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La programmation de l’énergie repoussée : pourquoi ?

 La programmation de l’énergie repoussée : pourquoi ?

 

Il est clair que le report de la de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), traduit la fébrilité du gouvernement pour annoncer clairement la priorité absolue pour le nucléaire ; les autres sources d’énergie n’étant soutenues que pour masquer la priorité aux centrales actuelles dont la durée de vie sera prolongée de 20 à 30 ans et la priorité au développement de la filière EPR. De ce point de vue, la  consultation publique sur la programmation pluriannuelle de l’énergie a constitué véritable arnaque parce que la question nucléaire n’était  pas en débat. L’objectif de 50% de part du nucléaire en 2025 est reporté de 20 à 30 ans en réalité. Les scénarios d’EDF, du ministère ou de RTE sont complètement divergents. Officiellement on devait fermer de réacteurs mais Macron a annoncé le développement d’autres ! En fait, tout cela relève du cirque car la France ne peut réduire pour l’instant la part du nucléaire d’autant que d’énorme investissements sont réalisés notamment le grand carénage. Certes on pourra fermer ici ou là quelques réacteurs mais on prolongera la vie de la plupart de autres. LE PPE ( programmation énergétique)   constitue de la poudre aux yeux pour masquer la réalité à savoir qu’on ne peut se passer de la part du nucléaire en quelques années et qu’en plus la France joue sur le nucléaire pour sa politique de réductions des émissions polluantes qui menace le climat.  Pour preuve, EDF, a déjà commencé à intégrer une prolongation de ses réacteurs de 900 MW jusqu’à leurs 50 ans, évoque régulièrement la possibilité d’aller jusqu’à 60 ans, comme c’est le cas aux États unis pour des réacteurs similaires. L’entreprise commence également à communiquer sur de plus petits modèles baptisés SMR (small modular reactors), d’une puissance d’environ 160 MW (au lieu des 1.650 MW de l’EPR), pour renouveler le parc. Pour faire avaler la pilule du nucléaire indispensable, on a attribué uen enveloppe de 150 millions au ministère de l’écologie  pour faire joujou notamment avec des éoliennes improductives. En fait Macron se sert de l’écologie pour donner un coup de peinture verte sur la politique énergétique. En fait, on craint que l’annonce de la politique énergétique ne vienne encore affaiblir la popularité du Chef de l’Etat. La justification de la concertation de dernière minute est peu crédible. “Le travail d’instruction et de concertation se poursuit”, dit-on de source gouvernementale. “Il n’y a pas de retard, seulement la volonté de prendre le temps nécessaire sur des sujets aussi fondamentaux que le dérèglement climatique et le prix de l’énergie.” Le président de la République réunira mercredi une trentaine de personnes, dont des dirigeants d’entreprises et d’organismes de recherche, pour une “séance de travail” consacrée à la question de l’énergie.

Fermeture de Fessenheim: une escroquerie

EDF -

Fermeture de Fessenheim: une escroquerie

 

Rebelote pour la promesse de fermeture de Fessenheim. On se souvient que François Hollande avait promis cette fermeture pour la fin du quinquennat précédent en 2017 et que Ségolène Royal avait évoqué l’échéance de 2018. François de Rugy, le nouveau ministre de l’environnement a repris  à son compte les promesses de coiffeur. Fait nouveau, il considère qu’il faut maintenant déconnecter la mise en service de Flamanville de la fermeture de Fessenheim. Edf annonce de son coté qu’elle ne prolongera pas Fessenheim au-delà de 2022. Dès lors pourquoi ne ferme-t-il pas plutôt que prévu la centrale de Fessenheim sachant qu’on ne sait plus très bien quand sera mise en service Flamanville vers 2020, 2021ou  plus tard. On pourra toujours justifier d’éléments techniques au dernier moment pour reporter la fin de Fessenheim., Cette annonce est évidemment une pure fumisterie dans la mesure il s’agit de sacrifier une centrale sur l’autel de l’écologie afin de justifier le maintien,  la prolongation de 20 ans de toutes les autres et même le développement de trois à six centrales EPR dans les 10 ans à venir. Tout cela relève de la même arnaque que celle aussi de Mitterrand qui avait renoncé au projet d’une seule centrale à Plogoff pour mieux justifiait le développement des autres. L’EPR de Flamanville, dont la facture initiale a déjà triplé, à plus de 10 milliards d’euros, accuse aujourd’hui six ans de retard. Il aurait dû entrer en production en 2012 avant qu’une série d’incidents, liés notamment à la qualité des soudures, entravent sa progression. Cette semaine, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASM) a pointé «une défaillance de la surveillance» de l’électricien sur son chantier. Interrogée par Le Figaro, l’entreprise répond qu’elle a engagé «une surveillance encore plus accrue à Flamanville dès la détection des écarts de qualité sur certaines soudures et qu’elle va travailler avec l’ASN pour étendre la revue de la qualité de certains matériels». À défaut de connaître le calendrier de Flamanville, le gouvernement tente d’établir celui de Fessenheim: l’État va débloquer 10 millions d’euros dès le 1er janvier 2019 pour aider à la reconversion économique de la zone autour de la centrale actuelle, a dit de son côté Sébastien Lecornu, le secrétaire d’État à la Transition écologique. 10 millions jetés par les fenêtres comme les autres centaines de millions qu’on consacre  aux inutiles éoliennes qui font croire à l’opinion que les moulins à vent peuvent remplacer le nucléaire. Une autre politique énergétique sur le long terme est sans doute possible mais encore faudrait-il tenir compte des réalités et arrêter les promesses de coiffeur des gouvernements successifs.

 

Reconversion des centrales à charbon

Reconversion des centrales à charbon  

 

Le gouvernement a l’intention de fermer d’ici à la fin du quinquennat les quatre dernières centrales à charbon exploitées en France, dont deux appartiennent à EDF – à Cordemais (Loire-Atlantique) et au Havre (Seine-Maritime) – et deux à l’allemand Uniper – à Meyreuil (Bouches-du-Rhône) et à Saint-Avold et Carling (Moselle). Le CCE d’EDF défend pour sa part un projet de transformation des unités de production de l’électricien public consistant à substituer progressivement des déchets “verts” au charbon et à capter le CO2 résiduel émis par les centrales. L’instance représentative du personnel précise que les essais réalisés à Cordemais ont permis de faire fonctionner la centrale avec 80% de pellets produits sur place – des granulés fabriqués à partir de déchets verts – et 20% de charbon, et même avec un taux de pellets pouvant atteindre 87%.En complément, une étude préliminaire a conclu à la faisabilité d’un système de captage de CO2 par culture de micro-algues qui pourrait représenter un investissement de 70 millions d’euros et serait amorti sur 13 ans. Au Havre, des essais ont en outre permis de faire fonctionner la centrale avec 7% de “combustibles solides de récupération” issus de la valorisation de déchets. Le CCE estime que les centrales de Cordemais et du Havre – particulièrement sollicitées en périodes de pointes de consommations – pourraient fonctionner 800 heures par an (contre 5.000 heures actuellement) à 80% de pellets dès 2022 et brûler exclusivement des déchets verts autour de 2025-2027.

Réorganisation EDF: on étudie tout et même rien ! (de Rugy)

Réorganisation EDF: on étudie tout et même rien ! (de Rugy)

 

 

Merveilleux de Rugy, l’archétype de l’oligarque,  qui n’a jamais travaillé sauf dans la politique et qui veut ’révolutionner à l’organisation d’EDF ou ne rien faire du tout ! De Rugy, c’est l’écolo de service qui a remplacé Hulot. Un écolo davantage convaincu de sa carrière politique que de ses convictions politiques. Mais il faut bien faire semblant. Alors, il fait semblant de réitérer ses positions anti nucléaires tout en sachant qu’il sera bien obligé d’avaler encore davantage qu’Hulot la couleuvre développement nucléaire. Certes l’entreprise EDF n’est sans doute pas un modèle d’efficacité économique, comme d’autres entreprises de l’État, cependant on peut au moins compter sur le sérieux de ses techniciens , être assuré d’une certaine sécurité et de la continuité du service. Derrière cette réorganisation il faut surtout voir les intentions de cantonner EDF à la production et de libéraliser la distribution. Bref de privatiser une partie des activités d’EDF. Mais l’oligarque  François de Rugy se montre très prudent, il dit d’ailleurs tout et le contraire. Pas étonnant il n’a qu’une connaissance très approximative de la problématique énergétique. Vaguement diplômé d’un institut d’études politiques, il n’a d’ailleurs jamais travaillé sauf dans les milieux politiques.  “Nous étudions toutes les solutions, y compris le statu quo, ce n’est pas le changement pour le changement, c’est une question d’organisation, de structure”, a dit François de Rugy à des journalistes en marge d’un événement sur l’innovation organisé par EDF. “Nous pensons peut-être les questions économiques, technologiques lui sont assez étrangères entre parenthèses voir ce qu’il déclare à propos de la consommation d’électricité qu’il faudrait faire évoluer (l’organisation) mais nous allons faire en quelque sorte un comparatif des avantages et des inconvénients des différentes solutions, y compris du statu quo”, a ajouté le ministre. Prié de dire à quelle échéance cette réflexion pourrait aboutir, François de Rugy a évoqué la possibilité qu’un projet soit prêt au moment de la présentation de la PPE, prévue fin octobre, ou ultérieurement. “Ce que nous pensons dans les travaux préparatoires (de la PPE), c’est que nous allons plutôt avoir dans les années qui viennent, sur l’électricité, une forme de stagnation sur la consommation”, a également dit le ministre. Alors que les efforts d’efficacité énergétique feront dans un premier temps baisser la consommation, les nouveaux usages se traduiront ensuite par une augmentation, a ajouté François de Rugy, en se disant “très soucieux” de la sécurité d’approvisionnement des Français.

“Dans un deuxième temps, nous pensons que (…) à l’horizon de 2030-2035, on va avoir une augmentation globale de la consommation électrique !!!! Et pour résoudre l’équation du climat, nous considérons que cette consommation doit être satisfaite par des moyens non émetteurs de CO2, soit l’hydroélectrique, le nucléaire et le renouvelable.” Voilà tout est dit, le contraire aussi. De quoi s’assurer encore uen belle carrière politique.

Les vertus de l’hydrogène (Yann Laval)

Les vertus de l’hydrogène (Yann Laval)  

 

 

Yann Laval, Manager chez IAC Partners, cabinet de conseil en stratégie, souligne les vertus de l’hydrogène comme alternative aux énergies fossiles. Un point de vue intéressant même sil minimise la question de la compétitivité de l’hydrogène et son danger pour l’utilisation par des particuliers.

 

 

« Comparée au charbon et au pétrole, l’électricité produite par les énergies renouvelables est limitée en termes de sociabilité, transportabilité et usabilité, ce qui freine en partie la transition amorcée vers les énergies décarbonées.

