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Archive mensuelle de février 2023

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Obésité : une urgence de prévention nationale

Obésité : une urgence de prévention nationale

Face à l’évolution de la prévalence de l’obésité en France, la Coalition Obésité appelle les pouvoirs publics à renforcer la prévention et la prise en charge globale de cette maladie.
(JDD))

La Coalition Obésité rassemble des associations de patients, des professionnels de la santé, des organisations de lutte contre la précarité alimentaire ou encore un think tank. Voici leur tribune : « L’obésité est plus que jamais un enjeu sanitaire, sociétal et économique dans notre pays. Les chiffres le démontrent. Le nombre de personnes adultes atteintes de cette pathologie a doublé en deux décennies, passant de 8,5 % en 1997 à 17 % en 2020, soit plus de 8,5 millions de personnes souffrant d’obésité en France.

Outre l’impact sociétal, une récente étude du cabinet Asterès, dirigé par l’économiste Nicolas Bouzou, met notamment en évidence l’impact économique considérable que représente l’obésité en France : « 8,4 milliards d’euros par an pour l’assurance maladie, 1,3 milliard d’euros par an pour les organismes complémentaires d’assurance maladie (OCAM) et 900 millions d’euros par an pour les entreprises. »

Déjà en 1997, l’OMS précisait que « l’obésité est une maladie multifactorielle complexe » relevant bien des maladies chroniques. En France, le Sénat rappelait à juste titre, dans son rapport publié en juin 2022, le caractère pandémique du surpoids et de l’obésité, qui figurent parmi les premières comorbidités associées au virus responsable de la Covid-19.
La France doit faire de l’obésité une priorité de ses futures politiques de santé. Cette reconnaissance est capitale car elle nous invite à repenser la perception que nous nous faisons, individuellement comme collectivement, des personnes qui en souffrent.
L’obésité doit devenir une grande cause nationale en 2024

À l’approche de la Journée mondiale de l’obésité, alors que les estimations prévoient que plus d’un Français sur quatre pourrait souffrir d’obésité en 2030, nous appelons à la mobilisation de toutes les énergies, celles des professionnels de santé, des chercheurs, des associations de patients et des pouvoirs publics, pour mieux prévenir, mieux soigner et mieux prendre en charge l’obésité dans son intégralité, allant de ses causes à ses complications.

Nous pensons que, face à une maladie aussi multifactorielle, l’action publique est primordiale et doit s’intensifier. La feuille de route nationale « Prise en charge de l’obésité 2019-2022 » avait fait un constat lucide de l’ampleur de la situation en France. Mais malheureusement, face à un manque de suivi des actions et de moyens, nous faisons le bilan aujourd’hui que beaucoup reste à faire pour que les personnes en situation d’obésité soient prises en charge de façon holistique. Soyons à la hauteur de l’enjeu et développons de nouvelles politiques publiques ambitieuses et adaptées.
L’obésité doit devenir une grande cause nationale en 2024.

Ensemble, nous devons faire reconnaître l’obésité comme une maladie chronique, en mettant le curseur sur l’information et la prévention.
Ensemble, nous appelons à une prise en charge globale et transversale de l’obésité qui doit, dans ses formes les plus sévères (IMC ≥35kg/m²), être reconnue comme affection de longue durée (ALD). Cela permettra d’ouvrir droit à une prise en charge de l’ensemble des dépenses de soins par la Sécurité sociale. En tant que maladie chronique, l’obésité doit être traitée par les différents moyens adaptés, aux différents stades de la pathologie.

Cette demande est attendue par les patients, qui cumulent bien souvent les difficultés économiques, sociales mais aussi les discriminations.
Ensemble, nous appelons à la création d’une délégation interministérielle à la lutte contre l’obésité, afin de coordonner et renforcer l’efficacité des actions, qui mobilisent de nombreuses expertises pour prévenir et traiter cette maladie dans toutes ses dimensions : santé, agriculture, sport, environnement, éducation…
À l’heure du concept de « One health » ou « Une seule santé », faisons de la lutte contre l’obésité un exemple de réussite d’une véritable politique de santé publique. »

Les signataires, membres de la Coalition obésité
• Muriel Coupaye, présidente de l’Association française d’études et de recherches sur l’obésité (AFERO)
• Anne-Sophie Joly, présidente du Collectif national des associations d’obèses (CNAO)
• Didier Bazzocchi, vice-président du Think tank CRAPS
• Laurence Champier, directrice générale de la Fédération française des banques alimentaires (FFBA)
• Jean-Philippe Ursulet, directeur général de la Ligue nationale contre l’obésité
• Étienne Tichit, directeur général de Novo Nordisk France
• Vincent Frering, président de la Société française et francophone de chirurgie de l’obésité et des maladies métaboliques (SOFFCOMM)

Amazon dans l’agriculture ?

Amazon dans l’agriculture ?

Il pourrait bien se passer dans l’agriculture et la filière agro alimentaire ce qui s’est produit dans l’industrie et la distribution. À savoir l’installation d’un intermédiaire entre production et consommation de dimension mondiale capable de peser sur l’origine des produits et leur prix. Au départ on propose de commercialiser les produits locaux et progressivement on leur substitue comme par exemple dans l’agriculture des produits en provenance en particulier d’Amérique du Sud..

Le géant américain du e-commerce expose pour la première fois au Salon de l’agriculture à Paris, pour y présenter son espace de vente dédié aux petits producteurs.

« Nous avons un double objectif: faire connaître notre ‘Boutique des producteurs’ aux visiteurs, et montrer aux producteurs les opportunités offertes par le numérique », explique Patrick Labarre, directeur de la marketplace Amazon France.
Lancée en 2018, la « Boutique des producteurs » propose de la charcuterie, des fromages, des chocolats, des confiseries ou encore des vins et des liqueurs. Elle revendique 400 producteurs et environ 13.000 références à l’heure actuelle. « On a l’ambition de proposer le choix de produits le plus large possible », assure Patrick Labarre. Amazon s’attaque aussi à la viande et aux paniers de fruits et légumes, au travers de boucheries et de coopératives.

