Archive pour la Catégorie 'énergie'

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Fermeture de Fessenheim : l’arlésienne

Fermeture de Fessenheim : l’arlésienne

La perspective de fermer la centrale de Fessenheim est évidemment une fumisterie. Cette question revient à chaque élection présidentielle. Hollande l’avait promis pour satisfaire les écolos et récupérer leurs voix en 2012. . Pendant tout le mandat il a oublié sa promesse. Promesse qu’il réitère pourtant dans le cadre de la campagne de 2017 ;  pourtant pour des raisons techniques la centrale de Fessenheim ne pourra pas être fermée avant 2019 ou 2020. D’ici là la droite sera revenue au pouvoir et annulera l’éventuelle suppression de Fessenheim. L’annonce de François alors constitue donc une imposture. C’était une promesse du candidat Hollande : le sort de la centrale nucléaire de Fessenheim devrait être fixé d’ici la fin de l’année. Sa fermeture ne fait pas l’unanimité dans la classe politique ceci étend si cette promesse de François Hollande devait ce réaliser, les Français n’auront pas besoin de sortir les bougies. « Il n’y a pas de coupures d’électricité en raison de la fermeture d’une centrale », insiste RTE. Comme tout site nucléaire, Fessenheim n’a pas vocation à fonctionner éternellement, leur durée de vie étant comprise entre 40 ans et 60 ans. Le scénario a déjà été anticipé par RTE qui assure qu’un « dispositif est déjà en place en prévision de la fermeture de la centrale ». Bien que la France soit en retard sur les énergies renouvelables, son mix énergétique reste varié. Alors que le parc nucléaire stagne, les éoliennes et autres productions d’énergie verte ne cessent de croître. Depuis 2015, l’Aquitaine détient d’ailleurs la plus grande centrale solaire d’Europe. Toutes ces installations permettent de produire plus d’électricité, alors que la consommation a baissé de 8% entre 2002 et 2012 en France, selon le Commissariat général au développement durable. Enfin, les fournisseurs d’électricité n’utilisent pas nécessairement les sites de production français. Ils se servent sur le marché européen pour proposer aux consommateurs une énergie au meilleur prix. Résultat, 20% de l’électricité consommée en France provient de ses plus proches voisins.

OPEP : à la recherche d’une régulation du pétrole

OPEP : à la recherche d’une régulation du pétrole

 

Cette fois c’est  l’Arabie Saoudite qui a déséquilibré le marché en augmentant sa production depuis 2014 qui  va tenter de convaincre les membres de l’OPEP de mieux réguler l’offre par rapport à la demande. Pas sûr cependant qu’elle soit entendue et comprise après ce changement de stratégie. En outre tout dépendra en cas d’accord du point de référence qui sera retenue pour figer le volume de la production ; en effet avec le tassement économique de la croissance mondiale les besoins en pétrole ont aussi tendance à stagner voire à régresser. L’OPEP relancera cependant le mois prochain les discussions sur un gel de sa production, l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial, semblant chercher à faire remonter les cours, a-t-on appris de plusieurs sources au sein de l’organisation, mais l’Iran, l’Irak et la Russie sont autant d’obstacles importants à un compromis. Ryad a relancé les spéculations sur la possibilité d’un accord d’encadrement de la production jeudi dernier, le ministre saoudien de l’Energie, Khalid al Falih, déclarant que son pays souhaitait travailler avec des pays membres ou non de l’OPEP à une stabilisation du marché. « Les propos du ministre saoudien de l’Energie constituent un signe positif de sa volonté d’aller vers un accord de gel de la production ; reste à savoir à quel niveau », a dit une source d’un pays du Moyen-Orient membre de l’OPEP. « Le gel se fera-t-il aux niveaux de janvier ? Qu’adviendra-t-il de l’Iran ? Et puis il y a le Nigeria, dont la production a beaucoup diminué depuis janvier », a ajouté cette source. Côté russe, le ministre de l’Energie, Alexander Novak, a déclaré à un journal saoudien que son pays menait des consultations avec l’Arabie saoudite et d’autres producteurs, ajoutant que de nouvelles discussions sur un éventuel gel des niveaux de production restaient possibles en cas de besoin. L’Arabie saoudite a augmenté sa production en juillet, à 10,67 millions de barils par jour (bpj) contre 10,2 millions en janvier. Depuis 2014, le royaume, chef de file de fait de l’OPEP en raison de son poids sur le marché mondial, a augmenté ses pompages dans le but d’exclure du marché des producteurs dont les coûts sont plus élevés, afin de regagner des parts de marché au détriment de pays comme les Etats-Unis, qui lui avaient taillé des croupières au cours des années précédentes. Cette stratégie a fortement contribué à la chute du cours du baril de Brent, tombé à 27 dollars en janvier contre 115 dollars mi-2014. Ce mouvement a certes pénalisé les producteurs nord-américains, mais il a aussi plombé le budget saoudien.

(Reuters)

Pétrole : prix toujours bas en 2017

 Pétrole : prix toujours bas en 2017

 

 

