-Unis et du monde en général de respecter des engagements de Paris. Aux États-Unis les freins pourraient notamment

Pour le groupe Climate Action Tracker, cette victoire pourrait ainsi être un « point de bascule » pour se rapprocher  »tout près » de l’objectif de +1,5°C. Il faudrait pour cela que la promesse de neutralité carbone des Etats-Unis d’ici 2050 soit tenue, tout comme les récents engagements chinois, européens et japonais en la matière.

« Si les Etats-Unis adoptent l’objectif de neutralité carbone pour 2050, les quatre plus grandes puissances économiques du monde seront en phase avec la science et montreront la voie vers un avenir sûr, propre et moderne », a de son côté commenté Pr Johan Rockström, co-directeur du Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK).

Sans majorité au Sénat, Joe Biden pourra toujours compter sur les milliers d’entités non fédérales (Etats, villes, entreprises…) dont l’engagement ces dernières années devrait permettre aux Etats-Unis d’atteindre malgré tout leurs anciens engagements en vertu de l’Accord de Paris (26 à 28% de baisse des émissions d’ici 2025 par rapport à 2005), selon Climate Action Tracker.

Croissance économique et environnement , l’incompatibilité ?

Croissance économique et environnement , l’incompatibilité ?

Cet article de professeur à l’Université catholique de Louvain, titulaire de la Chaire Lhoist Berghmans en Economie de l’Environnement et membre du CORE (Center for Operations Research & Econometrics). Il conclut par la triple question: la croissance de quoi ?, la croissance pour qui ?, la croissance jusqu’où?

 

publié par http://ses.ens-lyon.fr/ traite de la relation complexe entre la croissance économique et la qualité de l’environnement. Pour l’aborder d’un point de vue théorique, il est nécessaire de combiner les théories récentes de la croissance avec les enseignements de l’économie publique, car le changement climatique est à la fois un problème de croissance, d’innovation, et un problème de coordination entre pays. Le lien entre croissance et environnement relève autant d’un problème redistributif (entre pays, individus ou générations) que d’un problème technologique, d’une défaillance du marché ou d’une question malthusienne.

Pour Adam Smith, La Richesse des Nations résidait dans l’accumulation de richesses permise par une meilleure organisation (et donc une meilleure compréhension) des intérêts individuels. L’analyse économique s’est néanmoins peu à peu rendue compte qu’Adam Smith négligeait deux choses (à tous le moins, deux choses qui nous intéressent dans cette note).

D’une part, il négligeait le facteur environnemental, c’est-à-dire l’exploitation de l’environnement et des ressources naturelles, et leur contribution à cette accumulation de richesses. L’amélioration du bien-être passe par l’accumulation de richesses permettant d’éradiquer pauvreté, maladie et guerre. Mais cette accumulation doit-elle se faire au prix d’une dégradation de l’environnement ? A quoi bon accumuler de la richesse si c’est pour mourir noyé, contaminé ou asphyxié ? Le bien-être des populations passe aussi par la qualité de leur environnement. Réduisez l’accès aux infrastructures sanitaires dans votre pays et vous aurez des milliers de morts. Supprimez l’eau potable, et vous n’aurez rapidement plus personne. La qualité de l’environnement constitue donc un facteur important du bien-être humain, voire, parfois, une condition sine qua non, et c’est en cela que l’environnement constitue un problème économique.

D’autre part, Adam Smith n’avait pas conscience de la notion d’externalité, laquelle est fondamentale en économie de l’environnement. L’externalité peut être statique ou dynamique, bilatérale ou multilatérale. Cette notion permet de comprendre pourquoi l’environnement, qui présente souvent les caractéristiques d’un bien public, ne peut pas être géré de manière optimale par la fameuse main invisible. En présence d’externalités, l’intérêt individuel et l’intérêt collectif ne coïncident plus. Et cette ambivalence apparaît non seulement de manière statique (le cadre le plus habituel en économie publique), mais également de manière dynamique, c’est-à-dire en regard des possibilités de développement d’une société. Les choix réalisés aujourd’hui influencent les possibilités des générations futures, tant en matière d’accumulation de capital artificiel (machines, infrastructures ou capital humain) qu’en terme de capital environnemental [1]. Une approche intégrée de la croissance doit donc incorporer ces différents stocks. C’est le point que Hartwick (1977) a approché en précurseur. Depuis lors, de nombreux travaux ont été dévolus à ces questions, tant empiriques que théoriques. Le nombre et la variété de ces travaux sont tels que l’objet de cette note est volontairement réducteur.

Non seulement l’objet de cette note est réducteur, mais son point de départ est également volontairement polémique. Il consiste à se poser la question suivante: à l’instar de la question de l’existence de Dieu, la question du lien entre croissance économique et qualité de l’environnement n’est-elle pas à ce point complexe qu’on est en droit de se demander si elle n’est pas fallacieuse ? Dis autrement, et d’une manière plus constructive, n’est-ce pas une question mal posée ?

Du point de vue théorique, appréhender la relation entre croissance et environnement nécessite de combiner les théories récentes de la croissance avec les enseignements de l’économie publique (dont l’économie de l’environnement est une extension à de nombreux égards). Le changement climatique est-il un problème de croissance ou un problème de coordination entre pays ? Clairement, un peu des deux. Les pays industrialisés ont émis une grande quantité de gaz à effet de serre, suite à leur industrialisation, à une époque où l’on ne se souciait pas du changement climatique (pour être plus précis, à une époque où l’on ne savait rien du problème qui se tramait). Aujourd’hui, seule une coordination entre pays peut permettre de faire face de manière efficace au problème, étant entendu que certains pays réclament eux aussi leur droit à la « croissance ». Le lien entre croissance et environnement relève donc autant d’un problème redistributif (entre pays, ou individus) que d’un problème technologique, d’une défaillance du marché ou d’une question malthusienne.

