Archive mensuelle de mars 2022

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Une armée française obsolète (François Cornut-Gentille)

Une armée française obsolète (François Cornut-Gentille)

 

 

Un article intéressant qui attire l’attention sur l’insuffisance des moyens budgétaires. Une critique de nature quantitative qui ne saurait cependant faire l’impasse sur la nature qualitative de notre défense.

Faut-il rappeler que par exemple la puissante armée française a dû se replier assez lamentablement au Mali face à quelques extrémistes et à une armée d’opérettes malienne. Si l’on se réfère au conflit de l’Ukraine, on mesure combien les forces stratégiques traditionnelles sont encore indispensables. Pour preuve l’Ukraine a décidéede réinsérer la totalité des hommes mobilisables. Une question qu’il faudra bien se poser en France et auquel évidemment ne répond pas le farfelu service national qui ne concerne que quelques personnes. NDLR

Faute de débats sur les efforts budgétaires à consentir, mais aussi sur les programmes d’armement et les alliances stratégiques, notre défense est aujourd’hui dans une impasse, alerte dans une tribune au « Monde » le député (LR) de Haute-Marne, rapporteur spécial des crédits de la défense.

 

Tribune. 

Voilà des années que nous esquivons un véritable débat sur notre défense, qui devient de plus en plus nécessaire. Certes, depuis l’attaque menée en Ukraine par Vladimir Poutine, la défense est désormais au cœur de l’actualité. Quelques médias ont pointé les carences de nos armées. De leur côté, les principaux candidats à l’élection présidentielle se sont tous engagés à augmenter le budget des armées. Tout cela peut donner l’illusion d’une prise de conscience, tardive mais salutaire, des défis qui sont devant nous. L’idée rassurante s’impose qu’avec un peu de temps et quelques moyens supplémentaires, nous allons parvenir à remettre à niveau notre outil militaire.

La vérité est malheureusement beaucoup plus cruelle. Notre défense est aujourd’hui dans une triple impasse. Et l’effort que nous avons à fournir dans les années qui viennent n’est pas seulement budgétaire ; il est d’abord d’ordre intellectuel. Nous devons impérativement sortir de notre routine et de notre torpeur pour ouvrir sur notre défense les trois débats majeurs que nous n’avons que trop repoussés.

Le premier est d’ordre budgétaire. Avec 41 milliards d’euros, le budget de la « mission défense » est le second derrière celui de l’éducation nationale (55 milliards). Après des années de rigueur, François Hollande et Emmanuel Macron se félicitent d’avoir entrepris un redressement significatif. Ils disent vrai. Cependant leur discours réconfortant masque l’essentiel, car les difficultés sont devant nous et sont loin d’être négligeables.

Pour atteindre un budget de 50 milliards d’euros en 2025, la loi de programmation militaire a en effet prévu le franchissement de marches budgétaires de 3 milliards d’euros sur les trois prochains budgets. Même en période normale, le respect d’un tel engagement serait tout à fait inédit. Or, dans la situation budgétaire post-Covid, la crédibilité de cette trajectoire financière apparaît désormais extrêmement faible. En outre, la défense va se trouver en concurrence directe avec les besoins sociaux urgents exprimés depuis la crise des « gilets jaunes » et durant la campagne présidentielle (notamment sur l’hôpital). Enfin, pour bien comprendre le mur devant lequel nous nous trouvons, il faut ajouter que cet effort déjà difficilement atteignable est très en dessous de ce qu’il conviendrait de faire pour dissuader (ou combattre) un éventuel agresseur.

Cependant, en matière budgétaire, ce ne sont pas les annonces qui comptent, mais la continuité de l’effort quels que soient les aléas. Or, de ce point de vue, c’est très mal parti : ce sont en effet 300 millions d’euros de crédits militaires qui viennent d’être discrètement annulés pour financer les mesures de soutien à l’économie. Ainsi, au-delà des déclarations ambitieuses, il n’est pas certain que nous soyons réellement déterminés à faire de notre défense une priorité. Telle est la première question désagréable qu’il nous faut regarder en face : concrètement, jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour assurer notre sécurité ?

Covid jeudi 30 mars 2022 : forte hausse avec 217 480 cas en 24 heures

Covid jeudi 30 mars 2022 : forte hausse avec 217 480 cas en 24 heures +217.480 nouveaux cas confirmés en 24h.

En France, le dernier bilan fourni par les autorités sanitaires concernant la pandémie de Covid-19, fait état d’au moins 2.629.776 cas confirmés soit +217.480 en 24h.

On enregistre ce mardi 29 mars 2022 : 217 484 en 24 heures, 141.985 morts au total, +164 morts supplémentaires. Le nombre de décès en EHPAD et EMS fait état de 28.458 (+28) décès au total. Le nombre total de décès en milieu hospitalier est lui de 113.527 (+136 en 24h).

Le taux de reproductivité R est de 1,35 le taux d’incidence à 1.329,40 et la tension hospitalière à 30,4 %. Le taux de positivité est à 26,7 %.

La France compte actuellement 21.300 (+227) personnes hospitalisées et 1.538 (+5) malades en réanimation.

Selon les données de Santé Publique France, Découvrez le bilan des différentes régions françaises et leur évolution :

  • Ile-de-France : 4.286 (+41) hospitalisées, 372 (+5) en réanimation et +17 décès en 24h
  • Grand Est : 1.865 (+25) hospitalisés, 137 (0) en réanimation et +21 décès en 24h
  • Hauts de France : 2.145 (+60) hospitalisés, 146 (+10) en réanimation et +9 décès en 24h
  • Auvergne Rhône Alpes : 2.138 (+24) hospitalisés, 147 (+5) en réanimation et +15 décès en 24h
  • Provence-Alpes Côte d’Azur : 2.162 (+7) hospitalisé, 166 (+1) en réanimation et +12 décès en 24h
  • Bretagne: 1.051 (+34) hospitalisés, 53 (+5) en réanimation et +8 décès en 24h
  • Normandie : 1.313 (-23) hospitalisés, 71 (-9) en réanimation et +7 décès en 24h
  • Nouvelle-Aquitaine : 1.468 (+21) hospitalisés, 103 (+2) en réanimation et +7 décès en 24h
  • Pays de la Loire : 742 (+54) hospitalisés, 51 (-5) en réanimation et +12 décès en 24h
  • Occitanie: 1.749 (-13) hospitalisés, , 128 (-1) en réanimation et +8 décès en 24h
  • Centre-Val de Loire : 860 (+10) hospitalisés, 59 (0) en réanimation et +5 décès en 24h
  • Bourgogne-Franche-Comté : 864 (+12) hospitalisés, 54 (-3) en réanimation et +9 décès en 24h

 

 

Economie, politique, société: les plus lus (29 mars 2022- 7h30)

Poutine un jour devant la justice internationale ?

Présidentielle 2022 : Macron sur les sites de rencontre !

Société: L’impossible simplification administrative

 

Après la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, la réouverture d’une centrale à charbon

  • Après la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, la réouverture d’une centrale à charbon !

     

    Une vraie politique énergétique de gribouille de la part du gouvernement. En effet la centrale nucléaire de Fessenheim vient à peine d’être fermée définitivement pour faire plaisir aux écolos bobos  que voilà que la France est contrainte de rouvrir en tout cas de prolonger la centrale à charbon de Saint Avold  en Moselle.

