Archive pour la Catégorie 'actu-économie politique'

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Délais de paiement des entreprises : la maladie française

Délais de paiement des entreprises : la maladie française

 

 

Les retards de paiement sont typiquement une maladie française. Normalement les délais théoriques sont de 30 jours. Dans les faits, on est davantage plus près de 90 jours. Une différence avec l’Allemagne un peu au-dessus de 50 jours. La directive européenne prévoit le délai de 60 jours. Ces retards de paiement sont évidemment préjudiciables pour la trésorerie des d entreprises ( surtout lorsque les taux d’intérêt sont importants ce qui n’est pas heureusement le cas actuellement)

Près de 30% des entreprises payant « une fraction non-négligeable de leurs factures au-delà des délais légaux », a relevé la direction des fraudes (DGCCRF) dans son annuel bilan annuel lundi. C’est au moins le double en Allemagne (environ 60 %)

La DGCCRF a contrôlé plus de 900 établissements dont 278 ont bénéficié d’un prêt garanti par l’État (PGE), un dispositif mis en place face à l’épidémie de Covid-19 visant justement « à aider les entreprises à régler leurs fournisseurs dans le respect des délais légaux afin d’éviter une transmission des incidents de paiement à l’ensemble de l’économie », selon un communiqué de cette administration.

Selon un bilan encore provisoire, 20,5 millions d’euros d’amendes ont été infligés l’an dernier pour des retards de paiement.

Presse-écrite papier : une crise conjoncturelle ou structurelle ?

Presse-écrite papier : une crise conjoncturelle ou structurelle ?

 

 

Il est clair que la presse écrite a connu une crise sans précédent en particulier du fait de la fermeture des points de vente depuis le début de la crise. Tous les titres sont touchés. On constate un certain report sur les versions numériques. Les consultations d’information sur le net auraient augmenté de leur de 30 %.

Les chiffres 2020 de fréquentation de sites de presse compilés par l’ACPM confirment cet effet booster du Covid : 2,7 milliards de visites en moyenne par mois en 2020 versus 2 milliards en 2019, soit une progression de 33 %, avec un pic en mars de 3,8 milliards lors du premier confinement.

La hausse des fréquentations des sites d’infos via le net provient notamment des préoccupations de l’opinion vis-à-vis de la crise sanitaire.

La question se pose de savoir si la presse écrite sous forme de papier va remonter la pente ou non après la crise sanitaire. Sans doute pas car ce type d’infos s’inscrit dans une tendance baissière depuis des années. Certes l’info par le Web se développe mais le problème c’est qu’elle est grandement accessible et ce qu’on ne trouve pas sur un site on le retrouve sur un autre.

Se pose donc la question de la rentabilité des grands titres par voie numérique. Pas sûr que les lecteurs soient décidés à payer pour obtenir une info par ailleurs disponible gratuitement ailleurs et souvent davantage documenté, plus objective aussi plus rapide. Pour s’en convaincre il suffit de vérifier la Une numérique des grands titres qui reste souvent figée pendant plusieurs jours.

Certes les abonnés numériques vont sans doute progresser mais ils ne viendront pas compenser la perte de lecteurs sur  supports traditionnels d’autant que la crise de la presse repose aussi sur la crédibilité de ligne éditoriale aujourd’hui en grande majorité dans les mains de financiers .

Boeing à nouveau dans la tourmente avec les 777

Boeing à nouveau dans la tourmente avec les 777

 

Boeing est à nouveau confronté à une crise sans précédent avec la suspension des vols des 777 équipés de moteurs Pratt & Whitney PW4000 . Le grand constructeur américain avait déjà dû faire face à la terrible affaire des 737 Max interdits de voler pendant une très longue période , environ 20 mois, ce qui avait coûté une perte de plus de 12 milliards aux constructeurs.

 

Cette fois l’affaire semble moins grave mais c’est un nouveau coup porté à l’image de Boeing dont devrait d’ailleurs profiter d’autres constructeurs notamment Airbus.

 

Seulement 69 exemplaires de l’avion sont concernés. Les 59 autres se trouvaient déjà immobilisés en raison de l’effondrement du trafic aérien depuis un an. Pour autant l’affaire ramène le projecteur sur Boeing et son partenaire motoriste, Pratt & Whitney. Les Boeing 777 équipés de moteurs General Electric et Rolls Royce, en revanche, ne sont pas concernés.

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La sous-estimation du déficit structurel français en 2020

La  sous-estimation du déficit structurel français en 2020

 

 

Par Éric Pichet, Professeur et directeur du Mastère Spécialisé Patrimoine et Immobilier, Kedge Business School critique la sous-estimation du déficit structurel français en 2020 ( La tribune)

 

Millésime exceptionnel à tous points de vue, l’année 2020 l’est également pour l’évaluation très disparate du déficit structurel, défini comme le déficit public qui n’est pas lié aux évolutions conjoncturelles du cycle économique.

Ainsi la dernière estimation de ce déficit structurel donnée par le ministère de l’Économie et des Finances (dans le quatrième projet de loi de finances rectificative) est de 0,6 % en 2020 puis de 3,6 % en 2021, soit moitié moins que celle donnée… deux mois plus tôt dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2021 (1,2 % en 2020 pour toujours 3,6 % en 2021).

Elle était en outre significativement plus basse que celle de 2019 (2,2 %) ce qui est particulièrement loufoque, même avec une hypothèse de croissance potentielle optimiste (1,25 % en 2019 et 2020 et 1,3 % en 2021).

Cette amélioration du solde structurel saugrenue provenait du choix d’enregistrer les mesures d’urgence de 2020 (de l’ordre de 3 points de PIB) comme temporaires – et sans impact sur le solde structurel en 2020 – et les mesures du plan de relance (dépenses supplémentaires et baisses de prélèvements obligatoires, pour un total de l’ordre de 4 points de PIB sur l’ensemble de la durée d’exécution du plan de relance) comme structurelles.

Devant une telle aberration, le Haut Conseil des finances publiques (HCFP), censé s’assurer du respect du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), avait prudemment considéré que « les estimations de solde structurel présentées par le gouvernement dans le PLF pour 2021 ne peuvent être interprétées que sur l’année 2021 en comparaison avec l’année 2019 ».

Sa contre-expertise, fondée sur des documents fournis par le gouvernement, aboutissait à un déficit structurel plus élevé – mais toujours éloigné du bon sens – de 1,9 % en 2020 et à un niveau bien plus raisonnable de 4,8 % en 2021.

Déficit structurel autour de 5 %

La Commission européenne, qui évalue le déficit structurel car il s’agit de l’un des indicateurs budgétaires européens clés du Pacte de stabilité et de croissance (PSC) adopté en 1997, a effectué une analyse qui semble beaucoup plus pertinente de la situation.

Dans son avis sur le projet de loi de finances français pour 2021, Bruxelles relève qu’une bonne partie des dépenses de soutien dédiées à la lutte contre la crise « ne semblent pas être temporaires ni compensées », mentionnant en particulier les hausses de salaire des personnels hospitaliers et la baisse des impôts de production soit 18 milliards d’euros ou près de 1 % de PIB.

La Commission européenne évalue finalement le déficit structurel français de manière beaucoup plus lucide que nos institutions nationales à 3,3 % en 2019, 5,1 % en 2020 et 5,7 % en 2021.

Nous jugeons pour notre part aujourd’hui, comme ce fut le cas après la crise de 2008, que l’output gap (écart de production) constaté en 2020 ne sera jamais totalement rattrapé, même dans un scénario de croissance de 5 % en 2021, car la crise économique de 2020 est trois fois plus violente que celle de 2008-2009.

Avec le recul, il est désormais évident que 2019 signait une année de haut de cycle et donc que le solde structurel était alors, comme en 2000, supérieur au déficit public nominal de 3 %, comme nous l’avions d’ailleurs relevé l’an dernier.

