Archive pour la Catégorie 'agriculture'

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Agriculteurs: « pour une régulation européenne »

Agriculteurs: « pour une régulation européenne »

 

Même si le milieu agricole est  satisfait de la baisse des charges sociales voire des discussions entamées avec la grande distribution, il n’empêche que seule une régulation européenne sera de nature à apporter une réponse pérenne à la question récurrente des prix. Or pour l’instant l’Europe a privilégié  la régulation du secteur par le seul marché, marché complètement ouvert au plan mondial ;  du coup compte tenu des conditions de concurrence, les producteurs français sont condamnés à vendre à perte et progressivement à disparaître. Faute de régulation concernant les conditions de production (fiscale, sociale, environnementale et qualitative),  c’est le modèle de production industrielle à bas coût qui triomphe. À ce jeu truqué de la concurrence ce sont les pays aux contraintes concurrentielles allégées qui gagnent. Conséquence les viandes  importées de mauvaise qualité et dangereuses pour la santé inondent le marché d’autant que concrètement il est pratiquement impossible de connaître l’origine et les conditions de production. Même les productions françaises peuvent être complètement affectées par l’utilisation d’alimentation importée ne respectant aucune règle sans parler de l’utilisation excessive des engrais, des pesticides ou des herbicides. La régulation doit donc concerner aussi bien des productions importées que les productions nationales. Ce que réclament  notamment les représentants de deux mouvements d’agriculteurs, la Confédération paysanne et la Coordination rurale, qui  ont rencontré le président de la République à l’Elysée ce vendredi. Les agriculteurs dénoncent la chute des prix de leurs produits et les lourdes charges sociales. Jeudi, François Hollande a promis hier une nouvelle baisse « immédiate » des cotisations sociales.  Bernard Lannes, président de la Coordination rurale s’est dit satisfait sur France Info de sa rencontre avec François Hollande, qu’il a trouvé « attentif ».  Ils ont évoqué une régulation de la production pour éviter de vendre à perte. « Sans régulation européenne, sans organisation de marché – ce qu’on appelle du protectionnisme éclairé [...] pour ne pas nous laisser au libre vent du marché mondial – alors il n’y aura plus d’agriculture », explique Bernard Lannes.   »Réguler, c’est-à-dire donner des autorisations de production et, quand il y a surproduction, ralentir [...] pour avoir des prix rémunérateurs » vis-à-vis des enseignes de grande distribution, selon le président de la Coordination rurale.

 

Crise agricole : des marges de manœuvre limitées (Jean-Christophe Bureau, spécialiste en économie agricole)

Crise agricole : des marges de manœuvre limitées (Jean-Christophe Bureau, spécialiste en économie agricole)

Jean-Christophe bureau, spécialiste en économie agricole souligne les limites d’intervention sur les prix agricoles tant de la part de la France que de l’Europe. Une analyse pertinente mais qui fait cependant l’impasse sur la question du modèle industrialisé de l’élevage et sur  la qualité des produits (interview Le Figaro)

Jean-Christophe BUREAU. - La France a les poings liés en ce qui concerne le soutien au prix et les aides liées à la production depuis le Traité de Rome en 1957. Elle peut aider socialement les éleveurs mais pas aider les cours. Elle a plus de liberté sur les aides qui ne sont pas liées directement aux quantités produites, comme celles qui concernent des actions sociales ou environnementales. Cette discipline européenne empêche par exemple de soutenir les prix du porc. De toute façon, même sans contrainte européenne, la France ne pourrait pas vraiment garantir un prix plus élevé, car cela supposerait des achats publics très couteux. Elle n’en a absolument pas les moyens.

Quels sont les points de blocage?

Ce qui bloque, c’est le dialogue avec la distribution, et plus encore avec les transformateurs. Dans la charcuterie salaison par exemple, les entreprises cherchent la matière première la moins chère, même si elle est importée. Il n’y a pas vraiment de dynamique de filière bien organisée comme on peut en trouver dans les productions végétales (NDLR: le sucre par exemple). Les coopératives ne peuvent pas rémunérer beaucoup plus les producteurs car elles auront du mal à vendre leurs produits aux transformateurs. Elles ont insuffisamment investi dans la transformation à haute valeur ajoutée. Il y a un problème de valeur ajoutée et d’innovation, notamment dans la filière de la viande bovine et au niveau des abattoirs, les faibles marges permettent peu d’investir. On se retrouve dans un cercle vicieux, duquel il est difficile de sortir.

L’Europe possède-t-elle agir sur les prix?

La nouvelle politique agricole commune (PAC) prévoit un système de filets de sécurité pour intervenir quand les cours sont bas. Mais seules des actions assez ponctuelles sont possibles qui ne permettent pas de soutenir structurellement les cours. Cela peut prendre la forme d’aide au stockage d’une partie de la production par exemple. Mais nous sommes au niveau européen, en production porcine et laitière, sur un excédent de production relativement chronique depuis deux ans, qui a empiré suite à des aléas extérieurs comme l’embargo russe, la chute du marché grec, la baisse de la demande chinoise de produits laitiers. Dans le cas de l’embargo russe, il s’agit de négociations politiques. Sur ce type de problèmes, la Commission ne peut intervenir que pour faciliter les relations extérieures entre l’Europe et la Russie. L’Europe n’est pas très bien armée pour agir sur les prix. Il faut voir que certains producteurs peuvent offrir du lait ou du porc à des prix très bas comme les Irlandais qui peuvent produire du lait à 26 centimes le litre. L’Europe pourrait décider de soutenir les prix à 30 ou 32 centimes, avec des achats publics. Mais il y aurait un afflux de production et la création de surplus deviendrait rapidement ingérable.

Peut-elle limiter le dumping social?

Là où il y a effectivement distorsion de concurrence, c’est sur le coût du travail. En Allemagne, il y a beaucoup de travailleurs détachés dans la filière du porc par exemple, ce qui permet de produire moins cher. Mais la Commission ne peut pas jouer sur l’aspect social. Cela nécessite des négociations politiques entre États-membres, pour qu’ils se mettent d’accord sur une législation sociale commune. L’Allemagne, le Danemark, réussissent à être concurrentiel; que la France soit dans la panade ne les touche pas forcément.

