Archive mensuelle de mars 2022

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Protection de la Santé: alimentation et sport

Protection de la Santé: alimentation et sport

 

Dans une tribune adressée au « Monde », deux chercheurs et un médecin appellent à agir immédiatement pour protéger la santé des plus jeunes, et confier à l’école l’éducation à l’alimentation et la pratique de l’activité physique.

 

Tribune.

 

La pandémie de Covid-19 a provoqué un retentissement social et économique mondial sans précédent et un nombre élevé de décès. De nombreux facteurs de risque ont été identifiés dans l’évolution de la maladie vers un stade sévère, notamment les comorbidités telles que l’hypertension, le diabète, l’obésité, les maladies cardiaques et pulmonaires.

Cette pandémie démontre, comme aucune étude d’observation médicale ne l’a fait jusqu’à présent, que les sujets en bonne capacité physique sont moins gravement malades lorsqu’ils contractent un agent pathogène. Pour ceux qui n’étaient pas convaincus, le doute n’est plus permis : la prévention est efficace.

La prévention s’impose donc à tout citoyen mais aussi à la collectivité, car cette pandémie a démontré la fragilité des systèmes de soins. En plus de la lutte contre l’alcool et le tabac, la prévention s’appuie sur une meilleure alimentation et une vie plus active et moins sédentaire. Bien que non satisfaisantes, les prévalences de l’alcoolisme et du tabagisme baissent en France, alors que l’inactivité physique et la sédentarité des Français s’installent. Près de 42 % des adultes jeunes (18-44 ans) sont sédentaires, c’est-à-dire assis plus de huit heures par jour, avec 79 % de ce temps passés devant un écran de loisir.

Rien d’étonnant car le nouvel environnement numérique progresse à une vitesse jamais vue dans l’ère de l’humanité : la télévision a mis treize ans pour pénétrer les 50 millions de foyers américains et Google, quatre-vingt-dix jours. En plus d’entraîner une réelle addiction à la chaise, les écrans influencent comme jamais nos comportements alimentaires. Les enfants sont la cible d’un marketing publicitaire agressif qui se concentre sur les aliments ultratransformés, nocifs du fait de la dégradation de leur matrice et de leur faible densité en nutriments protecteurs, mais également en raison des composés chimiques ou de synthèse qui leur sont ajoutés.

Les moins de 18 ans consomment quotidiennement en moyenne 46 % de calories issues d’aliments ultratransformés, soit 11 % de plus que les adultes. Or on sait que cette consommation excessive est associée à des comorbidités. D’ailleurs, une récente étude a montré qu’une alimentation de qualité dès le plus jeune âge permettrait un gain d’au moins dix ans d’espérance de vie.

Les habitudes et les goûts alimentaires se construisant entre 3 et 15 ans, on est donc en train de créer des générations entières d’enfants sédentaires, inactifs et biberonnés aux aliments ultratransformés. Ces jeunes auront des risques plus élevés de maladies chroniques à long terme, réduisant l’espérance de vie en bonne santé qui, rappelons-le, est inférieure à 65 ans en France. On sait que cet indicateur qualitatif dépend certes du progrès médical, mais surtout du développement des pratiques de prévention et des changements de modes de vie.

Obésité infantile: Une cause nationale

Obésité infantile: Une cause nationale

 

Face à la progression fulgurante de l’obésité chez l’enfant, le chirurgien Patrick Pessaux et la présidente du Collectif national des associations d’obèses, Anne-Sophie Joly, préconisent, dans une tribune au « Monde », d’en faire un axe stratégique de l’Union européenne.

 

Tribune.

 

 Alors que le monde entier vient de relayer la Journée mondiale contre l’obésité du 4 mars, quasi rien sur l’obésité infantile ! L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe l’obésité infantile comme l’un des défis de santé publique les plus graves du XXIe siècle et n’hésite plus à la qualifier d’« épidémie », tant sa progression à l’échelle mondiale est fulgurante.

En France, chez les enfants de 6 à 17 ans en 2015, la prévalence du surpoids est estimée à 17 % pour cette classe d’âge (« Corpulence des enfants et des adultes en France métropolitaine en 2015. Résultats de l’étude Esteban et évolution depuis 2006 », Bulletin épidémiologique hebdo, 2017, no 13, pages 234- 41, voir PDF).

L’obésité infantile est d’une injustice insupportable à bien des égards. Elle est directement corrélée aux difficultés socioéconomiques. L’obésité dans l’enfance est un déterminant à long terme de l’état de santé entraînant un risque accru d’obésité, de décès prématuré et de handicap à l’âge adulte.

L’enfant ou l’adolescent en surpoids est le plus souvent l’objet de moqueries et de harcèlement, source d’une exclusion sociale. Cela peut générer une baisse de confiance en lui, un risque élevé de troubles du comportement, d’anxiété et de dépression, de désinvestissement scolaire ou de difficultés d’apprentissage, sources d’échec scolaire.

 

Ces ressentiments sont d’autant plus marqués chez les filles. Les angoisses, le rejet et le manque d’estime de soi peuvent aussi être à l’origine de conduites addictives ou de troubles du comportement alimentaire qui participent à l’aggravation de l’obésité.

La principale cause de l’obésité de l’enfant est un déséquilibre énergétique entre les calories consommées et les calories dépensées. En clair, il faut manger mieux, bon, de qualité et bouger plus.

Le temps d’alerter sur les dangers de la malbouffe et des aliments ultra-transformés est révolu et doit laisser place à des obligations minimales à la bonne transformation des produits agroalimentaires définissant les taux de sucre, de sel, de graisse, de perturbateur endocrinien…

Pour améliorer la qualité nutritionnelle des aliments, le Nutri-score a été mis en place reposant sur le volontariat des industriels. Mais, au vu des résultats encourageants, mais insuffisants, il faut travailler désormais sur une régulation plus contraignante.

A l’instar de la loi Evin, il faut envisager de restreindre la publicité sur certains produits gras et sucrés et établir des recommandations concernant le marketing alimentaire à la télévision, audiovisuel, sur Internet et lors d’événements à leur encontre. Une réglementation européenne permettrait en outre aux Etats membres de recommander l’ensemble de ces dispositifs et d’en encadrer le déploiement.

Une nouvelle course aux armements

Une nouvelle course aux armements 

L’invasion de l’Ukraine par la Russie n’a fait que précipiter un mouvement amorcé depuis 2014 avec l’annexion de la Crimée. Une vigoureuse politique de réarmement est l’œuvre notyamment au sein de l’UE, observe dans sa chronique Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».

 

Chronique.