    Vraiment un drôle de bilan environnemental notamment sur le plan des émissions de carbone. En fait exactement ce qui s’est produit en Allemagne où la minorité écolo a imposé la fermeture brutale du nucléaire pour tenter y substituer les éoliennes. Un véritable fiasco qui a contraint les Allemands à se rendre dépendant maintenant du gaz russe.

    Certains évidemment vont argumenter sur le faite que cette décision de la France est liée à la situation en Ukraine et à l’objectif de couper les approvisionnements pétroliers et de gaz en provenance de la Russie. La question est cependant structurelle car les gadgets des énergies alternatives certes utiles pour des usages particuliers ne sauraient remplacer la puissance du nucléaire qui constitue par ailleurs un atout énergétique stratégique pour la France.

    Sa fermeture est prévue ce jeudi 31 mars. Mais les difficultés du parc nucléaire d’EDF et les conséquences du conflit en Ukraine pourraient entraîner son redémarrage l’hiver prochain.

    La centrale à charbon de Saint-Avold, en Moselle, dont la fermeture est prévue ce jeudi 31 mars, pourrait reprendre du service à l’hiver prochain, compte tenu des déboires rencontrés par le parc nucléaire d’EDF et des conséquences du conflit en Ukraine, a-t-on appris lundi auprès du ministère de la Transition écologique.

    Le président Emmanuel Macron avait promis de fermer d’ici à 2022 les dernières centrales à charbon - facilement mobilisables pour produire de l’électricité en cas de besoin, mais aussi très émettrices de CO2 néfaste pour le climat.

Des enjeux éthiques majeurs de l’intelligence artificielle

Des enjeux éthiques majeurs  de l’intelligence artificielle

 

Alors que les promesses de transformation des entreprises, par le développement de l’IA, sont immenses, les trois chercheurs traitent, dans une tribune au « Monde », des enjeux majeurs liés à l’explicabilité des systèmes algorithmiques.

 

Tribune.

 

Au cœur de la nouvelle révolution industrielle et sociétale, les questions éthiques relatives à l’intelligence artificielle (IA) et à ses applications se posent avec acuité.

Actuellement, le débat le plus récurrent et le plus vif est celui des biais, réels ou supposés, que l’IA peut reproduire, ou engendrer. Ces biais, qu’ils soient de genre, relatifs aux origines, aux convictions religieuses ou aux opinions politiques, sont d’autant plus scrutés qu’ils font écho à des préoccupations politiques d’une actualité brûlante.

En parallèle des interrogations sur les biais, ou plutôt englobant ces questions, un autre enjeu éthique de l’IA se profile : celui de l’explicabilité des systèmes algorithmiques. La capacité des organisations à constamment expliquer les systèmes qu’elles conçoivent et utilisent pourrait vite devenir un enjeu politique majeur.

En effet, il peut être difficile de reconstituer le chemin qui conduit aux solutions proposées par des systèmes comprenant des algorithmes apprenants, notamment du deep learning tels que les réseaux de neurones. Or, c’est précisément cette famille d’IA, plutôt « boîte noire », qui connaît un succès important dans des tâches comme la reconnaissance d’image et de texte, utilisée dans les véhicules autonomes, les chatbots, les diagnostics médicaux…

Si, sur le papier, ex ante, leur fonctionnement est plus ou moins appréhendé, la complexité des multiples correspondances qui se forment durant l’apprentissage échappe à la rationalité limitée des humains, fussent-ils spécialistes. Comprendre pourquoi telle décision a été prise dans tel cas devient vite une gageure, encore plus en présence de plusieurs systèmes d’IA imbriqués les uns dans les autres. En témoignent les incertitudes persistantes sur les causes définitives de récents accidents de voitures autonomes, malgré les multiples travaux d’investigation sur le sujet.

Il faut donc expliquer pour d’une part, comprendre dans le but d’améliorer l’algorithme, parfaire sa robustesse et prévoir ses failles et, d’autre part, pour rendre compte aux multiples parties prenantes, externes (régulateurs, utilisateurs, partenaires) ou internes à l’organisation (managers, chefs de projet).

Pour répondre à ce défi, un nouveau champ a émergé : l’eXplainable Artificial Intelligence (XAI) qui propose des outils d’explication. Cependant, malgré les réponses qu’il apporte, des questions majeures persistent.

La première est l’identification du périmètre d’explication à retenir : les outils d’XAI permettent de comprendre certains fonctionnements, mais en occultent d’autres estimés non prioritaires.

Présidentielle 2022 : Gros coup de fatigue démocratique !

Présidentielle 2022 : Gros coup de fatigue démocratique !

 

Selon l’enquête d’Ipsos Sopra Steria pour « Le Monde », à moins de deux semaines du premier tour de la présidentielle, seuls 67 % des Français se disent certains d’aller voter. Les enjeux importants du moment devraient pourtant inciter à la mobilisation. Candidats, médias et citoyens ont leur responsabilité dans cette dangereuse apathie.

 

Editorial du « Monde ».

 

Au moment où les Ukrainiens se battent avec courage, ferveur, et au péril de leur vie pour défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le spectacle que renvoie la campagne électorale française suscite, par contraste, un malaise. Notre pays présente tous les symptômes d’une démocratie fatiguée alors qu’il devrait entretenir et chérir la liberté de débat et de choix qu’il a conquise au prix de son histoire mouvementée.

A moins de deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle, nombre d’électeurs ne parviennent toujours pas à s’y intéresser. Les principaux acteurs peinent à les y aider. Selon la huitième vague de l’enquête électorale réalisée par Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde, seuls 67 % d’entre eux se disent certains d’aller voter, alors qu’ils étaient 78 % il y a cinq ans. Parmi les motifs du désintérêt sont notamment avancés l’impression « qu’il n’y a rien de nouveau » ou encore le sentiment que « les jeux sont déjà faits ».

Cette lassitude est d’autant plus surprenante que l’actualité, passablement dramatique, se charge d’établir une hiérarchie des urgences qui n’était pas celle de 2017 et autour de laquelle un débat de fond est impératif si l’on veut éviter à l’avenir les blocages, les tensions et les mauvaises surprises. Le réchauffement climatique, la reprise de l’inflation, la réapparition des épidémies, le retour de la guerre en Europe, les craintes qu’elle fait naître autour de l’approvisionnement énergétique et alimentaire montrent à quel point tout ce qui nous paraissait définitivement acquis, il y a encore quelques années, est brusquement remis en cause.

L’impossibilité de structurer des échanges de qualité autour de ces grandes mutations laisse pantois, tout comme la facilité avec laquelle certains acteurs impliqués dans le débat public tirent les conséquences de la dépolitisation ambiante. La semaine dernière, TF1, qui avait coutume, comme ses confrères du service public, d’organiser de longues soirées électorales à l’occasion de la présidentielle, a annoncé qu’elle programmerait, dimanche 10 avril, le film Les Visiteurs dès 21 h 30. Un symptôme parmi d’autres du cercle vicieux qui menace la vie politique : puisque l’audience manque, réduisons la voilure.

Contrairement à ce que plaident la plupart des candidats, ce n’est pas la guerre en Ukraine qui écrase le débat, mais la façon dont chacun s’en est servi à des fins politiciennes. Le président de la République, d’abord, pour gérer aussi longtemps que possible sa position de favori en surplomb de ses concurrents. La droite et la gauche, ensuite, pour masquer la faiblesse de leur campagne qui avait pris l’eau bien avant le déclenchement du conflit. Face à la recomposition en cours du paysage politique, leur logiciel s’est révélé complètement usé. L’extrême droite, enfin, qui, par la voix de Marine Le Pen, exploite jusqu’à la corde le thème porteur du pouvoir d’achat en tentant de faire oublier sa complaisance à l’égard de Vladimir Poutine.

