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Archive mensuelle de février 2024

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Mieux encadrer l’ouverture des restaurants !

Mieux encadrer l’ouverture des restaurants ! 

 Philippe Etchebest, le chef, populaire et médiatique juré de Top Chef sur M6, voudrait que les ouvertures de restaurants soient mieux régulées. A la veille du Salon de l’agriculture, le cuisinier bordelais revient également sur la profonde crise que traverse la filière agricole et l’importance de consommer local, notamment dans les restaurants

Aviez-vous senti monter cette colère des agriculteurs et la comprenez-vous ?

PHILIPPE ETCHEBEST- Bien sûr, c’était quelque chose de latent. Il n’y a qu’à Paris que les gens ont été étonnés par cette crise. Je ne peux que soutenir les agriculteurs dans leur combat. J’en connais beaucoup, notamment près de ma ferme en Dordogne. Ce sont eux qui nourrissent les Français. Le jour où ils ne seront plus là, ça va faire bizarre ! J’ai regardé dimanche le magnifique film d’Edouard Bergeon Au nom de la Terre avec Guillaume Canet, où l’on voit à quel point le monde agricole souffre depuis des années.

 

Pour le consommateur, la question du prix est centrale. Faut-il beaucoup d’argent pour bien manger ?

Je ne le pense pas. Il y a des marchés dans toutes les villes de France, où l’on peut acheter des fruits et des légumes locaux à des prix raisonnables. C’est important également de respecter la saisonnalité des produits et de les « exploiter » au maximum, avec le moins de gaspillage possible. Peut-être que bien manger coûte au final un tout petit peu plus cher. Mais c’est un investissement car, en matière de santé, c’est autant de dépenses en moins en médicaments et en consultations chez le médecin.

En octobre dernier, la ministre déléguée en charge du commerce, de l’artisanat et du tourisme Olivia Grégoire a indiqué dans une interview à La Tribune Dimanche vouloir davantage mettre l’accent sur le « fait maison » dans les restaurants, avec l’obligation de signaler les plats non préparés sur place. Etes-vous satisfait ?

Avec Stéphane Manigold (ndlr : restaurateur parisien), nous étions à l’initiative de cette mesure. On en avait parlé à Emmanuel Macron lors du Salon de l’agriculture. Nous avons en France un savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier, il faut entretenir cette excellence, même si cela a un coût pour les restaurateurs. Car celui qui propose des plats faits maison a besoin de davantage de main d’œuvre que son concurrent qui les fait réchauffer dans un micro-ondes. C’est une bonne chose que le gouvernement ait pris conscience de cela et qu’il veuille aller plus loin que le label existant, qui n’est pas suffisant.

Quel est votre prochain combat ?

Il faut mieux encadrer les ouvertures de restaurants ! Aujourd’hui, n’importe qui peut en ouvrir un, en suivant une formation de seulement deux jours et demi ! Ça n’est pas possible de continuer ainsi ! Restaurateur, c’est un métier qui doit s’apprendre au cours de vraies études. D’autant qu’on a la chance d’avoir en France d’excellentes écoles. Ce n’est pas rien de donner à manger aux clients : il y a des risques sanitaires si on ne maîtrise pas tous les codes en matière d’hygiène. On l’a vu récemment avec plusieurs drames… Est-ce que vous iriez chez un dentiste qui n’a pas de diplôme ? Il est nécessaire de mettre en place un examen. Cela permettrait de préserver notre métier et notre savoir-faire.

On a pu vous entendre également ces dernières années sur la question des charges salariales…

Nous faisons un métier de service, qui nécessite beaucoup de personnel. Le coût de notre masse salariale est trop élevé aujourd’hui. Il faudrait réduire les charges et cela permettrait de mieux rémunérer nos collaborateurs. Sur le plan macro-économique, ça créerait un cercle vertueux car une hausse des salaires augmente ensuite la consommation. J’en ai parlé plusieurs fois à Bruno Le Maire. Il est nécessaire de récompenser ceux qui travaillent. Il y a des personnes qui n’arrivent pas à vivre de leur métier et d’autres qui vivent de ne pas travailler. Dans notre secteur, il y a de très belles perspectives d’évolution professionnelle… mais il faut nous aider.

Le palmarès du Guide Michelin 2024 sera dévoilé le 18 mars prochain. Espérez-vous une deuxième étoile ?

Je suis un compétiteur, donc la défaite n’est pas envisageable pour moi ! (rires). C’est un rendez-vous très important pour mes équipes également. Dans mon restaurant La Table d’Hôtes, mes gars n’y croyaient pas quand on a obtenu une étoile six mois seulement après son ouverture. Après, l’objectif est de toujours faire mieux. J’aspire bien sûr à avoir une deuxième étoile à Maison Nouvelle (ndlr : son deuxième restaurant bordelais étoilé). Est-ce que ça arrivera au mois de mars ? Ce n’est pas moi qui décide. Mais, vous savez, j’ai toujours pensé d’abord à être un bon chef, c’est ça qui m’importe le plus. Les étoiles sont venues ensuite.

La quinzième saison de Top Chef – où vous êtes juré depuis 2015 – débute sur M6 le 13 mars. Ne craignez-vous pas de faire la saison de trop ?

Il n’y aucune lassitude. Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas. La production nous réserve toujours des surprises concernant la mécanique du programme. On découvre également à chaque fois de nouvelles personnalités, avec des jeunes candidats dont la fraicheur et le culot nous nourrissent. Le jour où j’en aurai marre, j’arrêterai. La télé est une parenthèse dans ma carrière et elle se refermera un jour. Quand j’ai commencé mon premier tournage de Cauchemar en cuisine en 2010, je n’aurais jamais pensé que ça durerait si longtemps.

Cette émission a contribué à la « starification » des chefs, alors que ce n’était pas un métier très à la mode autrefois…

C’est vrai. C’était même considéré comme une « voie de garage » à mon époque. Quand un gamin ne pouvait pas continuer les études, il y avait soit la mécanique, soit la cuisine. Pourtant, c’est un métier d’art, avec un savoir-faire et une véritable tradition culturelle. Je trouve cela très positif que Top Chef ait contribué à mettre en avant ce métier et les valeurs qu’il véhicule.