Quelques cadres logiques et quelques données

L’approche structurelle de la relation entre croissance et environnement a été initialement appréhendée avec l’équation posée par Ehrlich et Holdren (1971) : I=P.A.T, où I est la pression sur l’environnement, P est la taille de la population, A est le niveau de consommation par tête (affluence, en anglais) et T est un indice de la technologie. La force de cette relation est qu’elle est très intuitive [2]. Sa faiblesse est qu’elle n’est que structurelle : elle occulte le fait que ces trois variables sont toutes endogènes les unes par rapport aux autres, a fortiori dans un contexte dynamique. De surcroît, elle occulte les forces motrices qui sont derrière chacune de ces variables, notamment les mécanismes de décision, la dynamique de l’innovation technologique, les changements de structure, le rôle des politiques publiques ou l’évolution des préférences. Autrement dit, c’est une relation qui permet de décrire mais qui n’explique rien.

Une approche plus documentée du lien entre croissance et environnement consisterait à observer comment le niveau de pollution évolue avec le PIB. Malheureusement, la moindre analyse de ce genre se heurte au constat que pollution et environnement constituent des réalités polymorphes. Selon que l’on parle de pollution de l’air, du changement climatique, de la qualité des eaux, des sols ou de l’exploitation des ressources renouvelables, le diagnostic ne peut pas être le même. Certains polluants exercent leurs effets à court terme, d’autres à long, voire très long terme. Parfois, la dimension risque est essentielle, parfois non. Tout ramener à un indice unique est donc non seulement réducteur, mais aussi fallacieux. Enfin, si la pression (c’est-à-dire le niveau d’effluents) est une chose, la qualité de l’environnement en est une autre, et l’impact sur les êtres humains encore une autre. Certains polluants se diffusent largement dans l’espace pour éventuellement se concentrer loin de la source d’émission (l’ozone ou le dioxyde soufre, par exemple), d’autres étalent leurs effets dans le temps (une molécule de CO2 contribue au réchauffement climatique durant 100 à 150 ans), tandis que d’autres restent locaux (les pollutions intérieures, les particules, par exemple). Savoir quelle relation l’on cherche à établir est donc essentiel. Enfin, puisque les sources elles-mêmes peuvent être très différentes d’un polluant à l’autre (et parfois pour un même polluant), vouloir tout ramener à une relation univoque ne peut qu’être réducteur. Par exemple, les gaz à effet de serre mélangent le CO2 lié à la combustion d’énergies fossiles (transport, chauffage, industrie) mais aussi celui lié à certains procédés industriels (production d’acier, ciment, chaux…), ainsi que le méthane liés à l’élevage de ruminants, aux cultures (notamment les rizières), ainsi que d’autres gaz. Relier l’ensemble de ces émissions de gaz à effet de serre (agrégées en équivalent CO2 [3]) à l’activité économique, n’est-ce pas un peu trop simplificateur ?

Prenons quelques exemples. Entre 1990 et 2008, la richesse produite chaque année en France, telle qu’elle est évaluée par le PIB, a augmenté de 38%. Sur la même période, les émissions de polluants acides ont diminué de 33%, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) ont baissé de 4% (jusque 2006) [4]. Le découplage est patent, mais ces trois chiffres ne prouvent pas que la croissance est bonne pour l’environnement. D’autres polluants sont à regarder, mais aussi surtout leurs impacts sur le bien-être, ainsi que l’état des ressources épuisables et d’autres ressources naturelles telles que la biodiversité doivent aussi être pris en compte. La thèse à avancer ici est que, pour un pays tel que la France (et c’est le cas pour la plupart des pays européens [5]), nous nous trouvons dans une phase de transition : certaines choses s’améliorent (les polluants locaux, essentiellement) tandis que d’autres restent ou deviennent préoccupantes (certains polluants globaux, l’épuisement des ressources, la biodiversité). L’environnement étant une source à maints égards globale, la problématique en France rejoint souvent celle des autres pays (limitrophes ou très éloignés, suivant le problème), même si les conditions locales sont très différentes [6]. Par conditions locales, j’entends les conditions relatives à la qualité de la vie, ce qui recouvre la qualité de l’environnement, mais aussi la qualité des institutions et de la gouvernance, de l’éducation, de l’infrastructure.

Afin de distinguer ces différentes composantes, de nombreux cadres logiques ont été développés. On pourra citer le modèle PSR (pour Pression-State-Response), développé par l’OCDE, ou son extension, le cadre DPSIR (Drivers, Pressions, States, Impacts and Responses) utilisé par l’Agence Européenne de l’Environnement. Ces cadres permettent une mise en cohérence des données, une discussion avec les sciences exactes concernées (sur les causalités entre émissions et impacts) ainsi que le suivi des politiques publiques ou actions individuelles.

La courbe de Kuznets environnementale

Dans la littérature économique, le débat sur le lien entre croissance et qualité de l’environnement s’est concentré autour de l’idée de l’existence d’une courbe de Kuznets environnementale. Cette courbe relie niveau de revenu par habitant et la pression environnementale ou la qualité de l’environnement. Elle indiquerait que la pression augmente avec le revenu, mais jusqu’à un certain point au-delà duquel cette pression diminuerait. Statistiquement, selon Harbaugh et al. (2002) ce point d’inflexion se situerait autour d’un revenu par habitant de 8000 dollars [7]. Aux premières étapes de la croissance économique, les sociétés privilégieraient l’accumulation de richesse au détriment de l’environnement, mais la recherche d’un environnement de meilleure qualité prendrait à son tour de l’importance au fur et à mesure que le niveau de vie augmente, jusqu’à ce que cette qualité arrête de se dégrader, puis s’améliore.

L’existence de cette courbe a donné lieu à de vifs débats, tant sur le plan empirique que théorique [8]. Sans entrer dans le détail de ces débats, nous retiendrons juste trois éléments clé.