Les prix du pétrole risquent de demeurer bas encore en 2017 en raison d’une part du tassement de l’économie mondiale et de l’incapacité de l’OPEP à réduire la production.  Les cours du pétrole sont  au plus bas depuis trois mois.  De façon presque mécanique, le tassement des prix du pétrole suit l’atonie de l’activité économique mondiale. Après un premier trimestre relativement dynamique, les prix du pétrole ont suivi la croissance pour atteindre au printemps le niveau de 50 $ le baril. Depuis comme la croissance s’affaiblit nettement et le pétrole repasse nettement sous les 50 dollars. Une baisse qui devrait être durable si l’on se fie aux  perspectives relativement pessimistes des  instituts économiques notamment du FMI. Alors que son déclin persistant soutenait le marché depuis le printemps, la production américaine montre des signes de rebond. Résultat, cette offre excédentaire de produits pétroliers pèse de plus en plus sur les prix. Le département américain a montré une hausse des réserves pétrolières américaines à un plus haut historique pour cette période de l’année, déprimant les cours.  «On dirait que s’évaporent les attentes d’un rééquilibrage de l’offre et de la demande», a reconnu Gene McGillian, de Tradition Energy. «L’attention des investisseurs se concentre sur le niveau élevé des réserves de pétrole comme de carburant à travers le monde.»   C’est notamment aux États-Unis que la situation préoccupe les marchés, car les réserves d’essence ne cessent d’augmenter depuis plusieurs semaines, alors qu’elles baissent normalement en période estivale. L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a porté sa production de brut à un niveau record en juillet, a-t-elle déclaré à l’Opep, signe que les principaux pays membres du cartel continuent de privilégier la défense de leurs parts de marché au détriment du rééquilibrage entre l’offre et la demande. Le rapport mensuel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole publié mercredi montre aussi que la production totale de ses 14 pays membres a atteint un plus haut historique le mois dernier, suggérant que l’offre mondiale devrait rester excédentaire en 2017. Le prix du baril a chuté de près de 15% en juillet en raison des craintes d’engorgement du marché du brut et de celui des produits raffinés. Cette baisse des prix a ravivé les spéculations sur la possibilité que l’Opep coordonne une limitation de la production de ses membres. « Le brut bon marché a conduit les raffineurs à produire davantage de produits raffinés dans le monde entier, accentuant la situation de surproduction du marché », constate l’Opep dans son rapport. L’Arabie saoudite a pompé 10,67 millions de barils par jour (bpj) en juillet, contre 10,55 millions en juin, selon les chiffres qu’elle a transmis à l’Opep. Son précédent record, à 10,56 millions de bpj, remontait à juin 2015. D’autres pays de l’Opep augmentent eux aussi leurs pompages, compensant largement les baisses de production liées aux attaques visant des installations pétrolières au Nigeria et au conflit en Libye. Sur la base des chiffres de l’Opep, obtenus de sources extérieures, le cartel a produit 33,11 millions de bpj en juillet, soit 46.000 de plus qu’en juin. Il s’agit du chiffre le plus élevé enregistré depuis au moins 2008, sur la base des rapports précédents de l’Opep. L’Opep précise prévoir une demande pour son brut de 33,01 millions de bpj en moyenne en 2017, ce qui implique un excédent de 100.000 bpj si sa production ne diminue pas. Le rapport de juillet tablait, lui, sur un léger déficit.

 

 (Avec Reuters)

Prix pétrole : toujours la chute

 Prix pétrole : toujours la chute

Les prix du pétrole continuent  leur chute, une chute qui serait attribuée à une surproduction. Cependant le déséquilibre demande découle surtout du tassement de l’économie mondiale qui pèse de manière négative sur le volume de la consommation de pétrole. Le cours du baril de référence (WTI) a lâché 1,54 dollar à 40,06 dollars sur le contrat pour livraison en septembre, après avoir oscillé autour du seuil des 40 dollars, sous lequel il n’a plus fini depuis quinze semaines au New York Mercantile Exchange (Nymex). « Le marché a la perception que l’offre est surabondante et cherche à voir jusqu’où il peut descendre », a déclaré Phil Flynn, chez Price Futures Group, estimant que les mouvements des cours réagissaient plus à « l’humeur » des investisseurs qu’aux données fondamentales.
Ce qui ne veut pas dire que ces dernières soient particulièrement favorables, comme il l’a reconnu: « on entend dire que la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole atteint un niveau record, on a vu que le nombre de puits (en activité aux Etats-Unis) est en hausse, et il se dit que la Libye va reprendre ses exportations », a énuméré M. Flynn. La compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a en effet annoncé qu’elle s’apprêtait à reprendre les exportations de brut, à l’arrêt depuis plusieurs mois à cause de divergences politiques et d’attaques jihadistes, après un accord pour la réouverture de deux terminaux pétroliers. De son côté, l’Arabie saoudite, poids lourd du cartel, a réduit ses prix de vente officiels pour les consommateurs asiatiques en septembre de 1,30 dollar par baril par rapport au mois d’août, rapportaient les analystes de Commerzbank, soit la plus importante réduction de prix en presque un an qui suggère un nouvel épisode de guerre de prix destiné à préserver des parts de marché.

(AFP)

 

Baisse électricité de 0.5%

Baisse électricité de 0.5%

 

Une baisse des tarifs réglementés de l’électricité de 05 % mais qui cache cependant l’augmentation rétroactive décidée par le conseil d’État. Ainsi, en 2014, le Conseil d’Etat a annulé partiellement l’arrêté du 20 juillet 2012 pour « fixation à un niveau insuffisant des tarifs réglementés ». Le 15 juin dernier, il a annulé deux arrêtés datant de 2014. Ces décisions entraînent une régularisation dans les mois ou années à venir. Ainsi, les tarifs bleus du 1eraoût 2016 tiennent compte du rattrapage des tarifs de l’électricité de 2012. Il restera encore à rattraper ceux de 2014… La ministre de l’Ecologie a annoncé, le 13 juillet, une baisse des tarifs réglementés de vente de l’électricité (TRV) au 1er août, sur proposition de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Les tarifs bleus pour les consommateurs résidentiels baisseront de 0,5%, ceux des consommateurs professionnels de 1,5%. « Il s’agit de la première baisse des tarifs depuis dix ans permise par la réforme des tarifs de l’électricité menée en 2014. Les Français ont ainsi été protégés contre des hausses automatiques de 5% l’année dernière et de 5% cette année », se félicite Ségolène Royal dans un communiqué de presse.

