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Transition écologique: très ciblée et rapide

Transition écologique: très ciblée  et rapide

Une feuille de route du gouvernement sera décidée en juin elle sera très ciblée et devra agir vite. En fait, il ne faut pas s’attendre à de grands changements par rapport à la loi de transition énergétique déjà votée et qui aura bien du mal à être mis en œuvre. Rappelons que cette loi prévoit de réduire à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité (aujourd’hui 75 %). Un objectif complètement irréalisable d’autant que rapidement on va décider le grand carénage des plus anciennes centrales pour prolonger leur durée de vie de 20 ans. On va donc centrer le programme du gouvernement essentiellement  sue ce « programme de travail » qui comprendra notamment des engagements sur l’interdiction des nouveaux permis de recherche sur les hydrocarbures, la rénovation énergétique des bâtiments, notamment publics, la révision de la taxe carbone et de la fiscalité du diesel, a précisé l’Élysée. La discussion sur ce programme doit débuter mercredi en Conseil des ministres. Cette table ronde a été organisée après la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris. Seule décision concrète annoncée mardi, la création d’un site internet pour faciliter l’accueil des chercheurs du monde entier, notamment américains, qui voudraient postuler pour venir en France travailler sur des programmes concernant le climat.   La table ronde, présidée par Emmanuel Macron, a réuni mardi une vingtaine de membres d’ONG, entrepreneurs, chercheurs et experts, ainsi que les ministres Nicolas Hulot (Transition écologique), Jean-Yves le Drian (Europe et Affaires étrangères) et Frédérique Vidal (Recherche).         Cette réunion était aussi l’occasion de « réaffirmer une message de solidarité envers les victimes des changements climatiques », a indiqué Nicolas Hulot à l’issue de la réunion. La France va également poursuivre sa « diplomatie climatique », a souligné le ministre. « C’est l’effet inattendu de la décision des Etats-Unis: il y a des coalitions nouvelles en train de se créer entre États, entre États et collectivités, entre États et acteurs économiques, et avec des États américains. C’est cette coalition que nous allons renforcer », a-t-il conclu.

« L ’énergie le vrai moteur de la croissance » (Gaël Giraud, du CNRS)

 « L ’énergie le vrai moteur de la croissance » (Gaël Giraud, du CNRS)

 

Gaël Giraud, du CNRS) dans le Monde remet en cause ce qui est le vrai moteur de la croissance à savoir l’énergie.

 

 

Quels sont d’après vous les indices d’un lien intime entre consommation d’énergie et croissance de l’économie ?
Depuis deux siècles, depuis les travaux d’Adam Smith et de David Ricardo par exemple, la plupart des économistes expliquent que l’accumulation du capital est le secret de la croissance économique inédite que connaissent les sociétés occidentales, puis une partie du reste du monde. Marx était, lui aussi, convaincu de cette apparente évidence. Or, historiquement, l’accumulation du capital (au sens moderne) n’a pas commencé au 18ème siècle avec le début de la révolution industrielle, mais au moins deux cents ans plus tôt. Inversement, la première “révolution marchande” des 12ème et 13ème siècles, qui permit à l’Europe de sortir de la féodalité rurale, coïncide avec la généralisation des moulins à eau et à vent. Une nouvelle source énergétique, en plus de la photosynthèse (agriculture) et de la force animale, devenait disponible. De même, qui peut nier que la découverte des applications industrielles du charbon, puis du gaz et du pétrole (et, plus récemment, de l’atome) a joué un rôle décisif dans la révolution industrielle, et partant, comme moteur de la croissance ? De 1945 à 1975, les “trente glorieuses” ont été une période de croissance accélérée et aussi de consommation inédite d’hydrocarbures. Depuis lors, la planète n’a jamais retrouvé la vitesse de consommation d’énergies fossiles qui fut la sienne après guerre. C’est une bonne nouvelle pour le climat. Mais cela n’est pas étranger au fait que nous n’avons jamais retrouvé non plus les taux de croissance du PIB des trente glorieuses.

Au cours des dix dernières années en France, la consommation d’énergie et de pétrole en particulier a diminué, tandis que le PIB, lui, a progressé.
Cela ne prouve-t-il pas qu’il n’y a pas de lien entre consommation d’énergie et croissance économique ?
La consommation d’énergie primaire française est passée de 255 millions de tonnes d’équivalent pétrole (MTep) en 2000 à 265 MTep en 2004 [corr.]. Elle a ensuite décliné légèrement jusqu’en 2008, avant de connaître un trou d’air en 2008-2009, suivi d’un second trou d’air en 2011. Elle a touché un plancher (provisoire ?) en 2012 à 245 MTep. Le PIB français a connu des variations analogues, ces variations ont simplement été plus amorties. C’est tout à fait normal dans la mesure où, heureusement, l’énergie n’est pas le seul facteur de production qui “tire” le PIB. Le travail réalisé avec Zeynep Kahraman, membre du Shift Project, montre que l’efficacité énergétique joue également un rôle majeur, là aussi devant le capital. Reste que sur le long terme, une relation extrêmement stable existe entre la consommation d’énergie et la croissance du PIB. On retrouve la même très grande stabilité lorsque l’on élargit la perspective non plus dans le temps, mais dans l’espace. Pour des pays importateurs comme la France, l’externalisation de la consommation d’énergie par le biais des importations conduit à sous-estimer l’influence de l’énergie dans l’évolution de la croissance économique. L’estimation de la relation entre énergie et croissance est beaucoup plus fiable à l’échelle mondiale qu’à l’échelle nationale.

Vos travaux aboutissent à une conclusion qui diverge totalement des analyses classiques : “l’élasticité”, c’est-à-dire la sensibilité du PIB par habitant vis-à-vis de la consommation d’énergie, est d’après vous de l’ordre de 60 %, et non de moins de 10 % (soit le coût de la facture énergétique dans la production), comme l’indique la littérature économique habituelle. [Autrement dit, si la consommation d’énergie augmente de 100 %, la théorie économique conventionnelle prédit que la hausse induite du PIB par habitant se limitera à moins de 10 %. D’après Gaël Giraud, l’observation empirique montre que l’augmentation est en réalité de 60 %, pas moins ! ]
Comment justifiez-vous cet énorme écart ?
La raison profonde de cet écart, c’est évidemment le très bas niveau du prix des hydrocarbures, même aujourd’hui. Beaucoup d’économistes postulent que le marché international de l’énergie est à l’équilibre, et que les prix qui en émergent reflètent les tensions réelles s’exprimant sur ce marché. D’abord quelques remarques sur cette idée d’un équilibre naturel. Le prix de la plupart des énergies fossiles est influencé par celui du pétrole et, tout récemment, du gaz. Or le prix du pétrole, comme celui du gaz de schiste nord-américain, ne résulte pas d’une pure rencontre concurrentielle de l’offre et de la demande. Tous deux sont soumis à diverses manipulations. Il apparaît que le mode de fixation du prix du pétrole spot, livrable à court terme, ressemble davantage à la fixation des taux monétaires du LIBOR qu’aux fictions idéales des manuels d’économie. Nous savons aujourd’hui que ces taux interbancaires du LIBOR ont été sciemment manipulés par diverses banques de la City de Londres, cela durant des années et avec éventuellement la complicité passive de leur régulateur, la banque centrale d’Angleterre. De même, le prix du pétrole est un sujet politiquement très sensible, il n’est pas étonnant qu’il soit soumis à diverses pressions. Par exemple, la chute du prix du pétrole durant la seconde moitié des années quatre-vingt n’est pas étrangère à la stratégie de Washington qui visait à étrangler l’économie de l’URSS [en demandant à l’allié saoudien d’ouvrir ses vannes de brut à fond, NDLR], ce qui a conduit à précipiter la chute de l’empire soviétique. Je ne prétends pas que ce contre-choc pétrolier des années quatre-vingt ait résulté uniquement de cette initiative de l’administration Reagan, mais que l’on mesure, à travers un exemple de ce type d’exemple, la nature en partie géopolitique du prix de l’or noir. A l’étage supérieur des marchés internationaux, celui des marchés financiers, le prix des futures, les contrats de livraison à terme sur le pétrole est, lui aussi, soumis à des mouvements de capitaux qui n’ont pas grand chose à voir avec la réalité économique de l’énergie, mais qui ont tout à voir avec des stratégies spéculatives mises en place par une poignée de grandes banques d’affaires américaines. Enfin, concernant le gaz de schiste nord-américain, il fait très certainement l’objet d’un dumping à la baisse, favorisé par des subventions plus ou moins cachées de l’administration américaine. Il résulte de tout ceci une déconnexion assez forte entre les réalités strictement économiques des hydrocarbures et leurs prix.