• Le premier est la portée politique de cette courbe. Dasupta et al. (2002) ont mis en évidence le fait que l’existence d’une telle relation suggère que le remède à un environnement dégradé, ce n’est pas moins de croissance mais davantage de croissance. Cela suggère également qu’une régulation par les pouvoirs publics n’est pas nécessaire. Il est aisé de comprendre à quel point cette interprétation est non seulement fallacieuse, mais surtout dangereuse. Tout d’abord, la simple relation de Herlich évoquée précédemment montre que le niveau d’activité a nécessairement une influence sur la pression environnementale. Ensuite, la nature de bien collectif de l’environnement étant à l’origine d’externalités, la théorie a montré depuis longtemps que l’intérêt individuel divergeait de l’intérêt collectif et qu’une régulation correctrice était indispensable (par exemple, une taxe pigouvienne). Enfin, la courbe joue sur la confusion, déjà évoquée précédemment, entre pressionqualité et impact.

• Le second élément clé a trait à une hypothèse implicite, à savoir l’absence d’irréversibilités. Une telle courbe suggère en effet qu’il est toujours possible de dégrader la qualité de l’environnement, puis de la restaurer sans difficulté. Là aussi, il existe bien des cas pour lesquels une telle réversibilité n’est pas possible. Considérons par exemple, un polluant stock (tels que les gaz à effet de serre). Stopper l’émission de gaz ne se traduit pas immédiatement par une amélioration de la qualité de l’environnement: il faut d’abord attendre que le stock lui-même revienne à une valeur tolérable [9], puis il faut attendre que les impacts subis sur cette période se résorbent. De surcroît, au-delà de l’inertie, certains impacts de la pression environnementale peuvent être parfaitement irréversibles. C’est le cas, par exemple, des pertes de biodiversité. Dans ce cas, impossible de rétablir le système naturel dans son état originel. Si le sommet de la courbe de Kuznets est au-delà de ce que l’environnement peut supporter, alors peut-être vaut-il mieux éviter de s’en approcher de trop près ? Il est aisé de comprendre que la présence de telles irréversibilités peut fondamentalement modifier la trajectoire des économies; pour une analyse de la dynamique d’une économie en présence d’irréversibilité, voir Prieur (2009).

• Enfin, cette relation est réductrice dans le sens où elle relie le revenu par habitant à la qualité de l’environnement, comme si ces deux concepts pouvaient être définis de manière univoque. Pour l’environnement, ce point a déjà été évoqué précédemment. Pourquoi la répartition des revenus entre les individus n’aurait-elle pas une influence sur le niveau global de pollution d’une économie ? Par ailleurs, pourquoi cette relation (si elle existe) devrait-elle être stable dans le temps ? Peut-on l’appliquer à la Chine aujourd’hui sous prétexte qu’elle se serait appliquée à l’Europe ces trente dernières années ? Enfin, s’il est parfois établi statistiquement que cette relation peut apparaître pour certains polluants, ce n’est pas le cas pour d’autres. Typiquement, la relation apparaît pour des polluants flux et ayant des impacts locaux (le SO2, le NOx), mais pas pour des polluants globaux (le CO2). Ce résultat va dans le sens de nos arguments précédents [10]. La courbe de Kuznets environnementale ne peut donc pas être érigée en règle générale, ni même être à la base de recommandations de politique économique environnementale.

Théorie de la croissance et environnement

La théorie de la croissance a fondamentalement essayé de s’affranchir des limites que Solow avait mis en évidence. La théorie de la croissance endogène s’est attelée à cette tâche avec succès, mais le Club de Rome, en 1972, avec un titre accrocheur (Halte à la Croissance, maladroite (?) traduction de Limits to Growth) a semé le doute. Whitagen et Velliga (2001) ont fait un premier point sur cette littérature, mais de nombreuses questions restent ouvertes. Les liens entre croissance économique et qualité de l’environnement se concentrent en fait sur cinq éléments: (i) le degré de substituabilité entre actifs naturels et actifs artificiels, (ii) la prise en compte du changement dans les technologies et le capital humain, (iii) le commerce international des ressources épuisables, (iv) la découverte de nouvelles ressources naturelles, (v) l’existence d’effets de seuil, notamment dans le capital naturel.

Les points (i) et (v) renvoient au débat sur la soutenabilité forte ou faible, posé par Hartwick (1977). Le concept de soutenabilité forte suppose que les possibilités de substituer les différentes formes de capital entre elles sont limitées, par exemple parce que certains actifs n’ont pas de substituts. Le concept de soutenabilité faible admet, au contraire, que les substitutions sont potentiellement infinies [11].

Ces questions théoriques ont des implications très pratiques. Par exemple à propos de la mesure de la croissance. Dasgupta et Mäler (2000), notamment, ont proposé le concept d’épargne véritable (genuine savings). Celui-ci consiste à retirer du PIB la valeur des dégradations faites à l’environnement et l’épuisement des ressources. Ce concept, qui s’appuie sur la comptabilité nationale verte, est promu (et utilisé) par la Banque mondiale. Cette dernière élabore ainsi des séries statistiques pour un grand nombre de pays. Par exemple, l’épargne véritable est passée en France de 17% en 1970 à 6% en 2008. En Inde, sur la même période, elle passait de 9% à 29%. [12]

Il est patent que l’élaboration de ce type d’indicateurs soulève des questions méthodologiques redoutables, mais résoudre ces questions est le prix à payer pour disposer d’une mesure plus correcte de l’évolution de la richesse d’une nation, c’est-à-dire d’une mesure incluant la manière dont elle exploite ses ressources naturelles. Le fait que des économistes théoriciens, parmi les plus éminents, se penchent sur la question ne constitue-t-il pas un signal pour la profession de s’attaquer à ce type de problème ? [13]

Conclusion

Tout comme il n’existe pas une seule et unique manière d’être intelligent, beau et en bonne santé, il n’existe pas non plus une seule et unique manière pour une société de se développer. Les voies du développement durables sont multiples. Cela étant, certaines contraintes environnementales sont, elles, intangibles. Elles sont parfois communes à tous, et certaines impliquent même les générations futures. La gestion des contraintes environnementales est donc autant une question de redistribution du bien-être entre individus et entre générations qu’une question de niveau absolu à un moment et à un endroit donné.