Le prix du pétrole poursuit sa baisse

Le prix du  pétrole poursuit sa baisse

Les cours du pétrole étaient au plus bas jeudi depuis trois mois De façon presque mécanique, le tassement des prix du pétrole suit l’atonie de l’activité économique mondiale. Après un premier trimestre relativement dynamique, les prix du pétrole ont suivi la croissance pour atteindre au printemps le niveau de 50 $ le baril. Depuis comme la croissance s’affaiblit nettement et le pétrole repasse sous les 50 dollars. Une baisse ce qui devrait être durable si l’on se fie aux  perspectives relativement pessimistes des  instituts économiques notamment du FMI Le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en septembre a perdu 78 cents, à 41,14 dollars sur le New York Mercantile Exchange, enregistrant sa sixième séance consécutive de baisse et terminant au plus bas depuis avril. À Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a baissé de 77 cents, à 42,70 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE), soit aussi son plus bas niveau depuis avril. Alors que son déclin persistant soutenait le marché depuis le printemps, la production américaine montre des signes de rebond. Résultat, cette offre excédentaire de produits pétroliers pèse de plus en plus sur les prix. La semaine dernière, le rapport hebdomadaire du département américain a montré une hausse des réserves pétrolières américaines à un plus haut historique pour cette période de l’année, déprimant les cours. Une légère hausse de la production a également été constatée avec une augmentation de presque 40.000 barils par jour en Alaska. Les cours du pétrole ont continué à baisser jeudi, restant au plus bas depuis trois mois en raison des inquiétudes persistantes face au niveau élevé de l’offre mondiale.  «On dirait que s’évaporent les attentes d’un rééquilibrage de l’offre et de la demande», a reconnu Gene McGillian, de Tradition Energy. «L’attention des investisseurs se concentre sur le niveau élevé des réserves de pétrole comme de carburant à travers le monde.»   C’est notamment aux États-Unis que la situation préoccupe les marchés, car les réserves d’essence ne cessent d’augmenter depuis plusieurs semaines, alors qu’elles baissent normalement en période estivale.

(Avec AFP)

EDF : après Hinkley Point, la faillite ?

EDF : après Hinkley Point, la faillite ?

 

Après le vote favorable du conseil d’administration en faveur du projet Hinkley Point,  la question se pose de savoir si EDF ne s’engage pas dans la voie de la faillite. La situation financière est déjà catastrophique et ce projet d’une vingtaine de milliards risque de plonger l’entreprise dans une crise financière ingérable. Une crise qui d’ailleurs avait provoqué la démission de son directeur financier. « Ce choix mène l’entreprise tout droit vers la faillite et conduira à un sous-investissement dans la sûreté nucléaire pour le parc français », a estimé Greenpeace France dans un communiqué. La recapitalisation de l’ordre de 4 milliards et la vente de 50 % de RTE (qui pourrait rapporter autan)  ne suffiront pas à faire face aux besoins de financement de l’entreprise. La décision de prolonger la durée de vie des centrales jusqu’à 40 ou 50 ans va nécessiter un grand carénage coûteux. Cette opération devrait représenter un coût de 50 milliards d’euros sur dix ans selon EDF. La Cour des Comptes tablerait plutôt sur un coût de 100 milliards d’euros sur 15 ans. Il faut aussi apurer une énorme dette de 40 milliards, et financer aussi au moins en partie les 25 à 50 milliards du site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure en Moselle ; un site d’enfouissement qui va permettre de participer au démantèlement du parc nucléaire actuel. Un démantèlement dont le coût est fixé autour de 15 milliards et qui pourrait être plus proche de 100 milliards. On objectera que la question du démantèlement permettra à EDF (et a à Areva) d’acquérir un savoir-faire pour intervenir sur l’énorme marché du démantèlement des centrales le monde. Enfin il faudra faire face à un besoin de financement de 200 milliards à terme pour le renouvellement du parc nucléaire. En clair EDF ne pourra  affronter  seule  ces défis même avec une augmentation régulière du prix de l’électricité  (il est prévu une augmentation moyenne de 2,5 % par an  pendant plusieurs années) ou par des seules suppressions d’effectifs.

EDF perquisitionné par l’AMF

EDF perquisitionné par l’AMF

 

Ce n’est certainement pas par hasard si le siège parisien d’EDF a été perquisitionné, jeudi 21 juillet, par l’Autorité des marchés financiers (AMF). En effet la situation d’EDF est catastrophique et l’autorité des marchés s’interroge sur les informations financières communiquées par l’électricien public au marché depuis 2013.  » « La visibilité est tellement faible sur le montant total des coûts et des investissements à supporter dans les années à venir, dans un contexte de baisse des prix de gros de l’électricité, qu’il est impossible d’avoir une vue précise de la faculté de résistance du bilan de l’électricien », écrit dans une note le courtier Aurel BGC. Face à la crise financière dramatique d’EDF n’a donc pas d’autre solution que le prolongement des centrales actuelles avec une opération de grand carénage pour en assurer la sécurité (durée de vie  désormais de 40 à 50 ans) ;   Cette opération devrait représenter un coût de 50 milliards d’euros sur dix ans selon EDF. La Cour des Comptes tablerait plutôt sur un coût de 100 milliards d’euros sur 15 ans. De toute manière la situation financière d’EDF est dramatique.  Récemment le patron d’EDF à ouvert la porte à de nouvelles modalités de financement du nucléaire. Et pour cause !  L’entreprise est sans doute au bord de la rupture financière en tout cas à moyen et long terme du coup ;  il faudra sans doute envisager pour les prochaines années une augmentation de l’ordre de 50 % du prix de l’électricité. D’une manière générale,  le coût de l’électricité d’origine nucléaire a été complètement sous-estimé en France comme dans le monde. Discrètement mais sûrement le patron d’EDF ouvre le débat pour un changement des modalités de financement des centrales nucléaires. Il faut dire que la situation financière d’EDF est intenable. Il faut d’abord apurer une énorme dette de 40 milliards, ensuite trouver 50 milliards (100 milliards pour la Cour des comptes)  pour les travaux permettant de prolonger la durée de vie du parc nucléaire actuel. Financer aussi au moins en partie les 25 à 50 milliards du site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure en Moselle ; un site d’enfouissement qui va permettre de participer au démantèlement du parc nucléaire actuel. Un démantèlement dont le coût est fixé autour de 15 milliards et qui pourrait être plus proche de 100 milliards. On objectera que la question du démantèlement permettra à EDF (et a à Areva) d’acquérir un savoir-faire pour intervenir sur l’énorme marché du démantèlement des centrales le monde. Enfin il faudra faire face à un besoin de financement de 200 milliards à terme pour le renouvellement du parc nucléaire. Selon la source proche du dossier, les enquêteurs ont demandé « des pièces, des informations, des dates, des comptes-rendus », concernant principalement le programme de rénovation des centrales nucléaires françaises (« grand carénage ») et le projet controversé de construction d’une centrale nucléaire à Hinkley Point (Angleterre).