Revenons au point clé : le degré d’élasticité du PIB par rapport à l’énergie est selon vous très largement sous-estimé…
Si malgré les remarques liminaires que je viens de faire, vous croyez, comme la plupart des économistes universitaires, que le prix de l’énergie reflète fidèlement l’offre et la demande réelles, et si en plus et surtout, vous postulez que l’industrie des hydrocarbures n’est soumise à aucune contrainte du côté de l’extraction, alors vous concluez tranquillement que l’élasticité du PIB par rapport à l’énergie est proche de la part du coût de l’énergie dans le PIB, ce que l’on appelle son “cost share” en anglais. Soit moins de 10%, en effet. C’est ce raisonnement qui permet à certains de mes collègues économistes, à tort je pense, de prétendre que l’énergie est un sujet marginal et, pour tout dire, un non-sujet. Admettons un instant, pour les besoins de la discussion, que le prix du pétrole soit vraiment un prix de marché concurrentiel. Même dans pareil cas, il est évidemment faux de prétendre que l’extraction physique des hydrocarbures n’est soumise à aucune contrainte géologique, politique, etc. Or, dès que l’on réintroduit ce type de contraintes, on peut aisément montrer que (même sur un marché purement concurrentiel), il y aura une déconnexion complète entre l’élasticité et la part de l’énergie dans le cost share : les calculs font apparaître des “prix fantômes”, lesquels reflètent la puissance des contraintes extérieures et déforment le cost share à la baisse par rapport à l’élasticité. Cette remarque a déjà été faite depuis longtemps par un physicien allemand, Reiner Kümmel, ainsi que par l’Américain Robert Ayres. Pourtant la plupart des économistes continuent de postuler que l’élasticité de l’énergie est égale à son cost share, c’est-à-dire très faible, sans eux-mêmes y être allés regarder de plus près. Je pense que cela est dû, en profondeur, au fait que beaucoup d’économistes préfèrent regarder des prix et des quantités monétaires plutôt que des quantités physiques. Ce qui est paradoxal, puisque beaucoup de leurs modèles fonctionnent en réalité comme des modèles sans monnaie ! (Je sais, ça vous étonne, mais il faudrait un autre entretien pour expliquer ce point…) Mes propres travaux empiriques, menés sur près d’une cinquantaine de pays, et sur plus de quarante ans, montrent qu’en réalité l’élasticité du PIB par rapport à l’énergie primaire est comprise entre 40 %, pour les zones les moins dépendantes du pétrole, comme la France, et 70 % pour les Etats-Unis, avec une moyenne mondiale tournant autour de 60 %.

L’élasticité (la sensibilité) du PIB par rapport au capital vous apparaît par conséquent beaucoup plus faible que ce qui est couramment admis.
Quelles conséquences en tirez-vous sur le niveau des prix de l’énergie d’une part, et d’autre part sur la rémunération du capital ?
L’une des conséquences de la réévaluation à la hausse de l’élasticité du PIB par rapport à l’énergie est, en effet, une réévaluation à la baisse de l’élasticité par rapport au capital. D’après les manuels, cette dernière devrait de nouveau être égale au cost share du capital, traditionnellement évalué entre 30 et 40 % du PIB. Je trouve pour ma part des élasticités moitié plus faibles et ce, même en adoptant des définitions empiriques larges du capital, comme celle de Thomas Piketty. On pourrait être tenté d’en déduire que le capital est sur-rémunéré, et que l’énergie est sous-rémunérée. Ce n’est pas forcément faux mais, de mon point de vue, ce type de conclusion continue de raisonner comme si l’égalité de l’élasticité et du cost share devait être vérifiée dans un monde idéal. Or, et c’est un point fondamental, je ne connais pas de démonstration entièrement convaincante de cette égalité. Même si le prix de l’énergie (ou du capital) était fixé sur un marché mondial parfaitement concurrentiel, ce qui n’est nullement le cas en pratique, et même si l’on croit que les compagnies pétrolières ne sont soumises à nulle contrainte externe à leur business (de sorte qu’aucun “prix fantôme” ne viendrait déformer la relation élasticité/cost share, ce qui est une fiction), même dans un tel monde idéal, cette égalité reste encore suspecte. Cela est lié au fait que la micro-économie traditionnelle souffre de nombreuses erreurs internes, approximations et autres court-circuits intellectuels, qui rendent ses conclusions extrêmement fragiles. Un excellent livre, rédigé par un économiste australien, Steve Keen, fait le point sur ces problèmes d’apparence technique mais qui sont, au fond, décisifs pour le débat politique contemporain. J’assure la traduction de ce livre avec Aurélien Goutsmedt, il paraîtra à l’automne prochain (L’Imposture économique, Steve Keen, Ed. de l’Atelier).

Vous estimez qu’il existe une sorte de “force de rappel” entre la consommation énergie et le rythme de croissance du PIB. Les deux apparaissent “co-intégrés”, c’est-à-dire qu’ils seraient voués perpétuellement à revenir l’un vers l’autre, au bout d’un certain temps. Existe-t-il un lien de cause à effet entre l’énergie disponible et le niveau d’activité économique, ou au contraire du niveau d’activité économique sur la consommation énergie, ou bien encore s’agit-il d’un lien réciproque ?
Cette question a déjà été étudiée abondamment par les économistes spécialisés dans l’énergie. Il n’y a plus de doute, aujourd’hui, sur le caractère co-intégré de l’énergie et du PIB. Mes travaux montrent que la force de rappel entre ces deux grandeurs est telle qu’après un choc exogène (un krach financier, par exemple), ces variables mettent en moyenne un an et demi à retrouver leur relation de long terme. Si vous regardez la séquence 2007-2009, c’est à peu près ce que l’on observe. Vous posez à juste titre la question de la relation de causalité : est-ce la consommation d’énergie qui cause le PIB ou bien l’inverse ? Là-dessus, même les économistes énergéticiens sont beaucoup plus divisés. Mes travaux avec Zeynep Kahraman penchent clairement en faveur d’une relation causale univoque de la consommation d’énergie primaire vers le PIB, et non l’inverse. Jean-Marc Jancoviciavait déjà anticipé ce résultat depuis un moment, en observant par exemple qu’à la suite du krach 2007, la baisse de la consommation d’énergie précède la baisse du PIB dans un nombre important de pays. Comme l’indique le bon sens physique, une relation de causalité ne peut se traduire que par une précédence temporelle de la cause sur l’effet. C’est exactement ce que confirme mon travail. Il y a beaucoup de malentendus sur cette question de la causalité. La causalité est une notion métaphysique : même la mécanique newtonienne ne prétend pas démontrer que la gravité universelle fait tomber les pommes des arbres ! Tout ce qu’elle peut dire, c’est qu’elle dispose d’un modèle au sein duquel une grandeur appelée force gravitationnelle est supposée se manifester par le mouvement des masses, et que ce modèle n’a jamais été mis en défaut – pour des vitesses faibles par rapport à la lumière, évidemment ! Ici, il en va de même : tout ce que nous pouvons dire, c’est que nous observons une relation empirique entre l’énergie et le PIB, qui peut s’interpréter statistiquement comme une relation causale.

A vos yeux, dans quelle mesure la crise de 2008 pourrait-elle être une sorte de choc pétrolier ?
L’argument est facile à concevoir : en 1999, le baril est à 9 dollars. En 2007, il tourne autour de 60 dollars (avant de s’envoler à 140$ du fait de la tempête financière). Nos économies ont donc connu un troisième choc pétrolier au cours des premières années 2000, de même amplitude que ceux des années 1970, quoique davantage étalé dans le temps. Or ce “choc pétrolier” n’a pas eu l’effet récessif majeur de ceux de 1973 et 1979. Pourquoi ? Certains économistes avancent que cela serait dû à la plus grande flexibilité du marché du travail aux Etats-Unis, dans les années 2000, comparée à celle qui prévalait dans les années 1970, ainsi qu’à la politique monétaire très accommodante menée par la Réserve fédérale américaine (ainsi que par la Banque centrale européenne). La première explication ne me convainc nullement : elle repose très largement sur le postulat de l’égalité élasticité/cost share, dont j’ai dit combien elle est suspecte. Elle vise de manière trop évidente à légitimer des programmes de flexibilisation tous azimuts du marché du travail, qui ont pourtant montré leur inefficacité. En revanche, la seconde explication se rapproche de ce que vous suggérez. La politique monétaire de taux directeurs très faibles a rendu possible une expansion significative du crédit, elle-même facilitée par la dérégulation financière. Autrement dit, nos économies se sont endettées pour compenser la hausse du prix du pétrole ! Comme le crédit était très bon marché, cela a permis de rendre le choc pétrolier relativement indolore. Dans le même temps, la politique monétaire, la déréglementation et la myopie du secteur bancaire ont aussi provoqué le gonflement de la bulle des subprimes, dont l’éclatement en 2007 a enclenché la crise. Le remède qui a rendu possible d’amortir le choc pétrolier a donc aussi provoqué la pire crise financière de l’histoire, elle-même largement responsable de la crise actuelle des dettes publiques, de la fragilisation de l’euro, etc. Tout se passe donc comme si nous étions en train de payer, maintenant, le véritable coût de ce troisième choc pétrolier.