L’hydrogène comme vecteur énergétique apparaît aujourd’hui comme l’élément manquant sur la chaîne de valeur, qui, combiné avec d’autres technologies, pourrait faire de la transition énergétique une RÉVOLUTION énergétique.

L’investissement des pays industrialisés dans la filière hydrogène est révélateur de cette tendance (850 M$ investis annuellement par les gouvernements). L’Europe bien que bien placée à l’international, doit renforcer ses investissements dans les infrastructures de production et de transport ainsi que dans le développement de technologies permettant de converger vers des coûts comparables à l’électrique ou au pétrole, grâce aux économies d’échelles.

Pour schématiser, notre modèle énergétique actuel est construit sur une extraction de ressources fossiles de plus en plus rares détenues par un nombre très limité de pays et nécessitant un long acheminement à travers le monde jusqu’à des installations complexes pilotables de manière centralisée.

La transition énergétique vers les énergies renouvelables permet d’alimenter de petites installations locales à partir de ressources elles aussi locales, dont le coût ne dépend d’aucune stratégie ou contexte géopolitique mais dont la disponibilité peut varier en fonction des conditions climatiques (pour le solaire et l’éolien en particulier).

Dans la production, le problème principal ne réside pas dans le fait que le système actuel soit centralisé mais dans le fait que les grandes installations électriques émettent de grandes quantités de CO2.

La réussite de la transition énergétique dépend alors de l’intégration de ces systèmes énergétiques renouvelables et décentralisés.

Le scénario le plus prometteur apparait être un système hybride où coexisteraient un réseau centralisé et des boucles locales de tailles diverses où l’hydrogène aura tout son rôle à jouer :

  • - un moyen stable de stockage sous forme gazeuse afin de pallier à l’intermittence des énergies renouvelables ;
  • - un vecteur de transport d’énergie permettant soit de s’affranchir du réseau électrique dans certaines zones non desservies, soit de bénéficier d’un tampon pour réguler les variations de demande du réseau. Dans la mobilité, les évolutions technologiques de la batterie lui ont permis d’augmenter ses performances et ainsi être intégrée par l’ensemble des constructeurs automobiles dans leurs gammes.

La batterie souffre néanmoins d’inconvénients majeurs pour en faire la seule solution de substitutions aux énergies fossiles :

  • - le poids, qui la rend incompatible avec les véhicules de transport de charge lourde ;
  • - la durée de charge (40 minutes en charge rapide jusqu’à une demi-journée en charge domestique) et la faible autonomie (les batteries électriques se déchargent rapidement) ;
  • - le cout élevé, même si les premiers déploiements permettent de premières économies d’échelle ;
  • - la nécessité de mise en place d’un nouveau réseau d’alimentation sur le territoire ;
  • - mais surtout un problème de puissance installée des réseaux.

Ici aussi, les solutions électriques à hydrogène n’entrent pas en compétition avec les véhicules électriques à batterie, mais viendraient plutôt en complément de l’offre déjà existante : les deux technologies présentent des caractéristiques qui les rendent complémentaires.

La plus faible densité énergétique des batteries les rend plus adaptées à la conduite urbaine tandis que l’hydrogène, avec une meilleure densité énergétique convient mieux aux grandes distances et aux véhicules plus lourds. Le marché devrait donc se développer en priorité dans ce dernier segment, notamment dans les transports publics.

La généralisation de l’hydrogène comme principal vecteur énergétique ne représente pas seulement un défi technologique et industriel mais aussi et surtout un défi politique et social. La position qu’occupera l’hydrogène, d’ici 25 à 30 ans, dans notre paysage énergétique dépend de la volonté du pouvoir politique.

La politique active de l’Allemagne porte sur différentes applications allant de la voiture aux transports publics en passant par l’énergie. La France a présenté le 1er juin 2018 son Plan de Déploiement de l’hydrogène pour la transition énergétique avec pour objectif d’accélérer les premiers déploiements industriels de l’hydrogène décarboné pour en faire un pilier de la transition énergétique à moyen terme.

L’Europe, jusqu’ici majoritairement favorable aux batteries, prend conscience de la valeur de l’hydrogène dans la transition énergétique. Les états membres doivent maintenant aller au-delà des initiatives nationales et s’engager ensemble vers l’hydrogène, catalyseur de la transition vers un système énergétique décarboné. »

 

Automobile : retour de la prime pour l’hybride rechargeable

Automobile : retour de la prime pour l’hybride rechargeable

 

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que la politique des gouvernements  aura beaucoup changé vis-à-vis du soutien aux véhicules peu ou pas polluant. On se souvient en effet que pendant des années la fiscalité sur les carburants a largement soutenu la diffusion du diesel. On sait maintenant que la fiscalité du gasoil va s’aligner progressivement sur celle de l’essence. En outre, les véhicules des diesels pourraient être purement et simplement interdits vers 2030-2040. tard les gouvernements ont aidé le développement des véhicules électriques avec des primes jusqu’à 6000 €. Le nouveau ministre de l’environnement réinvente, lui,  la prime mais uniquement les véhicules hybrides rechargeables. Une prime toutefois plus réduite de l’ordre de 2000 à 2000 €.  “Sur l’hybride rechargeable, là je pense qu’en effet, et nous allons discuter au sein du gouvernement, nous allons en discuter avec les constructeurs, il faut qu’il y ait une subvention à l’achat”, a dit François de Rugy, lors du Grand Jury pour RTL, Le Figaro, LCI. Le bonus écologique pour l’achat d’une voiture neuve hybride rechargeable, qui était de 1.000 euros en 2017, a été supprimée le 1er janvier 2018. Mais certains constructeurs automobiles, comme PSA qui lancera au second semestre 2019 son premier modèle de ce type, militent en faveur de son retour. François de Rugy exclut en revanche toute subvention pour l’achat d’une voiture uniquement hybride. “Nous considérons que le marché aujourd’hui permet de vivre sans prime”, a-t-il dit.

Hydrogène : la solution ?

Hydrogène : la solution ?

 

 

Il est bien difficile de trouver des articles un peu objectifs sur les potentialités des différentes énergies qualifiées de nouvelles. En effet, la plupart du temps la littérature sur chaque source d’énergie est surtout le fait de lobbies qui vantent  les mérites des intérêts qu’ils représentent, c’est le cas du nucléaire évidemment mais tout autant par exemple du lobby du solaire, de l’éolienne ou encore de l’hydrogène. Un article intéressant émanant du blog cavainc.blogspot.com  essaye de faire le point sur le sujet, il évoque les potentialités mais souligne aussi toutes les difficultés qui restent à résoudre en matière de production, aujourd’hui encore trop polluantes et/ou  trop peu compétitives, aussi en matière de transport,  de stockage et ‘utilisation notamment les risques d’explosion.

 

« L’hydrogène apporte à l’électricité la souplesse d’utilisation qui lui fait défaut. En effet, si l’on sait produire de l’électricité de multiples façons, on ne sait pas la stocker efficacement. Les batteries sont coûteuses et n’offrent qu’une autonomie très limitée. L’hydrogène, lui, peut être stocké. Ainsi, avec une réserve d’hydrogène et une pile à combustible, il devient possible de produire de l’électricité n’importe où et n’importe quand, sans être relié au réseau électrique. Grâce à l’hydrogène et à la pile à combustible, électricité et mobilité deviennent plus aisément compatibles.

Petit historique de l’hydrogène

C’est en 1766 que le chimiste britannique Henry Cavendish parvint à isoler une nouvelle substance gazeuse qui brûlait dans l’air, et qu’il appela pour cela “air inflammable”. Pour arriver à ses fins, il recueillit avec beaucoup de soins, dans des vessies de porc, le gaz produit par l’action de l’acide chlorhydrique sur le fer, le zinc, l’étain, et découvrit qu’au moment où le gaz s’échappait de la vessie il brûlait avec une même flamme bleue pour chacun des échantillons dès qu’on l’allumait.

L’hydrogène doit son nom au chimiste français Antoine-Laurent de Lavoisier, qui effectua peu de temps après en 1781 la synthèse de l’eau. En 1804 le Français Louis-Joseph Gay-Lussac et l’Allemand Alexander von Humboldt démontrèrent conjointement que l’eau est composée d’un volume d’oxygène pour deux volumes d’hydrogène, et c’est en 1839 que l’Anglais William R. Grove découvrît le principe de la pile à combustible : il s’agit d’une réaction chimique entre l’hydrogène et l’oxygène avec production simultanée d’électricité, de chaleur et d’eau.

Dans les années 1939-1953 l’Anglais Francis T. Bacon fît progresser les générateurs chimiques d’électricité, qui permirent la réalisation du premier prototype industriel de puissance, et à partir de 1960 la NASA utilisa la pile à combustible pour alimenter en électricité ses véhicules spatiaux (programmes Apollo et Gemini).

 

Une petite molécule pleine d’énergie

La molécule d’hydrogène que nous utilisons le plus couramment est composée de deux atomes d’hydrogène (H2). Incolore, inodore, non corrosive, cette molécule a l’avantage d’être particulièrement énergétique : la combustion de 1 kg d’hydrogène libère environ 3 fois plus d’énergie qu’1 kg d’essence (soit 120 MJ/kg contre 45 MJ/kg pour l’essence). En revanche, comme l’hydrogène est le plus léger des éléments, il occupe, à poids égal, beaucoup plus de volume qu’un autre gaz. Ainsi, pour produire autant d’énergie qu’avec 1 litre d’essence, il faut 4,6 litres d’hydrogène comprimé à 700 bars. Ces volumes importants sont une contrainte pour le transport et le stockage sous forme gazeuse.

Comme de nombreux combustibles, l’hydrogène peut s’enflammer ou exploser au contact de l’air. Il doit donc être utilisé avec précaution. Mais la petitesse de ses molécules lui permet de diffuser très rapidement dans l’air (quatre fois plus vite que le gaz naturel), ce qui est un facteur positif pour la sécurité.

 

Une technologie d’avenir déjà ancienne

Le développement de la filière hydrogène repose en grande partie sur la technologie de la pile à combustible (PAC). Son principe n’est pas nouveau mais, s’il paraît simple, sa mise en œuvre est complexe et coûteuse, ce qui a interdit sa diffusion dans le grand public pendant longtemps. Aujourd’hui, des progrès ont été réalisés et les applications envisageables sont nombreuses.

Les enjeux sont immenses, notamment dans le cas des transports, aujourd’hui exclusivement dépendants des énergies fossiles non renouvelables et très polluantes. Des véhicules électriques alimentés par une pile à combustible fonctionnant à l’hydrogène pourront remplacer avantageusement nos véhicules actuels : de nos voitures ne s’échappera plus que de l’eau ! Les constructeurs automobiles ont déployé depuis 2008 les premières applications de l’hydrogène dans les “flottes captives” : bus et véhicules utilitaires ont en effet un point de passage ou de stationnement obligé, ce qui facilite le ravitaillement. Les premières voitures particulières pourraient, quant à elles, commencer à pénétrer le marché entre 2010 et 2020.

