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Pétrole : le baril proche des 120 dollars

Pétrole : le baril proche des 120 dollars 

Le baril de Brent de la mer du Nord a clôturé vendredi à 118,11 dollars, un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis août 2008, galvanisé par l’arrêt, de facto, des exportations russes. Le prix du baril de cette variété de pétrole pour livraison en mai, le plus échangé à Londres, a encore gagné 6,92 % sur la séance de vendredi.

Mettre fin à l’addiction aux énergies fossiles

 

Mettre fin à l’addiction  aux énergies fossiles

L’abandon de cette énergie fossile aurait des répercussions environnementales, économiques et même géopolitiques, tandis que Moscou se nourrit de cette manne financière pour faire vaciller Kiev. Par Jean-François Moreau, ingénieur, spécialiste de la transition énergétique et de l’efficacité énergétique des bâtiments. ( la Tribune)

Dans leur ensemble, les membres du gouvernement français le reconnaissent volontiers: la guerre déraisonnable que livre, depuis quelques jours, Vladimir Poutine à l’Ukraine, a démontré la capacité des Européens à s’unir quand la crise frappe à leurs frontières. En prenant des sanctions économiques et financières jamais vues auparavant, Bruxelles s’est imposée, d’une seule et même voix, pour contrer l’avancée de l’autoritarisme russe, qui ne s’attendait vraisemblablement pas à trouver sur son chemin une Europe aussi unifiée.

Celle-ci peut, et doit à présent aller encore plus loin. Car il n’a échappé à personne que la crise en Ukraine – et les réponses de l’Union européenne (UE) à l’encontre de Moscou – pourrait mener à une interruption des livraisons de gaz naturel en provenance de la Russie, aujourd’hui le premier fournisseur de l’Europe, avec 160 milliards de mètres cubes d’hydrocarbures par an (plus de 40 % des importations européennes dans le secteur). Le moment est donc venu, pour Bruxelles, de réfléchir à une réorientation de sa politique énergétique, qui pourrait avoir de grandes (et bénéfiques) répercussions.

Un problème moral

Des répercussions géopolitiques, tout d’abord. Comme l’a rappelé l’eurodéputée progressiste Aurore Lalucq sur Twitter : « Financer le gaz [russe], c’est financer la guerre de Poutine ». Un constat qui n’est pas sans poser un problème moral aux Européens, certains, comme l’Allemagne, dépendant plus fortement que d’autres des importations russes – 50 % du charbon allemand provient de Russie. A l’inverse, un pays comme la France, par exemple, mise avant tout sur la Norvège pour ses importations de gaz (36 %), Moscou arrivant loin derrière (17 %).

Couper les robinets de gaz russe n’aurait pas qu’un impact diplomatique. Il en va de l’intelligibilité de la ligne de conduite européenne. Puisqu’il n’y a qu’à voir la frilosité de Berlin, au moment de discuter de l’exclusion de la Russie de SWIFT (le plus grand réseau de transactions financières au monde), pour se rendre compte à quel point la dépendance de l’Europe à l’égard du gaz russe est source de paradoxe. Tandis que Bruxelles, d’un côté, insistait pour prendre des mesures fortes à l’encontre de Moscou, certains membres, l’Allemagne en tête, hésitaient sur leur teneur et ce principalement pour des raisons énergétiques.

A ce titre, les États membres pourraient faire un grand pas vers la transition énergétique européenne en stoppant leurs importations de gaz russe. Pour reprendre l’exemple de l’Allemagne, modèle à ne surtout pas suivre si l’on veut conduire une politique favorable à l’environnement et au climat, ses importations de charbon russe sont une véritable épine dans le pied de la transition européenne. En décidant d’arrêter le nucléaire après l’accident de Fukushima, en 2011, Berlin ouvrait en réalité grand la porte aux énergies fossiles, extrêmement polluantes, et catastrophiques pour le climat.

L’Allemagne a d’ailleurs été contrainte de repousser de 15 ans sa sortie du charbon, initialement prévue en 2023, à 2038 donc, étant donné que la houille, tout comme le gaz russe, viennent en renfort des gigantesques parcs éoliens et solaires allemands, dont l’intermittence s’avère un réel problème en cas de pics de consommation (comme en hiver). Et Robert Habeck, ministre fédéral de l’Économie et vice-chancelier, de reconnaître d’ailleurs en décembre 2021 : « Nous allons rater nos objectifs de réduction du CO2 en 2022 et 2023 ».

Si Bruxelles veut tenir ses engagements liés à la transition énergétique européenne, elle doit clarifier son propos à l’égard du gaz russe, et l’imposer à l’ensemble de ses membres. A commencer par Berlin. L’UE doit prendre appui sur la crise énergétique qui pointe pour mettre en avant la nécessité de son autonomie stratégique en la matière. Une autonomie dont l’atome est une clé de voûte, qui possède le triple avantage d’être local, décarboné et économique, pour renverser la vapeur à tout point de vue : énergétique, financier et géopolitique.

En ce sens, on peut se féliciter des annonces faites par le président français Emmanuel Macron, qui a insisté, dans son discours de Belfort, sur la réindustrialisation de notre pays grâce aux énergies renouvelables et au nucléaire. Ce dernier s’est enfin vu attribuer une feuille de route à la hauteur du rôle qu’il a à jouer dans l’avènement d’un monde neutre en carbone, après des années d’affaiblissement et de renoncements. La transition énergétique est plus que jamais, aujourd’hui, l’axe principal de la politique européenne, qui doit se nourrir de la production d’énergie décarbonée pour faire de Bruxelles, non seulement, le leader mondial de la transition énergétique, mais également l’un des piliers de la défense du monde démocratique face à l’autoritarisme qui tente de pénétrer ses frontières à l’Est.

Allemagne : une remise en cause des choix énergétiques

Allemagne : une remise en cause des choix énergétiques 

Alors que son développement s’accommodait de la situation, le conflit oblige Berlin à revoir sa politique.(papier du Monde)

Analyse.