L’évolution de la consommation d’énergie est, dites-vous, un non-sujet pour la plupart des économistes. D’autres travaux analogues aux vôtres (ceux de Robert Ayres, notamment) aboutissent également à la conclusion que le rôle de l’énergie dans l’économie est totalement sous-estimé. Où en est la prise en compte de votre type d’approche dans la recherche économique et dans la pensée économique en général ? Obtenez-vous un écho auprès de vos confrères, ou bien prêchez-vous dans le désert ?
La communauté des économistes universitaires n’est nullement homogène. Certains continuent de réciter le catéchisme des manuels, dont nous avons pourtant bien des raisons de penser qu’il contient de nombreuses contre-vérités majeures, lesquelles ne sont pas étrangères à l’incapacité d’une partie de la profession à anticiper une crise monumentale comme celle des subprimes, ou encore à imaginer d’autres solutions à la crise européenne que l’approfondissement des programmes de rigueur budgétaire qui, pourtant, nous condamnent à la déflation. Mais d’autres économistes font un travail remarquable : vous avez cité à juste titre Robert Ayres, il y a aussi des personnes comme Michael Kumhof au FMI [son interview sur ‘Oil Man’], James Hamilton [présentation sur ‘Oil Man’], David Stern, Tim Jackson, Steve Keen, Alain Grandjean, Jean-Charles Hourcade, Christian de Perthuis,… Je suis convaincu qu’au fur et à mesure que la société prendra conscience du rôle vital de l’énergie – ce processus de prise de conscience a déjà commencé –, la première catégorie d’économistes sera contrainte de changer ses dogmes. Le reste appartient à la sociologie du champ académique.

Les contraintes du pic pétrolier et du changement climatique promettent de dessiner un avenir dans lequel la machine économique aura de moins en moins d’énergie à sa disposition pour fonctionner. Ces deux contraintes impliquent-elles selon vous la fin prochaine de l’économie de croissance ?
Oui, très vraisemblablement. Sans transition énergétique (c’est-à-dire, sans réorientation volontariste de nos forces productives et de nos modes de consommation vers une économie moins dépendante des énergies fossiles), nous ne pourrons tout simplement plus retrouver la moindre croissance durable. Même si certains prétendent aller la chercher avec les dents. Les travaux que j’ai conduits avec Antonin Pottier suggèrent que des économies comme les nôtres ne peuvent connaître, au fond, que trois régimes de moyen terme : une croissance significative accompagnée d’une forte inflation (les trente glorieuses), la déflation (Le Japon depuis 20 ans, l’Europe et les Etats-Unis durant l’entre-deux-guerres), ou bien une croissance molle accompagnée de bulles spéculatives à répétition sur les marchés financiers. L’Europe de l’Ouest est à l’évidence dans le troisième régime, vers lequel nous avons bifurqué au cours des années 1980, à la faveur de la dérégulation financière. La question qui nous est posée aujourd’hui est de savoir si nous voulons poursuivre cette expérience, au prix du creusement des inégalités inouï que nous connaissons et de la destruction à terme du secteur industriel européen par la sphère financière. Ou nous pouvons nous laisser glisser paresseusement dans la déflation (le plus dangereux) comme c’est déjà le cas pour une bonne partie du sud de l’Europe. Ou bien encore, nous pouvons tenter de renouer avec la prospérité. Cette dernière ne coïncide pas avec la croissance du PIB. Comme vous le savez, le PIB est, à plein d’égards, un très mauvais indicateur. Il est temps d’en changer. Le rapport Sen-Stiglitz-Fitoussi ou, mieux encore, les travaux de Jean Gadrey et de Florence Jany-Catrice indiquent des pistes très prometteuses permettant d’aller dans ce sens. Autrement dit, faire croître le PIB n’a guère d’importance. D’où l’inanité des débats sur la croissance verte, qui s’interrogent sur le fait de savoir si la transition est compatible avec la croissance du PIB. La bonne question, c’est : comment opérer la transition de manière à assurer du travail pour le plus grand nombre, et un style de vie à la fois démocratique et prospère ?

L’anthropologue américain Joseph Tainter affirme qu’il existe une « spirale énergie-complexité » : « Vous ne pouvez avoir de complexité sans énergie, et si vous avez de l’énergie, vous allez avoir de la complexité », dit-il.
Que vous inspire cette assertion ?
Le parallèle que Tainter propose entre la dépendance de l’empire romain à l’égard de l’énergie pillée chez les sociétés conquises, et notre propre dépendance énergétique me paraît très pertinent. Le colonialisme a constitué – n’en déplaise à certains historiens, tels que Jacques Marseille – une grande opération de captation d’un certain nombre de ressources énergétiques majeures, de la part d’un continent (l’Europe) qui manque cruellement de ressources énergétiques fossiles sur son propre sol. Que notre continent soit plus ou moins condamné au déclin s’il ne réalise pas la transition énergétique, cela également me paraît assez évident. En revanche, je suis moins Tainter sur sa thèse concernant le lien intangible entre la complexité d’une société et son usage de l’énergie. Cette notion de complexité ne risque-t-elle pas de justifier la démission du politique, si elle est comprise comme impliquant que, décidément, les choses sont beaucoup trop complexes pour qu’un gouvernement puisse prétendre décider quoi que ce soit ? Il est vrai, par ailleurs, que la déréglementation financière a provoqué un brouillard d’informations contradictoires (les prix de marchés financiers) qui sèment une énorme confusion sur les tendances économiques lourdes, et paralysent aussi bien les investissements de long terme que la décision politique. En ce sens-là, l’expérience de la déréglementation nous a plongés dans un monde “complexe”, au sens de confus. Mais ce n’est nullement irréversible, et c’est une raison supplémentaire pour ne pas faire dépendre notre prospérité des marchés financiers. Si l’on suit Tainter, nous serions condamnés, dans la mesure où notre société aurait atteint son “pic de complexité”, au-delà duquel les gains de productivité de la complexité deviendraient négligeables ? Je peux me tromper, mais je suis convaincu, pour ma part, que seules deux régions au monde peuvent lancer la transition énergétique en tant que vaste projet économique et politique : l’Europe et le Japon. En effet, il faut, pour cela, d’excellents ingénieurs et une population à la fois riche et très éduquée. Si l’Europe devient leader dans la transition énergétique et, plus globalement, écologique, alors elle pourra, avec son propre retour d’expérience, exporter auprès du reste du monde son savoir-faire. Sinon, elle sera condamnée à devoir faire la guerre, comme l’empire romain, pour capter l’énergie des autres, ce qu’elle n’a plus guère les moyens de faire. La transition est devant nous : elle est le secret de la prospérité future de l’Europe si, du moins, notre continent se donne les moyens de la mettre en oeuvre.

Pétrole: quotas de production prolongés

Pétrole: quotas  de production prolongés

 L’Opep et des pays producteurs non-membres du cartel emmenés par la Russie ont décidé jeudi de prolonger de neuf mois jusqu’à fin mars 2018 l’accord de réduction de la production en vigueur depuis le début de l’année. Un accord jugé indispensable pour tenter de faire remonter les cours. Mais un accord qui jusque-là a produit peu d’effet sur les prix d’une part parce que la croissance mondiale est insuffisante pour peser de manière significative sur le volume de demande d’autre part parce que cet accord est peu respecté par certains pays producteurs en crise économique et qui ont absolument besoin des ressources financières du pétrole. C’est le cas par exemple du petit pays producteurs comme  la Côte d’Ivoire.  Le ministre saoudien de l’Energie, Khalid al Falih, a cependant déclaré qu’une telle prolongation de neuf mois, conjuguée à la participation d’un ou deux petits producteurs supplémentaires, devrait suffire à ramener les stocks mondiaux de pétrole à leur moyenne sur cinq ans, un indicateur essentiel pour l’OPEP. L’OPEP et des pays extérieurs au cartel, dont la Russie, se sont entendus pour réduire depuis le 1er janvier leur production globale de 1,8 million de barils par jour. L’ancien accord, censé expirer fin juin, n’a pas suffi à contracter les stocks ni à redresser durablement les cours du pétrole en raison notamment de la hausse de production de pays ne participant pas à cet effort, en particulier les Etats-Unis. L’Arabie saoudite et la Russie, soit les deux premiers producteurs de pétrole dans le monde, sont convenus de la nécessité de prolonger cet accord de neuf mois, jusqu’en mars 2018. Cette réduction reconduite de 1,8 million de barils par jour (bpj), représentant 2% environ de la production mondiale, avait été calculée par rapport aux extractions d’octobre 2016, soit 31 millions de bpj environ, et devait s’appliquer dans un premier temps durant le seul premier semestre de cette année. L’Opep a convenu de maintenir ses propres coupes à 1,2 million de bpj environ, a précisé le ministre du Pétrole koweïti Essam al-Marzouq. Ce qui implique que les producteurs hors Opep retrancheront à nouveau quelque 600.000 bpj à leur propre production. Entamée à la mi-2014, alors que le baril s’échangeait encore à plus de 100 dollars, la chute des cours – tombés à moins de 30 dollars dans le courant de l’année 2016 – a, au-delà des tensions sur les budgets, provoqué de violents remous sociaux dans des pays tels que le Venezuela et le Nigeria.

