Archive pour la Catégorie 'environnement'

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Climat : Une politique pas la hauteur

 Climat : Une politique pas la hauteur

 

 

La Confédération paysanne et quatre associations écologistes déplorent, dans une tribune au « Monde », que la loi « Climat » ne soit pas à la hauteur des enjeux mis en évidence par la convention citoyenne pour le climat, afin de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité.

 

Tribune

 

. Cinq semaines de débats à l’Assemblée nationale et plusieurs milliers d’amendements déposés auront seulement permis le maintien d’une multitude de dérogations et de systèmes de compensation qui vont permettre de continuer légalement à détruire notre « écosystème Terre ». Les intentions de la convention citoyenne pour le climat de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre (GES) et de stopper l’extension urbaine ont été largement détournées.

Nous vivons au-dessus de nos moyens écologiques. Pour lutter contre le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité, préserver un potentiel de production de biomasse mis à mal par le dérèglement climatique, il nous faudrait plus d’espaces naturels, agricoles et forestiers ; nous n’en disposons pas. Au regard du déséquilibre global, le code de l’urbanisme ne doit plus faire référence à la notion d’équilibre entre les espaces urbanisés et les autres espaces naturels, agricoles et forestiers.

L’objectif de « zéro artificialisation nette » était déjà critiquable quand France Stratégie [organisme d’évaluation et de prospective rattaché à Matignon] le proposait à l’horizon 2030, mais « l’ambitieux gouvernement » vise 2050 ! De plus, ce dernier demande aux législateurs de lui donner carte blanche pour définir et mesurer l’artificialisation quand les gouvernements successifs n’ont pas été capables de le faire depuis plus de dix ans.

 

La réduction de l’artificialisation des sols par les collectivités ne deviendra une obligation qu’en 2027 au sein des plans locaux d’urbanisme, laissant ainsi jusqu’à 2037 pour une simple réduction de 50 % du rythme d’artificialisation. De plus cette division par deux en dix ans de l’artificialisation restera un vœu pieux, faute d’instruments fiables et non contestables et de compétences de l’État en matière d’extension urbaine.

Imposture

Autre trouvaille, la désartificialisation ou la « désimperméabilisation » des sols ! Oter le béton ou le bitume permettrait de compenser la destruction des surfaces « artificialisées ». Une fois le béton et le bitume supprimés apparaissent des terres compactées ; l’eau et l’air ne peuvent y circuler, la réserve hydrique y est faible, comme le stock de carbone ; ces terres ne pourront retrouver leur niveau antérieur fonctionnel qu’après plusieurs dizaines d’années au mieux. Si la désimperméabilisation présente un réel intérêt, elle ne peut constituer une contrepartie à l’artificialisation. C’est une imposture !

Pour une gouvernance mondiale de la justice fiscale

Pour une gouvernance mondiale de la justice fiscale

 

Patrick d’Humières, Enseignant à Sciences-Po, expert en développement durableconsidère, dans une tribune au « Monde » que les entreprises doivent désormais faire leur le principe d’équité fiscale.

 

Tribune.

 

Il aura fallu une conjonction de circonstances exceptionnelles pour pouvoir imposer le respect d’une fiscalité générale aux entreprises internationales ; premières gagnantes de la mondialisation, les grandes firmes se sont efforcées pour beaucoup de tirer vers le bas leur contribution aux Etats et n’ont cessé d’aménager des mécanismes échappatoires depuis des décennies, sur lesquelles tout est connu, documenté et dénoncé, sans toutefois que la communauté économique bouge et réponde d’elle-même aux demandes de la société d’en finir avec cette injustice inacceptable au regard de nos valeurs démocratiques.

Le premier effet de ce basculement historique est de rendre désormais irrecevable l’affirmation d’engagements sociétaux des entreprises au travers d’une Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) affichée si elle n’anticipe pas l’accord et ne met pas clairement en tête des pré-requis légaux cette redevabilité fiscale.

 

Le temps est fini où on s’accommodait de la légalité des mécanismes d’optimisation en renvoyant à l’impuissance d’acteurs publics incapables de réguler les échanges, ou alors il faut acter qu’une entreprise est une aventure sans foi ni loi, si ce n’est celle du « pas vu pas pris » et que le cheminement vers la responsabilité reste pour de bon l’installation de contraintes obligatoires.

L’économie du bien commun

Le mouvement en faveur d’une « économie du bien commun », soutenu par quelques entreprises pionnières qui se donnent une mission de durabilité, c’est-à-dire de compatibilité, positive entre leur modèle et la durabilité sociale, environnementale et de bonne gouvernance (ESG) de la planète, appelle trois accélérations dans la suite de l’accord de Londres et dans l’attente d’une adhésion du G20 à cette étape majeure de rupture avec le dumping érigé en système.

En premier, les entreprises qui se sont donné une raison d’être, mission, stratégie RSE et autres engagements sociétaux doivent appliquer l’accord sans attendre, le porter collectivement et se mobiliser pour mettre enfin l’équité fiscale au premier niveau de leur gouvernance durable, en encourageant la régulation collective, partout où elles exercent leur activité. Il faut mettre le principe d’équité fiscale en tête des principes du pacte mondial auquel adhèrent près de 10 000 entreprises qui défendent une solidarité mondiale. Nous en appelons à une coalition d’acteurs qui vont soutenir la dynamique, en mettant ce critère dans le reporting des investisseurs et des régulateurs.

Gel et vignoble français: le réchauffement évidemment

Gel et vignoble français: le réchauffement évidemment

 

Des chercheurs constatent ce que les agriculteurs ont observé depuis des années à savoir que le réchauffement climatique favorise l’émergence de la végétation beaucoup trop tôt au printemps et que des périodes de froid qui suivent  provoquent des gelées d’une végétation trop avancée.

Cela concerne beaucoup de production notamment les fruits et la vigne.

 Ces gelées ont causé une perte estimée à un tiers de la production viticole française. Soit environ deux milliards d’euros de chiffre d’affaires pour la filière, selon le syndicat agricole FNSEA. Arboriculteurs et betteraviers avaient également été affectés et le gouvernement a débloqué un «fonds de solidarité exceptionnel» d’un milliard d’euros pour l’ensemble des agriculteurs touchés.

Des scientifiques du réseau international World Weather Attribution, qui s’est fait une spécialité d’analyser le lien possible entre un événement météo extrême précis et le réchauffement, ont planché sur cet épisode, qui avait suivi une période de grande douceur ayant favorisé le bourgeonnement des cultures. Ils ont analysé les données d’une zone couvrant notamment les vignobles de Bourgogne, Champagne et de la vallée de la Loire, passé également au crible plus d’une centaine de modélisations climatiques.

Résultat: le changement climatique a «augmenté d’environ 60%» la probabilité qu’un tel événement survienne en période de bourgeonnement, explique Robert Vautard, directeur de l’Institut Pierre et Simon Laplace de recherche en sciences de l’environnement, un des auteurs de l’étude. Et le phénomène risque de «s’amplifier dans le futur», puisqu’un réchauffement de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, soit l’objectif de réchauffement maximal de l’accord de Paris qui semble pour l’instant hors de portée, verrait «encore 40% d’augmentation de la probabilité de ce type d’événement», souligne le scientifique. Par rapport à il y a une cinquantaine d’années la température a modifiéle calendrier d’environ 15 jours. Conclusion la nature trop en avance est plus sensible au gel tardif.

 

Projet de loi Climat : En décalage avec les urgences

Projet de loi Climat : En décalage avec les urgences

En France, à rebours des engagements pris, le projet de loi qui est en cours de discussion au Sénat s’avère en complet décalage avec l’urgence, expliquent Hugues de Saint-Pierre et Lou Welgryn, diplômés de l’Essec, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

La France s’est fixé un objectif de diminution de 40 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, qu’elle va devoir relever puisque l’Union européenne (UE) s’est récemment engagée à les diminuer de 55 % à cet horizon afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

Au regard de l’importance de l’enjeu, la Cour constitutionnelle allemande a jugé, dans une décision du 29 avril 2021, que l’objectif allemand pour 2030, pourtant fixé à 55 %, était « insuffisant » et menaçait « pratiquement toute liberté garantie par la loi fondamentale », y compris le droit de propriété des générations futures – forçant le gouvernement à relever son objectif pour 2030 à 65 %.

Formation des élites

Pourtant, en France, à rebours des engagements pris, le projet de loi Climat et résilience, qui est en cours de discussion au Sénat en juin, s’avère en complet décalage avec l’urgence, comme l’ont dénoncé 115 000 manifestants le 9 mai. De l’aveu du Haut Conseil pour le climat, le projet de loi n’engage pas les changements structurels nécessaires, et une proportion élevée de ses dispositions voit sa portée réduite par un périmètre d’application limité. Le constat est sans appel : en l’état des mesures prises, la France n’atteindra pas ses objectifs, déjà insuffisants.