Les ratés de la campagne n’exonèrent cependant pas les citoyens de leur propre responsabilité. Le plus inquiétant dans ce qu’il se passe aujourd’hui est l’apathie boudeuse dans laquelle se retranchent nombre d’électeurs, sous prétexte que les politiques ne pourraient rien pour eux. Gageons que s’ils s’étaient mobilisés en nombre suffisant pour bousculer les positions acquises, exiger une confrontation des idées et des réponses précises à leurs questions, ils auraient fini par l’obtenir. La démocratie n’est ni un luxe ni une évidence. En ces temps troublés, chacun a malheureusement tendance à l’oublier.

Russie: La bataille de communication via les réseaux sociaux

Russie: La bataille de communication via les réseaux sociaux

Dans sa chronique, le journaliste du « Monde » Alexandre Piquard constate que Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky sont d’accord pour stopper réseaux sociaux et services en ligne en Russie, mais pas pour les mêmes raisons. Mais cela inquiète un collectif d’ONG, qui lutte contre le contrôle de l’information par les autorités russes.

 

Chronique.

 

 Louis Vuitton, Coca-Cola, McDonald’s, Volkswagen, Boeing, Shell, Adidas, Ikea, Goldman Sachs… Depuis le début de la guerre en Ukraine, la liste des multinationales ayant arrêté leurs activités en Russie ne cesse de s’allonger. Ces centaines d’entreprises appliquent parfois des sanctions économiques européennes ou américaines, mais elles agissent aussi de façon volontaire et préventive, pour afficher leur opposition au régime de Vladimir Poutine.

Pourtant, dans le domaine de la technologie, des réseaux sociaux et des services en ligne, la bataille se joue à front renversé : les géants du numérique tentent plutôt de maintenir leurs plates-formes en Russie. Et le leader du Kremlin cherche au contraire à les limiter ou à les interdire. Vladimir Poutine a ainsi déjà fait bloquer Facebook, puis sa filiale Instagram, en représailles à la suspension des comptes des médias d’Etat russes RT et Sputnik.

Pour les dirigeants concernés, la justification de l’exception de la tech est évidente. Ces services sont des moyens de communication. Et ils participent à la liberté d’expression, qui échappe à la pure logique économique et marchande. « Les réseaux sociaux sont mauvais pour les dictateurs, c’est pour cela que Poutine nous a débranchés », a expliqué à la chaîne CNBC Sheryl Sandberg, numéro deux de Meta, maison mère de Facebook et Instagram.

« En Russie, les citoyens ordinaires utilisent les applications de Meta pour s’exprimer et se mobiliser. Nous voulons qu’ils puissent continuer à faire entendre leur voix », a renchéri le directeur des affaires publiques, Nick Clegg. Google avait, lui, fait savoir que son moteur de recherche ou sa plate-forme de vidéo YouTube « restaient en ligne en Russie pour continuer à y fournir de l’information ».

Pour autant, les dirigeants ukrainiens, le président Volodymyr Zelensky en tête, ont cherché à remettre en cause ce raisonnement. Et à bousculer les géants du numérique. Fin février, le gouvernement du pays envahi a appelé Google et Meta à couper tous leurs services en Russie, de même que Netflix sa plate-forme de vidéo, ou Apple son magasin d’applications sur iPhone. Kiev sur la même ligne que Moscou ? C’est paradoxal…

« Notre but n’est pas de bloquer les sources d’information des Russes, mais de mobiliser les gens jeunes, proactifs et intelligents », a justifié sur Twitter le très actif ministre du numérique, Mykhaïlo Fedorov. L’idée de « blocus numérique » vise à rendre la vie des citoyens russes si désagréable qu’ils remettent en question la guerre en Ukraine et cessent d’être « complices par leur silence », a-t-il expliqué au New York Times.

L’usure de la valeur égalitaire

L’usure de la valeur égalitaire

Le philosophe Florent Guénard analyse, dans un livre rigoureux et exigeant, les comportements qui rendent possible, dans une relative indifférence, l’augmentation des inégalités au sein de nos sociétés libérales contemporaines.( » Le Monde »)

 

Livre.

Quiconque a déjà eu à découper un gâteau sous le regard attentif d’une fratrie ou d’un groupe d’enfants sait les réactions viscérales que peut provoquer toute entorse au principe d’égalité. Ces passions égalitaires – colère, envie, sentiment d’injustice – ne s’évaporent pas à l’âge adulte : bien au contraire, elles ont été le moteur de bien des transformations politiques. C’est sur ces émotions, et sur la façon dont elles nous poussent à l’action, que se penche le dernier ouvrage de Florent Guénard, spécialiste de philosophie politique et morale et directeur de la rédaction de la revue La Vie des idées.

Le philosophe prend pour point de départ la situation paradoxale de nos sociétés libérales contemporaines : alors que l’égalité (politique, juridique, sociale) en est une valeur centrale et que la lutte contre les injustices de genre, de race ou de handicap gagne du terrain, les inégalités économiques grandissantes laissent l’opinion relativement indifférente. Un constat qui pousse l’auteur à se demander : le désir d’égalité, moteur des politiques égalitaristes, nous aurait-il quittés ?

Pour y répondre, l’ouvrage déroule un cheminement intellectuel aussi rigoureux qu’exigeant. Loin de prendre le désir d’égalité comme une passion monolithique, il s’attache notamment à peindre les nombreuses variables de ces aspirations, qui ne sont pas nécessairement de même nature lorsqu’elles s’expriment chez les plus riches ou chez les plus pauvres ; pas de même forme si elles naissent dans des sociétés déjà égalitaires ou encore inégalitaires ; pas de même intensité si elles prennent l’égalité comme un moyen ou comme une fin… Cette entreprise d’éclaircissement et de contextualisation permet à l’auteur de déconstruire, dans les discours passés et contemporains, à la fois le discrédit jeté sur les passions égalitaristes (jugées dangereuses et perverses) et les justifications les plus courantes des inégalités (présentées comme inévitables et bénéfiques).

Car si l’égalité est inscrite sur le fronton de nos mairies, si elle semble aller de soi quand l’inégalité réclame toujours d’être justifiée, si elle a été le moteur de tant de révolutions, notre apathie ne cesse d’étonner. L’ouvrage ne néglige aucune hypothèse, multiplie les questions et les éléments de réponse. Vivons-nous dans l’inégalité par préférence ou par ignorance ? Une demande d’égalité intéressée est-elle toujours illégitime ? Les passions cardinales de nos sociétés contemporaines – comme le désir d’autonomie ou de reconnaissance – sont-elles compatibles avec le désir d’égalité ?

Après l’Ukraine, une plus grande dépendance européenne aux États-Unis

Après l’Ukraine, une plus grande dépendance européenne aux États-Unis

Tribune.

 

Le gendarme américain est de retour en Europe. Sous la double pression du Congrès américain et des alliés du flanc est de l’OTAN, l’administration Biden opère un recalibrage, sans précédent depuis la fin de la guerre froide, de la posture de défense des Etats-Unis en Europe. Le nombre de soldats des forces américaines déployées sur le continent est passé de 80 000 à 100 000 en deux mois, se rapprochant du niveau de 1997, quand les Etats-Unis et leurs alliés entamaient le processus d’élargissement de l’Alliance à l’est.

