Archive pour la Catégorie 'environnement'

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Californie : des règles propres pour les automobiles ?

Californie : des règles propres pour les automobiles ?

Alors que Trump a  interdit à l’État de Californie de légiférer en matière de lutte contre la pollution par les automobiles, Biden, donne, lui, pourrait autoriser cet état à fixer ses propres règles en tout cas certaines.

 

L’Etat dirigé par des démocrates, le plus grand marché automobile des Etats-Unis qui se veut aussi à la pointe du combat contre le changement climatique.

«Le secteur des transports est le plus gros contributeur aux gaz à effet de serre dans notre économie – ce qui signifie qu’il peut et doit être une partie importante de la solution climatique», a souligné le ministre des Transports, Pete Buttigieg, dans le communiqué. «Cette proposition constituerait un pas important vers la protection de la santé publique et la lutte contre le changement climatique», a-t-il ajouté.

Mélenchon revient sur les enjeux écologiques

Mélenchon revient sur les enjeux écologiques

 

Par conviction sans doute mais aussi par stratégie politique, Mélenchon revient dans le JDD sur les enjeux écologiques. Dans la perspective de 2022, Mélenchon ne parvient pas à se détacher nettement pour imposer sa candidature à toute la gauche ; en outre, il combat le concept même de candidat unique de la gauche soutenu par les écolos -en tout cas certains -et les jeux socialistes. Ce qui peut se comprendre puisque Mélenchon n’a pas l’intention de retirer sa candidature. Pour mordre sur l’électorat écolo, Mélenchon réinvestit donc le champ environnemental dans sa tribune.

 

Tribune

 

« Le lac Titicaca, partagé entre le Pérou et la Bolivie, nous donne une leçon politique. Menacé par les pollutions et le changement climatique, il constitue un lieu exemplaire de la perturbation des grands cycles au niveau mondial. Remarquable, il l’est alors pour la leçon politique que l’on peut en tirer. En effet, le changement climatique fait entrer l’Humanité dans une ère d’incertitude structurelle. Le changement climatique est commencé. Les grandes perturbations sont déjà à l’œuvre et nous placent au seuil de multiples points de bascule.

On ne sait pas s’ils se produiront, ni quand, ni quels seront leurs effets. Les changements en cours ne sont ni constants ni linéaires . Nous entrons dans un intermédiaire, situé entre l’état climatique antérieur et la prochaine stabilisation du système du climat. Entre les deux, il y aura une longue phase d’étapes changeantes aux durées variables.

La politique telle que nous l’avons connue dans la longue période du « chacun pour soi » et du « tout, tout de suite » est un danger mortel pour notre espèce aussi. L’heure est à la politique comme art de gérer l’imprévu. Mais elle dispose pour l’heure de peu de points d’appui. Le principe de précaution est un des rares outils de cette nouvelle ère. Le thème de la planification comme récupération de la gestion du temps long émerge quant à lui avec difficulté. Il va falloir décider d’après des calculs de probabilités.

 

Le chaos partiel dans lequel nous entrons exige donc une science politique nouvelle. Elle est encore balbutiante. Sur quoi s’appuyer pour prévoir? L’idée que la tradition pourrait mieux nous renseigner est erronée. Les savoirs bâtis à partir d’observations millénaires sont eux aussi pris à revers par le changement climatique. Les capteurs biologiques liés aux migrations animales ou aux cycles des végétaux se dérèglent en même temps que le reste. Certes, l’espèce humaine à tout de même de sérieux ressorts face à l’imprévu. Par ses migrations elle a fait la démonstration de sa capacité à changer de biotope quand les autres espèces dépendent du leur en dépendent de manière absolue.

Dans le moment de l’incertitude, la science peut donner des points d’appuis essentiels. Ses observations, ses mesures, ses modélisations nous permettront d’anticiper, de repérer les signes avant-coureurs des grands bouleversements pour nous adapter. C’est ce que fait une équipe de scientifiques franco-boliviens au lac Titicaca. Leur travail montre que le recueil et l’interprétation de données par les équipes scientifiques sur un milieu naturel peuvent permettre de prendre les bonnes décisions au bon moment. Mais cette science dépend de la collecte de milliers de données, de leur compilation, de leur traitement et de leur diffusion.

Dès lors, la science et la recherche scientifique ne peuvent être dissociées des conditions de leur production. D’où l’importance pour l’avenir des investissements publics dans la recherche fondamentale, les laboratoires, le matériel et les scientifiques eux-mêmes. La diffusion gratuite des données et de leurs interprétations doit être la règle. La logique des brevets et de la marchandisation des savoirs y fait obstacle. Elle doit être stoppée.

 

Mais ce n’est pas tout. La continuité de la prise de mesure et de la diffusion de celle-ci est la condition d’une connaissance approfondie autorisant une action préventive sur les systèmes étudiés. L’acheminement des données et leur recueil dans maintes autres zones dépendent de réseaux complexes nullement automatisés. Dès lors, les pandémies, les confinements et les fins d’activité pour cause de crédits coupés ou de « rentabilité » produisent des interruptions qui peuvent être finalement très perturbantes pour accéder à la connaissance de l’évolution d’une situation. Car pour modéliser correctement, pour prévoir efficacement, il faut une masse de données toujours plus fraîches et diversifiées.

La condition initiale du savoir qui prend le relai de la tradition et de la science à l’ancienne, passe par l’existence de tels réseaux libres d’accès pour tous et sans cesse augmentés. Gouverner à l’ère de l’incertitude écologique exige donc une attention particulière aux réseaux de communication, de transport, de transmission des données. Elles-aussi doivent devenir en quelque sorte des biens communs. Car sans elles, il ne sera pas possible de planifier la vie des sociétés humaines dans la nouvelle donne climatique.

Le problème est global. La réponse doit l’être aussi. Le suivi scientifique au Lac Titicaca est une de ces preuves du nouvel internationalisme humaniste qui s’impose. La décision politique à l’ère de l’incertitude est-elle possible sans cela? Tel est le cadre ensuite du seul débat qui vaille quand tout disjoncte. Nous devrons trancher et tout organiser autour de la réponse à une question d’orientation politique : tous ensemble ou chacun pour soi. »

Les océans menacés

Les océans menacés

  « Les phénomènes climatiques majeurs que nous rencontrons aujourd’hui sont en grande partie liés aux déséquilibres dans les océans », alerte Sandrine Roux de Bézieux, présidente de la Fondation de la mer, jeudi sur Europe 1.
INTERVIEW »Il y a une urgence à agir ». Les océans recouvrent environ 70% de notre « planète bleue » et ont un rôle majeur dans l’équilibre de notre écosystème. Pourtant, ils sont en mauvaise santé : le niveau des eaux monte, ces dernières augmentent en température et en acidité. A l’occasion du Jour de la Terre, Sabine Roux de Bézieux, présidente de la Fondation de la mer, alerte  sur Europe 1 sur l’urgence de la situation et l’importance de protéger les océans des maux qui les rongent.

« Le climat est régulé essentiellement par l’océan, qui produit de l’oxygène, qui absorbe le CO2 et qui absorbe également 90% de l’excès de chaleur produite par l’activité humaine », rappelle-t-elle. « Les phénomènes climatiques majeurs que nous rencontrons aujourd’hui sont en grande partie liés aux déséquilibres dans les océans. » Les effets sont déjà là : 2020 a été l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées. Et sous la surface, la situation est alarmante. L’acidification et le réchauffement des eaux perturbent les conditions de vie de la flore et la faune marines.

 Une situation qui n’est pas nouvelle, selon Sandrine Roux de Bézieux. « C’est la conséquence de ce que disent les scientifiques depuis des dizaines d’années », assure-t-elle. « Le Sommet de la Terre à Rio, en 1992, disait déjà cela. Aujourd’hui, on en voit les conséquences dramatiques pour certaines populations. On le voit aussi sur les côtes françaises. »

« L’Océan souffre de trois maux : les émissions de carbone, le mauvais état de la biodiversité marine et la pollution et les déchets qui sont reversés en mer », énumère Sandrine Roux de Bézieux. Des problématiques que la Fondation de la mer tente de régler, via des opérations spécifiques, à l’instar du programme « Un geste pour la mer ». « Nous avons organisé depuis un an, avec une centaine d’associations présentes partout dans toutes les régions de France, à peu près 600 collectes de déchets et collecté 60 tonnes de déchets partout sur le territoire français », souligne-t-elle.

La présidente de la Fondation de la mer se félicite du retour à la raison des Etats-Unis sur le sujet, avec le Sommet pour le climat organisé jeudi par Joe Biden. « Ils sont les premiers à produire du CO2 en tonnes par habitant : ils produisent plus de 100 kilos de déchets par an et par habitant », contre 60 kilogrammes par an et par habitant pour la France, explique-t-elle. Elle salue également la présence des dirigeants chinois, acteur majeur dans la production de CO2. « La Chine, en milliards de tonnes de CO2, a largement dépassé les Etats-Unis. Ils sont tellement nombreux qu’évidemment ils sont les premiers producteurs de CO2 sur la planète. Et leur présence est importante », explique-t-elle. « Il faudrait aussi ne pas oublier l’Inde, qui est le troisième émetteur de CO2 au monde, qui doit faire partie des discussions. »

Si elle appelle les gouvernement à se saisir de la situation, les citoyens peuvent également agir à leur niveau, en fonctionnant avec les trois « R » : Réduction, réemploi et recyclage. « Réduisons nos déchets, réduisons nos trajets polluants, réduisons la température de nos douches ou de nos appartements, réduisons notre gaspillage », liste la présidente de la Fondation de la mer. « Utilisons de la de la seconde main., louons les matériels au lieu de les acheter et recyclons. »

Europe 1
Par Mathilde Durand

Technologie environnementale : l ’Europe à la traîne

Technologie environnementale : l ’Europe à la traîne

Ludovic Subran,chef économiste et directeur de la recherche économique de l’assureur AllianzÉvêque le retard de l’Europe en matière d’environnement

L’administration Biden fait son grand retour sur la scène internationale. Début avril, Janet Yellen, la secrétaire d’État au Trésor américain, a présenté des propositions visant à taxer les sociétés multinationales, notamment un taux d’imposition minimum mondial de 21 % et jeudi et vendredi prochain, le président Américain accueillera 40 chefs d’État et de gouvernement lors d’un sommet virtuel sur le climat. Après des années d’une politique étrangère plus conflictuelle sous Trump, l’Amérique revient donc à un multilatéralisme éprouvé. Les Européens peuvent pousser un soupir de soulagement.