 

L’Allemagne a changé d’époque. En quelques jours, la quatrième économie du monde a pris la mesure du caractère intenable de sa politique extérieure : après l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, force est de constater que les échanges commerciaux et l’interdépendance économique entre Etats ne suffisent pas pour assurer la paix et la sécurité. C’est le message délivré par le chancelier social-démocrate Olaf Scholz, les ministres écologistes et libéraux démocrates (FDP) de sa coalition, ainsi que par les chrétiens-démocrates, dimanche 27 février au Bundestag, au cours d’une session historique.

C’est une césure majeure dans la compréhension allemande de son rôle sur la scène internationale. Géant économique grâce à ses exportations, mais acteur géopolitique réservé et surtout pacifiste, l’Allemagne s’était habituée depuis la fin de la seconde guerre mondiale à profiter d’une paix et d’une sécurité largement garanties par d’autres. Elle s’était convaincue qu’un pays avec qui elle entretenait des relations commerciales solides ne pourrait trahir sa confiance et qu’il se mettrait, à terme, sur la voie de la démocratie. Les Verts et les sociaux-démocrates défendaient l’idée selon laquelle le meilleur moyen de garantir la paix était de ne pas participer à la guerre et à l’effort d’armement. Une sorte d’évitement, par l’économie et la morale, des tendances les plus sombres de la géopolitique mondiale.

Cette doctrine, appelée « Wandel durch Handel » (« le changement par le commerce »), dominait la politique extérieure. Elle était d’autant plus facile à porter que le pays a largement profité économiquement de deux facteurs exceptionnels ces vingt dernières années : le fort appétit chinois pour les voitures et les machines made in Germany et l’abondance des hydrocarbures russes bon marché, livrés par pipeline. L’interdépendance, répétait-on dans les milieux d’affaires, est une composante normale d’un modèle économique très ouvert sur l’extérieur.

Tout cela a été balayé par les bombardements de Kiev et les images des Ukrainiens luttant pour leur liberté, à deux heures d’avion de Berlin. Non sans émotion, les députés allemands de gauche comme de droite les plus attachés au Wandel durch Handel ont fait, dimanche, acte de contrition. Les grands partis ont soutenu le plan de renforcement de 100 milliards de l’armée allemande, financé par un crédit exceptionnel, ainsi que la décision de porter à 2 % du PIB le budget allemand de la défense. Les sanctions vont toucher l’économie et ses fondements. Ce renversement des priorités de l’Allemagne va sans doute entraîner un réexamen de sa dépendance aux exportations vers la Chine. Le patronat le reconnaît lui-même : les échanges économiques ne peuvent plus être indépendants de la géopolitique.

 

Pour une diplomatie énergétique européenne

Pour une diplomatie énergétique européenne 

 

Le spécialiste de l’énergie Michel Derdevet dessine une Europe de l’énergie plus résiliente, ce qui passe par le choix du nucléaire, des énergies renouvelables et un rapprochement avec la Turquie.

 

Tribune.

 L’invasion de l’Ukraine par la Russie et la guerre durable qui s’installe au cœur de l’Europe nous rappellent à quel point l’énergie a toujours façonné la géopolitique, déterminé les grandes puissances et souvent l’issue des conflits.

Tous les ordres internationaux de l’histoire moderne ont été fondés sur une ressource énergétique : au XIXe siècle, le charbon a été la toile de fond de l’Empire britannique ; le pétrole fut au cœur du « siècle américain » ; et Vladimir Poutine, depuis vingt ans, a fait de l’énergie un instrument politique majeur, à la fois pour redorer son blason national (grande campagne d’électrification, etc.), et pour affirmer sa puissance régionale et devenir incontournable sur l’échiquier énergétique mondial.

La Russie dispose ainsi, aujourd’hui, d’une capacité de transit théorique de plus de 250 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l’Europe, qui correspond à plus de la moitié de la consommation annuelle de gaz du Vieux Continent (450 milliards de mètres cubes).

Certes, tous les pays n’ont pas la même dépendance au gaz russe. Dans plusieurs Etats membres de l’Union européenne (UE), l’essentiel, voire la totalité, des importations de gaz naturel provient de Russie. C’est le cas de la Lettonie (100 %), de la Finlande (97,6 %), ou encore de la Hongrie (95 %). C’est également le cas de l’Allemagne, qui dépend à 66 % de la Russie pour sa consommation de gaz naturel et qui est le premier importateur de l’UE.

La France, quant à elle, a un approvisionnement plus diversifié. Nous nous fournissons essentiellement auprès de la Norvège (36 %), la Russie n’arrivant qu’en deuxième position (17 %), devant l’Algérie (8 %).

Que conclure de tout cela ? Cinq réflexions s’imposent à ce stade.

D’abord, cette dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie s’est forgée à cause de nous ! Tel l’agneau endormi, l’Europe a fait preuve d’une « myopie » coupable depuis les trois crises gazières des hivers 2005 à 2008, qui pourtant étaient prémonitoires.

Déjà, Vladimir Poutine avait mis la pression sur Kiev, et sur les Occidentaux, pour livrer en gaz aux coûts qu’il souhaitait les Européens de l’Ouest. La voie de la raison aurait dû nous conduire, dès lors, à diversifier nos approvisionnements gaziers, en parachevant par exemple le gazoduc Nabucco, corridor sud-européen contournant la Russie, imaginé par la Commission, plutôt que de se livrer corps et âme dans les bras des intérêts russes, en investissant dans Nord Stream 2. Les intérêts financiers l’ont incontestablement emporté sur le minimum de prudence politique et la protection des intérêts souverains de l’Union.

 

Pour une centrale européenne d’achat de gaz

Pour une centrale européenne d’achat de gaz 

 

L’économiste Christian Stoffaës préconise, dans une tribune au « Monde », de réduire la dépendance des pays de l’Union européenne vis-à-vis du gaz russe en coordonnant l’action des opérateurs privés et des Etats, quitte à s’affranchir du dogme de la libre concurrence.