A titre de comparaison, en 1991, il y avait 305 000 militaires américains en Europe, dont 224 000 en Allemagne, selon les archives du Pentagone. Le nombre de troupes américaines a ensuite diminué de manière constante pour atteindre 64 000 en 2020. Washington n’a aucune intention ni volonté politique de revenir aux niveaux de 1991, et son objectif stratégique à moyen et long termes reste l’endiguement de la puissance chinoise. Mais la guerre en Ukraine l’oblige à « repivoter » partiellement vers l’Europe.

 

Pour les Européens, la guerre aura comme conséquence d’accroître leur dépendance militaire et énergétique à l’égard des Etats-Unis. Certes, l’Union européenne (UE) a pris des décisions importantes dans ces deux secteurs, avec l’augmentation des budgets de défense, la livraison d’armes létales à l’Ukraine via la « facilité européenne pour la paix » [un instrument financier doté de 5 milliards d’euros] et l’octroi par les pays membres de l’UE d’un mandat à la Commission européenne pour effectuer des achats de gaz groupés.

Mais l’ambition d’autonomie stratégique, qui a pourtant progressé chez un certain nombre de partenaires de la France, comme les Pays-Bas et la Finlande, est aujourd’hui supplantée par un appel des pays européens à la garantie de sécurité des Etats-Unis, à leur gaz naturel liquéfié et à leur industrie de défense. Ce réengagement des Etats-Unis en Europe s’accompagnera d’une forte pression américaine sur leurs alliés pour qu’ils contribuent davantage à la défense collective de leur territoire, tiennent leurs engagements – ce sera particulièrement vrai pour l’Allemagne – et s’alignent sur leur politique de fermeté à l’égard de la Chine.

La guerre en Ukraine redessine la géopolitique des alliances et montre aussi que la Russie n’est pas isolée à l’international. La démarche occidentale consistant à vouloir « briser » les alliances nouées par Moscou avec un certain nombre de pays sera plus beaucoup complexe, voire impossible, à réaliser.

Recontaminations Covid: au bout d’un mois ? (biologistes)

 Recontaminations Covid:  au bout d’un mois ?   (biologistes)

 

On observe des recontaminations au Covid-19 au bout « d’un mois ou un mois et demi », a expliqué sur franceinfo lundi 28 mars François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes, alors que selon Philippe Besset, le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, « un test sur trois est positif ». Santé publique France a recensé en moyenne 130 000 cas de Covid-19 par jour la semaine dernière.

franceinfo : Faites-vous, vous aussi, le constat qu’un test sur trois est positif ?

François Blanchecotte : Absolument. On est quasiment à un test sur trois de positif, avec 3 millions de PCR faits sur la dernière semaine. On a donc de forts taux de contamination et de positivité. On est dans des phases qui correspondent à la quatrième vague où nous avions des tests positifs régulièrement. Il s’agit de gens symptomatiques. Ce sont des recontaminations, des gens qui ont fait des vagues Omicron et qui aujourd’hui se contaminent avec le [variant] BA.2.

Quel est le délai entre les recontaminations ?

Il y a des gens qui ont été contaminés il y a un mois ou un mois et demi et qui sont recontaminés. C’est souvent avec les enfants, la famille et dans les Ehpad. Les clusters que l’on découvre sont à 57% dans les Ehpad et les établissements médiaux avec des personnes handicapées à 14%. Dans les entreprises, on est à 8% et dans les crèches à 10%.

Les symptômes ont-ils évolué ?

Beaucoup de gens nous rapportent des maux de tête assez longs, très violents, qui les immobilisent pendant plusieurs jours. C’est pour ça qu’il y a des arrêts d’un certain nombre de personnels, qui ne sont pas faciles à maîtriser. C’est difficile d’avoir des recrutements et on a des effectifs qui nous manquent.

Quel est le profil des personnes qui viennent dans les laboratoires ?

Nous avons des gens entre 10 et 49 ans. C’est la grande majorité des recontaminations. Le taux de dépistage pour 100 000 habitants dans certaines catégories dépasse les 3 000.

« Poutine doit partir » (Biden)

« Poutine doit partir » (Biden) 

Tandis que plusieurs pays occidentaux ne cessent de montrer une bienveillance coupable vis-à-vis de Poutine en ménageant leurs propos pour qualifier les actes criminels de l’intéressé., Biden réitère en considérant que Poutine doit partir. Précédemment il avait traité le dictateur russe de boucher.

On donnera crédit aux États-Unis d’avoir prévu à l’avance la boucherie décidée par Poutine en Ukraine. Biden semble convaincu que Poutine ne reculera pas et même il aura tendance à étendre le champ d’activité de ses actes guerriers en dehors de ses frontières. Le président américain a certainement raison car au  cours de ces 20 dernières années Poutine n’a jamais reculé. Il a pratiqué bien sûr la terreur à l’intérieur de son propre pays mais aussi au Moyen-Orient en Afrique et maintenant en Ukraine. D’autres ex pays de l’Est pourraient aussi être concernés au motif qu’elle comporte également des populations russophones.

Plusieurs experts et dirigeants de pays alliés des Etats-Unis ont estimé que cette déclaration allait à l’encontre des efforts des Occidentaux pour ne pas justifier une escalade russe dans la guerre menée par Moscou en Ukraine.

Joe Biden a répondu ne pas penser « du tout » que ses propos puissent provoquer une telle escalade.

Interrogé sur ce que le président russe risquait de penser, il a répondu: « je me moque de ce qu’il pense ». « Il va faire ce qu’il pense devoir faire, point final. Il n’est influencé par personne. »

 

Guerre en Ukraine : nouveau recul des Russes

Guerre en Ukraine : nouveau recul des Russes

 

Sur plusieurs fronts,  la résistance ukrainienne a permis d’obtenir des reculs des Russes. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le président ukrainien Volodymyr Zelensky confirme la libération d’Irpin, ville située à une vingtaine de kilomètres de la capitale.
« Aujourd’hui, nous avons de bonnes nouvelles. Nos soldats avancent dans la région de Kiev, et reprennent le contrôle du territoire ukrainien. Nous avons libéré Irpin. Bon travail. »

Deux éléments assez fondamentaux permettent de s’interroger sur l’hypothèse d’un futur recul des Russes. L’armée russe a d’abord reconnu qu’elle avait atteint ses objectifs en Ukraine, ensuite qu’elle entendait se redéployer essentiellement sur le Donbass. Une forme de reconnaissance que l’occupation complète de l’Ukraine constitue en faite un échec. L’armée russe a d’ailleurs reconnu de nombreuses pertes y compris si les chiffres sont à relativiser.

On ne peut cependant écarter une autre hypothèse celle qui consisterait pour les Russes à obtenir une certaine pause sur le front guerrier afin de renforcer les troupes assez désorganisées, sans moral et manquant de matériel. La plupart des observateurs constatent  cependant que l’objectif d’une occupation totale et permanente de l’Ukraine s’est heurtée à une très vigoureuse résistance ukrainienne. Le Kremlin et Poutine en particulier ont sous-estimé cette résistance et doivent sans doute se rabattre sur des objectifs plus réduits pour transformer la  défaite en victoire.

Cette guerre a aussi mis en lumière la faiblesse de l’armée russe théoriquement puissante mais en réalité qui ressemble un peu à une armée mexicaine mal équipée. D’où l’utilisation de bombardements à l’aveugle de n’importe quelle cible de la part des Russes pour entretenir l’illusion de la puissance.