Enfin presque. Car en y regardant de plus près, il n’est absolument pas vrai qu’avec ces initiatives, les États-Unis se sont à nouveau glissés dans le rôle du défenseur altruiste des valeurs mondiales – c’est-à-dire occidentales – (quand bien même ils auraient eu ce rôle). Au fond, il s’agit aussi principalement d’intérêts américains.

Sur la question de la fiscalité, c’est facile à voir. L’administration Biden prévoit une forte augmentation des impôts sur les sociétés pour financer son ambitieux programme d’infrastructures. Pour atteindre leurs propres objectifs – des recettes fiscales nettement plus élevées – les États-Unis ont donc besoin d’un soutien international.

Technologie environnementale. La situation n’est pas très différente avec la politique climatique américaine. Ici aussi l’accent n’est pas mis sur l’idéalisme ou sur les efforts visant à éviter in extremis une menace pour l’humanité. Beaucoup plus terre à terre : il s’agit d’emplois américains. En Europe, on parle souvent de la politique climatique de Biden ou de son plan d’infrastructure ; le président Biden lui-même a donné un autre nom à cette politique : American Jobs Plan.

Les États-Unis n’ont aucunement l’intention d’introduire une taxe carbone – le Saint Graal de la politique climatique. Au lieu de cela, il est prévu de consacrer beaucoup d’argent au lancement d’innovations et d’investissements visant à décarboniser progressivement l’économie d’ici à 2050 ; pour la production d’électricité, cet objectif doit être atteint dès 2035.

Il ne s’agit donc pas de la carotte et du bâton, l’approche européenne classique des questions climatiques – il s’agit simplement de la carotte. Et le gâteau pour les entreprises américaines sera d’autant plus gros – le nombre d’emplois créés d’autant plus élevé – que les technologies vertes américaines pourront être déployées non seulement aux États-Unis mais dans le monde entier.

Derrière ce nouvel élan pour contribuer à la réussite de l’accord de Paris sur le climat se cache l’intention de parvenir à un leadership mondial dans une technologie clé de l’avenir, la technologie environnementale. En d’autres termes, il s’agit d’un autre domaine de la lutte entre les États-Unis et la Chine pour l’hégémonie. Et les Américains montrent que les Chinois ne sont pas les seuls à s’y connaître en capitalisme d’État.

Le pragmatisme de Biden. Qu’est-ce que cela signifie pour le climat et pour l’Europe ? Tout d’abord, le climat. Les motifs de la nouvelle politique américaine n’ont que peu d’importance. La seule chose qui compte, c’est que le plus grand émetteur historique de gaz nocifs assume enfin sa responsabilité et présente un plan sérieux et prometteur pour atteindre les objectifs climatiques mondiaux. Après l’échec de ses prédécesseurs démocrates au Congrès avec leur projet de taxe sur le CO2, il faut saluer le nouveau pragmatisme de l’administration Biden, qui ne se soucie pas de concepts politiques théoriquement soignés, mais veut produire des résultats – pour le climat et pour les gens.

Et l’Europe ? Elle est toujours confrontée à la tâche de trouver sa propre voix pour se faire entendre dans le concert des grandes puissances.

Les intérêts de l’Europe ne peuvent être défendus que par l’Europe elle-même, que ce soit vis-à-vis de la Chine, de la Russie ou même des États-Unis. En ce sens, les quatre dernières années Trump n’ont pas été un cauchemar dont l’Europe pourrait maintenant se réveiller, mais bien le début d’une nouvelle ère, un apprentissage de la géopolitique du XXIe siècle.

Mais l’Europe doit aussi apprendre des États-Unis sur les questions climatiques. Il ne suffit pas de s’épuiser dans des débats idéologiques ou moraux sur le climat ou d’évoquer de prétendues peurs ou des conflits de générations. Les responsables politiques doivent plutôt montrer comment la transformation verte aidera les gens ici et maintenant ; et cela signifie, avant tout, la création d’emplois. Avec le programme NextGenerationEU, l’UE dispose déjà d’un instrument qui, à l’instar du plan Biden aux États-Unis – bien qu’à une échelle un peu plus modeste – pourrait avoir précisément cet effet stimulant. Il suffit de le mettre en œuvre, et rapidement. Or, pour l’instant, il semble que l’Europe va buter sur sa bureaucratie, comme elle l’a fait pour la campagne de vaccination. Qui aurait cru que les Européens seraient si prompts à regarder à nouveau l’Amérique avec admiration et à souhaiter aussi, pour l’Europe, un peu de sa mentalité volontariste « let’s-do-it » et de son pragmatisme.

Ludovic Subran est chef économiste et directeur de la recherche économique de l’assureur Allianz. Il est également correspondant du Conseil d’analyse économique (CAE).

Écolos allemands et français : pas le même vert !

Écolos allemands et français : pas le même vert !

Un papier du Monde met en évidence la grande différence entre des écolos allemands prêts à gouverner et des écolos français prêts surtout à contester

 

Edito du « Monde ». Une chancelière Verte à Berlin ? A cinq mois des élections législatives du 26 septembre, l’hypothèse n’est pas exclue. Certes sans expérience gouvernementale mais réputée pour sa pugnacité et sa connaissance précise des dossiers, Annalena Baerbock, que les écologistes ont désignée candidate en faisant montre d’une unité peu commune, lundi 19 avril, pourrait, à seulement 40 ans, succéder à Angela Merkel à la tête de l’Allemagne.

Deux facteurs pourraient conduire à un tel scénario. Le premier est lié aux difficultés des deux grands partis allemands, les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD), usés par de longues années d’exercice du pouvoir et portés par des candidats qui peinent à susciter l’enthousiasme. A l’issue d’un processus laborieux et fratricide, la CDU-CSU a désigné mardi Armin Laschet comme candidat à la succession de la chancelière.

Face à ces représentants du monde politique d’avant, les Verts allemands – et c’est le deuxième point – incarnent aujourd’hui le changement, sans pour autant représenter l’aventure. Présents au gouvernement dans onze des seize Länder, tantôt avec la gauche, tantôt avec la droite, ils ont fait la preuve de leur capacité à gouverner, comme l’a montré la récente réélection triomphale de Winfried Kretschmann pour un troisième mandat à la tête du Bade-Wurtemberg ; ils savent aussi pratiquer le compromis dans un pays où, mode de scrutin oblige, l’exercice du pouvoir suppose de bâtir des coalitions.

Contradictions surmontées

Le contraste avec les écologistes français est saisissant. A un an de la prochaine élection présidentielle, ces derniers n’ont toujours pas de réponse précise à trois questions pourtant essentielles. Celle du rapport aux institutions, d’abord, dans une Ve République qui, par sa verticalité, entre en contradiction avec leur sensibilité politique, allergique à la culture du chef. Celle du projet politique, ensuite, dans un mouvement divisé entre partisans d’une écologie pragmatique, conduits par le député européen Yannick Jadot, et adeptes d’une rupture avec le libéralisme, à l’instar du maire de Grenoble, Eric Piolle. Celle de la stratégie de conquête du pouvoir, enfin, alors que ni l’hypothèse d’une primaire du pôle écologiste ni celle d’une candidature commune avec les socialistes ne font l’unanimité.

 

Dans un pays comme l’Allemagne, où il n’est pas nécessaire d’avoir la majorité absolue pour accéder au pouvoir, il est vrai que la situation est plus facile pour un parti comme les Verts qui, avec un peu plus de 20 % des voix, leur niveau actuel dans les divers sondages, peut prétendre entrer au gouvernement, voire le diriger si les conservateurs, qui les devancent aujourd’hui de quelques points, continuent de baisser.

Si les Verts allemands ont également leurs contradictions, entre « Realos » (pragmatiques), dont fait partie leur candidate, Annalena Baerbock, et « Fundis » (radicaux), dont l’influence a reculé mais qui continuent de peser, ils ont toutefois réussi à les surmonter. En témoigne leur « programme fondamental », adopté en novembre 2020 et qui, en 84 pages, s’efforce sur les grands débats du moment – réchauffement climatique, politique d’investissements, défense européenne, OTAN, sécurité – de concilier ambition et crédibilité. Un équilibre fragile, certes, mais sur lequel les Verts allemands ont compris qu’ils devaient s’accorder pour partir unis à la conquête d’un pouvoir qu’ils assument pleinement de vouloir exercer.

Climat –sommet Biden : des promesses !

Climat –sommet Biden : des promesses !

 

Au plan mondial peu de pays ont fait l’impasse sur le sommet mondial organisé par Biden. La Chine la Russie et bien d’autres pays étaient présents pour affirmer leur volonté de réduire l’impact de la vie économique et sociale sur l’environnement et en particulier vis-à-vis du climat. D’une certaine manière il y a même une sorte de concours des promesses avec ceux qui réduiraient le plus leur impact carbone dans les 10 à 50 ans. Un délai suffisamment large pour permettre des évolutions significatives…. ou pour oublier à cette échéance des promesses un peu illusoires.

 

Les pays ont égrené leurs propres engagements, après que Joe Biden a ouvert le bal en annonçant la réduction d’entre 50 et 52% des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis d’ici à 2030, par rapport à 2005. Le président chinois, Xi Jinping, dont la venue était incertaine il y a encore quelques jours, a, de son côté, réaffirmé l’objectif d’une neutralité carbone de la Chine d’ici à 2060. En dépit de très vives tensions entre les deux grandes puissances rivales sur nombre d’autres dossiers, l’homme d’Etat s’est déclaré « déterminé à travailler avec la communauté internationale, et en particulier les Etats-Unis » sur ce front.