(Avec AFP)

Production nucléaire : objectif en baisse en 2016

Production nucléaire : objectif en baisse en 2016

EDF a revu à la baisse mardi son objectif de production nucléaire pour 2016, après une production en recul au premier semestre, et notamment en juin du fait d’arrêts prolongés de réacteurs, mais assure que cela sera sans impact sur ses objectifs financiers.   »Sur la base de la production nucléaire à fin juin » et de « prolongations d’arrêts désormais prévues, le groupe revoit son objectif de production nucléaire pour l’année 2016 de 408-412 TWh (térawattheures) à 395-400 TWh », précise le groupe dans un communiqué. EDF a toutefois confirmé ses objectifs financiers. L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) est toujours attendu entre 16,3 et 16,8 milliards d’euros. Cette fourchette « intègre » la baisse de la production nucléaire mais aussi la régularisation des tarifs réglementés de l’électricité annoncée par le gouvernement après une décision du Conseil d’Etat mi-juin, assure EDF. La prévision d’un endettement net de 2 à 2,5 fois l’Ebitda est maintenue, tout comme le taux de distribution du résultat net courant, compris entre 55% et 65%. Sur le premier semestre, la production nucléaire a atteint 205,2 TWh, en recul de 5,2 TWh par rapport à 2015, détaille EDF. La production a été particulièrement en recul en juin (-2,1 TWh), du fait « d’un volume d’arrêts plus important ». Plusieurs réacteurs devront aussi subir des arrêts prolongés, du fait des « contrôles supplémentaires » menés, principalement sur des générateurs de vapeur, à la demande de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN).

 

(Avec AFP)

Davantage de réserves pétrolières aux USA qu’en Arabie saoudite et en Russie

Davantage de réserves pétrolières aux USA qu’en Arabie saoudite et en Russie

Les Etats-Unis possèdent des réserves de pétrole exploitables supérieures à celles de l’Arabie saoudite ou à celles de la Russie, principalement grâce au pétrole de schiste, conclut une étude publiée lundi par le cabinet spécialisé norvégien Rystad Energy. Elle évalue à 264 milliards de barils les réserves des champs existants, découverts ou encore à découvrir aux Etats-Unis, contre 256 milliards pour la Russie et 212 milliards pour l’Arabie saoudite. Toujours selon cette étude, plus de 50% des réserves restantes aux Etats-Unis sont composées de pétrole de schiste non conventionnel, et le sol du Texas en renferme à lui seul plus de 60 milliards de barils. Rystad Energy ajoute estimer les réserves pétrolières mondiales à 2.092 milliards de barils, soit l’équivalent de 70 fois la production actuelle, proche de 30 milliards de barils de brut par an. Le pétrole dit non conventionnel représente 30% des réserves récupérables et la production offshore 33%, précise l’étude.

 

(Reuters)

Electricité: l’UFC va proposer des prix jusqu’à 15% moins chers

Electricité: l’UFC va proposer des prix jusqu’à 15% moins chers

Peut-être une réaction aux augmentations rétroactives d’EDF validé par ailleurs par le Conseil d’État, en tout cas l’organisation de consommateurs va organiser une action groupée auprès des fournisseurs d’électricité pour obtenir auprès des producteurs des prix notoirement plus attractifs.  Paradoxe apparent ce sont les producteurs privés concurrents de DF qui ont introduit une action auprès du conseil d’État pour faire augmenter les tarifs d’EDF ! L’UFC-Que Choisir a dit, mardi 21 juin, espérer pouvoir proposer aux consommateurs une offre d’électricité jusqu’à 15% moins chère que les tarifs réglementés pratiqués par EDF, dans le cadre d’une opération d’abonnement groupé à laquelle les groupes Engie et Lampiris comptent participer. L’association de consommateurs, qui avait déjà mené deux campagnes d’achat groupé pour le gaz naturel uniquement, a donné mardi le coup d’envoi d’une nouvelle opération pour stimuler la concurrence dans le secteur de l’énergie et proposer aux particuliers des offres plus avantageuses que celles actuellement disponibles sur le marché, en gaz mais aussi en électricité. « Les prix vont baisser en proportion du nombre de consommateurs qui auront manifesté leur intérêt », a expliqué le président de l’UFC-Que Choisir, Alain Bazot, lors d’une conférence téléphonique. « Si on atteignait 300.000 (participants), qui serait vraiment un très beau score (…), on pourrait espérer des offres à -14%, peut-être -15% par rapport aux tarifs réglementés » de l’électricité appliqués par EDF à 88% des ménages français. « L’enjeu pour nous, c’est que les consommateurs comprennent que ce n’est pas une fatalité d’être aux tarifs réglementés d’EDF, qu’on peut changer à tout moment, que c’est facile, que c’est gratuit », a souligné M. Bazot. Dans le gaz, où l’ouverture à la concurrence est un peu plus poussée, l’UFC-Que Choisir espère un gain d’environ 10% par rapport aux tarifs réglementés appliqués cette fois par Engie (ex-GDF Suez) à 57% des 10,6 millions d’abonnés au gaz. Les fournisseurs ont jusqu’à fin juin pour dire s’ils participent à cette campagne, qui fonctionne selon le principe d’une enchère inversée – l’offre la moins chère l’emportera. Les offres lauréates seront dévoilées le 22 septembre. »On se prépare à répondre pour l’électricité », a indiqué une porte-parole d’Engie à l’AFP. Le belge Lampiris, en cours de rachat par Total et lauréat des précédentes opérations de l’UFC-Que Choisir dans le gaz, a aussi dit envisager de se porter candidat, dans le gaz et l’électricité.EDF a lui indiqué qu’il ne participerait pas car l’électricien « souhaite garder le contact direct avec ses clients ». Les consommateurs peuvent eux s’inscrire gratuitement du 21 juin au 21 septembre, notamment sur internet (www.choisirensemble.fr) ou par téléphone. Chacun d’entre eux recevra ensuite, à partir du 10 octobre, une offre personnalisée à laquelle il sera libre de souscrire ou pas jusqu’au 30 novembre.