Il n’est pas impossible aussi qu’on plan interne la situation économique et sociale russe soit plus dégradée qu’on ne le pensait et que certains entourages de Poutine aient pesé pour  stopper cette aventure irresponsable.

Globalement si ce recul des Russes confirme le bilan aura été catastrophique. Pour l’Ukraine bien sûr mais aussi pour la Russie qui se sera aliénée évidemment les pays de l’OTAN, coupée du commerce international et  qui aura fortement porté atteinte à l’image et à la situation  même de la Russie.

France-Corse : je t’aime moi non plus !

France-Corse : je t’aime moi non plus !

 

 

Il y a évidemment quelque chose d’ambigu dans les relations entre la France et la Corse, des régions et des populations tellement proches mais qui paraissent aussi tellement éloignées au point que certains envisagent jusqu’à l’indépendance de l’île.

 

La Corse est admirée pour sa beauté en même temps que pour la douceur de vivre de ses  habitants. Elle est cependant détestée du fait de l’extrémisme d’indépendantistes irresponsables et de mafieux.

 

Le dossier corse pourrit les relations depuis des dizaines et des dizaines d’années au point que les Français de l’Hexagone ont montré dans différents sondages qu’ils seraient prêts a accordé l’indépendance à cette île toujours en état de révolution infantile.

 

S’il y a effectivement un mouvement de revendication d’indépendance en Corse, il reste cependant très minoritaire dans la population. Et plusieurs sondages ont démontré qu’en cas de référendum par exemple une majorité de Corses seraient contre ce concept d’indépendance ( à distinguer de l’autonomie qui, elle ,d’ailleurs pourrait s’appliquer à d’autres régions d’outre-mer voir même à toutes les régions françaises comme en Allemagne).

 

C’est le paradoxe, une minorité agissante qui instrumentalise la mauvaise humeur des Corses pour donner une légitimité à la revendication d’indépendance mais des Corses qui globalement n’en veulent pas car économiquement et même culturellement attachés à la France. Et inversement le ras-le-bol des Français vis-à-vis d’un territoire aux représentants versatiles, démagogiques et souvent irresponsables.

Vers une nouvelle industrie française ?

Vers une  nouvelle industrie française ?

 

Un article intéressant mais qui fait peut-être un peu vite l’impasse sur l’industrie classique. En effet nos exportations par exemple reposent encore essentiellement sur des industries comme le matériel de transport (Industrie aérienne, navale, ferroviaire et routière) ou les travaux publics.

OPINION.

 

Le constat de la désindustrialisation sur les dernières décennies est sans appel. Près de deux millions d’emplois perdus entre 1980 et 2007, soit 36% des effectifs ! Par Laurent Laporte, CEO et cofondateur de Braincube.

 

La part des emplois industriels baisse logiquement dans l’emploi total, de 23,2% en 1995 à 17,9% en 2013, ce qui accompagne la baisse de la part de production au sein du PIB, de 13,3% en 2005 à 11,3% en 2013. Entreprises françaises et étrangères ont fait le choix, contraint ou encouragé, d’aller chercher ailleurs à l’étranger les possibilités de survivre et dans un environnement de plus en plus concurrentiel avec un enjeu de très forte compétitivité.

Cette mutation appartient déjà au monde d’hier, ce que nous ou nos enfants avons vécu des années 80 jusqu’à la crise de 2008 et ses conséquences est derrière nous pour des raisons structurelles. Et la crise du coronavirus a rappelé la nécessité d’un changement de paradigme radical, tant pour les consommateurs en France que pour nos entreprises. Dans ce contexte macro-économique, pour ne pas dire aussi de plus en plus géopolitique, la transformation industrielle est tributaire de nombreuses idées reçues, qu’elles soient optimistes ou pessimistes, il semble important de proposer une proposition alternative.

Trop souvent le poncif de la disparition définitive de l’industrie française revient comme un leitmotiv, le caractère français si prompt à l’autocritique exagère sans doute cette tendance, les chiffres proposés en guise de contexte témoignent de ce que ce déclassement, s’il est important et indéniable, n’efface pas nos nombreux atouts historiques. Dans le même temps, on entend fanfaronner cette musique certes bien agréable à entendre, sur le retour de l’industrie, avec des élans nostalgiques, fantaisistes.

C’est-à-dire que les bouts d’industrie que l’on retrouve ces dernières années sur le territoire, ne reviennent pas comme ils sont partis. Ce ne sont pas les mêmes industries qui reviennent, d’abord parce que les époques ou industries ne sont pas les mêmes. Quand Trendeo indique qu’il y aurait eu davantage de relocalisations d’usines que de fermeture en 2021, ce ne sont pas des relocalisations comme on pourrait l’entendre, mais le plus souvent des nouvelles structures avec des outils nouveaux, et tant mieux.

En effet l’enjeu de l’industrie française, et c’est ma conviction, de l’économie française dans son ensemble, ce n’est justement pas de réfléchir en termes de relocalisation au sens physique de l’appareil industriel français, mais de considérer que l’avenir sera une consolidation de l’existant et la création ex nihilo d’industries. comment l’internet industriel et la transformation, bien amorcée et qui continue, peuvent renouveler notre industrie et par là même entraîner le reste de l’économie avec elle.

Car si le nombre d’emplois industriels créés peut sembler faible, et si la taille des structures n’a plus rien à voir avec les usines de nos parents et grands-parents, il s’agit d’intégrer sa valeur ajoutée et sa compétitivité par rapport à la rude concurrence : excellence technologique, durabilité, autonomie, efficience énergétique…

Les 10 commandements pour l’industrie de demain

Aux 20% des entreprises du secteur qui envisagent de construire un site de production en France, et surtout à toutes les autres, voici quelques clés quelques clés à intégrer dans sa réflexion pour réussir son projet industriel :

  • réindustrialiser c’est transformer les outils industriels existants et créer ex nihilo ;
  • régionaliser votre industrie pour être au plus près des besoins et infrastructures ;
  • revaloriser les métiers industriels via des projets locaux utiles et harmonieux ;
  • aligner stratégiquement la politique de subvention et une vision à moyen terme ;
  • défendre que les aides tendent vers une intégration industrielle 100% française ;
  • évoluer vers une taille humaine, localement, à proximité des lieux de vie ;
  • augmenter vos équipes grâce à la technologie, l’humain sera toujours au centre ;
  • privilégier la montée en gamme plutôt que la question du simple coût du travail ;
  • mettre un terme aux projets archaïques et superficiels de délocalisation générale ;
  • maintenir le leadership sur nos forces et non se disperser sur tous les combats.

Sortir de l’ancien régime industriel, parler d’une nouvelle révolution industrielle, c’est véritablement intégrer la mort de l’ancienne industrie et la naissance d’une nouvelle. Ce n’est donc pas une renaissance à proprement parler, mais une vie différente, nouvelle. Les discours corporate ou politiques qui négligent ces faits et promettent un retour en arrière ne permettent pas vraiment de projeter notre société là où il faudrait. Car les atouts sont nombreux, la tendance est encourageante, les perspectives sont réalistes et positives. Résolument, sans nostalgie : l’industrie est morte, vive la nouvelle industrie française !

Un réarmement allemand au bénéfice des Américains ?

Un  réarmement allemand au bénéfice des Américains ?

Le réarmement allemand ne passera pas forcément par le développement des programmes en coopération avec la France, estime le groupe Vauban. Il profitera d’abord à l’industrie allemande et à ses maîtres d’oeuvre, qui pourront grâce à l’augmentation du budget de la défense, développer de nouvelles briques technologiques. Il profitera enfin aux groupes de défense américains. Par le groupe Vauban.