Le projet de loi Climat constitue ainsi une double occasion manquée : respecter l’accord de Paris et faire confiance à la science. Dans ce contexte, toutes les compétences doivent être mises au service d’une société en cohérence avec les limites physiques de notre planète. Nous avons été préparés, au sein d’une grande école, à faire partie des leaders économiques et politiques de demain. Nous y avons appris à analyser les décisions stratégiques des entreprises et les politiques publiques.

 

Sur la base de cette formation, trois réformes nous apparaissent particulièrement nécessaires et urgentes pour mener à bien les « transformations sans précédent » auxquelles nous exhorte le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), rapport après rapport.

Tout d’abord, la formation des élites. Seule une profonde ignorance de la réalité physique de l’urgence climatique de la part du gouvernement et de l’Assemblée nationale peut expliquer la pauvreté des débats et la faiblesse générale du texte.

Il est donc urgent que les dirigeants politiques se forment aux enjeux climatiques, comme l’ont fait les 150 membres de la convention citoyenne pour le climat, sur la base des meilleurs travaux scientifiques disponibles, notamment ceux du GIEC et du Haut Conseil pour le climat. Ce dernier peut être sollicité pour organiser une session de formation des députés et des sénateurs, obligatoire, de sept jours minimum, dès le début de la prochaine législature. Cette formation doit être renouvelée après chaque élection, pour assurer la compétence des nouveaux élus.

Environnement–La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

Environnement–La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

 

Alain Savary , directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole Estime que la transition agro-écologique se fera via les machines agricoles. Un point de vue intéressant y compris écologiquement mais un peu trop réducteur et pour tout dire un peu trop lobbyiste. Car ce qui est en cause ce n’est pas seulement la manière de cultiver mais aussi le contenu.

 

 

Alain Savary est le directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole. Ce secteur, très large, est méconnu du grand public : il inclut ceux qui fabriquent, conçoivent, importent et vendent des équipements pour le secteur agricole. Tracteurs, machines à vendanger, semoirs, pulvérisateurs, moissonneuses, robots, systèmes d’alimentation animale, stabulations, serres, irrigation, mais aussi les tondeuses et les tronçonneuses des professionnels des espaces verts ! Un secteur crucial car c’est aussi sur des équipements de bon niveau que repose la transition agro-écologique. Il recouvre une grande diversité d’entreprises, des grands groupes mondiaux très connus comme John Deere aux ETI et PME françaises, mais aussi des TPE et des start-up, qui emploient 26 000 salariés. Cela reflète la grande évolution en cours dans l’agriculture mondiale. Axema regroupe 203 de ces entreprises qui servent 90 % du marché français.

A la différence des autres secteurs, l’agriculture ne s’est pas vraiment arrêtée pendant la crise. Comment se portent les fournisseurs d’agro-équipements après la crise sanitaire ?

Le secteur a terminé 2020 au même niveau que 2019 – c’est-à-dire environ 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ce qui est le niveau depuis trois ans. Il anticipe une petite croissance en 2021. La France est le premier ou le second marché européen du secteur, selon les années, cette place se jouant souvent avec l’Allemagne. Notre problème n’est pas la demande ! Elle reste soutenue, autant pour l’agriculture des plantes que pour celle de l’élevage, car la transition agro-écologique nécessite des équipements adaptés, nouveaux. Notre problème, c’est la capacité à produire ! Nous nous heurtons à de très importantes difficultés d’accès aux matériaux de base, aux composants électriques et électroniques, à l’acier. En 2018, un dispositif européen de quotas par produits, dans le cadre de tensions commerciales avec les Etats-Unis, s’est traduit par une majoration des frais de douane de 25 %. Or, les industries mécaniques ont besoin de ces importations, car l’acier européen est insuffisant ! Nous notons une multiplication par deux ou trois des prix depuis fin 2020. Et au cours du dernier mois et demi, ils ont pris 20 %. Dans un cadre de demande forte au niveau mondial, la réglementation européenne est une aberration. Elle nous conduit à ralentir les productions et à en doubler le coût de revient. Plus grave, nous anticipons des manques de fournitures pour le second semestre 2021. Il y aura des arrêts de production…

Le secteur fait souvent état d’une pénurie de main-d’œuvre. Cela s’arrange-t-il ?

Non, la pénurie d’employés formés demeure. Jusqu’à ce nouveau problème de pénurie de matières première industrielles, c’était notre premier facteur limitant. On ne manque pas de bras seulement chez les fabricants que nous sommes, mais à tous les étages de la filière, qui concentre en tout 150 000 emplois ! Cela vaut pour les industriels, mais aussi chez les concessionnaires, dans les coopératives de matériel (cuma), pour la réparation, chez les artisans ruraux… Il y a des dizaines de milliers d’emplois de bon niveau à pourvoir.

«Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper»

Ces goulets d’étranglement ne risquent-ils pas de handicaper les mises en application des décisions politiques ?

Si. C’est vrai pour ce qui concerne la sortie du glyphosate, notamment en viticulture et en arboriculture, par exemple. Nous allons avoir du mal à fournir les équipements mécaniques qui seront nécessaires pour désherber avec précision entre les rangs de vigne ou au pied des arbres. C’est fait, jusqu’ici, à 90 % avec du glyphosate, il faut bien une alternative ! Nous avons identifié 60 entreprises européennes capables de fournir des solutions adaptées. Nous les avons sondées. Elles nous ont dit qu’il leur faudrait au moins trois ans après l’entrée en vigueur de l’interdiction du produit, qui était prévue début 2021, pour que le maillon industriel soit capable de fournir suffisamment de machines… Et encore. Quand on passe du glyphosate une fois, il faut passer trois fois avec les machines. La France n’a pas les conducteurs pour le faire.

Quelles leçons en tirer pour la suite ?

Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper. Deux exemples : dans les itinéraires culturaux de demain, on sera sans doute amené à cultiver simultanément des protéagineux et du blé, pour ramener de l’azote dans le sol avec moins d’engrais. Mais il faut réfléchir dès maintenant et de façon concertée aux équipements nécessaires… Sinon, on ne pourra pas récolter et moissonner correctement des plantes aussi différentes sans les mélanger. Même chose pour le développement du bio-contrôle. Il y a une limite à son développement faute de technologies adaptées aux applications. Une solution de chimie, ça marche, on sait faire, et avec précision… Mais des larves, des spores de champignons pour lutter contre des maladies, on ne sait pas forcément comment s’y prendre. Il y a beaucoup à imaginer en fonction des exigences de demain, des solutions complètes plus que les équipements, mais nous avons besoin de réfléchir de façon transversale, avec les développeurs de ces solutions, les instituts techniques, les organismes de recherche, les utilisateurs… Il faut aussi bien prendre en compte le fait que toutes les nouvelles technologies, si elles sont prometteuses, doublent le prix des équipements ! Bien sûr, le coût va diminuer avec les amortissements des investissements industriels et de la R & D… Mais le moment que nous vivons est crucial. A ce jour, ces technologies représentent un surcoût que les agriculteurs ne peuvent payer.

«La totalité du plan de relance a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements»

Le plan de relance prévoit des soutiens à l’achat d’agro-équipements. Une bonne nouvelle ?

C’était une bonne idée… Mais la mise en œuvre est difficile ! En fait, la totalité du budget a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements. Les demandes ont atteint 60 millions en quelques jours alors que le plan devait durer deux ans. Il enveloppe de 10 millions a été ajoutée, elle a duré deux jours. Ces politiques d’incitations spot désorganisent la filière… Nous ne pouvons pas produire autant en si peu de temps. Des politiques de long terme seraient peut-être plus efficaces pour accompagner les agriculteurs. Des crédits d’impôts permettant le suramortissement non de la totalité de l’équipement, mais des options technologiques, numériques permettant une montée en gamme, plus de précision pour réduire les intrants, cela aurait vraiment du sens. Un pulvérisateur, c’est un pulvérisateur. Si on lui ajoute un guidage GPS ou des technologies de détection qui permettent de n’appliquer un produit que là où c’est précisément nécessaire, de voir précocement les maladies, de cibler les zones qui manquent d’eau… C’est déjà tout autre chose.

Vous vous réjouissez de la spécificité de cet écosystème français de l’agroéquipement. Qu’a-t-il de si particulier ?