 

Tribune.

 Les événements en Ukraine viennent de conférer un sens concret à la dépendance énergétique de l’Europe. La menace de couper le gaz, c’est comme la dissuasion nucléaire : on ne peut pas utiliser la bombe, mais elle est là, pesant sur les consciences et sur les comportements.

L’Europe découvre à quel point elle est devenue dépendante du gaz russe, à travers les cris d’alarme des pays de l’Europe centrale et orientale et les réticences de l’Allemagne à mécontenter son puissant fournisseur. Déjà en 2005 et 2009 les conflits gaziers russo-ukrainiens sur le transit du gaz avaient suscité l’inquiétude.

Maintenant que l’Europe a démontré sa capacité à surmonter ses divisions, c’est l’occasion de mettre au débat le projet d’une centrale d’achat de gaz pour répondre à la situation de dissymétrie qui confronte la multiplicité des importateurs au monopole d’exportation de Gazprom, qui, bien plus qu’une simple entreprise géante, est l’incarnation même de l’Etat russe, dont elle reste un des seuls attributs de sa puissance passée, l’instrument majeur de sa politique étrangère et sa principale ressource financière.

Après la première guerre mondiale, les lois de 1928 adoptées sous la IIIe République instaurant un monopole d’Etat sur l’importation de pétrole ont démontré l’efficacité d’une politique dirigiste de sécurité pétrolière.

Dépourvu de gisements sur son territoire métropolitain, l’Etat a su instaurer un régime légal soumettant les importations de pétrole à autorisation. La France, malgré son handicap géologique, a pu ainsi se doter de puissantes entreprises pétrolières et gazières, publiques et privées, qui ont pris toute leur

La réponse appropriée face à un monopole de vente est, en effet, un « monopsone » d’achat, disent les économistes, c’est-à-dire une coordination centralisée des contrats d’achat de gaz autorisant les entreprises gazières européennes à se regrouper pour négocier avec les pays fournisseurs et développer les infrastructures de diversification des routes d’accès.

Une référence utile en droit communautaire est l’agence d’approvisionnement instituée en 1960 par Euratom, l’autre « traité fondateur » de l’Europe, aujourd’hui quelque peu oublié, conclu dans le contexte des inquiétudes sur la sécurité d’approvisionnement nées de la décolonisation, qui attribuait des pouvoirs dirigistes exceptionnels délégués aux opérateurs placés sous le contrôle de l’Agence.

Le retour du nucléaire en Allemagne ?

Le retour du nucléaire en Allemagne ?

 

La situation conflictuelle avec la Russie pourrait faire évoluer la stratégie énergétique en Allemagne. Ainsi le tabou nucléaire pourrait sauter non pas pour l’instant pour installer de nouvelles centrales mais pour prolonger l’exploitation de celles qui restent. Rien n’est décidé mais d’Allemagne voulait remplacer ses centrales à charbon par le gaz russe  et risque de se trouver dans l’impasse.

Devrait cesser d’être souhaité en 2023. Or il est évident que l’Allemagne aura des difficultés à satisfaire ses besoins énergétiques avec la suppression du gaz russe. Un gage russe qui fournissait 55 % des importations en combustibles fossiles

 

Interrogé ce dimanche sur un éventuel report de la date de sortie du nucléaire par le radiodiffuseur allemand ARD, Robert Habeck, le ministre fédéral allemand de l’économie et de la protection du climat qui est par ailleurs l’une des figures du parti écologiste outre-Rhin, a ainsi déclaré :

« Je ne le rejetterai pas pour des raisons idéologiques ».

De quoi sans doute fait réfléchir aussi les écologistes français qui restent arc-boutés sur des énergies intermittentes qui seraient bien incapables de remplacer le nucléaire qui fournit 70 % de l’électricité en France Et dans la place va être confortée avec la prolongation des centrales actuelles et la perspective de construction de 6 EPR dans un premier premier temps et de 8 ensuite.

Prix pétrole: à plus de 105 dollars

Prix pétrole: à plus de 105 dollars

 

 Les deux références de l’or noir ont ainsi atteint mardi de nouveaux sommets inédits depuis 2014, à 106,78 dollars le baril pour le West Texas Intermediate (WTI), et à 107,57 dollars pour le Brent. Le WTI n’avait plus connu une telle flambée de ses prix en une séance depuis mai 2020. 

En fin d’après-midi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, était en hausse de 9,58% à 107,36 dollars, et le WTI américain pour livraison en avril s’envolait de 11,21% à 106,45 dollars.

Une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Otan a été convoquée vendredi au siège de l’Alliance à Bruxelles. « La guerre en Ukraine s’envenime et les hostilités entre l’Occident et la Russie s’intensifient », souligne Bjarne Schieldrop, analyste chez Seb, entraînant un « risque élevé » de perturbations de l’approvisionnement en brut et en gaz naturel.

«Tant que la situation s’intensifie en Ukraine, les prix vont continuer à grimper, parce que cela augmente la probabilité que les exportations russes seront sanctionnées et inaccessibles au marché», a commenté John Kilduff, de la firme de conseil en investissement Again Capital

Carburant : record historique et ce n’est pas fini

Carburant : record historique et ce n’est pas fini

Lentement mais sûrement le lit de carburant s’approche des deux euros le litre ; le baril de gasoil a en effet passé la barre des 100 $ et il est difficile de prévoir jusqu’où ira la hausse. Deux raisons à cela le pétrole russe sera neutralisé et l’inflation qun risque de pousser encore les cours. Heureusement avec le printemps, la demande va se tasser

La semaine dernière, le litre de gazole a augmenté de quatre centimes, atteignant 1,7415 euro, un record historique, et la septième semaine consécutive de hausse.

