Les causes de l’inflation

 

Les causes de l’inflation

Il existe deux bibles traitant du miracle. La bible des chrétiens et celle de Hume. La 1re bible nous parle d’un gars qui marcha sur l’eau. La 2e bible nous dit que c’est probablement un bobard. Quant à Grigori Perelman, le serial génie russe, il expliquera que tout jeune il cherchait à calculer la vitesse à laquelle Jésus devait marcher sur l’eau pour ne pas tomber dedans. Une manière de réconcilier le mythe avec les lois de la nature. Par Karl Eychenne, stratégiste et économiste (Dans la Tribune)

 

Un article intéressant sur les facteurs explicatifs de l’inflation mais qui n’insiste pas sur l’extrême générosité des politiques accommodantes des banques centrales qui ont inondé le monde d’argent presque gratuit. Avec aujourd’hui une correction que payent  ménages et épargnantsNDLR

Et l’inflation alors ? Nous avons passé près de 40 ans d’inflation entre 1 et 2%, et soudainement nous voilà à 4%, puis 5%, et aujourd’hui 8% voire 10% pour certains. Avons-nous affaire à un miracle ? Simple hasard ou implacable nécessité ? David Hume, l’un des pères fondateurs de l’empirisme (version sceptique) adoptera une approche très minimaliste permettant de trancher entre plusieurs interprétations d’un fait clivant :

L’inflation est-elle un miracle ? Une première réponse retient le divin comme cause nécessaire et suffisante à l’inflation, puisque les lois de la nature seraient inaptes à expliquer le fait. Si l’on retient cette définition exigeante du miracle, l’inflation ne peut pas être qualifiée de miracle. En effet, l’inflation n’a pas eu recours au divin ou au surnaturel pour jaillir de nulle part. L’inflation a seulement augmenté parce qu’il s’est produit un déséquilibre abyssal entre d’un côté l’offre de biens confinée (Crise Covid) puis confisquée (conflit ukrainien) et rationnée (crise climatique), et de l’autre côté la demande maintenue à flot par les autorités (quoi qu’il en coûte).

Nul recours au divin dans cette histoire, juste de la mécanique : quand l’offre est inférieure à la demande, alors les prix montent ; quand l’offre est vraiment inférieure à la demande, alors les prix s’envolent. L’inflation n’est pas un miracle, juste un problème d’offre – demande, surtout d’offre d’ailleurs et si peu de demandes. À ce sujet, il faudrait cesser de nous bassiner avec les chèques Biden. Ils ont probablement mis un peu de beurre dans les épinards des Américains, mais pas de quoi transcender son Homme. Davantage de pouvoir d’achat, oui ; mais pas de super – pouvoir d’achat. Les chèques Biden sont un détail dans l’histoire de l’inflation américaine. D’une manière générale, les politiques de soutien des différents pays expliquent à la marge les différences d’inflation entre ces mêmes pays. Car le gros de l’accélération de l’inflation s’explique surtout et partout par la pénurie de l’offre. Là encore, le miracle n’est pas convoqué.

Peut-on dire quand même que l’inflation est une forme de miracle ? Il s’agirait d’un miracle moins clinquant, moins exigeant que celui invoquant le divin. Le miracle dont il serait question ici invoquerait seulement la plausibilité du fait, sa vraisemblance. Dans notre cas, l’inflation était improbable, mais elle s’est réalisée, donc l’inflation serait une forme de miracle. Effectivement, l’inflation était improbable, juste de la poisse en vérité, la résultante d’une mauvaise série comme on en a jamais connu. Pensez donc : quelle était la probabilité pour qu’une crise sanitaire mondiale oblige la planète à se mettre en apnée pendant près de 2 ans, et plus encore si l’on pense à la Chine et sa politique de tolérance zéro ? Quelle était la probabilité pour qu’une crise géopolitique majeure vienne de nouveau frapper aux portes de l’Occident, et plus encore si l’on pense à la Chine et ses vues sur Taïwan ? Certes, la probabilité pour qu’une crise climatique génère des catastrophes ici et là semblait déjà plus élevée.

Bref, l’inflation n’était pas impossible, mais largement improbable puisqu’elle supposait la réalisation quasi – conjointe des 3 catastrophes précitées. Rien ne prédisposait le monde à dévier de sa trajectoire pépère, touchant les dividendes de la paix et du progrès, le meilleur restait à venir. Sauf qu’il y eut déviation(s) : la déviation sanitaire, la déviation ukrainienne, et la déviation climatique. Ce type de déviation imprévisible a un autre nom popularisé par Lucrèce dans son livre sur « la nature des choses » (livre II) : le clinamen. Lucrèce explique que le clinamen décrit la manière dont les atomes chutant en ligne droite sont amenés à se cogner de manière imprévisible, et briser ainsi leur trajectoire, exerçant une forme de « liberté arrachée au destin ». Il était pourtant inconcevable que cela fut, mais cela fut. En l’absence de clinamen, le monde aurait probablement continué son long fleuve tranquille, et l’inflation aurait continué de ramper entre 1 et 2 % des années durant probablement, rappelant du même coup une autre forme de miracle : comment l’inflation a-t-elle pu rester si faible, si longtemps, malgré tout l’argent injecté par les autorités dans le système ? Un mystère au moins aussi profond que celui dont est nimbée l’inflation sauvage aujourd’hui.

En conclusion de cet article qui se veut récréatif, l’inflation serait donc un miracle. Pas un miracle du même type que la bilocation de la vierge marie, mais un miracle du même type que celui qui gagne au loto deux fois successivement. Le souci avec l’invraisemblable c’est qu’il habite au même étage que l’illusion d’optique. Cette remarque n’est pas anodine pour nos Banquiers centraux qui voient l’inflation, mais ne la croient pas, comme s’ils doutaient d’une inflation trop élevée pour être honnête. Conséquence, on peut avoir l’impression que les Banquiers centraux montrent les dents, mais ne mordent pas vraiment.

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