Pour ces différentes raisons, la relation entre croissance économique et environnement constitue une relation clé pour nos sociétés hyper-développées. Elle recouvre en fait une triple question: la croissance de quoi ?, la croissance pour qui ?, la croissance jusqu’où ? Elle concerne tout autant des problèmes de coordination entre pays (ou individus) que des problèmes d’innovation ou de changement de préférence. La question n’est donc pas de savoir si la croissance est contre l’environnement; elle est de savoir comment maximiser et répartir les bénéfices du développement.


Bibliographie

Arrow K., Dasgupta P., Goulder L., Daily G., Ehrlich P., Heal G., Levin S., Mäler K.-G., Schneider S., Starrett D. et Walker B. (2004). « Are we consuming too much ? », Journal of Economic Perspectives 18(3), 147-172.

Asheim G. (2007). « Can NNP be used for welfare comparisons ? », Environment and Development Economics 12, 11-31.

Hamilton K., Atkinson G. et Pearce D. (1997) « Geniune savings as an indicator of sustainability », CSERGE Woarking Paper GEC 97-03, UK Economic and Social ResearchCouncil (http://www.uea.ac.uk/env/cserge).

Barbier E.B. (1997). « Introduction to the Environmental Kuznets Curve special issue », Environment and Development Economics 2(4), 369-381.

Bertinelli L. et Strobl E. (2005). The Environmental Kuznets Curve semi-parametrically revisited, Economics Letters 88(3), 350-357.

Bréchet Th. (2007). « L’environnement dans tous ses états », Regards Economiques, 50 (http://www.uclouvain.be/regards-economiques).

d’Autume A., K. Schubert. (2008). « Hartwick’s rule and maximin paths when the exhaustible resource has an amenity value », Journal of Environmental Economics and Management, 56(3).

Dasgupta P.S. et Mäler K.-G. (2000). « Net national product, wealth, and social being », Environment and Development Economics 5, 69-93.

Dasgupta S., Laplante B., Wanf H. et Wheeler D. (2002). Confronting the Environmental Kuznets Curve, Journal of Economic Perspectives 16(1), 147-168.

Ehrlich PR., Holdren JP. (1971). « Impact of population growth », Science.

Hartwick JM. (1977). « Investment of rents from exhaustible resources and intergenerational equity », American Economic Review 67, 972-974.

Harbaugh W.T., Levinson A. et Wilson G.M. (2002). Reexamining the empirical evidence for an Environemental Kuznets Curve, The Review of Economics and Statistics 84(3), 541-551.

Prieur F. (2009). « The environmental Kuznets curve in a world of irreversibility », Economic Theory 40(1), 57-90.

Stern D.I. (2004). The rise and fall of Environmental Kuznets Curve, World Development 32(8), 1419-1439.

Withagen C., Vellinga N. (2001). « Endogenous growth and environmental policy », Growth and Change 32, 92-109.


Notes

[1] Je fais ici référence à la définition du développement durable selon le Rapport Brundtland (1987): « Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

[2] Elle apparaît parfois dans la littérature sous l’expression de formule de Kaya, à propos des émissions de dioxyde carbone.

[3] A chaque gaz à effet de serre il est possible d’associer un coefficient représentant sa contribution au renforcement de l’effet de serre. Par exemple, et par normalisation, une tonne de CO2 vaut 1, une tonne de CH4 vaut 25 et une tonne de N2O vaut 298 (pour un horizon de 100 ans). Ainsi, les différents gaz à effet de serre sont agrégés en équivalent-CO2. Pour davantage d’informations, voir le site de l’IPCC.

[4] Source: IFEN.

[5] Pour une analyse sur la Belgique, voir Bréchet (2007).

[6] Par exemple l’on insiste souvent sur le fait que le changement climatique est un problème global. C’est vrai du point de vue du réchauffement, (la température moyenne à la surface du globe est un bien public global, mais les émissions de gaz à effet de serre sont locales, les coûts de réduction de ses émissions aussi, et les impacts du changement climatique sont également locaux.

[7] A titre de comparaison, le PIB par habitant du Brésil est de 8600 dollars (chiffre 2006, source FMI).

[8] Dans un numéro spécial, la revue Environment and Development Economics a passé en revue les éléments empiriques et théoriques relatifs à cette courbe. Voir Barbier (1997). Pour un historique et une revue critique, voir Stern (2004).

[9] Ce qui est possible si ce stock a une certaine capacité d’assimilation interne. C’est le cas, par exemple, pour les gaz à effet de serre concentrés dans l’atmosphère, mais ce taux d’assimilation est très lent.

[10] Pour des explorations économétriques récentes sur le sujet, voir par exemple Harbaugh (2002), Bertinelli et Strobl (2005).

[11] Entre ces deux acceptions extrêmes, il est évidemment possible de raffiner. Là encore, les stocks dont on parle n’étant pas eux-mêmes homogènes, ces concepts globaux ont aussi leur limite. Il suffit qu’un seul actif, essentiel, n’ait pas de substitut, pour que sa disparition mette en péril l’ensemble du système. Pour une contribution récente sur la règle d’Hartwick, voir d’Autume et Schubert (2008).

[12] Ces données sont disponibles sur le site de la Banque mondiale: http://www.worldbank.org/

[13] Je fais ici référence à l’article de Arrow et al. (2004). Cette approche soulève aussi des questions théoriques : voir notamment Asheim (2007).

 

Le mythe de l’éden vert africain

Le mythe de l’éden vert africain

 

Pas moins de 21 millions de personnes vivent dans les réserves de l’Unesco, rappelle dans le monde son sous-directeur, Ernesto Ottone Ramirez, faisant pièce au mythe de la perpétuation d’un « éden vert ».

 

Tribune. 

Dans son dernier ouvrage, L’Invention du colonialisme vert, l’historien Guillaume Blanc accuse plusieurs organisations internationales de perpétuer en Afrique une forme de néocolonialisme, en imposant la préservation d’une nature vierge et sauvage, vidée de ses populations pour le plaisir des touristes du Nord.