 

Dans le détail, la dynamique porte la facture du plein d’essence à un niveau jamais vu jusqu’alors. Le litre de SP95 franchit la barre des 1,8 euros, à 1,8133 euro, contre 1,8816 euro celui de SP98 et près de 1,8 euro le litre de SP95-E10. À titre de comparaison, le litre de gazole est désormais 15% plus cher qu’au moment du déclenchement de la crise des «gilets jaunes», fin octobre 2018, et celui de SP95 est 17,5% plus élevé qu’à la même époque. Tous les prix ont pulvérisé leurs records historiques respectifs. La hausse est aussi notable par rapport à la même époque un an auparavant, atteignant 27% pour le gazole, 23% pour le SP95 et 22% pour le SP98.

La hausse est portée par le cours des matières premières : en janvier, le baril de Brent s’échangeait en moyenne à près de 87 dollars, son niveau le plus haut depuis au moins cinq ans. De quoi faire bondir le prix final payé par le consommateur : sur un litre de gazole payé 1,74 euros, la matière première représentait, la semaine dernière, 37% du prix final, et 34,5% pour un litre de SP95, selon l’Ufip.

De nombreuses stations essence répertoriées par le ministère de la Transition écologique affichent des prix particulièrement élevés, parfois même au-delà de la barre des deux euros le litre. C’est notamment le cas dans plusieurs arrondissements parisiens, ainsi qu’ailleurs dans l’Hexagone, comme le rapporte la presse régionale.

Remplacement du nucléaire allemand par le gaz : l’erreur !

Remplacement du nucléaire allemand par le gaz : l’erreur !

Après la décision de Bruxelles d’inclure le nucléaire et le gaz dans la taxonomie verte, Xavier Moreno Président du Cercle d’Étude Réalités Écologiques et Mix Énergétique (Cérémé), revient sur la politique énergétique allemande en déplorant qu’elle ait sacrifié le climat au nom du dogme antinucléaire.

La Commission européenne classe le gaz dans la taxonomie européenne bien qu’il s’agisse d’une source d’énergie polluante. Cette décision dommageable pour le climat est le résultat de la volonté de l’Allemagne de supprimer progressivement ses centrales nucléaires, le développement des énergies renouvelables intermittentes, comme l’éolien et le solaire, imposant le recours aux énergies fossiles comme le gaz.

La Commission européenne a récemment rendu publique sa décision d’accorder un label vert au gaz et à l’énergie nucléaire, ce qui revient à les classer dans la taxonomie européenne parmi les activités qui contribuent à réduire les émissions de CO2 sans nuire à l’environnement. Une reconnaissance qui est toutefois soumise à des contraintes. Le gaz est uniquement autorisé à venir en remplacement de centrales thermiques davantage polluantes, notamment celles fonctionnant au charbon ou au lignite. Et les centrales nucléaires sont évidemment tenues de se conformer aux normes de sécurité en vigueur en Europe. Plus encore, cette reconnaissance du caractère durable est assortie de limites temporelles car ces activités, à défaut de technologie, seraient nécessaires mais seulement transitoires. Elles sont par conséquent limitées par des échéances qui avaient été fixées, dans le projet initial, à 2030 pour le gaz (sans captage du CO2) et à 2045 pour le nucléaire (pour les générations actuelles de réacteurs qui ne sont pas encore exempts de déchets).

Épargnons-nous les détails techniques complexes de ces conditions et concentrons-nous sur l’évidence : les pays comme l’Allemagne qui ferment leurs centrales nucléaires et annoncent les remplacer par l’éolien ou le solaire trompent le monde. En réalité, ils remplacent le nucléaire par le gaz, temporairement relayé par l’énergie éolienne quand le vent le décide, car il doit y en avoir suffisamment, mais pas beaucoup. Mais aussi par l’énergie solaire en période de plein soleil. Voilà qui explique clairement pourquoi jeudi dernier encore, les Français ont émis 72 g de CO2 par Kwh d’électricité et les Allemands en ont émis 362 g, soit 5 fois plus!

Le grand argument avancé par les Allemands est que nous sommes à la veille de pouvoir capturer le CO2 dans les cheminées des centrales à gaz et de pouvoir remplacer le gaz fossile – le méthane – par de l’hydrogène vert obtenu par électrolyse, avec de l’électricité éolienne ou solaire. C’est pourquoi la Commission européenne avait prévu, dans son projet initial, de durcir les normes d’émission de CO2 tolérées pour les centrales électriques au gaz : à 300g jusqu’en 2029 et à 100g à partir de 2030.

Au terme d’un mois de lobbying intense, l’industrie allemande a fait tomber le masque des illusions : elle a obtenu le report du calendrier des obligations de passage des centrales à gaz au gaz renouvelable à 2035 ! Nous sortons enfin du déni : la sortie du nucléaire impose des centrales à gaz qui ne disposent pas de moyens technologiquement et économiquement viables de réduire leurs émissions de CO2 dans les 20 prochaines années. L’Allemagne sacrifie donc le climat au nom du dogme antinucléaire. Son industrie pâtira durablement des coûts élevés de l’électricité, de la dépendance au gaz russe et des pénalités sur les émissions de CO2.

Il est compréhensible qu’elle ait lutté avec autant d’acharnement contre l’avantage que le nucléaire donnera aux Français. Le masque de l’écologie est tombé. Seules apparaît, outre le ravage pour le climat de l’idéologie anti-nucléaire, la puissance du lobby des énergies renouvelables intermittentes et la volonté de l’Allemagne de faire disparaître l’atout de compétitivité que tirera la France d’une ambitieuse relance de la production d’électricité d’origine nucléaire. Les écologistes français, qui luttent contre leur camp et leur pays, en ralentissant le nucléaire et en poussant l’éolien et le solaire, ont sous les yeux la preuve de leurs illusions. Il est grand temps qu’ils le comprennent.