C’est pourquoi nous estimons, comme la Commission européenne, la dégradation du déficit structurel d’au moins 2 points de PIB en 2020 ce qui l’amène autour de 5 % et sans doute un peu plus, soit 5,5 % en 2021.

Un calcul difficile

Comment expliquer un tel écart ? À la différence du déficit nominal, établi par des institutions publiques indépendantes et compétentes comme l’Insee ou Eurostat et certifié par la Cour des comptes, le déficit structurel n’est pas immédiatement quantifiable. La meilleure manière de le calculer est de retrancher au déficit nominal le déficit dit conjoncturel – c’est-à-dire exclusivement dû à la conjoncture.

Pour ce faire, il faut tout d’abord estimer le potentiel de croissance de l’économie qui est, selon la définition du Fonds monétaire international (FMI), le niveau maximal de production qu’une économie peut soutenir sans tensions inflationnistes.

Un large consensus existe chez les économistes pour l’estimer en France autour de 1,5 % avant la crise sanitaire et depuis 2020 autour de 1 %. L’écart de production annuel, soit la différence entre le niveau de croissance du PIB réel et son potentiel s’en déduit : cet écart est positif en période faste, négatif en période creuse.

La somme des écarts de production cumulés depuis le début d’un cycle économique est l’« output gap », c’est-à-dire l’écart entre le niveau du PIB effectivement mesuré et le PIB théorique calculé à partir de la croissance potentielle.

 

Ainsi, au début d’un nouveau cycle et avec une reprise poussive de 0,5 % pendant deux ans, pour un potentiel de croissance estimé à 1,5 % l’output put gap final au terme des deux ans accusera un retard de 2 % du PIB.

Comme en France les prélèvements obligatoires représentent environ la moitié du PIB (43,8 % en 2013) et que, sur longue période, leur élasticité historique est globalement proche de l’unité (une baisse de 1 % du PIB générant une baisse de 1 % des recettes publiques), on peut considérer qu’une baisse de 1 % du PIB implique une hausse conjoncturelle du déficit public, ceteris paribus, de 0,5 %.

Pour reprendre notre exemple, avec un output gap de 2 %, le déficit conjoncturel serait donc de 1 %, ce qui pour un déficit nominal de 3 % (soit le niveau en France en 2019) aboutirait à un déficit structurel de 2 %.

Créativité comptable

La principale difficulté de l’exercice est bien de mesurer avec précision l’output gap et donc la situation économique dans le cycle, ce qui explique des révisions rétrospectives parfois spectaculaires de ce dernier.

À titre d’exemple, en 2000, une année de haut de cycle, l’output gap avait été évalué à l’époque à 0 par les organisations internationales et l’État pour être revu à… +3 % quelques années plus tard.

Devant de telles difficultés d’évaluation, on comprend bien comment un gouvernement soucieux de présenter à la Commission européenne un effort structurel important peut faire preuve de comptabilité publique créative. Il lui suffit d’augmenter artificiellement le déficit conjoncturel par divers procédés (comme afficher un potentiel de croissance plus élevé qu’il ne l’est réellement) pour réduire mécaniquement le déficit structurel.

Bien entendu ces manipulations ne sont pas tenables à long terme mais il suffit de les corriger à la faveur d’un… changement de gouvernement. C’est exactement ce qui s’est produit en septembre 2017, juste après l’élection du président Emmanuel Macron, puisque le ministère de l’Économie avait alors carrément doublé son estimation du déficit structurel pour 2017, passée de 1,1 % en 2016 à 2,2 % en 2017 (nous l’estimions à l’époque aux environs de 3 %).

Avec une croissance potentielle désormais estimée autour de 1 % l’incantation du ministre de l’Économie Bruno Le Maire, selon laquelle la reprise économique réglerait tous les problèmes budgétaires semble bien irréaliste. Il ne semble pas non plus envisageable d’augmenter les prélèvements obligatoires sur les entreprises au moment où le gouvernement décide de réduire les impôts de production pour relancer l’investissement.

Il en est de même pour les particuliers, de plus en plus allergiques à toute hausse d’impôts comme l’ont montré les mouvements des « bonnets rouges » et des « gilets jaunes ». Enfin, l’utopie d’une éventuelle annulation de la dette publique française détenue par la Banque centrale européenne, formellement interdite par l’article 123 du Traité de l’Union européenne, traité que les pays vertueux du nord de la zone euro refuseront d’amender, a été douchée tout récemment par la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.

Dans ces conditions, la seule manière de réduire le déficit structurel reste l’effort en dépenses, c’est-à-dire la réduction des dépenses publiques. Cette réduction – et surtout la répartition des coupes – devrait donc être au cœur de la politique budgétaire de ces prochaines années.

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(*) Par Éric Pichet, Professeur et directeur du Mastère Spécialisé Patrimoine et Immobilier, Kedge Business School.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

L’inflation: une hausse de 0,6 %

L’inflation: une hausse de 0,6 %

Contrairement à ce qu’affirme nombre d’experts,  l’inflation ne peut être renvoyée à un rôle de fantasme au prétexte que la banque centrale délivre pour l’instant des masses de liquidités à taux zéro. En effet aux États-Unis et maintenant en France, on constate un processus de hausse des prix. Ainsi en France, les prix à la consommation ont augmenté de 0,6% sur un an en janvier, après avoir stagné en décembre, tirés par le décalage des soldes d’hiver qui a fait progresser les prix des produits manufacturés, a indiqué l’Insee vendredi dans son estimation définitive.

Sur un mois, les prix à la consommation ont augmenté de 0,2%, comme en décembre, ajoute l’Institut national de la statistique.

Fait marquant, les prix des produits manufacturés rebondissent nettement (+0,8% après −0,9%) par rapport à la même période l’an passé, « en lien avec le décalage des soldes d’hiver », note l’Insee.

Si les prix des services de communications accélèrent, « en particulier ceux des services d’accès à internet » (+6,0%), les prix des loyers, eau et enlèvement des ordures ménagères progressent plus légèrement (+0,3 %), relève l’Insee.

 

L’inflation semble être revenue en Europe en janvier. En Allemagne, les prix à la consommation ont augmenté pour la première fois depuis juin et en Espagne pour la première fois depuis avril.

En France, l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) a progressé de 0,3 % sur un mois et de 0,8% sur un an. Sur l’ensemble de l’année 2020, l’inflation a atteint en moyenne 0,5%, après avoir stagné voire reculé plusieurs mois de suite.

Nouveau record de créations d’entreprises en 2020 : grâce aux livreurs en vélo !

  • Nouveau record de créations d’entreprises en 2020 : grâce aux livreurs en vélo !
  • Évidemment la plupart des grands médias ont repris bêtement le titre et les chiffres de l’INSEE qui se félicite de la croissance du nombre d’entreprises en 2020.
  • Globalement les créations d’entreprises auraient progressé  pendant la crise sanitaire de 2020 de 4 %. La vérité c’est que nombre d’entreprises sont paralysées et que des milliers et des milliers vont disparaître. En fait la progression est surtout le faite des micro entreprises et des autos entrepreneurs en particulier des livreurs en vélo.
  • Il n’y a évidemment pas de secret, la croissance a diminué de plus de 8 % en 2020 et mécaniquement,  c’est presque autant d’entreprises en moins. Pourtant l’INSEE se félicite du dynamisme de création d’entreprise mais en examinant de près le texte de l’institut de statistique on constate évidemment que c’est un leurre:
    • « Selon les données publiées par l’Insee ce vendredi, le nombre d’entreprises créées en 2020 a augmenté de 4% par rapport à 2019. Au total, ce sont 848.164 entreprises qui ont vu le jour l’an dernier dans ce contexte anxiogène. «Les créations d’entreprises individuelles augmentent fortement (+5,6%) tandis que les créations de sociétés sont en léger recul (-0,2 %)», précise l’Insee.Les créations d’entreprises ont enregistré un léger coup de frein au mois de décembre (-4,2%), mais sur l’ensemble du dernier trimestre, la tendance était à la hausse. Le nombre cumulé d’entreprises créées entre octobre et décembre a bondi de 16,3% par rapport aux mêmes mois de l’année 2019. Sur cette période, c’est le secteur «transports et entreposage» qui tire le chiffre vers le haut avec 13.100 créations. «Au sein de ce secteur, c’est dans les autres activités de poste et de courrier que la hausse est la plus importante (+13.600 créations sur les trois derniers mois)», souligne l’Insee. Un essor qui «reflète notamment le développement des services de livraison à domicile», très plébiscités en cette période de pandémie, explique l’institut. Ce secteur affiche une hausse du nombre de créations de près de 22% sur l’ensemble de l’année.