Il n’est pas dans les habitudes de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) de réagir à ce genre d’attaque. Celle-ci est néanmoins révélatrice d’un certain état du débat actuel sur la protection et la conservation de la nature et mérite qu’on s’y attarde.

Passons rapidement sur l’accusation fantaisiste faite aux organisations internationales de perpétuer le mythe d’un « éden vert ». Les communautés locales sont au cœur des pratiques de conservation modernes depuis plus d’un demi-siècle. Dès 1971, le programme de l’Unesco sur les biosphères s’est justement développé contre la tentation de « mettre la nature sous cloche » pour, au contraire, développer des activités économiques, agricoles et touristiques durables, en harmonie avec la nature.

Les sites de l’Unesco abritent plus de 250 millions d’habitants dans le monde. Uniquement en Afrique, 21 millions de personnes vivent dans près de 80 réserves de biosphères dans 29 pays.

La conscience d’une relation indivisible entre la diversité culturelle et la diversité biologique est un principe que l’Unesco a réussi à inscrire dans le droit international. Présenter le travail de l’Unesco comme visant à vider la nature de ses habitants a ainsi suscité l’étonnement et la consternation de la communauté scientifique concernée.

Résurgence significative

Cette accusation d’un prétendu « colonialisme vert » n’est d’ailleurs pas nouvelle, c’est plutôt sa résurgence qui est significative. Le livre Myth of Wild Africa présentait des points de vue similaires il y a vingt-cinq ans. Quiconque travaille dans ce domaine connaît parfaitement les erreurs, les violences et parfois les crimes qui ont accompagné la création de certaines des zones protégées au cours de l’histoire.

Quelques minutes dans un colloque de spécialistes de l’environnement suffisent d’ailleurs pour y apprécier la vigueur des débats et des interrogations des experts sur leurs propres pratiques. Faire l’impasse sur les évolutions et les réflexions de la communauté scientifique, c’est avoir un demi-siècle de retard. Aucun pays ne crée aujourd’hui de réserve naturelle sans impliquer sa population. Le processus de nomination établi par la Convention du patrimoine mondial de 1972 l’exige d’ailleurs explicitement.

Au-delà de fausses nouvelles et des approximations qui sont le lot quotidien du traitement de l’action de l’ONU, ces accusations sont préoccupantes pour l’état du débat public. D’abord, elles insinuent que les Africains ne sauraient pas ce qu’ils font, ce qui est une insulte. Pensons aux gardes forestiers qui se font régulièrement attaquer et parfois tuer par des braconniers, comme tout récemment dans le parc des Virunga, en République démocratique du Congo (RDC).

C’est aussi passer sous silence les programmes de développement les plus novateurs, comme par exemple celui du site iSimangaliso, en Afrique du Sud. Créé à l’origine comme une réserve par le gouvernement de l’apartheid par l’expulsion brutale des populations qui y vivaient, le site a été rendu aux communautés qui en assurent la conservation, au titre de patrimoine mondial de l’Unesco.

Ensuite, et surtout, ces attaques s’évertuent à discréditer la coopération internationale – tantôt pour son ingérence, tantôt pour ses lenteurs, sans pour autant être force de quelconque proposition pour les communautés et leur environnement.

La coopération internationale n’est pas monobloc : elle est faite de la rencontre de centaines d’acteurs qui travaillent, coopèrent, s’opposent et se corrigent en permanence. Prendre le millier de sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, sur les cinq continents et partout en Afrique, pour y dénoncer la mainmise d’un grand dessein colonial d’expulsion des populations n’est pas sérieux.

L’Unesco n’est pas une organisation européenne, mais une organisation internationale et, de ce fait, une organisation également africaine. L’ADN de l’Unesco se définit par la prise en compte des particularismes locaux, des cultures et des traditions.

La nature qui se défend

L’analyse de cette diversité des contextes est la base de toute démarche rigoureuse. C’est aussi l’essence de la coopération entre différents acteurs en réponse à des situations chaque fois uniques. Sur le site de Simien par exemple, en Ethiopie, qui fut l’un des premiers inscrits sur la liste du patrimoine mondial, et où le surpâturage était l’une des menaces pour l’intégrité du site et ses dernières populations endémiques de bouquetins d’Abyssinie.

Loin d’« expulser » les populations, ce sont les frontières du parc qui ont été redessinées, pour en exclure les villages les plus peuplés, tandis que les populations des villages situés au cœur du parc, comme le village de Gich, qui avaient déjà commencé à quitter le site pour s’installer en ville, du fait de la crise agricole, ont été accompagnées – au prix d’infinis débats entre conservateurs, autorités locales et sponsors des programmes (comme il arrive en Europe, et pas seulement en Afrique, dans des cas de constructions de routes ou de barrages).

Ailleurs, comme dans le Parc national du banc d’Arguin, en Mauritanie, les populations locales et notamment les Imraguen jouent un rôle essentiel dans la gestion durable des bancs de poissons et la protection des oiseaux migrateurs. Sans évoquer les centaines de programmes de soutien à l’agriculture et aux activités des populations des réserves de biosphère du mont Elgon au Kenya jusqu’aux rives fragiles du lac Tchad. Sur le site de Sahamalaza aux îles Radama (Madagascar), le programme de restauration des habitats dégradés a permis aux pépiniéristes d’améliorer leurs revenus jusqu’à 1 500 dollars par an, dans un pays où le salaire moyen annuel est de 400 dollars et où 90 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.

Loin de chercher le retour à « l’éden vert », des centaines de programmes témoignent de ces tentatives d’inventer une relation durable entre les humains et leur environnement. Masquer cette réalité sous des raccourcis trompeurs, c’est à la fois tromper le public sur le passé et saper les fondements d’une action possible dans le présent.

 

La protection de la biodiversité est une urgence absolue et les êtres humains en font partie intégrante. Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. Cette mission représente le plus haut niveau d’engagement scientifique, éthique et politique que l’humanité ait eu à consentir. Aucun pays n’y parviendra seul. La coopération internationale est la seule voie possible. Les centaines de rapports d’experts et de programmes sur le terrain le démontrent depuis des années. Les curieux y trouveront des solutions très concrètes, très locales, héritées de la sagesse de peuples pour habiter le monde de façon durable, et tenter d’y vivre en paix – et non pas seulement d’y survivre.