Peu connu pour son offre alimentaire, le géant du e-commerce veut convaincre des petites entreprises de passer par sa marketplace plutôt que d’ouvrir un site web en direct, pariant notamment sur l’attrait que peut susciter sa large clientèle. Outre l’abonnement mensuel de 39 euros, il faut s’acquitter d’une commission de 10% à 15% sur les ventes pour y vendre ses produits. S’y ajoute aussi le coût de la prestation logistique si on la confie à Amazon.

Sondage agriculture française : Image favorable mais !

Sondage agriculture française : Image favorable mais !

Selon un sondage OpinionWay pour Calif Solutions, 89 % des personnes interrogées ont une image favorable de leurs agriculteurs.

Une tendance forte se confirme : le soutien aux agriculteurs et au made in France reste extrêmement positif. Quelque 89 % des sondés disent ainsi en avoir une très bonne opinion. « Il y a un soutien très fort des Français au monde agricole, qui ne se dément pas », souligne auprès des « Echos » Bruno Jeanbart, vice-président d’OpinionWay. « De manière générale, l’alimentation joue un rôle très fort dans la perception du made in France dans l’opinion. »

Si elle reste élevée (67 %), la part des sondés qui se disent prêts à payer plus cher les produits alimentaires pour garantir une rémunération plus juste des agriculteurs a reculé de 4 points sur un an. Celle des interrogés prêts à payer plus pour du made in France (65 %) a perdu 7 points. Et ils ne sont plus que 62 % à estimer qu’il est possible d’avoir accès à une alimentation saine à des prix raisonnables, contre 70 % l’année précédente.

La part des interrogés estimant que l’importation de produits alimentaires est « plutôt une mauvaise chose » progresse ainsi de 3 points, à 69 %. Les commerces alimentaires de proximité profitent de cet effet, puisqu’ils agrègent 94 % d’opinions favorables, quand la grande distribution n’en recueille que 48 %. La cote de l’industrie agroalimentaire s’est, elle, dégradée de 2 points, avec désormais 54 % des Français qui la jugent défavorablement.

Mais 59 % des sondés considèrent de fait que les agriculteurs doivent « pouvoir bénéficier des mêmes innovations que leurs concurrents » pour rester compétitifs.

Libéralisation de l’électricité : Bilan catastrophique

Libéralisation de l’électricité : Bilan catastrophique

Par Charles Cuvelliez & Patrick Claessens, Ecole Polytechnique de Bruxelles, Université de Bruxelles.

C’est l’ACER, qui regroupe les régulateurs européens, qui en prend (un peu trop) pour son grade, tout au long du texte du rapport (*) de la Cour des comptes européenne : si l’ACER avait fait son travail correctement, s’il y avait eu plus de discipline dans la libéralisation du secteur, nous n’en serions pas là. La libéralisation visait à intégrer les marchés nationaux de l’électricité grâce à l’interconnexion des bourses nationales de l’électricité et à suffisamment de capacité d’interconnexion entre les États membres pour la transformer en réalité physique.

Il y a bien eu couplage volontaire de 19 bourses d’électricité mais, pourquoi s’est-il limité à la fourniture d’électricité pour les besoins à J+1. Les autres composantes comme les marchés à terme et celui de l’équilibrage sont restées nationales. Ne comptait que l’utilisation efficace des capacités d’interconnexion quand on a imaginé la libéralisation du secteur. Cela ne suffisait pas, comme nous le rappelle l’absence de convergence des prix au niveau transfrontalier. Pourtant, le législateur de l’Union européenne (UE) a demandé que 70 % de la capacité d’interconnexion entre États membres soit disponible pour les échanges entre pays. En vain. La cour a son explication, qui surprendra : la faute au développement des énergies renouvelables intermittentes qui augmentent la congestion pour les échanges transfrontaliers. Il eût fallu une meilleure planification des capacités d’interconnexion en fonction de l’évolution attendue du mix électrique (intermittent) différent entre Etats membres. La Commission a aussi trop délégué les détails techniques de l’harmonisation des règles en matière d’échanges transfrontaliers aux régulateurs nationaux…….

Il y a eu trop peu d’analyse d’impact par la Commission : les coûts de la libéralisation (sa mise en œuvre) n’ont pas été évalués. Il y avait bien quelques indicateurs de suivi mais sans les définir clairement et sans valeur cible. Cette absence était patente pour les méthodes de fixation des prix de l’énergie négociée sur les bourses de l’électricité surtout dans les situations de crise. C’est la raison des profits excessifs.

La gouvernance de la libéralisation en prend pour son grade. On a l’impression que qu’elles eurent été les règles de fonctionnement du marché, on en serait arrivé là. Il y a aussi le rapport de force entre le côté centralisateur de la Commission et décentralisateur des Etats membres parce qu’ils restent compétents pour le choix du mix énergétique et de leur sécurité d’approvisionnement. Ne faut-il pas aussi accepter que le choix d’un mix électrique essentiellement renouvelable intermittent complexifie le modèle car il nécessite de viabiliser économiquement les colossales capacités de stockage (et des productions en back ups). Il faut se donner les moyens d’harmoniser plus de 20 marchés nationaux reposant sur autant de mix électriques différents tout en garantissant la sécurité d’approvisionnement de tous. Ce n’est pas gagné !
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(*) Pour en savoir plus : Cour des Comptes européenne, Rapport spécial sur l’intégration du marché intérieur de l’électricité. Janvier 2023.

Sécheresse : Macron pour un « plan de sobriété sur l’eau »

Sécheresse : Macron pour un « plan de sobriété sur l’eau »

Macon Lors de son passage au salon de l’agriculture s’est prononcée pour un plan sécheresse. Il faut planifier tout cela a-t-il déclaré éviter les conflits d’usage de dernière minute. Il est sans doute trop tard pour parler de planification car ce sont surtout maintenant des mesures conjoncturelles qui seront envisageables. Trop tard notamment pour changer le rapport entre l’eau et l’agriculture. Une question qui ne peut être réglée qu’à long terme. Même chose pour envisager un double réseau d’eau potable et d’eau non potable, projet à très long terme.