Les sommets de l’OTAN et de l’Union européenne (UE), organisés à Bruxelles jeudi 24 et vendredi 25 mars, ont levé les doutes sur la volonté des Occidentaux – surtout des Européens – de s’engager dans un réarmement global touchant tous les secteurs de souveraineté : l’énergie, les industries de haute technologie et la défense. L’invasion de l’Ukraine par la Russie n’a fait que précipiter un mouvement amorcé il y a quelques années après l’annexion de la Crimée en 2014, puis renforcé par les critiques acerbes de l’ex-président des Etats-Unis Donald Trump sur l’OTAN, et le coût de son financement par les Américains.

Pas à pas, l’Europe est sortie d’une politique où elle voulait toucher les « dividendes de la paix », née de la chute du mur de Berlin en 1989. La montée des menaces se traduira par une forte hausse des crédits militaires. La Suède et la Finlande pourraient rejoindre l’OTAN. L’Allemagne va porter son effort de défense de 1,3 % à 2 % de sa richesse nationale. La France suit sa loi de programmation militaire 2019-2025, qui prévoit de porter le budget des armées de 40,9 milliards d’euros en 2022 à 50 milliards en 2025 (2,5 % du PIB), Emmanuel Macron envisageant d’« amplifier » l’effort.


Le Vieux Continent est devenu un « nouveau point chaud » du réarmement, estime Siemon Wezeman, chercheur et coauteur du rapport annuel publié le 14 mars par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. C’est là que les achats d’armes ont le plus augmenté entre 2017 et 2021 (+ 19 % par rapport aux cinq années précédentes), alors qu’ils reculaient de 4,6 % dans le monde. La part de l’Europe dans le commerce des armes, passée de 10 % à 13 %, augmentera de façon « substantielle », selon le rapporteur. Au profit de qui ?

Une guerre des contrats dans la vraie guerre se prépare entre industriels européens et américains. L’UE affiche une volonté de gagner en « souveraineté », même si de nombreux pays membres entendent rester sous le parapluie de Washington et privilégient le « made in USA ». Avec Lockheed Martin, Raytheon Technologies, Boeing, Northrop Grumman et General Dynamics, les Etats-Unis alignent les cinq premières entreprises mondiales ; près de 180 milliards de dollars (164 millions d’euros) de chiffre d’affaires, 54 % des ventes d’armements et 39 % des exportations, une part qui n’a cessé de croître au cours de la précédente décennie.

 

L’effet de taille et d’entraînement joue. Si les avions de chasse F-35 se vendent si bien en Europe par rapport aux Rafale français, ils le doivent moins à leur technologie qu’à la volonté des pays de s’arrimer à l’OTAN, dont l’élargissement se fera d’abord au profit de l’industrie américaine. Au-delà de l’Alliance atlantique, les partenariats stratégiques sous-tendant toute vente de matériels lourds donnent un avantage compétitif irremplaçable aux géants américains. La France et Naval Group l’ont appris à leurs dépens : en septembre 2021, Canberra a rompu le contrat de douze sous-marins après la signature du pacte Aukus liant l’Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni pour contrer la Chine dans l’Indo-Pacifique.

Macron: Comme Mitterrand instrumentaliser l’extrême droite

Macron: Comme Mitterrand instrumentaliser l’extrême droite

« Jupitérien » par sa vision d’une présidence incarnée et verticale, Emmanuel Macron s’assume comme l’héritier de son lointain prédécesseur socialiste et de sa conception du pouvoir, analyse, dans une tribune au « Monde », l’historien de la presse Alexis Lévrier.

 

Sur son programme Macron  laisse assez indifférent une très grosse majorité de Français par contre comme Mitterrand il pourra compter sur le rejet de l’extrême droite pour assurer sa victoire. Le rejet des autres comme principal soutien ! De quoi fragiliser la légitimité. NDLR

 

Tribune.

Lancée quelques jours après l’invasion de l’Ukraine, la campagne du candidat Emmanuel Macron ne ressemble évidemment à celle d’aucun président en exercice sous la Ve République. Mais cette situation internationale inédite n’a fait que conforter le chef de l’Etat dans sa pratique du pouvoir comme dans ses choix de communication. Plus que jamais, au moment de s’élancer vers un second mandat, il apparaît ainsi comme l’héritier assumé de François Mitterrand : la référence est même théâtralisée, puisque le président a choisi d’entrer en campagne, comme son prédécesseur en 1988, en publiant une lettre aux Français dans la presse régionale. Surtout, il s’est, lui aussi, déclaré au dernier moment et a tout mis en œuvre pour enjamber l’élection, en limitant autant que possible ses apparitions.

 

De manière plus générale, cette campagne éclair, en surplomb, apparaît comme l’aboutissement d’un quinquennat durant lequel Emmanuel Macron n’a cessé de s’inspirer du premier président socialiste et de sa conception du pouvoir. La dénomination « Jupiter » elle-même, qu’il a revendiquée en 2016 pour théoriser son attachement à une présidence incarnée et verticale, est du reste un emprunt direct à François Mitterrand et à son principal conseiller en communication, Jacques Pilhan.

En toute logique, ce quinquennat « jupitérien » se termine donc comme il a commencé : par une maîtrise extrême de l’image et une raréfaction de la parole du président. Mais un autre lien, moins assumé celui-là, unit le chef de l’Etat à son lointain devancier : mitterrandien, Emmanuel Macron l’a aussi été pendant cinq ans dans sa volonté d’instrumentaliser la place de l’extrême droite dans les médias. Dès le début de son premier septennat, François Mitterrand avait en effet usé de toute son influence pour que le Front National soit davantage représenté à la radio et à la télévision. Comme en témoignent des échanges de courriers officiels en juin 1982, le président était même intervenu auprès de son ministre de la communication, au nom de « l’obligation de pluralisme », pour que Jean-Marie Le Pen soit désormais invité par les chaînes de télévision.

Avant même son élection en 2017, Emmanuel Macron a, lui aussi, noué des liens paradoxaux avec la droite radicale par médias interposés. Des passerelles avec les médias du groupe Bolloré et avec Eric Zemmour ont ainsi été construites dès le début du quinquennat. Le chef de l’Etat a également cultivé des rapports singuliers avec l’équipe de l’hebdomadaire Valeurs actuelles, dont la ligne éditoriale se situe pourtant à l’opposé de ses propres convictions : après avoir reçu à l’Elysée une partie de la rédaction en avril 2019, il a accordé, quelques mois plus tard, dans des conditions privilégiées, un entretien particulièrement complaisant à Louis de Raguenel [rédacteur en chef du journal].

Santé et dépendance : le choc des “baby-boomeurs”

Santé et dépendance :  le choc des “baby-boomeurs”

La crise sanitaire a montré que le secteur du grand âge est mal préparé pour faire face à des pics de demandes de soins alertent, dans une tribune au « Monde », les économistes de la santé Francesca Colombo et Thomas Rapp, qui expliquent que

Tribune.

 

A bien des égards, la pandémie a testé la résilience de notre système de santé, c’est-à-dire sa capacité à absorber plusieurs chocs sans compromettre durablement le bien-être des Français. Avec quels résultats ?