« Pour une entreprise responsable » ( Karien van Gennip, CEO d’ING France)

« Pour une entreprise responsable » ( Karien van Gennip, CEO d’ING France)

 

Karien van Gennip est CEO d’ING France, ancienne vice-présidente de l’ICC (International Chamber of Commerce) et ancienne ministre du Commerce extérieur des Pays-Bas milite pour une entreprise responsable et un équilibre entre relocalisation et mondialisation (chronique dans l’Opinion)

 

 

« Nous avons longtemps pris la paix et la prospérité comme acquis. Nous avions des certitudes et nous sentions invulnérables. Il y a bien eu de graves alertes : le changement climatique, la polarisation politique, les migrations, le creusement des inégalités. Mais aucune de l’ampleur de la crise actuelle qui nous amène à reconsidérer notre modèle en profondeur et à penser « le monde d’après ». Celui-ci doit reposer sur un contrat social qui répond à de nouvelles questions :

- Comment concilier relocalisation et mondialisation ? Nos habitudes doivent changer et le temps où nous prenions l’avion pour aller à Barcelone un week-end semble déjà lointain. Le confinement a mis en lumière la nécessité de relocaliser certaines productions, à l’instar des équipements médicaux. Mais en tant qu’ancienne ministre du Commerce extérieur des Pays-Bas, je suis intimement convaincue que nous ne devons pas abandonner l’idée d’un monde ouvert, qui est porteur de stabilité, d’ouverture d’esprit de croissance économique et d’innovation.

- Comment concilier objectifs économiques et environnementaux ? La crise du Covid-19 représente une occasion unique de bâtir une économie sur des fondements plus sains, agiles et durables. On entend certains dire « nous n’avons pas d’argent pour financer une approche durable, il s’agit aujourd’hui de survivre ». Ils ont tort. La durabilité est la réponse à la crise.

- Comment éviter que la distanciation sociale ne crée de la distance sociale ? L’accès à l’éducation et à la santé pour tous sont les piliers de nos sociétés européennes. Nous n’hypothéquons pas notre logement lorsque nos parents tombent malades et nous ne débutons pas notre carrière avec une dette étudiante écrasante. Quelle que soit l’intensité de la crise qui frappe l’Europe, c’est un modèle à préserver pour garantir la stabilité et permettre une réelle mobilité sociale.

- Comment inventer le « Future of work » ? En termes de digitalisation, les derniers mois se sont apparentés à un bond en avant de 10 ans. Ce contexte doit permettre de réinventer nos modèles d’entreprises, de repenser le rôle du travail, d’être plus agiles face aux changements extérieurs et de mieux répondre aux attentes de nos employés et de nos clients.

Ces questions sont essentielles car nos enfants nous les poseront. Notre génération sera jugée à l’aune de ses décisions actuelles. Et nous avons plus que jamais besoin d’une véritable coopération : entre Etats et entreprises, entre entreprises elles-mêmes et avec l’ensemble des organisations pour trouver une nouvelle voie. Aux débuts de la crise, l’Etat français a joué son rôle en flexibilisant par ordonnance le travail et en apportant un soutien financier aux entreprises en difficulté. Désormais la question n’est pas tant ce que les entreprises peuvent attendre de l’Etat, mais bien ce qu’elles peuvent faire proactivement elles-mêmes pour assumer leurs responsabilités vis-à-vis de la société. Beaucoup appellent de leurs vœux le retour d’un « Etat stratège ». Je pense que nous avons avant tout besoin d’un « Etat responsable » et d’ « entreprises responsables », avec un dialogue renforcé pour affermir les principes fondateurs du monde d’après :

- La durabilité. La relance économique ne peut passer que par une croissante « verte ». Il ne peut y avoir aucun compromis sur ce point. Les entreprises doivent prendre l’initiative, comme le fait par exemple ING avec ses Sustainable Improvement Loans, des prêts dont le taux est indexé sur les performances en matière de développement durable. De son côté, l’Etat pourrait utiliser le levier du PGE pour accompagner cette transition.

- L’inclusion et l’égalité des chances. L’inclusion réelle est un des enjeux cruciaux de notre époque : où en sommes-nous ? Au rythme actuel, il faudrait plus de 250 ans pour combler le fossé existant entre les genres en matière d’opportunités économiques. La situation est encore plus préoccupante concernant le handicap ou la diversité ethnique, religieuse, LGBTQ+, etc. Soyons transparents et regardons la réalité en face. Pourquoi ne pas imaginer un équivalent d’index Pénicaud qui couvrirait toutes les formes de diversité ?

- La responsabilité financière. Les entreprises doivent bien entendu réaliser des profits et les réinvestir dans l’innovation, l’emploi, la formation, l’expérience client etc. Il est tout aussi important qu’elles payent leurs impôts et contribuent ainsi à la reprise. En tant que contribuables, nous pouvons exiger de l’Etat une gestion saine et efficace de l’argent public et la fourniture de services publics indispensables (éducation, santé, sécurité etc.).

- La responsabilité sociétale. Il est temps pour les entreprises de redéfinir leur raison d’être. Ce processus implique une réflexion honnête avec nos collègues, nos clients et les différentes parties prenantes, et ne peut être imposé par le haut. De cette raison d’être découle la définition de notre valeur ajoutée et de notre rôle en tant qu’acteur responsable de notre société.

Nous avons longtemps prétendu être trop occupés pour nous affranchir des schémas établis. Avec la crise, nous avons l’opportunité et le devoir de repenser notre contrat social. A l’obligation de moyens et de vision s’ajoute une obligation de résultat et de transparence. N’attendons pas que l’Etat donne des directives pour établir des règles du jeu équitables : saisissons aujourd’hui l’opportunité qui nous est présentée d’assumer ensemble nos responsabilités. »

Karien van Gennip est CEO d’ING France. Elle est l’ancienne vice-Présidente de l’ICC (International Chamber of Commerce) et ancienne ministre du Commerce extérieur des Pays-Bas. Elle intervient lors de la session «  L’État aux commandes de l’économie  » des Rencontres économiques d’Aix-en-seine

« Quelle régulation de la pub ».