Déjà, la micro-PAC produit les quelques watts nécessaires à l’alimentation d’appareils portables (téléphones, ordinateurs…), en multipliant par 5 leur autonomie par rapport aux systèmes actuels et permettant une recharge en un instant et n’importe où.

Les applications stationnaires d’une PAC capable de produire par exemple 1 MW sont également intéressantes. Elles pourraient être commercialisées à l’horizon 2010. Dans les habitations, l’hydrogène sera ainsi tout à la fois source de chaleur et d’électricité. Il permettra, de plus, d’alimenter en électricité les relais isolés qui ne peuvent être raccordés au réseau (sites montagneux, mer…).

Sur ce terrain, il peut devenir le parfait complément des énergies renouvelables. En effet, les énergies solaire ou éolienne ont l’inconvénient d’être intermittentes. Grâce à l’hydrogène, il devient possible de gérer ces aléas : en cas de surproduction, l’électricité excédentaire peut servir à produire de l’hydrogène ; lorsque la production est insuffisante, l’hydrogène peut à son tour être converti en électricité.

Les potentialités de ce gaz ne se limitent pas à la production d’électricité. Il peut également fournir de l’énergie par combustion. C’est déjà le cas dans le domaine spatial, où il sert à la propulsion des fusées. Il pourrait entrer également dans la composition de gaz de synthèse, ce qui permettrait d’obtenir des carburants plus énergétiques que les carburants actuels.

 

Présent partout… mais disponible nulle part

L’hydrogène est extrêmement abondant sur notre planète. Chaque molécule d’eau (H2O) en contient deux atomes. Or, l’eau couvre 70 % du globe terrestre. On trouve également de l’hydrogène dans les hydrocarbures qui sont issus de la combinaison d’atomes de carbone et d’hydrogène. De même la biomasse (organismes vivants, animaux ou végétaux) est donc une autre source potentielle d’hydrogène.

Mais bien qu’il soit l’élément le plus abondant de la planète, l’hydrogène n’existe pratiquement pas dans la nature à l’état pur. Il pourrait donc être converti en énergie de façon inépuisable… à condition de savoir le produire en quantité suffisante.

Il a heureusement l’avantage de pouvoir être produit à partir des trois grandes sources : fossile, nucléaire, biomasse. Mais pour être économiquement et écologiquement viable, sa production doit répondre à trois critères :

- la compétitivité : les coûts de production ne doivent pas être trop élevés

- le rendement énergétique : la production ne doit pas nécessiter trop d’énergie

- la propreté : le processus de fabrication doit être non polluant sous peine d’annuler l’un des principaux atouts de l’hydrogène.

Plusieurs méthodes sont aujourd’hui opérationnelles, mais aucune ne répond pour l’instant parfaitement à ces trois critères. Les coûts de production restent notamment très élevés, ce qui est un obstacle pour des utilisations massives. De nouvelles voies prometteuses sont en cours d’élaboration.

 

La production actuelle

Si l’hydrogène n’est quasiment pas utilisé dans le domaine de l’énergie, il est une des matières de base de l’industrie chimique et pétrochimique. Il est utilisé notamment pour la production d’ammoniac et de méthanol, pour le raffinage du pétrole ; il est également employé dans les secteurs de la métallurgie, de l’électronique, de la pharmacologie ainsi que dans le traitement de produits alimentaires. Pour couvrir ces besoins, 50 millions de tonnes d’hydrogène sont déjà produits chaque année. Mais si ces 50 millions de tonnes devaient servir à la production d’énergie, elles ne représenteraient que 1,5 % des besoins mondiaux d’énergie primaire. Utiliser l’hydrogène comme vecteur énergétique suppose donc d’augmenter énormément sa production.

 

Production d’hydrogène à partir des énergies fossiles

Aujourd’hui, 95 % de l’hydrogène est produit à partir des combustibles fossiles par reformage : cette réaction chimique casse les molécules d’hydrocarbures sous l’action de la chaleur pour en libérer l’hydrogène. Le vaporeformage du gaz naturel est le procédé le plus courant : le gaz naturel est exposé à de la vapeur d’eau très chaude, et libère ainsi l’hydrogène qu’il contient.

Mais la production d’hydrogène par reformage a l’inconvénient de rejeter du gaz carbonique (CO2) dans l’atmosphère, principal responsable de l’effet de serre. Pour éviter cela, la production d’hydrogène à partir de combustibles fossiles supposerait donc d’emprisonner le gaz carbonique par des techniques qui doivent faire l’objet de développements (on envisage, par exemple, de réinjecter le gaz carbonique dans les puits de pétrole épuisés).

L’hydrogène produit à partir du gaz naturel est le procédé le moins cher. Mais son prix de revient reste le triple de celui du gaz naturel. Comme ce mode de production est polluant et que les ressources en énergies fossiles sont appelées à décroître, diversifier les modes de production s’avère indispensable.

 

Production de l’hydrogène par décomposition de l’eau

Une voie possible consiste à dissocier les atomes d’oxygène et d’hydrogène combinés dans les molécules d’eau (selon la réaction H2O —> H2 + 1/2 O2). Cette solution est la plus intéressante en termes d’émission de gaz à effet de serre…

à condition toutefois d’opérer cette dissociation à partir de sources d’énergie elles-mêmes non émettrices de CO2.

Parmi les procédés envisageables, deux sont actuellement à l’étude : l’électrolyse et la dissociation de la molécule d’eau par cycles thermochimiques.

L’électrolyse permet de décomposer chimiquement l’eau en oxygène et hydrogène sous l’action d’un courant électrique. La production d’hydrogène par électrolyse peut se faire dans de petites unités réparties sur le territoire national. Pour être rentable, ce procédé exige de pouvoir disposer de courant électrique à très faible coût. Actuellement, la production d’hydrogène par électrolyse coûte 3 à 4 fois plus cher que la production par reformage du gaz naturel. Elle souffre de plus d’un mauvais rendement global. L’électrolyse à haute température, qui est une amélioration de l’électrolyse classique, permettrait d’obtenir de meilleurs rendements.

L’autre procédé de décomposition de la molécule d’eau par cycles thermochimiques permet d’opérer la dissociation de la molécule à des températures de l’ordre de 800° à 1000 °C. De telles températures pourraient être obtenues par le biais de réacteurs nucléaires à haute température de nouvelle génération, actuellement à l’étude, ou de centrales solaires.

 

Production directe à partir de la biomasse

La biomasse est une source de production d’hydrogène potentiellement très importante. Elle est constituée de tous les végétaux (bois, paille, etc.) qui se renouvellent à la surface de la Terre. L’hydrogène est produit par gazéification, laquelle permet l’obtention d’un gaz de synthèse (CO + H2). Après purification, celui-ci donne de l’hydrogène. Cette solution est attrayante car la quantité de CO2 émise au cours de la conversion de la biomasse en hydrogène est à peu près équivalente à celle qu’absorbent les plantes au cours de leur croissance ; l’écobilan est donc nul.

Un jour, il sera peut-être possible de produire de l’hydrogène à partir de bactéries et de micro-algues. On a en effet découvert récemment que certains de ces organismes avaient la particularité de produire de l’hydrogène sous l’action de la lumière. Mais ce procédé n’en est aujourd’hui qu’au stade du laboratoire.

Pour que l’hydrogène puisse réellement devenir le vecteur énergétique de demain, il faut qu’il soit disponible à tout moment et en tout point du territoire. Mettre au point des modes de transport, de stockage et de distribution efficaces représente donc un enjeu crucial.

 

Les réseaux de distribution

Dans les schémas actuels, la logique de distribution industrielle est en général la suivante : l’hydrogène est produit dans des unités centralisées, puis utilisé sur site ou transporté par gazoducs. Ce transport permet de connecter les principales sources de production aux principaux points de son utilisation.

Des réseaux de distribution d’hydrogène par gazoducs existent déjà dans différents pays pour approvisionner les industries chimiques et pétrochimiques (environ 1 050 km en France, en Allemagne et au Bénélux sont exploités par Air Liquide). La réalisation de ces infrastructures industrielles démontre que l’on dispose d’une bonne maîtrise de la génération et du transport d’hydrogène. Un bémol cependant : le coût du transport est environ 50 % plus élevé que celui du gaz naturel et une unité de volume d’hydrogène transporte trois fois moins d’énergie qu’une unité de volume de gaz naturel.

Pour distribuer l’hydrogène, des infrastructures de ravitaillement devront être développées.

La mise au point de stations-service ne semble pas poser de problèmes techniques particuliers. Une quarantaine de stations pilotes existent d’ailleurs déjà dans le monde, en particulier aux États-Unis, au Japon, en Allemagne et en Islande. Il faudra cependant du temps pour que ces stations-service couvrent tout le territoire, ce qui risque de freiner le développement de l’hydrogène dans les transports.

Pour pallier cette difficulté, certains constructeurs automobiles envisagent d’utiliser, plutôt que l’hydrogène lui-même, des carburants qui en contiennent. Dans ce cas, l’étape de reformage a lieu à bord du véhicule. L’intérêt du procédé est alors réduit puisque le reformage produit du dioxyde de carbone, principal responsable de l’effet de serre.

 

Le stockage de l’hydrogène

Concevoir des réservoirs à la fois compacts, légers, sûrs et peu coûteux est déterminant puisque c’est précisément cette possibilité de stockage qui rend l’hydrogène particulièrement attractif par rapport à l’électricité.

 

Stockage sous forme liquide

Conditionner l’hydrogène sous forme liquide est une solution a priori attrayante. C’est d’ailleurs sous cette forme qu’il est utilisé dans le domaine spatial. Mais c’est, après l’hélium, le gaz le plus difficile à liquéfier. Cette solution entraîne une dépense énergétique importante et des coûts élevés qui rendent son application plus difficile pour le grand public.

 

Stockage gazeux sous haute pression

Le conditionnement sous forme gazeuse est une option prometteuse. Les contraintes sont toutefois nombreuses.

Léger et volumineux, un tel gaz doit être comprimé au maximum pour réduire l’encombrement des réservoirs. Des progrès ont été faits : de 200 bars, pression des bouteilles distribuées dans l’industrie, la pression est passée à 350 bars aujourd’hui, et les développements concernent maintenant des réservoirs pouvant résister à des pressions de 700 bars. Mais cette compression a un coût. De plus, même comprimés à 700 bars, 4,6 litres d’hydrogène sont encore nécessaires pour produire autant d’énergie qu’avec 1 litre d’essence.

