Une baisse du chômage à relativiser

Une baisse du chômage à relativiser

Olivier Dussopt s’est trompé lorsqu’il a déclaré devant l’Assemblée nationale, mardi 14 février, que le taux de chômage était « le plus bas (…) depuis quarante ans ».

Certes le niveau du chômage s’est heureusement amélioré en France comme ailleurs . Selon Eurostat, le taux de chômage des pays de la zone euro s’élevait en moyenne à 6,6 % en décembre 2022, contre 7,2% donc en France.

« Enormément d’emplois aidés ont été également créés », estime l’économiste Bruno Coquer de l’OFCE . L’Etat a ainsi fortement encouragé le recours à l’apprentissage en versant une prime de 6 000 euros pour toute embauche d’apprenti. L’effet a été immédiat, puisque plus de 800 000 contrats d’apprentissage ont ainsi été signés en 2022. Selon l’Insee, l’ensemble de l’emploi aidé représentait près de 2,3 millions de postes fin 2021, en hausse de près de 7% sur un an.

Certains estiment que la baisse du chômage s’explique par le nombre record de radiations de chômeurs par Pôle emploi. « Le gouvernement multiplie les mensonges ! Non seulement le taux de chômage n’est pas au niveau historiquement bas qu’ils prétendent, mais en plus le taux baisse… car les radiations augmentent ! Plus de 50 000 personnes ont été radiées de Pôle emploi en 2022″, a ainsi dénoncé sur Twitter Alexandre Loubet, député de Moselle et vice-président du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale.

« La hausse des radiations, de 40 000 auparavant en moyenne à 50 000 actuellement, ne peut numériquement expliquer la baisse du chômage », tranche Eric Heyer, économiste et directeur du département analyse et prévision à l’OFCE. L’augmentation des radiations est ainsi à comparer avec les créations nettes d’emploi, qui atteignent en 2022 près de 304 900 dans l’emploi salarié privé, selon l’Insee. « Si les radiations avaient un impact plus important, on aurait vu le ‘halo autour du chômage’ exploser », ajoute l’économiste.

L’expression « halo autour du chômage » regroupe des situations diverses d’individus ne rentrant pas dans les critères classiques des demandeurs d’emploi au total, 1,9 million de personnes se trouvent dans le « halo autour du chômage », chiffre l’Insee.
En revanche, bien qu’il soit également en forte baisse, le pourcentage important de personnes ‘en situation de contraintes sur le marché du travail’, c’est-à-dire au chômage, en temps partiel subi ou dans le « halo autour du chômage », peut cependant relativiser les bons résultats de l’emploi. Selon l’Insee, près de 16,5 % des « participants au marché du travail » se trouvaient dans une telle situation de contrainte, un pourcentage plus de deux fois plus important que celui du taux de chômage au sens du BIT.
Taux de personnes au chômage, dans le halo du chômage ou en sous emploi (INSEE)
Même s’il n’est pas au plus bas depuis 40 ans, le chômage n’a donc jamais été si peu élevé depuis pratiquement une quinzaine d’années. Cela va-t-il durer ? « Un ralentissement est dans les tuyaux, la croissance économique ne devrait être que de 0,6% en 2023″, avertit Eric Heyer. « Si la productivité des entreprises – qui a baissé durant l’après Covid – repart également, ce qui réduirait la demande de travail, alors on risque d’avoir des destructions d’emplois. »
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