(Avec AFP)

EDF : augmentation rétroactive autorisée par le Conseil d’Etat !

EDF : augmentation rétroactive autorisée par le Conseil d’Etat !

 

Une curieuse conception du droit par le conseil d’État qui autorise EDF à procéder à une augmentation rétroactive des tarifs de l’électricité à partir du 1er novembre 2014. On  Peut comprendre sinon admettre qu’EDF se situe dans une situation financière particulièrement catastrophique qui l’a conduite  par exemple il y a quelques jours à décider que le démantèlement des vieilles centrales nucléaires n’aura lieu que d’ici 100 ans !  Et pour cause ce démantèlement d’un coût de ‘ordre de 100 milliards est impossible faute de financement. On se souvient que le gouvernement s’était opposé à plusieurs hausses de tarifs et c’est précisément cette décision qui légitime pour le conseil d’État des hausses rétroactives juridiquement infondées en dépit de l’imbroglio juridiques sur la clause de révision.  Pourquoi ? Simplement parce qu’EDF étend fourniture fournisseur de prestations comme les autres, qu’il y a bien un contrat passé entre le fournisseur et le client, contrat incluant comme pour toute prestation les conditions tarifaires. Certes des modifications de prix peuvent intervenir mais les cocontractants doivent se mettre d’accord sur des clauses de révision. Ce n’est donc pas seulement une affaire de relation d’EDF avec le gouvernement mais aussi de relations avec le client.  Mais les clauses de révision doivent concerner les prestations en cours mais non sur des prestations passées (par exemple depuis le début de l’année) sinon toutes les dérives sont possibles pourquoi à leur ne pas imposer des augmentations rétroactives depuis 10 ou 20 ans. C’est un peu comme si un fournisseur de fuel par exemple venait plus d’un an après réclamer une augmentation de prix sous le prétexte qu’il n’était pas parvenu à équilibrer ses comptes. Le Conseil d’Etat a donc annulé mercredi un arrêté qui limitait à 2,5% l’augmentation des tarifs de l’électricité survenue en 2014, imposant au gouvernement d’appliquer une hausse rétroactive des factures payées par les ménages français. Les ministres concernés devront prendre dans un délai de trois mois un nouvel arrêté fixant une augmentation rétroactive des tarifs, a précisé la juridiction administrative dans un communiqué. Cette décision porte sur les factures payées pour la période du 1er novembre 2014 au 31 juillet 2015. Elle concerne les tarifs « bleus », appliqués aux particuliers, ainsi que les anciens tarifs « verts » appliqués à l’époque aux plus gros consommateurs d’électricité. Ces tarifs « avaient été fixés par l’arrêté à un niveau manifestement insuffisant pour assurer le rattrapage des écarts tarifaires passés », a estimé le Conseil d’Etat. EDF n’a pas souhaité commenter cette décision et les ministères de l’Economie et de l’Energie ne se sont pas exprimés dans l’immédiat sur le sujet. Le Conseil d’Etat, dont le rapporteur s’était prononcé en faveur d’une annulation de l’arrêté de 2014, avait été saisi par l’association des opérateurs alternatifs (Anode), pour qui la hausse était trop faible pour notamment compenser les augmentations insuffisantes des années précédentes. La juridiction a également annulé mercredi un arrêté de juillet 2014 qui supprimait l’obligation de hausse des tarifs « bleus » au 1er août, ordonnant aux ministres de prendre dans un délai de trois mois un nouvel arrêté fixant à titre rétroactif ces tarifs pour la période du 1er août 2014 au 31 octobre 2014. Elle avait déjà imposé en 2014 un rattrapage sur les factures d’EDF pour la période 2012-2013.

(Avec Reuters)

Démantèlement des vieilles centrales nucléaires : pas avant 100 ans !

Démantèlement des vieilles centrales nucléaires : pas avant 100 ans !

 

Il est clair qu’EDF est dans une situation financière intenable du coup d’après l’agence de sûreté nucléaire EDF envisagerait le démantèlement des centrales de vieilles générations seulement dans 100 ans ! L’objectif initial était de les démanteler d’ici 2045. En cause l’énorme coût  nécessaire à cette opération entre 75 et 100 milliards dont EDF alors qu’EDF n’a provisionné que 25 milliards. Un coût qui pourrait encore augmenter avec la prolongation de vie de certaines centrales et avec le temps. EDF avance des arguments techniques pour justifier ce report,  la vérité c’est que l’électricien est dans l’incapacité de les financer.  . En raison avant tout de difficultés techniques, cette « déconstruction » risque de prendre cinquante à soixante ans de plus que prévu. Et la facture devrait s’alourdir de plusieurs milliards d’euros. C’est l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui a dévoilé l’affaire, jeudi 2 juin. Dans une note, le « gendarme du nucléaire » a indiqué qu’EDF lui avait soumis une nouvelle stratégie pour démanteler ses réacteurs de première génération, et que celle-ci aboutirait à « décaler de plusieurs décennies » les travaux prévus. Une mesure technique, selon EDF. Une preuve de la « lâcheté » des industriels du nucléaire, qui « ne cessent de reporter dans le temps les problèmes insolubles qu’ils génèrent », s’indigne pour sa part Stéphane Lhomme, de L’Observatoire du nucléaire. Entre ces deux points de vue, il reviendra aux pouvoirs publics de trancher. Toute décision sur le sujet est soumise au feu vert de l’ASN, et à la publication de nouveaux décrets par le gouvernement. Jusqu’à présent, EDF avait prévu d’achever le démantèlement des réacteurs concernés en 2045. Sa nouvelle stratégie reporte la « fin globale » de ce travail « au début du XXIIe siècle », a indiqué EDF !!!…

Tarifs EDF : Risque de rattrapage ? Non certitude !

Tarifs EDF : Risque de rattrapage ? Non certitude !