Ce nest pas en mars 2023 qu’il faut prendre conscience de la rareté de l’eau, il fallait s’en préoccuper déjà des le milieux de l’année 2022 voire avant. Bref la politique dans le rétroviseur.

Le chef de l’Etat a appelé à « un plan de sobriété sur l’eau » sur le modèle de la sobriété énergétique, évoquant à nouveau « la fin de l’abondance ». La France vient de connaître une période de sécheresse de plus d’un mois, un record en hiver, alors qu’elle espérait récupérer de la terrible sécheresse estivale. Mais un peu partout en France, les chambre d’agriculture relèvent des volumes de pluie jusqu’à moitié moins importants qu’en temps normal. « La France est en état d’alerte. On a au moins deux mois de retard de remplissage des nappes phréatiques », avait reconnu mercredi Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique.

« On sait qu’on sera confronté comme on était l’été dernier à des problèmes de raréfaction [d'eau] : plutôt que de s’organiser sous la contrainte au dernier moment avec des conflits d’usage, on doit planifier tout ça » a élaboré Emmanuel Macron. Sans dévoiler de feuille de route précise, le président évoque des pistes d’amélioration, comme mieux récolter l’eau de pluie, avoir moins de fuites dans les réseaux d’eau ou encore mieux répartir l’utilisation de l’eau potable selon les usagers. Le tout, en continuant de produire et d’investir sur des rétentions collinaires, c’est-à-dire des bassins artificiels pour récolter l’eau de surface.

Secteur agricole : la fin d’un monde ?

Secteur agricole : la fin d’un monde

Bertrand Hervieu, co-auteur de l’ouvrage très instructif « Une agriculture sans agriculteurs ». Le sociologue membre de l’Académie d’Agriculture de France décrypte le déclin du modèle familial et le basculement délicat dans les logiques entrepreneuriales à l’heure de la transition agro-écologique.(dans la Tribune)


Quand on parle de choc démographique dans le monde agricole, vous nuancez en disant que les statistiques ne voient rien. Ne doit-on plus être inquiet quant au déclin des agriculteurs ?

Bertrand HERVIEU – Oui, il y a bien un effondrement démographique, c’est clair. – 75 % d’actifs agricoles en 40 ans, c’est quand même significatif. Les chefs d’exploitations et co-exploitants, ne représentent plus qu’1,5% de la population active française. Mais ce que cache l’effondrement démographique, c’est une reconfiguration très forte des modes d’organisation du travail et du capital. Avec François Purseigle [sociologue à l'Institut national de Polytechnique de Toulouse et co-auteur du livre « Une agriculture sans agriculteurs », ndlr], ce qui nous frappe c’est la crise du modèle de l’exploitation familiale.

Ce n’est pas la fin de l’agriculture, c’est la fin d’une forme de l’agriculture. Au fond, l’exploitation familiale avec deux personnes à plein temps, c’est-à-dire l’exploitation conjugale finalement, constitue un moment historique qui a succédé au modèle patriarcal de la Troisième République et qui voit aujourd’hui émerger des formes multiples, complexes et enchevêtrées sous des formes sociétaires, avec une montée en puissance du salariat. Nous allons assister à une réorganisation très profonde des structures d’exploitations et des modes d’exercice de ce métier.

Dans votre ouvrage, on apprend que 60 % des chefs de propriété gèrent des sociétés agricoles. Tous les agriculteurs exploitants vont-ils devenir des exploitants entrepreneurs ?
C’est la tendance observée oui, avec des statuts professionnels différents. En Nouvelle-Aquitaine par exemple, vous avez une très grande palette des modes d’exercice du métier entre les productions animales et végétales. Ce que l’on voit dans une partie des Landes, avec l’exploitation de parcelles par des sociétés extérieures, est davantage en phase avec le mouvement actuel que le modèle de l’agriculteur qui possède une cinquantaine d’hectares en polyculture-élevage. Cette seconde image est en train de s’effacer et cela interroge sur l’attractivité du modèle qui représente trop de contraintes de travail et de capital à l’installation.


Le modèle d’entreprise agricole se banalise mais vous montrez que les institutions représentatives refusent de l’intégrer dans leurs discours. Est-il difficile pour un métier en lien avec le vivant d’intégrer les logiques entrepreneuriales ?

Le modèle à deux personnes à plein temps a été une vraie conquête pour la génération de la seconde moitié du XXe siècle : la phase de modernisation s’est appuyée sur l’exploitation familiale. Et elle a très bien réussi, il faut comprendre ça. La France était totalement déficitaire dans sa couverture alimentaire avant et après la Seconde Guerre mondiale. En l’espace de vingt ans, elle a connu la surproduction. C’est dire l’extraordinaire bond qui s’est opéré en reposant sur du travail familial. C’était voulu par la génération de la jeunesse agricole catholique des années 1950-60.
Ce modèle-là a été un modèle voulu, conquis, un modèle glorieux et productif. L’abandonner, c’est un peu le trahir et mettre fin à une épopée avec les hommes et les femmes qui ont construit cette histoire. C’est toujours plus difficile d’abandonner un modèle qui a fonctionné. Edgard Pisani, qui fut ministre de l’Agriculture de 1961 à 1966, avait l’habitude de dire qu’une politique qui a fonctionné est une politique qui a changé le monde, mais puisque le monde a changé il faut changer de politique.


L’agriculture se tourne de plus en plus vers une économie de services. Cette nouvelle donne économique est-elle viable pour une profession subventionnée et aux revenus parfois précaires ?

Il s’agit du secteur où l’on rencontre l’éventail des revenus le plus important. Le dixième des exploitations les moins rentables sont en revenu négatif. Le modèle économique classique est donc fragile. Ce qu’introduit ce modèle complexe via de nouvelles formes sociétaires, c’est beaucoup plus de souplesse. Ce ne sont plus des structures à vie, elles se pensent désormais en fonction d’un projet économique à un moment donné en fonction des opportunités conjoncturelles. Il est frappant de constater que, dans les structures qui tirent un revenu extrêmement confortable, il y a généralement plusieurs sociétés qui s’emboîtent, les unes disparaissent, les autres émergent. Ça demande beaucoup de dextérité juridique et fiscale.