Les données récemment publiées par l’Organisation de coopération et de développement économiques (« The impact of Covid-19 on health and health systems » – « l’impact du Covid-19 sur les systèmes sanitaires » –, OCDE) montrent que, si la France a consacré des moyens considérables pour faire face à ces chocs, certaines déficiences ont malgré tout été aggravées.

D’un côté, trois indicateurs suggèrent que le système français a plutôt bien répondu à la pandémie.

Tout d’abord, l’écart d’espérance de vie entre les Français et les Européens, historiquement favorable à la France (+ 1,7 année), est resté stable entre 2019 et 2020.

Ensuite, entre janvier 2020 et décembre 2021, la surmortalité en France a été 10 % plus basse que celle observée dans la moyenne des pays européens de l’OCDE.

Enfin, l’accès aux soins a été maintenu grâce notamment au recours massif aux téléconsultations pendant les confinements et à l’augmentation de la capacité en lits de réanimation.

De l’autre, la crise a contribué à fortement accroître – en France comme dans d’autres pays – la prévalence des problèmes de dépression et d’anxiété, qui a notamment doublé lors du premier confinement. Et la pandémie a accru l’importance de problèmes structurels : pénurie de travailleurs, difficultés de coordination et d’intégration des soins, manque de transparence sur la qualité des soins, désinformation, problèmes de formation continue des personnels de santé, etc.

Finalement, si la France n’a pas plus mal encaissé le choc que les autres pays de l’OCDE, la crise nous a appris au moins deux leçons.

Tout d’abord, faute de ressources humaines adaptées, nous sommes mal préparés à faire face à des pics de besoins de santé.

Ensuite, nos politiques de santé sont insuffisamment centrées sur les intérêts des personnes et ne privilégient pas assez la recherche de valeur des soins.

Sous l’impulsion de l’Union européenne, le gouvernement français a répondu à ces enjeux en 2021 par un programme d’investissement massif dans le système de santé. Le plan national de relance et de résilience consacre en effet 6 milliards d’euros pour moderniser les secteurs sanitaire et médico-social, et améliorer l’offre de soins en ville et à l’hôpital.

Ce plan nous permettra-t-il de mieux nous préparer aux chocs futurs ? Cette question est centrale car notre système de santé doit anticiper un nouveau choc, celui de la transition démographique. La crise a montré que le secteur du grand âge était mal préparé pour faire face à des pics de demande de soins. Or nous entrerons dès 2030 dans une période charnière, marquée par l’entrée aux âges « critiques » (75-85 ans) des « baby-boomeurs », c’est-à-dire aux âges auxquels les risques de perte d’autonomie – et les besoins associés – augmenteront fortement.

Inégalités: dès la naissance

Inégalités: dès la naissance

Les chercheuses Lidia Panico et Anne Solaz rappellent, dans une tribune au « Monde », que, pour être efficace, la lutte contre les inégalités doit commencer bien avant l’école.

Tribune.

La petite enfance est une phase-clé pour le développement cognitif, social et émotionnel, ainsi que pour la croissance et la santé. De fortes disparités socio-économiques existent dès les premiers jours de vie dans presque tous les pays. La France n’est pas à l’abri de ces inégalités. Jusqu’à récemment, il y avait peu d’études sur le sujet, faute de grandes enquêtes représentatives au niveau national sur les jeunes enfants permettant de croiser origines sociales, santé et bien-être des enfants. L’Etude longitudinale française depuis l’enfance (Elfe), qui suit plus de 18 000 enfants nés en 2011, a permis de faire plusieurs constats.

Il en ressort que, malgré un système de protection sociale généreux envers les familles, les inégalités socioé-conomiques de santé et de développement sont très marquées en France, dès la naissance. Par exemple, on observe un plus fort risque de prématurité ou de faible poids à la naissance chez les ménages les plus défavorisés. C’est aussi visible en matière de développement du langage. Alors que, en moyenne, aux alentours de leurs 2 ans, les enfants connaissent 74 mots parmi une liste de 100 mots proposés, ceux dont la mère a un niveau de diplôme inférieur au BEPC en connaissent 4 de moins, tandis que ceux dont la mère a un diplôme bac + 2 ou plus en connaissent 6 de plus. Vers 5 ans, des inégalités en matière de santé mentale sont mesurées, avec les enfants de milieu défavorisé à plus grand risque de connaître des difficultés socio-émotionnelles.

 

Quels mécanismes produisent ces inégalités et comment y remédier ? Les politiques du quinquennat actuel ont surtout misé sur les modes d’accueil extérieurs à la famille et l’éducation précoce. Depuis 2019, l’âge de l’instruction obligatoire a été abaissé à 3 ans (au lieu de 6), avec l’objectif théorique de réduire les inégalités sociales dès le plus jeune âge. L’une de ses mesures-phares de la stratégie nationale de prévention et d’action contre la pauvreté est de favoriser l’accès en crèche aux plus fragiles, notamment à travers la création d’un bonus mixité pour encourager la diversité sociale, et d’un plan de formation des professionnels de la petite enfance.

Est-ce que ces politiques fonctionnent ? Réduisent-elles les inégalités pendant la petite enfance ? Si on manque encore, à regret, d’évaluations directes de ces mesures, nos études suggèrent que oui, mais seulement jusqu’à un certain point.

Le développement du langage, par exemple, diffère entre les enfants selon le mode d’accueil utilisé. Les enfants accueillis en crèche ont acquis un vocabulaire plus riche que ceux gardés par leurs parents ou par leurs grands-parents, et ce, surtout chez les enfants plus défavorisés. Le contact avec des professionnels de la petite enfance, proposant des activités adaptées, pourrait être source d’enrichissement du vocabulaire. Les modes d’accueil collectif pourraient donc être des outils pour atténuer les inégalités. Mais ces modes d’accueil sont encore inégalement répartis à la fois territorialement et socialement, car accessibles en priorité aux parents en activité professionnelle et pouvant en supporter le coût (même si celui-ci est souvent modulé selon les revenus).

COVID FRANCE 28 MARS 2022 : ENCORE +110.174 NOUVEAUX CAS en 24 heures

COVID FRANCE 28 MARS 2022 : ENCORE +110.174 NOUVEAUX CAS en 24 heures

Dimanche 27 mars 2022 : 2.494.602 cas confirmés soit +110.174 en 24h.

On enregistre ce dimanche 27 mars 2022 141.672 morts au total, +41 morts supplémentaires. Le nombre de décès en EHPAD et EMS fait état de 28.430 (+16) décès au total. Le nombre total de décès en milieu hospitalier est lui de 113.242 (+25 en 24h).

Le taux de reproductivité R est de 1,29 le taux d’incidence à 1.230,67 et la tension hospitalière à 29,4 %. Le taux de positivité est à 28,5 %.