 

Le 27 février, sous le contrecoup de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le Chancelier Scholz a évoqué un changement d’époque (Zeitenwende) en annonçant un réarmement massif de la Bundeswehr par deux leviers : la création d’un fonds spécial (Sondervermögen) doté de 100 milliards d’euros et un budget de défense à plus de 2% du PIB. Largement analysée tant à Paris qu’à Berlin comme un bond en avant positif pour la coopération bilatérale, l’augmentation massive des budgets d’investissements de la Bundeswehr pourrait paradoxalement aboutir à un enterrement de première classe des projets franco-allemands déjà moribonds.

Des acquisitions américaines loin d’être des solutions de transition

Certes, le ton a changé : dans le discours du 27 février, les projets avec la France sont décrits comme des « priorités absolues » pour le Chancelier : c’est la première fois en effet que la nouvelle coalition exprime de tels sentiments publics envers la France. Dans le contrat de coalition du 24 novembre 2021, la France avait été mentionnée mais rapidement, sans aucune mention de programmes clés, et juste avant d’autres partenaires puissants comme les Pays-Bas et la Norvège ou des voisins les plus proches comme la Pologne ou les États des Balkans (page 136).

Ces commentaires, pour bienvenues qu’ils soient, l’ont été cependant après de nombreuses déceptions enregistrées par Paris, qui ont ébranlé les fondements mêmes d’une coopération bilatérale étroite et de confiance. Il y eut d’abord le choix du P-8 Poseidon, comme solution transitoire, vécue à Paris comme une trahison brutale de l’Allemagne sur un programme de patrouilleur maritime – le MAWS - où elle avait obtenu pourtant la part du Lion, écartant les seuls industriels capables de construire un tel appareil et l’option de location d’Atlantique 2 français. Dans sa session du 23 juin 2021, le Bundestag a certes pris soin de qualifier cette décision de « solution de transition », mais l’avion de Boeing est un nouvel appareil dont la durée de vie et le coût – 1,43 milliard d’euros pour 5 unités – laissent en réalité très peu de chances à une résurrection du MAWS.

Il y eut ensuite le refus allemand de financer le programme de modernisation et d’extension capacitaire du Tigre Mark-3 avec, en filigrane, la tentation allemande de faire comme l’Australie : se débarrasser d’un hélicoptère mal aimé (car ne servant pas en opérations extérieures et souvent indisponible) et acheter de l’Apache. Si ce projet n’a pas – encore ? – vu le jour, la participation allemande au programme de modernisation de cette plateforme emblématique de la coopération européenne, même dans le domaine des systèmes d’armes air-sol, n’est toujours pas l’ordre du jour à la Hardthöhe

Il y eut enfin le faux psychodrame du successeur du Tornado pour la mission nucléaire de l’OTAN ; dans un premier temps, l’ancienne coalition avait penché, on le sait, pour la solution d’une flotte mixte : 40 Super Hornet pour la frappe nucléaire et 15 Super Growler pour la guerre électronique et la destruction des défenses sol-air ennemies. La Luftwaffe, qui avait clairement opté dès le début de ce dossier pour le choix du F-35A Lightening, s’était vue rappelée à l’ordre, et son chef, le général Müllner fut limogé ; dans un deuxième temps, la nouvelle coalition au pouvoir avait laissé entendre dans son contrat de coalition qu’elle prendrait le temps de la réflexion s’agissant de la mission nucléaire, laissant ainsi planer le doute sur la poursuite même de celle-ci ; dans un troisième temps (en février), le chancelier avait admis à huis clos qu’il allait acheter une petite quantité de F-35A (18) afin de maintenir la capacité nucléaire au service de l’OTAN, mais sans renoncer au projet SCAF.

Cet habile compromis vendu à un Paris réticent mais soulagé n’a pas tenu devant les impérieuses nécessités opérationnelles : une flotte de 35 appareils étant le minimum requis compte tenu de l’attrition toujours à prévoir s’agissant d’une mission de largage d’une bombe nucléaire à gravitation (en 2022 !), de la faible disponibilité du F-35A et de la formation nécessaire des équipages, l’habile compromis imaginé à la Chancellerie a volé en éclat : la commande sera bel et bien du format imaginé pour le Super Hornet, c’est-à-dire conséquente et équivalente à la commande belge (34) et coûteuse (2,8 milliards d’euros au bas mot).

Ces choix allemands, pour motivés qu’ils soient, ne sont pas cependant des solutions de transition, mais bel et bien des solutions du long terme puisque les deux plateformes américaines qui seront prochainement contractualisées sont les dernières générations des matériels chacun dans leur catégorie : le provisoire est en réalité une solution de 35 ans au moins avec la tentation évidente du côté des opérationnels allemands de les prolonger par des commandes additionnelles…

La servitude volontaire de l’Allemagne aux Etats-Unis

Ces développements illustrent une vérité crue : l’Allemagne n’a jamais importé de matériel français et a toujours considéré avec méfiance les projets bilatéraux. La raison de fond en est connue mais constamment oblitérée par l’optimisme naïf et altruiste de Paris : l’Allemagne, comme tous les autres pays de l’Alliance Atlantique hormis la France, considère que les Etats-Unis seuls peuvent lui apporter la paix, surtout en ces temps troublés par la guerre russo-ukrainienne. Déjà, le contrat de coalition avait purement et simplement évacué l’autonomie stratégique européenne à la française (alors que la précédente coalition en avait débattu même si ce fut brutalement) et prévenu que les initiatives européennes ne pouvaient en aucun cas se faire hors de l’OTAN mais en complémentarité obligée avec elle.

Depuis le 15 juin 1963, date à laquelle le Bundestag avait imposé au Traité de l’Élysée son préambule interprétatif ruinant tout espoir de constituer une défense franco-allemande étroite, la France bute sur cet ancrage allemand à l’OTAN, que sa réintégration en 2009 dans le commandement intégré n’a rien changé… L’Allemagne, de son côté, confirme la définition de l’OTAN donnée par le premier secrétaire général de l’OTAN (1952-1957), Lord Ismay : « to get the U.S in, the Soviets out and the Germans down ». La guerre russo-ukrainienne, comme naguère la Guerre froide, illustre l’actualité du mot humoristique mais réaliste du général britannique… Avec le fonds spécial, l’Allemagne ne fait en réalité qu’accepter enfin les charges financières de sa servitude volontaire et confirmer son statut d’allié aligné sur la politique étrangère des Etats-Unis.

Alors, dans ce contexte, peut-on s’attendre vraiment à ce que la Chancellerie en tire la conclusion qu’il faut épargner la France après l’avoir si brutalement traitée ?

Une analyse plus fine des déclarations de M. Scholz et de la scène industrielle et politique allemande laisse à penser que les déceptions devraient perdurer pour la France.

Premièrement, et c’est une tendance logique, le réarmement allemand devrait aller en priorité à l’industrie allemande de défense. Après tant d’années de pénurie, il faut en effet s’attendre que cet afflux massif de crédits soit investi principalement dans le « Standort » industriel allemand pour préserver les emplois et développer des technologies clés considérées comme devant être protégées par l’État fédéral. C’est le sens des décisions prises en 2015 et en 2019. La politique industrielle de protection des grands maîtres d’œuvre nationaux (KMW, Rheinmetall, Hensoldt, Diehl, OHB, TKMS et Lürssen) sera enfin financée par le Fonds spécial. Ce n’est pas un hasard si Rheinmetall a souhaité préempter le débat sur l’utilisation de ces crédits en proposant un paquet global de 42 milliards d’euros (près de la moitié du Fonds spécial !) composé de ses solutions (munitions, véhicules blindés PUMA, drones, radars et défense aérienne). ThyssenKrupp a également suspendu son projet de spin-off de sa filiale navale, TKMS, et ce n’est pas un hasard si TKMS envisage l’acquisition de nouvelles infrastructures de production (chez MV Werften)… Gageons que d’autres entreprises allemandes font de même de leur côté pour capter la partie la plus importante du Fonds spécial.