Si les plus petites structures ne suivent pas ce mouvement, sont-elles condamnées à disparaître ?
Pas forcément. Ce mouvement sur lequel nous voulons attirer l’attention dans notre livre a été indicible jusqu’ici. Notre travail a consisté à le nommer. Mais ce mouvement ne dit pas tout. Nous disons que l’exploitation familiale est fragilisée et que, pour beaucoup, elle n’est plus désirable. Elle est prise en étau entre cette agriculture plus abstraite et une floraison de micro-exploitations qui empruntent les codes de la startup. On voit beaucoup de « bifurqueurs » comme on les appelle [en référence au discours des diplômés d'Agro Paris Tech en mai 2022, ndlr]. Économiquement ils ne pèsent pas très lourd, mais culturellement c’est très important. Les collectivités accordent de l’importance à ce mouvement de retour au local, contrairement aux politiques agricoles. Je trouve ça regrettable car cet élan est une source d’innovation. Il faut toujours être attentif aux marges qui sont des lieux d’invention.
« Le pessimisme dominant doit être écarté par l’attirance de nombreux jeunes pour ce métier »

Les personnes non-issues du milieu agricole représentent une force pour renouveler la profession vieillissante. Or, il est de plus en plus difficile d’accéder à la propriété foncière puisque le patrimoine se concentre dans les familles exploitantes. La figure de l’agriculture grand propriétaire terrien est donc révolue ?

Je n’ai pas la réponse mais je constate une chose. Les transmissions sont de plus en plus difficiles. Un jeune qui entre dans le métier va passer sa vie à racheter les parts de sociétés et de foncier. C’est quand même vivre pauvre pour mourir riche. Il y a une crise autour de la succession-installation. J’ai un cas précis dans les Landes, d’une ferme restée dans une famille pendant deux générations. La troisième a considéré que pour sortir des difficultés, il fallait vendre. Ils solliciteront donc des porteurs de capitaux.

Le pessimisme dominant doit être écarté par l’attirance de nombreux jeunes pour ce métier. Il y a une adéquation à construire entre ce désir de métier et des nouvelles formes de l’exercer. La nouvelle génération n’a pas envie d’être astreinte sept jours sur sept, 365 jours par an. Ces nouvelles aspirations ne constituent pas une catastrophe !

Mais l’éloignement avec le cœur de métier, avec la fierté de produire la nourriture du pays et d’assurer la souveraineté alimentaire semble pourtant très mal vécu par la profession…
Oui, ce processus que vous qualifiez d’éloignement, je le qualifierais d’abstraction, de parcellisation des fonctions. C’est une tendance lourde, visible dans notre société. L’agriculteur doit avoir une vision de synthèse sur ce qu’il fait et sur sa place dans la production alimentaire.

La transition écologique que les agricultures doivent mener est-elle à la fois une opportunité pour renouveler les générations mais aussi une impasse économique pour les plus petites ?

On peut faire l’hypothèse que ces structures tertiarisées, pointues sur le plan technologique, soient plus à même de prendre à bras le corps la transition que les petites et moyennes vieillissantes. Dans celles-ci, la moitié des chefs d’exploitation a plus de 50 ans, à cet âge vous n’avez pas tellement envie de réinvestir dans un nouveau modèle de production. Mais on peut espérer que le renouvellement des générations soit effectivement porteur de la transition.
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« Une agriculture sans agriculteurs », François Purseigle et Bertrand Hervieu, Presses de SciencesPo, octobre 2022, 222 pages, 16€.

Société-Agriculture : écroulement du nombre d’exploitations

Société-Agriculture : écroulement du nombre d’exploitations

Nombre d’exploitations agricoles : 1,5 million en 1970 et moins de 400.000 aujourd’hui. Sur plus longue période la chute est encore plus vertigineuse. Dans les années 1900, l’agriculture occupait 80 % des emplois et de l’activité économique pour aujourd’hui autour de 3 %. En 1950, la moitié des Français habitaient en zone rurale; aujourd’hui, il en reste environ que 25 %. Le nombre d’actifs agricoles a été divisé par cinq en 50 ans; la production agricole, elle ,a plus que doublé en volume. Parallèlement le nombre des cotations est passé de 2,3 millions en 1955 à 400 000 aujourd’hui.

En quelques décennies l’agriculture s’est profondément transformée. Au début du siècle l’activité agricole occupait à peu près la moitié de la population. Aujourd’hui les agriculteurs sont moins de 3% dans l’Hexagone

Moins nombreuses, les exploitations s’agrandissent. En 2020, une exploitation agricole dispose en moyenne de 65 hectares, ( un quart cultivent plus de 100 hectares) ;

En 1950 la moitié des Français habitait en zone rurale aujourd’hui il en reste environ que 25 %. Le nombre d’actifs agricoles a été divisé par cinq en 50 ans la production agricole elle a plus que doublé en volume. Parallèlement le nombre des cotations est passé de 2,3 millions en 1955 à 400 000 aujourd’hui.

Moins d’exploitations n’implique pas forcément moins de cultures ou de têtes de bétail: souvent, les terres sont reprises par les voisins en quête d’économies d’échelle. La surface moyenne par exploitation a mécaniquement augmenté de 50 hectares en cinquante ans. Elle est désormais de 69 hectares

Seulement 20% d’agriculteurs ont moins de 40 ans. L’âge moyen est de 51,4 ans.

La moitié des exploitations françaises sont dirigées par au moins un exploitant âgé de 55 ans ou plus.