Il est intéressant de le comparer avec l’écosystème allemand, qui repose sur des ETI industrielles, sur une puissance mécanique. La France incarne la créativité et l’inventivité. En témoigne, par exemple, l’existence de Robagri, une association qui compte 60 membres engagés pour la robotique agricole. La France est aux avant-postes de l’agriculture de précision, de la numérisation et de l’automatisation du secteur. Elle compte des entreprises prometteuses comme NaioVitibotVitirover, qui développement par exemple des robots désherbeurs… Des start-up d’imagerie, comme Bilbery, qui a inventé une technologie qui, grâce à des capteurs et algorithmes de reconnaissance des végétaux, permet des usages très variés allant du tri des pommes de terre ou des grains de raisin à la reconnaissance optique des bonnes et des mauvaises plantes, des carences des cultures, de la détection précoce des maladies par analyse multispectrale. Ce ne sont que quelques exemples de technologies qui concourent à la réduction des intrants agricoles. Depuis cinq ans, il y a une accélération ahurissante de ces progrès et c’est en France que cela se passe ! Cela intéresse le monde entier.

Carbone : pour une taxation aux frontières européennes et américaines

Carbone : pour une taxation aux frontières européennes et américaines

 

Les économistes Simone Tagliapietra et Guntram Wolff proposent, dans une tribune au « Monde », que Bruxelles et Washington taxent conjointement le carbone aux frontières.

 

Tribune.

Le changement climatique figurera en tête de l’ordre du jour du sommet Etats-Unis-Union européenne du 15 juin, suscitant des espoirs quant au rôle potentiel des partenaires transatlantiques dans la promotion de la décarbonation mondiale.

Il y a des raisons d’être optimiste. Les deux blocs partagent aujourd’hui une ambition climatique commune et, comme ils représentent 40 % du produit intérieur brut mondial et 30 % des importations de marchandises, les autres pays ne peuvent pas se permettre d’ignorer ce qui s’y passe. La question-clé est la suivante : comment l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis peuvent-ils renforcer leurs efforts nationaux de décarbonation, tout en incitant, ensemble, les autres pays à aller dans la même direction ?

 

Selon nous, la réponse se trouve dans l’introduction conjointe de mesures d’ajustement carbone aux frontières. Les mesures d’ajustement carbone à la frontière consistent à taxer les marchandises importées en fonction de leur empreinte carbone. Faire payer cette taxe, dont le montant serait équivalent au prix du carbone sur le marché intérieur, est indispensable à tout pays qui entend intensifier sérieusement ses actions de décarbonation.

Des conditions de concurrence équitables

En effet, mettre en place une tarification du carbone ou des réglementations environnementales strictes pour réduire les émissions fait courir le risque de « fuites de carbone », c’est-à-dire un déplacement de la production de biens à forte intensité carbone vers des pays où les mesures de politique climatique sont plus faibles, avant de réimporter ces mêmes produits depuis ces pays.

En d’autres termes, l’ajustement carbone aux frontières ne relève pas du protectionnisme, mais vise à garantir des conditions de concurrence équitables, puisque certains pays sont plus sérieux que d’autres dans la mise en œuvre de leurs engagements en matière de réduction des émissions.

 

Dans le cadre du Green Deal européen, l’UE prévoit déjà l’introduction de mesures d’ajustement carbone aux frontières couvrant le secteur de l’électricité et les secteurs industriels à forte intensité énergétique d’ici à 2023. Cela pourrait être un bon moyen de mettre en place le système, qui devra ensuite être étendu à tous les biens importés afin d’être efficace.

Jusqu’en 2020, les responsables politiques européens craignaient que les Etats-Unis considèrent une telle démarche comme le début d’une guerre commerciale. Mais pendant la campagne présidentielle, Joe Biden s’est engagé à introduire des taxes sur les biens à forte intensité de carbone importés de pays qui ne respectent pas leurs obligations en matière de climat et d’environnement.

Plaidoyer maladroit pour les éoliennes

Plaidoyer maladroit pour les éoliennes 

 

Un collectif sans doute inspiré défend bien maladroitement les  éoliennes.

 

Un collectif de 115 élus locaux, parmi lesquels Xavier Desmots, adjoint au maire de Rennes ( Génération S de Hamon), , Yves Nicolin, maire de Roanne, ou Jacques Pallas, maire de Saint-Georges-sur-Arnon, qui disposent d’un parc éolien ou sont impliqués dans un projet éolien sur leur territoire, défendent, dans une tribune au « Monde », l’usage de cette énergie renouvelable.Pourtant dans cette tribune on ne voit pas l’ombre d’un argumentaire économique ou énergétique. Seulement des constats qui n’ont rien à voir avec les éoliennes ou pas grand-chose. Ou quand la politique tutoie la nullité. Un papier de propagande vraisemblablement très soutenue par les lobbys éoliens qui contrairement à ce qui est affirmé est le plus souvent étranger .Signataire on peut sans doute donner un peu de contenu à cette prise de position bâclée

 

Tribune.

 

Depuis plusieurs semaines, nous assistons à une campagne de dénigrement du développement des énergies renouvelables, et en particulier de l’énergie éolienne, qui choque de nombreux Français et les élus locaux de la République que nous sommes par sa violence, son obscurantisme et son populisme.

Pourtant, la facture énergétique des ménages dépasse les 3 000 euros par an, un foyer sur dix est en situation de précarité énergétique, et la facture énergétique de la France à l’international approche les 45 milliards d’euros, soit près de 2 % du produit intérieur brut (PIB). Sans évolution massive de nos modes de consommation énergétique pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, certains territoires français dépasseront à certaines périodes les 50 °C d’ici à 2050 avec des conséquences désastreuses sur le quotidien des Français, sur leur santé, leur environnement et leur activité professionnelle.

Contribuer à la transition énergétique de la France est un devoir, une fierté et même une chance pour nos territoires et pour notre pays !

Partout, nous, élus locaux, avec les citoyennes et citoyens, avec les acteurs économiques et associatifs locaux, faisons le choix d’inscrire le pays dans un autre avenir énergétique. Un avenir plus responsable, plus local et moins mondialisé, plus autonome, solidaire et participatif, plus moderne et dynamique en valorisant les richesses énergétiques renouvelables de notre pays plutôt que les énergies du passé, plus respectueux de la planète et donc de nos générations futures.

Il serait temps que les « anti » disent aux Français quelles solutions énergétiques crédibles ils proposent pour permettre à 67 millions de Français de se chauffer ou de se déplacer

Car faire le choix de l’énergie renouvelable, et singulièrement celui de l’éolien, c’est d’abord faire le choix d’une ressource énergétique française et non plus importée massivement des quatre coins du globe. C’est faire le choix de l’autonomie énergétique, garante d’une stabilité des prix pour le consommateur, plutôt que de dépendre des marchés mondialisés de l’énergie : du gaz russe, de l’uranium du Niger ou du pétrole de la péninsule Arabique, pays souvent instables dont nous dépendons massivement et donc dangereusement aujourd’hui.

La publicité promet de respecter la transition écologique !

  • La publicité promet de respecter la transition écologique !
  • Les responsables économiques de la publicité affirment vouloir s’engager dans une voie qui respecte beaucoup mieux la transition écologique. Il serait temps de mettre un peu d’éthique et de cohérence en effet bien par exemple quand on ne cesse d’affirmer que telle ou telle production est verte alors qu’elle est souvent grise voire noire.
  • Exemple , ces producteurs d’électricité notamment comme Engie  qui ne cesse de promettre une électricité 100 % verte y comprise aux particuliers alors qu’il n’existe qu’un réseau de distribution dont 98 % est constitué d’une électricité d’origine nucléaire pour les distributeurs dépendants d’EDF, d’Engie  ou d’autres.
  • Par contre, une électricité à 98 % aussi sans carbone. Et c’est cet absence de carbone qui peut la rendre verte. Mais aucun distributeur n’a le droit d’affirmer que son électricité 100 % verteet en plus renouvelable. Il s’agit d’une escroquerie pure et simple. Ces derniers mois, les ministères de l’Économie, de la Transition écologique et de la Culture ont confié à Agathe Bousquet et à Arnaud Leroy, président de l’Agence de l’environnement (Ademe), la mission de réfléchir au cadre collectif qui permettra à la filière de basculer vers une publicité plus engagée sur le plan sociétal et plus vertueuse pour contribuer à la transition écologique.

Le maïs biocarburant …. aux États-Unis

Le  maïs biocarburant …. aux États-Unis

 

 

L’incompétence et l’irresponsabilité des écolos bobos qui repeignent tout en vert même les solutions les plus discutables et les plus noirs a conduit les États-Unis à une réglementation qui impose d’introduire du  carburant issu du maïs dans le pétrole et l’essence. Un contresens écologique et économique évidemment qui pourrait être remis en cause aux États-Unis. Du coup, les cours du maïs mais aussi du soja sont nettement orientés à la baisse.

Le maïs, dont une part importante de la production aux Etats-Unis est utilisée pour produire du bioéthanol, a donc accusé des pertes importantes. Le soja a lui été affecté, par ricochet, par la dégringolade des prix de l’huile de soja, dont se servent aussi les raffineurs pour produire du biocarburant.