Le risque de fuite gazeuse doit également être pris en considération compte tenu du caractère inflammable et explosif de ce gaz dans certaines conditions. Or, en raison de la petite taille de sa molécule, l’hydrogène est capable de traverser de nombreux matériaux, y compris certains métaux. Il en fragilise, de plus, certains en les rendant cassants.

L’étude du stockage haute pression consiste donc, pour l’essentiel, à éprouver la résistance des matériaux à l’hydrogène sous pression. Ces matériaux doivent être résistants mais relativement légers (mobilité oblige). Les réservoirs métalliques, utilisés actuellement, se révèlent encore coûteux et lourds au regard de la quantité de gaz qu’ils peuvent emporter. Des réservoirs non plus métalliques mais en matériaux polymères sont en cours d’élaboration pour répondre à ces contraintes.

 

Stockage sous basse pression

Une autre solution consisterait à stocker l’hydrogène dans certains matériaux carbonés ou dans certains alliages métalliques capables d’absorber l’hydrogène et de le restituer lorsque cela est nécessaire. Ce mode de stockage fait actuellement l’objet de nombreuses études.

 

Les différentes filières technologiques

Il existe plusieurs types de piles à combustible qui se différencient par leur électrolyte. Ce dernier définit la température de fonctionnement de la pile et, de fait, son application. Il y a aujourd’hui deux obstacles majeurs au développement des applications commerciales des piles : des difficultés d’ordre technologique (compacité insuffisante, usure des matériaux trop rapide, rendements énergétiques perfectibles) et les coûts de fabrication.

Actuellement, les recherches visent à diminuer les coûts tout en améliorant les performances. Elles tournent principalement autour de deux familles de piles à électrolytes solides.

• La pile à membrane échangeuse de protons P.E.M.F.C. (Proton Exchange Membrane Fuel Cell) fonctionne à 80°C avec un électrolyte en polymère. C’est la plus prometteuse pour les transports. Les prototypes actuels pour les automobiles reviennent à 7 600 euros/kW. L’enjeu des recherches est de faire passer leur coût en dessous de 50 euros/kW.

Une variante, la pile à méthanol direct D.M.F.C. (Direct Methanol Membrane Fuel Cell) ou à éthanol direct D.E.F.C. (Direct Ethanol Membrane Fuel Cell), consomme directement l’hydrogène contenu dans l’alcool. Très compacte, elle est promise à l’alimentation de la micro-électronique et de l’outillage portatif.

• La pile à oxyde solide S.O.F.C. (Solid Oxide Fuel Cell), est séduisante pour les applications stationnaires, car sa température de fonctionnement très élevée (de l’ordre de 800°C) permet d’utiliser directement le gaz naturel sans reformage. De plus, la chaleur résiduelle peut être exploitée à son tour directement, ou servir à produire de l’électricité par le biais d’une turbine à gaz. Dans ce cas, le rendement global pourrait atteindre 80%.

 

L’hydrogène en toute sécurité

Bien que couramment utilisé dans l’industrie, l’hydrogène est souvent considéré comme un gaz dangereux. Cette image est essentiellement liée à l’accident du ballon dirigeable Hindenburg en 1937, même si nous savons aujourd’hui que la cause réelle de l’incendie n’était pas liée à l’hydrogène, mais à la nature extrêmement inflammable du vernis qui recouvrait l’enveloppe.

Au début du XXe siècle, l’hydrogène était utilisé couramment par le grand public dans le gaz de ville. Si ce mélange d’hydrogène et d’oxyde de carbone a été délaissé, c’est en raison de l’extrême toxicité de l’oxyde de carbone et non à cause de l’hydrogène.

Certes, l’hydrogène doit être utilisé avec précaution, mais il n’est pas plus dangereux que le gaz naturel : les risques sont simplement différents. Pour assurer une utilisation de l’hydrogène en toute sécurité, il faut essentiellement éviter tout risque de fuite, car l’hydrogène est inflammable et explosif, et toute situation de confinement peut s’avérer dangereuse. Ceci suppose l’utilisation de dispositifs de sécurité adéquats (ventilateurs, détecteurs…). De nombreuses études sont menées à chaque étape de la filière pour pallier ces risques. Le C.E.A. effectue, par exemple, des tests d’éclatement de chute et de perforation sur les réservoirs haute pression qu’il met au point.

Il est important de définir également des règles d’utilisation communes. La mise en place d’une économie hydrogène ne pourra se faire sans une harmonisation des normes et des réglementations au niveau européen et international. En 1990, l’International Standard Organisation (ISO), organisation internationale de normalisation, a ainsi créé un comité technique pour élaborer des normes dans le domaine de la production, du stockage, du transport et des diverses applications de l’hydrogène ; à titre d’exemple, le projet européen E.I.H.P. (European Integrated Hydrogen Project) émet des propositions de réglementation pour les véhicules à hydrogène et les infrastructures de distribution.

 

Inépuisable, respectueux de l’environnement, souple dans son utilisation, l’hydrogène offre de nombreux avantages. Combiné à l’électricité, il devrait permettre de satisfaire les principaux besoins en énergie de l’homme. Face à la pénurie des énergies fossiles qui se profile, l’intérêt de la filière hydrogène est incontestable. Mais avant que l’hydrogène n’entre dans notre vie quotidienne, des progrès doivent être faits à chaque étape de la filière : production, transport, stockage, utilisation.

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Fessenheim fermera d’ici 2022 : une escroquerie

 

Fessenheim fermera d’ici  2022 : une escroquerie

 

Rebelote pour la promesse de fermeture de Fessenheim. On se souvient que François Hollande avait promis cette fermeture pour la fin du quinquennat précédent en 2017 et que Ségolène Royal avait évoqué l’échéance de 2018. Cette fois François de Rugy, le nouveau ministre de l’environnement reprend à son compte les promesses de coiffeur. Fait nouveau, il considère qu’il faut maintenant déconnecter la mise en service de Flamanville de la fermeture de Fessenheim. Dès lors pourquoi ne ferme-t-il pas plutôt que prévu la centrale de Fessenheim sachant qu’on ne sait plus très bien quand sera mise en service Flamanville vers 2020, 2021ou  plus tard. On pourra toujours justifier d’éléments techniques au dernier moment pour reporter la fin de Fessenheim., Cette annonce est évidemment une pure fumisterie dans la mesure il s’agit de sacrifier une centrale sur l’autel de l’écologie afin de justifier le maintien,  la prolongation de 20 ans de toutes les autres et même le développement de trois à six centrales EPR dans les 10 ans à venir. Tout cela relève de la même arnaque que celle aussi de Mitterrand qui avait renoncé au projet d’une seule centrale à Plogoff pour mieux justifiait le développement des autres. L’EPR de Flamanville, dont la facture initiale a déjà triplé, à plus de 10 milliards d’euros, accuse aujourd’hui six ans de retard. Il aurait dû entrer en production en 2012 avant qu’une série d’incidents, liés notamment à la qualité des soudures, entravent sa progression. Cette semaine, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASM) a pointé «une défaillance de la surveillance» de l’électricien sur son chantier. Interrogée par Le Figaro, l’entreprise répond qu’elle a engagé «une surveillance encore plus accrue à Flamanville dès la détection des écarts de qualité sur certaines soudures et qu’elle va travailler avec l’ASN pour étendre la revue de la qualité de certains matériels». À défaut de connaître le calendrier de Flamanville, le gouvernement tente d’établir celui de Fessenheim: l’État va débloquer 10 millions d’euros dès le 1er janvier 2019 pour aider à la reconversion économique de la zone autour de la centrale actuelle, a dit de son côté Sébastien Lecornu, le secrétaire d’État à la Transition écologique. 10 millions jetés par les fenêtres comme les autres centaines de millions qu’on consacre  aux inutiles éoliennes qui font croire à l’opinion que les moulins à vent peuvent remplacer le nucléaire. Une autre politique énergétique sur le long terme est sans doute possible mais encore faudrait-il tenir compte des réalités et arrêter les promesses de coiffeur des gouvernements successifs.

 

Pétrole Iran : troc avec L’Europe ?

Pétrole Iran : troc avec L’Europe ?

Pour contourner les sanctions américaines vis-à-vis de l’Iran, l’Europe envisage de constituer une sorte de structure de troc pour continuer à commercer entre les deux zones. Cette structure passerait par la médiation d’une sorte de bourse qui espère-t-elle mettrait  à l’abri de sanctions américaines. SPV, pour Special Purpose Vehicle (Véhicule spécial à objectif)., c’est le nom de la future entité ad hoc européenne chargée de permettre aux sociétés de la communauté européenne de poursuivre légalement leurs échanges avec l’Iran tout en évitant de s’exposer aux sanctions américaines. L’annonce a été rendue publique, lundi soir, par Federica Mogherini à la sortie d’une réunion entre Européens, Russe et Chinois, consacrée à la sauvegarde de l’accord nucléaire de 2015, après la sortie fracassante des Etats-Unis en mai dernier. Le système SPV anticipe la mise en œuvre d’une nouvelle vague de sanctions américaines qui frappera directement, à compter du 4 novembre, les exportations de pétrole iraniennes et les opérations bancaires avec ce pays. « Ce véhicule aurait vocation à constituer un cadre autonome permettant de mettre en place une bourse d’échanges avec l’Iran, explique Me Mahasti Razavi, associé du cabinet August Debouzy. Sa structure pourrait éviter aux entreprises européennes d’être en interaction directe avec des sociétés iraniennes et ainsi d’être préservées des dispositions extraterritoriales des lois américaines ». Les échanges commerciaux entre l’Iran et l’Union européenne se sont élevés à 20 milliards d’euros en 2017.

Gazole : prix bientôt au niveau de l’essence

Gazole : prix bientôt  au niveau de  l’essence

 

 

Progressivement, le prix du gasoil se rapproche de celui de l’essence ce qui explique la mutation progressive du parc vers l’essence pour les nouvelles immatriculations. On sait par ailleurs que le prix d’achat d’un véhicule à gasoil est beaucoup plus important que celui d’un véhicule à essence et qu’il devient donc de plus en plus difficile d’amortir ce différentiel de coût sans parler des prix de revente des véhicules qui ont tendance à s’écrouler. Dernier élément qui pèse sur l’avenir du diesel : la perspective de sa prochaine interdiction vers les années 2030-2040. Au total l’amputation du budget des ménages sera de leurs deux 250 € par an. Selon le ministère de la Transition écologique, les taxes augmenteront, au 1er janvier prochain, de 6,5 centimes sur le diesel et de 2,9 centimes sur l’essence. La seule hausse des taxes sur le gazole coûtera 1,9 milliard aux ménages. Ce n’est pas une surprise. Lundi dernier, la ministre des Transports avait expliqué qu’«il y a un rattrapage qui continue entre le diesel et l’essence». D’ici 2020, «la taxe va augmenter de 7 centimes et c’est la trajectoire qui a été annoncée sur le quinquennat. L’essence doit augmenter de 4 centimes», a-t-elle annoncé. La dépense annuelle de carburant par foyer est aujourd’hui, selon l’Insee, de 1700 euros. D’ici à 2022, l’augmentation des taxes devrait représenter un coût supplémentaire de 240 euros par an, voire de 370 euros si le foyer concerné parcourt plus de 20.000 kilomètres par an, explique RTL.