Les fermes mêlant cultures et élevage – modèle considéré vertueux sur le plan environnemental, les déjections des animaux fertilisant champs et prairies – deviennent plus rares à mesure que les exploitations et les territoires se spécialisent. Seules 11% des exploitations s’inscrivent dans ce modèle, contre 19% en 1988. Les fermes ne faisant que de la production végétale sont devenues majoritaires (52% en 2020 contre 37% en 1988).

Parmi les agriculteurs récemment installés (après 2010), 74% ont suivi une formation de niveau baccalauréat et 44% une formation supérieure (contre respectivement 48% et 22% pour les chefs d’exploitation des générations précédentes). Ces agriculteurs installés depuis peu sont le plus souvent à la tête de micro ou de petites exploitations et davantage portés sur les productions végétales comme le maraîchage. Ils sont aussi plus fréquemment en bio que les générations précédentes (19% des fermes, contre 10%).
La féminisation du métier est encore faible, voire se réduit, de moins en moins de femmes d’agriculteurs travaillant sur les exploitations. Actuellement, un peu plus du quart des exploitants et coexploitants sont des femmes (26,2%), en léger repli par rapport à 2010.

Plan de 100 milliards d’euros pour le ferroviaire d’ici 2040…..sans financement

Plan de 100 milliards d’euros pour le ferroviaire d’ici 2040…..sans financement

Elisabeth Borne a officiellement annoncé près de 100 milliards d’euros d’investissements dans le transport ferroviaire d’ici 2040

cela semble répond à l’estimation des besoins réalisée par la SNCF. Jean-Pierre Farandou. Sauf que ce dernier donnait un horizon de 15 ans eque cette enveloppe n’est pas entièrement destinée à la SNCF.

Première observation on ne connaît rien du contenu de cette orientation stratégique qui évidemment ne peut se résumer à la seule question des infrastructures.

Une orientation qui s’insérerait dans la « de planification écologique et dont on dit seulement qu’il serait abondé par l’État et les collectivités territoriales. Comment, pourquoi, dans quels domaines prioritaires et à partir de quelles planifications financières ?

La Première ministre annonce 100 milliards pour le transport ferroviaire mais des milliards qui seront en priorité pour le développement de métro en province.
L’objectif est de moderniser le réseau ferré ainsi que les transports du quotidien, tout en œuvrant pour le report modal et la décarbonation. Bref l’auberge Espagnole qui reprend les objectifs très flous d’une planification écologique évasive, sans stratégie précise et sans moyens.

De toute manière l’objectif est fixé à 2040, il y a longtemps que la première ministre aura disparu du paysage politique.

À noter aussi qu’on risque de dépenser des milliards pour des métros inutiles. Les besoins pourraient être nettement mieux satisfaits et moins chers avec des Trams et-ou des bus électriques en site propre et ou protégés.

Pénélope Fillon : une « rémunération un peu excessive »: L’art de l’euphémisme

Pénélope Fillon : une « rémunération un peu excessive »: L’art de l’euphémisme !

La 20e fortune de France, Marc Ladreit de Lacharrière a considéré que la rémunération de Pénélope Fillon, qui n’a jamais mis un pied dans l’entreprise « La Revue des deux mondes », était « peut-être
Excessive ».
Pendant huit mois en 2013, « La Revue des deux mondes » a salarié Pénélope Fillon pour 3 900 euros de rémunération mensuelle. Pour un travail de « conseiller littéraire », elle a perçu au total 135 000 euros. Dans cette affaire des emplois fictifs, François Fillon a été condamné à quatre ans de prison dont un ferme, 375 000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité. Son épouse a écopé de deux ans de prison avec sursis et 375 000 euros d’amende. Le couple s’est pourvu en cassation.

Pénélope Fillon avouait avoir publié deux notes de lecture( à 67 000 euros la note ? ) mais elle ne s’était jamais rendue dans les locaux de la publication. Le milliardaire se dit désormais « beaucoup moins proche de François Fillon ». Il a été condamné, par le biais d’une procédure de plaider-coupable, à huit mois avec sursis et 375 000 euros d’amende, pour abus de biens sociaux. Mais Marc Ladreit de Lacharrière nie désormais tout emploi fictif.

Marchés financiers–après les records CAC 40 …..la chute ?

Marchés financiers–après les records CAC 40 …..la chute ?

rappel d’un article du 19 février

Un nouveau record pour le CAC 40 qui progresse ainsi de près de 14 % depuis le 1er janvier. En cause, sans doute les excellents résultats financiers de la plupart des grandes entreprises concernées. Des entreprises qui ont profité de la bonne croissance de 2022 mais aussi de la manne financière déversée sans compter par la Banque centrale européenne. Une bonne performance en attendant une grande prise de bénéfices ? Cela d’autant plus que les Banques centrales considèrent la hausse des marchés financiers comme excessive du fait en particulier de la persistance de l’inflation.

D’une certaine manière la Bourse de Paris fait un peu exception et sans doute sur une reprise alors que la plupart des experts envisage une croissance particulièrement modeste voir une récession pour certains pays. La problématique pour la Chine en particulier demeure entière car c’est elle qui pourrait éventuellement tirer vers le haut la croissance qui mollit partout dans le monde.

On peut aussi penser que certains gestionnaires avisés ne sont pas mécontents de ce nouveau pic atteint par le CAC qui pourrait être suivi d’ici quelques temps d’une forte prise de bénéfices avec une des dégringolades en dessous des 7000 points. Bref le jeu habituel des initiés contre les boursicoteurs amateurs.

En tout cas, une hausse qui veut sans doute ignorer le resserrement monétaire qui va continuer et qui veut peut-être d’ailleurs l’influencer. Pas sûr que cet optimisme des marchés financiers influence réellement les Banques centrales .

Dans un entretien accordé à La Tribune, Pierre-Olivier Gourinchas, économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) prévient que « la bataille contre l’inflation n’est pas encore gagnée. Il y a de bonnes nouvelles, mais les taux sont quand même à 5 % hors énergie et alimentation. On est très loin de la cible des 2 %. Certains pays, notamment les Etats-Unis, sont sur la voie de la désinflation, mais en Europe, ce n’est pas le cas ». Même aux Etats-Unis, quelques indicateurs ont (un peu) battu froid, comme une inflation supérieure aux prévisions en janvier et un marché de l’emploi toujours aussi solide. Bref, le message est clair : les marchés sont trop optimistes !