Parmi les chefs médiatisés, vous êtes le plus populaires dans les sondages. Comment l’expliquez-vous, c’est votre côté grande gueule ?

Je ne cherche pas à plaire. Je pense que c’est cette authenticité que les téléspectateurs apprécient. Je suis direct et sans tabou. Et quand je parle, ça a le mérite d’être compréhensible par tout le monde. Mais il ne faut pas non plus me cantonner à mes coups de gueule. Les gens qui viennent dans mes restaurants sont surpris par le calme ambiant et parfois presque déçus de ne pas m’entendre brailler (rires). Il y a l’image qu’on renvoie et celui qu’on est vraiment.

Avec toutes vos activité (programmes télé, musique, missions humanitaires…), est-ce que vous avez vraiment le temps d’être derrière les fourneaux de vos restaurants ?

Ça serait mentir de vous dire que j’y suis à 100%. On essaie d’organiser au mieux les tournages de mes émissions et mon planning afin que cela ne pénalise pas mon activité de restaurateur. Mais même quand je ne suis pas physiquement présent au Quatrième mur, je fais un Facetime avec les clients au moment de l’apéritif. Cela me permet d’échanger avec eux pendant cinq minutes. Ils sont très touchés par cette attention.

Eliminer Poutine

Eliminer Poutine

 

Conversation avec Sergei Guriev : « Le seul scénario optimiste est le départ de Poutine, quelle qu’en soit la forme »

 

Lorsque The Conversation réalise cet entretien avec l’économiste russe Sergei Guriev au matin du 16 février, la mort du leader de l’opposition Alexeï Navalny n’a pas encore été annoncée. De fait, nous demandons notamment à M. Guriev dans quelle mesure la communauté internationale pourrait protéger son ami, qui purge une peine de dix-neuf ans de prison dans une colonie pénitentiaire située au-delà du cercle polaire arctique.

Quelques heures plus tard, la nouvelle tombe. De très nombreuses voix, y compris au plus haut niveau politique dans les pays occidentaux, et aussi au sein de l’opposition réelle russe, qualifieront cette mort d’assassinat politique. M. Guriev, qui a travaillé avec Navalny et a notamment permis au grand public occidental de mieux comprendre le projet politique de ce dernier, estime que « Poutine doit convaincre les Russes opposés à la guerre qu’ils constituent une petite minorité insignifiante. C’est pourquoi il était si important pour le Kremlin de faire taire Navalny. » Il apporte son soutien à la veuve de l’opposant, Ioulia Navalnaïa, elle-même économiste de formation, quand celle-ci annonce qu’elle reprendra le flambeau de son mari.

Dans ce contexte, le présent entretien, qui porte sur l’état de l’économie russe deux ans après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, reste plus que jamais d’actualité, d’autant que l’Occident s’apprête à déclencher une nouvelle vague de sanctions en réponse à l’assassinat présumé de Navalny.

Sergei Guriev, l’un des économistes russes les plus éminents de sa génération, a été une voix écoutée par Dmitri Medvedev à l’époque où celui-ci était le président de la Fédération de Russie (2008-2012). Il a exercé les fonctions de recteur à la prestigieuse Nouvelle École d’Économie (Moscou), et siégé au conseil d’administration de nombreuses entreprises publiques. Mais il a fui la Russie en 2013, craignant pour sa liberté après avoir coécrit en 2011 un rapport critiquant le traitement réservé à Mikhaïl Khodorkovski, le magnat du pétrole emprisonné de 2003 à 2013. En émigration, il est devenu l’un des détracteurs les plus actifs du régime de Vladimir Poutine, dont il a dénoncé la corruption et les agissements en Ukraine à partir de 2014 et à plus forte raison à partir du 24 février 2024. Il joue d’ailleurs un rôle clé au sein de l’International Working Group on Russian Sanctions, qui aide les États occidentaux à définir avec précision les mesures à prendre à l’encontre de Moscou.

Il est aujourd’hui directeur de la formation et de la recherche de Sciences Po Paris, un poste qu’il quittera en septembre prochain pour rejoindre la London Business School, dont il deviendra le doyen. La nouvelle de cette nomination avait été saluée sur le compte d’Alexeï Navalny le 1er février dernier.


 

Au cours des deux dernières années, les pays occidentaux ont mis en œuvre de nombreuses sanctions contre la Russie. Pourtant, celle-ci semble y avoir mieux résisté qu’attendu, grâce à d’importantes dépenses publiques – ce que certains qualifient de « keynésianisme militaire ». Le FMI annonce une croissance de 2,6 % pour 2024. Qu’en est-il, de votre point de vue ? L’économie russe est-elle en baisse ou en hausse ?

C’est une question de définition. Si nous évaluons la croissance économique à l’aune de la croissance du PIB, il ne fait aucun doute que l’économie russe est en hausse. Toutefois, il serait erroné de mesurer la performance économique d’un pays de la même façon en temps de guerre et en temps de paix. Lorsque vous dépensez une part substantielle du PIB pour produire des chars et des obus d’artillerie et pour recruter des soldats qui iront se faire blesser ou tuer en Ukraine, cela revient, du point de vue du secteur civil, à imprimer de l’argent et à l’injecter dans l’économie.

Nous incluons ces dépenses dans le calcul du PIB parce que des biens sont produits et des personnes sont employées en tant que soldats, mais cela n’a rien à voir avec les performances économiques réelles de la Russie. N’oubliez pas que les dépenses militaires représentaient 3 % du PIB avant la guerre ; or en 2024, elles s’élèveront à 6 % du PIB. Cet écart suffit à expliquer la croissance de l’économie russe, quelle qu’elle soit. Et, bien sûr, il y a un ensemble supplémentaire de secteurs qui ne sont pas directement inclus dans les dépenses militaires, mais qui sont également impliqués dans la production de services et de biens militaires. Je pense donc que la vision d’une économie russe qui serait en développement, vision fondée uniquement sur la hausse de son PIB, est assez trompeuse.