Climat dans la Constitution: la « république en marche » se ridiculise

 

 

Les députés de la république en marche qui ne servent  pas à grand-chose persistent  et signent pour trouver un accord avec le Sénat une rédaction commune Sénat-assemblée concernant l’inscription des climats dans la constitution avec l’organisation d’un référendum.

 

Une opération purement symbolique et politique car les préoccupations climatiques figurent déjà dans la constitution. En outre un référendum constituerait une opération purement politique car évidemment très peu de gens en théorie répondraient non à une consultation de ce type.

Le problème est que la manipulation apparaît tellement grosse que précisément l’opinion pourrait se retourner et transformer ce référendum en consultation anti Macron. Les députés LREM ont cependant déposé vendredi 11 juin un amendement au projet de loi visant à inscrire le climat dans la Constitution, dans le but de trouver un terrain d’entente avec le Sénat à majorité de droite et permettre le référendum voulu par Emmanuel Macron.

«nous prenons acte du refus du Sénat de proposer aux Français la formulation de la Convention citoyenne mais nous continuons l’échange» a déclaré le jeune rapporteur. Et la nouvelle formulation «doit nous permettre de trouver la voix d’un accord avec le Sénat» lequel ne veut pas entendre parler du terme garantir qui en faites juridiquement d’ailleurs ne signifie pas grand-chose.

 

Une proposition un peu surréaliste du député sorti de nulle part sinon d’un inutile institut d’études politiques et militants politiques depuis seulement 2016! Bref la maladie chronique des députés en marche immature et irresponsable.

 

Un A320 avec du carburant 100 % verts : une escroquerie

Un A320 avec du carburant 100 % verts : une escroquerie

Le carburant 100 % vert pour l’aérien constituent la même escroquerie que l’électricité 100 % verte d’Engie. Énergie verte, électricité verte est maintenant carburant aérien vert. Une véritable escroquerie évidemment car il ne s’agit nullement de réduire la totalité des émissions de CO2. On va tout simplement Substituerau kérosène un autre carburant avec soi-disant 100 % de carburant alternatif mais dont beaucoup auront besoin du pétrole notamment pour être produit (déchets industriels et agricoles par exemple) .

Désigné sous le nom de code de VOLCAN (Vol avec Carburants Alternatifs Nouveaux), ce projet franco-français sera non seulement une première pour un appareil de cette taille, mais il permettrait  également de mesurer pour la première fois, en conditions réelles, les émissions polluantes d’un vol au carburant dit « vert ». Sur le papier, ces nouveaux carburants issus de la biomasse, des déchets de l’industrie alimentaire ou forestière ou bien synthétisés à base d’hydrogène, sont susceptibles de réduire de 80 % les émissions de CO2 d’un avion, comparé au kérosène à base de pétrole. Mais jusqu’à présent, leur utilisation s’est toujours faite en complément de jet fuel classique.

 

« Nos moteurs actuels sont déjà certifiés pour fonctionner avec jusqu’à 50 % de carburants alternatifs, explique Stéphane Cueille, le directeur de l’innovation chez Safran, qui produit la majorité des moteurs d’Airbus A320 et de Boeing 737. Passer de 50 % à 100 % ne présente pas de difficulté technique majeure. Mais nous devons vérifier la compatibilité des joints, des pompes et des différents composants du système de propulsion, avant de pouvoir certifier des vols à 100 % ».

Selon le directeur de Safran, cet objectif d’une certification des vols avec 100 % de carburants alternatifs, devrait être atteint « vers la fin de la décennie » au plus tard. « Mais si nous pouvons aller plus vite, nous le ferons », précise-t-il. Car l’enjeu est considérable. Les carburants alternatifs sont non seulement le meilleur outil actuel pour réduire de 50 % les émissions de CO2 des vols courts et moyen-courriers, en attendant un éventuel nouveau modèle d’Airbus à hydrogène vers 2035, mais ils sont aussi la seule solution de long terme pour les long-courriers.

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La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

 

Alain Savary , directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole Estime que la transition agro-écologique se fera via les machines agricoles. Un point de vue intéressant y compris écologiquement mais un peu trop réducteur et pour tout dire un peu trop lobbyiste. Car ce qui est en cause ce n’est pas seulement la manière de cultiver mais aussi le contenu.

 

 

Alain Savary est le directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole. Ce secteur, très large, est méconnu du grand public : il inclut ceux qui fabriquent, conçoivent, importent et vendent des équipements pour le secteur agricole. Tracteurs, machines à vendanger, semoirs, pulvérisateurs, moissonneuses, robots, systèmes d’alimentation animale, stabulations, serres, irrigation, mais aussi les tondeuses et les tronçonneuses des professionnels des espaces verts ! Un secteur crucial car c’est aussi sur des équipements de bon niveau que repose la transition agro-écologique. Il recouvre une grande diversité d’entreprises, des grands groupes mondiaux très connus comme John Deere aux ETI et PME françaises, mais aussi des TPE et des start-up, qui emploient 26 000 salariés. Cela reflète la grande évolution en cours dans l’agriculture mondiale. Axema regroupe 203 de ces entreprises qui servent 90 % du marché français.

A la différence des autres secteurs, l’agriculture ne s’est pas vraiment arrêtée pendant la crise. Comment se portent les fournisseurs d’agro-équipements après la crise sanitaire ?

Le secteur a terminé 2020 au même niveau que 2019 – c’est-à-dire environ 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ce qui est le niveau depuis trois ans. Il anticipe une petite croissance en 2021. La France est le premier ou le second marché européen du secteur, selon les années, cette place se jouant souvent avec l’Allemagne. Notre problème n’est pas la demande ! Elle reste soutenue, autant pour l’agriculture des plantes que pour celle de l’élevage, car la transition agro-écologique nécessite des équipements adaptés, nouveaux. Notre problème, c’est la capacité à produire ! Nous nous heurtons à de très importantes difficultés d’accès aux matériaux de base, aux composants électriques et électroniques, à l’acier. En 2018, un dispositif européen de quotas par produits, dans le cadre de tensions commerciales avec les Etats-Unis, s’est traduit par une majoration des frais de douane de 25 %. Or, les industries mécaniques ont besoin de ces importations, car l’acier européen est insuffisant ! Nous notons une multiplication par deux ou trois des prix depuis fin 2020. Et au cours du dernier mois et demi, ils ont pris 20 %. Dans un cadre de demande forte au niveau mondial, la réglementation européenne est une aberration. Elle nous conduit à ralentir les productions et à en doubler le coût de revient. Plus grave, nous anticipons des manques de fournitures pour le second semestre 2021. Il y aura des arrêts de production…

Le secteur fait souvent état d’une pénurie de main-d’œuvre. Cela s’arrange-t-il ?

Non, la pénurie d’employés formés demeure. Jusqu’à ce nouveau problème de pénurie de matières première industrielles, c’était notre premier facteur limitant. On ne manque pas de bras seulement chez les fabricants que nous sommes, mais à tous les étages de la filière, qui concentre en tout 150 000 emplois ! Cela vaut pour les industriels, mais aussi chez les concessionnaires, dans les coopératives de matériel (cuma), pour la réparation, chez les artisans ruraux… Il y a des dizaines de milliers d’emplois de bon niveau à pourvoir.

«Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper»

Ces goulets d’étranglement ne risquent-ils pas de handicaper les mises en application des décisions politiques ?

Si. C’est vrai pour ce qui concerne la sortie du glyphosate, notamment en viticulture et en arboriculture, par exemple. Nous allons avoir du mal à fournir les équipements mécaniques qui seront nécessaires pour désherber avec précision entre les rangs de vigne ou au pied des arbres. C’est fait, jusqu’ici, à 90 % avec du glyphosate, il faut bien une alternative ! Nous avons identifié 60 entreprises européennes capables de fournir des solutions adaptées. Nous les avons sondées. Elles nous ont dit qu’il leur faudrait au moins trois ans après l’entrée en vigueur de l’interdiction du produit, qui était prévue début 2021, pour que le maillon industriel soit capable de fournir suffisamment de machines… Et encore. Quand on passe du glyphosate une fois, il faut passer trois fois avec les machines. La France n’a pas les conducteurs pour le faire.

Quelles leçons en tirer pour la suite ?

Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper. Deux exemples : dans les itinéraires culturaux de demain, on sera sans doute amené à cultiver simultanément des protéagineux et du blé, pour ramener de l’azote dans le sol avec moins d’engrais. Mais il faut réfléchir dès maintenant et de façon concertée aux équipements nécessaires… Sinon, on ne pourra pas récolter et moissonner correctement des plantes aussi différentes sans les mélanger. Même chose pour le développement du bio-contrôle. Il y a une limite à son développement faute de technologies adaptées aux applications. Une solution de chimie, ça marche, on sait faire, et avec précision… Mais des larves, des spores de champignons pour lutter contre des maladies, on ne sait pas forcément comment s’y prendre. Il y a beaucoup à imaginer en fonction des exigences de demain, des solutions complètes plus que les équipements, mais nous avons besoin de réfléchir de façon transversale, avec les développeurs de ces solutions, les instituts techniques, les organismes de recherche, les utilisateurs… Il faut aussi bien prendre en compte le fait que toutes les nouvelles technologies, si elles sont prometteuses, doublent le prix des équipements ! Bien sûr, le coût va diminuer avec les amortissements des investissements industriels et de la R & D… Mais le moment que nous vivons est crucial. A ce jour, ces technologies représentent un surcoût que les agriculteurs ne peuvent payer.