« Quelle régulation de la pub ».

Une tribune intéressante d’Arnaud Tomasi  (La Poste) sur la problématique de la régulation publicitaire évidemment qui n’est pas dénuée de préoccupations corpos .

 

 

 « Le débat sur la publicité est extraordinairement complexe car il questionne, en creux, notre modèle de consommation et les moyens à mettre en œuvre pour réguler la promotion des produits et services »

La publicité est de plus en plus considérée par certains comme intrusive et de nombreux acteurs de la société civile appellent à une régulation renforcée du secteur de la communication et des médias. Aussi, se succèdent, depuis plusieurs mois, interpellations et débats sur le rôle de la publicité dans la transition écologique. Le rapport Big Corpo, le rapport de mission sur la publicité et la transition écologique de Thierry Libaert et Géraud Guibert ou les propositions de la convention citoyenne : tous ces textes interrogent le rôle de la communication et sa place dans la transition écologique.

Le débat est extraordinairement complexe car il questionne, en creux, notre modèle de consommation et les moyens à mettre en œuvre pour réguler la promotion des produits et services. Mais il a l’avantage de pousser les acteurs économiques à accélérer des changements attendus dans leurs pratiques.

Cela fait des années que le secteur de la communication intègre cette responsabilité et nombre de marques, d’entreprises, de collectivités territoriales, cherchent à améliorer l’efficacité environnementale de leurs outils et campagnes. Et nous avons une responsabilité collective à transformer durablement nos pratiques et à inventer des offres plus sobres pour y contribuer.

Entreprise contributive par nature, au sein d’un groupe extrêmement volontariste sur ses engagements environnementaux, la Poste a souhaité apporter au marché une connaissance scientifique des impacts écologiques des supports de communication. Nous avons confié au cabinet indépendant Quantis la mission de réaliser une Analyse du cycle de vie (ACV) pour comparer des usages de communication papier et numérique.

S’engager dans une démarche de responsabilité environnementale, c’est accepter la complexité. C’est ne pas se satisfaire des idées reçues

 

Empreinte environnementale. Parce qu’on améliore bien que ce que l’on mesure et parce que la Poste propose tout à la fois des solutions papier et digitales, il nous semblait urgent de mesurer ces impacts et d’analyser ce que nous pouvions améliorer dans nos offres pour diminuer leur empreinte environnementale.

Les résultats viennent d’être publiés et bousculent bien des idées reçues. Pour quatre sur cinq des scénarios étudiés, les supports papier sont globalement moins impactants sur l’environnement (sur seize indicateurs étudiés allant du changement climatique, l’utilisation des ressources fossiles, des ressources minérales, des sols, à la santé humaine).

Cette étude est une première. Nous pouvons enfin orienter les choix média de nos clients en connaissance de cause. Leur permettre par nos conseils de privilégier un support, un format, une création, au regard de son efficacité écologique réelle. Si nous le voulons vraiment, nous savons, désormais, allier performance environnementale et performance marketing et faire de nos métiers un véritable levier d’amélioration continue.

Ces données collectées, objectivées, nous permettent de défendre la complémentarité des deux supports papier et digital au service d’une communication plus responsable. Nous avons, pour cela et grâce à elles, conçu un outil d’évaluation (MediaPositiveImpact) au service de nos clients professionnels.

S’engager dans une démarche de responsabilité environnementale, c’est accepter la complexité. C’est ne pas se satisfaire des idées reçues. C’est partager les données qui nous permettront, ensemble, de proposer aux marques un marketing relationnel réellement utile aux citoyens consommateurs et donc à nos clients !

Arnaud Tomasi est directeur de la business unit Média de La Poste.

 

Consommation-Yaourts : des additifs et du sucre….. du lait et 1000 kms de transport

Consommation-Yaourts : des additifs et du sucre….. du lait et 1000 kms de transport

 

Le yaourt n’est pas évidemment le produit alimentaire le plus élaboré, pourtant il est victime de manipulations chimiques nuisibles à la santé sans parler de son impact carbone considérable puisque le yaourt consomme 1000 km de transport pour sa confection et sa distribution. Il existe seulement cinq sites de production par exemple en France pour Danone. C’est le  résultat de la chimie alimentaire (on compte 1200 types de yaourts environ) d’une part et de l’éclatement des processus de production et de distribution d’autre part. Des yaourts qui sont bourrés ingrédients, d’additifs, de sucres ou d’édulcorants présumés cancérigènes. Ils contiennent aussi du lait mais jusqu’à 30% d’ajouts divers et variés. D’après une étude faite auprès d’internautes, en moyenne, les yaourts contiennent  3,8 additifs. On imagine le nombre d’additifs invraisemblables concernant d’autres produits alimentaires plus sophistiqués. Ce sont les yaourts aromatisés (au moins jusqu’à 4 fois plus chers évidemment) qui sont visés. Théoriquement les additifs sont interdits dans la production française de yaourts, mais un décret de 1988 autorise l’ajout d’arômes au lait fermenté et, dans la limite de 30% du produit fini, de « sucres et autres denrées alimentaires conférant une saveur spécifique ».  En particulier, certains produits destinés aux enfants se révèlent bourrés d’acidifiants, d’épaississants et autres colorants. Ainsi, les M&M’s Mix de Danone contiennent pas moins de 16 additifs différents. Méfiance également sur les produits minceur: ils recourent aux édulcorants pour remplacer le sucre. Les yaourts aux fruits à 0% de matières grasses de JanJac utilisent ainsi 16 additifs dans leur composition, dont de l’aspartame et de l’acésuflame. Ce dernier est classé comme « probablement cancérigène » par l’Association pour la recherche thérapeutique anticancéreuse (ARTAC). L’acésuflame est présent dans près de 5% des yaourts de notre échantillon. A noter l’acide carminique, issu de chenilles, un allergène notable. Les laitages sont pleins de bonnes bactéries, mais attention aux sucres. À l’exception des yaourts natures, les yaourts aux fruits ou aromatisés sont remplis de sucres ajoutés. Ils représentent entre 4% et 11% du produit fini des yaourts de notre échantillon. Par exemple, les 268 yaourts aromatisés recensés sur le site comptent en moyenne 14,6g de sucre pour un pot classique de 125g. Cela revient à avaler deux morceaux de sucre et demi par dessert. Pour rappel, l’OMS recommande de limiter l’apport en sucres à moins de 5% de la ration énergétique totale, soit à 25 grammes. Prendre des yaourts diététiques sans matières grasses ne garantit pas non plus l’absence de sucres ajoutés. Les 133 produits de cette catégorie affichent neuf grammes de sucre par pot en moyenne, l’équivalent d’un morceau de sucre et demi. Pour éviter de manger trop sucré, il faut donc privilégier les yaourts natures.