Social- Une loi sur le « plein emploi »!!!

Social- Une loi sur le « plein emploi »!!!


D’après sondage OpinionWay pour « Les Echos » et Radio Classique, Macron et gouvernement sont largement rendus responsables de l’échec du débat à l’Assemblée nationale et l’opposition à la réforme s’est encore renforcée. Pour tenter de remonter la pente de l’impopularité, le gouvernement envisage donc une curieuse loi intitulée pour le plein-emploi. Il s’agit en fait d’une manœuvre politique pour répandre un peu de sucré sur le côté amer et salé de la réforme des retraites.

La première observation, c’est qu’on ne peut élaborer de loi sur le plein-emploi sauf dans les régimes totalitaires. Au mieux un gouvernement peut rechercher les meilleures conditions qui favorisent le développement économique d’où découle l’emploi.

Le gouvernement ne peut donc créer directement des emplois d’autant que la France est déjà largement pourvue en fonctionnaires superflus dans de nombreux secteurs. Des problématiques assez différentes comme l’adoucissement de la réforme des retraites, le partage de la valeur ou encore les conditions de travail. Mais pas vraiment une réflexion et une orientation sur le meilleur environnement économique pour favoriser la croissance et pas davantage une réflexion sur le sens du travail

bref du travail bâclé à consonance politicienne.

« Un des principaux volets de cette loi se fera autour de la question du partage de la valeur, parce que c’est une des promesses du président pendant sa campagne », poursuit encore ce ministre.
Avec une inflation qui promet d’être encore élevée ces prochains mois, la question des salaires et des rémunérations est la première préoccupation des Français.

Conscient que l’emploi des seniors fait partie des sujets les plus irritants de la réforme des retraites pour l’opinion, le gouvernement tient absolument à ouvrir un débat sur ce sujet. Avec, là encore, des propositions dans sa loi, pour mieux encourager le cumul emploi retraite, mais aussi généraliser le compte épargne temps universel, sorte de « banque du temps », inspirée de la CFDT, qu’un salarié pourrait actionner tout au long de sa vie, et notamment en fin de carrière.
Matignon souhaiterait aussi inscrire des sanctions pour les entreprises qui licencient, probablement en augmentant les indemnités des ruptures conventionnelles pour les salariés les plus âgés quand ces dernières sont à l’initiative des employeurs.

Du côté de la carrière des femmes, aussi, le gouvernement cherche à faire quelques gestes. Au moins pour la forme, étant donné qu’il n’a pas prévu d’amender son texte de réforme des retraites, notamment sur l’effort demandé aux femmes qui ont travaillé, tout en ayant des enfants (et qui, avec le recul de l’âge, voient leurs bonifications pour trimestres amoindries).
Sous l’impulsion du Modem, il réfléchit donc à une revalorisation (financière) de la pension des mères (probablement celles qui ont eu au moins 3 enfants), et dont les pensions sont basses.
Un chantier sur la mise en place d’un meilleur service de la petite enfance, pour les aider à mieux articuler vie personnelle et vie professionnelle, sera aussi lancé.
Calendrier serré

Le risque de ce texte est toutefois d’apparaître comme une liste très opportuniste de mesures qui ne changeront pas la situation des salariés dans les entreprises avant de longues années.

Epargne-Livret A : Contradiction entre pouvoir d’achat en baisse et collecte en hausse record

Epargne-Livret A : Contradiction entre pouvoir d’achat en baisse et collecte en hausse record


Il y a évidemment une contradiction fondamentale entre la hausse de la collecte du livret A qui atteint des records et l’autre record qui affecte le pouvoir d’achat. En fait, il ne s’agit pas dans les deux cas des mêmes populations. Certes tous les Français ou presque subissent une diminution de leurs revenus du fait de l’inflation mais seulement environ la moitié peuvent épargner. La hausse de la collecte s’explique par ce climat d’incertitude tant en France qu’au plan international avec notamment la crise de l’énergie et les risques géostratégiques. L’autre contradiction, c’est que du fait de l’inflation, la rémunération du livret A est négative

La collecte nette du livret A a atteint, en janvier, 9,27 milliards d’euros. Un niveau jamais vu depuis 2009 pour un premier mois de l’année, soit près de quinze ans. À l’époque, l’ouverture de la distribution du livret A à toutes les banques avait conduit à un afflux de 18,31 milliards d’euros sur ce produit. À titre de comparaison, les collectes de 2021 et 2022, sur le même mois, atteignaient plutôt 6,3 milliards d’euros.

Même constat pour le livret de développement durable et solidaire, qui a également fait carton plein et récolté, en janvier, 1,95 milliard d’euros, toujours selon la Caisse des dépôts. Là encore, ces dépôts – du jamais vu depuis plus de dix ans – dépassent les niveaux observés ces dernières années, y compris durant l’épidémie de Covid-19, lorsque la consommation était pourtant restreinte.

Au total, l’encours de ces deux produits atteignait, fin janvier, 520,9 milliards d’euros. Un niveau, là encore, record. «Ce sont des chiffres impressionnants, commente Cyrille Chartier Kastler, fondateur du site spécialisé Good Value for Money. À titre de comparaison, les bons mois, l’assurance-vie collecte deux à trois milliards d’euros.

«Le rebond de janvier 2023 se distingue par sa force. Les ménages ont décidé, sans nul doute, de profiter à plein du relèvement de la rémunération à 3 % en réduisant leurs liquidités non rémunérées sur leurs comptes courants», analyse le directeur du Cercle de l’épargne, Philippe Crevel, dans un communiqué. Pour l’expert, «la crainte d’une détérioration à venir de la situation économique explique cette attitude» prudente, de la part de ménages qui préfèrent épargner plutôt que de consommer. Une tendance qui devrait se poursuivre en février et mars, estime-t-il.