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Évidemment Macro n’a pas voulu être en reste rappelant l’action de la France qui n’est pourtant pas un modèle pour tenir ses propres engagements. Et particularité de l’ancien banquier, la France a remis en cause le fonctionnement actuel du système financier et de son rapport à l’environnement. Là aussi sans doute davantage de promesses que de perspectives de transformation. Et cette transition passera par la « transformation en profondeur de notre système financier », a affirmé Emmanuel Macron, se félicitant que le sommet qu’il a lui-même lancé, le One Planet Summit, ait « permis de réunir des fonds souverains, des asset managers, des private equity, pour tous s’engager derrière cette méthodologie commune » de mesures des investissements favorables au climat. Alors que la France fait partie des nombreux pays en retard sur leurs engagements pour atteindre les 1,5°C, le pays « prendra toutes ses responsabilités dans les prochains mois pour aller plus loin sur le sujet de cette finance au service du climat », a promis le président français.

Après Covid, remise en cause du plastique

Après Covid, remise en cause du plastique

Fort d’une croissance exponentielle, le plastique est-il vraiment « le matériel hygiénique numéro 1 » pour sacrifier à ce point l’environnement ? Dorothée Moisan, journaliste d’investigation, démystifie ce slogan, brandi depuis des années par les industriels du secteur et remartelé ces derniers mois, dans son livre paru en mars, Les plastiqueurs (Kero).(Interview l’Opinion)

Face à la peur du virus, le plastique s’est multiplié dans notre quotidien. Vous racontez dans votre livre que l’interdiction des sacs plastiques au supermarché a été suspendue dans certains Etats américains. Cet événement est-il emblématique d’un « retour en arrière » ?

La Covid-19 s’est révélée être une occasion en or pour l’industrie du plastique qui subit depuis plusieurs années un « plastic bashing ». Elle a ressorti un argument qui lui est cher, l’hygiène, et d’anciennes études démontrant que les sacs en tissus, ou réutilisables, pouvaient contaminer tout un magasin. Or quand un sac plastique est donné par le caissier au client, il se passe exactement la même chose qu’avec n’importe quel matériau car le virus résiste à toutes les surfaces. Mais on est habitué à jeter le plastique depuis soixante-dix ans, ce qui nous laisse penser, à tort, que cela nous prémunit de toute transmission. Pourtant, un sac réutilisable se lave, et le virus n’y survit pas ! Quoi qu’il en soit, la petite musique du plastique hygiénique a dominé et conduit des villes écologiquement sensibles comme New York et San Francisco à réintroduire les sacs jetables dans les rayons. On a fait un bond en arrière. Un fabricant de sacs plastiques canadien s’est dit impressionné par la quantité de commandes qu’il reçoit depuis le début de la pandémie. Et en Italie, on a constaté que les mandarines sous cellophane avaient été deux fois plus vendues que l’année précédente.

Une tribune de 120 scientifiques a circulé en juin 2020 afin d’alerter sur la nécessité de privilégier le réutilisable pour se protéger du coronavirus. Est-ce symptomatique de ces experts rarement écoutés au sujet du plastique ?

Oui car la parole des scientifiques a plus de mal à se faire entendre. Ce n’est pas la première étude qui fait vérité, la démarche est lente et se construit au fur et à mesure de la recherche. L’industrie, de son côté, entoure d’un nuage de fumée ce que dit la science. Sa communication suit le bon sens du grand public. Par exemple, sur les perturbateurs endocriniens contenus dans le plastique, elle insiste sur le principe de Paracelse stipulant que « la dose fait le poison ». Pourtant, une infime quantité de ces perturbateurs peut avoir des effets importants sur le système hormonal, tandis qu’une quantité supérieure peut ne rien provoquer du tout. C’est contre-intuitif mais c’est scientifiquement prouvé.

Pour les masques, il s’est passé la même chose que pour les sacs : le plastique a remporté la bataille sur le tissu ?

Le gouvernement a été très confus sur l’efficacité des masques en tissu. Alors que les masques en polyester sont bourrés d’additifs censés les rendre plus résistants… Je mets très clairement en question l’innocuité de ces produits dont on ne connaît pas les pouvoirs de nuisance. Sur les nanoparticules en plastique qu’ils contiennent, des chercheurs chinois ont alerté en janvier sur la nécessité d’étudier les effets de leur inhalation. Quelle conséquence cela a-t-il de respirer des heures dans ces masques ? C’est une vraie question dont je redoute la réponse. Le plastique n’est pas inerte et innocent, on fait entrer dans nos vies un tueur silencieux.

«Avec le coronavirus, on a peur que tout objet soit infectieux, et tout part à l’incinération. Ensuite, vient le problème de savoir ce qui est effectivement recyclé dans ce que l’on parvient à trier»

On ne peut pas nier un paradoxe : le plastique, bien qu’écologiquement problématique et néfaste sur certains aspects sanitaires, sauve des vies à l’hôpital…

Cette dualité n’est nulle d’ailleurs part plus visible qu’à l’hôpital. Pete Myers, biologiste américain reconnu pour ses recherches sur les perturbateurs endocriniens, m’a raconté comment sa petite-fille née prématurément et entourées de tubes en PVC a été sauvée par le plastique. Pourtant, il sait mieux que personne que les produits injectés à travers des dispositifs médicaux en phtalates peuvent avoir une incidence sur son développement. Mais dans ce cas-là, il n’y a pas de solution, il faut une balance des risques. Je pense néanmoins qu’il y a une énorme marge de progression pour que l’hôpital réduise sa consommation plastique. Cela fait trente ans que l’on remplace tout objet en métal par son équivalent jetable. Bien sûr, on ne peut pas remplacer toutes les seringues en plastique mais il y a de nombreux produits pour lesquels il existe des alternatives. Les surblouses, par exemple, pourraient être en tissu naturel. Pendant la pénurie liée à la crise sanitaire, on s’est mis à en fabriquer et à en laver.

N’êtes-vous donc pas d’accord avec l’argument « le plastique est le matériel hygiénique numéro 1 » ?

Non, et les scientifiques ne l’ont jamais dit. Mais c’est l’un des arguments des lobbys, tels que PlasticsEurope. Il y a certes un avantage sur la conservation des aliments, plus longue pour la viande, le poisson et certains produits frais comme les yaourts. Et c’est léger à transporter. Mais certains additifs toxiques des contenants migrent vers l’aliment, avant qu’on ne l’ingère. Dans les hôpitaux, le plastique répond davantage à une contrainte de coûts et de confort que d’hygiène. Mais le prix à payer est l’explosion des quantités de déchets incinérés. Un rapport du Centre pour le droit international de l’environnement (Ciel), paru il y a un an, l’énonce clairement : la production et l’élimination des plastiques équivalaient en 2019 aux émissions de 189 centrales à charbon. Et on sera autour de 300 en 2030.

Cette incinération a d’ailleurs prévalu pendant la Covid…

Oui car avec le coronavirus, on a peur que tout objet soit infectieux. Et tout part à l’incinération. Le NHS, service de santé britannique, s’est récemment rendu compte que seulement 5 % de ses déchets plastiques étaient recyclés. Ensuite, vient le problème de savoir ce qui est effectivement recyclé dans ce que l’on parvient à trier. Sur les 7 millions de tonnes de déchets plastiques déversées dans l’environnement depuis 1950, 9 % seulement ont été recyclées. Et ce recyclage n’est pas la panacée, il ne va pas nous sauver de la crise du plastique ! Beaucoup moins de plastiques que ce qu’on nous laisse croire sont recyclables au même niveau de qualité, car il y a souvent de nouveaux composants à rajouter. C’est une solution de dernier recours et le débat doit se situer en amont, sur la défense du réutilisable et la réduction de la production de plastique.

La remise en cause des emballages plastiques

 La remise en cause des emballages plastiques

 

par Flavie Nguyen et Benoît Gougeon, associés au cabinet de conseil en stratégie Kearney

 

 

Au rythme actuel, les océans pourraient contenir davantage de plastique que de poissons d’ici à 2050. Cette projection de la Fondation Ellen Mac Arthur s’ajoute à de nombreuses autres qui sensibilisent l’opinion publique à l’impact environnemental de notre activité économique.

Parmi les causes majeures de cette pollution figure l’emballage, désormais régulièrement montré du doigt. Emballer permet pourtant à la fois de protéger pendant le transport, de partager les produits en portions commercialisables, d’allonger leur durée de vie et de communiquer avec les consommateurs. Grâce à l’emballage, la détérioration des aliments n’est que de 3 % pour les produits transformés et de 10-15 % pour le frais, alors qu’il peut atteindre 50 % dans des pays ayant peu recours à cette protection des produits (source : The Environmental Impacts of Packaging). Pour ce faire, le plastique est un matériau de choix grâce à des propriétés uniques : léger, résistant, non-réactif et étanche, il apparaît comme une solution particulièrement adaptée pour répondre à nos modes de consommation.

Compte tenu de ces services rendus, les entreprises se questionnent, à raison, sur cette problématique de l’emballage plastique et la manière dont elles doivent se positionner. En réalité, la question n’est pas tant « comment » mais « quand », et la réponse est « maintenant ».

En Allemagne, les systèmes de consigne rendent l’option verre pertinente, alors qu’en France celui-ci n’est pas lavé avant d’être réutilisé mais fondu, ce qui a un impact carbone important

Il faut sans attendre faciliter le travail de recyclage, tel le fabricant vendéen de barquettes sous atmosphère protectrice EDS qui sort du polystyrène (pas de filière de recyclage) et opte pour le mono-matériau. Il convient aussi de s’adapter aux systèmes de collecte et de recyclage locaux. En Allemagne, par exemple, les systèmes de consigne rendent l’option verre pertinente, alors qu’en France celui-ci n’est pas lavé avant d’être réutilisé mais fondu, ce qui a un impact carbone important. Il est pour finir capital de contribuer à améliorer les systèmes de collecte et de recyclage, comme l’a fait récemment Nespresso en créant sa propre filière de collecte et de recyclage.