«La totalité du plan de relance a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements»

Le plan de relance prévoit des soutiens à l’achat d’agro-équipements. Une bonne nouvelle ?

C’était une bonne idée… Mais la mise en œuvre est difficile ! En fait, la totalité du budget a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements. Les demandes ont atteint 60 millions en quelques jours alors que le plan devait durer deux ans. Il enveloppe de 10 millions a été ajoutée, elle a duré deux jours. Ces politiques d’incitations spot désorganisent la filière… Nous ne pouvons pas produire autant en si peu de temps. Des politiques de long terme seraient peut-être plus efficaces pour accompagner les agriculteurs. Des crédits d’impôts permettant le suramortissement non de la totalité de l’équipement, mais des options technologiques, numériques permettant une montée en gamme, plus de précision pour réduire les intrants, cela aurait vraiment du sens. Un pulvérisateur, c’est un pulvérisateur. Si on lui ajoute un guidage GPS ou des technologies de détection qui permettent de n’appliquer un produit que là où c’est précisément nécessaire, de voir précocement les maladies, de cibler les zones qui manquent d’eau… C’est déjà tout autre chose.

Vous vous réjouissez de la spécificité de cet écosystème français de l’agroéquipement. Qu’a-t-il de si particulier ?

Il est intéressant de le comparer avec l’écosystème allemand, qui repose sur des ETI industrielles, sur une puissance mécanique. La France incarne la créativité et l’inventivité. En témoigne, par exemple, l’existence de Robagri, une association qui compte 60 membres engagés pour la robotique agricole. La France est aux avant-postes de l’agriculture de précision, de la numérisation et de l’automatisation du secteur. Elle compte des entreprises prometteuses comme NaioVitibotVitirover, qui développement par exemple des robots désherbeurs… Des start-up d’imagerie, comme Bilbery, qui a inventé une technologie qui, grâce à des capteurs et algorithmes de reconnaissance des végétaux, permet des usages très variés allant du tri des pommes de terre ou des grains de raisin à la reconnaissance optique des bonnes et des mauvaises plantes, des carences des cultures, de la détection précoce des maladies par analyse multispectrale. Ce ne sont que quelques exemples de technologies qui concourent à la réduction des intrants agricoles. Depuis cinq ans, il y a une accélération ahurissante de ces progrès et c’est en France que cela se passe ! Cela intéresse le monde entier.

Transformer les villes …Mais pas les mettre à la campagne !

Transformer les villes …Mais pas les mettre à la campagne !

 

Un plaidoyer sur la ville durable qui dégage quand même un certain parfums de lobby qui ne conçoit l’aménagement qu’autour de l’urbanisation notamment via les métropoles. Bref, la défense du concept de croissance endogène .

Pierre-André de Chalendar est PDG du groupe Saint-Gobain, leader mondial des matériaux de construction. Il passera la main à son successeur, Benoit Bazin, le 1er juillet.

 

Engagé depuis longtemps dans la lutte contre le réchauffement climatique, il vient de publier Le défi urbain, retrouver le désir de vivre en ville (Odile Jacob), un plaidoyer pour une ville durable, que les acteurs du bâtiment doivent contribuer à construire.

Les villes ont été rattrapées par leurs défauts avec la pandémie, et leurs habitants les ont quittées. Vous continuez pourtant de croire en leur avenir. Pourquoi ?

Il n’y a pas eu d’exode urbain en tant que tel. Les gens se sont plutôt questionnés sur leur départ. La crise, agissant comme un révélateur et un accélérateur, a interrogé la densité urbaine, la suroccupation des logements, le partage de l’espace… L’inégalité face au logement n’a jamais été aussi criante. La Covid a aussi renforcé ce sentiment commun à toutes les époques : les pandémies se répandent plus vite dans les villes. Tout cela a créé un sentiment d’anxiété. Des gens sont allés se confiner hors des villes, mais ce sont plutôt les heureux du système. La ville a toujours été un lieu de désir. C’est la fête, les relations, le commerce, la richesse, la culture, la vie. Ce n’est qu’à partir du XIXe siècle et de la révolution industrielle qu’elle a été associée à la pollution. Les villes ne représentent aujourd’hui que 2 % de la surface de la planète, mais près de 70 % des émissions de gaz à effet de serre. Alors que le processus d’urbanisation ne va faire que progresser, elles vont avoir un rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique. Et si on veut qu’elles redeviennent un lieu de désir, il faut les transformer.

Le modèle des villes de demain est-il celui de ces villes nouvelles, connectées, mieux organisées et économes en ressources qui poussent en Corée ou en Chine ?

Je ne crois pas. On ne peut pas créer à partir de rien. Dans les villes nouvelles construites à travers le monde, seul l’exemple de Saint-Pétersbourg peut s’apparenter à une réussite. Brasilia, la capitale du Brésil, n’a pas très bien vieilli. Le pire, ce sont les villes nouvelles du général de Gaulle, construites le long des lignes de RER : Marne-la-Vallée, Evry, Cergy-Pontoise, Corbeil-Essonnes… Pourquoi ? Parce qu’elles ont été conçues comme des satellites de Paris. Il leur manquait des attributs. Ce modèle ne fonctionne pas. Il faut au contraire imaginer des villes où toutes les fonctions essentielles sont accessibles rapidement, dans l’esprit de la « ville du quart d’heure » de l’urbaniste Carlos Moreno. Le concept de métropoles ne va pas disparaître, mais elles doivent contenir plusieurs centres pour éviter ce phénomène de ghettoïsation qu’on a provoqué depuis 40 ans dans les grandes villes françaises. La ville doit retrouver une certaine mixité, renouer avec le végétal… Le bâtiment a un grand rôle à jouer dans ce nouveau paradigme, et on l’a constaté avec la croissance de nos activités de rénovation dès la fin du premier confinement.

« Il s’agira de penser à la déconstruction des bâtiments dès leur construction. En d’autres termes, les bâtiments deviendront des banques de matériaux »

Comment l’expliquez-vous ?

Le confinement a contraint les gens à passer beaucoup plus de temps dans leur logement. Leur rapport à l’habitat a radicalement changé. Maisons et appartements ne sont plus seulement des espaces de vie, mais de travail. Ce qui demande une nouvelle organisation de l’espace et fait naître un besoin de modularité… La période s’est aussi révélée propice à l’épargne. Résultat, c’est le plein boom pour Saint-Gobain, alimenté par un mouvement de fond. Dans beaucoup de pays, les gouvernements ont fait de la rénovation énergétique une part importante des plans de relance. Les moyens que chacun va consacrer à son logement vont aller croissant avec la généralisation du télétravail.

Le concept d’économie circulaire est au cœur de votre conception de la ville durable. Dans le bâtiment, il reste de gros progrès à faire : seuls 30 % des déchets du secteur sont recyclés…

Le secteur de la construction représente 40 % des déchets en volume dans le monde. C’est considérable. Utiliser des matériaux recyclés permet de pallier le problème car ils réduisent beaucoup les émissions de gaz à effet de serre. Chez Saint-Gobain, le verre ou le gypse de la plaque de plâtre, sont par exemple recyclables à l’infini. On aimerait avoir plus de ces matériaux, mais le problème réside dans leur collecte. Des progrès sont à faire, ils prendront beaucoup de temps : il s’agira de penser à la déconstruction des bâtiments dès leur construction. En d’autres termes, les bâtiments deviendront des banques de matériaux. Il faut donc organiser des écosystèmes et une filière pour récupérer et recycler ces matériaux. La tour Saint-Gobain, à la Défense, a par exemple été construite sur un ancien bâtiment qu’on a démantelé en récupérant le plus de pièces possible. Ça coûte plus cher, mais cela va dans le sens de l’histoire.

Vous avez publié, en novembre 2020 une feuille de route visant la neutralité carbone en 2050. N’est ce pas utopique pour une industrie qui consomme beaucoup d’énergie ?