Selon moi, le chiffre d’affaires du commerce de détail est un indicateur plus instructif. Entre 2021 et 2022, ce chiffre a baissé d’environ 6,5 %. Si l’on compare le mois de décembre 2022 au mois de décembre 2021, on constate une baisse de 10,5 %. Les données pour 2023 seront bientôt publiées. Il n’y aura pas de baisse, et même une certaine croissance. Il n’empêche que, globalement, la consommation russe ne se porte pas bien.

Vous avez parlé de « keynésianisme militaire ». Je pense que cette expression est, elle aussi, quelque peu trompeuse. Le keynésianisme est une politique que l’on utilise lorsque l’économie est en perte de vitesse et que le taux de chômage est élevé, afin d’essayer d’offrir des emplois aux gens par le biais des dépenses publiques.

 

Le risque propre au keynésianisme est la surchauffe de l’économie. Et n’oublions pas que Keynes a développé ses théories dans les années 1930, au cours de la Grande Dépression, lorsque le taux de chômage aux États-Unis atteignait 25 %. Aujourd’hui, le chômage en Russie est très faible, parce que de nombreuses personnes ont quitté le pays, libérant donc des postes de travail, ou ont été recrutées pour aller combattre en Ukraine.

De fait, l’économie est plutôt en surchauffe. L’inflation est supérieure à l’objectif de 7 % qui avait été fixé par les autorités, ce qui inquiète fortement la Banque centrale. Ce n’est donc pas le moment de faire du keynésianisme.

Vous faites partie du Groupe de travail international de Stanford sur les sanctions contre la Russie. Qu’est-ce que ce groupe et comment a-t-il jusqu’ici façonné les sanctions ?

Le groupe est composé d’économistes, de politistes et d’anciens fonctionnaires des États-Unis, d’Europe et d’autres pays. Sa raison d’être est de publier des rapports détaillés sur la meilleure façon de sanctionner le régime russe. À ce jour, 18 rapports ont été publiés. J’ai contribué à cinq d’entre eux : les quatre premiers, et celui sur les sanctions dans le domaine énergétique, paru en septembre.

L’idée est d’informer les décideurs politiques sur les coûts des mesures concrètes qui peuvent être appliquées, et sur leur impact potentiel. Nous voulons nous assurer que cette guerre coûte plus cher à la Russie et que, par conséquent, Poutine dispose de moins de ressources pour tuer des Ukrainiens et détruire des villes ukrainiennes.

 

Pouvez-vous établir un lien direct entre les documents qui ont été publiés par le Groupe et certaines des sanctions qui ont été mises en œuvre ?

Nous avons plaidé depuis le début en faveur d’un embargo pétrolier, et celui-ci a fini par être décrété. Nous avons toujours dit qu’il était nécessaire de plafonner le prix du pétrole et de renforcer les sanctions technologiques et les sanctions financières, et tout cela s’est produit. Pour autant, je ne sais pas si nous avons joué un rôle déterminant en la matière.

À quel point ces sanctions sont-elles efficaces ? La Russie a trouvé d’autres débouchés pour ses produits énergétiques, et certains pays l’aident à contourner les sanctions appliquées par les Occidentaux. La semaine dernière encore, The Conversation a publié un article indiquant que les filiales des banques allemandes situées dans des zones figurant sur la liste noire du Groupe d’action financière étaient plus susceptibles de prêter de l’argent aux pays sanctionnés.

Je pense que la bonne façon de poser cette question est : « Qu’en serait-il si les sanctions n’avaient pas été adoptées ? » Lorsque nous posons la question « Les sanctions sont-elles efficaces ? », nous ne devrions pas comparer ce qui se passe actuellement avec ce que nous voudrions qu’il se passe. Nous devons comparer ce qui se passe actuellement avec ce qui se serait passé en l’absence de sanctions.

Imaginez que toutes les banques européennes – y compris les banques allemandes – situées en Europe auraient continué de financer le régime de Poutine : Poutine aurait un accès illimité à toutes les sources de financement. Il aurait un accès illimité aux réserves de sa banque centrale. Il aurait un accès illimité à la technologie française et allemande. Il pourrait également recruter des soldats dans le monde entier. Il continuerait de vendre du pétrole et du gaz à l’Europe au prix fort. Imaginez donc ce monde. L’armée ukrainienne aurait-elle plus de mal à défendre l’Ukraine ? La réponse est évidemment « oui ».

Aujourd’hui, Poutine a appris à contourner les sanctions. Mais l’Occident redouble d’efforts pour lutter contre ce phénomène. On constate que Poutine a de plus en plus de mal à passer par la Turquie, voire par la Chine. Les banques chinoises, turques et d’Asie centrale sont de plus en plus vigilantes en ce qui concerne les paiements à leurs homologues russes. Pour contourner les sanctions, Poutine est contraint de faire appel à des pays tiers qui lui facturent des frais d’intermédiation. Et plus on donne aux intermédiaires, moins on garde d’argent pour soi, et c’est une bonne chose. Il n’en reste pas moins qu’il faut investir davantage d’efforts dans le renforcement et l’application des sanctions.

Les sanctions ont porté atteinte à la capacité de la Russie à se moderniser, et notamment à la capacité du quatrième émetteur mondial de gaz à effet de serre à rendre son industrie plus respectueuse de l’environnement en cette période d’urgence climatique, que ce soit du fait des restrictions à l’importation de technologies, de l’effondrement des sources de capitaux étrangers ou du gel des programmes internationaux.

 

Est-il possible d’aider le pays à mener à bien sa transition énergétique tout en frappant le Kremlin là où ça fait mal ?

Je pense que vous l’avez bien formulé : l’accès de Poutine aux technologies est limité. Et bien que ce ne soit pas mon domaine d’expertise, s’il existe des technologies qui ne peuvent pas être utilisées pour la production militaire, mais qui ne peuvent être utilisées que pour la transition verte, alors les États-Unis devraient continuer à les exporter vers la Russie. Mais d’après ce que j’ai compris, il y en a très peu.