 

Qualité de l’air : la France condamnée par l’Union économique

Qualité de l’air : la France condamnée par l’Union économique

Une nouvelle fois la France va être condamnée par l’union économique en raison de la médiocrité de la qualité de l’air. Une pollution qui fait de 50 à 75 000 morts par an.

Début juillet, le Conseil d’Etat a condamné le gouvernement français à une astreinte historique de 10 millions d’euros par semestre de retard s’il ne durcissait pas son dispositif contre la pollution de l’air dans huit grandes agglomérations (Lyon, Marseille-Aix, Reims, Grenoble, Strasbourg et Toulouse, Fort-de-France, Paris).

La plus haute juridiction administrative du pays, qui avait en 2017 enjoint l’État de mettre en oeuvre des plans de réduction des niveaux de particules PM10 et/ou de dioxyde d’azote, avait été saisie par des associations pour constater que cette injonction n’avait pas été suivie d’effet.

Le gouvernement a depuis publié, en septembre, un décret pour créer des « zones à faibles émissions » dans plusieurs agglomérations. Des solutions de contrôle des véhicules seront proposées aux collectivités locales fin 2021, début 2022, avec par exemple des radars automatiques, a précisé le ministère de la Transition écologique.

Il faut « sortir plus vite de la dépendance à la voiture automobile en ville », a réagi Sarah Fayolle, de Greenpeace. Elle plaide pour des « zones à faible émission ambitieuses, qui concernent les poids lourds, les voitures, les deux-roues, sur un large périmètre de l’agglomération, avec une sortie progressive des véhicules diesel et essence », avec des mesures d’accompagnement social, détaille-t-elle.

Le gouvernement lutte aussi contre la pollution de l’air en soutenant le développement des transports publics et du vélo pour lutter contre la pollution atmosphérique, fait valoir le ministère. A partir de 2021, les véhicules diesel ne bénéficieront plus de la prime à la conversion.

L’exécutif européen avait déjà renvoyé la France devant la justice en 2018 pour le non-respect des valeurs limites de dioxyde d’azote (NO2), gaz polluant principalement issu des moteurs diesel.

La justice européenne avait reconnu un an plus tard le dépassement « systématique » de ce seuil, ouvrant la voie, dans un deuxième temps, à d’éventuelles sanctions.

 

Allemagne : Une station pour les 27 trains d’Alstom à hydrogène

Allemagne : Une station pour les 27 trains d’Alstom à hydrogène

27 trains à hydrogène vont être livrés à l’Allemagne pour remplacer des trains à tractions diesel. Pour les alimenter , l’Allemagne a construit une station spécifique pour fournir l’hydrogène. Le Land de Hesse et le gouvernement fédéral allemand ont contribué au financement de ce projet de 500 millions d’euros, dont le coût est supérieur de 40% à celui de trains diesel.

Les trains Coradia iLint seront alimentés par de l’hydrogène obtenu sous la forme d’un sous-produit du chlore fabriqué dans le parc industriel et acheminé vers les réservoirs.

La plus grande quantité d’hydrogène proviendra d’un électrolyseur de 5 mégawatts (MW) qui doit encore être construit et qui utilisera de l’électricité renouvelable.

“Nous avons démontré que nous aurons suffisamment d’hydrogène pour alimenter le parc de manière économiquement viable. Avec un réservoir plein par jour, les trains peuvent parcourir 1.000 kilomètres, à l’identique des trains diesel”, a déclaré le directeur général de RMV, Knut Ringat, lors d’une cérémonie.

Environnement-La plus grande ferme verticale de France !

Environnement-La plus grande ferme verticale de France !

La plus grande ferme verticale en France va bientôt être créée notamment pour approvisionner la chaîne Monoprix. Il s’agit de produire des plantes près des lieux de production. Le problème sans doute c’est que ces plantes ne connaîtront jamais ni le soleil, ni le sol, ni les nutriments habituels. La lumière sera essentiellement artificielle, elles seront sous perfusion d’engrais et de produits chimiques pour aboutir à des ersatz de plantes certes présentables mais gustativement  et sanitairement  très discutables. Une espèce de chimie agricole urbaine.

4.500 mètres carrés de surface, 6.400 mètres carrés de culture, 12 mètres de hauteur et 10 millions de plantes produites chaque année: c’est le projet de Jungle, startup d’agriculture urbaine qui promet ainsi de créer la plus grande ferme verticale de France. En cours de construction à à Château-Thierry, dans l’Aisne, la ferme devrait être complétée en 2021, selon Gilles Dreyfus, co-fondateur et PDG de la startup, qui prévoit un chiffre d’affaires de plus de 10 millions d’euros annuel.

Dans la vision de Jungle, qui compte aujourd’hui 19 salariés, la ferme de l’Aisne devrait ainsi voir bientôt naître deux petites soeurs: une dans l’Ouest de la France en 2021, et une dans le Sud en 2022.

 

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