La 5G Etats-Unis : un enjeu à 80 milliards de dollars

 La 5G Etats-Unis : un enjeu à 80 milliards de dollars

Yves Gassot, ancien directeur général de l’IDATE DigiWorld s’interroge sur le montant des enchères de la 5G aux États-Unis ( La tribune)

Courant janvier, se sont interrompues aux Etats-Unis les enchères engagées le 8 décembre pour attribuer 280 MHz de spectre dans la bande C qui seront utilisés pour le déploiement de la 5G. Elles ont permis au Trésor de tabler sur 80.9 milliards de dollars de recette, une somme record qui dépasse largement les quelques 45 milliards des enchères de 2015 ainsi que les prévisions des analystes. En sus de cette somme, il faut ajouter les quelques 17 milliards de dollars que les opérateurs mobiles devront assumer pour financer la relocalisation des équipements des opérateurs satellite qui occupaient la bande C. On ne connait pas encore les sommes qui ont été engagées par chaque opérateur. Il faut pour cela attendre une seconde phase (phase d’assignement) qui permettra aux opérateurs retenus au terme de la première phase de choisir exactement leurs fréquences. Même à l’heure des quelques 1.900 milliards de dollars annoncés par Joe Biden pour son plan de relance, la somme spectaculaire atteinte par ces enchères justifie quelques explications. Elle suscite aussi des interrogations sur les changements en cours sur le marché des mobiles à l’aube de la 5G outre-Atlantique.

Pourquoi de tels montants ? On savait que la bande des 3.5 GHz (exactement 3.7/3.98 GHz) était stratégique. C’est le cas aux Etats-Unis comme en Europe. Elle fait partie des fréquences intermédiaires (2.5/4 GHz) qui représentent un bon compromis entre la couverture que permettent les radiofréquences basses (typiquement 600 à 900 MHz) et les très hauts débits qu’on peut atteindre avec les ondes millimétriques (de type 28 et 39 GHz aux Etats-Unis), qui, moins encombrées, offrent des canaux avec une beaucoup plus grande bande passante mais pour une portée très limitée. La portion de spectre alloué est aussi significative. Elle se décompose en trois catégories de licences suivant que les fréquences seront libérées début 2022 (licences A) ou ultérieurement (licences B et C).

A cela s’ajoutent les conséquences de la fusion entre T-Mobile et Sprint, numéros trois et quatre du marché américain, intervenue en avril dernier. Au terme des 25 milliards de dollars déboursés, T-Mobile, contrôlé par Deutsche Telekom, a mis la main sur près de 200 MHz de précieuses fréquences intermédiaires (2.5 GHz). Cela lui a permis de mener avec brio une stratégie de déploiement de la 5G très offensive au détriment des deux leaders, Verizon et AT&T.  T-Mobile a d’une part valorisé les fréquences en 600 MHz acquises en 2017 pour 8 milliards de dollars pour afficher très vite l’année passée une large couverture du territoire (quelques 280 millions d’habitants aujourd’hui) en 5G, même si les canaux utilisés sur cette fréquence ne lui permettent pas d’offrir un débit significativement supérieur à ceux que l’on trouve en 4G.

Dans le même temps, l’opérateur s’est employé à déployer de la 5G avec des débits beaucoup plus élevés sur les fréquences « en or » à 2.5 GHz héritées de Sprint. L’opérateur a annoncé à la fin de 2020 avoir couvert en 2.5 GHz plus de 100 millions d’habitants. Mais T-Mobile doit aller vite. Au total, les analystes considèrent que T-Mobile a une fenêtre d’opportunité de 18 mois – avant que ses concurrents ne puissent utiliser les fréquences des enchères en cours – pour conforter son statut de principal opérateur 5G. Enfin, même si l’intérêt de T-Mobile pour les enchères en cours est relatif, on s’attend à ce qu’il ait misé quelques 10 milliards de dollars, ne serait-ce que pour pousser à la hausse les prix qui seront payés par ses concurrents.

Verizon aurait misé plus de 30 milliards dans les enchères

Au regard de cette stratégie, Verizon qui avait conquis son statut d’opérateur numéro un par sa capacité à doubler tous ses concurrents dans le déploiement de la 4G, n’a pas pu faire la preuve au cours de ces derniers trimestres qu’il conservait le leadership bien qu’il ait ouvert un premier réseau 5G en avril 2019. Disposant d’à peine plus du tiers des fréquences inférieures à 6 GHz détenues par T-Mobile, il a d’abord mis l’accent sur l’usage des ondes millimétriques (fort de 100 MHz dans les bandes 28 et 39 GHz) en ouvrant dans les grandes villes de l’« ultra-haute vitesse »  en 5G. 60 villes affichaient à la fin décembre des sites offrant ce service. Naturellement avec ces fréquences, il ne s’agit que de hot-spots avec des portées limitées. Pour offrir une plus large couverture, Verizon va devoir s’engager au cours des années à venir dans une densification de son réseau à travers la construction de micro-cellules. Dans ces conditions, pour afficher rapidement une plus large couverture 5G, Verizon a lancé le Digital Spectrum Sharing (DSS), une technologie qui lui permet de réutiliser des fréquences 4G pour offrir de la 5G à ses abonnés.

La solution présente l’avantage d’une certaine flexibilité mais ne rajoute pas vraiment de capacités alors que, comme tous les opérateurs, Verizon doit faire face à une croissance continue du débit sur les réseaux 4G. On peut signaler que Verizon, imité en cela par T-Mobile, a aussi commencé à déployer la 5G sur certains sites pour offrir des services vidéo. Verizon a par ailleurs été le principal bénéficiaires (pour 1.89 milliard de dollars) des enchères de l’été dernier dites CBRS, qui concernaient aussi des fréquences proches de 3.5 GHz, qui lui donneront des capacités sur les grandes métropoles mais avec des contraintes liées au principe de leur accès partagé. Mais tout cela pris en compte, on comprend que Verizon a joué son va-tout dans les enchères du mois dernier. Certains analystes estiment que l’opérateur a pu miser de 30 à 40 milliards de dollars pour avoir les 100 MHz des fréquences A.

AT&T a du souci à se faire

 

AT&T de son côté a aussi du souci à se faire face à la stratégie conquérante de T-Mobile même s’il dispose de plus de fréquences intermédiaires et plus de spectre au total que Verizon. Il a néanmoins subi ces dernières années l’offensive de T-Mobile et ne peut pas rester à l’écart de l’attribution des fréquences 3.5 GHz, les mobiles représentant son premier marché. Les analystes estiment qu’AT&T aurait investi quelques 20 milliards de dollars dans les dernières enchères, soit probablement beaucoup plus que ce qu’il avait prévu. A cela s’ajoutent les investissements dans ses réseaux (15 à 18 milliards par an), ceux dans son nouveau service vidéo HBO Max, et les dividendes qu’il faut continuer de verser.