Discussion byzantine au sein des différents organismes qui interviennent pour réguler les tarifs EDF. Les grands médias titrent : » risque de rattrapage » alors qu’il s’agit d’une certitude en l’état de la situation financière catastrophique du producteur électricité. Il faut dire que la situation financière d’EDF est intenable. Il faut d’abord apurer une énorme dette de 40 milliards, ensuite trouver 50 milliards pour les travaux permettant de prolonger la durée de vie du parc nucléaire actuel. Financer aussi au moins en partie les 25 à 50 milliards du site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure en Moselle enfin faire face à un besoin de financement de 200 milliards à terme pour le renouvellement du parc nucléaire. En clair EDF ne pourra jamais faire face seule à ces défis mêmes avec une augmentation régulière du prix de ‘l’électricité  (il est prévu une augmentation moyenne de 2,5 % par an  pendant plusieurs années) ou par des seules suppressions d’effectifs.   Le Conseil d’Etat « risque » donc  d’imposer au cours des prochains jours au gouvernement de revoir les tarifs d’EDF pour la période 2014-2015, ce qui entraînerait un rattrapage sur la facture des ménages. La juridiction administrative doit se prononcer sur un recours de l’Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (Anode) contre une hausse des tarifs de 2,5% survenue le 1er novembre 2014, que les concurrents d’EDF ont jugé trop faible pour notamment compenser les augmentations insuffisantes des années précédentes. Alors que la baisse des prix de marché rend les offres des fournisseurs alternatifs plus compétitives et met donc EDF sous pression, l’électricien public a fait l’hypothèse d’une hausse des tarifs « bleus » de 2,5% par an de 2016 à 2019, selon un document interne obtenu par Reuters en janvier. Les interventions des pouvoirs publics pour bloquer ou limiter les hausses se sont multipliées ces dernières années, de même que les recours juridiques des rivaux d’EDF. Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, plaide régulièrement en faveur de hausses « régulières et modérées » des tarifs de l’électricité en France afin de financer les investissements du groupe, confronté à d’importants travaux pour prolonger la durée de vie de son parc nucléaire.

(Avec Reuters)

General Motors : consommation sous-évaluée, ah bon ?

General Motors : consommation sous-évaluée, ah bon ?

 

Curieux cette décision de General Motors de retirer de la vente des véhicules dont  la consommation affichée était sous-évaluée. L’erreur serait d’un ou deux miles  de distance parcourue avec un gallon (3,8 l). Une erreur elle-même sans doute très largement sous-évaluée car il est clair que chez General Motors comme chez la plupart des conducteurs la différence entre les consommations affichées et les consommations réelles est bien plus conséquente. La différence pouvant atteindre entre 10 et 30 pour cent. D’une manière générale en moyenne dans des conditions réelles de circulation il faut compter 1 à 2 l de plus qu’affiché, voire davantage. General Motors a annoncé vendredi la suspension temporaire de la vente d’environ 60.000 véhicules dont les documents de présentation exagèrent les performances en terme de consommation de carburant. Un porte-parole du premier constructeur américain a déclaré qu’une « erreur involontaire » avait été découverte concernant les versions 2016 du GMC Acadia, de la Buick Enclave et du Chevrolet Traverse, cette erreur se traduisant par l’affichage d’une distance parcourue par gallon d’essence surestimée d’un à deux miles. La vente de ces véhicules est suspendue jusqu’à ce que leur étiquetage ait été modifié, a précisé le groupe. Une porte-parole de l’EPA, l’agence fédérale de protection de l’environnement, a déclaré que celle-ci avait été informée par GM et qu’elle lui avait demandé de lui fournir toute information pertinente sur le dossier. Certains constructeurs ont dans le passé indemnisé des propriétaires de véhicules dont les performances en matière de consommation ne correspondaient pas à celles affichées. Interrogé sur ce point vendredi, Tom Wilkinson, porte-parole de GM, a déclaré que le groupe allait contacter les propriétaires des modèles concernés.

(Avec Reuters)

Hinkley Point – EDF : Ségolène Royal soutient sans soutenir

Hinkley Point – EDF : Ségolène Royal soutient sans soutenir

 

 

Une posture ambigüe pour Ségolène Royal qui ne s’oppose pas vraiment au projet d’une centrale de type EPR en Angleterre mais qui s’inquiète de son coût  pour EDF. EDF déjà empêtré dans une situation financière ingérable avec un déficit abyssal de leur de 40 milliards, la future facture de modernisation du parc actuel dont la durée de vie sera prolongée, encore 50 milliards,  et le coût du retraitement des déchets entre 50 et 100 milliards. Du coup, l’État envisage d’abandonner ses dividendes pendant plusieurs années mais une telle mesure sera loin de boucher tous les trous. Au-delà des aspects financiers Ségolène Royal se demandent si EDF aura bien les moyens d’investir aussi dans les énergies non polluantes. La ministre de l’Environnement et de l’Energie, Ségolène Royal, s’inquiète dans un entretien au Financial Times de l’impact du coût « colossal » d’Hinkley Point sur les finances d’EDF, tout en estimant qu’un abandon du projet pourrait nuire à l’image de la France. Le projet de l’électricien français de construire deux réacteurs de type EPR à Hinkley Point, en Angleterre, suscite depuis plusieurs mois le débat en raison notamment de son coût de 18 milliards de livres. Les élus du CCE d’EDF ont demandé une expertise externe sur ce projet pour lequel les syndicats demandent un report du feu vert du groupe au-delà de 2016, voire de trois ans. Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, veut pour sa part donner le coup d’envoi dès que le groupe aurait obtenu l’avis de son CCE, tandis que le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, évoquait récemment un feu vert en septembre. « Je me demande si nous devrions poursuivre ce projet. Les sommes en jeu sont colossales », explique Ségolène Royal dans l’entretien au Financial Times. « Je pense que si Hinkley Point ne se concrétisait pas, cela ne mettrait pas en péril le secteur français du nucléaire », ajoute-t-elle. EDF, dont l’Etat français détient près de 85%, a vu ses notes de crédit dégradées par S&P et Moody’s au cours des dernières vingt-quatre heures. Moody’s estime notamment que le plan d’action annoncé par le groupe le 22 avril risque de ne pas suffire à compenser l’impact de la baisse des prix et les lourds investissements à venir. L’agence de notation ajoute que la note pourrait être encore abaissée si Hinkley Point était maintenu. Ségolène Royal estime cependant qu’un retrait du projet pourrait nuire à la réputation de la France. « Cela enverrait un mauvais signal, les concurrents diraient : ‘regardez la France, l’Etat ne tient pas sa parole’ ». La ministre précise avoir demandé à EDF de lui garantir que le projet britannique ne se ferait pas aux dépens des investissements dans les énergies renouvelables. « EDF ne m’a pas encore répondu, ils continuent de réfléchir. Mais ils doivent m’apporter la preuve », dit-elle.