 

 

Pétrole: baisse des prix : on verra plus tard ! (OPEP)

Pétrole: baisse des prix : on verra plus tard ! (OPEP)

 

 

Les membres de l’OPEP qui se sont mis d’accord sur un contrôle de la production du pétrole depuis 2016 semblent avoir été peu impressionné par la mise en demeure de Trump d’augmenter la production afin de faire baisser les prix. Il est vrai que l’accord de 2016 a eu du mal à se mettre en marche. Progressivement cependant la production a été davantage contrôlée et parallèlement en 2017 la croissance mondiale s’est un peu emballée, du coup, mécaniquement les prix du pétrole se sont nettement envolés en raison du déséquilibre offre-demande. En 2018, la situation est différente puisqu’un tassement de l’économie mondiale s’amorce et pourrait se poursuivre en 2019 et 2020 selon les institutions internationales.  En outre,  la conjoncture économique internationale mondiale pourrait être impactée d’une part par les risques liés à un éventuel éclatement de la bulle financière de la dette, aussi par les conséquences des sanctions américaines sur les importations notamment chinoises mais pas seulement. La croissance pourrait donc fléchir et la demande de pétrole avec ;  ce que pensent les membres de l’OPEP cités qui ne veulent pas répondre aujourd’hui de manière positive à l’appel du président américain. Ils déclarent qu’ils étudieront une possible hausse de la production « au moment approprié », « Si l’équilibre entre l’offre et la demande reste satisfaisant, nous continuons de les surveiller de près et nous répondrons de manière appropriée et au moment approprié, autant que cela sera nécessaire », a indiqué Khalid Al-Falih, président du Comité ministériel de suivi de cet accord (JMMC), semblant répondre aux pressions du président américain.  Donald Trump souhaite notamment que les pays de l’OPEP compensent la baisse de production de l’Iran suite aux sanctions économiques américaines.

Gaz : encore une hausse

Gaz : encore une hausse

 

Après de nombreux produits et surtout de nombreux services, le gaz lui aussi va subir une augmentation qui fait d’ailleurs douter de la pertinence méthodologique de l’observation des prix par l’INSEE. En effet les dépenses contraintes ne cessent d’augmenter tandis que les dépenses ajustables se réduisent de plus en plus dans le budget des ménages. Il s’agit des tarifs réglementés du gaz  qui par ailleurs vont disparaître d’ici 2024. Il faudra s’attendre pour ce type d’énergie à des fluctuations très importantes des prix comme on n’en constate les tarifs non réglementés. Pour le chauffage, on  constate par exemple des évolutions des niveaux tarifaires qui varient du simple au double. On comprend que le prix du gaz doive suivre l’indicateur majeur que constitue les prix du pétrole qui s’envole depuis plusieurs mois. Reste une augmentation de 3 % des tarifs réglementés va encore peser sur le pouvoir d’achat des ménages d’autant qu’il a été décidé de limiter l’augmentation par exemple des pensions de seulement 0,3 % en 2009 et 2020 alors qu’actuellement l’inflation annuelle de croissance de 2,3 %.  Cette majoration de 3% au 1er octobre va concerner un peu moins de 4,5 millions de foyers. Il s’agit de la frange de la population qui est encore abonnée aux tarifs réglementés du gaz.

L’hydrogène, la solution ?

L’hydrogène, la solution ?

 

 

Il est bien difficile de trouver des articles un peu objectifs sur les potentialités des différentes énergies qualifiées de nouvelles. En effet la plupart du temps la littérature sur chaque source d’énergie est surtout le fait de lobbies qui vantent  les mérites des intérêts qu’ils représentent, c’est le cas du nucléaire évidemment mais tout autant par exemple du lobby du solaire, de l’éolienne ou encore de l’hydrogène. Un article intéressant émanant du blog cavainc.blogspot.com  essaye de faire le point sur le sujet, il évoque les potentialités mais souligne aussi toutes les difficultés qui restent à résoudre en matière de production, aujourd’hui encore trop polluantes et/ou  trop peu compétitives,  et en matière de transport,  de stockage et d utilisations notamment les risques d’explosion.

 

« L’hydrogène apporte à l’électricité la souplesse d’utilisation qui lui fait défaut. En effet, si l’on sait produire de l’électricité de multiples façons, on ne sait pas la stocker efficacement. Les batteries sont coûteuses et n’offrent qu’une autonomie très limitée. L’hydrogène, lui, peut être stocké. Ainsi, avec une réserve d’hydrogène et une pile à combustible, il devient possible de produire de l’électricité n’importe où et n’importe quand, sans être relié au réseau électrique. Grâce à l’hydrogène et à la pile à combustible, électricité et mobilité deviennent plus aisément compatibles.

Petit historique de l’hydrogène

C’est en 1766 que le chimiste britannique Henry Cavendish parvint à isoler une nouvelle substance gazeuse qui brûlait dans l’air, et qu’il appela pour cela “air inflammable”. Pour arriver à ses fins, il recueillit avec beaucoup de soins, dans des vessies de porc, le gaz produit par l’action de l’acide chlorhydrique sur le fer, le zinc, l’étain, et découvrit qu’au moment où le gaz s’échappait de la vessie il brûlait avec une même flamme bleue pour chacun des échantillons dès qu’on l’allumait.

L’hydrogène doit son nom au chimiste français Antoine-Laurent de Lavoisier, qui effectua peu de temps après en 1781 la synthèse de l’eau. En 1804 le Français Louis-Joseph Gay-Lussac et l’Allemand Alexander von Humboldt démontrèrent conjointement que l’eau est composée d’un volume d’oxygène pour deux volumes d’hydrogène, et c’est en 1839 que l’Anglais William R. Grove découvrît le principe de la pile à combustible : il s’agit d’une réaction chimique entre l’hydrogène et l’oxygène avec production simultanée d’électricité, de chaleur et d’eau.

Dans les années 1939-1953 l’Anglais Francis T. Bacon fît progresser les générateurs chimiques d’électricité, qui permirent la réalisation du premier prototype industriel de puissance, et à partir de 1960 la NASA utilisa la pile à combustible pour alimenter en électricité ses véhicules spatiaux (programmes Apollo et Gemini).

 

Une petite molécule pleine d’énergie

La molécule d’hydrogène que nous utilisons le plus couramment est composée de deux atomes d’hydrogène (H2). Incolore, inodore, non corrosive, cette molécule a l’avantage d’être particulièrement énergétique : la combustion de 1 kg d’hydrogène libère environ 3 fois plus d’énergie qu’1 kg d’essence (soit 120 MJ/kg contre 45 MJ/kg pour l’essence). En revanche, comme l’hydrogène est le plus léger des éléments, il occupe, à poids égal, beaucoup plus de volume qu’un autre gaz. Ainsi, pour produire autant d’énergie qu’avec 1 litre d’essence, il faut 4,6 litres d’hydrogène comprimé à 700 bars. Ces volumes importants sont une contrainte pour le transport et le stockage sous forme gazeuse.

Comme de nombreux combustibles, l’hydrogène peut s’enflammer ou exploser au contact de l’air. Il doit donc être utilisé avec précaution. Mais la petitesse de ses molécules lui permet de diffuser très rapidement dans l’air (quatre fois plus vite que le gaz naturel), ce qui est un facteur positif pour la sécurité.

 

Une technologie d’avenir déjà ancienne

Le développement de la filière hydrogène repose en grande partie sur la technologie de la pile à combustible (PAC). Son principe n’est pas nouveau mais, s’il paraît simple, sa mise en œuvre est complexe et coûteuse, ce qui a interdit sa diffusion dans le grand public pendant longtemps. Aujourd’hui, des progrès ont été réalisés et les applications envisageables sont nombreuses.

Les enjeux sont immenses, notamment dans le cas des transports, aujourd’hui exclusivement dépendants des énergies fossiles non renouvelables et très polluantes. Des véhicules électriques alimentés par une pile à combustible fonctionnant à l’hydrogène pourront remplacer avantageusement nos véhicules actuels : de nos voitures ne s’échappera plus que de l’eau ! Les constructeurs automobiles ont déployé depuis 2008 les premières applications de l’hydrogène dans les “flottes captives” : bus et véhicules utilitaires ont en effet un point de passage ou de stationnement obligé, ce qui facilite le ravitaillement. Les premières voitures particulières pourraient, quant à elles, commencer à pénétrer le marché entre 2010 et 2020.

Déjà, la micro-PAC produit les quelques watts nécessaires à l’alimentation d’appareils portables (téléphones, ordinateurs…), en multipliant par 5 leur autonomie par rapport aux systèmes actuels et permettant une recharge en un instant et n’importe où.

Les applications stationnaires d’une PAC capable de produire par exemple 1 MW sont également intéressantes. Elles pourraient être commercialisées à l’horizon 2010. Dans les habitations, l’hydrogène sera ainsi tout à la fois source de chaleur et d’électricité. Il permettra, de plus, d’alimenter en électricité les relais isolés qui ne peuvent être raccordés au réseau (sites montagneux, mer…).

Sur ce terrain, il peut devenir le parfait complément des énergies renouvelables. En effet, les énergies solaire ou éolienne ont l’inconvénient d’être intermittentes. Grâce à l’hydrogène, il devient possible de gérer ces aléas : en cas de surproduction, l’électricité excédentaire peut servir à produire de l’hydrogène ; lorsque la production est insuffisante, l’hydrogène peut à son tour être converti en électricité.

Les potentialités de ce gaz ne se limitent pas à la production d’électricité. Il peut également fournir de l’énergie par combustion. C’est déjà le cas dans le domaine spatial, où il sert à la propulsion des fusées. Il pourrait entrer également dans la composition de gaz de synthèse, ce qui permettrait d’obtenir des carburants plus énergétiques que les carburants actuels.

 

Présent partout… mais disponible nulle part

L’hydrogène est extrêmement abondant sur notre planète. Chaque molécule d’eau (H2O) en contient deux atomes. Or, l’eau couvre 70 % du globe terrestre. On trouve également de l’hydrogène dans les hydrocarbures qui sont issus de la combinaison d’atomes de carbone et d’hydrogène. De même la biomasse (organismes vivants, animaux ou végétaux) est donc une autre source potentielle d’hydrogène.