La France compte actuellement 20.606 (+74) personnes hospitalisées et 1.486 (+5) malades en réanimation.

bilan des régions françaises

  • Ile-de-France : 4.158 (+22) hospitalisées, 358 (+5) en réanimation et +2 décès en 24h
  • Grand Est : 1.794 (+15) hospitalisés, 145 (+2) en réanimation et +3 décès en 24h
  • Hauts de France : 2.077 (-4) hospitalisés, 131 (0) en réanimation et +4 décès en 24h
  • Auvergne Rhône Alpes : 2.038 (-10) hospitalisés, 129 (-5) en réanimation et +3 décès en 24h
  • Provence-Alpes Côte d’Azur : 2.082 (+1) hospitalisé, 157 (0) en réanimation et +1 décès en 24h
  • Bretagne: 980 (+19) hospitalisés, 46 (-2) en réanimation et +2 décès en 24h
  • Normandie : 1.329 (-3) hospitalisés, 83 (-1) en réanimation et +1 décès en 24h
  • Nouvelle-Aquitaine : 1.460 (+10) hospitalisés, 97 (0) en réanimation et +2 décès en 24h
  • Pays de la Loire : 647 (+8) hospitalisés, 47 (+2) en réanimation et 0 décès en 24h
  • Occitanie: 1.742 (+9) hospitalisés, , 126 (+4) en réanimation et 0 décès en 24h
  • Centre-Val de Loire : 824 (+12) hospitalisés, 57 (+2) en réanimation et +1 décès en 24h
  • Bourgogne-Franche-Comté : 817 (-7) hospitalisés, 58 (-1) en réanimation et +3 décès en 24h

Economie, politique, société: les plus lus (27 mars 2022- 8h00)

Economie, politique, société: les plus lus   (27 mars  2022-  8h00)

Poutine un jour devant la justice internationale ?

Présidentielle 2022 : Macron sur les sites de rencontre !

Société: L’impossible simplification administrative

 

Élection présidentielle : des programmes déjà largement obsolètes

Élection présidentielle : des programmes déjà largement obsolètes

 

Il n’est guère étonnant que les Français ne se passionnent pas pour les élections présidentielles. La plupart estiment  d’ailleurs que cette échéance ne changera pas grand-chose. Cela sans doute en référence à des programmes qui sont largement obsolètes.

D’abord personne n’avait prévu la situation de guerre en Ukraine et ses conséquences. Il y aura nécessairement une très grosse remise en cause de la politique énergétique de sa nature, de son utilisation et de ses origines. Du coup,  les utopies des énergies alternatives se trouvent renvoyés au calendes grecques En tout cas à leur utilisation pertinente. L’Europe longtemps soumise aux contraintes des écolos allemands et autres pays du nord s’est laissée complètement embourbée dans une politique énergétique hypothéquant largement l’indépendance économique européenne.

La seconde raison du caractère obsolète des programmes est la résurgence de l’inflation. Une inflation générée par la reprise économique mais aussi par des facteurs plus structurels comme la recomposition progressive des processus de production et de répulsion. L’indépendance économique aura un coût et la relocalisation ne sera pas gratuite. La dérive de l’inflation va remettre en cause tous les scénarios économiques. Bien sûr on pourra toujours imputer la responsabilité à la guerre en Ukraine. La vérité c’est que cette inflation va largement amputer le pouvoir d’achat des consommateurs et en même temps la consommation et la croissance.

De fait, il y  ira moins de fruits de croissance à distribuer et il faudra en outre commencer à amortir les dettes accumulées pendant la crise[. Le contraire de ce que propose la plupart des programmes qui arrosent en promesses financières les différents catégories socio professionnelles.

Tous les programmes ont à peu près en commun y compris le programme de Macron de ne pas proposer de bouclage financier sauf d’hypothétiques économies dans l’appareil d’État toujours promises mais jamais réalisées depuis des dizaines et des dizaines d’années.

À cela va s’ajouter également la contrainte supplémentaire des règles environnementales qui vont également modifier le coup d’accès aux produits et aux prestations ne serait-ce qu’à partir de la fameuse taxe carbone qui risque en outre d’impacter la compétitivité européenne.

La non pris en compte de ces différents enjeux pourrait bien se traduire par une crise sociale tellement est important le fossé entre les promesses électorales et les réalités sociaux économiques.

Sondage Programme Macron: Ça ne change rien pour 66 %

Sondage Programme  Macron: Ça ne change rien pour 66 %

 

D’après un nouveau sondage Opinion 2022 réalisé par l’institut Elabe, une majorité de Français jugent négativement le programme de Macron.

 

66% des personnes interrogées jugent ainsi que le programme du président-candidat, présenté jeudi lors d’une longue conférence de presse, n’est ni novateur, ni innovant. 61% d’entre eux – dont 92% d’électeurs d’Eric Zemmour, 78% de Marine Le Pen, 76% de Jean-Luc Mélenchon et 72% de Valérie Pécresse au premier tour – considèrent par ailleurs que les propositions d’Emmanuel Macron ne correspondent pas aux attentes des Français et ne permettront pas d’améliorer leur quotidien. Du côté économique, 56% d’entre eux estiment que son programme n’améliorera pas la situation de la France, et 52% estiment qu’il ne permettra pas de renforcer le pays face à des crises mondiales majeures comme le Covid-19 ou la guerre en Ukraine. 51% des personnes interrogées pensent enfin que son programme n’est pas réaliste.

Quant à l’orientation politique de ses propositions, 50% des Français considèrent que le programme d’Emmanuel Macron n’est « ni de gauche ni de droite ». 43% estiment qu’il est « plus proche des idées de droite ». Seulement 7% des Français estiment qu’Emmanuel Macron est « plus proche des idées de gauche ».

Élection présidentielle : le risque d’une crise démocratique

Élection présidentielle : le risque d’une crise démocratique

Un papier de » l’Opinion » qui attire l’attention sur les risques d’une abstention record combiné à un vote anti système.

 

 

Et si le choc démocratique tant redouté était programmé ? Pas une « surprise » à la manière du 21 avril 2002 mais plutôt la perspective d’une combinaison empoisonnée entre une abstention record et un vote anti-système à un niveau sans précédent. A 21 jours du premier tour de l’élection présidentielle, jamais autant d’électeurs n’avaient envisagé la grève civique, au point d’enfoncer le désintérêt historique de 2002 (28 %). Et jamais les candidats « protestataires » n’avaient franchi aussi largement, tous ensemble, le seuil des 50 %.