Agriculture : les Français soutiennent massivement les manifestations (sondage)

Agriculture : les Français soutiennent massivement les manifestations (sondage)

Un sondage qui rassure, celui qui traduit le soutien massif des Français aux manifestations d’agriculteurs. Il y a de toute évidence un vrai problème économique pour les productions agricoles notamment pour la viande et le lait. Pour résumer, les agriculteurs sont aujourd’hui contraints de vendre à des prix inférieurs aux coûts de production. Pas étonnant pour la viande par exemple, les prix n’ont pas bougé depuis une trentaine d’années. Cela en raison d’un mode de production de plus en plus industrielle qui privilégie le prix au détriment de la qualité. Ainsi les éleveurs de porcs vendent le kilo à moins de 1,20 euros quand le coût de production atteint 1,55. Les Français sont conscients de la situation et sont prêts même à soutenir les prix notamment pour acheter des productions françaises de meilleure qualité. En outre le sondage souligne la nécessité de mettre en place une régulation qui permette de garantir des conditions de concurrence équitable concernant les aspects économiques, sociaux et réglementaires tout autant que la qualité des produits et la conséquences sur la santé (voir article par ailleurs sur ce site) Les Français approuvent donc massivement les protestations des agriculteurs contre des prix trop bas et se déclarent prêts à faire un effort lors de leurs achats pour favoriser les produits nationaux, indique samedi un sondage BVA pour Orange et iTELE Les Français cautionnent à 84% les manifestations d’agriculteurs pour protester « contre la faiblesse des prix auxquels ils vendent leurs produits », révèle le sondage réalisé du 4 au 5 février par téléphone avec un échantillon de 1.096 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.  Ils sont tout aussi nombreux à être disposés « à faire un effort financier pour privilégier les produits issus de l’agriculture française », la moitié des personnes interrogées (51%) se disant « tout à fait » prêtes à le faire. Les Français sont pratiquement unanimes (95%) pour demander « la mise en place de règles de commerce équitable permettant de soutenir les produits issus de l’agriculture française en garantissant un juste prix pour le producteur ». Si les agriculteurs jouissent d’une bonne image pour 83% des Français, il n’en va pas de même pour le gouvernement: 83% des personnes interrogées déclarent « ne pas lui faire confiance pour améliorer la situation actuelle des agriculteurs ». Les sympathisants socialistes sont eux-mêmes très sceptiques, la moitié d’entre eux (51%) ne lui faisant pas confiance sur ce sujet.

Un plan très partiel pour la filière porcine

Un plan très partiel pour la filière porcine 

 

 

 

Et encore un nouveau plan pour la filière porcine victime à la fois d’une crise conjoncturelle mais surtout structurelle.  D’un point de vue conjoncturel, il y a actuellement en Europe une surproduction liée à la fermeture du marché russe. Du coup, les porcs notamment allemands se réorientent vers l’union européenne notamment vers la France. La crise est toutefois plus structurelle ;  elle met en cause le caractère industriel de la filière.  On produit de plus en plus de porcs mais à des prix  insuffisant pour couvrir les coûts. Le coût  de production en France est de l’ordre de 1, 55 € le kilo alors qu’il se négocie en réalité très en dessous du prix théorique de 1,40 euros. En cause,  l’explosion des charges qui tue la compétitivité en France en particulier. Des charges de toutes natures (notamment la hausse de l’alimentation du bétail), des contraintes réglementaires qui tuent la rentabilité de l’activité avec en plus une répartition de la valeur ajoutée au détriment des éleveurs. Le port se négocie aujourd’hui à peu près au même prix qu’il y a 30 ans alors que les charges ont explosé. Ce qui est en cause également c’est  la dégradation de la qualité du produit liée à l’industrialisation de la production. Mais pour un produit de qualité il faudrait compter sur un prix d’achat à l’élevage d’au moins deux euros le kilo. Par ailleurs pour la grande distribution, le prix est l’argument  de vente numéro un ;  du coup, certes le porc (qui progressivement s’est substitué aux autres viandes)  est effectivement de plus en plus abordable pour le consommateur mais cela grâce à une  qualité très médiocre. Témoin ces côtes de porc qui moussent  dans la poêle et qui une fois cuite ressemblent  à des semelles de chaussures. La question n’est donc pas simple elle met en cause la régulation européenne que l’Europe a confié au seul marché, elle met en cause la filière et la répartition de la valeur ajoutée, elle met en cause le poids de la fiscalité et de la réglementation française enfin elle met en cause le comportement de la distribution et des consommateurs. Le ministre de l’Agriculture et son collègue de la Défense, président de la région Bretagne, ont annoncé dimanche la prochaine mise au point d’un nouveau plan de sauvetage de la filière porcine bretonne, en grande difficulté. En attendant Jean-Yves le Drian président de la région Bretagne, par ailleurs ministre de la défense et Stéphane le Foll ministre de l’agriculture vont essayer de bricoler un nouveau plan dans l’urgence afin d’atténuer la colère des éleveurs de porcs.

Filière bovine : Vers une contractualisation?

Filière bovine : Vers une contractualisation ?

Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé « le lancement dans les jours à venir d’un appel pour la contractualisation dans la filière bovine, à l’instar de ce qui a déjà été fait dans la filière porcine », selon un communiqué de ses services, à l’issue d’une réunion à Paris du comité de suivi de la table ronde qui s’était déroulée en juin. Les participants « ont collectivement indiqué qu’ils étaient d’accord pour s’engager dans des démarches contractuelles génératrices de valeur ajoutée pour chaque maillon de la filière », assure le ministère. Dans ce cadre, les acteurs pourront s’appuyer sur les éléments d’un rapport du Conseil général de l’agriculture, l’alimentation et la forêt sur la contractualisation dans la filière qui sera mis en ligne cette semaine par le ministère. Cette contractualisation pourra s’appuyer « sur le développement de caisses de sécurisation destinées à amortir les effets de la volatilité des prix », souligne le communiqué.