En 2022 et 2023, Poutine a importé de nombreuses technologies civiles, comme des lave-vaisselle ou des réfrigérateurs, dans le seul but d’avoir accès à des microprocesseurs afin de produire des missiles et, in fine, de tuer des Ukrainiens. La Russie souffre également du manque de puces pour ses cartes de crédit. Par conséquent, les banques se sont mises à les recycler.

Je ne suis donc pas sûr qu’il existe une technologie civile avancée destinée à aider à la décarbonation que Poutine ne puisse pas utiliser pour la production militaire. Mais, encore une fois, c’est une question dont je ne suis pas spécialiste. Je veux tout de même souligner que la meilleure façon de contribuer à une transition verte tout en limitant la capacité de Poutine à mener cette guerre est de poursuivre la décarbonation des économies occidentales. Si l’Occident décarbone plus rapidement et réduit sa demande en combustibles fossiles, cela réduira les prix du pétrole au niveau mondial et donc les revenus que Poutine peut utiliser pour tuer des Ukrainiens.

En 2018, Christine Lagarde, alors directrice du FMI, a salué l’action de l’actuelle directrice de la banque russe, Elvira Nabioullina. Cette dernière joue-t-elle depuis deux ans un rôle essentiel dans le fonctionnement de la machine de guerre de Poutine ? Et que pensez-vous des spéculations sur son état de santé ? Elle aurait été hospitalisée en janvier…

Je n’ai aucune idée de son état de santé. Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a pas manifesté son soutien à la guerre. Sauf erreur, elle ne s’est jamais exprimée publiquement, je pense, en faveur du meurtre d’Ukrainiens. Elle ne s’est jamais exprimée contre la guerre non plus, mais dès 2018, elle utilisait sa façon de s’habiller pour indiquer l’état d’esprit de la politique monétaire de la banque centrale. Ainsi, lors de ses conférences de presse, elle avait pour coutume d’arborer une broche avec une colombe pour signaler que la banque centrale était susceptible de baisser les taux d’intérêt et d’autres broches ou couleurs de sa robe pour signaler que la banque centrale était optimiste ou pessimiste quant à l’état de l’économie russe.

Après le début de la guerre, elle a commencé à s’habiller en noir. J’ai cru comprendre que cela avait changé récemment, mais en tout état de cause elle a cherché à faire savoir au monde qu’elle n’était pas ravie de la tournure des événements.

D’un autre côté, elle continue de travailler et, comme vous l’avez dit, elle est un rouage important dans le financement de la machine de guerre de Poutine. Et je pense que l’histoire la jugera négativement pour cela. Même si elle peut prétendre qu’elle lutte contre l’inflation pour protéger les catégories les plus vulnérables de la société russe, chaque milliard de dollars, chaque dizaine de milliards de dollars, chaque centaine de milliards de dollars économisés pour le budget de Poutine grâce au travail efficace du ministère des Finances ou de la banque centrale est un autre milliard, une autre dizaine de milliards, une autre centaine de milliards que Poutine peut utiliser pour acheter des drones iraniens, des obus d’artillerie nord-coréens, recruter des soldats et tuer des Ukrainiens.Quel serait le meilleur scénario, parmi les options réalistes, que l’on puisse espérer pour la Russie à l’heure actuelle ?

Vladimir Poutine a montré qu’il n’avait aucun respect pour les droits humains et pour le droit international. Si Poutine reste au pouvoir, je peine à imaginer un scénario optimiste pour la Russie. Le seul scénario optimiste est son départ, quelle qu’en soit la forme, et une transition démocratique.

Peut-être pas immédiatement après son départ, mais quelques mois ou quelques années plus tard, il y aura une sorte de Perestroïka 2.0. Je ne vois pas comment la Russie pourrait devenir une Corée du Nord ou une Syrie. Certains essaieront de pousser le pays dans cette direction, mais je pense que la Russie est trop diverse, trop grande, trop éduquée et trop riche pour tolérer un régime stalinien.

Et je pense que les personnes qui succéderont à Poutine, même si elles sont issues de son entourage le plus proche, voudront mettre fin à cette guerre. Ces gens voudront renouer avec l’Occident. Ils essaieront de négocier, et cela conduira à une augmentation des libertés politiques et de l’ouverture en Russie, ce qui à son tour devrait aboutir à une amélioration immédiate et, espérons-le, à une amélioration substantielle des relations avec l’Ukraine et l’Europe au cours de la prochaine décennie.

De nombreux hommes d’affaires russes se sont installés à l’étranger depuis le début de la guerre, notamment à Dubaï. Une rébellion des élites contre Poutine est-elle une perspective crédible ?

Les élites économiques sont bien sûr mécontentes, mais elles savent aussi que se rebeller contre Vladimir Poutine est physiquement dangereux. Il y a eu de nombreux « suicides » ces dernières années. Les gens sont parfaitement conscients des risques qu’entraîne toute opposition à Vladimir Poutine. Très peu d’entre eux se sont ouvertement prononcés contre la guerre. On peut d’ailleurs les compter sur les doigts d’une main : je pense à Oleg Tinkov et Arkady Voloj, qui se sont ouvertement prononcés contre la guerre. évitent de s’exprimer en faveur de la guerre. Ils sont tous extrêmement mécontents. Les projets de toute une vie ont été détruits. En ce sens, nous n’assisterons peut-être pas à une rébellion semblable à celle de Prigojine, mais une fois que Vladimir Poutine aura disparu, le temps du changement viendra. Toutefois, qui sait ? Peut-être qu’un coup d’État se prépare en ce moment même. Les coups d’État qui réussissent ne sont jamais préparés au grand jour…

Viandes: Modification de la consommation

Si les quantités consommées par personne sont relativement stables sur le long terme, les habitudes de consommation ont, elles, évolué. La viande bovine connaît ainsi un léger recul, au profit de celle de volaille, dont la consommation a fortement augmenté. 