Selon l’Insee, le taux d’épargne devrait par ailleurs rester, en 2023, supérieur à son niveau pré-Covid. Prudents, les Français semblent privilégier l’épargne, malgré son taux qui reste inférieur à l’inflation. «La protection n’est pas totale, le rendement réel du Livret A étant négatif d’au moins trois points. Il faut remonter aux années 80 pour constater un rendement réel négatif aussi important», nuance Philippe Crevel.

Finances CAC 40 : grosse prise de bénéfices

Finances CAC 40 : grosse prise de bénéfices

Comme c’était prévu après les records de début d’année, le marchés parisiens ont subi un revers cette semaine. L’indice CAC 40 a reculé de 1,78 % vendredi, sa plus forte baisse quotidienne depuis le 19 janvier.

Sur la semaine, il a cédé 2,18 %, sa pire performance hebdomadaire depuis mi-décembre, les marchés s’inquiétant de l’inflation plus élevée qu’attendu aux Etats-Unis. Le combat des banques centrales face à la hausse des prix semble loin d’être terminé.

Le CAC 40 a ainsi retrouvé son niveau du 10 février dernier. Ailleurs en Europe, le Dax allemand a perdu 1,72 % et le Footsie britannique a limité la casse, en recul de 0,37 %.

La publication de l’indicateur d’inflation aux Etats-Unis a jeté un froid sur le moral des investisseurs. Outre-Atlantique, l’inflation globale, de 5,4 %, et l’inflation sous-jacente, à 4,7 %, ont toutes les deux accéléré en janvier sur un an, alors qu’une baisse était attendue. Les chiffres de décembre ont aussi été revus à la hausse. La Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait alors opter pour une nouvelle hausse des taux pour freiner l’inflation.

Inflation Etats-Unis: à nouveau en hausse

Inflation Etats-Unis: à nouveau en hausse

L’inflation aux Etats-Unis est repartie à la hausse en janvier, à 5,4% sur un an contre 5,3% le mois précédent, et 5,5% en novembre

Sur un mois, la hausse des prix est de 0,6%, plus que les attentes des analystes qui tablaient sur une hausse de 0,4% en janvier, d’après le consensus des analystes publié par briefing.com.

L’inflation dite sous-jacente, exempté des prix de l’alimentation et de l’énergie, monte aussi à 4,7% sur un an, là aussi au-dessus des attentes.

Du côté des ménages, les revenus ont crû de 2%, soit la plus forte hausse de ces derniers mois, tout comme les dépenses de 1,8%. L’autre indice de mesure de l’inflation aux Etats-Unis, le CPI a en revanche affiché une légère diminution à +6,4% sur un an en janvier contre +6,5% en décembre.

Ce rebond de l’inflation conforte le discours de la Fed qui affirme depuis plusieurs semaines que l’inflation sera durable et ne retombera pas à 2% de si tôt et que les marchés sont trop optimistes quant à une éventuelle détente de l’inflation et de la politique monétaire de la Fed et de la BCE.

En France en 2023, les prix à la consommation augmentent de 0,4 % sur un mois et de 6,0 % sur un an Indice des prix à la consommation ( en fait 7% D’après l’indice harmonisé européen)

Quelle éthique face à l’intelligence artificielle

Quelle éthique face à l’intelligence artificielle

Intreview d’Irene Solaiman ex experte d’ OpenAI, chercheuse sur l’impact social de l’IA dans la Tribune

LA TRIBUNE – ChatGPT a-t-il révolutionné la façon dont les chercheurs voient les modèles de langage ?

IRENE SOLAIMAN – ChatGPT relève du jamais vu par sa viralité. Mais je ne dirais pas que la technologie elle-même est sans précédent. Plus généralement, même si les modèles de langage deviennent plus puissants, c’est surtout la façon dont les utilisateurs interagissent avec qui a changé. Quand j’ai commencé à travailler sur les modèles de langage il y a quelques années, il fallait avoir un certain niveau de compétence informatique pour envoyer des requêtes, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’IA s’est démocratisée, il faut donc des interfaces qui améliorent l’accessibilité. Le problème, c’est que donner plus d’accessibilité mène à plus de potentiels usages malveillants et c’est pourquoi il nous faut intégrer des protections pour garantir que l’usage de la technologie reste éthique.

Dans votre article, vous écrivez : « puisqu’un système ne peut pas être entièrement sans danger et dépourvu de biais pour tous les groupes de personnes, et qu’il n’existe aucun standard clair pour déterminer si un système est suffisamment sûr pour une diffusion publique, des discussions supplémentaires doivent être menées avec toutes les parties prenantes ». Ce constat signifie-t-il que les modèles de langages sont condamnés à être défaillants ?

Je demande toujours pour qui nous construisons ces modèles, et à qui y donne-t-on accès. Un dicton dans le milieu est « garbage in, garbage out » [si on nourrit l'IA avec du déchet, il en sortira du déchet, ndlr]. Ce principe est à l’origine de la plupart des problèmes des modèles de langage, car les données sur lesquelles ils sont entraînés ont été récupérées sur Internet, le plus souvent sur des contenus écrits en alphabet latin. Si on ajoute à cela la question de la connectivité, on réalise que les biais des nations occidentales sont surreprésentés.

Or quand on publie un modèle, encore plus sous la forme d’un produit comme ChatGPT, on veut qu’il soit sans danger pour tout le monde. Mais ce qui est considéré comme sûr pour un groupe de personnes ne l’est pas pour un autre. C’est ici qu’entrent en compte les différences culturelles sur les questions de la beauté, de la sexualité ou encore de la violence, qui rendent l’équation très compliquée pour les chercheurs.

Comment les chercheurs font-ils pour prendre en compte et diminuer ces risques ?

C’est une des questions les plus compliquées actuellement, et la solution ne viendra pas forcément d’une méthode ou d’un outil en particulier. Il faut faire attention au solutionnisme technologique. La solution relève la fois du politique, d’un travail avec la société civile, et de beaucoup de retours d’utilisateurs. Or, les organisations qui mettent en avant des systèmes fermés n’ont pas toutes les perspectives nécessaires en interne pour répondre à ces enjeux. C’est pourquoi je défends une ouverture éthique des systèmes.