Leclerc : des prix bas plein de pesticides (Greenpeace)

Leclerc : des prix bas plein de pesticides (Greenpeace)

 

Opération  dénonciation des pesticides vendus par Leclerc dans ses fruits et légumes.  Une opération qui vise Leclerc, le champion des prix bas et aussi de la malbouffe. Champion auusi de la récupération des slogans militants ; une malbouffe qui concerne évidemment les grands enseignes qui tirent tellement sur les prix d’achat que fruits et légumes par exemple sont poussé à l’engrais et aux pesticides pour toujours de meilleurs rendements. Des fruits et légumes qui ne se conservent d’ailleurs que quelques jours. À travers ce coup, l’ONG Greenpeace souhaite dénoncer la politique à bas prix de l’enseigne qui implique, selon eux, une «omniprésence des pesticides» dans les produits agricoles. «Avec cette action, Greenpeace caricature le ton militant souvent employé par Leclerc dans ses publicités», proclame un communiqué de l’organisation. «Nous le faisons pour révéler son vrai visage: la conséquence de son acharnement à acheter de gros volumes de fruits et légumes au prix le plus bas, c’est l’omniprésence des pesticides dans les champs et les assiettes», est-il ajouté dans le texte.  Greenpeace indique avoir lancé cette campagne le 15 octobre dans plusieurs villes de France pour sensibiliser les clients de ce distributeur «en utilisant ses codes de pub, comme il l’avait fait lui-même en détournant des affiches de mai 68», explique à l’AFP Cédric Gervet, un responsable de communication. «L’usage routinier des pesticides laisse des traces jusque dans les fruits et légumes que nous achetons dans les grandes surfaces», indique le mouvement.  Il affirme avoir testé les deux produits frais les plus consommés de France, produits en France, la pomme de terre et les pommes. Ces produits frais vendus en supermarché et toutes les enseignes ont des produits qui ont une présence de résidus de pesticides à divers degrés, sauf pour ceux issus de l’agriculture biologique.

Agriculture : de plus en plus de suicides

Agriculture : de plus en plus de suicides

Une situation dramatique d’un point de vue économique mais aussi sociale et humain -l’évolution du nombre de suicides. Il y a un an la MSA (Mutualité sociale agricole) en partenariat avec SOS Amitié, SOS Suicide Phénix et l’Inps (Institut national de la prévention et d’éducation pour la santé) lançait le service «Agri écoute». Destiné à répondre aux appels des agriculteurs en détresse, ce service est de plus en plus sollicité. «En un an nous avons recensé un millier d’appels, soit en moyenne 90 par mois, indique une porte-parole de la MSA. Au premier semestre 2015, on compte déjà une centaine d’appels mensuel, soit une hausse de 10 %». Accessible 24h/24 et 7j/7 au 09 69 39 29 19, ce service gratuit permet de dialoguer anonymement avec des personnes formées aux situations de souffrances extrêmes. «Les problèmes d’argent et de remboursement de crédit sont les raisons que l’on rencontre le plus souvent parmi les coups de fil des agriculteurs. Avec des personnes au bout du rouleau, explique Jean-Pierre de l’Association Phénix. Nous sommes là pour les écouter avec une grande attention sans porter de jugement». Vingt postes d’écoute sont reliés à ce jour au numéro d’appel. Le service sera étendu à une cinquantaine d’ici peu. Cette ligne téléphonique est l’un des outils majeurs mis en place par la MSA pour tenter d’endiguer la hausse des suicides dans le monde agricole. C’est la 3ème cause de décès chez les exploitants après le cancer et les maladies cardio-vasculaires. Entre 2007 et 2009 l’Invs (Institut de veille sanitaire) a recensé 417 suicides chez les hommes et 68 chez les femmes. En 2016 elle publiera de nouvelles données mises à jour car la réalité du terrain avec les problèmes récurrents de l’élevage va au-delà de ces chiffres qui commencent à dater. Déjà Bruno Le Maire, alors ministre de l’Agriculture parlait de 400 suicides de paysans par an en 2011. Selon Jacques Jeffredo, maraîcher breton qui a travaillé sur le sujet, on compterait 600 suicides par an dans le monde agricole. En mémoire de ces victimes, il a d’ailleurs installé dimanche 11 octobre autant de croix blanches sur le parvis de la basilique de Sainte-Anne d’Auray comme celles des cimetières militaires pour les victimes mortes au combat.

Crise du porc : Michel Édouard Leclerc déclare qu’il achète au prix le plus fort ! On rit ou on pleure !

Crise du porc : Michel Édouard Leclerc déclare qu’il achète au prix le plus  fort ! On rit ou on pleure !

Sur France Info Michel Édouard Leclerc a déclaré qu’il achetait le porc au prix le plus fort et qu’il s’alignerait sur le prix demandé par les producteurs. De quoi évidemment rire ou plutôt pleurer car Leclerc est l’un des principaux responsables avec ses centrales d’achat de la dérégulation du marché, de la baisse des prix avec la dégradation aussi de la qualité. Il y a quelque chose de surréaliste quand Leclerc déclare qu’il faut revoir la régulation car il n’y a plus de politique agricole en Europe. Une manière pour Leclerc de faire parler deux fois de sa marque d’abord comme responsable de la désorganisation du marché ensuite comme chevalier blanc pour le reconstruire. Une vraie politique de communication chez Leclerc dont l’essentiel est de parler, parler,  de dire tout et son contraire. La marque qui s’est surtout caractérisée par son slogan : » moins cher, moins cher »  aurait pourtant intérêt à mettre un bémol à son bavardage contradictoire. Pourtant le  patron des magasins E. Leclerc « s’engage » : « Quelle que soit la solution que les éleveurs nous demanderont, nous la suivrons. »  Au marché du porc breton de Plérin, le prix du kilo s’établit maintenant à 1,31 euros, loin de l’objectif d’1,40 euros fixé cet été. Environ 60.000 porcs restent dans les exploitations, sans débouché pour l’instant. Pour Michel-Edouard Leclerc, PDG du groupe E. Leclerc, « tant que quelqu’un n’achètera pas ces 60.000 porcs, quel qu’en soit le prix, on ne va pas retrouver un prix d’équilibre ». Le distributeur s’engage sur un point : « Leclerc aujourd’hui, avec Intermarché, je pense que nous achetons le prix du porc le mieux payé d’Europe. Système U aussi a fait des propositions pour surpayer après cotation. Il y a une bonne volonté de la part de l’ensemble des distributeurs. J’en fais la promesse : quelle que soit la solution que les éleveurs nous demanderont, nous la suivrons. » Au-delà des mesures d’urgence, Michel-Edouard Leclerc appelle à des « réponses européennes » : « Il faut résoudre la question de la régulation du marché. Il n’y a plus de politique agricole ! »