(Avec Reuters)

Gaz de schiste : interdiction des importations

Gaz de schiste : interdiction des  importations

L’interdiction des importations de gaz de schiste posent de sérieuses interrogations. Certes elle serait cohérente avec l’interdiction de l’exploitation de ce gaz en France. Pour autant il faudrait modifier la législation européenne mais aussi française ; en outre le gaz de schiste représente environ 40 % des les approvisionnements aussi bien d’EDF que de Engie (il est moins cher !). En outre il sera bien difficile de distinguer ce qui est du gaz de schiste et ce qui est du gaz conventionnel car il s’agit de la même molécule d’où la difficulté de contrôler réellement la nature des importations de gaz. Le gouvernement est plus que jamais mobilisé contre le gaz de schiste. Alors que toute exploration est interdite en France, un autre front s’ouvre contre les importations en provenance des États-Unis. Engie et EDF recevront leurs premières cargaisons, respectivement en 2018 et 2019. Dans les deux cas, la fourniture porte sur plusieurs années, et Ségolène Royal, la ministre de l’Environnement et de l’Énergie, est vent debout contre ces contrats d’approvisionnement. Mardi, lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, elle a indiqué qu’elle allait «examiner juridiquement la façon dont nous pouvons interdire l’importation de gaz de schiste et, en tout état de cause, ces entreprises (EDF et Engie, NDLR) devront s’orienter vers d’autres marchés pour n’importer que des gaz d’origine conventionnelle». La ministre de l’Énergie est d’autant plus décidée à imposer ses vues que l’État détient 85 % d’EDF et 33 % d’Engie. «Puisque la France interdit la fracturation hydraulique pour des raisons de protection de l’environnement, j’ai interrogé ces deux entreprises sur les raisons pour lesquelles elles n’avaient pas été vigilantes», lors de la négociation de ces contrats, a indiqué Ségolène Royal. La fracturation est pour le moment la seule technologie utilisée pour l’extraction de gaz de schiste. Les défenseurs de l’environnement ne cessent de pointer les dangers qu’elle fait peser sur les nappes phréatiques. Ni EDF ni Engie n’ont réagi officiellement. Et pour cause. Leurs contrats d’approvisionnement portent sur des cargaisons constituées à 40 % de gaz de schiste dit «non conventionnel » et à 60 % de… gaz conventionnel. Si les modes d’extraction sont différents, c’est, dans les deux cas, la même molécule de méthane. Une fois les deux gaz mélangés dans un navire méthanier, il est impossible de séparer le bon grain de l’ivraie.

 

(Avec le Figaro)

 

Total investit 1 milliard dans les batteries électriques

Total investit 1 milliard dans les batteries électriques

Total pétrolier a proposé lundi de racheter le fabricant français de batteries de haute technologie Saft pour 950 millions d’euros, dans le cadre d’une offre publique d’achat (OPA) amicale. Un projet de rachat approuvé à l’unanimité par le conseil de surveillance de Saft.  « Le XXIe siècle sera électrique », assurait il y a quelques semaines Patrick Pouyanné, dans une interview aux « Echos ». Le PDG de Total a officialisé mi-avril la création d’une nouvelle division, « gas renewables and power », qui viendra s’ajouter à ses activités traditionnelles dans le pétrole. Celle-ci regroupera les activités dans l’aval gaz, les énergies renouvelables et les activités d’efficacité énergétique. Pourquoi le groupe se lance-t-il dans ce nouveau métier ? « Il nous faut intégrer le défi du changement climatique, et l’évolution du mix énergétique qui va en découler : les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie montrent que la part du pétrole va baisser, au profit du gaz et des renouvelables », expliquait Patrick Pouyanné. « Notre objectif n’est pas de devenir électricien. [...] Mais nous devons comprendre les marchés électriques en nous positionnant sur certains éléments de la chaîne de valeur. » Total a déjà fait un pas dans le solaire depuis le rachat en 2011 de SunPower, l’un des leaders mondiaux dans la fabrication de panneaux solaires. Avec Saft, le groupe s’avance dans un autre domaine clé : le stockage de l’électricité, et notamment celle produite par les énergies solaire et éolienne. Puisque leur production est intermittente (quand le vent faiblit ou le soleil ne se montre pas), le défi est de stocker leur production pour la restituer ensuite en fonction de la demande. Une question sur laquelle planchent de nombreuses sociétés – Tesla, Schneider Electric, RWE, etc. – ainsi que plusieurs start-up, avec différentes pistes technologiques à l’étude. Total a d’ailleurs déjà investi dans une start-up américaine, LightSail Energy, qui travaille sur d’autres solutions que les batteries.

(Les Échos)

Arabie Saoudite pétrole : quel changement de stratégie

Arabie Saoudite pétrole : quel changement de stratégie

 

Dans une interview à challenges l’économiste Thomas Porcher considère qu’il ne faut pas s’attendre à une stratégie de réduction de production

 

Le départ d’Ali Al-Naïmi va-t-il avoir un impact sur la politique pétrolière saoudienne?