Lors des sorties successives de ChatGPT et celles de BingChat, plusieurs utilisateurs se sont empressés d’en tester les limites, et de pousser les outils à la faute. Résultat : les IA finissent par mentir, et BingChat a même pris un ton agressif avec certains utilisateurs. Les concepteurs des modèles doivent-ils prendre en compte ce genre de pratiques extrêmes avant de publier leur outil ?

En fonction de ce qui est demandé, ces comportements peuvent mener à une amélioration du système, et avoir les mêmes effets bénéfiques que le passage d’une red team [une équipe chargée de trouver les failles d'un système pour mieux les réparer, ndlr]. Quand un nouveau système est publié et qu’il attire beaucoup d’attention, il va recevoir un flot permanents de tests, encore plus que ne l’aurait fait n’importe quelle organisation dont ce serait la charge. Le problème sous-jacent, c’est qu’aucun des développeurs ne peut identifier à l’avance tous les cas d’usages possibles de ces systèmes, car ils ne sont pas construits pour une application particulière.

Pour une partie des experts, ce talon d’Achille des IA génératives comme ChatGPT, Stable Diffusion ou Midjourney, justifie un accès assez rapide au modèle, afin de mettre en place le mécanisme de feedback [retour des utilisateurs, ndlr] qui va leur permettre d’améliorer le modèle. C’est aujourd’hui la norme dans la tech : on participe par exemple à ce type de mécanisme lorsque l’on utilise le moteur de recherche de Google. C’est ensuite aux décideurs politiques de trancher si ces comportement sont bons ou mauvais.

Vous vous interrogez dans votre article sur la responsabilité en cas d’erreur ou de débordement. Qui doit prendre en charge cette responsabilité ?

J’essaie de distinguer les personnes impliquées en plusieurs catégories : les développeurs, les « déployeurs » c’est-à-dire ceux qui sont chargés de mettre en place les cas d’usage du modèle, et les utilisateurs. Un des enjeux au niveau politique est de définir qui porte le fardeau et de s’assurer que le modèle est sans danger. Mais tous les acteurs impliqués partagent la responsabilité à différents niveaux. Les développeurs vont être ceux qui ont la meilleure compréhension du modèle. En revanche, ils n’ont pas toujours les compétences, notamment celles liées aux sciences sociales, pour examiner les effets du modèle sur la société.

En conséquence, pour l’instant, la majeure partie de la pression des régulateurs est portée sur les déployeurs. Ils n’ont peut-être pas autant accès au modèle que les développeurs, mais ils peuvent avoir une bien meilleure compréhension de ses implications. En bout de chaîne, il y a l’utilisateur, qui ne devrait pas avoir à porter cette responsabilité, car il est difficile d’avoir le niveau de connaissance nécessaire pour bien comprendre les limites de ces modèles.

Vous avez mené le déploiement de GPT-2, que OpenAI définissait dans un premier temps comme « trop dangereux pour être publié dans son intégralité », avant de finalement revenir sur cette précaution. Pensez-vous que cet épisode a changé la façon d’envisager le déploiement des IA au niveau de l’industrie ?

Je pense que l’approche que nous avons pris pour GPT-2 s’avère rétrospectivement être un tournant dans la façon dont nous pensons les modèles de langage et leur publication. C’était un test, dont je suis encore aujourd’hui heureuse de l’issue. J’ai travaillé avec des juristes, avec les développeurs du modèle ou encore avec des chercheurs extérieurs et tous ont été absolument essentiels pour comprendre les complexités de la publication du modèle. Nous avons fait un déploiement graduel, qui a été possible parce que nous étions extrêmement impliqués dans la recherche et que vous surveillions attentivement ce que les gens faisaient avec GPT-2. Je pense que c’était un bon exemple de publication graduelle, mais qu’encore aujourd’hui d’autres méthodes peuvent être tout aussi pertinentes.

Satya Nadella, le CEO Microsoft, a clairement évoqué le début d’une course à l’IA. Ses concurrents, à commencer par Google et Meta, ont dit qu’ils pouvaient créer des équivalents de ChatGPT mais qu’ils voulaient prendre plus de précautions. Avez-vous peur que la course économique sacrifie l’éthique ?

C’est quelque chose que nous craignons depuis des années. Nous avons toujours mis en garde contre ce genre de concurrence précipitée, et contre la possibilité qu’il fasse émerger des standards basés sur la puissance et les capacités, aux dépens de l’éthique. Car aujourd’hui, il n’y a pas d’organisme de régulation qui détermine clairement quels sont les modèles les plus puissants, encore une fois parce qu’ils ne sont pas destinés à des tâches précises.

En parallèle, nous sommes plusieurs chercheurs à travailler sur la création de standards d’évaluation qui mettraient en avant l’impact sociétal des IA, notamment sur des sujets de divergence culturelle comme la beauté, la sexualité ou la violence, en plus de critères plus classiques comme les discriminations de genre et ethnique. Après tout, si un modèle ne fonctionne pas correctement pour tout le monde, on peut considérer qu’il ne fonctionne pas du tout. Le problème, c’est qu’en se livrant une concurrence sur la performance, il est possible que les entreprises investissent moins dans les mécanismes de sûreté et d’éthique. C’est une éventualité effrayante, qu’on ne peut pas se permettre.

Le problème, c’est que même en étant attentif à la qualité de la production du modèle d’IA et en ayant bien fait attention aux éventuels débordements, il n’est jamais facile d’empêcher les mauvais usages d’un modèle. Début 2021, des internautes ont utilisé GPT-3 pour créer un jeu vidéo avec des textes pédopornographiques. Beaucoup de personnes ont oublié cet épisode car il est très dérangeant. Mais il illustre un problème : une fois le modèle publié, Internet va l’utiliser pour faire ce qu’il fait de mieux… et ce qu’il fait de pire.

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