Cultures OGM- transposition des règles: le flou de Ségolène

Cultures OGM- transposition des règles: le flou de Ségolène 

 

En fait il s’agit de transposer des règles européennes qui ne servent à peu près à rien puisque le principe est de laisser chaque État décider ce qu’il veut par rapport au zoo j’ai. À noter aussi que Ségolène Royal a refusé l’étiquetage de production animale nourrie avec des zoos j’ai renvoyé en curieusement cette question à un débat européen. Débat européen qui pourrait laisser la responsabilité à chaque État. Bref on tourne en rond et Ségolène Royal joue la montre et l’ambiguïté. L’Assemblée nationale a voté, dans cette nuit au terme d’une première lecture, le projet de loi transposant les nouvelles règles européennes d’autorisation de mise en culture des OGM. Ce texte sur « l’adaptation au droit de l’UE en matière de prévention des risques » transpose notamment une directive européenne adoptée en début d’année et relative à la mise en culture des OGM. Elle permet aux États membres d’interdire cette mise en culture, même en cas de feu vert de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) Les réfractaires pourront invoquer des raisons socio-économiques, environnementales ou liées à l’utilisation des terres agricoles. Les États membres autorisant les cultures devront aussi prendre des mesures pour prévenir la contamination des cultures non-OGM, notamment dans les pays voisins. Le MON810, seul OGM actuellement autorisé dans l’UE, est cultivé dans trois États: 110.000 hectares en Espagne, 9.000 au Portugal et 3.000 en République tchèque. Plusieurs orateurs ont déploré le « tournant majeur » de la directive européenne (UDI), « dangereuse pour nos choix de société » (écologistes), le PRG jugeant la « liberté de manœuvre probablement préjudiciable, car tous les Etats n’ont pas les mêmes armes économiques et démocratiques pour faire face aux pressions des industriels ». Ni l’écologiste Brigitte Allain ni l’UDI Bertrand Pancher n’ont réussi à faire adopter un étiquetage obligatoire des produits alimentaires issus d’animaux nourris par des OGM. La ministre de l’Ecologie Ségolène Royal a renvoyé notamment à l’aboutissement « des réflexions en cours au niveau européen ».

Agriculture : une aide insignifiante de 500 millions de l’UE

Agriculture : une aide insignifiante de 500 millions de l’UE

 

 

Une réunion pour rien ou  pas grand-chose ;  en effet Bruxelles a décidé d’une enveloppe de 500 millions d’euros pour l’ensemble de l’union européenne pour faire face aux questions conjoncturelles. Il ne fallait pas s’attendre à autre  chose puisque cette réunion est surtout demandée par la France suite aux manifestations des paysans. Or si l’Europe a effectivement un rôle à jouer en matière de régulation par compte la France a les plus grandes responsabilités concernant le manque de compétitivité des productions agricoles françaises en raison d’une part du poids de la fiscalité d’autre part des conditions très contraignantes relatives aux normes. La Commission européenne a donc annoncé lundi 7 septembre une enveloppe de 500 millions d’euros d’aide d’urgence pour les agriculteurs. Le secteur laitier devrait être le plus aidé. « La Commission va proposer que la partie la plus significative de ce paquet sera fournie à tous les États membres sous forme d’enveloppe pour soutenir le secteur laitier », a indiqué l’exécutif bruxellois. Cette annonce a été faite lors d’un conseil ministériel de l’Union européenne convoqué à Bruxelles pour répondre à la crise qui touche le monde agricole. C’est en marge de cette réunion que 3.000 agriculteurs, des producteurs de viande porcine et de lait européens, ont manifesté dans la capitale belge.   L’objectif est de répondre aux difficultés de trésorerie des agriculteurs, stabiliser les marchés et s’attaquer au fonctionnement de la chaîne de production. La Commission met ainsi l’accent notamment sur l’aide au stockage privé, un mécanisme qui lui permet de ne pas agir directement sur les marchés, ce qui correspond à son approche libérale de la Politique agricole commune (PAC).  »À un moment où s’établit clairement un déséquilibre du marché, augmenter le prix payé pour l’intervention publique ne fera rien pour restaurer l’équilibre du marché mais créerait à la place un débouché artificiel pour les produits laitiers de l’UE. Cela pèserait sur la compétitivité de l’Union pour les 10% (ou plus) de la production laitière qui doit être exportée », a souligné  le vice-président chargé de l’Investissement, Jyrki Katainen, qui présentait les mesures lundi après-midi en lieu et place du commissaire chargé de l’Agriculture, Phil Hogan, souffrant.  Outre un fonctionnement amélioré pour le stockage de lait écrémé en poudre, la Commission veut mettre en place un nouveau programme pour l’aide au stockage privé de viande de porc. La Commission va également intensifier la promotion de ses produits du terroir à l’exportation, en augmentant le budget dédié en 2016, en plus des 81 millions d’euros déjà prévus. S’appuyant sur deux accords commerciaux récents avec le Canada et le Vietnam, l’UE entend par ailleurs s’atteler à de nouveaux accords bilatéraux, soulignant que des négociations sont en cours avec le Japon et les États-Unis

 

Agriculteurs : nouvelle manif à Bruxelles

Agriculteurs : nouvelle manif à Bruxelles

 

 