 

Merkel pousse l’automobile électrique allemande

Merkel pousse l’automobile électrique allemande

Merkel pousse l’automobile électrique allemande pour préserver ce qui constitue l’une des bases de son industrie mais aussi pour faciliter la transition écologique. « Nous avons besoin de visions à long terme et d’entreprises qui investissent dans le futur », a-t-elle dit lors d’une visite sur le site dans la ville de Kamenz, dans l’est de l’Allemagne. « Il est important que la mobilité électrique soit prête pour le marché aussi rapidement que possible ». Les constructeurs automobiles allemands développent leur production de voitures électriques mais la plupart des batteries sont fabriquées en Asie, ce qui suscite des craintes que l’Allemagne perde son leadership dans ce secteur d’avenir. La chancelière a été critiquée la semaine dernière pour avoir dit que l’Allemagne ne devrait pas atteindre l’objectif du gouvernement de mise en circulation d’un million de voitures électriques d’ici la fin de la décennie. Elle a noté que les nouvelles technologies prennent parfois du temps à émerger et finissent par être exploitées par ceux qui n’en sont pas à l’origine. En mars, Daimler, propriétaire de la marque Mercedes-Benz, a dit vouloir accélérer son programme de voiture électrique afin de mettre sur le marché plus de 10 nouveaux modèles d’ici 2022 grâce à un investissement de 10 milliards d’euros. À Kamenz, sa deuxième usine de batteries au lithium, Daimler a investi environ 500 millions d’euros afin de quadrupler la production de ce site qui devrait être opérationnel d’ici mi-2018. « L’industrie automobile est confrontée à une transformation profonde. L’évolution technique est inéluctable, avec ou sans l’industrie automobile allemande, et je pense que ce serait mieux avec nous », a déclaré le président du directoire de Daimler, Dieter Zetsche. L’usine de Kamenz s’appuie toujours sur des éléments de batteries en provenance de l’étranger et Angela Merkel estime que l’Allemagne devrait faire davantage dans ce secteur. Samedi, elle a dit que le gouvernement avait investi 35 millions d’euros dans la recherche sur les batteries et souhaitait créer un groupe d’expertise dans le domaine. « Si nous sommes impliqués dans la recherche et les prototypes, il y a plus de chances de ramener la production de la prochaine génération d’accumulateurs en Europe ou en Allemagne », a-t-elle fait valoir. Merkel a dit avoir eu connaissance des dernières technologies de piles au lithium qui pourraient permettre aux voitures de parcourir jusqu’à 1.000 kilomètres avec une seule recharge – ce qui serait une avancée majeure au regard de la performance actuelle des batteries limitée à 200-300 kilomètres.

Nucléaire : Les Suisses votent la fin

Nucléaire : Les Suisses votent la fin

 

Les électeurs ont décidé à 58,2% de tourner progressivement le dos au nucléaire et favoriser à sa place les énergies renouvelables. La révision de la loi revoit de fond en comble l’approvisionnement énergétique de la Suisse, qui achète à l’étranger 75 % de l’énergie dont elle a besoin  Le paquet de mesures soumis au vote ce dimanche, dont la mise en œuvre est prévue par étapes jusqu’en 2035, vise à suivre la tendance européenne. Entre 2004 et 2014, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie (électricité, chaleur et transports) a augmenté de 8,5 % à 16 % dans l’UE. En conjuguant incitations financières à l’isolation des bâtiments et promotion des énergies hydraulique, solaire, éolienne, géothermique et de biomasse, tout en bridant les émissions des véhicules neufs, Berne table sur une réduction de la consommation d’énergie des ménages et des entreprises de 43 % par rapport à 2000. «On peut diminuer notre consommation d’énergie sans perte de confort», soutient la ministre en charge de l’Énergie et présidente de la Confédération, Doris Leuthard.  Face à la chute vertigineuse des prix de l’électricité sur le marché européen et au soutien public des énergies renouvelables en Allemagne, en France et en Italie, l’énergie hydraulique, pourtant la moins chère à produire lorsque les barrages sont amortis, est devenue trop coûteuse en Suisse. Au point que certains groupes envisagent de vendre une partie de leur portefeuille hydroélectrique ; un parjure au pays de l’or bleu des montagnes. La «Stratégie énergétique 2050» prévoit certes une aide transitoire aux grandes centrales hydroélectriques, de 180 millions, ce qui a permis de faire basculer bien des récalcitrants dans le camp du oui.

 

Pétrole : accord de réduction de la production sans doute prolongé

Pétrole : accord de réduction de la production sans doute prolongé

 

 L’accord de réduction de la production de pétrole pourrait être prolongé de neuf mois par les pays producteurs. Un accord jugé indispensable pour tenter de faire remonter les cours. Un accord qui jusque-là a produit peu d’effet sur les prix d’une part parce que la croissance mondiale est insuffisante pour peser de manière significative sur le volume de demande d’autre part parce que cet accord est peu respecté par certains pays producteurs en crise économique et qui ont absolument besoin des ressources financières du pétrole. C’est le cas par exemple du petit pays producteurs comme  la Côte d’Ivoire.  Le ministre saoudien de l’Energie, Khalid al Falih, a cependant déclaré qu’une telle prolongation de neuf mois, conjuguée à la participation d’un ou deux petits producteurs supplémentaires, devrait suffire à ramener les stocks mondiaux de pétrole à leur moyenne sur cinq ans, un indicateur essentiel pour l’OPEP. L’OPEP et des pays extérieurs au cartel, dont la Russie, se sont entendus pour réduire depuis le 1er janvier leur production globale de 1,8 million de barils par jour. L’ancien accord, censé expirer fin juin, n’a pas suffi à contracter les stocks ni à redresser durablement les cours du pétrole en raison notamment de la hausse de production de pays ne participant pas à cet effort, en particulier les Etats-Unis. L’Arabie saoudite et la Russie, soit les deux premiers producteurs de pétrole dans le monde, sont convenus de la nécessité de prolonger cet accord de neuf mois, jusqu’en mars 2018. Certains pays paraissent toutefois réticents. Les ministres du Pétrole de l’OPEP et de pays extérieurs à l’OPEP doivent se réunir jeudi pour discuter de l’avenir de cet accord. Parmi les pistes étudiées par le comité technique chargé de préparer cette réunion figure une prolongation et une amplification de la réduction de la production globale, via la participation de nouveaux producteurs à cet effort concerté. Le Turkménistan, l’Egypte et la Côte d’Ivoire devraient ainsi participer à la réunion de jeudi, ont dit des sources.

 

Engie-RWE, la nouvelle alliance Franco allemande

Engie-RWE, la nouvelle alliance Franco allemande

L’illustration de la volonté de Macron de renforcer la coopération avec l’Allemagne avec la  possible création par le français Engie et l’allemand RWE. Une telle alliance, susceptible de séduire l’aile droite de son gouvernement, permettrait en outre de doter l’ancien Gaz de France de compétences supplémentaires dans les énergies renouvelables, que la France s’est engagée à développer. Selon des sources proches du dossier, l’un des schémas envisagés verrait Engie prendre une participation dans Innogy, filiale spécialisée dans la gestion des réseaux et les renouvelables de RWE, ce dernier devenant en retour actionnaire d’Engie. L’opération entraînerait une dilution de la part de l’Etat, qui possède actuellement 28,65% du groupe français. Discutée avant la présidentielle, ce rapprochement donnerait naissance à un « Airbus de l’énergie », un géant franco-allemand que les dirigeants français ont longtemps appelé de leurs voeux, en particulier le précédent chef de l’Etat, François Hollande. « On s’oriente certainement vers une ère de coopération renforcée entre la France et l’Allemagne. Cela me paraît un bon point », souligne un spécialiste de ce genre de dossiers. Plusieurs opérations de ce type ont eu lieu pendant le quinquennat de François Hollande, dont Emmanuel Macron fut le conseiller puis le ministre de l’Economie, notamment la fusion en 2015 entre le français Nexter et l’allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW) dans l’industrie de l’armement. Le rachat en cours du constructeur automobile allemand Opel par PSA illustre également ce mouvement. Une alliance entre Engie et RWE illustrerait la volonté affirmée par Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel d’obtenir des résultats rapides et concrets dans la relation bilatérale, l’Union européenne et la zone euro.