D’aucuns pourraient néanmoins arguer que le changement est lent : sur le plan mondial, les emballages croissent trois fois plus vite que la population et en France, les rayons vrac ne pesaient que 0,75 % de la consommation en 2019. Il est vrai que le changement prend du temps chez les consommateurs et que les entreprises peuvent par conséquent hésiter à introduire de nouveaux paradigmes d’emballage, craignant de dépareiller sur les rayons et de ne pas être choisies in fine ; sans oublier qu’elles sont elles-mêmes confrontées au défi du changement et qu’aligner la gouvernance sur ces enjeux peut être compliqué. Il s’agit malgré tout pour elles d’oser un investissement d’avenir dont elles ne peuvent plus faire l’économie.

 L’enjeu est double. D’une part, pérenniser l’attractivité de leur marque pour conserver leur place dans les référencements des distributeurs : 70 % des super et hyper ont mis en place un espace vrac, l’approvisionnement local se développe, et 13 entreprises majeures de la grande distribution et de l’agroalimentaire ont signé en 2019 le « Pacte National sur les emballages plastiques » les engageant sur leur éco-conception et leur recyclage. D’autre part, être présentes au moment de l’élaboration des nouveaux circuits pour assurer leur bonne intégration à l’outil industriel existant. Typiquement, en Allemagne, seul un nombre limité de formes de bouteille est admis dans le circuit de consigne : un exemple de jeu collectif à méditer.

Le changement culturel comme la pression des réglementations sont en marche et la cadence risque d’accélérer rapidement

Disons-le-nous : le changement culturel comme la pression des réglementations sont en marche et la cadence risque d’accélérer rapidement. Pour ne pas rester prisonnières du monde d’avant et d’une grille de lecture déconnectée de l’évolution du monde, il est urgent que les entreprises pressent le pas dans leur positionnement, la définition de leur raison d’être, l’étude des opportunités spécifiques à leurs chaînes de valeur pour bien réduire, choisir, réutiliser et recycler les emballages de leurs produits, et bien sûr les distribuer en répondant aux attentes des consommateurs. Agir sans attendre pour des solutions d’emballage toujours plus responsables est de la responsabilité de tous, entreprises comme citoyens : c’est cette circularité vertueuse qui assurera un avenir commun et la question qui s’impose aujourd’hui n’est plus « quand » mais « comment ».

Flavie Nguyen et Benoît Gougeon sont associés au cabinet de conseil en stratégie Kearney

Environnement -agriculture: Pour une PAC durable mais aussi créatrice de valeur

  • Environnement -agriculture: Pour une PAC durable mais aussi créatrice de valeur
  • La tribune de 164 parlementaires
    • Alors que notre pays traverse une crise inédite, l’agriculture française — et singulièrement sa production de grandes cultures — doit disposer de moyens adaptés pour répondre pleinement aux objectifs qui sont les siens : produire de manière durable une alimentation de qualité ; contribuer à la lutte contre le changement climatique ; participer pleinement à la relance économique grâce à des filières ancrées dans les territoires.
    • Toutefois, les producteurs de grandes cultures connaissent depuis plus de huit ans une chute très forte de leurs revenus, dont le niveau est l’un des plus faibles de notre pays. Leur rémunération moyenne s’établit sur cette période à moins d’un smic par an dans des conditions inédites de distorsion de concurrence et d’érosion de leur compétitivité par rapport aux autres producteurs européens et, a fortiori, de pays tiers. Ceci s’explique notamment par une baisse drastique des aides qu’ils percevaient au titre du premier pilier de la Politique agricole commune (PAC) au fur et à mesure des différentes réformes de la PAC. Force est de constater qu’à chaque fois, il leur est toujours demandé plus d’efforts et d’engagements, sans pour autant leur accorder de véritable contrepartie économique.
    • «Vision équilibrée ». Nous, élus, sommes résolument à leurs côtés pour que le gouvernement tienne pleinement compte, dans les orientations qui seront arrêtées dans la future PAC, de ces réalités ainsi que des équilibres entre les filières de production et entre les territoires. La durabilité ne peut pas se limiter aux seules dimensions environnementales : elle suppose une réelle prise en compte de la dimension économique de l’activité agricole. Les transitions ne pourront être conduites qu’à travers une vision équilibrée entre l’environnement, l’économie et le social, notamment pour assurer l’indispensable renouvellement de générations en agriculture.
    • Il est, dès lors, impératif que la future PAC soit à la hauteur des défis à relever par les producteurs de grandes cultures. Elle doit résolument s’inscrire dans une logique de croissance et de création de valeur, ainsi que de reconnaissance des efforts (carbone, biodiversité…) déjà réalisés et à réaliser, impliquant une rémunération adéquate. Parallèlement et face à la multiplication des aléas économiques et climatiques, nos producteurs doivent être accompagnés par un système assurantiel plus incitatif pour améliorer la résilience des exploitations.
    • Assurer le maintien de ces exploitations sur nos territoires, c’est assurer la durabilité d’un secteur structuré qui génère plus de 460 000 emplois, c’est assurer une activité économique en milieu rural, c’est assurer l’équilibre de notre balance commerciale, c’est assurer la souveraineté alimentaire de notre pays.
    • Guillaume Kasbarian, député de l’Eure-et-Loir, Julien Dive, député de l’Aisne, Philippe Vigier, député de l’Eure-et-Loir, Luc Lamirault, député de l’Eure-et-Loir, Pierre Cuypers, sénateur de la Seine-et-Marne, Stéphane Demilly, sénateur de la Somme, Marie Évrard, Sénatrice de l’Yonne.
    • Cosignataires : Damien Adam, député de la Seine-Maritime, Pascal Allizard, sénateur du Calvados, Serge Babary, sénateur d’Indre-et-Loire, Philippe Bas, sénateur de la Manche, Jérôme Bascher, sénateur de l’Oise, Stéphane Baudu, député du Loir-et-Cher, Thibault Bazin, député de Meurthe-et-Moselle, Valérie Bazin-Malgras, députée de l’Aube, Valérie Beauvais, députée de la Marne, Bruno Belin, Sénateur de la Vienne, Nadine Bellurot, Sénatrice de l’Indre, Aurore Bergé, députée des Yvelines, Philippe Berta, député du Gard, Grégory Besson-Moreau, député de l’Aube, Annick Billon, sénatrice de la Vendée, Christophe Blanchet, député du Calvados, Pascal Bois, député de l’Oise, François Bonneau, sénateur de la Charente, Jean-Yves Bony, député du Cantal, Gilbert Bouchet, sénateur de la Drôme, Jean-Claude Bouchet, député du Vaucluse, Sylvie Bouchet-Bellecourt, députée de Seine-et-Marne, Bernard Bouley, député de l’Essonne, Yves Bouloux, sénateur de la Vienne, Jean-Luc Bourgeaux, député d’Ille-et-Vilaine, Toine Bourrat, sénatrice des Yvelines, Jean-Marc Boyer, sénateur du Puy-de-Dôme, Valérie Boyer, sénatrice des Bouches-du-Rhône, Jean-Louis Bricout, député de l’Aisne, Danielle Brulebois, députée du Jura, Carole Bureau-Bonnard, députée de l’Oise, Vincent Capo-Canellas, sénateur de la Seine-Saint-Denis, Danièle Cazarian, députée du Rhône, Anne Chain-Larché, sénatrice de la Seine-et-Marne, Philippe Chalumeau, député d’Indre-et-Loire, Alain Chatillon, sénateur de la Haute-Garonne, Guillaume Chevrollier, sénateur de la Mayenne, Paul Christophe, député du Nord, Dino Cinieri, député de la Loiret, Fabienne Colboc, députée de l’Indre-et-Loire, François Cormier-Bouligeon, député du Cher, Jean-Pierre Cubertafon, député de Dordogne, Olivier Damaisin, député du Lot-et-Garonne, Sonia De La Provoté, sénatrice du Calvados, Dominique de Legge, sénateur d’Ille-et-Vilaine, Albéric De Montgolfier, sénateur de l’Eure-et-Loir, Louis-Jean de Nicolay, sénateur de la Sarthe, Marguerite Deprez-Audebert, députée du Pas-de-Calais, Chantal Deseyne, sénatrice d’Eure-et-Loir, Yves Détraigne, sénateur de la Marne, Nassimah Dindar, sénatrice de la Réunion, Elisabeth Doineau, sénatrice de la Mayenne, Jean-Pierre Door, député du Loiret, Pierre-Henri Dumont, député du Pas-de-Calais, Nicole Duranton, sénatrice de l’Eure, Nadia Essayan, députée du Cher, Gilbert Favreau, sénateur des Deux-Sèvres, Françoise Férat, sénateur de la Marne, Agnès Firmin Le Bodo, députée de Seine-Maritime, Pascale Fontenel-Personne, députée de la Sarthe, Nicolas Forissier, député de l’Indre, Françoise Gatel, sénatrice d’Ille-et-Vilaine, Laurence Gayte, députée des Pyrénées-Orientales, Annie Genevard, députée du Doubs, Séverine Gipson, députée de l’Eure, Carole Grandjean, députée de Meurthe-et-Moselle, Jean-Charles Grelier, député de la Sarthe, Pascale Gruny, sénatrice de l’Aisne, Charles Guéné, sénateur de la Haute-Marne, Daniel Guéret, sénateur d’Eure-et-Loir, Jocelyne Guidez, sénatrice de l’Essonne, Yves Hemedinger, député du Haut-Rhin, Olivier Henno, sénateur du Nord, Michel Herbillon, député du Val-de-Marne, Antoine Herth, député du Bas-Rhin, Loïc Hervé, sénateur de la Haute-Savoie, Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, Jean-Raymond Hugonet, sénateur de l’Essonne, Jean-François Husson, sénateur de la Meurthe-et-Moselle, Christian Jacob, député de Seine-et-Marne, Annick Jacquemet, sénatrice du Doubs, Caroline Janvier, députée du Loiret, Bruno Joncour, député des Côtes d’Armor, Sandrine Josso, députée de Loire-Atlantique, Claude Kern, sénateur du Bas-Rhin, Loïc Kervran, député du Cher, Christian Klinger, sénateur du Haut-Rhin, Jacques Krabal, député de l’Aisne, Daniel Labaronne, député d’Indre-et-Loire, Jean-Luc Lagleize, député de Haute-Garonne, Marc Laménie, sénateur des Ardennes, Michel Laugier, sénateur des Yvelines, Daniel Laurent, sénateur de la Charente-Maritime, Jacques Le Nay, sénateur du Morbihan, Jean-Claude Leclabart, député de la Somme, Antoine Lefèvre, sénateur de l’Aisne, Valérie Létard, sénatrice du Nord, Pierre-Antoine Lévi, sénateur du Tarn-et-Garonne, Richard Lioger, député de la Moselle, Patrick Loiseau, député de Vendée, Anne-Catherine Loisier, sénatrice de Côte d’Or, Jean-François Longeot, sénateur du Doubs, Gérard Longuet, sénateur de la Meuse, Véronique Louwagie, députée de l’Orne, Lise Magnier, députée de la Marne, Sylvain Maillard, député de Paris, Emmanuel Maquet, député de la Somme, Olivier Marleix, député de l’Eure-et-Loir, Hervé Maurey, sénateur de l’Eure, Franck Menonville, sénateur de la Meuse, Gérard Menuel, député de l’Aube, Sébastien Meurant, sénateur du Val-d’Oise, Maxime Minot, député de l’Oise, Jean-Pierre Moga, sénateur du Lot-et-Garonne, Adrien Morenas, député du Vaucluse, Catherine Morin-Desailly, sénatrice de la Seine-Maritime, Philippe Mouiller, sénateur des Deux-Sèvres, Claire O’petit, députée de l’Eure, Olivier Paccaud, sénateur de l’Oise, Vanina Paoli-Gagin, sénatrice de l’Aube, Guillaume Peltier, député du Loir-et-Cher, Philippe Pemezec, sénateur des Hauts-de-Seine, Patrice Perrot, député de la Nièvre, Bernard Perrut, député du Rhône, Stéphane Piednoir, sénateur du Maine-et-Loire, Kristina Pluchet, sénatrice de l’Eure, Rémy Pointereau, sénateur du Cher, Bérengère Poletti, députée des Ardennes, Sophie Primas, sénatrice des Yvelines, Didier Quentin, député de Charente-Maritime, Richard Ramos, député du Loiret, Jean-François Rapin, sénateur du Pas-de-Calais, Julien Ravier, député des Bouches-du-Rhône, Robin Reda, député de l’Essonne, Jean-Luc Reitzer, député du Haut-Rhin, Olivier Rietmann, sénateur de la Haute-Saône, Stéphanie Rist, députée du Loiret, Laurianne Rossi, députée des Hauts-de-Seine, Martial Saddier, député de Haute-Savoie, Denise Saint-Pé, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, Hugues Saury, sénateur du Loiret, René-Paul Savary, sénateur de la Marne, Antoine Savignat, député du Val-d’Oise, Raphaël Schellenberger, député du Haut-Rhin, Patricia Schillinger, sénatrice du Haut-Rhin, Vincent Ségouin, sénateur de l’Orne, Nathalie Serre, députée du Rhône, Bruno Sido, sénateur de la Haute-Marne, Laurent Somon, sénateur de la Somme, Vincent Thiébaut, député du Bas-Rhin, Jean-Louis Thiériot, député de Seine-et-Marne, Sabine Thillaye, députée de l’Indre-et-Loire, Claudine Thomas, sénatrice de la Seine-et-Marne, Frédérique Tuffnell, députée de Charente-Maritime, Jean-Pierre Vigier, député de Haute-Loire, Stéphane Viry, député des Vosges, Sylvain Waserman, député du Bas-Rhin