L’affaire entretient d’autant plus les spéculations que, depuis plusieurs trimestres, l’objectif d’AT&T est de faire la preuve de sa capacité à revenir à un taux d’endettement (Ebitda/dette) proche de deux pour ne pas dégrader son crédit d’emprunteur. Avec encore 147.5 milliards de dollars de dettes (ratio de 2.7) à l’issue du quatrième trimestre 2020, AT&T reste encore très lesté par le poids de ses acquisitions spectaculaires : en 2015 de DirecTV (49 milliards de dollars plus 18 milliards de dette) et en 2018 de Time Warner (85 milliards). La compagnie a mis aux enchères la vente de DirecTV qui perd plusieurs centaines de milliers d’abonnés par trimestre. Mais les candidats ne se bousculent pas et les fonds d’investissement ne paraissent pas décidés à mettre plus de 17 milliards…

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L’immense spéculation en cours alimentée par certains patrons de grandes entreprises comme celui de Tesla pourrait bien constituer une dramatique escroquerie pour beaucoup de petits porteurs. Surtout si on rappelle l’extrême volatilité d’une cryptomonnaie  qui ne repose en faite sur aucun actif et peut rechuter brutalement comme en 2018.

 

La semaine dernière, le constructeur automobile électrique Tesla a créé la surprise en annonçant avoir investi 1,5 milliard de dollars de sa trésorerie en bitcoin. Le patron de Tesla et homme le plus riche du monde, Elon Musk, n’hésite pas à vanter les mérites des cryptomonnaies sur les réseaux sociaux.

 

La bataille est à la fois spéculative mais aussi stratégique. Pour certains il s’agit de faire monter la cryptomonnaie  au plus haut avant la prise de bénéfice dont le coût sera payé par les investisseurs naïfs. Mais pour d’autres ,il s’agit de menacer le système financier et la souveraineté monétaire des Etats. En faite de supprimer même nombre de souverainetés des Etats dont l’action en l’absence de monnaie serait forcément très réduite.

 

Le marché des cryptomonnaies ne fait cependant pas l’unanimité: plusieurs banquiers centraux, comme Andrew Bailey au Royaume-Uni, ont écarté l’idée de considérer le bitcoin comme une monnaie à part entière, ou même comme un «or numérique» qui servirait à conserver la richesse.

Economie-Post brexit : Les Pays-Bas bénéficiaires

Economie-Post brexit  : Les Pays-Bas bénéficiaires

 

Le Brexit se révèle comme un véritable casse-tête administratif pour les échanges en provenance du Royaume-Uni. D’où la décision de certaines grandes firmes internationales de se délocaliser dans les Pays-Bas.( On notera toutefois que le phénomène d’inscription des entreprises aux Pays-Bas -Dont la fiscalité est très laxiste- n’est pas nouveau mais là il s’accélère).

Les Pays-Bas sont doublement bénéficiaires du brexit  avec d’une part la bourse d’Amsterdam qui le mois dernier a supplanté la bourse de Londres, d’autre part avec une vague d’installation de sièges sociaux. À noter aussi un certain détournement des flux commerciaux via les ports des Pays-Bas qui empruntaient précédemment les ports britanniques.

Des incertitudes persistantes sur les conditions commerciales post-Brexit ont poussé 78 compagnies internationales à déménager aux Pays-Bas en 2020, a annoncé jeudi l’Agence néerlandaise des investissements étrangers (NFIA).

Selon la NFIA, « de nombreuses entreprises au Royaume-Uni connaissent actuellement des problèmes », dus notamment à de nouvelles procédures administratives et à des délais de livraison supplémentaires.

Les Pays-Bas s’affichent pour l’instant comme les grands bénéficiaires du Brexit, une récente étude du Financial Times constatant que la Bourse d’Amsterdam a supplanté le mois dernier celle de Londres en tant que plus gros marché d’actions d’Europe.

Economie-États-Unis : la crainte du retour de l’inflation

Economie-États-Unis : la crainte du retour de l’inflation

 

 

Alors qu’en Europe et en France en particulier, nombre d’experts repousse à des années la perspective d’un retour de l’inflation pour justifier la dette voir son annulation, aux États-Unis les chiffres montrent que les coûts de production pourraient rapidement peser sur une hausse générale des prix.

 

Il est clair que ce risque va réapparaître sitôt que la demande fera pression sur l’offre. Et cela d’autant plus que des inquiétudes se manifestent sur la valeur à terme des grandes monnaies ( suralimentées par les masses de liquidités). Avec le redémarrage de la croissance, inévitablement l’inflation risque de partir. On constate d’ailleurs aux États-Unis une hausse très significative de 1,3 % sur les prix à la production sur un mois.

 

Les dépenses des consommateurs américains ont été en janvier supérieures de 5,3% à celles de décembre, de 7,4% à celles de janvier 2020, selon les données publiées mercredi par le département du Commerce. Cette hausse est la première après trois mois de baisse. «La seule explication logique (…) est que la deuxième série de mesures de relance a touché sa cible et a été dépensée presque immédiatement», souligne l’économiste Joel Naroff dans une note.

Certains experts craignent un emballement, et une forte hausse des prix, à l’instar de Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et principal conseiller économique de Barack Obama, qui craint «des pressions inflationnistes inédites depuis une génération». La question est surtout de savoir si cette hausse des prix sera durable ou seulement temporaire – liée notamment à un effet de comparaison par rapport aux prix faibles du printemps 2020 et à l’emballement après une année de restrictions.

Le PMI manufacturier américain flash d’IHS Markit est tombé à 58,5 au premier semestre de ce mois, après une lecture finale de 59,2 en janvier. Les conditions météorologiques extrêmes dans de grandes parties des États-Unis ont également été mises en cause. Les données étaient conformes aux prévisions des économistes.

Une lecture supérieure à 50 indique une croissance dans le secteur manufacturier, qui représente 11,9% de l’économie américaine. Le secteur manufacturier a pris de l’avance alors que la pandémie a laissé les Américains ancrés chez eux, déplaçant la demande vers les produits ménagers provenant de services tels que les voyages en avion et l’hébergement à l’hôtel.

Islamo- gauchisme : Vidal réitère et veut une approche rationnelle et scientifique du sujet

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La ministre de l’enseignement supérieur persiste et signe , elle demande une approche rationnelle et scientifique du sujet dans une interview au JDD. Elle évoque aussi la situation difficile des étudiants dans le cas de la pandémie.

 

Vous avez déclenché une tempête en annonçant une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à l’université. Qu’entendiez-vous par là?
Quand je reprends le terme « ­islamo-gauchisme », employé par le journaliste qui m’interviewait, j’ai à l’esprit l’ensemble des radicalités qui traversent notre société. Bien sûr, l’islamo-gauchisme n’a pas de définition scientifique, mais il correspond à un ressenti de nos concitoyens, d’abord, et à un certain nombre de faits, aussi : l’empêchement, dans certains établissements, d’une représentation des Suppliantes d’Eschyle ou de la lecture d’un texte de Charb, des enseignants qui ne se sentent pas libres d’enseigner comme ils le souhaitent. Ce sont des attaques contre la liberté académique et la liberté d’expression en général. On ne peut pas laisser passer ça, même si c’est très minoritaire. Et on ne peut pas laisser dévoyer des travaux de recherche par des gens qui prétendent s’y référer tout en les déformant. On ne peut pas dire « ça ne me concerne pas ».