Une nouvelle fois les agriculteurs français vont manifester mais cette fois à Bruxelles avec leurs collègues européens. Cette manifestation se déroulera au moment de la rencontre des ministres de l’agriculture. En cause la question centrale de la faiblesse des prix qui ne parviennent plus à couvrir les coûts. Aux aspects  structurels concernant le fonctionnement du marché s’ajoutent des questions plus conjoncturelles comme l’embargo sur les exportations russes ou la diminution de la demande chinoise. Il est vraisemblable que comme la France l’union européenne va se limiter pour l’instant à quelques mesures conjoncturelles pour soulager les trésoreries. Il sera aussi envisagé de stocker certaines productions pour temporairement faire face à la baisse de certaines demandes. Restera sans doute en suspens la question structurelle des prix fortement affectés par une concurrence mondiale de plus en plus apre. Quant à la question du modèle économique et de la qualité des produits elle sera sans doute renvoyée aux calendes grecques. Quelque 5.000 agriculteurs européens en difficulté, avec des délégations principalement venues de Belgique, de France et d’Allemagne, devraient en effet donc er pendant plusieurs heures les artères bruxelloises entre la gare du Nord et le quartier Schuman, abritant les institutions européennes. Pour l’occasion, la zone sera placée sous haute protection policière. La police belge a d’ailleurs « demandé avec insistance d’éviter Bruxelles en voiture » lundi 7 septembre. Les transports publics desservant le quartier européen seront également fortement perturbés.  L’effondrement des cours du lait et des viandes bovines et porcines a provoqué tout l’été une fronde des agriculteurs européens, du Royaume-Uni à l’Allemagne, en passant par la France. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a demandé fin juillet une réunion extraordinaire avec ses homologues européens. Celle-ci débutera ce lundi à 14h30. L’embargo russe sur les produits agricoles, décrété par Moscou en rétorsion aux sanctions prises par les Européens à la suite de la crise ukrainienne, pèse lourd sur les marchés. Alors même que la Russie était la destination de 10% des exportations agricoles de l’UE. Malgré l’été, saison qui voit traditionnellement remonter les cours du porc, les prix ne sont pas repartis à la hausse cette année. De son côté, le marché du lait souffre d’une surproduction au niveau mondial. Outre l’absence de débouché en Russie, la faiblesse de la demande en Chine et l’augmentation de la production ont créé un déséquilibre.

Beulin : « Une restructuration agricole en trois ans »….il rêve !!

Beulin : « Une restructuration  agricole en trois ans »….il rêve !!

 

 

Le présidenet de la FNSEA rêve sans doute quand il affirme que la filière agricole sera restructurée en trois ans. C’est pourtant ce qu’il a déclaré sur LCI. Aucun secteur économique ne saurait être restructuré dans cet espace de temps à fortiori quand il s’agit de l’agriculture dont les acteurs sont très divers et très dispersés. Au mieux au cours des trois ans on peut engager l’évolution mais il faudra 10 ou 20 ans pour transformer le secteur. De nombreuses difficultés seront à affronter d’autant plus que la concurrence se situe pour nombre de produits dans l’espace mondial. Il faudrait surtout définir un modèle économique qui assure à la fois la qualité et une juste rémunération des producteurs, ce qui est incompatible avec le seul modèle productiviste spécialisé à outrance. Et de ce point de vue les positions de la FNSEA sont très floues.   Invité de la matinale de LCI, le président de la FNSEAXavier Beulin, est revenu sur la manifestation parisienne de près de 4500 paysans hier. Copieusement sifflé à son arrivée à la tribune, le leader syndical explique que « certains, notamment chez les jeunes agriculteurs, avaient peut être des attentes trop importantes ». Il a également glissé la thèse « d’infiltrés de syndicats opposés ».  Pour rappel,  par le premier ministre, Manuel Valls, complétant celui annoncé le 22 juillet dernier. Xavier Beulin note « des annonces importantes » et a renouvelé sa volonté de « moderniser les exploitations ». Le leader de la FNSEA a affiché son ambition de « préparer l’avenir » et se fixe trois ans pour « réorganiser la filière agricole française ».  Lundi, un Conseil des ministres de l’agriculture européenne est prévu à Bruxelles où de nombreuses questions doivent être abordées comme l’embargo russe ou l’étiquetage de la viande. Xavier Beulin attend beaucoup de cette réunion, parlant d’un « ministre qui ne sera pas seul ». « La France sans son agriculture ne serait plus la France », a-t-il également souligné.

 

Après la manif à Paris, les paysans déçus !

Après la manif à Paris,  les paysans déçus !

Il fallait s’y attendre les paysans qui ont manifesté à Paris ne sont guère satisfaits du résultat des négociations. En fait on a surtout traité des questions conjoncturelles mais sans aborder réellement la question centrale de la formation des prix. Il y aura  donc quelques mesures pour soutenir temporairement les trésoreries avec report des échéances. C’est à peu près la seule mesure concrète. Par contre le plan d’investissement de 3 milliards d’euros sur trois ans est beaucoup plus hypothétique dans la mesure où on voit mal le secteur investir alors qu’il est déjà surendetté et incapable d’amortir les installations existantes. Sur le plan des normes l’engagement du gouvernement est assez virtuel puisqu’il promet simplement de ne pas engager de nouvelles normes au-delà de celles exigées par Bruxelles. Or la question portait surtout sur les conditions jugées trop bureaucratiques de ces normes par la France. Certes tout le monde convient qu’il conviendrait de faire remonter les prix mais on ne dit pas un mot sur la manière pour y parvenir. Encore plus fondamentalement se pose la question du modèle économique productiviste, de la répartition de la chaîne de valeur et de la qualité. Cependant le gouvernement compte tenu de sa politique ne pouvait guère aller plus loin car la question du manque de compétitivité de l’agriculture se pose pour l’ensemble de l’économie notamment pour les secteurs soumis à la concurrence internationale. Pour régler cette question il faudrait s’attaquer au poids des charges sociales et fiscales. Vaste problématique qui restera en l’état tant qu’on n’aura pas réduit les dépenses d’un appareil d’État que plus personne ne maîtrise t qui justifie la lourdeur des prélèvements obligatoires. . Valls a annoncé jeudi quelques  aides supplémentaires en faveur des agriculteurs français venus manifester leur colère avec leurs tracteurs à Paris et dont le principal syndicat, la FNSEA, a estimé avoir été entendu par le gouvernement. Le Premier ministre a notamment promis des mesures de soutien à l’investissement agricole de trois milliards d’euros sur trois ans et une année blanche sur les dettes bancaires, en plus du plan d’aide de 600 millions d’euros de juillet. Il a également assuré qu’aucune nouvelle norme nationale ne serait prise d’ici février 2016, date à partir de laquelle les agriculteurs seront associés à la définition des mesures de défense de l’environnement.  Xavier Belin, le président de la Fédération nationale des syndicats des exploitants agricoles (FNSEA), s’est montré positif devant plusieurs milliers d’agriculteurs plutôt déçus réunis place de la Nation, après une rencontre avec le Premier ministre. Des huées et des sons de corne de brume visant le leader paysan se sont toutefois fait entendre à la fin de son compte rendu des mesures proposées par le gouvernement.