Le prix du gaz s’envole encore de plus de 50 %

Le prix du gaz s’envole encore de plus de 50 %

La guerre en Ukraine a enflammé les prix sur les plateformes européennes. Sur le marché TTF des Pays-Bas, en début d’après-midi, le prix du mégawattheure (MWh) bondissait de plus de 50%, à 134,70 euros, après avoir grimpé à 138 euros plus tôt dans la journée. Il reste toutefois encore loin des 186 euros atteint en décembre dernier. Sur l’autre plateforme, au Royaume-Uni, le cours a bondi de plus de 30%, pour atteindre leur meilleur niveau depuis deux mois.

La conséquence sera sans doute dans toutes les hypothèses une autre de toutes les énergies qui pourraient alors affecter les croissances d’au moins un point. En cause, la flambée de toutes les énergies responsables déjà d’un peu près la moitié de l’inflation en cours.

Mais nombre d’analystes soulignent qu’il sera impossible de remplacer l’offre russe du jour au lendemain, pointant le problème des implantations des terminaux méthaniers. Un tiers de la capacité d’importation de GNL en Europe se trouve en Espagne et au Portugal, selon les analystes de S&P Global Platts. 24% supplémentaires se trouvent au Royaume-Uni.

Sans aucune structure dédiée au GNL, l’Allemagne est particulièrement exposée, elle qui comptait sur le gazoduc Nord Stream 2, projet reliant directement la Russie à l’Allemagne en contournant l’Ukraine. Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a suspendu l’homologation du projet, en rétorsion à l’invasion russe.

Énergie : la politique de gribouille de Macron

Énergie : la politique de gribouille de Macron

 

« Ce qui fait que les prix de l’énergie sont si élevés, c’est parce qu’Emmanuel Macron a eu une politique de gribouille en matière énergétique depuis cinq ans, en fermant Fessenheim, en annonçant la fermeture de 14 réacteurs », a déclaré Valérie Pécresse. En 2018, le chef de l’Etat prévoyait effectivement de fermer des réacteurs nucléaires avant d’annoncer il y a deux semaines un programme de construction d’au moins six EPR et la fin des fermetures de réacteurs en état de fonctionner. .

 

Sur BFMTV, la candidate LR à l’élection présidentielle a reproché au chef de l’Etat ses tergiversations en matière de politique énergétique et déploré le temps perdu dans la construction d’EPR et d’éoliennes en mer.

« Le vrai problème d’Emmanuel Macron, c’est qu’il a beaucoup parlé mais très peu gouverné ». Invitée de Face à BFM ce mercredi, Valérie Pécresse a critiqué la politique énergétique menée par le président de la République dans un contexte de flambée des prix:

 

« On a aujourd’hui l’EPR de Flamanville qui a combien d’années de retard? Combien de milliards de surcoûts? On n’est pas capable de mener un grand projet industriel de ce type dans notre pays », a encore déploré la candidate des Républicains. Avant de viser une nouvelle fois l’actuel chef de l’Etat:

« Emmanuel Macron est là depuis dix ans. Il a été conseiller économique de François Hollande, puis ministre de l’Economie, et ensuite président de la République. Ca fait dix ans qu’il aurait pu s’occuper de faire en sorte que des projets industriels de ce type puissent voire le jour ».

Le pétrole au-delà des 100 $ avec l’Ukraine ?

Le pétrole au-delà des 100 $ avec l’Ukraine ?

 

Le pétrole pourrait très rapidement atteindre les 100 $ le baril compte tenu notamment de la crise en Ukraine. Le pétrole était déjà sur une tendance haussière depuis un moment du fait de la reprise économique et contingentement de l’OPEP plus.

Les prix du pétrole bondissaient e n ce début de semaine pour atteindre 95 $. Plusieurs experts pensent même que le pétrole pourrait même atteindre les 125 à 150 $ le baril.

En effet, la Russie est l’un des premiers producteurs et exportateurs mondiaux de  pétrole avec l’Arabie Saoudite, avec une part estimée à 12% selon les estimations de JP Morgan. Or la quasi moitié de ces exportations  sont à destination de l’Europe.  Avec ses 1,5 million de barils par jour, soit un volume supérieur à la production d’un pays comme le Nigéria, le pipeline de Droujba fournit le brut russe aux raffineries de Pologne, d’Allemagne, de République tchèque, de Hongrie, de Slovaquie, via le Belarus et l’Ukraine. Le risque est de flambée des prix est donc important en cas de suspension des livraisons de pétrole.

 

Airbus: un A380 à hydrogène bientôt testé

Airbus: un A380 à hydrogène bientôt testé 

 

Les expérimentations du moteur à hydrogène s’accélèrent  à grande vitesse pour tous les modes de transport y compris pour le mode aérien. La question est d’ordre technologique mais surtout économique. Or compte tenu des hausses prévisibles du pétrole et du gaz, l’hydrogène pourrait devenir compétitive plus rapidement que prévu. Au point peut-être de remettre en cause la motorisation électrique d’ailleurs aujourd’hui contestée par l’Allemagne.

La solution technologique de l’hydrogène avance en tout cas sérieusement dans le secteur de l’aérien. Jusque-là en effet on avait seulement expérimenté des avions à hydrogène de très faibles capacité.

Cette fois, c’est un Airbus A380 ( Le plus gros avion du constructeur) qui servira de banc d’essais volant pour tester le moteur à hydrogène, développé par Airbus et CFM International, joint-venture entre General Electric et Safran. Airbus

Le géant européen de l’aéronautique annonce un partenariat avec CFM international, joint-venture entre le motoriste Safran et son homologue américain GE, pour tester le premier moteur d’avion propulsé avec de l’hydrogène. «C’est un jour historique pour notre industrie et pour Airbus qui prévoit d’être le pionnier de l’aviation décarbonée, en étant le premier à mettre en service un avion commercial à hydrogène en 2035 », assure Jeff Knittel, président d’Airbus Americas.

 

EDF : une amende de 300 millions ridicule

EDF : une amende de 300 millions ridicule

Une sanction de 300 millions d’euros par l’Autorité de la concurrence pour abus de position dominante. Une amende assez ridicule d’abord parce que finalement elle sera payée par le contribuable et par l’usager. Ensuite parce qu’elle repose sur un reproche assez inédit concernant l’ouverture du fichier clients EDF aux autres opérateurs dans le cas de la libéralisation.