Jean-Luc Mélenchon vous a accusée de vouloir faire « la police de la pensée ».
C’est de la pure polémique. Je suis universitaire. J’ai toujours défendu la liberté académique et les chercheurs. Je le fais au quotidien lorsque les présidents d’université sollicitent l’appui du ministère lorsqu’il y a un incident. C’est un procès d’intention. Ce que je souhaite, c’est qu’on relève le débat. Nous avons besoin d’un état des lieux de ce qui se fait en recherche en France sur ces sujets. En fonction des résultats, j’espère, parce que j’ai confiance dans les universités, que cela permettra de déconstruire l’idée qu’il y aurait une pensée unique sur certains sujets ou au contraire veiller si c’est nécessaire à protéger le pluralisme des idées à l’université. On peut évidemment faire des études post-coloniales en France ou travailler sur l’intersectionnalité. Tout l’enjeu, c’est de faire la part des choses entre le travail des scientifiques et ceux qui se servent de ces travaux pour porter une idéologie et nourrir l’activisme.

 

S’agit-il d’identifier ces chercheurs-là?
Pas du tout. Les libertés académiques, la liberté de la recherche doivent être défendues à tout prix. Ce que je souhaite, c’est savoir si ces libertés ne sont pas entravées dans le travail des chercheurs et des enseignants-chercheurs. Les universités sont le lieu de création de la connaissance et de sa diffusion. Cela passe par le débat contradictoire et l’évaluation par les pairs, donc par la pluralité des courants de pensée et de prises de parole. Il est crucial que cela ait lieu dans le débat et la sérénité. Il faut que les universitaires eux-mêmes s’emparent du sujet et fassent en sorte que cette pluralité continue à exister. La pensée unique serait mortifère.

Concrètement, comment va s’organiser cet « état des lieux »?
Il s’agit d’une enquête, mais au sens sociologique du terme, donc d’un travail de recherche ou d’une étude scientifique. Nous avons déjà des données : il faut que des spécialistes s’en saisissent et les regroupent. La conférence des présidents d’université a fait savoir que les universités étaient prêtes à apporter un éclairage étayé au gouvernement.

Pensez-vous qu’il existe un entrisme islamiste à l’université?
Qu’importe ce que je pense. C’est pour cela que je veux une approche rationnelle et scientifique du sujet. Il faut quantifier les choses, sortir du ressenti et du présupposé.

 

Est-ce le rôle de l’État?
C’est le rôle de l’État de soutenir les universités confrontées à des difficultés. C’est ce que nous avons fait en reprogrammant la pièce d’Eschyle à la Sorbonne. Et, non, ce n’était pas anecdotique. On ne peut pas vouloir défendre la liberté académique et ne pas la faire respecter au sein de l’université. C’est mon rôle.

 

 

En octobre, alors que Jean-­Michel Blanquer venait de dénoncer les « ravages de l’islamo-­gauchisme » à l’université, vous lui aviez répondu dans une tribune dans l’Opinion : « L’université n’est pas un lieu d’encouragement ou d’expression du fanatisme. » Vous avez changé d’avis depuis?
Pas du tout. Je maintiens que l’université a le droit de tout étudier et qu’évidemment on n’y ­fabrique pas des fanatiques. ­Est-ce que pour autant je dois abandonner les présidents d’université qui demandent de l’aide? Ne pas entendre les professeurs qui se disent empêchés? Faire comme s’il n’y avait aucun sujet alors que des universitaires demandent l’appui du ministère? Le racisme, c’est un délit contre lequel nous savons réagir : il existe des procédures disciplinaires. Lorsqu’un enseignant-chercheur ou un chercheur est menacé, nous agissons évidemment. Idem s’agissant des atteintes à la laïcité.

N’avez-vous pas été maladroite en employant le terme « islamo-gauchisme »?
On parle de douze secondes sur vingt-deux minutes d’interview, au cours de laquelle je traitais de ­sujets essentiels comme le quotidien des étudiants! Douze secondes qui déclenchent de telles réactions, cela démontre la sensibilité de cette question.

Quand Emmanuel Macron, par la voix de Gabriel Attal, a redit mercredi son « attachement absolu à l’indépendance des enseignants-chercheurs », était-ce un désaveu?
Ce qu’a dit Gabriel Attal, je le partage évidemment. Personne n’est plus attaché que moi à l’indépendance des enseignants-­chercheurs. La recherche est grande lorsqu’elle est libre.

Avez-vous le soutien du président de la République dans votre démarche?
Ce sujet suscite beaucoup de réactions, mais ce n’est pas notre priorité aujourd’hui. La priorité c’est la situation des étudiants et la pandémie. C’est de cela dont je parle au président de la République.

 

Certains responsables de l’opposition, et plus de 600 ­chercheurs dans Le Monde samedi après-midi ont réclamé votre démission…
C’est la liberté d’opinion. Si les universitaires qui ne me connaissent pas ont pu se sentir froissés, ce n’était pas mon intention. Chacun doit pouvoir s’exprimer, c’est aussi dans le désaccord qu’on avance, et je laisse à leur violence ceux qui se déchaînent sur les réseaux sociaux.

Quand François Bayrou dit que l’islamo-gauchisme n’est « pas le premier problème de l’université » et cite le mal-être des étudiants, que lui répondez-vous?
Que cela nous fait un point commun de plus. Si vous me demandez à quoi j’occupe en priorité mes journées, et une partie de mes nuits, c’est évidemment à l’impact de la pandémie sur les jeunes, au déploiement des ­mesures de ­soutien aux étudiants et à répondre à leurs besoins de demain : j’étais d’ailleurs vendredi matin à ­Bordeaux avec le Premier ministre sur ce sujet.

N’avez-vous pas été trop en ­retrait dans la défense des ­étudiants ces dernières semaines?
Croyez-vous que je suis ­restée dans mon fauteuil depuis qu’on a fermé les universités en ­novembre? Le jour même où le couvre-feu général à 18 heures était décrété en France, nous avons fait revenir les étudiants à 20% du temps dans les universités. Et dès qu’on pourra faire plus, on le fera. On y travaille tous les jours avec les établissements et les autorités sanitaires. Je suis toutes les semaines sur le terrain.

Au vu de la situation épidémique, envisagez-vous de rouvrir davantage les universités dans les prochaines semaines?
100% des universités ont mis en place le nouveau protocole d’accueil. Il faut désormais deux ou trois semaines de recul pour en mesurer l’impact. Si tout se passe bien, alors on pourra envisager d’aller plus loin.

Des étudiants ont-ils abandonné leurs études à cause de la crise sanitaire?
Nous avons constaté une baisse de seulement 3% de la présence aux examens de la dernière ­session, qui se sont tenus entre décembre et début février. On ne constate donc pas de décrochage massif. C’est aussi le résultat de l’engagement des équipes universitaires.

On voit des files d’attente d’étudiants venant chercher de l’aide alimentaire dans des associations. Faut-il faire plus?
Évidemment. Depuis le 25 janvier, nous avons servi 1,5 million de repas à 1 euro et nous allons accélérer en rouvrant davantage de points de vente. Y compris pour faire de la distribution alimentaire. Les étudiants ne savent pas encore assez que s’ils se connectent sur le site du Crous, ils seront recontactés par une assistante sociale. Des aides spécifiques existent et peuvent atteindre 500 euros. Et cela concerne tous les étudiants : français, étrangers, boursiers ou non boursiers. Il faut le faire savoir.

 

Economie, social, société : les plus lus

Uber : des chauffeurs requalifiés comme salariés à Londres

Uber : des chauffeurs requalifiés comme salariés à Londres

Progressivement dans plusieurs pays aux États-Unis en France et récemment à Londres les décisions judiciaires se succèdent et se ressemblent pour autoriser la requalification des contrats des chauffeurs d’Hubert comme salariés. Évidemment des décisions de justice contestée par Uber  qui affirme respecter la liberté et la flexibilité dans jouir est ces chauffeurs. La réalité évidemment c’est que le système Uber permet une externalisation des contraintes sociales et financières sur un sous-traitant sous dépendance totale de son donneur d’ordre.