Mais bien qu’il soit l’élément le plus abondant de la planète, l’hydrogène n’existe pratiquement pas dans la nature à l’état pur. Il pourrait donc être converti en énergie de façon inépuisable… à condition de savoir le produire en quantité suffisante.

Il a heureusement l’avantage de pouvoir être produit à partir des trois grandes sources : fossile, nucléaire, biomasse. Mais pour être économiquement et écologiquement viable, sa production doit répondre à trois critères :

- la compétitivité : les coûts de production ne doivent pas être trop élevés

- le rendement énergétique : la production ne doit pas nécessiter trop d’énergie

- la propreté : le processus de fabrication doit être non polluant sous peine d’annuler l’un des principaux atouts de l’hydrogène.

Plusieurs méthodes sont aujourd’hui opérationnelles, mais aucune ne répond pour l’instant parfaitement à ces trois critères. Les coûts de production restent notamment très élevés, ce qui est un obstacle pour des utilisations massives. De nouvelles voies prometteuses sont en cours d’élaboration.

 

La production actuelle

Si l’hydrogène n’est quasiment pas utilisé dans le domaine de l’énergie, il est une des matières de base de l’industrie chimique et pétrochimique. Il est utilisé notamment pour la production d’ammoniac et de méthanol, pour le raffinage du pétrole ; il est également employé dans les secteurs de la métallurgie, de l’électronique, de la pharmacologie ainsi que dans le traitement de produits alimentaires. Pour couvrir ces besoins, 50 millions de tonnes d’hydrogène sont déjà produits chaque année. Mais si ces 50 millions de tonnes devaient servir à la production d’énergie, elles ne représenteraient que 1,5 % des besoins mondiaux d’énergie primaire. Utiliser l’hydrogène comme vecteur énergétique suppose donc d’augmenter énormément sa production.

 

Production d’hydrogène à partir des énergies fossiles

Aujourd’hui, 95 % de l’hydrogène est produit à partir des combustibles fossiles par reformage : cette réaction chimique casse les molécules d’hydrocarbures sous l’action de la chaleur pour en libérer l’hydrogène. Le vaporeformage du gaz naturel est le procédé le plus courant : le gaz naturel est exposé à de la vapeur d’eau très chaude, et libère ainsi l’hydrogène qu’il contient.

Mais la production d’hydrogène par reformage a l’inconvénient de rejeter du gaz carbonique (CO2) dans l’atmosphère, principal responsable de l’effet de serre. Pour éviter cela, la production d’hydrogène à partir de combustibles fossiles supposerait donc d’emprisonner le gaz carbonique par des techniques qui doivent faire l’objet de développements (on envisage, par exemple, de réinjecter le gaz carbonique dans les puits de pétrole épuisés).

L’hydrogène produit à partir du gaz naturel est le procédé le moins cher. Mais son prix de revient reste le triple de celui du gaz naturel. Comme ce mode de production est polluant et que les ressources en énergies fossiles sont appelées à décroître, diversifier les modes de production s’avère indispensable.

 

Production de l’hydrogène par décomposition de l’eau

Une voie possible consiste à dissocier les atomes d’oxygène et d’hydrogène combinés dans les molécules d’eau (selon la réaction H2O —> H2 + 1/2 O2). Cette solution est la plus intéressante en termes d’émission de gaz à effet de serre…

à condition toutefois d’opérer cette dissociation à partir de sources d’énergie elles-mêmes non émettrices de CO2.

Parmi les procédés envisageables, deux sont actuellement à l’étude : l’électrolyse et la dissociation de la molécule d’eau par cycles thermochimiques.

L’électrolyse permet de décomposer chimiquement l’eau en oxygène et hydrogène sous l’action d’un courant électrique. La production d’hydrogène par électrolyse peut se faire dans de petites unités réparties sur le territoire national. Pour être rentable, ce procédé exige de pouvoir disposer de courant électrique à très faible coût. Actuellement, la production d’hydrogène par électrolyse coûte 3 à 4 fois plus cher que la production par reformage du gaz naturel. Elle souffre de plus d’un mauvais rendement global. L’électrolyse à haute température, qui est une amélioration de l’électrolyse classique, permettrait d’obtenir de meilleurs rendements.

L’autre procédé de décomposition de la molécule d’eau par cycles thermochimiques permet d’opérer la dissociation de la molécule à des températures de l’ordre de 800° à 1000 °C. De telles températures pourraient être obtenues par le biais de réacteurs nucléaires à haute température de nouvelle génération, actuellement à l’étude, ou de centrales solaires.

 

Production directe à partir de la biomasse

La biomasse est une source de production d’hydrogène potentiellement très importante. Elle est constituée de tous les végétaux (bois, paille, etc.) qui se renouvellent à la surface de la Terre. L’hydrogène est produit par gazéification, laquelle permet l’obtention d’un gaz de synthèse (CO + H2). Après purification, celui-ci donne de l’hydrogène. Cette solution est attrayante car la quantité de CO2 émise au cours de la conversion de la biomasse en hydrogène est à peu près équivalente à celle qu’absorbent les plantes au cours de leur croissance ; l’écobilan est donc nul.

Un jour, il sera peut-être possible de produire de l’hydrogène à partir de bactéries et de micro-algues. On a en effet découvert récemment que certains de ces organismes avaient la particularité de produire de l’hydrogène sous l’action de la lumière. Mais ce procédé n’en est aujourd’hui qu’au stade du laboratoire.

Pour que l’hydrogène puisse réellement devenir le vecteur énergétique de demain, il faut qu’il soit disponible à tout moment et en tout point du territoire. Mettre au point des modes de transport, de stockage et de distribution efficaces représente donc un enjeu crucial.

 

Les réseaux de distribution

Dans les schémas actuels, la logique de distribution industrielle est en général la suivante : l’hydrogène est produit dans des unités centralisées, puis utilisé sur site ou transporté par gazoducs. Ce transport permet de connecter les principales sources de production aux principaux points de son utilisation.

Des réseaux de distribution d’hydrogène par gazoducs existent déjà dans différents pays pour approvisionner les industries chimiques et pétrochimiques (environ 1 050 km en France, en Allemagne et au Bénélux sont exploités par Air Liquide). La réalisation de ces infrastructures industrielles démontre que l’on dispose d’une bonne maîtrise de la génération et du transport d’hydrogène. Un bémol cependant : le coût du transport est environ 50 % plus élevé que celui du gaz naturel et une unité de volume d’hydrogène transporte trois fois moins d’énergie qu’une unité de volume de gaz naturel.

Pour distribuer l’hydrogène, des infrastructures de ravitaillement devront être développées.

La mise au point de stations-service ne semble pas poser de problèmes techniques particuliers. Une quarantaine de stations pilotes existent d’ailleurs déjà dans le monde, en particulier aux États-Unis, au Japon, en Allemagne et en Islande. Il faudra cependant du temps pour que ces stations-service couvrent tout le territoire, ce qui risque de freiner le développement de l’hydrogène dans les transports.

Pour pallier cette difficulté, certains constructeurs automobiles envisagent d’utiliser, plutôt que l’hydrogène lui-même, des carburants qui en contiennent. Dans ce cas, l’étape de reformage a lieu à bord du véhicule. L’intérêt du procédé est alors réduit puisque le reformage produit du dioxyde de carbone, principal responsable de l’effet de serre.

 

Le stockage de l’hydrogène

Concevoir des réservoirs à la fois compacts, légers, sûrs et peu coûteux est déterminant puisque c’est précisément cette possibilité de stockage qui rend l’hydrogène particulièrement attractif par rapport à l’électricité.

 

Stockage sous forme liquide

Conditionner l’hydrogène sous forme liquide est une solution a priori attrayante. C’est d’ailleurs sous cette forme qu’il est utilisé dans le domaine spatial. Mais c’est, après l’hélium, le gaz le plus difficile à liquéfier. Cette solution entraîne une dépense énergétique importante et des coûts élevés qui rendent son application plus difficile pour le grand public.

 

Stockage gazeux sous haute pression

Le conditionnement sous forme gazeuse est une option prometteuse. Les contraintes sont toutefois nombreuses.

Léger et volumineux, un tel gaz doit être comprimé au maximum pour réduire l’encombrement des réservoirs. Des progrès ont été faits : de 200 bars, pression des bouteilles distribuées dans l’industrie, la pression est passée à 350 bars aujourd’hui, et les développements concernent maintenant des réservoirs pouvant résister à des pressions de 700 bars. Mais cette compression a un coût. De plus, même comprimés à 700 bars, 4,6 litres d’hydrogène sont encore nécessaires pour produire autant d’énergie qu’avec 1 litre d’essence.

Le risque de fuite gazeuse doit également être pris en considération compte tenu du caractère inflammable et explosif de ce gaz dans certaines conditions. Or, en raison de la petite taille de sa molécule, l’hydrogène est capable de traverser de nombreux matériaux, y compris certains métaux. Il en fragilise, de plus, certains en les rendant cassants.

L’étude du stockage haute pression consiste donc, pour l’essentiel, à éprouver la résistance des matériaux à l’hydrogène sous pression. Ces matériaux doivent être résistants mais relativement légers (mobilité oblige). Les réservoirs métalliques, utilisés actuellement, se révèlent encore coûteux et lourds au regard de la quantité de gaz qu’ils peuvent emporter. Des réservoirs non plus métalliques mais en matériaux polymères sont en cours d’élaboration pour répondre à ces contraintes.

 

Stockage sous basse pression

Une autre solution consisterait à stocker l’hydrogène dans certains matériaux carbonés ou dans certains alliages métalliques capables d’absorber l’hydrogène et de le restituer lorsque cela est nécessaire. Ce mode de stockage fait actuellement l’objet de nombreuses études.

 

Les différentes filières technologiques

Il existe plusieurs types de piles à combustible qui se différencient par leur électrolyte. Ce dernier définit la température de fonctionnement de la pile et, de fait, son application. Il y a aujourd’hui deux obstacles majeurs au développement des applications commerciales des piles : des difficultés d’ordre technologique (compacité insuffisante, usure des matériaux trop rapide, rendements énergétiques perfectibles) et les coûts de fabrication.

Actuellement, les recherches visent à diminuer les coûts tout en améliorant les performances. Elles tournent principalement autour de deux familles de piles à électrolytes solides.

• La pile à membrane échangeuse de protons P.E.M.F.C. (Proton Exchange Membrane Fuel Cell) fonctionne à 80°C avec un électrolyte en polymère. C’est la plus prometteuse pour les transports. Les prototypes actuels pour les automobiles reviennent à 7 600 euros/kW. L’enjeu des recherches est de faire passer leur coût en dessous de 50 euros/kW.

Une variante, la pile à méthanol direct D.M.F.C. (Direct Methanol Membrane Fuel Cell) ou à éthanol direct D.E.F.C. (Direct Ethanol Membrane Fuel Cell), consomme directement l’hydrogène contenu dans l’alcool. Très compacte, elle est promise à l’alimentation de la micro-électronique et de l’outillage portatif.