L’industrie est régulièrement pointée du doigt pour son empreinte carbone et le rôle qu’elle joue dans le réchauffement climatique. Elle est peut-être le problème, mais elle est surtout la solution. 2050, ça peut paraître loin, mais dans l’industrie, c’est quasiment demain. Il faut qu’on soit capable dès 2030 d’éco-produire nos solutions dans les usines appropriées. On va dépenser environ 100 millions d’euros par an d’ici à 2030 pour parvenir à nos objectifs et trouver comment on va faire. Car tout dépendra du mix énergétique des années à venir, la part qu’y prendront l’hydrogène vert, la biomasse… Ce « zéro carbone net », c’est beaucoup plus qu’un idéal. En 2019, c’était une « aspiration », comme disent les Américains, mais aujourd’hui c’est un objectif réaliste. On a récemment lancé notre première usine de plaque de plâtre zéro carbone en Norvège. Le pays possède de nombreux barrages hydroélectriques qui produisent de l’électricité verte pas chère. Si ces objectifs ne sont pas contraignants comme peut l’être le statut d’entreprise à mission, les rémunérations variables de 2 500 cadres pourront être touchées si ceux à court terme ne sont pas atteints. Je suis assez confiant dans notre capacité à concrétiser nos ambitions. En revanche, on ne pourra pas tout faire tout seul. Les Etats doivent mettre la main à pâte.

« Un certain nombre de nos propositions ont été retenues dans le projet de loi Climat, qui reste bien fait et réalisable. Les sujets majeurs restent ceux de la lisibilité des aides, et de la dédramatisation de la rénovation énergétique » 

Depuis une dizaine d’années, les gouvernements français ont échoué à atteindre leurs objectifs en matière de rénovation énergétique. Comment passer à la vitesse supérieure ?

Les précédents objectifs étaient trop ambitieux. J’ai eu la chance de participer à une task force consacrée à la rénovation énergétique des bâtiments en juin et juillet 2020, à la demande de la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon. Un certain nombre de nos propositions ont été retenues dans le projet de loi Climat, qui reste bien fait et réalisable. Les sujets majeurs restent ceux de la lisibilité des aides, et de la dédramatisation de la rénovation énergétique. Le gouvernement a franchi une grande étape en acceptant de rénover ses bâtiments publics. En plus de donner l’exemple, il va faire des économies sur le long terme.

Quel bilan tirez-vous de vos dix années à la tête de Saint-Gobain ?

J’ai eu deux fils conducteurs : devenir la référence de l’habitat, et d’un habitat durable. Historiquement, Saint-Gobain est une entreprise de matériaux et de produits. Tout mon travail a été de passer d’une culture produit à une culture client. La dernière étape a été de changer l’organisation du groupe dans le cadre de notre plan de transformation Transform & Growpour fonctionner par pays, pour les métiers locaux de la construction. Il y a encore du travail. Le deuxième point, celui de la durabilité, ne coulait pas de source en 2007. Quand j’ai commencé à travailler sur ces questions, j’étais tout seul avec mon directeur du développement durable. Aujourd’hui, tout le monde est impliqué. Grâce à la nouvelle génération, et aux investisseurs. Depuis deux ans, l’intérêt pour le sujet est exponentiel. Lors de la présentation de nos résultats en mars, 40 % des questions des actionnaires portaient sur des sujets ESG. Tout cela me rend plus optimiste. Il est en train de se passer des choses et le groupe doit rester en avance sur ces sujets.

Environnement : une crise d’abondance

Environnement : une crise d’abondance Économique

 

L’investisseur François-Xavier Oliveau rejette dans une tribune au « Monde » l’idée que la crise environnementale naisse de la raréfaction des ressources naturelles ; elle provient plutôt de leur abondance mal maîtrisée

 

Tribune. 

 

A tort ou à raison, la peur de la rareté marque notre vision du monde. Nos ressources, nous semble-t-il, s’épuisent à brève échéance ; nos sociétés et nos économies risqueraient de s’effondrer du fait de cette rareté. L’idée a encore été récemment reprise par l’économiste Jean Latreille (« Le revenu universel ne nous fera pas moins travailler, au contraire »Le Monde, 29 avril). Elle s’inscrit dans la tradition de brillants théoriciens : Thomas Malthus bien sûr, Paul Ehrlich qui annonçait en 1970 d’imminentes famines aux Etats-Unis et bien d’autres aujourd’hui.

Le fameux rapport sur les limites de la croissance, le « rapport Meadows » publié en 1973, expose ainsi dans son scénario principal un effondrement lié à l’épuisement des ressources de matières premières. Mais cet ouvrage remarquable, qui mériterait d’être lu autant qu’il est cité, propose également des scénarios alternatifs. L’un d’entre eux fait l’hypothèse de ressources illimitées. Il aboutit aussi à un effondrement, non pas sous l’effet de la rareté mais au contraire d’une pollution hors de contrôle permise par l’abondance des ressources.

 

Cinquante ans après, c’est ce second scenario qui se réalise. Loin d’avoir décrû, les réserves identifiées sont aujourd’hui bien supérieures à celles citées par le rapport. Nous consommons beaucoup plus de ressources, aidés par la baisse structurelle de leur prix. Même le pétrole est plus accessible : en France, une dizaine de minutes rémunérées au smic permettent de se procurer un litre d’essence ; c’était le double en 1970, lorsque le litre d’essence coûtait 1,10 franc pour un salaire minimum à 3,50 francs de l’heure.

Notre invraisemblable capacité d’innovation nous a permis d’inventer de nouveaux procédés de prospection, d’extraction et de raffinage qui ont rendu abondante une ressource finie, reportant sa disparition aux calendes grecques. C’est précisément cette abondance qui menace nos écosystèmes.


Le réchauffement climatique ? Excès d’utilisation d’hydrocarbures, de viande, d’engrais azotés.

La pollution de l’air ? Excès de particules fines et d’oxydes d’azote produits par des véhicules omniprésents.

Les pluies acides ? Excès de dioxyde de soufre. Le trou de la couche d’ozone ? Excès de CFC lié aux équipements de réfrigération et aux aérosols.

Excès de consommation de biens devenus, par le génie humain, abondants et bon marché. Nos crises environnementales sont des crises de l’excès et non du manque.

Chaudière 100% hydrogène

 

Mise en place par le fabricant BDR Thermea (marques De Dietrich, Remeha, Baxi et Chappée), après des expérimentations aux Pays-Bas, cette chaudière doit permettre de chauffer le château de Mollard, un bâtiment communal datant des années 50 et hébergeant des associations, des entreprises, le centre technique municipal, un centre équestre, un restaurant et plusieurs installations sportives.

Cette chaudière, de 24 kW, constitue le dernier maillon en date d’une initiative menée depuis plusieurs années par Bernard Laget, le maire de la commune depuis 2001.

D’un point de vue pratique, l’hydrogène est le composant principal de l’univers. Dans sa forme gazeuse, qui est celle qui intéresse les fournisseurs d’énergie, il se présente sous la forme d’une molécule constituée de deux atomes d’hydrogène. La particularité de ces atomes réside dans leur taille. Ils sont tellement petits qu’ils sont sujets à la fuite. Toute installation demande donc une parfaite étanchéité entre la machine et les réseaux d’alimentation. L’avantage, c’est que l’hydrogène peut être stocké sur le long-terme, s’adaptant ainsi aux variations des besoins énergétiques. Par ailleurs, il peut être produit en utilisant le surplus d’électricité généré par des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques, quand les besoins diminuent. Sans oublier son pouvoir calorifique important.

Le premier exemple de chaudière à hydrogène date de l’Été 2019. À Rozenburg, aux Pays-Bas, la société BDR Thermea installe un modèle mural, destiné à une exploitation domestique. Elle fait d’ailleurs ses classes en situation réelle. La machine, une chaudière à condensation étanche à ventouse, est alimentée en hydrogène par une station d’électrolyse à proximité où la matière est également stockée, afin de garantir une alimentation la plus stable possible. Les électrolyseurs installés fonctionnent même sur de l’énergie verte. BDR Thermea réalise l’opération avec Stedin, fournisseur d’énergie hollandais. L’industriel sera par ailleurs le premier des Pays-Bas à recevoir une certification qui lui permet de faire tourner à Appeldoorm ses chaudières domestiques avec un mélange d’hydrogène.  Dans le cas de Châteauneuf, BDR Thermea a fourni des chaudières fonctionnant avec de l’hydrogène pur ou mélangé. C’est un premier test pour la France, qui est réalisé dans le cadre du projet ilot@ge (initiative locale pour la transition @nergétique), lancé en 2014. Derrière ce nom se cache une plateforme de production d’électricité par hydrogène vert et de stockage d’énergie. L’hydrogène est produit à partir d’énergies renouvelables en zone rurale et le projet vise des applications domestiques.