Deuxièmement, le développement coûteux d’une version « ECR-SEAD » de l’Eurofighter (une ineptie, soit-dit en passant, pour un chasseur conçu uniquement pour un rôle otanien d’intercepteur) devrait conduire Manching à développer de nouvelles briques technologiques et donc conduire Airbus Allemagne à de nouvelles exigences en dans le programme SCAF, ajoutant de nouvelles difficultés à une négociation franco-allemande déjà compliquée par les exigences allemandes en matière de commandes de vol, de propriétés intellectuelle (le fameux background) et de gouvernance générale du programme d’avion (la fameuse « co-co-co »).

Troisièmement et enfin, la liste des matériels que le ministère de la Défense souhaite acquérir, va multiplier les difficultés d’interopérabilité avec les programmes et systèmes français, surtout quand ces matériels sont américains.

Le fonds spécial ne règle rien des problèmes inhérents à la coopération franco-allemande. Au bilan, ces trois facteurs nouveaux déséquilibreront à coup sûr une coopération bilatérale, qui est avant tout politique et non menée dans le cadre d’une convergence de fond sur la doctrine d’emploi des forces. L’Allemagne poursuivra donc la politique d’armement qui est conforme à sa doctrine : américaine pour acheter sa sécurité et nationale pour faire vivre son industrie d’armement et mieux négocier les coopérations industrielles à son profit. Les programmes en coopération seront peut-être menés en partie avec la France, mais déjà sur nombre de segments, celle-ci est déjà laissée de côté. On l’a déjà vu avec le domaine spatial où l’Allemagne a choisi de briser l’accord bilatéral de Schwerin en choisissant de construire en national sa capacité d’observation optique ; on le voit actuellement avec l’alliance Airbus-Boeing pour le programme de remplacement des CH-53, on le verra demain avec le refus allemand de participer à l’armement air-sol du Tigre Mark-3.

Ajoutons enfin pour que le tableau soit complet que le projet de loi sur l’exportation d’armement, en cours d’élaboration au ministère de l’économie jusqu’à l’été, continue de faire peser une épée de Damoclès sur l’exportation de matériels français intégrant des sous-ensembles allemands, et continuera d’être la source de tensions futures entre Paris et Berlin. Avec une telle injection de crédits dans la sa défense, Berlin pourrait ainsi revenir au schéma de l’ancien Vice-Chancelier (SPD), Sigmar Gabriel : un budget annuel de défense robuste combiné avec des coopérations européennes ne nécessite plus d’exportations d’armement hors d’Europe et de l’OTAN… C’est à cette solution que poussent les écologistes allemands, le Parlement européen, les ONG et les institutions financières qui acceptent encore de financer la défense…

C’est pourquoi le Fonds spécial, loin de donner un nouvel élan à la coopération franco-allemande, pourrait, en fait, l’enterrer.

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(1) Le groupe Vauban regroupe une vingtaine de spécialistes en activité des questions de Défense.

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Affronter la Chine d’une seule voix (Manfred Weber)

Affronter la Chine d’une seule voix (Manfred Weber)

« Pékin doit comprendre que le respect du droit international et de l’intégrité des frontières ne peut s’appliquer de manière sélective »

À juste titre Manfred Weber prend prétexte de la guerre en Ukraine pour rappeler qu’il faut parler d’une seule voix pour affronter la politique expansionniste et anti libérale de la Chine. Cela d’autant plus que l’adversaire chinois et d’une autre taille que le nain russe.

 

 

Voilà un peu plus d’un mois maintenant que la guerre, dans toute son absurdité et toute son horreur, est de retour en Europe. Tous les jours, ce sont les mêmes images qui nous parviennent : Kiev sous les bombes, Marioupol assiégée, des milliers de civils pris au piège, des immeubles en ruines, et toujours et encore, le flot incessant de réfugiés, femmes et enfants fuyant l’Ukraine par millions, laissant derrière eux toute leur vie, un mari, un père, un frère, un fils – restés au pays pour défendre ce dernier contre l’envahisseur russe.

Ces images font désormais partie de notre quotidien et, si insupportables soient-elles, elles risquent d’en faire partie encore assez longtemps. Malgré la force des sanctions européennes prises à l’encontre du régime de Vladimir Poutine et de ses oligarques, la guerre en Ukraine pourrait bien durer, avec toutes les conséquences et les risques de

Trouver des placements rentables « et » responsables (Denis Alexandre)

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Depuis quelques mois, l’inflation n’est plus considérée par les banques centrales comme un phénomène passager, mais au mieux comme un évènement qui durera plusieurs semestres au moins. En période d’inflation, il est souvent recommandé d’augmenter la part des matières premières dans son allocation d’actifs. Les matières premières constituent en effet une couverture « naturelle » de l’inflation car, qu’elles soient agricoles ou énergétiques, elles sont souvent un facteur de la poussée inflationniste. Une étude a montré qu’entre 1970 et 2015, cette classe d’actifs a réalisé une performance de 22% lors des périodes de « surinflation ».

Grâce à la multitude d’ETF (fonds cotés en Bourse) sur les marchés, il est très simple d’investir soit dans un indice de matières premières diversifié comme le Refinitiv core commodity index (CRB), en hausse de 30% depuis le début de l’année, ou dans son équivalent spécialisé sur certaines matières premières agricoles (blé, soja, coton, sucre…) ou d’énergie (pétrole, gaz…). Mais en décidant d’accroître son allocation vers les matières premières, l’investisseur doit avoir en tête qu’il augmentera la demande sur ce type d’actifs et donc les prix. Les conséquences induites ne sont pas neutres en matière de « soutenabilité » :

  • Sur les matières agricoles comme le blé: des émeutes de la faim comme celles qu’ont connues certains pays africains en 2008 où à l’époque le blé avait doublé en un an.
  • Sur le pétrole : l’affaiblissement du pouvoir d’achat des populations est une première conséquence, mais elle s’accompagne d’une modification du mix énergétique, rendant à nouveau rentables de nouvelles utilisations d’énergies plus polluantes comme les gaz et pétrole de schiste ou même le charbon, comme nous le montre la crise ukrainienne actuelle.

Face à un marché incertain, il est également recommandé de diversifier son allocation avec de la gestion alternative qui se veut décorrélée des marchés actions. Or, si les stratégies des hedge funds sont extrêmement variées, la spécialisation de certains sur des classes d’actifs ou des stratégies particulières soulève des questions.

Sur les matières premières par exemple, un des plus connus est celui de Pierre Andurand qui a gagné plus de 100% depuis le début de l’année grâce à la hausse des prix de l’énergie, qu’il a su anticiper. Il n’a aucune contrainte ESG (environnementale, sociale ou de gouvernance) à respecter sur ces prises de position car ses investisseurs ne lui en imposent aucune…

 

D’autres, les commodity trading advisors (CTA), s’appuient sur des stratégies quantitatives l–’une d’elle consiste à « suivre la tendance » et investir sur tout type d’actifs dès qu’une tendance haussière ou baissière est détectée. Ils ont bénéficié de la hausse des matières premières avec des gains de plus de 10% cette année et ont amplifié les mouvements de hausse en aggravant les conséquences sociales décrites ci-dessus.