 

En 2000, la France consommait 5 290 milliers de tonnes équivalent-carcasse (TEC), une unité qui permet de prendre en compte le poids de viande des animaux abattus et des produits transformés contenant de la viande. En 2023, ce chiffre a atteint 5 672 milliers de tonnes, soit une augmentation d’environ 7%. La  consommation de viande par habitant s’est, elle, stabilisée autour de 84 kgec (kilogrammes équivalent-carcasse) depuis 2010. L’année 2023 marque toutefois une légère baisse. « Pour la première fois depuis longtemps, on est repassé sous la barre des 84 kgec », note Lucile Rogissart, chercheuse à l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), spécialiste de la transition agricole et alimentaire.Parmi les facteurs évoqués pour expliquer ce léger recul de la consommation en 2023 : l’inflation, mais aussi les questions de bien-être animal et de  l’environnement Si les quantités consommées par personne sont relativement stables sur le long terme, les habitudes de consommation ont, elles, évolué. La viande bovine connaît ainsi un léger recul, au profit de celle de volaille, dont la consommation a fortement augmenté.

Zone euro : la BCE en déficit !

Zone euro : la BCE  en déficit ! 

Il y a quelque chose de surréaliste dans cette annonce du déficit de la banque centrale européenne qui  a enregistré une perte de 1,3 milliard d’euros.  C’est le quatrième recul annuel de suite du résultat, depuis le bénéfice de 2,4 milliards d’euros en 2019. Cela démontre à l’évidence que la banque centrale européenne comme toutes les institutions administratives sont davantage gérées avec la culture des fonctionnaires qu’avec la culture de gestionnaires.
 

Le déficit d’une banque commerciale peut se comprendre notamment du faîte de l’amoncellement d’actifs pourris.( Actifs qui n’ont en réalité que très peu de valeur ou pas du tout). C’est beaucoup moins compréhensible pour la banque centrale européenne qui elle est en charge de l’émission et du contrôle de la monnaie. De ce point de vue, La gestion de la banque centrale européenne est catastrophique notamment parce qu’elle a racheté sans discernement les dettes des états beaucoup trop en déficit ; là aussi des actifs douteux voire pourris. Ensuite parce qu’elle a déversé des milliards et des milliards aux banques commerciales sans intérêt. Du coup aujourd’hui avec l’inflation, la source de revenus de la banque centrale européenne est dans le rouge. On objectera que cette politique visait à soutenir l’économie après la pandémie du Covid et la crise énergétique. En réalité une grande partie de ces sommes ont servi à la spéculation et soutenu les marchés financiers qui se sont gavés mais ce qui a augmenté encore l’inflation qui plombe aussi la banque centrale européenne. Ce sont d’ailleurs encore ces milliards qui alimentent la spéculation des marchés financiers et alimentent toujours l’inflation. Comment expliquer sinon que la croissance s’écroule partout alors que les cours des marchés financiers s’envolent ?

 

Les taux plus élevés ont « entraîné une augmentation des charges d’intérêt » payées aux banques centrales de la zone euro, explique le communiqué de la BCE. Résultat ? Une facture de plus de 14 milliards d’euros d’intérêt l’an dernier, contre 2 milliards en 2022.
Dans le même temps, les intérêts perçus sur la masse d’obligations accumulées par la BCE au cours des années de lutte contre la crise n’ont pas suivi. Ces actifs sont assortis de taux d’intérêt fixes et d’échéances longues, et ont été rachetés lorsque les coûts d’emprunt étaient très bas. Cet effet de ciseau dans les comptes financiers fait que la BCE devrait « subir des pertes au cours des prochaines années », selon son rapport annuel.

SNCF: résultats en baisse

 SNCF:  résultats  en baisse

La  SNCF annonce déjà des résultants en baisse en 2023.  Cependant le président de l’entreprise propose aux syndicats une « plateforme de progrès social » pour discuter de tous les sujets et renouer le « dialogue social ».

Le PDG de la SNCF prévient : les résultats de la compagnie ferroviaire seront en baisse pour l’année 2023. Ils « seront moins bons que ceux de 2022 », a averti Jean-Pierre Farandou dans un entretien au quotidien Le Monde, publié ce jeudi 22 février. Sans plus de détails pour le moment.

Une annonce aussi sans doute pour contrecarrer des déclarations de syndicats gauchistes qui affirment que la SNCF aura des « résultats financiers de dingue » et qui oublie évidemment que l’État apporte une contribution annuelle de 20 milliards à l’entreprise, sans parler de l’endettement.

Il a ainsi évoqué son idée de proposer aux syndicats une « plateforme de progrès social » pour discuter de tous les sujets. Mais il a toutefois prévenu : « J’intègre les revendications portées par les chefs de bord (ndlr : autre nom des contrôleurs) des TGV. Mais elles ne sont pas toutes accessibles ».

Les revendications des salariés lors de la grève du week-end dernier portaient notamment sur des questions salariales. « Tous les cheminots ont envie d’augmenter leur salaire. Mais l’argent que je mettrai là, je ne l’aurais pas pour acheter des TGV, rénover les infrastructures, améliorer la qualité de service », a assuré le PDG.

AXA: Un résultat financier de 7,2 milliards

AXA:  Un résultat financier de 7,2 milliards

Comme bon nombre d’autres assureurs, on affiche des résultats très financiers dans le secteur en cause parfois un accroissement de l’activité mais aussi des profits réalisés grâce à l’inflation. Il suffit pour cela de voir l’évolution des tarifs. Les assureurs justifient la dérive des tarifs par l’augmentation des risques dont certains sont réels mais nos bien virtuels.

Résultats par exemple un début de 1024 c’est le coup de bambou chez la plupart des assureurs. On profite ainsi de l’inflation générale pour rajouter des hausses de tarifs non justifiés. Ainsi l’inflation aura constitué pour les assureurs et d’une manière générale pour les grandes sociétés une sorte de mécanisme anti redistributif car dans le même temps le pouvoir d’achat des ménages diminue : le principe des vases communicants.

L’assureur a en effet  fait état, ce mercredi, de résultats solides, avec un résultat net de 7,2 milliards d’euros en 2023 pour 103 milliards d’euros de primes, et d’un nouveau plan stratégique à trois ans, fondé sur la croissance organique et l’amélioration de l’efficacité opérationnelle. Le taux de distribution aux actionnaires est porté à 75%.