Le diesel en perte de vitesse

Les  diesel en perte de vitesse

 

Le diesel ne cesse de perdre du terrain, en avril 2014, 330.500 voitures diesel avaient été vendues, contre 145.000 essence. En avril 2017, 304.500 diesel seulement ont été immatriculés, contre 152.000 essence. Ce qui entraîne une baisse des véhicules diesels d’occasion. En avril, le site spécialisé AutoScout24 note ainsi un recul de 5% des prix sur un an.  Certains modèles continuent d’être attractifs en diesel, comme les grandes berlines, les SUV ou des voitures plus iconiques comme la Volkswagen Golf par exemple. « Ce modèle par exemple devrait toujours trouver preneur, et se vendre très bien », rassure Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem de l’Automobile.  Qui conclut lui aussi: « Le retournement ne sera pas brutal, les évolutions des prix du carburant se font progressivement, poursuit l’économiste. Le marché du véhicule d’occasion reflète celui du neuf, avec quelques années de décalage ».

OPEP: toujours à la recherche de l’équilibre

OPEP: toujours à la recherche de l’équilibre

 

 

Les producteurs de pétrole sont toujours à la recherche de l’équilibre entre l’offre et la demande. Pour tenter de faire remonter les cours, ils  affirment avoir dépassé de 4 % le plan de réduction de la production. Ils proposent  même de prolonger ce plan pendant six mois au-delà de Mai. Première conservation, il  n’est pas certain que les réductions soient aussi importantes car l’offre est toujours plus importante qu’une demande relativement molle.  Les cours du pétrole ne remontent pas de manière très significative et les prix ont tendance à faire du yo-yo sous l’effet essentiellement de la spéculation.  Compte tenu des perspectives, les cours pourraient t continuer d’observer le mouvement de yo-yo et se situait pour l’année en cours entre 50 et 60 euros. Le 12 avril le prix était un peu au-dessus de 56 € le baril. Les deux incertitudes géo politiques actuelles pourraient influencer un certain mouvement à la hausse. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) s’est donc engagée à réduire sa production de 1,2 million de barils par jour (bpj) depuis le 1er janvier 2017, la première coupe intervenue depuis huit ans, afin de faire remonter les cours et de dégager un marché engorgé. Parallèlement, la Russie et 10 autres États non membres du cartel ont accepté de baisser la leur de 558.000 bpj. L’Arabie saoudite a fait savoir qu’elle avait l’intention de proposer une prolongation de six mois de l’accord de réduction lors de la réunion de mai, rapporte mardi le Wall Street Journal citant des sources. L’offre des 11 pays membres de l’OPEP qui se sont vu fixer un objectif de production a été en moyenne de 29,757 millions de bpj le mois dernier, selon les sources secondaires utilisées par l’OPEP. Ces chiffres ont été consultés par Reuters. L’OPEP s’étant engagée à réduire la production à 29,804 millions de bpj cela signifie qu’elle a été abaissée au-delà des engagements convenus, atteignant un taux de conformité de 104%, selon les calculs de l’organisation. « Le taux de conformité de l’OPEP a été plus important que prévu », a déclaré un délégué de l’organisation. « Pour les non-OPEP, il est satisfaisant et s’améliore ». Le taux de conformité OPEP et hors-OPEP confondu a dû augmenter en mars, par rapport aux 94% de février, a dit lundi le ministre koweïtien du Pétrole, Essam al-Marzouq.

Le décret Fessenheim : la grande supercherie

Le décret Fessenheim : la grande supercherie

 

Le décret signé par Ségolène Royal à propos de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim constitue évidemment une grande supercherie. Le type de supercherie qui aura marqué tous le mandat de François Hollande caractérisé par un énorme décalage entre ses déclarations et ses actes. Il avait solennellement promis la fermeture de Fessenheim d’ici la fin de son mandat avant d’amender sa position pour la reporter en 2018 puis peut-être plus tard lorsqu’interviendrait la mise en exportation de l’EPR de Flamanville. Pour parler clair,  il repassait le bébé à son successeur. Finalement,  le conseil d’administration d’EDF s’est simplement aligné sur cette dernière proposition de François Hollande. Le décret signé par Ségolène Royal relève donc  de la pure gesticulation à laquelle elle nous a habitué. Contrairement à ce qu’elle affirme la décision de fermer Fessenheim n’est pas prise. Le décret abroge « sur demande de l’exploitant (…) l’autorisation d’exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim dont EDF est titulaire, à compter de la date de mise en service de l’EPR de Flamanville 3 dès lors que cette abrogation est nécessaire au respect du plafonnement de la capacité nucléaire et que la mise en exploitation de l’EPR de Flamanville 3 intervient avant le 11 avril 2020. » Le texte reprend les conditions contenues dans la motion adoptée jeudi par le conseil d’administration d’EDF portant sur le sort de la doyenne des centrales françaises, mise en service en 1977. Et de manière très hypocrite Ségolène Royal déclare : « C’est dit c’est fait. Cette fermeture s’inscrit dans l’obligation de diversifier les sources d’énergie fixée par la loi de transition énergétique, qui prévoit 40% d’énergies renouvelables dans la production électrique d’ici 2030″, ajoute la ministre. « On touche le fond de la cuve », dit le syndicat dans un communiqué. Il s’agit d’un « déni de gouvernance à l’égard du conseil d’administration d’EDF », ce dernier n’ayant pas encore formellement demandé l’abrogation de l’autorisation d’exploitation. La CFE-CGC, peut-on lire dans le communiqué, saisira donc le Conseil d’Etat pour faire annuler ce décret illégal « pour excès de pouvoir ».

Fessenheim: la fermeture de Ségolène Royal : du pipeau

Fessenheim: la fermeture de Ségolène Royal : du pipeau

 

Alors que le conseil d’administration d’EDF s’est prononcé contre la fermeture de Fessenheim tant que le père de Flamanville ne sera pas opérationnel (pas avant 2020 au moins, Ségolène Royal persiste et signe pour faire croire que ça te fermeture est d’ores et déjà décidés. Elle a d’ailleurs annoncé qu’elle sortirait un décret signifiant la fin de Fessenheim de la centrale visée. En réalité, la ministre de l’Ecologie sait qu’elle ne pourra pas acter l’arrêt de la centrale avant le 7 mai. La loi impose que ce soit EDF qui en fasse la demande officielle. Or, cette option n’a pas été retenue jeudi. Lors du conseil d’administration, « le gouvernement a tenté d’imposer à l’entreprise de faire cette demande sans délai », explique un administrateur d’EDF. Même si le décret était signé, nul doute qu’il serait attaqué au conseil d’Etat par les syndicats. « On saisira toutes les voies et moyens pour poursuivre l’exploitation de Fessenheim». « Et nul doute qu’il sera cassé par le conseil d’Etat puisque la loi est très clair » ajoute un autre administrateur d’EDF. Mais entre le recours et la décision administrative, il s’écoulera plusieurs mois… Ségolène Royal a déjà eu recours à cette technique qui permet de gagner du temps pour sauver la face politiquement. En juillet 2014, quelques semaines après sa nomination au ministère de l’Ecologie, elle avait gelé les tarifs de l’électricité alors qu’une hausse de 5% avait été programmée par son prédécesseur Delphine Batho. Avant que le Premier ministre ne décide de les augmenter de seulement 2,5%. Deux décisions que le conseil d’Etat avait cassées.