Colère des agriculteurs : le même drame que celui de l’ensemble de l’économie

Colère des agriculteurs : le même drame que celui de l’ensemble de l’économie

En  fait ce qui justifie la colère des agriculteurs ce sont des raisons qui concernent l’ensemble de l’économie. Il s’agit d’abord d’une question de compétitivité,  compétitivité qui est plombée en France par la lourdeur des charges fiscales et sociales. S’y ajoutent le poids de normes européennes que la France se fait un plaisir de complexifier pour donner un sens au vide existentiel d’une armée de fonctionnaires. Du coup dans un environnement européen et même mondial libéralisé les conditions de concurrence sont particulièrement inégalitaires et en défaveur de producteurs français. Et de ce point de vue le plan d’urgence gouvernementale apparaît complètement dérisoire. Un plan d’urgence gouvernemental présenté à l’Élysée le 22 juillet dernier qui n’a pas été suffisant pour calmer la colère des éleveurs. L’État pourrait rallonger l’enveloppe des 100 millions d’euros prévue pour alléger les charges sociales et fiscales. Par ailleurs, les mesures de restructurations bancaires devraient être ouvertes à l’ensemble des agriculteurs dont les trésoreries sont les plus exsangues. Selon Xavier Beulin, l’endettement agricole des exploitations les plus fragiles atteint un milliard d’euros au total. La prise en charge des frais financiers par l’État représenterait une somme supplémentaire de 20 millions d’euros par an. Côté environnement, le gouvernement pourrait aussi décréter un moratoire d’un an sur toutes les nouvelles normes et réglementations. Un sujet extrêmement sensible pour les agriculteurs, dont certains passent désormais plus de temps à remplir des imprimés administratifs que sur leur tracteur. Tous dénoncent l’empilement bureaucratique, incompréhensible et souvent incohérent. «La France va au-delà des contraintes européennes dans sa transposition des textes communautaires», dénonce le secrétaire général de la FNSEA, Dominique Barrau. Enfin, sur le volet européen, les agriculteurs exigent un allégement de l’embargo russe, un étiquetage obligatoire de l’origine de l’ensemble des viandes et un relèvement du prix de dégagement des surplus laitiers. «On ne veut pas de paroles, mais du concret», prévient Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA. Ce type de revendication pourrait être repris par presque tous les secteurs économiques soumis à une concurrence internationale. À cet égard la crise de l’industrie française est assez comparable à celle de l’agriculture. Le nombre, le niveau, la complexité de la fiscalité handicapent  complètement la production française. S’y ajoute une bureaucratie qui fabrique chaque jour un peu plus de normes, de procédure, et de contrôle, et qui d’une certaine manière justifie ainsi les effectifs…….et la fiscalité qui finance toute cette bureaucratie.

Crise élevage : Manif de tracteurs à Paris

Crise élevage : Manif de tracteurs à Paris

Dores et déjà se prépare la manif qui doit conduire au moins 1 millier  d’engins pour la manif de jeudi à Paris. Les éleveurs en colère souhaitent manifester leur insatisfaction concernant la prise en compte par le gouvernement de la chute des cours concernant notamment le porc. D’une certaine manière on  joue un peu au ping-pong avec la question de l’élevage considérant qu’un jour la solution se trouve à Bruxelles un autre jour en France. Certes des mesures de régulation conjoncturelle peuvent être prises par l’union européenne mais cette dernière ne changera pas se philosophie sur le fond. Du coup une grande partie de la solution en France concerne en  particulier la fiscalité et les  questions d’application  en France des normes. La manif se prépare dejà à   l’appel de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs (JA) du Finistère. Les 15 premiers tracteurs quitteront la Pointe Saint-Mathieu (Finistère) mardi à 9 heures, annonce samedi Sébastien Louzaouen, le président des JA.  « Un départ symbolique car, dans le Finistère, nous ne sommes pas au bout du bout, mais à la tête de l’Europe », précise le syndicaliste, qui revendique, avec les producteurs et éleveurs du Finistère, la  paternité de cette opération. Au total, 80 engins agricoles devraient quitter le Finistère mardi, en prenant la direction de la Normandie, à la vitesse de 35 km/heure.  Samedi, plusieurs participants au cortège étaient réunis à Plouzané, près de Brest, pour préparer et nettoyer les tracteurs, ornés du « gwen ha du », le drapeau breton, et décorés de slogans tels que « la colère paysanne monte à Paris ».   « C’est toute une logistique qui se met en place depuis un mois. On emmènera avec nous la nourriture, le gazole, l’eau, les toilettes, et on bivouaquera dans des bétaillères ou des Algéco », détaille l’agriculteur syndicaliste. Toutefois, une partie des manifestants pourrait rejoindre la capitale jeudi en car.  « Ce n’est pas facile. Moi, je suis seul, j’ai pris un remplaçant. Je n’ai pas pris de congé, je prends simplement quatre jours de vacances pour aller à Paris, raconte Laurent Philippot, 45 ans, producteur de lait à Plouzané. J’espère transmettre mon exploitation à mon fils ou a quelqu’un d’autre, mais il faut faire des travaux importants pour qu’elle soit reprenable : 250.000 euros. Si je n’ai pas de prix (pour l’achat de son lait, ndlr), je ne peux rien faire », ajoute le producteur.

Agriculture : des mesures le 3 septembre, quelles mesures ?