AXA veut séduire ses actionnaires et devenir la valeur de rendement incontournable d’un portefeuille lambda, comme c’est souvent le cas d’ailleurs des grands groupes d’assurance mondiaux. Le moment est porteur, la hausse des taux améliore les résultats financiers et la solvabilité des assureurs.

Dans son nouveau plan stratégique 2024-2026, l’assureur prévoit ainsi un taux de distribution de 75% de ses résultats aux actionnaires, dont 60% sous la forme de dividendes. C’est mieux que les années précédentes.

 

Le Maire veut réduire le financement du développement de la fibre

Le Maire veut réduire le financement du développement de la fibre

Le gouvernement a décidé de réduire de 150 millions le plan de développement de la fibre. Un non-sens économique évidemment car il s’agit d’une technologie support fondamentale pour le développement économique, aussi pour l’aménagement du territoire

Le ministre de l’économie a décidé de tailler dans le financement du plan France Très haut débit (PTHD), qui ambitionne d’apporter la fibre à tous les Français à l’horizon 2025. D’après le décret, Bercy compte annuler près de 38 millions d’euros d’autorisations d’engagement, et près de 117 millions d’euros de crédits de paiement. Un coup de rabot, qui, au total, atteint plus de 154 millions d’euros.

 

Les collectivités, elles, sont très remontées. Interrogée par La Tribune, l’Avicca, l’influente association regroupant les collectivités impliquées dans le numérique, ne mâche pas ses mots. Elle se dit « stupéfaite ». L’association considère, notamment, que ces annulations de financement « mettent en péril le financement des RIP ». C’est-à-dire les Réseaux d’initiative publique déployés dans les campagnes grâce, en partie, aux deniers de l’Etat. L’Association des maires de France (AMF) y est aussi allée de son coup de gueule. « Le plan France Très haut débit perd 40% de ses crédits », déplore-t-elle dans un communiqué, soulignant que l’ensemble des réductions budgétaires présentées ce jeudi vont « lourdement impacter le quotidien des Français ».

 

Négociant en vin condamné pour avoir acheté du Médoc à un euro la bouteille

Négociant en vin condamné pour avoir acheté du Médoc à un euro la bouteille

 

La justice a condamné ce jeudi des négociants à verser 350.000 euros à un viticulteur bordelais qui les accusait d’avoir violé la loi Egalim sur les prix agricoles en lui achetant son vin en vrac à un tarif «abusivement bas» de un euro la bouteille!

Un exploitant dans le Médoc, avait vendu près de 8500 hectolitres aux sociétés Cordier et Maison Ginestet en 2021 et 2022, aux prix de 1150 ou 1200 euros le tonneau (900 litres), selon les millésimes. Soit environ un euro la bouteille, tarif que le producteur juge très inférieur à ses coûts de revient, oscillant selon lui entre 1500 et 2000 euros le tonneau.

Le vigneron réclamait entre 715.000 et 512.000 euros aux mis en cause afin de «réparer le préjudice causé», sur le fondement de l’article L442-7 du Code de commerce tel que modifié par la loi Egalim. Adoptée fin 2018, elle doit assurer aux agriculteurs un revenu qui leur permette de vivre de leur travail. Mercredi, le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé sa volonté de présenter d’ici l’été un nouveau texte de loi pour «renforcer le dispositif Egalim».

 

Manouchian au Panthéon : une grande émotion

Manouchian au Panthéon : une grande émotion

 

 

 

Une grande émotion partagée par la plupart des Français lors de l’entrée des Manouchian au Panthéon. Une cérémonie d’une grande dignité faire honneur à ses héros étrangers morts pour la France. Une émotion évidemment aussi partagée par le chanteur Chatterton qui a interprété   »L’Affiche Rouge » écrite par Louis Aragon et mise en musique par Léo Ferré,  lors de l’hommage à Missak Manouchian et son épouse, Mélinée Manouchian.Une vidéo de cette cérémonie mériterait évidemment d’être diffusée dans toutes les écoles de France.

Interview sur Franceinfo:

 Vous avez ému tout l’auditoire avec cette reprise. Est-ce que vous aviez vous aussi le sentiment de vivre un moment d’Histoire ?

Arthur Teboul : Sur le moment on n’y pense pas forcément, mais lorsqu’on s’avance et qu’on a en face de nous les cercueils de Missak et Mélinée [Manouchian], on sent qu’il se passe quelque chose de particulier. Depuis hier, l’émotion ne retombe pas de notre côté. Quand on est artiste, musicien, on sait que ce sont des moments rares qui arrivent peut-être une fois dans une vie. Lorsqu’on devient passeur d’une émotion qui vit en nous depuis longtemps, lorsqu’on s’efface derrière les mots du poète, derrière la mélodie, pour devenir le message, c’est ça qui nous bouleverse.

On imagine votre fierté, mais y avait-il aussi de l’angoisse à l’idée de chanter cette chanson, à ce moment-là, et à cet endroit-là ?

C’était assez paradoxal : l’enjeu était plus grand que d’habitude mais la confiance qu’on a en cette chanson, qu’on interprète souvent en concert, nous donnait l’impression d’être dans une bulle. On avait probablement moins le trac que d’habitude parce qu’on savait que cette chanson nous porterait, mais on a essayé de ne pas se laisser submerger par la grandeur de l’instant.

Vous avez eu le temps d’observer ce qu’il y avait autour de vous ?

Oui, c’est ce qui a rendu ce moment encore plus intense, les mots résonnaient de façon décuplée. Je voyais en face de moi les deux cercueils, de Missak et Mélinée recouverts par des drapeaux français que le vent faisait onduler. Sur ma gauche j’apercevais les portraits de leurs compagnons de la FTP-MOI [Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée], les visages « noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants », comme dit dans la chanson. Quand je chante ces mots, face à ces héros, tout prend une ampleur nouvelle. Et puis j’ajoute cette petite anecdote plus intime : avec les gars du groupe, on est trois sur cinq à s’être rencontrés dans un lycée proche du Panthéon, on allait souvent dans les cafés à côté. Alors se retrouver en haut de ces marches sans l’avoir imaginé… parfois la vie nous pousse à vivre des moments magiques comme celui-là.