Certains hedge funds ont, au contraire, mis les critères ESG au cœur de leur stratégie. C’est le cas du hedge fund « activiste » TCI de Christopher Hoen,qui gère 40 milliards de dollars. Il a eu un impact certain dans les sociétés où il investissait, en militant pour une gouvernance beaucoup plus exigeante en matière de transition énergétique. Sa performance (23% en 2021) a toujours été positive au cours des treize dernières années, ce qui prouve que, même pour des fonds spéculatifs, l’ESG n’est pas forcément synonyme de baisses de performance.

La gestion alternative ne se résume pas aux hedge funds : le private equity est une autre classe d’actifs pouvant apporter de la diversification dans des marchés incertains et volatils. Mais lui aussi n’est pas exempt de critiques.

Comme le soulignait la passionnante étude de The Economist parue en février, des grands groupes cotés en Bourse ont dû se séparer d’actifs extrêmement rentables sous la pression de leurs investisseurs voulant respecter leurs critères environnementaux. Les grands noms du private equity (KKR, Blackstone, Carlyle) ont ainsi pu acheter pour 60 milliards de dollars d’actifs liés au pétrole, gaz et charbon. Il y a donc un paradoxe et une certaine hypocrisie : ces mêmes investisseurs (fonds de pension, fondations, fonds souverains…) poussent leurs participations cotées à sortir de ces actifs pour respecter leurs critères ESG et les rachètent à travers leur poche « private equity »,qui n’a pas ce type de contraintes.

Le bitcoin est souvent comparé par ses fans à l’or en plus efficient : le nombre de bitcoins en circulation a été limité dès sa conception, et il s’échange et se transporte plus facilement (un simple mot de passe). Il serait le seul refuge possible dans le monde inflationniste crée par la « folie » des banques centrales pendant la crise de la Covid.

Indépendamment de son caractère ô combien spéculatif, comme le montrent ses variations et tous les produits à effet de levier sur ce sous-jacent, il pose une vraie question de gaspillage énergétique, à l’heure du réchauffement climatique. Le Monde donne l’exemple de la plus grande usine de « minage » de bitcoins aux Etats-Unis, qui consommerait l’équivalent d’un demi-réacteur nucléaire ; le Guardian celui de la réouverture d’une mine de charbon dans le Montana pour satisfaire une autre entreprise de minage. Or les fans du bitcoin expliquent qu’au contraire, il est la solution pour l’optimisation et la rentabilité des énergies renouvelables. Fâcheux paradoxe !

Dans un environnement de marché complexe, s’ajoutent des contraintes ESG qui n’existaient pas il y a encore quelques années, ce qui rend la tâche des investisseurs, notamment institutionnels, encore plus difficile. Néanmoins, prendre un peu de recul et se poser les bonnes questions n’est pas si complexe. A moins que, comme Tartuffe, la tentation du rendement à tout prix pèse beaucoup plus lourd que les grands principes proclamés.

Denis Alexandre est professeur de finance et consultant en gestion des risques et marché de capitaux.

Pétrole et Russie: Suspendre le marché carbone européen idiot

Pétrole et Russie: Suspendre le marché carbone européen idiot

Face à l’impasse politique de la flambée des prix de l’énergie, Thierry Bros estime que l’Allemagne place l’Europe devant un risque systémique. La démonstration sans doute de ce marché carbone idiot qui ne fait que renchérir les prix du carburant et sans impact sur l’environnement. 

 

 

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, réunis jeudi et vendredi à Bruxelles, ne sont pas parvenus à trouver de consensus sur les différentes solutions évoquées à la flambée des prix de l’énergie. Ils sont seulement convenus de créer une plateforme pour des achats communs de gaz, qui fonctionnera sur la base du volontariat. La Commission européenne devrait faire des propositions concrètes en mai.

Thierry Bros est professeur à Sciences Po et spécialiste de la géopolitique de l’énergie.

Six mois après le début de la flambée des prix du gaz, les Européens ne parviennent toujours pas à s’entendre sur la réponse à y apporter. Comment l’expliquez-vous ?

Les discussions sont bloquées à cause d’une division entre pays du nord et du sud. D’un côté, des Etats comme l’Espagne et la France demandent des réformes, et de l’autre, les Pays-Bas, l’Autriche et surtout l’Allemagne freinent des quatre fers. Cette division est liée à la différence des mix énergétiques, assez carboné avec une forte dépendance au gaz en Allemagne et en Autriche notamment, et au contraire très décarbonés pour ce qui est de la France grâce au nucléaire et de l’Espagne ou du Portugal grâce aux énergies renouvelables. Partant, ces pays voudraient changer la règle dite du « merit order » du marché intégré européen de l’électricité, selon laquelle le prix du dernier électron fait le prix total, et qui revient donc à l’heure actuelle à aligner le prix de l’électricité sur celui du gaz voire du charbon. Ces pays payent l’incohérence de la politique énergétique de l’Allemagne, qui n’a pas fait les efforts de diversification qu’elle leur avait promis.

Il faut traiter avec le diable Poutine ! ( L’Opinion)

Il faut traiter avec le diable Poutine ! ( L’Opinion) 

 

Dans un édito, » l’Opinion »  milite pour un respect du chef de l’État russe et considère qu’il faut savoir traiter avec le diable Poutine.

« Peut-on discuter avec un « boucher » ? Négocier avec un « criminel de guerre » ? La réponse est oui. Malheureusement. Si l’on veut éviter que l’Ukraine ne soit complètement ravagée, comme la Syrie l’a été, il faudra se résoudre à se mettre autour d’une table avec Vladimir Poutine et tenter de trouver, avec lui,un compromis acceptable pour toutes les parties » . Le papier de l’opinion considère que « les déclarations de Joe Biden en Pologne ne sont pas un signal positif. Affirmer que le président russe « ne peut pas rester au pouvoir » et l’insulter est contre-productif. A raison, la diplomatie française, comme d’autres, a pris ses distances : l’Elysée cherche à maintenir le contact avec le Kremlin en vue d’un cessez-le-feu.  Imaginer aujourd’hui que la paix ne sera pas possible sans un changement de régime à Moscou, c’est se condamner à la poursuite de la guerre – sans, d’ailleurs, vouloir y engager ses propres soldats… A l’éthique de conviction des moralistes et des militants,les dirigeants politiques se doivent de préférer l’éthique de responsabilité ».

En fait,  ce qui est défendu c’est surtout le concept de responsabilité du business. Le même discours entendu de la part du patronat lors de la dernière guerre mondiale..

Ce n’est pas la paix sans doute qu’on défend mais surtout l’activité économique y compris sur le dos de la paix et de la liberté. Le papier de « l’Opinion » oublie une seule chose, c’est que Poutine depuis 20 ans n’a jamais négocié avec qui que ce soit. Pas de discussion interne encore moins de démocratie où le choix local est la prison ou le cercueil. Pas de négociation au Moyen-Orient. En Syrie notamment Poutine a écrasé vie les populations. Pas de négociation en Afrique vous Poutine sème le désordre partout et soutient aussi les dictatures. Poutine ne négociera pas en Ukraine. Il ira sans doute une trêve provisoire mais tant que Poutine sera la c’est uniquement la force aveugle qui prévaudra concept de négociation.

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