Plaidoyer pour la viande cultivée !

Plaidoyer pour la viande cultivée !

Un plaidoyer un peu surréaliste pour la viande artificielle cultivée qui trouve pourtant place dans une tribune du Monde.

Nathalie Rolland, spécialiste de l’agriculture cellulaire, dénonce, dans une tribune au « Monde », l’adoption par l’Assemblée nationale, d’un amendement « anti-écologique » glissé in extremis dans la loi Climat et résilience.

 

Tribune. Le 18 mars 2021, une commission spéciale de l’Assemblée nationale se penchait sur les repas végétariens dans la restauration collective. Parmi les quelques amendements adoptés ce jour-là, un sujet assez inattendu a été mis sur la table : la viande cultivée à partir de cellules. Vendredi 16 avril, l’assemblée nationale a adopté en séance publique ce nouvel article 59 bis de la loi climat, interdisant la viande cultivée, un produit qui n’est même pas encore commercialisé, et dont la mise sur le marché dépend du droit européen, dans les cantines. Les discussions sur cette loi ont paradoxalement offert à quelques députés l’opportunité de s’en prendre avec succès à l’une des innovations écologiques les plus prometteuses.

Ce procédé novateur, qui consiste à reproduire en cuve la multiplication cellulaire se déroulant d’habitude dans le corps des animaux, nécessiterait moins de ressources naturelles que la production de viande conventionnelle. Ainsi, outre un bilan carbone qui pourrait être très avantageux dans un pays comme le nôtre où la production d’électricité est peu carbonée, le point fort de la viande cultivée réside surtout dans la très faible quantité de terres nécessaires (près de 20 fois moins que la viande conventionnelle).

 

Son développement permettrait donc de rendre à la nature de nombreux territoires, avec un bénéfice très positif sur la biodiversité, et de stocker des quantités non négligeables de carbone à travers la reforestation. Mais alors que les start-up françaises ne prévoient sa mise sur le marché que dans quelques années, la viande cultivée se voit déjà privée de cantine.

A la suite du vote de cet amendement, les administrateurs des différents établissements publics de restauration pourraient avoir l’interdiction de proposer à leurs usagers des plats à base de viande cultivée. Comment cet amendement liberticide et anti-écologique s’est-il immiscé dans la loi « climat » ?

Le texte invoque tout d’abord la défense des intérêts économiques de « nos éleveurs locaux, qui font déjà face à une concurrence importante et qui méritent d’être soutenus ». Nos éleveurs n’ont pas attendu le développement de la viande cultivée pour faire face à une concurrence internationale, et la viande de culture propose une voie complémentaire à l’élevage pour compléter l’offre en produits animaux dont la consommation mondiale est en train de fortement augmenter.

 

En outre, la législation n’a pas vocation à fausser la concurrence en empêchant les produits innovants de concurrencer les secteurs bien implantés, fussent-ils aussi influents que celui de l’élevage industriel. Les jeunes et encore fragiles entreprises françaises travaillant sur la viande de culture attendent plutôt un soutien à l’innovation dont elles auraient bien besoin pour affronter les précurseurs hollandais, américains et israéliens.

Réduire de près de 50 % la pollution d’ici 2030

Réduire de près de 50 % la pollution d’ici 2030

 

A l’occasion de la Journée de la Terre, le secrétaire général de l’ONU , António Guterres, lance un appel dans le Monde à tous les pays, toutes les villes, entreprises et institutions financières pour adopter des plans concrets et rapides, afin d’arriver à zéro émission de gaz à effet de serre.

 

Tribune.

En cette année charnière pour l’humanité, l’heure est venue de prendre des mesures courageuses en faveur du climat. Les faits, sur le plan scientifique, sont sans appel et font l’objet d’un consensus à l’échelle mondiale : pour que la crise climatique ne se transforme pas en catastrophe permanente, nous devons limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius.

Pour ce faire, il nous faut, d’ici au milieu du siècle, ramener à zéro les émissions nettes de gaz à effet de serre. Un grand nombre de pays, correspondant aux deux tiers environ de l’économie mondiale, se sont déjà engagés à le faire. C’est encourageant, mais il est urgent que chaque pays, chaque ville, chaque entreprise et chaque institution financière rejoigne cette coalition et adopte des plans concrets pour arriver à zéro émission nette.

Il est encore plus urgent que les gouvernements assortissent cette ambition à long terme d’actions concrètes dès maintenant, alors que des milliards de dollars sont mobilisés pour vaincre la pandémie de Covid-19. La relance de l’économie est l’occasion ou jamais de repenser notre avenir.

Pour cela, le monde s’est doté d’un solide cadre d’action : l’accord de Paris, dans lequel tous les pays se sont engagés à établir leurs propres plans d’action nationaux pour le climat et à les renforcer tous les cinq ans. Plus de cinq ans plus tard, munis de la preuve accablante que, si nous n’agissons pas, nous allons détruire notre planète, nous savons qu’il est temps de prendre des mesures décisives et efficaces, alors que l’ONU convie tous les pays à Glasgow (Ecosse) en novembre 2021 pour la COP26.

 

D’ici à 2030, les nouveaux plans d’action nationaux doivent réduire d’au moins 45 % la pollution mondiale générée par les gaz à effet de serre, par rapport aux niveaux de 2010. Nombre de ces plans ont déjà été présentés, qui énoncent des politiques plus claires en matière d’adaptation aux effets des changements climatiques et d’accélération de l’accès aux énergies renouvelables.

Mais, jusqu’à présent, ils ne permettent de réduire les émissions que de moins de 1 %. C’est là, véritablement, un signal d’alarme maximal pour la planète et pour ses habitants.

Dans les mois qui viennent, à commencer par le prochain sommet des dirigeants organisé par les Etats-Unis, les gouvernements doivent revoir leurs ambitions très nettement à la hausse, en particulier les pays les plus émetteurs, qui sont à l’origine d’une grande partie de cette crise.

Voitures et batteries électriques : s’inspirer de la Finlande

Voitures et batteries électriques : s’inspirer de la Finlande

 

La France devrait s’inspirer de la démarche de la Finlande, avec laquelle elle a plusieurs points communs. Par Didier Julienne, Président de Commodities & Resources » (*).

 

 

Dans le domaine des batteries pour véhicule électrique, la Finlande peut faire ce que la France ne fait pas, parce qu’Helsinki dispose d’un avantage, le Finnish Minerals Group (FMG). FMG est une entreprise d’État et, en beaucoup plus modeste, l’équivalent d’un Bureau de Recherches géologiques et minières français (BRGM), mais qui aurait des ailes.

