Contre la « salafisation » des esprits

Contre la « salafisation » des esprits

Dans un entretien au « Monde », l’historienne Valérie Igounet et le spécialiste du monde arabo-musulman Gilles Kepel analysent la violence islamiste croissante, dont les enseignants français sont la cible, à l’heure où l’on commémore le meurtre, le 16 octobre 2020, de Samuel Paty, et où celui de Dominique Bernard, à Arras, est dans tous les esprits.

Trois ans après l’assassinat de Samuel Paty près du collège du Bois-d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine, le 16 octobre 2020, et trois jours après celui de Dominique Bernard, à Arras, les élèves du secondaire observent une minute de silence au sein d’établissements une fois de plus visés par le terrorisme islamiste. Celui-ci fait explicitement de l’école, et donc des professeurs, une cible privilégiée.

Face à cette haine, beaucoup d’enseignants se retrouvent isolés, désemparés, voire désarmés, comme le montre le roman graphique Crayon noir. Samuel Paty, histoire d’un prof (StudioFact, 160 pages, 23 euros, numérique 16 euros), cosigné par le dessinateur Guy Le Besnerais et l’historienne Valérie Igounet. Pour Le Monde, Valérie Igounet dialogue avec le politologue Gilles Kepel, spécialiste du monde arabo-musulman, qui publie Prophète en son pays (L’Observatoire, 304 pages, 23 euros, numérique 16 euros), un essai où il mêle souvenirs personnels et réflexions géopolitiques.

« Tu es prof d’histoire ? », aurait demandé l’assaillant d’Arras, Mohammed Mogouchkov, à un collègue de Dominique Bernard, trois ans après l’assassinat de Samuel Paty, qui enseignait cette matière. Que vous inspire cette obsession ?

Gilles Kepel : Aux yeux des djihadistes, il n’y a pas d’histoire, ou plutôt la seule histoire que l’on doit enseigner est celle de la révélation, qui commence en l’an un de l’hégire. C’est pourquoi Al-Qaida ou Daech [organisation Etat islamique] détruisaient les bouddhas ou les antiquités assyriennes. En France, l’école est identifiée comme le lieu de perdition des enfants musulmans et les professeurs d’histoire se trouvent particulièrement ciblés parce qu’ils sont chargés d’enseigner la laïcité, qui est l’ennemi absolu, en tant qu’elle dilue l’appartenance exclusive à la communauté et détruit l’obéissance à la charia.

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