EDF Fessenheim : le gouvernement doublement ridiculisé

EDF Fessenheim : le gouvernement doublement ridiculisé

 

 

Ségolène Royal a beau s’en défendre, le gouvernement a reçu une belle claque hier avec la décision du conseil d’administration d’EDF concernant le sort à réserver à la centrale de Fessenheim. Dans cette affaire,  le gouvernement s’est doublement ridiculisé. Il y a d’abord eu l’engagement de François Hollande de remettre en cause la politique nucléaire du pays mais qui dans les faits décidait de fermer seulement Fessenheim d’ici la fin de son mandat. .. En réalité,  il a ensuite indiqué que la centrale ne fermerait pas avant 2018 et pas avant que le relais ne soit pris par la mise en service de l’EPR de Flamanville. Une mise en service qui sera retardée entrainant le report de Fessenheim.  En dépit des menaces de Ségolène Royal, EDF  à l’égard a donc refusé d’annoncer clairement la fermeture de  Fessenheim. Ségolène Royal  fait semblant de se satisfaire de la décision d’EDF ;  la vérité, c’est qu’EDF se moque du gouvernement. EDF, une entreprise aux finances catastrophiques est portée  à bout de bras par l’État. Pour preuve, il a fallu faire une augmentation de capital en urgence pour boucher les trous (via la caisse de dépôt).  au-delà de la politique énergétique, cela démontre à l’évidence que le gouvernement ne gère pas grand-chose face à la puissance des lobbiss. Par ailleurs, la politique du gouvernement sur ce point comme sur bien d’autres, est totalement contradictoire.  Le conseil d’administration d’EDF a donc voté jeudi une motion ne permettant qu’une fermeture sous conditions de la centrale nucléaire de Fessenheim, dont François Hollande s’était pourtant engagé à obtenir l’arrêt avant la fin de son mandat. L’abrogation de l’autorisation d’exploiter Fessenheim ne prendra effet qu’à la mise en service de l’EPR de Flamanville 3 et il faudra que la fermeture de la centrale de Fessenheim soit à ce moment-là nécessaire au respect du plafond légal de production nucléaire fixé à 63,2 GW en France, précise le groupe dans un communiqué. D’abord promise par François Hollande pour 2016, la mise à l’arrêt définitive des deux réacteurs de 900 mégawatts de Fessenheim est désormais prévue pour fin 2018. « Sur cette période (2016-2018), le parc évoluera avec la mise en service de Flamanville 3 et la fermeture concomitante de Fessenheim », précise le groupe public d’énergie dans un communiqué. La ministre de l’Environnement et de l’Energie a immédiatement estimé que « le caractère inéluctable et irréversible du processus de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim [était] acté » !!! « L’État entérinera juridiquement cette décision dans les prochains jours », a fait savoir Ségolène Royal dans une déclaration diffusée alors que conseil d’administration était toujours réuni. Selon un représentant de la CGT, la motion adoptée laisse ouverte la possibilité de fermer une autre centrale nucléaire que Fessenheim. « C’est une résolution qui permet (au PDG d’EDF Jean-Bernard) Lévy de garder la face mais pas au gouvernement, pour qui c’est un véritable camouflet », a déclaré Laurent Langlard, porte-parole de la fédération CGT des mines et de l’énergie. Pour Greenpeace, les conditions posées par EDF sont inacceptables. « S’il faut attendre le « lancement » de l’EPR de Flamanville pour fermer officiellement Fessenheim, jamais la transition énergétique ne sera enclenchée en France et le risque d’accident nucléaire est renforcé », explique l’association de défense de l’environnement dans un communiqué. EDF a été condamnée le 8 mars par le tribunal de police de Guebwiller (Haut-Rhin) pour violation des « règles techniques générales » dans la gestion et la résolution d’un incident survenu à la centrale nucléaire de Fessenheim en 2015.

Macron fermera Fessenheim

Macron fermera Fessenheim

Contrairement à Hollande,  Emmanuel Macron a déclaré jeudi soir que la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, serait fermée pendant son quinquennat s’il est élu président de la République le 7 mai. Le candidat d’En Marche ! était interrogé sur France 2 après le vote par le conseil d’administration d’EDF d’une motion ne permettant qu’une fermeture sous conditions de la centrale. « Il faut fermer Fessenheim », a dit Emmanuel Macron. Prié de dire si la centrale fermerait pendant son éventuel quinquennat, il a répondu : « Oui, ce sera fermé. » La perspective de Hollande fermer la centrale de Fessenheim était  évidemment une fumisterie. Cette question revient à chaque élection présidentielle. Hollande l’avait promis pour satisfaire les écolos et récupérer leurs voix en 2012. . Pendant tout le mandat il a oublié sa promesse. Promesse qu’il réitère pourtant dans le cadre de la campagne de 2017 ;  pourtant pour des raisons techniques la centrale de Fessenheim ne pourra pas être fermée avant 2019 ou 2020. L’annonce de François alors constitue donc une imposture. C’était une promesse du candidat Hollande. Sa fermeture ne fait pas l’unanimité dans la classe politique ceci étend si cette promesse de François Hollande devait ce réaliser, les Français n’auront pas besoin de sortir les bougies. « Il n’y a pas de coupures d’électricité en raison de la fermeture d’une centrale », insiste RTE. Comme tout site nucléaire, Fessenheim n’a pas vocation à fonctionner éternellement, leur durée de vie étant comprise entre 40 ans et 60 ans. Le scénario a déjà été anticipé par RTE qui assure qu’un « dispositif est déjà en place en prévision de la fermeture de la centrale ». Bien que la France soit en retard sur les énergies renouvelables, son mix énergétique reste varié. Alors que le parc nucléaire stagne, les éoliennes et autres productions d’énergie verte ne cessent de croître. Depuis 2015, l’Aquitaine détient d’ailleurs la plus grande centrale solaire d’Europe. Toutes ces installations permettent de produire plus d’électricité, alors que la consommation a baissé de 8% entre 2002 et 2012 en France, selon le Commissariat général au développement durable. Enfin, les fournisseurs d’électricité n’utilisent pas nécessairement les sites de production français. Ils se servent sur le marché européen pour proposer aux consommateurs une énergie au meilleur prix. Résultat, 20% de l’électricité consommée en France provient de ses plus proches voisins.

 

Climat: les rejets de CO2 stables ?

Climat: les rejets de CO2 stables ?

Ce serait une bonne nouvelle à condition d’intégrer la totalité des les émissions notamment celle du transport de l’industrie et de l’agriculture. Globalement cependant les jets missions tendent à diminuer mais insuffisamment pour limiter à moins de 2° la hausse moyenne du thermomètre par rapport à son niveau d’avant l’ère industrielle. En outre l’Union européenne (10% des émissions globales) a connu une hausse de ses émissions d’1,4% en 2015, contrastant avec de longues périodes de recul. La région représentant 10% des émissions globales. Un phénomène à coupler avec la forte augmentation en Inde, +5,2% en 2015.   . Sur un champ réduit à savoir la production d’énergie,  pour la troisième année consécutive, les émissions de CO2 (dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre) dans le monde, sont restées stables. Mieux, les rejets de gaz à effet de serre sont en recul chez les deux premiers pollueurs, la Chine et les États-Unis. Ce constat de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) porte uniquement sur les émissions de CO2 liées à la production d’énergie, donc ne prend pas en compte le transport, l’industrie ou l’agriculture. C’est aux États-Unis que le recul des émissions de carbone est le plus marqué, note l’AIE. Elles ont baissé de 3%, soit 160 millions de tonnes de carbone de moins envoyées dans l’atmosphère. Cette amélioration, en termes de pollution, s’explique en partie par la progression des renouvelables en Amérique mais surtout à cause de l’essor persistant du gaz de schiste. Le gaz est certes un combustible fossile, qui émet du CO2 quand on le brûle, mais beaucoup moins que le charbon. Or pour la première fois cette année, l’électricité produite dans des centrales à gaz a devancé celle issue des centrales à charbon. Les émissions des États-Unis ont retrouvé leur niveau de 1992 alors que depuis cette année, le PIB américain s’est accru de 80%. Le découplage entre production de richesse économique et production d’énergie fossile s’est bel et bien opéré. En Chine, les rejets de CO2 ont baissé de 1%. Deux tiers de l’augmentation de la demande d’électricité l’an dernier ont été satisfaits par les énergies renouvelables (surtout hydraulique et éolienne) et le nucléaire. Pas moins de cinq réacteurs atomiques sont entrés en service en Chine en 2016. L’utilisation du gaz naturel est en hausse en Chine également, mais il ne représente encore que 6% du bouquet énergétique, contre 25% en moyenne dans le monde. À l’échelle mondiale, plus de la moitié de la consommation additionnelle de l’année a été satisfaite par les énergies renouvelables, l’hydroélectricité se taillant encore la part du lion des énergies propres. Six ans après la catastrophe de Fukushima, le nucléaire connaît une croissance dynamique puisque sa capacité mondiale a connu sa meilleure progression depuis 1993 grâce au démarrage de nouveaux réacteurs en Chine, en Russie, aux États-Unis, en Corée du Sud, en Inde et au Pakistan.