Un chauffeur salarié devraient être soumis par exemple à une durée de travail de 35 heures, le supposé chauffeurs indépendant ,lui, fait souvent autour de 70 heures. Sans parler évidemment de l’énorme charge financière relative à l’investissement et aux dépenses d’exploitation.

La Cour suprême du Royaume-Uni a considéré vendredi que les chauffeurs de l’appli VTC devaient être considérés comme des «travailleurs» salariés. Une remise en cause du modèle économique du groupe, qui a toujours fait de ses conducteurs des indépendants. Cette décision n’est pas neutre: elle signifie que les chauffeurs devront toucher un salaire minimum, avoir des congés payés… Des avantages sociaux qui renchériront les coûts pour Uber alors que la société fait toujours des pertes.

Réduction de dettes en échange d’actions sur le climat ( FMI et banque mondiale)

Réduction de dettes en échange d’actions sur le climat  ( FMI et banque mondiale)

 

 

Les deux institutions travaillent sur une hypothèse de réduction de la dette de certains pays pauvres très endettés contre des engagements d’action sur le climat.

 

Trois pays – l’Éthiopie, le Tchad et la Zambie – ont déjà entamé des négociations avec les créanciers dans le cadre d’un nouveau cadre commun soutenu par le Groupe des 20 grandes économies, processus qui peut conduire à des réductions de la dette dans certains cas.

La pandémie de coronavirus a aggravé les perspectives de nombreux pays déjà lourdement endettés avant l’épidémie, avec des revenus en baisse, des dépenses en hausse et des taux de vaccination loin derrière les économies avancées.

La Chine, les États-Unis et d’autres pays du G20 ont initialement offert aux pays les plus pauvres du monde un allégement temporaire des paiements de la dette due aux créanciers officiels dans le cadre de l’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI). En novembre, le G20 a également lancé un nouveau cadre destiné à lutter contre les encours de dette insoutenables.

La Banque et le FMI étudient comment jumeler deux problèmes mondiaux – la nécessité de réduire ou de restructurer le lourd fardeau de la dette de nombreux pays plus pauvres et la nécessité de réduire les émissions de combustibles fossiles qui contribuent au changement climatique.

La prise en compte du changement climatique dans le processus de restructuration de la dette pourrait aider à motiver les prêteurs souverains et même les créanciers privés à annuler un certain pourcentage de la dette des pays pauvres très endettés, en échange de progrès vers leurs objectifs de développement durable et de climat, selon les experts.

Vague de faillites États-Unis : une hypothèse incontournable

Vague de faillites États-Unis : une hypothèse incontournable

 

 

Comme ailleurs, et peut-être encore davantage, nombre  d’entreprises commerciales pourraient connaître la faillite aux États-Unis. Ces risques de faillites commerciales en cours aux États-Unis «restent considérables» alors même que l’économie émerge de la pandémie de coronavirus, a en effet déclaré vendredi la Réserve fédérale dans son rapport semestriel de politique monétaire au Congrès.

Les emprunts aux entreprises «se situent désormais près des sommets historiques», a déclaré la banque centrale américaine dans le rapport. Même si d’importants soldes de trésorerie, des taux d’intérêt bas et une croissance économique renouvelée peuvent atténuer les problèmes à court terme, «les risques d’insolvabilité dans les petites et moyennes entreprises, ainsi que dans certaines grandes entreprises, restent considérables».

Si  les bilans des banques et des ménages restent dans un état raisonnable, la référence de la Fed à la dette des entreprises met en évidence le potentiel de gueule de bois économique à venir après une année historiquement difficile.

Parallèlement aux faillites d’entreprises, le rapport a noté comment les changements économiques qui sont encore en cours pourraient, par exemple, réduire le marché de l’immobilier commercial déjà très apprécié et entraîner une «forte baisse» des prix – un coup potentiel pour les investisseurs ou les prêteurs. impliqué avec ces propriétés.

Le rapport notait également que les emprunts et les dépenses utilisés dans certains pays pour lutter contre la pandémie avaient rendu leurs systèmes financiers «plus vulnérables» qu’auparavant et que la situation pourrait s’aggraver. Le stress dans certains pays émergents, avertit le rapport, pourrait se propager «et produire des tensions supplémentaires pour le système financier et l’activité économique américains».

États-Unis : la crainte du retour de l’inflation

États-Unis : la crainte du retour de l’inflation

 

 

Alors qu’en Europe et en France en particulier, nombre d’experts repousse à des années la perspective d’un retour de l’inflation pour justifier la dette voir son annulation, aux États-Unis les chiffres montrent que les coûts de production pourraient rapidement peser sur une hausse générale des prix.

 

Il est clair que ce risque va réapparaître sitôt que la demande fera pression sur l’offre. Et cela d’autant plus que des inquiétudes se manifestent sur la valeur à terme des grandes monnaies ( suralimentées par les masses de liquidités). Avec le redémarrage de la croissance, inévitablement l’inflation risque de partir. On constate d’ailleurs aux États-Unis une hausse très significative de 1,3 % sur les prix à la production sur un mois.

 

Les dépenses des consommateurs américains ont été en janvier supérieures de 5,3% à celles de décembre, de 7,4% à celles de janvier 2020, selon les données publiées mercredi par le département du Commerce. Cette hausse est la première après trois mois de baisse. «La seule explication logique (…) est que la deuxième série de mesures de relance a touché sa cible et a été dépensée presque immédiatement», souligne l’économiste Joel Naroff dans une note.

Certains experts craignent un emballement, et une forte hausse des prix, à l’instar de Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et principal conseiller économique de Barack Obama, qui craint «des pressions inflationnistes inédites depuis une génération». La question est surtout de savoir si cette hausse des prix sera durable ou seulement temporaire – liée notamment à un effet de comparaison par rapport aux prix faibles du printemps 2020 et à l’emballement après une année de restrictions.

Le PMI manufacturier américain flash d’IHS Markit est tombé à 58,5 au premier semestre de ce mois, après une lecture finale de 59,2 en janvier. Les conditions météorologiques extrêmes dans de grandes parties des États-Unis ont également été mises en cause. Les données étaient conformes aux prévisions des économistes.

Une lecture supérieure à 50 indique une croissance dans le secteur manufacturier, qui représente 11,9% de l’économie américaine. Le secteur manufacturier a pris de l’avance alors que la pandémie a laissé les Américains ancrés chez eux, déplaçant la demande vers les produits ménagers provenant de services tels que les voyages en avion et l’hébergement à l’hôtel.

Pour des placements au service du développement durable

 

Pour  des placements au service du développement durable 

 

Nicolas Mackel, PDG de Luxembourg for Finance milite pour des placements au service du développement durable dans l’Opinion 

Tribune

 

On peut réprouver les apprentis « traders », ces jeunes investisseurs petits porteurs qui ont fait souffler un vent de panique sur les marchés face aux fonds spéculatifs en coordonnant, via les médias sociaux, la montée en flèche du prix de l’action de GameStop.

Cependant, tout le monde s’accorde à dire qu’il s’agit d’une histoire extraordinaire. On parle déjà du film qui pourrait en être tiré – une histoire moderne de David contre Goliath avec une touche financière. J’espère surtout que nous tirerons plus de cette expérience qu’un bon film bientôt disponible sur Netflix.

Quelles leçons tirer du phénomène GameStop? Les investisseurs particuliers deviennent de plus en plus puissants sur les marchés financiers occidentaux grâce à la technologie. La pandémie n’a fait qu’accélérer cette tendance. Lorsque ces petits investisseurs se rallient à une cause, ils peuvent être efficaces pour mettre en œuvre des changements rapides et significatifs.