• La pile à oxyde solide S.O.F.C. (Solid Oxide Fuel Cell), est séduisante pour les applications stationnaires, car sa température de fonctionnement très élevée (de l’ordre de 800°C) permet d’utiliser directement le gaz naturel sans reformage. De plus, la chaleur résiduelle peut être exploitée à son tour directement, ou servir à produire de l’électricité par le biais d’une turbine à gaz. Dans ce cas, le rendement global pourrait atteindre 80%.

 

L’hydrogène en toute sécurité

Bien que couramment utilisé dans l’industrie, l’hydrogène est souvent considéré comme un gaz dangereux. Cette image est essentiellement liée à l’accident du ballon dirigeable Hindenburg en 1937, même si nous savons aujourd’hui que la cause réelle de l’incendie n’était pas liée à l’hydrogène, mais à la nature extrêmement inflammable du vernis qui recouvrait l’enveloppe.

Au début du XXe siècle, l’hydrogène était utilisé couramment par le grand public dans le gaz de ville. Si ce mélange d’hydrogène et d’oxyde de carbone a été délaissé, c’est en raison de l’extrême toxicité de l’oxyde de carbone et non à cause de l’hydrogène.

Certes, l’hydrogène doit être utilisé avec précaution, mais il n’est pas plus dangereux que le gaz naturel : les risques sont simplement différents. Pour assurer une utilisation de l’hydrogène en toute sécurité, il faut essentiellement éviter tout risque de fuite, car l’hydrogène est inflammable et explosif, et toute situation de confinement peut s’avérer dangereuse. Ceci suppose l’utilisation de dispositifs de sécurité adéquats (ventilateurs, détecteurs…). De nombreuses études sont menées à chaque étape de la filière pour pallier ces risques. Le C.E.A. effectue, par exemple, des tests d’éclatement de chute et de perforation sur les réservoirs haute pression qu’il met au point.

Il est important de définir également des règles d’utilisation communes. La mise en place d’une économie hydrogène ne pourra se faire sans une harmonisation des normes et des réglementations au niveau européen et international. En 1990, l’International Standard Organisation (ISO), organisation internationale de normalisation, a ainsi créé un comité technique pour élaborer des normes dans le domaine de la production, du stockage, du transport et des diverses applications de l’hydrogène ; à titre d’exemple, le projet européen E.I.H.P. (European Integrated Hydrogen Project) émet des propositions de réglementation pour les véhicules à hydrogène et les infrastructures de distribution.

 

Inépuisable, respectueux de l’environnement, souple dans son utilisation, l’hydrogène offre de nombreux avantages. Combiné à l’électricité, il devrait permettre de satisfaire les principaux besoins en énergie de l’homme. Face à la pénurie des énergies fossiles qui se profile, l’intérêt de la filière hydrogène est incontestable. Mais avant que l’hydrogène n’entre dans notre vie quotidienne, des progrès doivent être faits à chaque étape de la filière : production, transport, stockage, utilisation.

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Fioul domestique : l’envol des prix

Fioul domestique : l’envol des prix

 

C’est évidemment la mauvaise surprise de la rentrée, la hausse du fioul domestique atteint environ 30 % sur un an. En clair il faut compter presque 1000 € pour 1000 l de fioul. En cause évidemment, comme pour le carburant auto, la hausse du prix du baril de pétrole. Mais ceci n’explique pas tout il faut y ajouter la fiscalité supplémentaire qu’a imposé le gouvernement pour parait-il lutter contre le réchauffement climatique. Dans la plupart des cas, des Français devront donc dépenser près de 2000 € pour chauffer leur résidence, soit une ponction de leur de 500 €. Le résultat de la politique économique du gouvernement qui non seulement a augmenté la TVA en 2018 de l’ordre de 15 milliards alors que dans le même temps il consentait 6 à 8 milliards de réductions fiscales aux plus riches.  D’après les chiffres mêmes du ministère de la transition écologique et solidaire, le  prix du fioul s’est envolé en un an, passant de 0,727 centime en septembre 2017 à 0,915 centime fin août 2018, soit un bond de 26%, selon les prix de ventes moyens nationaux collectés par le ministère de la transition écologique et solidaire. 

Nucléaire : pas de statu quo !!! (De Rugy)

Nucléaire : pas de  statu quo !!! (De Rugy)

 

Une déclaration de de RuGY nouveau ministre de la transition écologique qui ressemble à une pétition de PRINCIPE. Deux rugy affirment avoir quelques idées sur la question ! Ce qui est heureux pour un ministre DE L’ENVIRONNEMENT. Mais rien DE REELLEMENT NOUVEAU, comme HULOT (ER et Ségolène Royal avant),   il affirme qu’il serait nécessaire de fermer des centrales nucléaires anciennes EN PLUS DE FESSENHEIM. Il emet des réserves sur la filière EPR en attendant qu’elle fasse la démonstration DE SON EFFICACITE. Bref du rugy  dans le texte qui dit tout et le contraire et qui pour l’instant parle dans le vide tant que Macon n’aura pas décidé de la part du nucléaire et du développemende la filière EPR. De Rugy reprend aussi à son compte une éventuelle modification de la structure EDF mais sans trop se mouiller pour l’instant Le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire estime que le statu quo sur l’architecture d’EDF « n’est pas dans l’intérêt de l’Etat et de l’entreprise », dans un entretien publié lundi par le quotidien Le Monde. « J’ai quelques idées sur la question. On en reparlera avec le président de la République, avec le Premier ministre, avec les principaux concernés. Je ne suis pas pour le changement par principe », ajoute cependant François de Rugy. Le scénario d’une scission d’EDF entre activités nucléaires et renouvelables circule depuis plusieurs mois. Prié de dire si l’Etat devait s’engager sur la construction d’un nouveau réacteur EPR, il répond : « il faudrait déjà qu’EDF fasse la démonstration que l’EPR fonctionne, ce qui n’est pas encore le cas. Personne n’est capable de garantir sa date de mise en service. Il faudrait également démontrer que l’EPR est compétitif au niveau des coûts. »Quant à faire figurer dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) attendue fin octobre une liste de réacteurs à stopper et un calendrier de fermeture, « on ne peut pas toujours renvoyer les choix à plus tard », dit-il. »On dira les choses de façon assez précise, avec des étapes », poursuit le successeur de Nicolas Hulot. « Quoi qu’il en soit, il faudra arrêter d’autres réacteurs que Fessenheim. »A la question de savoir si le nucléaire est encore une énergie d’avenir, François de Rugy répond : « Spontanément, ma réponse est non. Mais il faut sortir de la guerre de religion. »"L’important est de savoir quelles sont les données économiques dans le domaine du nucléaire et dans le domaine des énergies renouvelables. De savoir aussi quelles sont les données en matière de sûreté. Le risque nucléaire n’est pas un petit risque qu’on peut balayer d’un revers de la main », ajoute-t-il.

Nucléaire mondial : hausse ou baisse ?

Nucléaire mondial : hausse ou baisse ?

 

Un rapport assez contradictoire de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), agence onusienne qui prévoit soit une réduction de 10%, soit contraire une augmentation de 30 % d’ici 2030.   « Un nombre considérable de réacteurs [devant] être désaffectés vers 2030 et ensuite », la capacité nucléaire du parc mondial pourrait s’avérer de 10% plus basse que les 392 gigawatts (GW) recensés fin 2017. Selon l’hypothèse basse de l’AIEA, le parc nucléaire pourrait décroître de près d’un tiers en Europe et en Amérique du Nord d’ici à 2030. Globalement, la place du nucléaire dans le mix énergétique mondial pourrait passer de chuter de 5,7% aujourd’hui (avec 455 réacteurs nucléaires en activité, soit une capacité installée record de 399,8 GW), à 2,8% en 2050. L’énergie nucléaire suscitant toujours un « fort intérêt » dans le monde en développement notamment en Asie, « où des pays comme la Chine et l’Inde nécessitent d’énormes quantités d’électricité », l’AIEA développe également une hypothèse nettement plus optimiste qui prévoit, elle, une hausse de 30% des capacités nucléaires mondiales d’ici 2030, à 511 GW.

Énergie : pour un débat dépassionné (Eric Besson)

Énergie : pour un débat  dépassionné (Eric Besson)

 

 

. Par Eric Besson, ancien ministre, président fondateur d’Eric Besson Consulting milite pour un débat moins caricatural et moins clivant. (Article de la Tribune).

 

« Comme l’a très justement rappelé le Président Macron devant le Congrès américain : « Il n’y a pas de planète B ! ». C’est pour répondre à ce défi majeur que les 196 pays signataires de l’Accord de Paris se sont engagés à limiter la hausse de température à 2°C d’ici à 2100. Pour cela, l’article 4 de l’Accord prévoit de viser la « neutralité carbone » dans les meilleurs délais.

Autrement dit, ce sont nos modes de production et de consommation de l’énergie qui doivent être entièrement transformés. Une « révolution dans nos façons de penser et décider » que le Président Sarkozy avait déjà appelée de ses vœux lors de son discours de clôture du Grenelle de l’Environnement en 2007.

Malheureusement, l’épisode caniculaire a aussi été l’occasion d’un énième affrontement idéologique au sujet du mix énergétique français, alors qu’EDF annonçait la fermeture de quatre tranches de centrales nucléaires en raison de la météo. Comme trop souvent, le débat s’est polarisé entre « pro » et « anti », sans soucis de cohérence ni d’efficacité.

Les « anti » éolien ont profité de la situation anticyclonique, avec des vents très faibles, pour ironiser sur le fait que les maxima produit ces derniers mois atteignent à peine le tiers de la puissance installée, avec des variations très fortes d’un jour à l’autre qui supposent que d’autres capacités soient nécessairement appelées en renfort. Des capacités fossiles, le plus souvent.

Les « pro » solaire, dans le même temps, ont mis en avant les avantages du photovoltaïque durant cette période, négligeant son caractère extrême et rare, ainsi que la variabilité inévitable de 100% entre le jour et la nuit.

Les « anti » nucléaire, de leur côté, ont pris prétexte de la mise à l’arrêt de quelques tranches de centrales, pour prétendre que l’énergie nucléaire était en quelque sorte intermittente et inadaptée au changement climatique. Pourtant, ces arrêts avaient une cause écologique (ne pas réchauffer les cours d’eau) et non pas technique, et ont surtout représenté un pourcentage assez faible du parc, à une période de l’année où la production n’est pas en tension.

Ces « chicayas » ne sont pas à la hauteur des enjeux actuels. Car, en réalité, que nous enseignent les tendances qui structurent actuellement le paysage énergétique ?