Il incarnait depuis une vingtaine d’années la politique pétrolière du royaume [Ali Al-Naïmi est devenu ministre du pétrole en 1995 après avoir présidé le géant pétrolier Aramco, Ndlr] et avait laissé entendre il y a quelques mois son désir de quitter son poste. Il menait une politique conforme à la volonté royale. Et de ce point de vue la stratégie pétrolière de Riyad devrait rester inchangée. Jusqu’en 2014, l’Arabie saoudite a produit par quotas pour faire augmenter les prix. La demande était forte, et en choisissant de raréfier l’offre, l’Arabie saoudite, qui possède les réserves pétrolières les plus importantes au monde, faisait bondir les prix. Puis en 2014, les producteurs de schiste aux États-Unis sont arrivés. Riyad a alors choisi d’inonder le marché pour conserver ses parts et affaiblir les pétroliers américains. Les prix ont alors baissé en raison de cette stratégie agressive des Saoudiens et d’une demande qui faiblissait (le prix du baril qui était de 100 dollars début 2014 est tombé à environ 45 dollars actuellement après être descendu sous les 30 dollars en janvier, Ndlr).

Cette baisse des prix est moins douloureuse pour l’saoudite puisque son pétrole est rentable à partir de 20 dollars le baril contre environ 50 dollars pour le pétrole de schiste américain. Et même si cette baisse creuse le déficit budgétaire saoudien (Riyad a enregistré en 2015 un déficit budgétaire record de 89 milliards d’euros, Ndlr), le royaume peut s’appuyer sur des réserves importantes (environ 650 milliards de dollars, Ndlr). Le départ d’Ali Al-Naïmi ne devrait ainsi pas déboucher sur un changement de stratégie. C’est d’ailleurs ce qu’a expliqué son successeur. Il ne faut donc pas s’attendre à une hausse rapide du prix du baril.

Quelles conséquences ce départ peut-il avoir sur l’OPEP?

La stratégie baissière saoudienne a eu pour conséquence de rendre la vie impossible à d’autres pays concurrents, et membre de l’OPEP, comme le Venezuela [au bord de la faillite, le pays augmenté le prix de l'essence de 6.000%, Ndlr], l’Algérie ou le Nigeria dont environ 90% des exportations sont des hydrocarbures. Le pétrole pour ces pays n’est rentable qu’à partir de 80 voire 120 dollars le baril. Les Saoudiens veulent faire en sorte que le pétrole qui coûte le plus cher à produire (schiste, sables bitumeux) sorte du marché. Ils font ainsi face à de plus en plus de critiques au sein de l’OPEP. Leur stratégie est solitaire et non collective comme cela a pu être le cas par le passé. L’échec de la réunion de Doha mi-avril a été l’illustration de cela. Cette réunion a fait la démonstration que l’OPEP ne fonctionne plus. Il y a un vrai risque de scission de l’organisation si les prix bas se poursuivent, ce qui devrait être le cas encore un an et demi.

 

A côté de cette stratégie agressive, Riyad vient également d’adopter un plan, appelé « vision 2030″, pour diversifier son économie et atténuer sa dépendance vis-à-vis du pétrole. Cela vous surprend-il ?

Ce qui me surprend est la privatisation partielle (moins de 5%) d’Aramco annoncé par les Saoudiens dans le cadre de ce plan. Cette compagnie nationale est historiquement le bras armé de la politique saoudienne. Elle est surpuissante. Et cette décision, même si elle va rapporter beaucoup d’argent, va à rebours de ce que fait l’Arabie saoudite depuis plusieurs années. Riyad envoie deux signaux qui sont presque un aveu de faiblesse au sein de l’OPEP: il y a un après pétrole et surtout l’saoudite semble être disposée à ne plus jouer son rôle de leader au sein du cartel. Si Aramco devient une compagnie privée, ce qui est encore très loin d’être le cas, elle n’aura alors aucun intérêt à réduire sa production. Elle voudra gagner un maximum d’argent tout de suite. Ce sont de signaux qui annoncent un marché mondial plus concurrentiel et surtout une OPEP plus éclatée, sans véritable gendarme

La mort de l’OPEP ?

La mort de l’OPEP ?

 

 

Ce n’est pas tout à fait la mort de l’OPEP mais plutôt sa mise en sommeil du fait de l’Arabie Saoudite qui considère que le gel de la production réclamée par certains pays producteurs n’est plus adapté à l’évolution structurelle du marché du pétrole. Pour résumer,  l’Arabie Saoudite considère qu’il vaut mieux vendre aujourd’hui à bas prix car demain avec les évolutions technologiques et écologiques les prix risquent d’être encore plus bas. Sans compter que l’économie mondiale semble s’installer un moment dans une croissance relativement molle. Ryad estime en effet que prendre les prix pour objectif n’a plus de sens car la situation actuelle du marché, dont les prix ont chuté depuis la mi-2014, atteste de changements en profondeur et non conjoncturels, selon des sources au fait de la pensée saoudienne. Les tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran, qui ont eu raison le mois dernier d’une tentative de sceller un premier accord de gel de la production en 15 ans, se sont à nouveau exprimées sans retenue lundi. Le gouverneur iranien, Hossein Kazempour Ardebili, a ainsi déclaré que la raison d’être de l’Opep était de maîtriser les cours et qu’en conséquence une « gestion efficace de la production » devait être l’une de ses priorités à long terme.   »L’industrie pétrolière n’est plus, toutes proportions gardées, une industrie de croissance », explique l’une des sources. Une baisse des prix avait par le passé pour effet de doper la demande. Ce n’est plus le cas désormais car l’industrie automobile a fait de gros progrès en matière de consommation et l’écologie est devenue un enjeu clé pour de nombreux consommateurs. Ainsi, alors que les prix ont touché des plus bas record en 2015, la demande globale ne devrait augmenter que d’un million de barils par jour (bpj) cette année, soit de 1% à peine. Une chose est certaine : le royaume saoudien ne renouera pas avec une réduction des pompages pour le bien de tous les autres pays producteurs de l’organisation, disent des sources saoudiennes. Un point de vue partagé par certains concurrents de l’Arabie. « L’Arabie saoudite n’en a plus rien à faire de l’Opep; c’est le pétrole de schiste américain, les sables bitumineux du Canada et la Russie qu’elle a en ligne de mire », résume une source de l’Opep extérieure aux pays du Golfe.

(Avec AFP)

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