Imaginez maintenant un instant que vous puissiez concentrer ce pouvoir – l’enthousiasme et la loyauté dont ces milliers de petits investisseurs ont fait preuve – et le libérer sur les marchés financiers. Comment dirigeriez-vous ce pouvoir fantastique au service d’un changement positif ? Certains aimeraient sans doute voir d’autres géants de la finance s’effondrer. Mais pourquoi ne pas chercher à orienter ce potentiel vers un objectif plus important ?

A travers une combinaison de réglementation, d’incitation et pourquoi pas d’intérêt moral, il pourrait être mis au service de la question cruciale de la relance et de la reconstruction du «monde d’après». Nous savons que des centaines de millions de dollars sont transmis de la génération des « baby-boomers » à leurs enfants désormais adultes.

Les enquêtes indiquent que la grande majorité des « millennials » souhaite investir dans des placements au service du développement durable. Toutefois, combien d’entre eux ont réellement effectué ce type d’investissements ? Le résultat est très différent. Ainsi, seuls 41 % (Morgan Stanley) des jeunes adultes avaient investi dans des entreprises ou des fonds visant des résultats sociaux et environnementaux positifs fin 2019.

Ce chiffre a probablement augmenté en 2020, parallèlement à l’utilisation croissante des plateformes de trading dédiées aux particuliers et à la baisse de l’âge moyen de leurs utilisateurs, mais l’écart entre la perception et la réalité demeure important.

Imaginez la puissance de millions d’investisseurs particuliers dans le monde, qui pourraient se rallier à la cause des actions menées par les entreprises, ou s’en débarrasser, en fonction de leurs performances au service d’un monde plus durable

Le rôle de la finance. Les marchés des capitaux et, plus généralement les services financiers, ont un rôle important à jouer pour désamorcer la bombe à retardement qu’est le changement climatique, mais aussi pour tenter de réduire les inégalités sociales que la pandémie a mises en exergue : inégalité des salaires et des conditions de vie, mouvement trop lent en faveur de la diversité et de l’inclusion, et manque d’infrastructures de soins.

Les gouvernements, les banques centrales, les régulateurs et de nombreux investisseurs institutionnels sont déjà bien avancés et s’efforcent de s’attaquer à ces problèmes, en plaçant l’investissement durable et responsable au cœur du fonctionnement futur des marchés financiers : critères de diversité imposés pour les comités exécutifs des entreprises, levées de fonds pour les infrastructures écologiques, émissions d’obligations vertes, stratégies industrielles durables. Dans le cadre de son plan de relance, la Commission européenne a ainsi affecté un montant considérable de 550 milliards d’euros à des projets écologiques.

Les citoyens au cœur du processus. Il s’agit d’un mouvement important et coordonné entre les Etats nations et les services financiers, qui progressent bien. Mais les citoyens en sont encore largement absents. Imaginez la puissance de millions d’investisseurs particuliers dans le monde, qui pourraient se rallier à la cause des actions menées par les entreprises, ou s’en débarrasser, en fonction de leurs performances au service d’un monde plus durable.

Si une surveillance et une réglementation appropriées étaient mises en place, ils pourraient faire pression d’une manière inédite. Les consommateurs ont ouvert la voie à travers la consommation ​: en délaissant certaines marques et certains produits qui ne correspondent pas à une pratique éthique et équitable. Ils forcent ainsi les entreprises à changer leurs conditions de travail, leurs sources d’approvisionnement, leurs chaînes d’approvisionnement ou leurs émissions de carbone.

L’ajout de la puissance de leurs décisions d’investissement financier ferait une différence encore plus significative. Ainsi, lorsque le phénomène GameStop ne fera plus parler de lui et que cette population d’investisseurs retournera sur les forums Reddit, espérons qu’ils verront la possibilité de tourner leur pouvoir collectif vers des actions beaucoup plus cruciales pour l’avenir de tous. Ce film aurait alors une fin heureuse.

Nicolas Mackel est PDG de Luxembourg for Finance, l’agence de développement de la place financière du Luxembourg

Bourse : nouveau Casino des boursicoteurs ?

Bourse : nouveau Casino des boursicoteurs ?

 

Un article du Wall Street Journal évoque le phénomène des boursicoteurs qui prennent les institutionnels la bourse  à leur propre jeu de la spéculation.

 

Sur WallStreetBets, la frénésie a ses recettes. Pour chaque action qui s’envole — comme celles de GameStop et d’AMC Entertainment Holdings —, beaucoup d’autres titres mis en avant sur le forum de Reddit ne parviennent pas à décoller.

L’analyse par le Wall Street Journal de millions de messages sur WallStreetBets, des résultats des entreprises les plus citées chaque mois et des entretiens avec des boursicoteurs permet de révéler ce qui fait s’envoler un titre.

Les exemples de paris gagnants présentent souvent des points communs avec les actions sélectionnées par les traders professionnels : les entreprises paraissent sous-valorisées si l’on se réfère à certains indicateurs et disposent de leviers à court terme pour améliorer leur activité ou a minima susciter de l’effervescence

Les actions qui ont le plus de chances de connaître le succès affichent généralement un prix bas, dans la majeure partie des cas inférieur à 25 dollars l’action, et ont des volumes d’échanges faibles. Ces petits prix permettent aux petits boursicoteurs d’accumuler plus facilement des titres et peuvent parfois être le signe de faibles valorisations. Les prix des actions peu négociées sur le marché peuvent plus facilement être poussés à la hausse ou à la baisse que celles qui le sont plus.

Les titres des grandes sociétés dont le cours et le nombre d’actions sont élevés — comme Apple, qui était la troisième entreprise la plus mentionnée l’année dernière — ne sont globalement pas influencés par ce qui se passe sur le forum, selon Hudson Cashdan, co-fondateur de TopStonks.com, un site web qui suit les titres cités sur Reddit.

Les exemples de paris gagnants présentent souvent des points communs avec les actions sélectionnées par les traders professionnels : les entreprises paraissent sous-valorisées si l’on se réfère à certains indicateurs et disposent de leviers à court terme pour améliorer leur activité ou a minima susciter de l’effervescence.

L’argumentaire de vente est également important. Les investisseurs avisés fixent des objectifs de rendement prudents, choisissent des entreprises à risques qui peuvent générer du buzz et transforment les informations techniques en arguments sous formes de mème prêts à être repris sur le forum.

La plupart des utilisateurs du site « ne sont que des parieurs », estime Chris Maresca, un directeur de la conformité de 24 ans avec une formation en comptabilité qui a repéré et promu AMC avant tout le monde sur le forum. Il précise qu’il ne faut pas trop entrer dans les détails, « il faut faire comme si ça allait bien marcher ».

L’élément déclencheur pour GameStop a eu lieu en janvier, lorsque le co-fondateur de Chewy, Ryan Cohen, a rejoint le conseil d’administration de la société pour guider sa transition vers le numérique. Plus d’un an plus tôt, le Redditor (nom donné aux utilisateurs de Reddit) Keith Gill, connu sous le pseudo de DeepF-Value, avait commencé à en faire la publicité. Les actions des sociétés de cannabis et de cryptomonnaies avaient également fait l’objet d’une campagne de promotion similaire avant que les événements politiques et la couverture médiatique positive ne fassent monter en flèche le prix de leurs actions.

Les titres fortement vendus à découvert comme ceux de GameStop n’avaient pas suscité un vif intérêt sur le site avant cette année. L’une des raisons pour lesquelles elles ont pris leur envol est la hausse des prix des actions qui oblige les vendeurs à découvert à en acheter pour limiter leurs pertes, ce qui renforce la dynamique haussière.

Voici comment certains titres ont décollé… contrairement à d’autres.

BlackBerry

L’action BlackBerry ne présentait aucun signe susceptible de la faire s’envoler grâce à un engouement sur les réseaux sociaux. Le titre était resté dans un range pendant la majeure partie de l’année 2020, sans jamais dépasser 10 dollars.