FMG a en effet pour mission centrale de maximiser la valeur des ressources minérales finlandaises. Engagé dans leur capital, il gère les participations de l’État dans des entreprises minières établies en Finlande, mais également dans les entreprises en aval qui consomme ces minéraux, notamment celles de l’industrie des batteries Lithium-ion et de leur futur recyclage.

Dans 9 ans, en 2030 il est attendu que 80 % des ventes automobiles européennes seront électriques. C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier la stratégie de FMG : faciliter les liens entre mineurs, fabricants de cathodes, de cellules ou de batteries et les constructeurs automobiles tels Norilsk Nickel, BASF, Johnson Matthey, Northvol ou Volkswagen  ; permettre d’établir des complémentarités entre l’industrie minière locale et les pays voisins, car par la mer Baltique l’industrie métallurgique et minière finlandaise est proche des gigafactories allemandes et polonaises et par le port de Vaasa elle n’est qu’à 250 kilomètres de l’usine suédoise de Northvolt de Skelleftea. Celle-ci équipera à terme 3 millions de voitures électriques, dont celles de l’allemand Volkswagen.

Celui-ci est le seul constructeur du continent qui ait affiché une stratégie électrique claire et d’ampleur. La marque allemande souhaite fabriquer en interne ses propres batteries, car elle prévoit un goulot d’étranglement géant sur la fabrication des cellules de batteries, non pas à cause d’un manque de matières premières, mais d’une pénurie d’usines. Elle sera donc propriétaire en Europe de 6 gygafactories de 40 GWH chacune d’ici à 2030. Northvolt est déjà son partenaire pour au moins 80 GWh et les 4 autres usines se répartiront avec d’autres partenaires, probablement asiatiques.

Pour réussir, tout comme la France, la Finlande dispose de ressources minières, mais Helsinki en connaît mieux l’étendue et la richesse  ; tout comme la France, elle dispose d’excellentes connaissances dans la pyrométallurgie, l’hydrométallurgie, la chimie des matériaux, mais elle les utilise dans son plan stratégique batteries  ; tout comme la France, elle dispose d’une électricité au coût moyen peu élevé, mais elle la consomme dans son écosystème voiture électrique qu’elle partage avec ses voisins ; tout comme la France, elle dispose d’une intelligence économique, mais elle la dirige en fonction de son plan.

Attirés, d’une part, par une exploitation intelligente des ressources naturelles minérales locales et, d’autre part, d’une électricité décarbonée nucléaire et hydraulique, les industriels transforment la mer Baltique en futur écosystème européen des batteries pour véhicules électriques.

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(*) Didier Julienne anime un blog sur les problématiques industrielles et géopolitiques liées aux marchés des métaux. Il est aussi auteur sur LaTribune.fr.

Pesticides : des perturbateurs endocriniens dans l’eau ? (UFC)

Pesticides : des perturbateurs endocriniens dans l’eau ? (UFC)

 

l’UFC  révèle que près de 450.000 Français, notamment en zone rurale, peuvent retrouver des molécules « particulièrement nocives » dans leurs verres. Un article de la tribune en rend compte.

« On ne dit pas qu’il est dangereux de boire au robinet. 98% des consommateurs ont accès à une eau respectant la totalité des critères sanitaires, et le chiffre est en hausse, comme on peut le voir dans notre carte interactive sur le sujet. Mais, alors que l’on progresse dans la baisse de la toxicité « traditionnelle » des pesticides, la réglementation n’a pas pris en compte cet autre type de problème, assez nouveau, que sont les perturbateurs endocriniens », s’inquiète Olivier Andrault, chargé de mission agriculture-alimentation à l’UFC-Que Choisir.

Quand, pour évaluer la toxicité d’un produit, la question de la dose est déterminante – ce qui permet de protéger le consommateur en-dessous d’un certain seuil -, ce n’est pas le cas pour les perturbateurs endocriniens. « Il suffit en fait de très peu de cette substance capable d’interférer avec notre système hormonal, pour potentiellement générer des conséquences sur l’organisme », explique Olivier Andrault.

Lire aussi : Les dérogations pour réduire les distances d’épandage de pesticides jugées anticonstitutionnelles

Des modalités d’action connues, des effets encore difficiles à appréhender

Mais les données scientifiques manquent sur le sujet, regrette le chargé de mission. Ce qui « empêche leur véritable prise en compte par les pouvoirs publics ». Les modalités d’action des perturbateurs endocriniens sont pourtant connues, et font l’objet d’un large consensus : en altérant les fonctions du système endocrinien, ils peuvent imiter l’action d’une hormone, la bloquer ou perturber sa production naturelle, par exemple – en se fixant sur des récepteurs dans notre corps. Mais les effets sur la santé sont encore difficiles à appréhender, allant de certains cancers à une augmentation du risque d’obésité, de troubles thyroïdiens ou de diabète, jusqu’à une altération possible de la capacité reproductive.

« Aujourd’hui, on ne peut pas faire d’arbitrage, tout simplement parce qu’on ne sait pas. Il est urgent de savoir si ces pesticides identifiés sont bel et bien des perturbateurs endocriniens, et ce que ça implique », avance Olivier Andrault.

Parmi ceux visés par l’étude, on peut retrouver l’atrazine, le terbuthylazine ou encore le métolachlore, des herbicides utilisés en défense des cultures. « De plus en plus d’éléments laissent à penser qu’ils pourraient être classés comme perturbateurs endocriniens », souligne-t-il. Alors, « sans méthodologie éclairée » en la matière, l’UFC-Que Choisir et Générations Futures demandent l’application du principe de précaution – c’est-à-dire leur interdiction pure et simple.

Stratégie européenne

Des propos « incompréhensibles », estime Eugénia Pommaret, la directrice de l’UIPP (l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP). . « Ce n’est pas juste de dire qu’il n’y a pas d’encadrement scientifique. La problématique des perturbateurs endocriniens est transversale, et fait l’objet d’une stratégie spécifique. Ce n’est pas parce que cette étude dresse une liste de produits potentiellement perturbateurs endocriniens qu’il est avéré qu’ils le sont », souligne-t-elle.

Et la directrice l’assure : les pesticides subissent un contrôle plus strict encore que les autres produits chimiques suspectés d’agir sur nos hormones. « Tous les dix ans en moyenne, les produits phyto-pharmaceutiques doivent être réévalués. S’il s’avère qu’ils ont été classés comme perturbateur endocrinien, ils ne seront pas homologués à nouveau », explique-t-elle.

Mais comment savoir lesquels sont concernés ? Pour mieux les identifier, un règlement européen définissant ces substances pour les produits phyto-sanitaires et les biocides avait été adopté en 2017. Dans la foulée, l’Agence Nationale Sécurité Sanitaire Alimentaire Nationale (Anses) avait conduit une évaluation de l’époxiconazole, un fongicide, et confirmé son caractère perturbateur endocrinien. Depuis, la substance a été retirée du marché. Et l’Anses ne compte pas s’arrêter là : « Les États-membres dont la France évalueront les propriétés perturbatrices endocriniens d’environ 300 substances phyto-pharmaceutiques d’ici à 2025, dont des dizaines par l’Anses », assure-t-elle sur son site.

« On dispose d’un des systèmes les plus encadrés au monde en la matière. Le nier peut conduire à des comportements irrationnels des consommateurs, alors que des milliers de prélèvements sont réalisés chaque année pour évaluer l’eau potable », insiste la directrice de l’UIPP.

Distorsion des données selon les départements

Pourtant, en France, le manque de certaines données interrogent. Même si 750 molécules de pesticides et leurs dérivés sont susceptibles d’être trouvées dans l’environnement, seulement 206 en moyenne sont recherchées dans l’eau que l’on boit, pointent l’UFC que Choisir et Générations Futures. Et le chiffre recouvre d’immenses disparités locales, selon la méthodologie appliquée par les différentes Agences Régionales de Santé (ARS). « Alors qu’en région parisienne on recherche entre 400 et 500 molécules, dans l’Aisne, seulement douze sont étudiées, malgré la présence d’une agriculture intensive dans la zone ! », s’étonne Olivier Andrault.

Une distorsion que le chargé de mission ne s’explique pas. « Dans près de vingt départements, le spectre des analyses est clairement insuffisant pour garantir aux consommateurs l’absence de pesticides au-delà des teneurs autorisées », considèrent les auteurs de l’étude. Pour y remédier, ils demandent au ministère de la santé d’intervenir, de manière à définir un nombre de molécules à étudier plus exigeant dans l’eau potable, en fonction du type de cultures environnantes.

 

Climat: Xi Jinping OK pour le sommet de Biden

Climat: Xi Jinping OK pour le sommet de Biden

Le président américain Joe Biden a invité une quarantaine de dirigeants mondiaux à un sommet international sur le climat qui doit se tenir par visioconférence jeudi et vendredi. Chine et États-Unis sont les deux premiers émetteurs de gaz à effet de serre, à l’origine du réchauffement planétaire. Leur entente est donc jugée cruciale pour la réussite des efforts internationaux afin de réduire ces émissions.

Le président chinois Xi Jinping participera au sommet virtuel sur le climat organisé cette semaine par Joe Biden, a annoncé mercredi 21 avril le ministère chinois des Affaires étrangères, alors que les tensions sino-américaines restent fortes. Le chef d’État chinois prononcera en ligne depuis Pékin «un important discours», a indiqué le ministère, quelques jours après l’engagement des deux pays à «coopérer» sur le changement climatique.

L’eau, un bien mondial

Dans Guerre et eau. L’eau, enjeu stratégique des conflits modernes publié récemment aux Editions Robert Laffont, le lieutenant-colonel de réserve Franck Galland décrypte les enjeux de sécurité collective liée à cette ressource et son importance dans les manœuvres militaires. Dans un monde soumis aux bouleversements climatiques, à la pression démographique et à la raréfaction des ressources hydriques, cet expert met en lumière les risques de conflit lié au partage de l’eau et les moyens de les résoudre.

Les ressources en eau vont-elles manquer d’ici 2050?