S’enracinent ainsi en France deux sentiments, fruits d’une même défiance: l’élection suprême est devenue inutile ou, selon, propice à une déconstruction de la démocratie représentative. Cette vérité est douloureuse, pour les élites et pour les partis de gouvernement traditionnels, disqualifiés : les Français restent un peuple politique, mais désormais majoritaire à considérer que le système politique et les institutions républicaines ne sont plus le lieu des solutions. Entre abstention et révolution, point de salut !Après tout, notre pays pâtit d’une fatigue démocratique commune à tout l’Occident, partout carburant des populismes (langueur que la crise ukrainienne pourrait, qui sait, soigner). Sauf que le débat surréaliste – et unique en Europe – sur l’illégitimité supposée d’un Président mal élu laisse supposer qu’au fond, pour se faire entendre, mieux vaut casser que voter. Sauf que l’absolutisme de notre régime présidentiel empêche de purger cette colère populaire qui finit par paralyser le pouvoir. Avec plus d’adresse qu’un Gérard Larcher, Jean-Luc Mélenchon affirme que « si on ne tranche pas cette fois-ci encore, ce ne sera pas bon pour la stabilité de la France. » Contre la poussée des démagogies, la réforme institutionnelle devient la mère des réformes.

Ukraine : Concentration de la guerre au Donbass ?

 

Ukraine : Concentration de la guerre au Donbass ?

Vendredi 25 mars, l’armée russe a assuré vouloir désormais concentrer son offensive sur l’est de l’Ukraine. Le commandement russe, par la voix de l’adjoint au chef de l’état-major Sergueï Roudskoï, a déclaré que « l’objectif principal » était la « libération du Donbass ». Des propos qui détonnent, alors que jusqu’ici, la Russie assurait vouloir  »démilitariser et dénazifier l’Ukraine » dans son ensemble. Le lendemain, le président américain Joe Biden a déclaré à Varsovie qu’il « n’était pas sûr » que cette annonce signifiait un changement de la stratégie russe en Ukraine.

Julien Théron, chercheur à Sciences Po Paris, spécialiste en conflits et sécurité internationale et coauteur avec Isabelle Mandraud du livre Poutine, la stratégie du désordre (Ed. Tallandier, 2021) revient pour franceinfo sur les enjeux derrière cette déclaration.( Franceinfo)

Franceinfo : Le commandement russe a annoncé que l’objectif principal était à présent « la libération du Donbass ». S’agit-il d’une affirmation fiable ? 

Julien Théron : Il est important de rappeler que les arguments mis en avant par la Russie pour justifier l’offensive en Ukraine s’inscrivent dans un système de propagande auprès de la population russe. Depuis le début du conflit, les objectifs du Kremlin, censés être remplis, ne sont pas connus, on ne sait pas de quoi il est question. Le Premier ministre russe [Mikhaïl Michoustine] avait d’abord annoncé une extension des combats mais, même si la Russie a frappé dans l’ouest de l’Ukraine, cet objectif a échoué. La Russie avait ensuite annoncé vouloir prendre les villes les plus importantes. Ce plan a aussi échoué car les villes principales n’ont pas été prises. Même la ville de Marioupol, attaquée, n’est pas remportée par la Russie. Moscou avait ensuite dessiné une poussée de ses troupes du sud vers le nord de l’Ukraine, afin de couper le pays en deux, le long du fleuve Dniepr. En réalité, s’il y a des changements d’objectifs dans la stratégie donnée à l’armée, cela révèle de décisions politiques. C’est ce qu’il faut voir : il y a un lien entre une certaine incapacité militaire à pénétrer plus en profondeur dans les territoires ukrainiens et la redéfinition militaire de Moscou.

On a donc maintenant l’objectif de la prise du Donbass en entier. Mais lorsque Poutine a reconnu l’indépendance des deux entités séparatistes de l’est de l’Ukraine [les "Républiques populaires" autoproclamées de Donetsk et Louhansk], il ne reconnaissait pas l’ensemble du territoire administratif. En fait, Poutine est en train d’expliquer que ce qu’il veut, c’est prendre l’ensemble de ces deux territoires. Ce qui n’est pas encore fait. Le territoire de Louhansk est presque totalement contrôlé par la Russie, mais ce n’est pas le cas pour celui de Donetsk.

Quelles seront les répercussions de cette annonce pour le Donbass ?

On pourrait bien voir un renfort sur le front Est, mais il faudrait pour cela de nouvelles troupes. Or il est compliqué de mettre en place un tel renforcement. Un redéploiement des forces disposées ailleurs prendrait du temps. Il est compliqué, dans un territoire en conflit, de bouger des armées sur des centaines de kilomètres. Il est difficile de savoir comment la Russie pourrait vraiment renforcer ce front par rapport à ce qu’elle fait déjà depuis un mois. Sans oublier que les autorités russes maintiennent toujours leur objectif « de dénazifier«  l’ensemble de l’Ukraine.

Cette déclaration pourrait-elle jouer sur les négociations entre Kiev et Moscou, actuellement au point mort ?

L’annonce, en elle-même, n’aura pas d’effets directs sur les négociations. La Russie n’a cessé de multiplier les effets d’annonce depuis le début de l’offensive. C’est le rapport de force militaire sur le terrain qui définit les objectifs politiques et donc les négociations diplomatiques. Plus la situation devient difficile pour la Russie, plus cela poussera Moscou à la négociation. Pour ce qui est des territoires de l’Est, l’idée pour l’Ukraine n’est pas de céder ces territoires à la Russie. L’idée, c’est que l’Ukraine gagne la guerre, ça a été très clair. Le président Volodymyr Zelensky a déclaré qu’il y avait des discussions, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il est prêt à accorder l’indépendance à ces territoires.

Prague :Grosse manif de Russes contre Poutine

Prague :Grosse manif de Russes contre Poutine

« Nous sommes contre Poutine », a déclaré Alexander Sibrimov, un étudiant de 19 ans venu manifester à Prague avec son père. « Nous ne sommes pas d’accord avec sa politique. C’est une façon de montrer au monde que les choses qui se passent en Ukraine ne sont pas bonnes. »

Moscou dit avoir déclenché une « opération militaire spéciale » visant à démilitariser et « dénazifier » son voisin et nie avoir pris pour cible des civils. L’Ukraine et ses alliés occidentaux dénoncent une invasion non provoquée.

La République tchèque abrite 45.000 Russes, ce qui représente la quatrième communauté étrangère de l’ancien pays communiste.

Près de 200.000 Ukrainiens vivaient en République tchèque – ce qui en fait la plus grande communauté étrangère – avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février.

Le gouvernement tchèque estime que 300.000 Ukrainiens se sont réfugiés sur son sol.

 »

Ménager la susceptibilité de Poutine ? POURQUOI ?

Ménager la susceptibilité de Poutine ? POURQUOI ?

 

Dans les salons parisiens et sur les plateaux de télé, les experts autoproclamés ( souvent des retraités en mal existentiel ou des lobbyistes) militent  en faveur d’une certaine bienveillance vis-à-vis de Poutine. Pour eux, il est inutile de se montrer trop dur à l’égard du dictateur russe qui pourrait prendre ombrage de l’attitude trop radicale des occidentaux.