Les « Insoumis » demandent un référendum sur le budget !!!

Les Insoumis demandent un référendum sur le budget !!!

 

 

 

Sans doute en mal de proposition, le parti de Mélenchon réclame un référendum sur la coupe de 10 milliards du budget. D’abord un référendum sans doute inconstitutionnel; Ensuite surtout une pure démagogie; C’est un comme si on demandait aux Français s’ils  souhaitent payer moins d’impôts.!

 

 

D’un côté un gouvernement incompétent et qui manque de courage en matière de gestion budgétaire et de l’autre l’extrême-gauche complètement irresponsable qui veut un référendum à propos des 10 milliards de coupes envisagées pour un budget de 2024 déjà obsolète. Après 10 milliards de coupes dans les dépenses pour 2024, le ministre se ménagerait déjà une éventuelle issue de secours pour mettre en place d’autres mesures d’urgence dans les prochains mois. 
Quelle que soit leur nature, ces coupes soudaines dans un budget à peine adopté ne manqueront pas de faire crier les oppositions et de crisper les membres du gouvernement, priés – bien que dans des proportions différentes – de se serrer la ceinture. Le texte initialement adopté à grands coups de 49.3 était déjà le fruit d’un compromis difficile entre l’impératif de réduction des déficits, le mantra de la majorité de ne pas augmenter les impôts et la pression des ministères qui réclamaient du budget pour faire face à l’inflation. Ainsi, alors qu’en rentrant dans la séquence, Bercy n’avait de cesse de jurer que ce PLF serait celui du retour au sérieux budgétaire, le budget 2024 ne présentait pas d’économies structurelles d’ampleur en dehors de celles réalisées sur la fin du bouclier tarifaire (14 milliards de moins, tout de même, grâce à la fin de cette aide exceptionnelle).

Pour l’instant, Bercy et Matignon évitent un nouveau psychodrame en optant pour des mesures d’économies par décret, et pour cause puisque le gouvernement n’a pas de majorité.

De toute façon , le référendum demandé par les « Insoumis  » est exclu à la fois ridicule et irresponsable.

 

Politique -Macron : grand débat  » bla- bla  » avec les agriculteurs

Politique -Macron :  grand débat  » bla- bla  «   avec les agriculteurs

Macron qui est attendu au salon envisage un grand débat avec les agriculteurs. L’exercice lui a souvent réussi même si le show du président ressemble souvent un grand bla-bla où  il est le seul à s’exprimer pendant des heures d’un « grand débat » avec les agriculteurs . 

 

Si on devait caractériser Macron, on pourrait retenir qu’il est l’inventeur des sortes  de grandes messes pseudos démocratiques qui visent surtout à contourner les gens organisation représentatives. Ce qu’il qualifie de grand débat se réduit en général à un one-man-show bavard, confus et souvent condescendant.

Il en sera de même sans doute pour ce grand débat avec les agriculteurs lors du salon. Encore une fois ce ne sont pas les organisations représentatives du secteur, les consommateurs, les responsables environnementaux qui prendront la parole mais les agriculteurs pour l’essentiel choisis avec soin comme dans les conventions citoyennes et autres machins type « conseil de refondation » .

Encore une fois on pourra mesurer le temps d’intervention des participants réduit un peu de choses d’autant plus que la plupart des intervenants ne sont pas préparés à l’exercice.

C’est bien entendu une caricature de la démocratie car il s’agit surtout d’un exercice visant à mettre en valeur l’orateur. Sur le fond , on assistera à l’exercice préféré des énarques. Parler parler pour ne rien dire, noyer le propos dans des explications pseudo- économiques , dire tout et son contraire et surtout endormir le public et les journalistes. Des journalistes toujours friands de ce genre de grand raout et toujours prêts à applaudir d’autant que la plupart n’en connaissent pas plus que le président.

On retiendra quelques phrases , on soutiendra le haut niveau d’intelligence du président et quelques promesses. Cela fera là une de la presse pendant une journée et le lendemain on passe à autre chose en oubliant pendant longtemps le contenu du grand débat de ce président si intelligent qui  encore une fois aura réussi à  endormir. Ou la confusion entre intelligence et bonimenteur et la confusion entre courage et exhibitionnisme médiatique.

Les scandaleux profits de Carrefour et des autres

Les scandaleux profits de Carrefour et des autres

 

 Les résultats de l’industrie alimentaire et des grands distributeurs montrent que l’inflation a été l’occasion de superprofits; Ainsi Carrefour va accorder une augmentation de 55% aux actionnaires via les dividendes. Bref en rajoutant des hausses illicites à l’inflation générale. Ce qu’on fait la plupart des grandes entreprises.

 

Contrairement à ce qu’avait annoncé le ministre de l’économie, on n’a pas constaté de baisse des prix de l’alimentaire au cours de l’été et pas davantage en cette rentrée; en cause, la confusion à dessein entre la baisse de l’inflation et la baisse des prix. Certes l’inflation se tasse mais les prix mécaniquement continuent d’augmenter. Par ailleurs ,l’inflation nouvelle s’ajoute à l’inflation ancienne ce qui maintient les prix à un niveau particulièrement élevé. Cela d’autant plus que les industriels et les distributeurs rajoutent de l’inflation illicite à l’inflation

Les espoirs du gouvernement risquent donc fort d’être douchés. Imposé par une récente loi, le calendrier accéléré des négociations tarifaires annuelles entre distributeurs et industriels des produits de grande consommation a certes été tenu. Mais il ne pourra pas entraîner la baisse générale des prix alimentaires que promet Bercy depuis des mois …. au contraire.

 

La fin des discussions a été avancée au 15 janvier pour les PME réalisant moins de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires, au 31 janvier pour les autres. 90 % des industriels ont déjà envoyé leurs conditions générales de vente. Ils demandent en moyenne une hausse de tarifs de 4 %. Soit au total une augmentation par rapport à la situation actuelle et non une baisse des prix comme annoncé imprudemment par le ministre de l’économie. La vérité c’est que les distributeurs et les industriels se gavent.