Les nouveaux compteurs électriques surestiment la consommation

Les nouveaux  compteurs électriques surestiment la consommation

 

Un article de la Tribune met en cause les nouveaux compteurs électriques dits  intelligents qui  faussent la mesure de la consommation.  Les mesures effectuées par certains compteurs peuvent donner des résultats complètement faussés - près de six fois supérieurs à la consommation réelle -, selon une étude publiée le 3 mars dans la revue scientifique IEEE Electromagnetic Compatibily Magazine. Menée par l’université de Twente (Pays-Bas) en collaboration avec l’université d’Amsterdam des sciences appliquées, l’étude a connecté neuf compteurs intelligents, construits entre 2004 et 2014, à un tableau électrique afin qu’ils mesurent la consommation de différents appareils. Au terme de l’expérimentation, cinq des neufs compteurs testés affichaient des données bien plus élevées que la consommation réelle - un écart allant jusqu’à 582% a été constaté – tandis que deux autres compteurs étaient nettement en deçà de la réalité – environ 30% – , comme le raconte un article publié sur le site de l’université de Twente. La principale raison de cet écart est due aux nouvelles technologies en matière d’éclairage domestique. Les nouvelles ampoules à basse consommation et LED altèrent en effet la forme « parfaite » du courant électrique, qui devient plus difficilement mesurable. Ainsi, les compteurs utilisant l’effet Hall, qui  »produit une tension à l’image exacte du courant sortant », ont sous-estimé la consommation réelle. A contrario, ceux utilisant l’enroulement de Rogowski, qui mesure le courant alternatif, l’ont surestimée. « Les compteurs électriques que nous avons testé répondent à tous les critères légaux et sont certifiés. Cependant, ces critères n’ont pas suffisamment tenu compte des dispositifs de commutation modernes », déplore Frank Leferink, professeur de Compatibilité électromagnétique à l’université de Twente, cité dans l’article. Si ce problème peut sembler technique et lointain, il concerne en fait de très nombreux ménages. En France, les compteurs Linky utilisent le même principe de comptage  - l’effet Hall – que certains des compteurs testés par l’université de Twente et qui avaient, au cours de l’étude, sous-estimé la consommation électrique réelle.

Le pétrole au plus bas depuis fin novembre

Le pétrole au plus bas depuis fin novembre

 

En dépit des pressions des pétroliers et de la spéculation pour la remontée des cours, le pétrole demeure relativement bas ; En cause une  activité internationale qui n’est pas vraiment repartie aussi un déséquilibre de l’offre et de la demande. Les cours du pétrole ont encore  baissé vendredi dans le sillage d’une semaine catastrophique, qui les a fait retomber au plus bas de l’année face à la prise de conscience d’une offre toujours élevée. Le prix du baril de référence a cédé 79 cents à 48,49 dollars sur le contrat pour livraison en avril au New York Mercantile Exchange (Nymex), finissant au plus bas depuis fin novembre au terme d’une chute hebdomadaire de plus de 9%. « Les investisseurs se disent que c’est le moment de vendre », a résumé Mike Lynch, de Strategic Energy & Economic Research. « Ils se mettent à s’inquiéter du haut niveau des réserves». Malgré une tentative de rebond en début de séance, les cours ont poursuivi un mouvement brusquement entamé en milieu de semaine, après notamment l’annonce d’un bond des réserves américaines de brut à de nouveaux records. « Alors que certains investisseurs jugeaient auparavant que la hausse des stocks américains n’avait pas d’importance pour les cours, c’est maintenant devenu la principale inquiétude », s’est étonné dans une note Tim Evans, de Citi. En effet, le marché n’avait guère évolué lors des précédentes semaines, alors même que le département américain de l’Energie (DoE) faisait déjà état de réserves de brut sans précédent. Après un début d’année marqué par de très nombreux paris à la hausse, c’est en fait l’équilibre spéculatif du marché qui semble s’être inversé car « le mouvement de vente engagé par le plongeon de mercredi continue à primer sur d’éventuelles chasses aux bonnes affaires », a souligné M. Evans. Ce retournement a accentué la prise de conscience, déjà sensible depuis de nombreuses séances dans le discours des analystes, que la production américaine ne cesse d’accélérer et a maintenant retrouvé son niveau d’il y un an. A ce titre, les investisseurs ont encore pris connaissance vendredi d’une nouvelle hausse du nombre de puits en activité aux Etats-Unis, selon le décompte hebdomadaire du groupe privé Baker Hughes. Ce contexte pousse le marché à « s’inquiéter d’un échec de l’accord entre les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et d’autres pays », a prévenu John Kilduff, d’Again Capital. Cet accord prévoit des baisses de production avec des quotas précis pour chaque signataire et il avait largement contribué à soutenir le marché lors des derniers mois, mais les observateurs craignent qu’il ait aussi ouvert une brèche aux compagnies américaines, les Etats-Unis n’étant pas impliqués par ce pacte. Les prix du pétrole risquent de demeurer bas encore en 2017 en raison d’une part du tassement de l’économie mondiale et de l’incapacité de l’OPEP à réduire vraiment la production.  .  De façon presque mécanique, le tassement des prix du pétrole suit l’atonie de l’activité économique mondiale.  «On dirait que s’évaporent les attentes d’un rééquilibrage de l’offre et de la demande», a reconnu Gene McGillian, de Tradition Energy. «L’attention des investisseurs se concentre sur le niveau élevé des réserves de pétrole comme de carburant à travers le monde.»   C’est notamment aux États-Unis que la situation préoccupe les marchés, car les réserves d’essence ne cessent d’augmenter

 

Possible choc pétrolier en 2022 (AIE)

Possible choc pétrolier en 2022 (AIE)

« Il est nécessaire d’investir davantage dans les capacités de production pétrolière pour éviter le risque d’une forte hausse des prix du pétrole vers 2022 a indiqué l’AIE dans son rapport sur le marché du pétrole à cinq ans, renouvelant un avertissement déjà exprimé en novembre dernier.  Le secteur pétrolier a drastiquement réduit ses investissements, annulant ou reportant des projets, pour faire face à la chute des cours du brut qui vaut actuellement moitié moins qu’à l’été 2014, après une remontée autour de 55 dollars le baril depuis la conclusion l’automne dernier d’un accord de limitation de la production par l’Opep et onze pays partenaires. Après une réduction de 25% en 2015, les investissements dans les projets d’exploration-production ont subi une nouvelle coupe de 26% en 2016 pour s’établir à 433 milliards de dollars, selon l’AIE. Avec la stabilisation des cours, « une hausse marginale » des dépenses est attendue cette année dans le monde, portée essentiellement par le redémarrage des projets d’hydrocarbures de schiste aux Etats-Unis et les budgets revus en hausse de certains géants pétrogaziers comme l’américain ExxonMobil. Mais cela reste insuffisant. « A moins que de nouveaux projets soient sanctionnés rapidement, l’offre n’augmentera quasiment plus à partir de 2020″, a mis en garde le bras énergétique des pays développés de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Dans le détail, la production devrait croître de 5,6 millions de barils par jour (mbj) jusqu’en 2022, dont 60% en provenance des pays non membres de l’Opep. Parmi ces derniers, les États-Unis constitueront la principale source de hausse sur la période (+1,6 mbj dont 1,4 mbj pour les seuls hydrocarbures de schiste grâce à des améliorations en termes de coûts et de productivité), suivis par le Brésil (+1,1 mbj) et le Canada (+0,8 mbj). Au total, les pays non-Opep devraient pomper 60,9 mbj dans cinq ans, soit 3,3 mbj de plus qu’en 2016, tandis que la capacité de production de brut du cartel pétrolier devrait augmenter de 1,95 mbj à 37,85 mbj, tirée par les pays du Moyen-Orient, en particulier l’Irak et de l’Iran.   Dans le même temps, la demande d’or noir sera « relativement robuste », stimulée par l’accélération de la croissance économique mondiale. L’AIE, qui n’entrevoit pas de pic de consommation à moyen terme, l’anticipe en hausse moyenne de 1,2 mbj par an entre 2016 et 2022, soit une augmentation totale à 7,3 mbj à 103,8 mbj.  »Le niveau symbolique de 100 mbj sera franchi en 2019″, a précisé l’agence énergétique basée à Paris, soulignant des avancées surtout dans la pétrochimie et le secteur des transports, malgré le frein attribuable à l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules, moins gourmands en carburants.   Alors que la zone OCDE marquera le pas (-1,2 mbj), les pays émergents concentreront la totalité de la hausse (+8,5 mbj) et représenteront au final 56% de la consommation mondiale, avec l’Asie pour principal moteur.

EDF rentable en 2018 ?