L’hydrogène pourra y être consommé de trois manières. Soit en guise d’alimentation des piles à combustible, qui produiront de l’électricité, soit en étant stocké dans une borne de charge pressurisée ou encore dans un réseau de gaz afin de servir de chauffage. Les chaudières, une fois installées, devraient couvrir les besoins en énergie du site.   Mais pour garantir la dimension verte de cette énergie, il faut être vigilant quant à sa production. Actuellement, le reformage et la gazéification sont toutes deux émettrices de CO2. Passer par des biogaz ou des biomasses peut permettre d’alléger l’addition. L’électrolyse, si les sources produisant l’électricité sont propres, ne produira pas de dioxyde de carbone. L’électrolyse de la vapeur d’eau, à température élevée, représente également une piste peu émettrice de CO2 lorsqu’elle est associée à des miroirs solaires. La recherche se penche également sur une méthode dite des cycles thermochimiques.

Arctique : la disparition de la banquise ?

 

 

Une ‘étude, menée par l’University College London (UCL), conclut que la glace dans les principales régions côtières arctiques s’amincit à un rythme de 70 à 100 % plus rapide que le consensus établi.

. L’étude, parue dans la revue The Cryosphere, conclut que la glace dans les principales régions côtières arctiques s’amincit à un rythme de 70 à 100 % plus rapide que le consensus établi. Cause de cette réévaluation spectaculaire : l’utilisation par les chercheurs de cartes plus récentes concernant l’épaisseur de la neige au-dessus de la glace, qui prennent cette fois-ci en compte l’impact de plusieurs décennies de changement climatique.

L’épaisseur de la banquise est en effet estimée en mesurant la hauteur de la glace au-dessus de l’eau, une mesure faussée par la quantité de neige qui pèse sur la banquise. « Les calculs précédents sur l’épaisseur de la banquise étaient basés sur une carte de la neige mise à jour pour la dernière fois il y a 20 ans », a expliqué le doctorant Robbie Mallett, qui a dirigé l’étude. « Comme la banquise commence à se former de plus en plus tard dans l’année, la neige qui la recouvre a moins de temps pour s’accumuler », poursuit-il. « Nos calculs tiennent pour la première fois compte de cette diminution et suggèrent que la banquise fond plus rapidement que nous le pensions. »

 L’épaisseur de la banquise constitue par ailleurs un « indicateur sensible de la santé de l’Arctique », a ajouté Robbie Mallett. « Elle est importante car une glace plus épaisse agit comme une couverture isolante, empêchant l’océan de réchauffer l’atmosphère en hiver, et protégeant l’océan du soleil en été », a-t-il expliqué, ajoutant qu’une « glace plus mince avait également moins de chances de survivre pendant la fonte estivale »

 

Chaudières au fioul: Bientôt interdites pour les pauvres

 

Chaudières au fioul: Bientôt interdites pour les pauvres

Généreusement, l’exécutif a décidé de reculer pour donner plus de temps aux trois millions de particuliers qui se chauffent au fioul en France. Le plus souvent des pauvres et qui résident dans des zones économiquement et socialement sous-développées. Un peu la même logique que celle qui consiste à interdire les voitures les plus anciennes à Paris. On vise surtout les pauvres pour permettre aux riches d’utiliser l’espace disponible avec des voitures électriques de 40 à 100 000 €. Même chose pour le chauffage. La fin des chaudières au fioul a été reportée à la mi-2022 pour l’ensemble des constructions, a indiqué Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique. Initialement, la sortie était prévue pour le 1er juillet 2021 pour les logements neufs et le 1er janvier 2022 pour les logements anciens. Un décret sera transmis en ce sens au Conseil d’État, indique Le Figaro.

 

« [Le texte] prévoit des possibilités de dérogations pour certains cas puisqu’il peut arriver qu’il y ait des difficultés, des impossibilités techniques ou des coûts excessifs », a précisé Barbara Pompili, auditionnée jeudi 3 juin à l’Assemblée nationale. De plus, le décret « n’interdira pas les réparations des installations existantes ».

Le gouvernement souhaite que les particuliers utilisant encore le chauffage au fioul l’abandonnent peu à peu, une fois qu’ils souhaiteront changer leurs installations. En guise d’incitation, l’exécutif table sur le prix important d’une chaudière à fioul comparé à celui d’une pompe à chaleur, d’un chauffage au gaz ou d’une chaudière à granulés.

Une situation qui pourrait bien inquiéter les utilisateurs situés en milieu rural, lorsque le chauffage au gaz de ville n’est pas possible et où le débit électrique peut être faible, excluant l’utilisation de pompes à chaleur. Il sera alors possible de se rabattre sur les pompes à chaleur hybrides ou les chaudières à bûches ou granulés. En cas d’impossibilité, l’interdiction ne sera « pas applicable », a précisé, Emmanuelle Wargon, ministre chargée du Logement.

Sauver le corail

 

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Les coraux, dont la moitié a déjà disparu, sont menacés d’une extinction totale à l’échelle d’un siècle. Pour sauver ce patrimoine vivant, Fabrice Amedeo, skippeur du Vendée Globe, appelle dans une tribune au « Monde » chaque Français à faire un geste et les vacanciers à observer un comportement responsable.

 

Tribune. La reprise tant espérée du tourisme est une bonne nouvelle pour la France et ses territoires et départements d’outre-mer. Elle pourrait en être une mauvaise pour le corail, relativement épargné depuis un an, du fait du ralentissement des activités économiques et de loisirs. Pour que le monde d’après ne soit plus le monde d’avant, Il existe un geste simple, et hautement emblématique : agir pour le corail.

Cet animal des mers tellement méconnu, pris souvent à tort pour une plante, a fait rêver depuis des millénaires tous les voyageurs du monde. Symbole de protection, assimilé dans la mythologie au sang figé de la Gorgone, il paraît immortel alors qu’il est en danger. Les confinements ont été comme une accalmie dans une extinction hélas quasi inéluctable à l’horizon d’à peine un siècle si nous ne faisons rien.

 

La moitié de la population de coraux a déjà disparu depuis 1870. Sous les effets conjugués du réchauffement climatique, de la pollution, de l’urbanisation et du tourisme de masse, le corail commence par se dévitaliser, blanchir, comme un dernier chant du cygne avant de s’éteindre. Les coraux rapportés en souvenir par des voyageurs peu scrupuleux pourraient devenir tout ce qu’il reste d’un trésor fabuleux, non seulement par sa beauté fascinante mais surtout parce qu’il joue un rôle primordial dans les équilibres naturels.

Un quart de la vie marine dépend des récifs coralliens, plus de 100 000 espèces de poissons, mollusques et autres tortues ont besoin du corail pour vivre. Selon un état des lieux réalisé par le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) , l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), de nombreuses espèces de corail sont menacées (notamment à La Réunion, à Mayotte, dans les îles Eparses…), fragilisant tout un écosystème.

Le corail est aussi, on le sait moins, un agent protecteur de la vie humaine. Par son action mécanique d’abord, en formant un obstacle naturel aux tempêtes. Chimique ensuite, puisque les herbiers et mangroves associés aux écosystèmes coralliens stockent de grandes quantités de CO2, aidant ainsi à contrer les effets du réchauffement. Plus surprenant encore, les espèces coralliennes alimentent la recherche médicale en nouvelles pistes de traitements ou matériaux pour la reconstruction osseuse. Il y a tant à découvrir sur le corail !

 

Comme le montre une étude de l’Initiative française pour les récifs coralliens (Ifrecor), environ 12 000 entreprises, 50 000 emplois et 175 000 familles d’outre-mer vivent des services rendus par ces écosystèmes. Il est temps de rendre au corail ce que nous lui devons. Quatrième pays au monde en surface de récifs coralliens, la France a un poste d’observation unique mais aussi une responsabilité exemplaire. Notre destin est lié à celui des mers, abritant 80 % de la biodiversité planétaire. Les barrières de corail sont les portes sacrées de cet immense patrimoine. Nous devons les défendre sur tous les océans !

Les verts français comparés aux verts allemands

Les verts  français comparés aux verts  allemands

Un papier des journalistes Luc André et  Raphaël Proust dans l’opinion tente un essai de comparaison entre les bobos français et les gestionnaires allemands.(Extrait).Notons qu’il s’agit cependant d’un essai de comparaison concernant la pollution, l’international, l’économie, Le social, l’ immigration ett qui fait l’impasse sur de nombreux aspects sociétaux où les verts français se signalent par leur position gauchiste.

Pollution

Pour limiter les gaz à effet de serre, les deux formations tablent sur une sortie plus précoce du charbon en 2030, une hausse du prix du CO2 (qui serait en Allemagne compensée par une allocation climat par tête), un développement des énergies renouvelables et de l’hydrogène mais aussi du rail au détriment de la route et un grand plan de rénovation thermique des bâtiments. Die Grünen proposent également l’arrêt des ventes de voitures thermiques neuves Vers 2030 comme Europe écologie les Verts. « pour respecter une trajectoire conforme aux accords de Paris ». Cette transition doit être financée en partie avec la fin des subventions aux énergies fossiles.