 

Le problème,  c’est qu’il y a déjà une vingtaine d’années que les occidentaux se montrent particulièrement bienveillants vis-à-vis de Poutine qui profite de chaque conflit mondial pour déstabiliser un peu plus la paix. Or Poutine est un terroriste, criminel au surplus qui a déjà effacé de la carte plusieurs territoires et plusieurs populations, qui en a envahi d’autres.

Jusque-là les occidentaux ont toujours trouvé des circonstances atténuantes à Poutine considérant que l’objectif était surtout de ne pas contrarier celui qui pouvait répandre la terreur.

En fait il y a beaucoup de cynisme dans cette attitude car les occidentaux ont aussi voulu ménager leur intérêt économique, l’Allemagne en particulier mais la France aussi. Pourquoi en effet autant de déférence vis-à-vis d’un boucher qui ne connaît que la force face à la raison.

Certes la stratégie ne pourra pas être modifiée en quelques jours mais l’objectif est bien d’abattre ce dictateur qui pille et appauvrit son peuple et de déstabilise les autres partout où il le peut.

L’objectif doit être de rompre avec la Russie toute échange commercial à terme tant que la dictature fera office de démocratie.

 

À terme,  la même stratégie diplomatique devrait être employée vis-à-vis de la Chine. L’Occident n’a rien à gagner à se montrer aussi bienveillant et même complice  vis-à-vis de ces dictatures qui tuent la liberté et grignotent petit à petit celle des pays occidentaux . La bataille des valeurs doit prendre le pas sur l’intérêt du business des grandes sociétés qui comme en d’autres temps ont privilégié leurs profits par rapport aux valeurs démocratiques.

Poutine, « le boucher » (Biden)

Poutine, « le boucher » (Biden)

Biden semble moins disposé que certains Européens à se montrer bienveillant vis-à-vis de Poutine. Ainsi lors de sa visite en Pologne, le président américain a tenu à rappeler leurs devoirs aux membres de l’OTAN qui doivent  se montrer solidaires en cas d’attaque d’un de ses membres. Un rappel à tous compris par exemple à la Hongrie. Biden le président américain a traité Poutine de  » boucher ».

 

Biden emploie la même stratégie de communication que Poutine et emploie la terreur sémantique en traitant le dictateur de « boucher ». La simplification et le rapport de force utilisés  en permanence par Poutine, lui-même.

 

« Ne pensez même pas à avancer d’un centimètre en territoire de l’Otan. » La menace de Joe Biden a été très claire. Samedi, lors d’un discours à Varsovie, avant son retour aux États-Unis, le président américain a eu des mots très durs vis-à-vis de Vladimir Poutine , qualifié de « boucher » ou de « dictateur » plus tôt dans la journée : « Cet homme ne peut pas rester au pouvoir. »

Vendredi, pourtant, avançant que « les premiers objectifs [étaient] remplis », Moscou a affirmé que les troupes russes allaient se concentrer sur l’est de l’Ukraine, fief des séparatistes prorusses, et « la libération du Donbass ». Un changement de stratégie ? Ou un message surtout destiné à l’opinion publique russe pour cacher les ratés de l’entrée en guerre de son armée  ? En fait, « l’offensive éclair des Russes pour prendre très rapidement le contrôle du gouvernement ukrainien n’a pas marché », rappelle Marie Dumoulin, directrice du programme Europe élargie au centre de réflexion European Council on Foreign Relations. Même si les Russes semblent revoir leur stratégie à la baisse, cela ne veut pas dire que le conflit va baisser en intensité. « Le conflit va s’inscrire dans la durée, prévoit Marie Dumoulin, et il va être particulièrement brutal. »« Nous devons être lucides, a d’ailleurs affirmé le président américain à Varsovie, cette bataille ne sera pas gagnée en quelques jours ni en quelques mois. Nous devons nous armer pour le long combat à venir. »

Sans doute les deux afin de transformer une défaite en pseudo victoire. Le problème c’est que cette guerre risque de se prolonger dans le temps car les ukrainiens ne sont pas prêts d’abandonner une partie de leur territoire. Poutine de son côté pourrait employer tous les moyens nécessaires à son maintien au pouvoir en Russie.

Samedi, trois missiles ont d’ailleurs frappé un dépôt de carburant et une installation de défense à Lviv, la grande ville de l’Ouest, relativement épargnée depuis le début du conflit. Cinq personnes ont été blessées.​

« La Russie procède toujours par escalade », prévient Tetyana Ogarkova. Pour la responsable du département international à l’Ukraine Crisis Media Center, ses soldats « s’essoufflent sur le terrain ; ils subissent des contre-offensives, alors ils peuvent être tentés d’utiliser des armes chimiques »« Préoccupée », l’Otan a promis jeudi de fournir à l’Ukraine des équipements de détection et de protection contre les armes chimiques, biologiques et nucléaires. « Entendre que l’Otan va nous livrer ces équipements, réagit amèrement Tetyana Ogarkova, c’est comme si, au lieu d’arrêter un agresseur, vous dites à la victime ; “Tiens, je vais te faire un pansement.”»

Ukraine : l’Europe et Poutine englués ?

Ukraine : l’Europe et Poutine englués ?

L’Europe s’est mise elle-même en danger en ne diversifiant pas assez ses importations. Il lui faudra au moins trois ans et un recours massif à des solutions d’énergies propres pour parvenir à se libérer de la Russie en 2025, évoque un papier de la « Tribune « .(extrait)

De son côté, Vladimir Poutine a riposté aux sanctions par une mesure inattendue, en exigeant de l’Union européenne de régler ses achats de pétrole et de gaz en roubles..

Accusé de financer la guerre, l’Occident pèse le pour (faire pression sur Poutine et les oligarques) et le contre (plonger l’économie mondiale en récession avec un baril à plus de 200 dollars) d’un durcissement des embargos. Le fragile consensus de Bruxelles apparu lors de la journée des trois sommets -OTAN avec Biden, UE et G7 – montre que l’Occident n’est pas prêt non plus pour une troisième guerre mondiale. Bien sûr, des « lignes rouges » ont été brandies, comme celle de l’utilisation éventuelle d’armes chimiques ou biologiques ou a fortiori nucléaire tactique. Mais, au-delà de la communication, la guerre est évidemment impensable entre puissances nucléaires. en tout cas improbable…

« Paix impossible guerre improbable », c’était le titre du premier chapitre du célèbre livre de Raymond Aron « Le grand Schisme » dans lequel l’éternel opposant de Sartre a popularisé en France la naissance de la guerre froide en 1947, un équilibre de la terreur précaire mais durable. En 2022, la nouvelle guerre froide est bien pire puisque le nombre de puissances nucléaires s’est élargi et Kim Jung-Un joue avec nos nerfs à la roulette nord-coréenne

La venue du président américain Joe Biden en Europe et son passage par la Pologne à 100 km de la frontière polonaise a certes permis à l’Occident de resserrer les rangs, mais malgré le déploiement de troupes supplémentaires qui portera à plus de 100.000 hommes le nombre des soldats US pour défendre l’OTAN, c’est, une fois de plus, le parapluie nucléaire américain qui nous protège. 