Il se dessine une véritable diagonale de la soif, traversant l’Afrique du Nord, le Proche et le Moyen Orient, puis la péninsule indienne jusqu’à la partie septentrionale de la Chine. Dans ce vaste ensemble, les ressources renouvelables disponibles deviennent très inférieures par endroits à la barrière de stress hydrique établie à 1 000 m3/habitant/an. On peut y inclure les pays du G5 Sahel où 150 millions de personnes ont vu diminuer de 40 % leurs ressources en eau en vingt ans, ainsi que les pays d’Asie Centrale constitués à 60 % de désert et qui dépendent uniquement de deux fleuves pour leur alimentation en eau.

Par ailleurs, même quand il y a structurellement de l’eau disponible, le manque de gouvernance, de planification et d’investissement, ainsi que les conséquences du changement climatique, peuvent conduire à des manques d’eau soudains. Ce fut le cas à Sao Paulo en 2015, à Rome en 2017 et au Cap, en Afrique du Sud, en 2018.

«Même quand il y a structurellement de l’eau disponible, le manque de gouvernance, de planification et d’investissement, ainsi que les conséquences du changement climatique, peuvent conduire à des manques d’eau soudains»

Est-ce de nature à provoquer des tensions et des conflits dans certaines régions du monde ​?

Dans certains pays, les conflits existent d’ores et déjà sur les usages, où par exemple il devient impératif de réformer des pratiques agricoles trop consommatrices d’eau ou de limiter, à terme, l’usage industriel de l’eau pour la fabrication, la réfrigération, la climatisation. Ensuite, vous avez des tensions entre régions qui s’expriment au sein d’un même pays, comme en Inde ou aux Etats-Unis. Mais dorénavant, de manière exacerbée, les tensions sont devenues transfrontalières et s’expriment avec intensité sur le Nil, sur le Tigre et l’Euphrate, sur le Mékong, mais également entre Russie et Ukraine à propos du Canal de Crimée du Nord. Cet ouvrage sous contrôle ukrainien fournissant 85 % de l’alimentation en eau de la Crimée passée sous pavillon russe est désormais un casus belli. C’est la raison pour laquelle le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est emparé du sujet eau, paix et sécurité le 22 novembre 2016 lors d’une session spéciale regroupant 59 pays, et qu’il a été saisi en juin dernier par l’Egypte sur la problématique du Nil. Les tensions diplomatiques se multiplient en effet entre Ethiopie d’une part, Soudan et Egypte d’autre part, à la faveur du remplissage du barrage Renaissance, construit en territoire éthiopien sur le Nil Bleu depuis 2011.

Le partage des eaux du Nil, avec le remplissage du barrage Renaissance en Ethiopie, n’est-il pas de nature à dégénérer en conflit ​?

Cet ouvrage doit entrer cet été dans sa deuxième phase de remplissage à hauteur de 13,5 milliards de m3 sur ses 76 milliards de m3 de capacité. Il est à craindre de fortes tensions régionales si le remplissage de l’ouvrage ne se fait pas de manière concertée, si une validation n’est pas partagée quant aux données techniques et scientifiques relatives aux impacts de ce remplissage sur les pays aval que sont le Soudan et l’Egypte, et si Le Caire ne parvient pas rapidement à financer et à développer des infrastructures nouvelles de production d’eau issue du dessalement, de la réutilisation des eaux usées ou de la recharge artificielle de nappes. Une épée de Damoclès pèse ainsi sur la tête de l’Egypte qui dépend à 97 % du Nil pour son alimentation en eau et sur les rives duquel habitent 95 % de ses habitants, représentant une population qui a dépassé les 100 millions de personnes il y a un an et qui est appelée à croître fortement dans les années à venir. Le barrage Renaissance pose ainsi clairement à l’Egypte une question de souveraineté hydraulique et représente également un enjeu stratégique et sécuritaire en matière alimentaire et énergétique, en raison des impacts attendus tant sur les périmètres irrigués égyptiens que sur la production hydroélectrique du barrage d’Assouan.

Comme on le voit dans les guerres occidentales au Sahel et au Moyen Orient, les ouvrages hydrauliques sont à la foi des cibles et des ressources stratégiques ​?

Vous avez raison. Les usines de production, les stockages d’eau traitée, et même les sites d’assainissement, font l’objet d’inacceptables atteintes directes et de dommages collatéraux. Ce fut le cas dans les conflits de haute intensité qui sévissent encore au Yémen, en Syrie ou en Libye. Du fait de la guerre et des destructions d’infrastructures, près de 20 millions de Yéménites n’ont plus accès à de l’eau saine d’après le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef). Lors des conflits au Levant, l’Etat islamique a également pris en otage les barrages de Bath et Taqpa sur l’Euphrate, ainsi que le barrage de Mossoul sur le Tigre.

«L’eau s’est imposée comme une ressource stratégique dont le contrôle détermine la capacité de déploiement et de stationnement dans la durée sur le terrain, au même titre que le ravitaillement en essence et les munitions»

L’eau n’est-elle pas devenue aussi un enjeu pour les armées régulières ​?

L’eau s’est imposée comme une ressource stratégique dont le contrôle détermine la capacité de déploiement et de stationnement dans la durée sur le terrain, au même titre que le ravitaillement en essence et les munitions. Ce n’est pas nouveau. L’armée française a notamment beaucoup travaillé sur le sujet ces dernières années à la faveur des enseignements de son engagement en Afghanistan. Ce travail se poursuit actuellement dans la bande sahélo-saharienne, en particulier pour assurer la maîtrise de l’approvisionnement en eau des soldats qui y sont déployés via de l’eau issue de forages et des bouteilles d’eau. On estime le besoin minimum en eau destinée à la consommation d’un soldat à 10 litres par jour en climat tempéré, à 30 litres en climat chaud.

Quels sont les dispositifs imaginés pour éviter ces guerres de l’eau ​?

Il faut que les instances régionales de dialogue stratégique et de sécurité telles que l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) s’emparent du sujet pour anticiper les tensions transfrontalières liées à l’eau. La coopération technique à l’échelle des bassins-versants doit également être renforcée, comme le montre la pertinence du modèle développé à compter de 1972 par le président sénégalais Léopold Sédar Senghor avec la création de l’Organisation pour la mise en valeur du Fleuve Sénégal (OmvS) entre le Sénégal, la Mauritanie, le Mali et la Guinée. L’OmvS est un exemple réussi d’hydro-diplomatie, qui a su notamment inspirer le traité israélo-jordanien sur les eaux du Jourdain ; l’une des rares survivances des accords israélo-palestiniens d’Oslo qui avaient valu à leurs signataires, Shimon Peres, Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, l’obtention du Prix Nobel de la paix en 1994.

Faut-il créer une agence onusienne de l’eau avec des casques bleus attelés à la préservation de cette ressource ​?

Ban Ki-Moon, alors Secrétaire général des Nations Unies, avait souligné que la rareté des ressources en eau dans certaines parties du monde serait catalyseur de violences, et que, trop souvent, là où il y avait besoin d’eau, parlaient déjà les armes. Son successeur Antonio Guterres affirme le caractère inextricablement lié entre eau, paix et sécurité. Il y a cependant déjà bien des agences onusiennes qui s’occupent directement ou indirectement de la cause d’eau. Il faut à l’évidence maintenant en rationaliser le nombre et accroître leur efficacité opérationnelle. Mais l’eau étant devenue un sujet de sécurité collective, il faut aussi qu’il soit traité au niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies et décliné par des organisations locales, comme l’UN Regional Centre for Preventive Diplomacy for Central Asia (UNRCCA). En viendra-t-on à la création de casques bleus de l’eau ? Je ne le sais, mais il y a à l’évidence un souci de mieux protéger les infrastructures hydrauliques durant les conflits et de faire respecter à leur endroit les conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels de 1977.

Un moratoire sur tout nouveau projet d’éolien terrestre

Un  moratoire sur tout nouveau projet d’éolien terrestre 

Quoi qu’il en coûte » est une aberration, estiment, dans une tribune au « Monde », l’ancien maire de Bordeaux, Nicolas Florian, le député de l’Indre, Nicolas Forissier, et le maire de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, tous trois candidats Les Républicains aux élections régionales.

 

Tribune. 

 

Le développement du parc éolien « quoi qu’il en coûte », tel que nous l’observons actuellement, est une aberration pour quiconque est attaché à la préservation de l’identité de nos territoires et à la lutte contre le changement climatique.

C’est une aberration économique, tout d’abord, car l’éolien se développe dans notre pays sous l’effet d’une perfusion massive de financements publics. Le coût brut de l’énergie éolienne est supérieur de deux à trois fois au coût moyen de l’énergie en France ; s’il prospère en dépit de ces coûts prohibitifs et du bon sens, c’est uniquement parce que le prix d’achat de l’électricité éolienne est administrativement majoré. A la fin de ce mois [avril 2021], EDF aura déjà surpayé l’énergie éolienne d’environ 1 milliard d’euros, en l’achetant à un tarif largement supérieur aux prix du marché. Une véritable gabegie dont les contribuables français sont les victimes – mais aussi, malgré eux, les sponsors.


C’est une aberration démocratique, lorsque l’on constate à quel point l’avis des citoyens concernés par de tels projets industriels est de plus en plus ignoré, à mesure que les parcs éoliens terrestres s’étoffent. Le prétexte du Covid-19, qui rend plus difficile les consultations locales, n’est que la plus récente manifestation du mépris généralisé qui caractérise les représentants de cette industrie envers les Françaises et les Français, lesquels devront ensuite cohabiter avec ces pylônes durant plusieurs décennies.

C’est une aberration pour notre souveraineté industrielle et pour nos emplois, car subventionner massivement l’éolien terrestre revient à financer, par de l’argent public français, des filières industrielles situées le plus souvent hors de France. En 2018, la Cour des comptes a estimé que, pour tout euro d’investissement dans de tels équipements, seuls vingt centimes correspondaient à du matériel produit en France. A une échelle certes moins tragique que le photovoltaïque − véritable chèque français à des industriels chinois peu soucieux d’environnement −, financer l’éolien revient à sponsoriser de grands acteurs industriels situés à l’étranger : Allemagne, Danemark, Chine – pays dont le niveau d’émissions de CO2 par habitant, rappelons-le, demeure à ce jour supérieur à celui de la France.