L’organisme indépendant « au service de la compétitivité et du consommateur », comme il se présente, reproche au fournisseur d’électricité d’avoir « exploité abusivement » de 2004 à 2021 des fichiers de clients, dont le groupe disposait dans le cadre de sa mission de service public de l’électricité. Et ce dans le but de proposer aux consommateurs des offres de marché en gaz, électricité et autres services énergétiques, dans une « logique de conquête commerciale » lors de la période d’ouverture à la concurrence du secteur.

Ces pratiques ont ainsi contribué « à conforter la position d’EDF dans l’ensemble du secteur de l’énergie et à retarder le développement de fournisseurs alternatifs », est-il précisé.

 

Depuis 2007, les particuliers peuvent souscrire au tarif réglementé de vente (TRV) d’EDF (pour l’électricité) avec des prix fixés par les pouvoirs publics, mais aussi à des offres de marché, à prix libres, vendues aussi bien par l’opérateur historique français que par des dizaines de concurrents (Engie, Eni, Total, Vattenfall, etc).

Lors d la  crise récente sur les prix de l’énergie nombre de c es fournisseurs qui avaient promis la lune ont mis la pédale douce pour la fourniture d’électricité ou même ont cessé toute activité dans ce domaine. Sans parler de ce qui promettait de fournir de « l’électricité verte »alors qu’il n’existe qu’un réseau qui véhicule l’électricité produite par les différentes énergies. L’autorité de la concurrence serait sans doute mieux à faire en se préoccupant de l’approvisionnement nécessaire à l’économie puisqu’aujourd’hui la France est même contrainte d’importer de l’électricité. Tout cela pose la question aussi de ces différents organismes de régulation qui ne servent  pas à grand-chose et qui pour des questions existentielles se singularisent  par des décisions assez discutables.

Carburant : Vers les 2 euros le litre

 

Carburants : Vers les  2 euros  le litre

 

Les prix du carburant enregistrent une régulière depuis mi-décembre. Une hausse qui va évidemment s’amplifier avec la crise en Ukraine de sorte que le carburant pourrait atteindre le prix de deux euros assez rapidement.

Les prix des carburants poursuivent leur hausse ininterrompue, atteignant de nouveaux sommets la semaine dernière, selon les données du ministère de la Transition écologique dévoilés ce lundi.

Le gazole a ainsi franchi pour la première fois la barre des 1,70 euro le litre en moyenne, s’affichant à 1,7051 euro (+0,6 centime par rapport à la semaine précédente). Du côté de l’essence, le litre de sans-plomb 95 (SP95) coûtait en moyenne 1,7924 euro (+1,1 centime), celui de sans-plomb 95-E10 (SP95-E10) 1,7618 euro (+1,3 centime), quand celui de sans-plomb 98 (SP98) valait 1,8505 euro (+1,4 centime).

Le pétrole vers les 100 $ avec l’Ukraine

Le pétrole vers les 100 $ avec l’Ukraine

Le pétrole pourrait très rapidement atteindre les 100 $ le baril compte tenu notamment de la crise en Ukraine. Le pétrole était déjà sur une tendance haussière depuis un moment du fait de la reprise économique et contingentement de l’OPEP plus.

 Les prix du pétrole bondissaient mardi matin en Asie sur fond d’escalade de la crise russo-ukrainienne. Vers 00H25 GMT le cours du baril américain de West Texas Intermediate (WTI) grimpait de 2,61%, à 93,45 dollars, après être monté de plus de 3% plus tôt dans les échanges.

Plusieurs experts pensent même que le pétrole pourrait même atteindre les 125 $ le baril.

Nucléaire-EDF : Une recapitalisation de 2 milliards qui ne suffit pas

Nucléaire-EDF :Une recapitalisation de 2 milliards qui ne suffit pas

 

La recapitalisation de 2 milliards est loin d’être négligeable mais au regard des enjeux, elle est cependant presque anecdotique ( 5 milliards en tout avec les 3 milliards d’actifs qui vont être réalisés par l’entreprise). EDF traîne déjà une dette de près de 40 milliards  et va perdre de l’ordre  10 milliards avec la décision du gouvernement de bloquer le prix de l’électricité. EDF doit faire face aussi à l’énorme facture du renforcement de la sécurité , notamment grand plan de carénage d’un cout d’une cinquantaine de milliards. Et encore 50 milliards pour le financement des six premiers réacteurs EPR  décidés par Emmanuel Macron. Il faudra encore ajouter quelques dizaines de milliards pour les plans d’enfouissement des déchets. Bref si EDF était une entreprise privée il y a longtemps qu’elle serait en faillite. D’où l’idée sans doute d’une possible renationalisation qui avance.Cela d’autant plus qu’il faudra aussi financer les huit autres EPR mis à l’étude ( il faudrait une trentaine d’EPR d’après les spécialistes).

Car malgré cette commande colossale d’EPR, le groupe traverse une période douloureuse, à la suite d’un enchaînement de mauvaises nouvelles. Le fournisseur historique subit notamment la décision de l’exécutif d’augmenter le volume d’électricité qu’il devra vendre à prix cassé à ses concurrents en 2022 afin de plafonner les factures des Français. Surtout, il se trouve confronté  du fait de la crise sanitaire à chute sans précédent du niveau de disponibilité de son parc nucléaire et  du fait d’un défaut de corrosion identifié dans plusieurs installations, et dont les causes restent inconnues. De quoi renforcer ses difficultés à emprunter sur les marchés, après que Fitch a abaissé d’un cran sa note de crédit, et que Moody’s l’a placé sur une perspective négative.

