Télétravail et migration fiscale

Télétravail et migration fiscale

 

Un exemple aux États-Unis  du liens entre  télétravail et migration fiscale ( papier du Monde).

Notons que la France pourrait également être concerné par exemple des radiologues intervenant dans les grandes villes et résidant en province- voir à l’étranger– grâce au télétravail

 

Le télétravail et les taux d’imposition de la Floride et du Texas attirent les riches New-Yorkais et Californiens, observe Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » aux Etats-Unis, dans sa chronique.

LWall Street Journal l’a baptisée « la grande migration de la richesse ». Pendant le Covid, les riches Américains de New York et de Californie ont fui au soleil, sous des cieux fiscaux plus cléments. Explication : le Covid a permis aux Américains de travailler à distance, et beaucoup se sont demandé pourquoi ils resteraient dans des Etats comme la Californie et New York, dotés d’une fiscalité si élevée.

La rumeur veut que la fiscalité soit douce aux Etats-Unis : ce n’est pas le cas de l’impôt sur le revenu, principale source de prélèvements de la puissance publique. Le taux fédéral marginal maximal de 37 %, au-delà de 523 000 dollars (environ 501  500  eu­ros) de revenu, est trompeur : à New York, il faut y ajouter l’impôt prélevé par l’Etat – 10,9 % au maximum – et celui pris par la ville – 3,876 % de taux marginal – et la taxe pour financer la Social Security, l’organisme de retraites par répartition, à hauteur de 6,2 % (jusqu’à 147 000 dollars de revenu). Au total, le taux marginal d’imposition dépasse 53 %. Ainsi, à New York, le salarié médian du secteur de la Bourse qui gagne 440 000 dollars, selon la cour des comptes de l’Etat, paie 186 000 dollars d’impôt, soit un taux réel de 42 %, calcule le simulateur Smartasset.

S’il émigre en Floride, où il n’existe pas de taxation locale du revenu, l’addition s’allège d’environ 45 000 dollars et l’imposition globale tombe à 32 %. Les salariés new-yorkais, qui ne travaillent pas tous à Wall Street, ont un revenu médian de 92 000 dollars, selon la cour des comptes. L’impôt correspondant – 28 200 dollars – est supérieur à 30 %. Emigrer en Floride, c’est faire tomber ce taux à 22 % et réduire l’addition fiscale à 20 300 dollars. Bref, quitter New York, où le coût de la vie est exorbitant, c’est récupérer environ deux mois de salaire net.

Les calculs au cas par cas sont toujours plus compliqués, mais les chiffres globaux de l’Internal Revenue Service (le fisc américain), cités par le Wall Street Journal, sont édifiants : en 2020, dernier chiffre disponible, New York a perdu 19,5 milliards de dollars de manne imposable, la Californie 17,8 milliards et l’Illinois (Chicago), 8,5 milliards de dollars. Les grands gagnants sont la Floride (23,7 milliards de dollars) et le Texas (6,3 milliards), qui n’a pas non plus d’impôt sur le revenu local.

La différence de fiscalité étatique était moins pénalisante jusqu’à la réforme votée sous Donald Trump, en 2017. Jadis, New-Yorkais et Californiens pouvaient déduire de leur revenu fédéral imposable les impôts locaux. Cette déduction a été plafonnée à 10 000 dollars pour un célibataire, les républicains estimant que les habitants des Etats les moins socialement protecteurs n’avaient pas à financer indirectement l’Etat social et les dépenses mises en place par les démocrates dans les Etats côtiers.

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