Agriculture : des mesures le 3 septembre, quelles mesures ?

Coincée entre la grogne de la base et l’immobilisme du gouvernement, c’est la FNSEA qui se fait le porte-parole du chef de l’État en indiquant que des mesures de soutien seraient annoncées le 3 septembre. Pourquoi le 3 septembre,  parce qu’une manif à Paris est prévue. La FNSEA a donc rencontré Hollande. « L’engagement qu’il a pris, c’est d’apporter des réponses concrètes dès le 3 septembre, dans les deux dimensions : court terme et structurel », a dit Xavier Beulin présidenet de la FNSEA)  à des journalistes après la réunion à l’Elysée. « Court terme, ça porte notamment sur les allègements de charges, le foncier non bâti, la MSA (NDLR : la Mutualité sociale agricole), le rééchelonnement de la dette », a-t-il précisé. « Le structurel, ce sont les sujets normatifs, les sujets compétitivité, les sujets évidemment investissements ». Le 3 septembre, les agriculteurs manifesteront à Paris « avec des milliers de tracteurs », a souligné Xavier Beulin. En fait la FNSEA fait t le grand écart entre des agriculteurs très remontés et un gouvernement qui tourne un peu en rond. Certes on annoncera sans doute quelque mesure conjoncturelle pour aider provisoirement les trésoreries mais pour les mesures structurelles, il  conviendra sans doute d’autant  car la question centrale ne se trouve pas à Bruxelles mais en France avec une fiscalité et des normes qui plombent la compétitivité des productions agricoles françaises. Au mieux Bruxelles pourra décider de stocker quelques productions pour faire remonter un peu du cours provisoirement. Concernant cette réunion des ministres européens de l’Agriculture le 7 septembre, entre l’exécutif français et les responsables agricoles, « nous avons un accord entre nous sur les demandes à formuler à Bruxelles », a poursuivi-Xavier Beulin, citant l’embargo russe et les réponses à y apporter, le stockage et l’achat par la Commission européenne de porc et de lait et l’affichage de l’origine des viandes sur les plats cuisinés.

Agriculture : pour un plan de 3 mds d’investissement (Xavier Beulin)

Agriculture : pour un plan de  3 mds d’investissement (Xavier Beulin)

Compte tenu de la crise connaît le monde agricole français, la FNSEA  réclame un plan de 3 milliards d’investissements. Un plan qui vise à moderniser l’appareil de production et à renforcer sa productivité. Un plan toutefois discutable car il traite  peu ou  pas de la qualité des produits, ni du modèle de développement  et finalement va encourager le productivisme qui conduit dans le mur. Regrouper, produire toujours davantage n’est pas forcément la solution tant du point de vue de la qualité que du retour financier. La question prioritaire est en effet celle de la fiscalité et des normes. Des normes certes nécessaires justement pour améliorer la qualité mais dont certaines relèvent de la bureaucratie et entraînent  des coûts inconsidérés. Selon le président de la FNSEA Xavier Beulin, il est cependant nécessaire d’investir 3 milliards d’euros sur trois ans pour que l’agriculture française « retrouve la compétitivité perdue », face à certains de ses voisins européens. « Il faudra investir 3 milliards d’euros sur trois ans pour retrouver la compétitivité perdue », selon le président du premier syndicat agricole de France, interrogé par le Journal du dimanche (JDD).  »La France doit se doter d’une vision à 15 ans de son agriculture. Il faut engager un vaste plan pour moderniser les bâtiments, automatiser les abattoirs, organiser les regroupements d’exploitations afin qu’elles soient plus productives », a-t-il ajouté, proposant également « un moratoire d’un an sur les normes environnementales » et « une adaptation des règles fiscales aux aléas de l’agriculture ». Xavier Beulin rencontrera demain le Président de la République François Hollande, le Premier Ministre Manuel Valls et le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, alors qu’une crise secoue depuis plusieurs mois le monde agricole.  »Il nous fallait un ministre présent. C’est le cas depuis deux semaines », déclare le président de la FNSEA dans les colonnes de l’hebdomadaire.  « A court terme, il faut compléter le plan de Stéphane Le Foll lancé le 22 juillet. Sur 600 millions d’euros, ce dispositif ne débloque que 100 millions d’euros pour sauver réellement les élevages de porcs. (…) Il s’agit d’alléger les charges et de restructurer les dettes des jeunes agriculteurs », souligne encore Xavier Beulin.   »A Noël, la France produira seulement 21 millions de cochons, contre 48 millions pour l’Espagne et 43 millions pour l’Allemagne », détaille-t-il. Le 7 septembre aura lieu un conseil européen extraordinaire des ministres de l’Agriculture, à l’initiative de Stéphane Le Foll. Pour Xavier Beulin, « la commission doit accepter d’acheter du lait en poudre pour le stocker à un prix de 2,60 euros le litre contre 2,20 euros actuellement. Le but est de désengorger le marché ». Il estime que « Stéphane Le Foll trouvera des alliés »: les Allemands et Danois, « favorables aux achats de lait pour assainir le marché », les pays du Sud, « sensibles à la question de l’étiquetage ».

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Reprise de la cotation du porc inférieure au prix de référence