 

On se demande bien comment EDF pourrait être réellement rentable en 2018 comme le prévoit son président. Sans doute s’agit-il là d’une déclaration pour rassurer les investisseurs à l’occasion du lancement de l’opération d’augmentation du capital. Pour être rentable EDF devra sans doute procéder à des cessions d’actifs significatives. EDF a publié mardi des résultats 2016 pénalisés par la baisse des prix de marché de l’électricité et de sa production nucléaire en France mais le groupe estime que le rebond de ses performances en 2018 devrait lui permettre d’atteindre son objectif de flux de trésorerie (cash-flow) positif. Cet indicateur, qui traduit la capacité de l’électricien public à financer ses investissements et le dividende versé à ses actionnaires, s’est établi à -1,6 milliard d’euros en 2016 contre -2,1 milliards en 2015. EDF, dont l’Etat détient 85,6% du capital, a aussi fait savoir que son bénéfice avant impôt, charges financières, dépréciation et amortissement (Ebitda) devrait atteindre 15,2 milliards d’euros au moins en 2018. Pour 2017, il confirme que l’Ebitda reculera à un niveau compris entre 13,7 et 14,3 milliards d’euros, sous l’effet notamment de la baisse des prix de marché en France et au Royaume-Uni. « Cette année encore, EDF est rentable. Et pourtant, depuis bientôt 18 mois, nous faisons les frais de la cassure historique intervenue sur le marché de gros de l’électricité en Europe alors qu’au même moment notre exposition à ce marché de gros a triplé », a souligné son PDG Jean-Bernard Lévy, lors d’une conférence de presse. « 2017 est encore une année difficile (mais) devrait être le point bas de ce cycle ; et 2018, je m’y engage, sera l’année du rebond. » On voit mal comment le rebond pourrait effectivement être assuré compte tenu de la situation financière dramatique actuelle et surtout compte tenu des perspectives. L’entreprise est sans doute au bord de la rupture financière en tout cas à moyen et long terme.  Du coup ;  il faudra sans doute envisager pour les prochaines années une augmentation de l’ordre de 50 % du prix de l’électricité. D’une manière générale,  le coût de l’électricité d’origine nucléaire a été complètement sous-estimé en France comme dans le monde. La situation financière d’EDF est intenable. Il faut d’abord apurer une énorme dette de 40 milliards, ensuite trouver 50 milliards (100 milliards pour la Cour des comptes)  pour les travaux permettant de prolonger la durée de vie du parc nucléaire actuel. Financer aussi au moins en partie les 25 à 50 milliards du site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure en Moselle ; un site d’enfouissement qui va permettre de participer au démantèlement du parc nucléaire actuel. Un démantèlement dont le coût est fixé autour de 15 milliards et qui pourrait être plus proche de 100 milliards. On objectera que la question du démantèlement permettra à EDF (et a à Areva) d’acquérir un savoir-faire pour intervenir sur l’énorme marché du démantèlement des centrales le monde. Enfin il faudra faire face à un besoin de financement de 200 milliards à terme pour le renouvellement du parc nucléaire. En clair EDF ne pourra  affronter  seule  ces défis même avec une augmentation régulière du prix de l’électricité  (il est prévu une augmentation moyenne de 2,5 % par an  pendant plusieurs années) ou par des seules suppressions d’effectifs. Ce que confirmait le patron d’EDF dans une interview du JDD.  « . En France, nos parts de marché reculent, donc on ne doit pas prendre de retard. Notre dette est élevée et nous devons faire des arbitrages sur nos activités futures. Nous n’avons plus les moyens de tout garder à l’étranger, ou de tout construire seuls ». En clair EDF attend une recapitalisation rapide de l’Etat qui tarde (3  milliards) et un appui d’investisseurs pour l’instant très dubitatifs sur la rentabilité de l’entreprise.  

 

EDF : une augmentation de capital très hypothétique

EDF : une augmentation de capital très hypothétique

Une opération qui devrait être réalisée au cours du premier trimestre après avoir été reculée « en raison de conditions de marché favorable » . La question est de savoir si effectivement ces conditions se sont aujourd’hui améliorées. On vise une augmentation de capital de 4 milliards dont l’essentiel risque d’être assuré à hauteur de 3 milliards par l’État. De toute manière cette augmentation de capital sera bien insuffisante pour faire face à la situation financière catastrophique de l’électricien.  L’entreprise est sans doute au bord de la rupture financière en tout cas à moyen et long terme.  Du coup ;  il faudra sans doute envisager pour les prochaines années une augmentation de l’ordre de 50 % du prix de l’électricité. D’une manière générale,  le coût de l’électricité d’origine nucléaire a été complètement sous-estimé en France comme dans le monde. La situation financière d’EDF est intenable. Il faut d’abord apurer une énorme dette de 40 milliards, ensuite trouver 50 milliards (100 milliards pour la Cour des comptes)  pour les travaux permettant de prolonger la durée de vie du parc nucléaire actuel. Financer aussi au moins en partie les 25 à 50 milliards du site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure en Moselle ; un site d’enfouissement qui va permettre de participer au démantèlement du parc nucléaire actuel. Un démantèlement dont le coût est fixé autour de 15 milliards et qui pourrait être plus proche de 100 milliards. On objectera que la question du démantèlement permettra à EDF (et a à Areva) d’acquérir un savoir-faire pour intervenir sur l’énorme marché du démantèlement des centrales le monde. Enfin il faudra faire face à un besoin de financement de 200 milliards à terme pour le renouvellement du parc nucléaire. En clair EDF ne pourra  affronter  seule  ces défis même avec une augmentation régulière du prix de l’électricité  (il est prévu une augmentation moyenne de 2,5 % par an  pendant plusieurs années) ou par des seules suppressions d’effectifs. Ce que confirmait le patron d’EDF dans une interview du JDD.  « . En France, nos parts de marché reculent, donc on ne doit pas prendre de retard. Notre dette est élevée et nous devons faire des arbitrages sur nos activités futures. Nous n’avons plus les moyens de tout garder à l’étranger, ou de tout construire seuls ». En clair EDF attend une recapitalisation rapide de l’Etat qui tarde (3  milliards) et un appui d’investisseurs pour l’instant très dubitatifs sur la rentabilité de l’entreprise.  Le groupe a toutefois précisé mercredi que l’opération serait réalisée d’ici à la fin du premier trimestre 2017, si les conditions de marché le permettent. « Elle n’a pas pour l’instant été réalisée parce que nous n’avions pas un contexte permettant de la réaliser », a dit Jean-Bernard Lévy lors d’une conférence de presse organisée à l’issue d’un Comité stratégique de filière nucléaire présidé par le secrétaire d’Etat à l’Industrie Christophe Sirugue. « Pour qu’une augmentation de capital fonctionne bien, il faut qu’un certain nombre de feux soient au vert (…), que nous ayons rempli une certain nombre de conditions. Pour l’instant ces conditions n’ont pas été remplies », a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

 

Démantèlement nucléaire: au moins 100 milliards et dans cent ans

Démantèlement nucléaire: au moins 100 milliards et dans cent ans

Un  rapport, de l’Assemblée nationale, estime  que, sur les 75 milliards d’euros de charges brutes estimées pour le démantèlement de l’ensemble de son parc nucléaire, le groupe a pour le moment provisionné 36 milliards, une somme couverte à hauteur de 23 milliards seulement par des actifs dédiés. En outre, ces provisions ne prennent pas en compte pour l’instant la remise en état des sols, le paiement des taxes et des assurances, le retraitement du combustible usé ou encore le coût social du démantèlement. Il est clair qu’EDF est dans une situation financière intenable du coup d’après l’agence de sûreté nucléaire EDF envisagerait le démantèlement des centrales de vieilles générations seulement dans 100 ans ! L’objectif initial était de les démanteler d’ici 2045. En cause l’énorme coût  nécessaire à cette opération entre 75 et 100 milliards dont EDF alors qu’EDF n’a provisionné que 25 milliards. Un coût qui pourrait encore augmenter avec la prolongation de vie de certaines centrales et avec le temps. EDF avance des arguments techniques pour justifier ce report,  la vérité c’est que l’électricien est dans l’incapacité de les financer.  . En raison avant tout de difficultés techniques, cette « déconstruction » risque de prendre cinquante à soixante ans de plus que prévu. Et la facture devrait s’alourdir de plusieurs milliards d’euros. C’est l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui a dévoilé l’affaire, jeudi 2 juin. Dans une note, le « gendarme du nucléaire » a indiqué qu’EDF lui avait soumis une nouvelle stratégie pour démanteler ses réacteurs de première génération, et que celle-ci aboutirait à « décaler de plusieurs décennies » les travaux prévus. Une mesure technique, selon EDF. Une preuve de la « lâcheté » des industriels du nucléaire, qui « ne cessent de reporter dans le temps les problèmes insolubles qu’ils génèrent », s’indigne pour sa part Stéphane Lhomme, de L’Observatoire du nucléaire. Entre ces deux points de vue, il reviendra aux pouvoirs publics de trancher. Toute décision sur le sujet est soumise au feu vert de l’ASN, et à la publication de nouveaux décrets par le gouvernement. Jusqu’à présent, EDF avait prévu d’achever le démantèlement des réacteurs concernés en 2045. Sa nouvelle stratégie reporte la « fin globale » de ce travail « au début du XXIIe siècle », a indiqué EDF !!!…

Il

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