 

EDF :Une recapitalisation de 2 milliards qui ne suffit pas

EDF :Une recapitalisation de 2 milliards qui ne suffit pas

 

La recapitalisation de 2 milliards est loin d’être négligeable mais au regard des enjeux, elle est cependant presque anecdotique. EDF traîne déjà une dette de près de 40 milliards  et va perdre de l’ordre  10 milliards avec la décision du gouvernement de bloquer le prix de l’électricité. EDF doit faire face aussi à l’énorme facture du renforcement de la sécurité , notamment grand plan de carénage d’un cout d’une cinquantaine de milliards. Et encore 50 milliards pour le financement des six premiers réacteurs EPR  décidés par Emmanuel Macron. Il faudra encore ajouter quelques dizaines de milliards pour les plans d’enfouissement des déchets. Bref si EDF était une entreprise privée il y a longtemps qu’elle serait en faillite. D’où l’idée sans doute d’une possible renationalisation qui avance.

Car malgré cette commande colossale d’EPR, le groupe traverse une période douloureuse, à la suite d’un enchaînement de mauvaises nouvelles. Le fournisseur historique subit notamment la décision de l’exécutif d’augmenter le volume d’électricité qu’il devra vendre à prix cassé à ses concurrents en 2022 afin de plafonner les factures des Français. Surtout, il se trouve confronté  du fait de la crise sanitaire à chute sans précédent du niveau de disponibilité de son parc nucléaire et  du fait d’un défaut de corrosion identifié dans plusieurs installations, et dont les causes restent inconnues. De quoi renforcer ses difficultés à emprunter sur les marchés, après que Fitch a abaissé d’un cran sa note de crédit, et que Moody’s l’a placé sur une perspective négative.

 

Énergie verte européenne : critique de la taxonomie

Énergie verte européenne : critique de la taxonomie

 

L’économiste Hans Stegeman s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre le fait que l’Union européenne ait intégré l’énergie nucléaire et le gaz naturel dans la taxonomie verte et estime que cela correspond à de l’écoblanchiment au niveau institutionnel.

La critique sur le marchandage politique n’est pas infondée. Accepter le caractère vert du gaz était la contrepartie de l’acceptation du nucléaire NDLR

 

Tribune.

Depuis des années, l’Union européenne s’efforce vaillamment de définir le concept de « durabilité ». À Bruxelles, l’ensemble de ces définitions est appelé « taxonomie ». Celle-ci est censée permettre de canaliser l’argent du secteur financier et des gouvernements vers des projets verts. Les deux premiers chapitres de cette feuille de route verte, qui doivent être mis en œuvre dès que possible, concernent l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ce dernier. Quatre autres chapitres suivront ; ils porteront notamment sur l’économie circulaire et la biodiversité.

Les définitions et classification, adoptées par la taxonomie de l’UE, ont une base scientifique et doivent permettre de déterminer quels investissements choisir pour un monde durable. Nous en savons déjà beaucoup sur les questions liées au climat, sur le budget carbone mondial et les émissions causées par toute une série d’activités, ainsi que sur les technologies qui pourraient contribuer à rendre l’économie neutre en carbone. La première version de la taxonomie reposait donc largement sur ces connaissances.

Mais ça, c’était avant que la politique ne s’en mêle pour de bon. L’énergie nucléaire est tout à coup devenue verte, tout comme le gaz naturel, résultat d’un marchandage politique entre la France (nucléaire) et les pays d’Europe de l’Est (gaz naturel). On pourrait certes défendre l’énergie nucléaire en soulignant qu’elle contribue à réduire des émissions de gaz à effet de serre, mais tant qu’il n’y a pas de solution pour les déchets nucléaires, elle ne sera pas durable.

Et s’il est vrai que le gaz naturel est moins nocif que le lignite, il est loin d’être vert. Voilà bien un travers typique de la politique européenne : confondre « moins polluant » et « durable ». Il aurait été logique d’introduire une catégorie supplémentaire pour les investissements « de transition », tels que le gaz naturel. Mais les qualifier de « verts » est une échappatoire visant à financer le statu quo comme s’il était durable. Or, clairement, il ne l’est pas.

Il s’agit d’un véritable tour de passe-passe. Dans le monde politique, il suffit donc de modifier les définitions, et le problème est réglé. Cette réalité dépasse même la fiction du scénario – déjà assez extrême – du film diffusé par Netflix Don’t Look Up. Déni cosmique. Dans ce film, le risque qu’une météorite frappe la Terre finit par être reconnu, mais n’est pas géré comme il se doit et la météorite finit par frapper la planète et la détruire.

Politique énergétique : Revenir à l’avant ou préparer l’après ?

Politique  énergétique : Revenir à l’avant ou préparer l’après ?

 

 

Revenir aux politiques d’avant ou préparer l’après s’interroge Andreas Rüdinger, chercheur associé à l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) et consultant indépendant en politiques énergétiques. 

 

Commençons par un constat positif et rassurant : lorsque le monde politique reconnait que nous sommes réellement en situation de crise, il arrive rapidement à se mettre en « état de guerre » et à débloquer des sommes colossales, faisant fi de toutes les contraintes d’endettement. La crise du Covid-19 a fourni une illustration sans précédent, avec plus de 140 milliards d’euros engagés par l’Etat français pour maintenir l’économie a flot. La crise des prix des énergies, qui a progressivement touché le marché du gaz, puis l’électricité et enfin les carburants depuis septembre 2021, semble de nouveau valider ce principe. En l’espace de quelques mois, l’Etat français a engagé 15,5 milliards de dépenses publiques et jusqu’à 8 milliards de dépenses quasi-publiques pour compenser les impacts de la hausse des prix, principalement au travers du blocage des tarifs réglementés de vente de gaz et d’électricité.[i] Soit plus que l’ensemble des dépenses publiques favorables au climat recensées pour 2019, selon l’institut I4CE.