Reprise de la cotation du porc inférieure au prix de référence

Comme c’était prévisible la reprise de la cotation du porc n’a strictement rien résolu. Les prix sont en effet inférieurs au prix de référence. Il est clair que la vraie référence est celle du marché européen et que le problème se situe dans le manque de compétitivité des ports conduits en France, compétitivité plombée par la fiscalité et d’énormes. Après huit jours d’interruption et une table ronde, la cotation a repris mardi peu avant 12h30 au marché du porc breton de Plérin (MPB). Mais les principaux acheteurs Cooperl et Bigard n’y participent pas. Cinq autres acheteurs, qui représentent 15% des ventes sont présents. Quelque 62.000 porcs devaient être proposés à la vente mardi. C’est le volume des bêtes qui n’ont pas été vendues la semaine dernière. A la fin de la cotation, le nouveau prix de référence s’élève à 1,389 euro le kilo, inférieur au prix préconisé. Paul Aufray, le président de la fédération nationale porcine était mitigé à l’issue de la séance :« “J’ai une légère frustration parce que les cours ont baissés. J’ai quand même un point d’interrogation c’est comment sur le terrain on va réagir à ça. Si les cours devaient s’effriter dans les semaines qui viennent on pourrait assister à un décrochage très important qui pourrait conditionner les cours pendant tout l’hiver à des niveaux très bas““.  La Cooperl et Bigard n’étaient pas présent à la réunion de lundi. Les deux principaux acheteurs, qui représentent 30 % du marché, estiment que le prix de 1 euro 40 est déconnecté des réalités du marché européen. Le ministre de l’Agriculture a indiqué que ce retrait brutal des deux principaux acheteurs n’était “pas acceptable“. Il les recevra ce mardi après-midi. Un certain nombre de discussions vont s’engager dès la semaine prochaine pour entamer des négociations sur une réforme de la fixation des prix. Le 27 août  une réunion de travail se déroulera en présence des professionnels et de la distribution. Ce même jour, se tiendra aussi une réunion avec les acteurs du marché de Plérin. Parmi les pistes imaginées, la contractualisation pour sécuriser les agriculteurs. La FNSEA appelle de son côté à un grand rassemblement des éleveurs, toutes filières confondues, à Paris le 3 septembre et à Bruxelles le 7 septembre, jour de la réunion du Conseil européen de l’agriculture.

Crise du porc : une réunion pour rien

Crise du porc : une réunion pour rien

 

 

Comme il fallait s’y attendre la table ronde de ce lundi au ministère de l’agriculture n’a pas servi à grand-chose. On a certes décidé de reprendre les opérations de cotation mais sans l’accord des deux principaux industriels. Des discussions seront ouvertes avec l’Europe pour étudier les différences de conditions de concurrence entre les pays. La reprise des cotations sera en fait  très virtuelle si les principaux acheteurs se fondent  sur les prix européens comme c’est probable. Quant à la question des disparités en matière de concurrence la responsabilité en incombe bien sûr à l’Europe mais aussi à la France. Or pour ce qui concerne la responsabilité intérieure rien n’a été engagé pour diminuer le pois de  la fiscalité et des normes. Ce qui explique l’absence des deux principaux industriels à cette table ronde. La séance de cotation du marché du porc breton (MPB) reprendra cependant mardi après deux annulations, en l’absence toutefois de deux grands industriels du secteur, a annoncé lundi son président à l’issue d’une table ronde au ministère de l’Agriculture sur fond de bras de fer entre éleveurs et industriels. Les groupes Cooperl et Bigard, qui ont boycotté la semaine dernière les séances ordinaires de cotation de Plérin (Côtes d’Armor), qui fixent le prix de référence du porc français, et où quelque 60.000 porcs sont vendus chaque semaine, étaient absents de la réunion organisée ce lundi.  Ils jugent intenable, face à la concurrence étrangère, le cours de 1,40 euro le kilo arrêté en juin via un accord entre industriels, grande distribution et syndicats agricoles.  La coopérative Cooperl, qui souhaite un retour à un prix de marché libre, souligne que le tarif fixé par l’Etat français est supérieur de 0,28 euro au cours allemand et de 0,38 euro au cours hollandais.   »À l’heure où l’on vous parle, Cooperl et Bigard ne reviennent pas », a déclaré lundi à la presse Daniel Picart, président du marché du porc breton, à l’issue de la table ronde organisée au ministère.   »Nous tiendrons un marché, nous affecterons les quotas à Cooperl et Bigard », a-t-il ajouté. « Ce marché est la meilleure protection pour tous les éleveurs. »   »La mécanique du marché peut faire descendre le prix en-dessous d’1,40 euro », a-t-il poursuivi. « Maintenant, ce n’est ni le souhait du marché, ni le souhait de toutes les personnes autour de la table aujourd’hui, donc je ne pense pas que ce seuil soit percé par le bas. » Les deux grands absents de lundi seront reçus séparément au ministère de l’Agriculture mardi et mercredi. Bigard s’est refusé à tout commentaire, et personne n’était joignable chez Cooperl.

Crise du porc : c’est la question des charges comme pour l’ensemble de l’économie (Michel Dantin)

Crise du porc : c’est la question des charges comme pour l’ensemble de l’économie (Michel Dantin)

 

Le député européen PPE, Michel Dantin,  spécialiste des questions agricoles,  a raison de considérer que le problème fondamental de l’élevage porcin est comparable à celui de l’ensemble de l’économie. En effet fondamentalement c’est le poids de la fiscalité,  le nombre et la complexité des normes qui plombent la compétitivité. À cet égard ce n’est pas un éventuel rétablissement des cotations en France qui permettra de résoudre les différences de conditions de concurrence. Les acheteurs auront toujours la possibilité comme ils le font actuellement d’acheter à l’étranger si les cours français sont supérieurs au cours du marché européen. On peut douter que le gouvernement s’attaque à ses questions fiscales car s’il devait le faire bien d’autres filières agricoles revendiqueraient le même traitement et ceux qui vaut  pour le monde agricole vaut aussi pour le monde industriel. Alors qu’une nouvelle réunion est organisée ce lundi au ministère de l’Agriculture, le député Michel Dantin  affirme « comprendre » mais pas « cautionner » l’attitude des industriels qui boycottent le marché de Plérin.  « Le vrai problème de la filière porc comme l’ensemble des filières françaises c’est le problème des charges. Nous avons eu depuis trois ans une augmentation importante de la fiscalité » a déclaré Michel Dantin. « Je ne cautionne pas l’attitude des entreprises qui se sont retirées du marché de Plérin mais je comprends qu’elles ont elles aussi à faire face à un problème de compétitivité par rapport à d’autres pays européens. Nous ne pouvons pas continuer à courir avec des semelles de plomb que les autres ne portent pas.».  Et pour lui, la solution ne viendra pas de l’Europe :  »Les Allemands n’ont pas la même perception des questions sociales que nous. Lorsque nous en discutons entre collègues au Parlement européen nous n’arrivons pas à nous comprendre sur ces questions-là. Les autres (pays européens) nous regardent avec un sourire en coin. Réglez vos problèmes d’abord… »

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