Agriculture: une souveraineté forcément limitée

Agriculture:  une souveraineté forcément limitée

Inutile de tourner autour du pot, c’est sciemment que l’agriculture a été sacrifiée et pas pour des motifs écologiques mais pour des motifs de stratégie économique. L’objectif de l’Europe est depuis longtemps d’accepter les produits agricoles beaucoup moins chers des pays tiers du fait des moindres contraintes sociales, sanitaires et environnementales. En échange, l’Europe et la France vendent des avions, des armes, des voitures, des centrales nucléaires et surtout des services.

L’économie agricole est totalement mondialisée précisément pour permettre l’échange de produits à faible valeur ajoutée comme l’agriculture contre des produits beaucoup plus élaborés.

L’équation est impossible à résoudre. Aucun pays ne peut rétablir une souveraineté totale sur l’agriculture. Il faudrait pour cela sacrifier nos exportations sur les produits industriels et les services très profitables. C’est la spécialisation économique qui l’impose autant que la libéralisation économique mondiale.

C’est à peu de la même manière qu’on s’est débarrassé de la petite industrie peu spécialisée. On ne garde que le haut du panier- et encore avec des délocalisations- pour privilégier nos exportations de haute valeur ajoutée. Une politique en outre voulue par le pouvoir au service des intérêts financiers qui dirigent l’économie. Mais une politique qu’on ne peut bousculer sans remettre en cause les équilibres globaux de notre modèle économique. La crise dépasse le seul champ agricole et affecte de bien d’autres aspects économiques, sociaux, sanitaires, financiers et environnementaux. Des aspects à prendre en compte sauf à tomber dans le simplisme et la démagogie. C’est une chose de reconnaître la situation de l’agriculture, c’est autre chose que de définir une politique cohérente et efficace.

Affirmer qu’on peut retrouver une pleine souveraineté en fermant les frontières en tout cas en contrôlant que les produits sont soumis aux mêmes règles sociales, environnementales, sociales et sanitaires relèvent de la démagogie. Le rééquilibrage des flux est possible mais la fermeture totale des frontières une illusion dangereuse. Un seul exemple de disparités impossibles à réduire: celui des salaires autour de 1500 € bruts pour 35 heures dans l’agriculture en France et entre 200 et 300 € dans d’autres pays.

La justice française peut sanctionner Leclerc et les autres

La justice française peut  sanctionner Leclerc et les autres

Le ministère de l’Économie souhaite obtenir leur condamnation de Leclerc à une amende civile de 117,3 millions d’euros, un montant alors sans précédent dans la grande distribution. leclerc est accusé  de « pratiques restrictives de concurrence à l’égard de 15 fournisseurs disposant de filiales en France », comme l’a rappellé la cour d’appel dans son communiqué. Bercy leur reproche de « s’être entendues pour imposer aux fournisseurs qui approvisionnent les magasins en France de négocier avec la centrale d’achat Eurelec en Belgique et de conclure des contrats faisant application de la loi belge », un contournement de la loi française qui a pour but d’obtenir « de fortes déflations de prix ».Un jugement qui pourrait faire jurisprudence concernant les centrales d’achat des autres distributeurs.

Reste que les deux entités belges de Leclerc , Eurelec et Scabel, contestaient la compétence des juridictions françaises. Le tribunal de commerce de Paris avait déjà rejeté en avril 2021 cette demande, mais les sociétés assignées avaient fait appel de ce jugement. La cour d’appel avait alors décidé de surseoir à statuer et saisi la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) d’une question d’interprétation du droit européen. Celle-ci avait infligé un revers aux services du ministère de l’Économie, estimant les juridictions françaises incompétentes au sujet de cette centrale de droit belge

À l’inverse, dans sa décision, la cour d’appel « a confirmé que l’action du ministre (de l’Économie et des Finances), telle que mise en œuvre au cas présent, ne relève pas du champ d’application du règlement » européen contesté. « Dès lors », l’une des sociétés assignées et l’association étant basées en France et relevant du ressort du tribunal de commerce de Paris, « la procédure se poursuit » devant ce dernier, conclut le communiqué.

Outre Eurelec, il existe comme centrale d’achat Eureca pour Carrefour, basée à Madrid ou Everest, mis en place aux Pays-Bas par l’allemand Edeka et le néerlandais Picnic, que Système U a rejoint plus récemment. Certaines centrales européennes ne sont pas des centrales d’achat mais de services, qui facturent des prestations aux fournisseurs agro-industriels. La nature de ces prestations est d’ailleurs souvent floue.

«Salopard cinglé» pour Joe Biden, Poutine s’offusque !

«Salopard cinglé» pour  Joe Biden, Poutine s’offusque !

 

Poutine qui s’offusque pour avoir été traité de salopard cinglés par Biden. Une grossièreté sans doute mais pas une vulgarité criminelle comme celle que Poutine pratique tous les jours. L’escroc assassin Poutine a des pudeurs de jeune fille quand cela ne concerne par contre il n’hésite pas à tuer le moindre opposant.

C’est «grossier oui», a dit Vladimir Poutine à un journaliste de la télévision russe, avant d’ajouter que Joe Biden n’allait «pas me dire, “Volodia (diminutif en russe de Vladimir, NDLR), bravo, merci, tu m’as beaucoup aidé”».

Il n’y a sans doute pas de qualificatifs assez durs pour définir le dictateur fou, criminel et mafieux qu’est Poutine . Joe Biden a peut-être trouvé le mot juste : Poutine est un « salopard  cinglé. »

 «Il y a bien ce salopard cinglé qu’est Poutine, mais la menace existentielle pour l’humanité c’est le changement climatique», a lancé le président démocrate de 81 ans, candidat à un second mandat, lors d’un bref discours auquel assistait un petit groupe de journalistes.

En anglais, Joe Biden a utilisé les trois lettres «SOB», un raccourci pour «son of a bitch», insulte traduisible en français par «salopard», «connard», voire «fils de pute». Le président américain avait déjà, dans le passé, traité son homologue russe de «boucher» et de «criminel de guerre».

Il a promis d’annoncer vendredi des sanctions «majeures» contre la Russie en réponse à la mort en prison de l’opposant Alexeï Navalny.

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