L’entreprise, qui concentre désormais son activité sur les logiciels et les services de sécurité, a annoncé en décembre un nouveau partenariat avec Amazon. Ses actions ont alors commencé à grimper. Cette situation a attiré l’attention d’Albert Pariente-Cohen, 26 ans, qui a publié son analyse sur la société sur le forum WallStreetBets de Reddit le 6 janvier.

« Tout ce à quoi vous pensez de Blackberry en ce moment est faux », a écrit M. Pariente-Cohen. Il affirme être parvenu à inciter les autres utilisateurs à acheter le titre grâce à ses recherches et aux termes simples utilisés dans son post.

« Mon message était un peu simpliste, mais le but de cette vulgarisation était de toucher ces personnes. Vous n’allez pas parler à un gars qui travaille chez Pizza Hut de la même façon qu’à quelqu’un qui a la cinquantaine », précise M. Pariente-Cohen, chef de produit chez American Express.

Son discours a fonctionné, à la fois pour le titre et lui. Le 27 janvier, les actions BlackBerry ont atteint un sommet de 28,77 dollars en intraday. Les 5 900 dollars qu’il avait misés en actions et en options valaient alors 51 000 dollars.

Le catalyseur des cryptomonnaies

Les facteurs qui ont fait monter les actions cette année sont à l’œuvre depuis un certain temps. En 2017, alors que les prix des cryptomonnaies étaient en hausse, les Redditors ont commencé à discuter de Riot Blockchain et de Marathon Patent Group, deux sociétés cotées en Bourse qui minent des cryptomonnaies.

Cet automne-là, le titre Marathon avait chuté de plus de 90 % et s’échangeait bien au-dessous de 10 dollars. Des posts, effacés depuis, montrent qu’un membre, qui avait publié de nombreux messages précis, a alors annoncé que la société allait procéder à un regroupement d’actions pour faire monter les cours. Lorsque la prédiction s’est révélée exacte, le titre a commencé à grimper en flèche et s’est envolé parallèlement aux prix des cryptomonnaies.

Lorsque ces dernières ont trouvé un second souffle en 2020, un fil de discussion crée en novembre a incité les Redditors à miser sur ces entreprises. Selon lui, leurs actions allaient grimper en même temps que les cryptomonnaies, comme en 2017. « Nous allons jouer avec ces entreprises », a écrit l’auteur du post, ajoutant : « Du moins, c’est comme ça que ça a fonctionné la dernière fois. »

La valeur des titres Riot Blockchain et Marathon Patent ont au minimum quadruplé à la suite d’une frénésie de messages de Redditors se vantant de rendements d’environ 3 000 %.

AMC

Le jour de l’an, M. Maresca a demandé aux Redditors d’investir dans AMC Theatres. « Oui, ils sont endettés, oui, ils vont très mal », a-t-il reconnu au cours d’une interview. « Mais peut-être qu’ils peuvent passer l’année, sortir du pétrin et que leurs actions vont flamber. »

M. Maresca, qui a étudié la comptabilité à l’université et travaille pour une entreprise basée en Californie qui cultive du cannabis, s’attendait à ce qu’AMC dépose le bilan ou cherche un investisseur puissant, comme Walt Disney, susceptible de trouver un attrait aux actifs de la plus grande chaîne de cinéma du pays, a-t-il déclaré.

« L’idée derrière ce pari est que toute nouvelle positive pour AMC pouvait facilement faire doubler le prix de son action », estimait-il dans son message désormais supprimé.

Il a été le premier sur WallStreetBets à suggérer d’investir dans la chaîne de cinémas en difficulté. Mais, pour cela, il ne s’était pas intéressé aux importantes positions courtes prises par les fonds spéculatifs, qui ont déclenché une réaction hostile des boursicoteurs et fait monter le titre à près de 20 dollars.

Le message de M. Maresca a suscité un vif intérêt sur le forum et l’action AMC est passée de 2 à 5 dollars au milieu du mois dernier. Puis, lorsque les actions de GameStop se sont envolées, les Redditors à la recherche d’autres actions sur lesquelles les fonds spéculatifs avaient pris d’importantes positions courtes se sont penchés sur le cas de la chaîne de cinémas.

« En me basant sur les aspects fondamentaux et techniques, je n’imaginais pas un seul instant que ce serait un jeu de couvertures forcées de positions à découvert », a reconnu M. Maresca. « J’ai acheté du AMC à 2 dollars, puis j’ai vendu des options d’achat à 5 dollars et là, c’est devenu de la folie. Ça n’aurait jamais dû monter à 20 dollars. »

Virgin Galactic

Les actions Virgin Galactic étaient en hausse au début de l’année, mais, sur Reddit, les avis des boursicoteurs étaient partagés sur la société spatiale. Certains estimaient que le titre pourrait s’envoler après la conférence sur les résultats ; d’autres s’inquiétaient de son bilan comptable.

« Si vous voulez devenir un mème ici et investir en mode Yolo jusqu’à la conférence de résultats de février dans l’espoir que le titre double de nouveau, c’est carrément faisable », a écrit un membre fin janvier.

Moins d’un mois plus tard, Park West Asset Management a révélé avoir acquis 4,25 millions d’actions de la société — ce que les dépôts réglementaires ont confirmé —, effaçant du même coup une partie des doutes sur la société. Le cours de l’action a grimpé à 33,87 dollars grâce à l’afflux de traders. Virgin Galactic a été la troisième société cotée le plus mentionnée sur WallStreetBets en janvier et la deuxième en février, selon les données de TopStonks.com.

Paris perdus

Si WallStreetBets a enregistré plusieurs succès en misant sur des actions trouvées hors des sentiers battus, il a, en revanche, eu du mal à faire s’envoler les titres plus en vue. Le 2 octobre 2020, un Redditor a jugé que le moment était idéal pour acheter des actions de la société de paris sportifs DraftKings. « De plus en plus d’Etats légalisent les jeux d’argent et l’opinion publique est plus favorable à ce secteur. Par ailleurs, le sport virtuel se développe de manière globale, et je pourrais citer encore mille autres arguments. Que dire de plus ? », pouvait-on lire dans le message.

DraftKings a été le 13e nom de société cotée le plus cité sur WallStreetBets en octobre, selon les données de TopStonks.com, mais son cours boursier avait alors également atteint un niveau record. A la fin du mois, ses actions avaient quasiment chuté de moitié.

Les boursicoteurs ne sont pas parvenus non plus à stimuler les actions Rocket Companies. Selon TopStonks.com, il s’agissait du 15e nom de société cotée le plus mentionné en octobre et sa valorisation a également gonflé au début du mois. Après sa baisse, un de ses défenseurs a déclaré que c’était « le début d’un glorieux envol vers les cieux ». Le titre n’a depuis cessé de chuter.

Cotées depuis peu, ces deux entreprises étaient très suivies et les volumes d’échanges de leurs actions tout comme leur valorisation relativement élevés. Ces facteurs se sont avérés difficiles à appréhender pour les boursicoteurs.

Méthodologie

Pour déterminer la performance sur le marché des actions qui ont fait l’objet de nombreuses discussions sur WallStreetBets, le WSJ a pris en compte les 15 noms de sociétés cotées les plus mentionnés chaque mois en 2020, selon TopStonks.com. Ensuite, il a examiné les messages sur les sociétés qui ont été étiquetées comme faisant l’objet d’une étude particulière et qui détaillent pourquoi une action vaut la peine d’être achetée. Cela a donné 171 candidats.

Le WSJ a ensuite identifié le prix de clôture des actions mentionnées dans les messages ayant rencontré un franc succès le jour de leur publication et a calculé leur performance sur trente jours. Les actions qui répondaient aux critères pendant plusieurs mois ont été analysées sur toutes les périodes. Les actions non étiquetées comme ayant fait l’objet d’une étude particulière n’ont pas été incluses.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Grégoire Arnould)

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