C’est, pour finir, une aberration environnementale, et c’est bien là toute l’ironie de l’affaire. Les progrès du parc éolien français n’ont en effet servi, jusqu’à présent, qu’à réduire le poids d’autres énergies décarbonées, à commencer par l’énergie nucléaire, dont la fermeture prématurée de la centrale de Fessenheim est une illustration par l’absurde.

Pour une économie de sobriété inutilement complexe

Pour une économie de sobriété inutilement complexe

 

L’économiste et sociologue Pierre Veltz estime, dans une tribune au « Monde », que le « déconfinement » de l’écologie passe par le développement d’une économie socialement juste, et créatrice de valeur et d’emplois de qualité.

 

Tribune. 
Les débats sur la loi « climat » illustrent parfaitement deux des grands obstacles auxquels se heurtent nos politiques écologiques : la difficulté à inclure des politiques sectorielles (habitat, transports, alimentation, etc.) dans une vision systémique ; mais surtout, plus profondément, l’incapacité à les replacer dans une perspective politique globale, dans un nouveau récit positif susceptible de mobiliser l’adhésion des citoyens – et même, plus simplement, leur compréhension. 

Dans le grand livre des politiques publiques, européennes, nationales et locales, l’écologie reste un chapitre à part. Sa place s’accroît, mais la synthèse nouvelle qui prendra le relais de la modernisation sociale-démocrate, dont le cycle s’achève sous nos yeux, reste à inventer.

L’envol des consommations

Atteindre la neutralité carbone en 2050 est un défi gigantesque. Le constat essentiel est que l’amplitude et l’urgence des mutations nécessaires ne pourront pas se contenter d’une augmentation, même forte, de l’efficacité de nos processus technico-économiques.

Les gains d’efficacité – en termes d’énergie consommée, de gaz à effet de serre (GES) émis, de matières utilisées, etc. – sont en effet systématiquement mangés par l’envol des consommations (l’effet « rebond »). Et ils sont largement absorbés par la « profondeur technologique » croissante, c’est-à-dire la course à la conception d’objets et de services de plus en plus (inutilement) sophistiqués. Il n’y a donc pas d’autre issue que de marier la recherche d’efficacité avec celle de la sobriété.

 

Mais toute la question est là : que faut-il mettre sous ce terme ? On pense en général à des comportements individuels, presque tous restrictifs. Ces comportements ont un impact réel mais limité. Mais le vrai défi est celui de l’invention d’une économie globalement et structurellement sobre, qui soit aussi socialement juste et créatrice de valeur et d’emplois de qualité, condition sine qua non de son acceptabilité.

Il est paradoxal que les résultats d’une convention citoyenne débouchent sur un catalogue de mesures sectorielles (proches de celles que les experts, eux aussi sectoriels préconisent depuis longtemps). On s’interroge, à juste titre, sur l’ampleur des mesures. On se chamaille autour d’une comptabilité boutiquière des mesures retenues ou rejetées. Mais, ce faisant, la question du « quoi produire » est totalement noyée sous les discussions techniques relatives au « comment produire ». Le problème de fond reste : la « décarbonation », surtout découpée en rondelles, ne fait pas un projet politique.

Loi « climat » : S’extraire des caricatures

Loi « climat » :  S’extraire des caricatures

 

Le combat écologique nécessite de « savoir avancer par étapes, en incluant toute la société », affirme Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, dans un texte cosigné par un collectif de ministres et de députés de la majorité.

Le seul problème c’est que Barbara Pompidou y a elle-même succombé au piège de l’approche caricaturale de l’environnement NDLR

 

Tribune.

 

 Faire avancer l’écologie, c’est toujours défricher un monde inconnu. C’est aussi prendre le risque de subir toutes sortes de caricatures, du procès en écologie punitive aux accusations de trahison permanente. Une polarisation stérile mais omniprésente dans les débats entourant le projet de loi « climat et résilience ». Ce carcan, il faut le refuser, il faut le dénoncer, il faut s’en libérer.

Il ne faut pas laisser croire que la transition écologique se fera forcément dans la brutalité ou ne se fera pas. Car la conséquence directe de ces postures des oppositions, c’est l’inaction. L’inaction des conservateurs qui crient au loup pour que rien ne change malgré la menace climatique. L’inaction des radicaux qui s’enferment dans une logique du « tout ou rien » pour refuser toute approche progressive.


Oui, il y a un chemin pour s’attaquer sérieusement à tout ce qui n’est plus soutenable dans notre modèle de développement, tout en améliorant la vie des Français. Oui, le combat écologique n’est jamais terminé, mais il faut savoir avancer par étapes, en incluant toute la société dans la transition. C’est précisément la route que veut tracer la loi « climat et résilience », celle qui produira des résultats, celle qui apportera des solutions concrètes à des problèmes complexes. Prenons trois exemples au sein d’un texte qui compte plus de 200 articles.

Mesure de bon sens

Demain, grâce à ce texte, nous respirerons un air plus pur. Chaque année, la pollution de l’air tue 40 000 personnes en France. La cause principale est connue : l’air de nos grandes villes est chargé de particules fines et d’oxydes d’azote, générés à 70 % par la circulation automobile. Alors oui, la loi « climat et résilience » s’attaque enfin sérieusement au problème en créant des zones à faibles émissions (ZFE) dans toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants pour y réduire la circulation des véhicules les plus polluants.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Loi Climat et résilience : « Si l’Etat n’organise pas activement la rénovation énergétique, elle ne se fera pas »

En 2025, les véhicules classés Crit’Air 3 et au-delà ne pourront plus rouler dans les centres-villes de Strasbourg, Lyon ou Paris. Dans le même temps la loi aura renforcé la mise en place de voies réservées au covoiturage, de parkings relais aux entrées de ces agglomérations, de bornes de recharge dans les copropriétés, sans oublier des aides pouvant aller jusqu’à 14 000 euros pour remplacer un vieux diesel par une voiture électrique. Le bénéfice attendu dans la métropole du Grand Paris est une baisse de 40 % des émissions d’oxyde d’azote d’ici à 2025. Cette mesure de bon sens, c’est moins de mortalité, moins d’asthme pour nos enfants. Où est la punition ? Où est le manque d’ambition ?

Sur le climat, Macron avoue des erreurs

Sur le climat, Macron avoue des erreurs

 

 

 

Mea culpa de Macron à propos de sa politique climatique trop brutale et qui faisait trop l’impasse sur la nécessité d’une transition intégrant la justice sociale. Un acte de contrition notamment destiné un peu tardivement aux gilets jaunes.

Cette confession intervient parce que le président se trouve un peu coincé en ce moment entre d’une part des exigences écologiques parfois radicales de la part de certains et une demande de prise en compte des réalités économiques et sociales. Il est clair que cette reconnaissance de culpabilité de Macron aurait été utile pour éclairer une loi climat dont le contenu est à la fois floue, ambiguë voire contradictoire.

« Si vous allez à la Maison Blanche ou au palais de l’Elysée pour dire : maintenant, il va falloir vous adapter et payer plus cher, je peux vous assurer que vous accroîtrez les inégalités sociales. J’ai moi-même fait une erreur de ce genre, en 2018, lorsque nous avons sous-estimé les effets de ce type de mesures sur la classe moyenne », a-t-il souligné.

 

« Il faut accepter d’investir de l’argent public dans ces transitions pendant plusieurs années » et « changer les modèles économiques et le comportement des investisseurs afin de financer les investissements verts et de pénaliser ceux qui ne suivent pas ce mouvement », a embrayé le chef de l’Etat. « Cependant, pour que cette révolution ait lieu, nous devons aider les classes moyennes et les foyers modestes à nous suivre. Je peux vous dire en toute humilité que j’en suis d’autant plus convaincu que j’ai moi-même fait des erreurs auparavant », a-t-il insisté.

 

Environnement– L’enjeu du prix de l’eau

Environnement– L’enjeu du prix de l’eau

 

Un article du Wall Street Journal met l’accent sur l’enjeu stratégique de l’eau et de son prix

 

Le trading de contrats qui parient sur le prix futur de l’eau en Californie a été lancé sur la Bourse de CME Group l’année dernière. Si, jusqu’à présent, les volumes d’échanges de contrats à terme ont été faibles, les investisseurs et les analystes spécialistes de l’or bleu estiment que ces actifs peuvent devenir un instrument précieux avec la raréfaction de cette ressource sur la planète.

Les contrats à terme sur l’eau peuvent aider les agriculteurs et les investisseurs à sécuriser des prix stables, même s’ils n’incluent pas de fourniture d’eau. Cela signifie qu’ils sont susceptibles de devenir un outil supplémentaire au sein d’un éventail toujours plus large de produits susceptibles d’être conclus par les consommateurs pour gérer les risques de pénurie.

Selon Cora Kammeyer, analyste senior au Pacific Institute, un think tank spécialisé dans cette ressource, la nécessité d’une répartition plus efficace de l’eau entraînera également le besoin de produits de trading sophistiqués à l’avenir, et notamment davantage de mécanismes pour négocier de l’eau bien réelle entre acteurs régionaux et locaux.

Les entreprises se fixent de plus en plus d’objectifs de durabilité pour compenser leur consommation de cette ressource, tout comme elles le font pour les émissions de gaz à effet de serre. Les investisseurs peuvent déjà négocier des contrats à terme sur les prix de la compensation carbone. Selon Mme Kammeyer, la nécessité de fixer des objectifs de durabilité similaires pour l’eau pourrait déboucher sur un marché de contrats de compensation similaires dans le cadre de projets destinés à reconstituer des ressources en eau.

« Si les consommateurs peuvent monétiser leurs économies [d’eau], cela peut les aider à en utiliser moins, dit-elle. Dans cinq à dix ans, nous pourrions voir émerger un marché plus important [pour ces compensations]. »

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Grégoire Arnould)

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