.En réalité, le cynisme l’emporte dans cette morbide diplomatie de l’énergie, car les Etats-Unis espèrent bien que le gaz naturel liquéfié américain remplacera dans les ports européens le gaz russe. Le « Freedom Gas » succède au soldat Ryan…

Signe que le jeu d’échec sanglant qu’il a ouvert le 24 février est dans l’impasse, Poutine recule. Ce n’est pas encore la retraite de Russie, dans l’autre sens, mais un premier pas que fait le ministère russe de la Défense en annonçant vendredi que l’armée va désormais se concentrer sur la « libération complète » de la région du Donbass, russophone, à l’est de l’Ukraine. Cela signifie-t-il que la Russie admet un mois après le déclenchement de la guerre que la conquête de toute l’Ukraine sera impossible.

Il est encore trop tôt pour espérer le retour de la diplomatie. L’autre retraite de Russie concerne les entreprises occidentales inquiètes pour leur réputation alors que les opinions occidentales dénoncent les violences contre les populations civiles. Côté français, le groupe Mulliez et ses enseignes Auchan, Décathlon et Leroy Merlin, mais aussi Renault et Total ont été au cœur de la tempête.

Patrick Pouyanné a été pris pour cible par le candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot qui n’a pas hésité à accuser TotalEnergies de « complicité de crimes de guerre »… et lui a répondu sur le même ton en moquant sa place dans les sondages et en assurant que l’exposition du groupe en Russie est « très gérable ».

 

Seul Poutine peut arrêter cette Raspoutitsa, cette boue ukrainienne qui peut atteindre plus d’un mètre de profondeur lors de la fonte des neiges et lors de pluies de l’automne et dans laquelle s’embourbe et son armée et l’économie mondiale.

 

A moins de 20 jours du premier tour et un mois avant le tour décisif de la présidentielle, La Tribune a sondé avec l’IFOP le regard des Français sur la place de leur pays sur la scène internationale. Inquiets de la guerre en Ukraine, ils sont en train de tirer les leçons de la crise sanitaire et se préparent pour le choc économique de la crise énergétique qui vient. Les Français voient leur avenir dans une Europe indépendante des énergies carbonées, si besoin par un mode de vie plus sobre avec un recours accru au nucléaire. L’Europe et la proximité sont plébiscitées comme la réponse la plus appropriée pour affronter un avenir incertain.

Quel prix sommes-nous prêt à payer et pour combien de temps pour maintenir la pression sur la Russie. Voilà ce qui se joue en Occident et cette arme agitée par Poutine a un visage, l’inflation, cet impôt que ne dit pas son nom.

Les Français commencent à le ressentir. Cette semaine, le taux des emprunts d’Etat a franchi la barre des 1% et cela se répercute déjà sur celui des crédits pas encore des prix immobiliers. Pour limiter la casse, et face au risque de tensions sociales et du retour des « gilets jaunes » au carré, le gouvernement multiplie les chèques pour freiner la hausse des prix mais ces mesures qui dépassent les 22 milliards d’euros à date sont jugées coûteuses et trop peu ciblées par de nombreux économistes.

Tout va augmenter, donc, y compris les salaires. La métallurgie vient de décider de relever de 3,1% les minimas dans le secteur, soit en deçà des 5% demandés par les syndicats pour compenser la hausse des prix. La question va monter pendant ce qui reste de la campagne électorale. Pour ou contre un Smic à 1400 euros, la guerre en Ukraine et ses répercussions est en train d’y apporter la réponse.

Parmi les principaux effets collatéraux de la crise ukrainienne, Bruxelles est obligé de revoir de fonds en comble sa stratégie agricole. Pour sécuriser sa production et compenser la perte du blé d’Europe de l’Est dont vont souffrir les pays méditerranéens, la stratégie Farm to fork, de la ferme à la fourchette, de montée en gamme vers le bio est à terre.

Changement d’heure d’été : toujours le même rituel ridicule

Changement d’heure d’été : toujours le même rituel ridicule

 

 

 

Ce week-end, il  va falloir se soumettre à nouveau au rituel ridicule de changement d’heure ; Non seulement le changement d’heure ne permet pratiquement aucune économie d’énergie mais il est néfaste pour la santé. Il faut être un technocrate pour penser le contraire. En matière d’énergie, ce qui est économisé  le matin est dépensé le soir et inversement. C’est un peu comme si on décidait de raccourcir les mois d’une journée pour réduire la consommation mensuelle ! Des études récentes montrent que l’avancement de l’heure au printemps (qui retarde la sécrétion de la mélatonine – l’hormone du sommeil) peut réduire le temps de sommeil de façon transitoire, et ainsi augmenter le nombre et la gravité des accidents cardiaques pendant au moins 7 jours après le changement d’heure  et augmenter la fréquence des accidents du travail et de la circulation. Selon le Dr Marc Schwob: « Changer d’heure provoque entre autres des troubles du sommeil et de l’attention. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement touchés et mettent environ une semaine pour s’adapter aux nouveaux horaires ».

Au-delà de la phase transitoire d’adaptation au nouvel horaire, le coucher du soleil tardif en été peut rendre l’endormissement plus difficile.  54 % Selon un sondage Opinion Way pour Comprendre Choisir, les Français seraient majoritairement contre cette pratique du changement d’heure (54 %), contre un peu moins d’un sur cinq favorables (19 %) et un peu plus d’un sur quatre indifférents (27 %). (59 %) mettent en avant un impact négatif sur « le sommeil, l’alimentation ou l’humeur » (75 %). Ce dernier constat est régulièrement appuyé par des études sur l’impact du changement d’heure dont une  réalisée par la Commission européenne, qui écrit que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur ». En 2008, une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine, s’appuyant sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait elle « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment celui d’été. La baisse de consommation d’éclairage pourrait être compensée par l’augmentation des besoins de chauffage le matin au début du printemps. Un rapport de l’École des Mines de 1992 concluait cependant à un effet minime (< 0,1 TWh pour la France). La généralisation des lampes plus économes en énergie (les lampes fluocompactes et plus récemment les lampes à LED) réduit l’économie d’énergie permise par le passage à l’heure d’été.

Une étude portant sur l’État de l’Indiana conclut que la faible économie d’énergie réalisée sur l’éclairage est très largement compensée par une utilisation accrue de la climatisation. Le supplément d’énergie consommée est estimé dans ce rapport d’environ 2 à 4 %.  Un rapport remis au Sénat français en 1997

concluait : « Il ressort de l’ensemble de cette étude que les avantages annoncés ou attendus du changement semestriel de l’heure ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par les populations », en particulier en ce qui concerne la santé publique, les conditions de travail et les modes de vie, l’agriculture, la protection de l’environnement et la sécurité routière.