Quand une crise en engendre une autre

Dans son rapport spécial de 2020 « Climat, santé : Mieux prévenir, mieux guérir », le Haut Conseil pour le Climat rappelait à juste titre : « Il est impératif que la réponse du gouvernement soutienne des transformations structurelles qui accélèrent la transition bas-carbone juste, car celle-ci renforcera notre résilience aux risques sanitaires et climatiques ». Qu’en est-il en ce début d’année 2022 ? Si des doutes subsistent sur le bilan en matière d’accélération de la transition bas-carbone, un constat s’impose : à défaut de baisser les émissions de gaz à effet de serre, l’avalanche d’argent public a permis de doper la croissance économique. 7 % pour ce qui est de la France, un record absolu sur les 50 dernières années. Associée à l’effet « Covid » de désorganisation des chaînes de production, cette relance économique sur fond de plans de relance a paradoxalement contribué à une nouvelle « crise », faite de pénuries sur de nombreuses matières premières, du bois au plastique et à l’acier, en passant par les semi-conducteurs et… l’énergie.

Un retour aux fondamentaux de la politique énergétique…

Cette nouvelle crise de l’énergie engendre des glissements rhétoriques et idéologiques déconcertants. On a connu un chef d’Etat parti en guerre contre le Covid mais oubliant d’évoquer la crise climatique sur une interview de deux heures. Place désormais au ministre de l’Économie qui compare la crise actuelle des prix des énergies au choc pétrolier de 1973. Et paradoxalement, 50 ans après, ce retour vers le passé ne paraît pas totalement infondé : les prix des énergies atteignent de nouveaux records. Et les Etats s’efforcent à répondre aux fondamentaux de la politique énergétique : assurer la sécurité d’approvisionnement et garantir des prix abordables, pour ne surtout pas mettre en danger la croissance économique. Quitte à sortir le chéquier pour acheter la paix sociale. Dans cet éloge de l’ancien monde, les industriels ne sont pas en reste, en proposant la création d’un grand ministère de l’Industrie regroupant l’industrie, l’énergie et la recherche. L’écologie, ça commence à bien faire. Et dans tout ça, personne ne parle du climat. Don’t look up.

… qui ne doit pas devenir une fatalité

En dehors de la France, particulièrement exposée en pleine période pré-électorale, tous les décideurs européens semblent pris par le même dilemme : impossible de traiter de front l’urgence économique et sociale due à la hausse des prix tout en mettant en œuvre la nécessaire accélération de la transition bas-carbone. Avec une tentation de plus en plus visible de repasser un peu par l’ancien monde, fondé sur une croissance économique dopée par une énergie carbonée et peu chère. L’année 2022 connaitra une production record de charbon à l’échelle mondiale. Et au sein de l’UE (et de la France !), la consommation de gaz a même augmenté au sein des 20 dernières années. Mais il vaut mieux se préoccuper des prix que de la maîtrise des consommations. close volume_off   On ne peut rien faire, Madame le Ministre, disaient-ils.

Faire de la transition « juste » plus qu’un simple slogan ?

La question qui se pose en filigrane est bien de savoir si la transition « juste », combinant l’urgence climatique et l’impératif social, pourrait un jour devenir plus qu’un slogan politique. En ce qui concerne la réponse à la crise des prix des énergies, cela ne semble pourtant pas si compliquée, à condition de prendre les choses au pied de la lettre : « Transition » : plutôt que d’entraver la transition, en supprimant le signal prix de l’énergie pour l’ensemble des acteurs (via un blocage général des tarifs), il faut au contraire massivement faciliter le passage à l’acte pour que chacun puisse engager la transition à son échelle, dans un contexte (assez rare) où tout le monde se sent concerné par la question énergétique.

Pour chaque euro dépensé dans les mesures d’urgence sociale, un euro supplémentaire devrait alimenter les politiques de transition, en ciblant particulièrement la rénovation énergétique et la mobilité propre. Et en dépit de la grande tentation à réduire le débat sur la transition en France à l’affrontement entre nucléaire et renouvelables : ce ne sont pas des annonces hâtives sur de nouveaux réacteurs nucléaires, dont la mise en service n’interviendra pas avant 2040 qui vont permettre d’accélérer la transition bas carbone sur la décennie critique qui nous attend. Ni à répondre à la crise de l’énergie que nous vivons déjà. « Juste » : cette accélération de la transition ne doit pas peser de manière disproportionnée sur les acteurs les plus vulnérables.

 

Il faut donc leur réserver des mesures bien ciblées et proportionnelles à l’impact de la hausse des prix, tout en cherchant en priorité à réduire leur vulnérabilité de façon structurelle. Non pas en se bornant à réduire le prix de l’énergie de manière artificielle pour tous les acteurs. Mais en mettant en œuvre un vaste plan de rénovation énergétique visant à transformer toutes les passoires thermiques habitées par des ménages modestes en bâtiments basse consommation, avec un reste à charge zéro. A titre d’illustration : selon le scénario Rénovons, il faudrait 4 milliards d’euros par an pour rénover l’ensemble des 6,7 passoires thermiques (classes F et G) au standard « bâtiment basse consommation » sur 10 ans. En mettant en œuvre ces critères pour améliorer l’efficacité des mesures de gestion de la crise, il aurait été possible de flécher au moins dix milliards sur les vingt dépensés à l’accélération de la transition bas-carbone, tout en répondant de façon plus ciblée aux besoins des acteurs les plus vulnérables. Le choix qui se présente à nous ne doit pas se faire entre l’impératif de justice sociale et la lutte contre le dérèglement climatique. Mais bien entre la tentation de rester coincés dans l’ancien monde, au risque de subir des crises toujours plus violentes, et le courage de saisir cette crise comme opportunité pour enfin s’engager sur le chemin d’une société plus résiliente.   Ces dépenses incluent le chèque énergie additionnel de 100 euros (0,6 milliard d’euros), l’indemnité inflation versée à 38 millions de personnes (3,8 milliards d’euros) ; la réduction de la taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE) de 22,50 €/MWh à 0,50 €/MWh (8 milliards d’euros), l’indemnisation des fournisseurs pour le blocage du tarif réglementé de vente de gaz (1,2 milliard d’euros), et enfin le coût supporté par EDF au titre de l’extension de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH), annoncé à 8 milliards d’euros.

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