Tout d’abord, il est évident que les énergies renouvelables (EnR) sont notre avenir. Parce qu’elles sont virtuellement illimitées, bien sûr, mais surtout en raison de leurs faibles émissions de Co2. Année après année, les EnR ont réussi à lever bon nombre des difficultés techniques et économiques qui semblaient devoir les restreindre : leurs coûts de production ont baissé à un rythme soutenu, et le stockage d’électricité continue de progresser à grands pas, en réponse à la problématique de leur intermittence. Des chercheurs de Stanford ont ainsi établi qu’au milieu de ce siècle, 139 pays pourraient tirer toute leur énergie du vent, du soleil et de l’eau.

Mais, et c’est le deuxième enseignement incontournable, les EnR ne suffiront pas à satisfaire tous les besoins énergétiques du monde, quel que soit leur développement. Car dans le même temps, la consommation mondiale est appelée à croitre de 30% d’ici 2040. C’est l’équivalent de la consommation actuelle de la Chine et de celle de l’Inde cumulées ! Selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), le développement rapide des EnR permettra de répondre à 40% de cette hausse de la demande. C’est à la fois énorme… et trop peu : le monde a besoin de beaucoup d’énergie, de toutes les énergies !

Ce contexte nous amène ainsi à admettre (quitte à le regretter) que nous allons continuer à consommer non seulement du pétrole (pour l’aviation, le transport maritime, la pétrochimie…), mais également du charbon. Abondant, peu onéreux et facile à transporter, celui-ci continue à représenter 40 % de la production électrique mondiale. Si la fin du charbon est donc loin d’avoir sonné, cela s’accompagne d’une exigence : assurer la transition vers des centrales au charbon propre, grâce au stockage de Co2 at à d’autres innovations.

Par ailleurs, tout indique que le gaz sera une énergie en croissance dans les années à venir, jusqu’à atteindre 25 % du mix mondial à l’horizon 2040. C’est d’ailleurs la seule énergie fossile à progresser, sous l’impulsion notamment des gaz de schiste américains qui rendent les centrales à gaz très compétitives.

Le dernier enseignement du paysage énergétique, c’est que le nucléaire dispose d’atouts qui en feront une énergie incontournable dans le nouveau mix mondial. Son facteur de charge (environ 75%) lui confère un rôle stabilisateur des réseaux : une stabilité d’autant plus nécessaire qu’il faudra intégrer des capacités intermittentes (EnR) de plus en plus nombreuses. La quantité produite, avec des centrales d’1,5 GW en moyenne, est également une force importante, face à une consommation grandissante. Enfin, le nucléaire est une énergie décarbonée, qui permet de respecter les engagements de baisse du Co² en attendant que les alternatives soient pleinement opérationnelles.

Bien entendu, le nucléaire pose des questions qui lui sont propres, et qu’on ne peut balayer d’un revers de la main : la sécurité des installations, la gestion des déchets, leur stockage… Mais, là aussi, les innovations vont dans le bon sens, sous l’impulsion d’ailleurs d’une filière française d’excellence (EDF, Orano…) particulièrement bien positionnée pour faire face à ces défis.

On le voit, opposer EnR et nucléaire est une approche particulièrement stérile, irréaliste, et contre-productive. Le nucléaire fournit les volumes et la stabilité nécessaire à la sécurité d’approvisionnement, et ouvre par là même un espace sécurisé pour le développement d’énergies intermittentes comme le solaire ou l’éolien. L’appétit pour les énergies, à l’échelle mondiale, n’est pas prêt d’être rassasié, et heureusement : l’électrification de pays en voie de développement, par exemple, est une étape décisive sur la voie du progrès et la lutte contre le Co2 ne saurait être un argument pour refuser à ces sociétés le droit de se développer.

Il n’existe pas de mix énergétique « idéal », ou « pur ». L’enjeu n’est pas d’uniformiser nos modes de productions d’énergies sur la base d’une source prétendument « optimale » à elle-seule. Aucun expert, aucune institution, ne préconise de scénario « tout ENR », « tout fossile » ou « tout nucléaire ». L’enjeu, au contraire est de continuer à concilier et mixer les sources d’énergies en respectant à la fois la sécurité d’approvisionnement, la baisse des émissions de Co2 et la compétitivité des entreprises. C’est de bon sens, pas d’idéologie, que la politique énergétique mondiale a besoin. »

 

Nucléaire : mieux que la langue de bois, le silence de Rugy

Nucléaire : mieux que la langue de bois, le silence de Rugy

 

On s’attendait évidemment à la langue de bois de la part de François de Rugy, un praticien de l’exercice. Le nouveau ministre de l’environnement doit en effet se prononcer sur l’inextricable dossier du nucléaire. On le voit mal se mettre en contradiction avec Macron ; du coup il n’a pas choisi la langue de bois mais le silence. Ce n’est pas avant fin octobre qu’il envisage de s’exprimer. Pas étonnant puisque Édouard Philippe annonce la réduction du nucléaire pour l’électricité à 50 % en 2035 tandis qu’EDF indique l’échéance de 2050. Il faudra donc dès trésors  de dialectique approximative pour que François de Rugy réussisse à faire une impossible synthèse. En attendant le silence fera office de politique et pour meubler il faudra s’habituer aux banalités d’usage du carriériste de Rugy  “Nous serons en mesure de la présenter (les orientations de l’énergie NDLR) à la fin du mois d’octobre”, a-t-il déclaré sur France Inter. “On aura la programmation pluriannuelle de l’énergie, c’est-à-dire le déroulé (…), la part de chaque énergie, le développement des énergies renouvelables que nous voulons faire.” L’ex-président de l’Assemblée, à qui Nicolas Hulot a remis ses dossiers mardi, s’est notamment refusé à donner la moindre précision sur l’échéance à laquelle l’Etat compte ramener à 50% la part du nucléaire, contre environ 75% aujourd’hui; dans la production d’électricité. L’an dernier, l’exécutif a fait une croix sur l’objectif de 2025, qui figure dans la loi de transition énergétique votée en 2015, sous François Hollande. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a parlé mercredi d’un “horizon 2035”, sans plus de précisions. Alors candidat à la primaire de 2017 organisée à gauche, François de Rugy plaidait dans son programme pour le respect de la date de 2025 et pour la “disparition à l’horizon 2040 de toute production d’électricité nucléaire” ainsi que pour “la fermeture des centrales nucléaires à 40 ans et leur substitution par des énergies renouvelables et des économies d’énergie. Le problème c’est que macro soutient la prolongation de la durée de vie des centrales pour une vingtaine d’années et qu’il souhaite le développement des nouvelles centrales EPR.

Nucléaire 50%: « horizon 2035 » !!! (Edouard Philippe)

 Nucléiaire 50%:   »horizon 2035 » !!!  (Edouard Philippe)

 

C’est évidemenet une escroquerie cette annonce de 50%. En effet de son côté EDF annonce que la réduction à 50 % ne pourra pas se produire avant 2050. Bref un engagement aussi irresponsable que celui pris par Ségolène Royal concernant la réduction de la production nucléaire à 50 % en 2025 et qui figure toujours dans la loi ! L’échéance à laquelle le gouvernement compte parvenir à 50%, contre environ 75% aujourd’hui, est l’un des enjeux centraux de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui doit être dévoilée à la fin octobre.

“Les axes de la préparation de cette PPE sont connus, l’engagement pris par le président de permettre la constitution d’un mix énergétique à l’horizon de 2035 avec 50% de nucléaire a été formulé, d’ailleurs par Nicolas Hulot lui-même”, a dit Edouard Philippe lors d’une conférence de presse à l’Elysée. La date de 2025, décidée sous François Hollande, a été abandonnée en novembre dernier. Traité par Nicolas Hulot jusqu’à sa démission la semaine dernière, le dossier est désormais sur le bureau de François de Rugy, qui a pris sa succession mardi à la tête du ministère de la Transition écologique. “Je laisse à François de Rugy le temps de prendre les dossiers, de rencontrer les acteurs et ensuite de me faire des propositions pour pouvoir trancher de façon définitive”, a ajouté Edouard Philippe à l’issue d’un séminaire gouvernemental. Historiquement favorable à la fin du nucléaire à moyen terme, le nouveau ministre passé par les Verts n’a rien voulu dire de ses intentions en la matière lors d’une interview accordée mercredi à France Inter.

Nucléaire: 50% de l’électricité en 2050, par en 2025 ou 2035 (EDF)

Nucléaire: 50% de l’électricité en 2050,  par en 2025 ou 2035 (EDF)

 

 

Près  Ségolène Royal, Hulot puis maintenant le premier ministre lui-même, Édouard Philippe tourne autour du pot quant à la part du nucléaire, EDF annonce la couleur il ne faut pas attendre une réduction de la production nucléaire à hauteur de 50 % avant 2040 ou 2050. Un grand nombre de réacteurs nucléaires ont été construit entre les années 80 et 90. Or leur durée de vie était prévue autour de 40 ans. Mais depuis les mesures de sécurité supplémentaire imposée par la catastrophe de Fukushima qui se traduit notamment par le très coûteux carénage il n’y aura pas d’autres solutions que de prolonger encore de 20 ans la vie des centrales pour amortir l’investissement de l’ordre de 50 milliards. En clair, les centrales seront prolongées jusqu’en 2040 ou 2050 en. Et c’est seulement à ce moment-là on pourra envisager une réduction de la production nucléaire à 50 %. Bref un décalage de 25 ans par rapport à la loi de Ségolène Royal. EDF aura beau jeu d’obtenir la prolongation de ses réacteurs d’autant plus que le gouvernement se défaussera sur l’autorité de sûreté nucléaire comme l’a déjà annoncé Macon. En outre il faut prévoir que 3 à 6  centrales EPR nouvelles seront construites pendant la période. Dernier élément en faveur d’EDF,  le fait que les énergies renouvelables relèvent souvent du gadget et de la gabegie financière comme par exemple les improductives et coûteuses éoliennes ; Sortes de moulin avant pour masquer la stratégie nucléaire. On attend évidemment avec impatience la décision de Rugy. . De ce point de vue,  on peut s’attendre à un verbiage fumeux qui ne changera pas la situation.  EDF prévoit d’étaler sur 20 ans -entre 2030 et 2050- l’arrêt des 58 réacteurs que compte le parc nucléaire français et donc leur renouvellement. Son plan prévoit de prolonger les 34 plus vieilles centrales (900 MW), construites au début des années 1980, à 50 ans soit jusqu’en 2030. Et d’allonger la durée de vie des 24 plus jeunes (1300 MW), construites vers 1990, à 60 ans c’est-à-dire jusqu’en 2050. Parallèlement on prévoit la construction du premier réacteur du nouveau programme nucléaire français vers 2023 pour aboutir vers 2030. Dans l’hypothèse où la consommation électrique n’augmenterait pas -ce qui est probable-, EDF prévoit de construire au moins six EPR pour commencer.

 

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