Enfin, la compatibilité de tous les textes de loi avec les objectifs climatiques devra être examinée

Europe et international

Les écologistes allemands veulent renforcer les prérogatives du Parlement européen. Strasbourg doit nommer les membres de la Commission et être mis sur un pied d’égalité avec le Conseil, représentant les Etats, en matière d’initiative législative. Dans cette enceinte, ils veulent mettre un terme aux décisions à l’unanimité. Sur les sujets financiers, il est question de réformer le pacte de stabilité, pérenniser le fonds de relance et lancer une garantie européenne des dépôts bancaires. Un changement évident de doctrine outre-Rhin.

Sur l’international et la défense européenne, les Verts sont prêts à prendre plus de responsabilités. Les critiques internes autour de la livraison d’armes défensives à l’Ukraine, proposée par le co-chef du parti, soulignent la fragilité de ce nouveau positionnement pour une formation à l’ADN pacifiste.

EELV partage d’ailleurs avec ses cousins allemands un penchant proeuropéen résolument hostile à la Russie de Vladimir Poutine, malgré le tropisme diplomatique et pacifiste traditionnel chez les écologistes. Outre la création d’un corps d’armée européen de prévention des conflits, le parti propose une refondation de l’Europe mais « dans le cadre des traités actuels », contrairement à la gauche radicaleFrançaise. Il propose surtout la fin de tous les traités de libre-échange et la « sortie de l’austérité » en dotant l’Union européenne d’un budget propre conséquent.

Immigration

Les Verts allemands plaident pour une politique d’immigration calibrée sur les besoins de l’économie, avec une porte ouverte à tous les profils de qualification. L

De son côté, EELV est favorable à une « politique de régularisation » inspirée d’exemples étrangers récents comme le Portugal. Le parti réclame ainsi « la régularisation inconditionnelle des personnes sans-papiers sur l’ensemble du territoire français ».

Emploi et fiscalité

Les Verts allemands Veulent passer le salaire minimum immédiatement à 12 euros brut de l’heure. Les intérimaires, désavantagés outre-Rhin, doivent toucher plus que les permanents à travail égal. Pour financer la transition sociale écologique, Die Grünen veulent alourdir l’impôt sur le revenu pour les plus aisés (deux nouvelles tranches) et introduire une contribution de 1 % sur le patrimoine.

En matière de relance économique, EELV propose pour sa part un retour des emplois aidés, en particulier dans le secteur marchand. Le parti promet également 145 000 postes à pourvoir dans la filière rénovation thermique en 2025, 36 000 autres liés au vélo, 160 000 dans les transports en commun, 55 000 dans le ferroviaire et 84 000 dans les énergies renouvelables. Côté fiscalité, du classique à gauche : fin de la flat tax sur les revenus du capital, rétablissement de l’ISF, élargissement de la taxe sur les transactions financières et « mise à contribution des secteurs qui ont profité de la crise » comme l’assurance ou les Gafam.

Entreprises et numérique

Interlocuteurs désormais reconnus par les entreprises, les Verts allemands proposent une pluie de milliards pour accompagner la transition verte de l’industrie et sauvegarder des centaines de milliers d’emplois bien payés : 500 milliards d’investissements publics sur dix ans sont annoncés pour soutenir l’innovation. Les Verts allemands promettent encore des facilités aux PME pour rebondir après la crise sanitaire : extension du report des pertes sur des bénéfices antérieurs, amortissements exceptionnels et restructurations simplifiées. La carte de l’innovation est brandie aussi pour numériser économie et services publics. Une aide de 25 000 euros est prévue pour aider les fondateurs à démarrer leurs projets.

EELV compte pour sa part procéder à une « réforme de l’entreprise », et notamment du droit des sociétés, en créant une « véritable démocratie d’entreprise » renforçant la présence des salariés au sein des conseils d’administration, ainsi que les rachats d’entreprise par ces derniers.

Social

Par souci de simplification et d’économie, Die Grünen tendent vers une allocation sociale unique, dépourvue des mécanismes de sanction en vigueur actuellement. Son montant doit être rehaussé progressivement. Les familles se voient proposer un congé parental rémunéré allongé (vingt-quatre mois à répartir dans le couple) et pouvant être pris jusqu’aux 14 ans de l’enfant. Autre aspect : offrir plus de logements abordables, le boom de l’immobilier pénalisant les classes moyennes. La source d’inspiration de cette politique du logement est la capitale autrichienne, Vienne.

Les Verts français plaident, eux, pour un « nouveau contrat social » axé sur la lutte contre les discriminations et notamment le rattrapage des écarts de rémunérations entre les hommes et les femmes. Le parti propose également de porter le smic à 1 800 euros bruts au cours d’une législature( Au lieu de 1554 actuellement, avec « augmentation immédiate de 10 % », soit 150 euros bruts et une revalorisation des minima sociaux de 50 % durant la mandature.

Agriculture

Lees Verts allemands défendent une vision paysanne. En s’appuyant sur les fonds de la politique agricole commune, ils visent 30 % d’exploitations bio en 2030, une réduction de moitié des pesticides et des antibiotiques à la même échéance. Un soutien à la réduction des troupeaux, aux circuits courts et à l’attribution de terres à de petits exploitants est également prévu dans le programme.

Les Verts français campent sur les mêmes positions et réclament une refonte totale de la PAC et notamment une redirection des plus de 10 milliards d’aides européennes distribués chaque année en France, essentiellement en faveur de l’agriculture biologique et paysanne. Un redéploiement « nécessaire pour sécuriser les systèmes en agroécologie » et « conforter les aides au maintien en agriculture biologique », assurait EELV dans son dernier programme présidentiel.

Sécurité

Die Grünen sont favorables à un renforcement des moyens matériels et humains de la police fédérale. Pour cimenter la confiance avec la population, le parti prévoit de faciliter les plaintes contre les agents et réclame une étude scientifique sur le racisme au sein des services de sécurité.

En France, la doctrine d’ensemble reste toutefois celle de la gauche : accent mis sur la prévention et la formation des agents, sortie de la « politique de chiffre » et introduction de dispositifs de lutte contre les contrôles aux faciès. Les réactions négatives à la venue de Yannick Jadot à la manifestation des syndicats de police devant l’Assemblée prouvent toutefois l’existence de vifs débats sur le rapport à entretenir avec l’institution policière.

Les éoliennes politiquement neutres ?

Les éoliennes politiquement neutres ?

 

On peut être en désaccord avec l’implantation d’un parc éolien pour des raisons tout à fait respectables et sans se rallier aux « racoleurs populistes », témoigne, dans une tribune au « Monde », Jean-Clément Martin, historien « rattrapé par l’histoire contemporaine » dans sa commune du Poitou.

 

Tribune.

 

Après Armagnacs contre Bourguignons, protestants contre catholiques, révolutionnaires contre royalistes, aurons-nous membres du « Rassemblement nucléaire » contre adeptes de « l’Ecologie Est Le Vent » ? A moins que, comme pour moi dans une commune du Poitou, ce soit « en même temps » le nucléaire à 35 km et les éoliennes à 3 ?

Je suis, avec d’autres, engagé dans une démarche pour obtenir un moratoire pour l’implantation d’un nouveau parc éolien. Notre commune de 3 000 habitants est déjà « dotée » de trois « petites » éoliennes, mais dix autres, hautes d’au moins 180 mètres, s’ajouteront si les recours sont rejetés, et deux autres projets en prévoient trois sur place et deux sur la bordure immédiate de la commune voisine. Total prévisible : 19 éoliennes ! Dans un rayon d’une quinzaine de kilomètres autour de Sanxay (Vienne), 88 éoliennes sont projetées.


Non seulement les dernières marques d’un bocage, déjà bien lâche, ne vont pas résister à cet assaut, mais les Soirées lyriques de Sanxay – une des principales manifestations d’art lyrique en France – risquent bien d’être perturbées par tous ces mâts qui vont lancer des éclairs rouges ou blancs la nuit tombée.

Je n’entrerai pas dans des débats techniques, économiques, écologiques… Je suis d’abord historien – en l’occurrence rattrapé par l’histoire contemporaine – et comme tel, je suis en revanche sensible aux dérives politiques et aux manipulations politiciennes. Je déplore, pour l’avoir vue, la médiocre information distribuée par les municipalités précédentes, je crains le lobbying remarquablement mené par les promoteurs et encore plus le faible débat dans les instances collectives locales.


Mais surtout je m’élève farouchement contre la présentation qui ferait du Rassemblement national (RN) le défenseur du petit peuple soumis aux pales destructrices contre les écolos-bobos urbanisés imposant leurs joujoux. Dans la petite association qui existe dans la commune, nous rappelons la nécessité de trouver des solutions à la consommation d’électricité et nous ne lançons pas une croisade contre les éoliennes.

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