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Afrique : réhabiliter les farines locales

Afrique : réhabiliter les farines locales 

Le Camerounais Téguia Bogni, auteur et spécialiste culinaire, rappelle  dans le Monde l’importance du pain sur le continent, alors que le prix du blé atteint des sommets.Le blé tendre en particulier est passé d’environ 200 € à 400 € la tonne. Une évolution facteur de crise alimentaire et sociale dans les pays pauvres

Tribune. 

L’augmentation du prix du pain peut conduire à la déstabilisation d’un pays. Il n’existe, a priori, aucun lien direct mais il faut reconnaître que la hausse du prix des denrées dites de première nécessité fait courir le risque d’un choc social chez les couches les plus défavorisées, notamment dans les pays pauvres du monde.

En Afrique, par exemple, de nouvelles « émeutes de la faim », après celles de 2008, pourraient menacer les pouvoirs en place, voire les renverser. A l’inverse, la bouche qui mange ne parle pas. Aussi, les Etats intègrent-ils des outils pour maîtriser les prix de vente de certains produits alimentaires de base tels que le riz, la farine, le lait, le sucre ou l’huile.

On consacre une attention particulière au pain fait à base de farine (de blé), qui constitue, depuis plusieurs décennies, l’une des principales composantes des rations alimentaires de nombreuses populations. Dans la rue et sous les chaumières, le pain se décline sous toutes les formes : associé à la viande, au poisson, aux œufs durs ou frits, à l’avocat, au miel, aux tartines, aux sauces ou encore aux salades. Le pain est omniprésent et le « pain chargé » est devenu une institution telle, au Cameroun par exemple, qu’on oublierait presque que la culture du blé est peu répandue en Afrique.

Le Cameroun est justement de ces pays qui ne lésinent pas sur les moyens pour désamorcer toute contestation d’humeur en rapport avec le pain. En avril 2021, le ministère du commerce signait un énième accord avec le Syndicat patronal des boulangers pour le maintien du pain de 200 g au prix de 125 francs CFA (0,19 euro). A la faveur de la crise sanitaire mondiale, le prix de la farine avait en effet connu une hausse importante.

En Côte d’Ivoire aussi, en décembre 2020, une rumeur persistante annonçait plus du doublement du prix du pain. Il se disait alors qu’il passerait de 150 à 350 francs CFA (0,23 à 0,53 euro). Le ministère du commerce et de l’industrie avait vite fait de trouver des solutions pour éviter le soulèvement social annoncé. Tout s’était joué, là aussi, sur la réduction des marges bénéficiaires des boulangers, distributeurs et commerçants. Avec ces rapports de force, le pain figure au palmarès des aliments de grande consommation dont les prix ont le moins augmenté ces dix dernières années.

 

Russie le dilemme : Le business ou l’honneur

Russie  le dilemme : Le business ou l’honneur

 

Il est difficile d’être convaincu par les circonvolutions des grands multinationales qui justifient le maintien de leurs activités en Russie au motif soit qu’elles perdraient des parts de marché soit que cela affecterait la situation sociale de leurs salariés russes. Dans tout conflit il y a forcément des victimes et en particulier avec Poutine on ne fait pas la guerre en dentelle. La vérité sans doute, c’est que des grandes multinationales évoluent entre cynisme et opportunisme. Une attitude déjà connue dans le passé guerrier de la France.

Editorial du « Monde ».
 La frontière entre pragmatisme, réalisme et cynisme est souvent ténue dans le milieu des affaires. Elle est aujourd’hui difficile à tenir pour les entreprises étrangères encore présentes en Russie, malgré les sanctions internationales décidées en rétorsion à l’invasion de l’Ukraine. Un mois après l’agression perpétrée par le régime de Vladimir Poutine, une pression grandissante s’exerce sur celles qui ont choisi de rester. La France, deuxième investisseur étranger dans le pays, se retrouve confrontée de façon aiguë à ce dilemme consistant à trancher entre éthique et business.La réactivité des entreprises et leur capacité à prendre des décisions radicales sont souvent fonction du poids de leurs activités en Russie dans leur chiffre d’affaires. Fermer quelques magasins comme les groupes de luxe s’y sont résolus et accepter de perdre quelques millions d’euros de profits n’a évidemment pas le même impact que de renoncer à des milliards d’investissements dans des installations industrielles (Renault ou TotalEnergies), tout comme se séparer d’une banque locale qui compte 2 millions de clients (Société générale).

Partir dans la précipitation sans en avoir pesé les conséquences pour les salariés, la population russe et l’équilibre financier de l’entreprise n’est pas forcément la garantie que les sanctions contre le système poutinien seront efficaces. Abandonner des actifs du jour au lendemain peut même faire les affaires des oligarques, qui se feront un plaisir de les reprendre à prix bradé, tout en continuant à faire tourner l’activité. Dans ce domaine comme dans celui de l’approvisionnement énergétique, il faut se méfier des solutions simples à des problèmes éminemment complexes.

Reste que certaines entreprises jouent la montre en tablant sur un retour rapide à la normale. Cette stratégie est risquée, car rien ne garantit une issue du conflit à court terme. Surtout, il se passera sans doute du temps, même après l’arrêt des combats, avant que la Russie ne revienne dans le concert des nations.

Dans le même temps, ces groupes doivent surmonter des enjeux de réputation compliqués. En dénonçant l’attitude de trois de nos fleurons devant les parlementaires français, Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, a enclenché un mécanisme efficace auprès de l’opinion publique. « Renault, Auchan, Leroy-Merlin et autres doivent cesser d’être des sponsors de la machine de guerre », a accusé le président ukrainien. Face à cette charge, le discours des entreprises, qui se piquent d’être « socialement responsables », risque de sonner de plus en plus faux au fur et à mesure que les atrocités dans les zones de combat prendront de l’ampleur. Renault, qui a fini par prendre conscience que la situation devenait intenable, est désormais prêt à se désengager de Russie.

La pression de l’opinion ne doit pas seulement s’exercer auprès des entreprises. Celles-ci ont beau jeu de répéter qu’à ce stade elles respectent scrupuleusement le cadre des sanctions internationales. « Ma position est de laisser les entreprises libres de décider pour elles-mêmes », insiste Emmanuel Macron. Si la communauté internationale estime qu’il est nécessaire d’imposer un retrait clair et net de Russie, que les instances compétentes prennent leurs responsabilités en ne laissant plus le choix aux entreprises. Compter sur la bonne volonté de ces dernières est soit hypocrite, soit naïf. Dès lors que les Occidentaux considéreront que la solution pour desserrer l’étau sur l’Ukraine passe par des sanctions plus systématiques, ils doivent le dire clairement et se donner les moyens de les appliquer.

Le Monde
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