Archive mensuelle de mars 2022

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La promesse d’une police de proximité par les chasseurs !!!!

La promesse d’une police de proximité par les chasseurs !!!!

 

En politique,  beaucoup n’hésitent  vendre leur âme et certains vendent  y compris ce qui ne leur appartient pas comme les voix de leur organisation. Ainsi celle de la fédération des chasseurs vendues à Macron contre certaines promesses comme par exemple l’invraisemblable police de proximité assurée par les chasseurs. Quand on connaît la sociologie des chasseurs il y a tout lieu de s’interroger. Certes l’activité de chasseurs est honorable comme la personnalité de ceux qui s’adonnent ; une activité qui mérite cependant la mise en place d’une régulation pour concilier les intérêts de tous,  en même temps qu’assurer la sécurité des promeneurs. En gros,  la sociologie des chasseurs ne se confond pas avec celle de l’Académie française. La chasse rassemble surtout le milieu populaire et des couches moyennes qui ne se caractérisent pas par un haut niveau intellectuel et politique. De ce point de vue, la chasse à courre ne fait pas exception si l’on prend en compte tous ceux qui suivent cette activité.

Donner une mission de police rurale aux chasseurs fait froid dans le dos quand on connaît l’état d’ivresse souvent avancée des chasseurs après regroupement au rendez-vous ; sans parler de l’idéologie d’extrême droite qui anime la plupart d’entre eux . Un sondage montrerait facilement qu’une grosse majorité se situent politiquement à l’extrême droite. Surtout parmi les ruraux qui pourtant n’ont pas  souvent l’occasion de voir le nez du moindre immigré. L’analyse des élections récentes le démontre .

 

Cette proposition de constitution d’une police de proximité constitue une véritable provocation. Elle s’ajoute à cette déclaration d’un président des chasseurs qui ne fait pas dans la dentelle en se déclarant en faveur de Macron. Cette posture mérite à elle seule d’engager rapidement une réflexion sur la régulation d’une activité actuellement un peu trop le contrôle de poujadistes irresponsables.

Covid- France 31 mars 2022 :hausse encore 169 024 cas en 24 heures

Covid- France 31 mars 2022 : encore 169 024 cas en 24 heures,

on enregistre ce mercredi 30 mars 2022  encore 169 024 cas en 24 heures, : 142.134 morts au total, +149 morts supplémentaires. Le nombre de décès en EHPAD et EMS fait état de 28.475 (+17) décès au total. Le nombre total de décès en milieu hospitalier est lui de 113.659 (+132 en 24h).

Le taux de reproductivité R est de 1,35 le taux d’incidence à 1.337,23 et la tension hospitalière à 30,6 %. Le taux de positivité est à 24,8 %.

La France compte actuellement 21.688 (+388) personnes hospitalisées et 1.546 (+8) malades en réanimation.

BilanDes régions

Ile-de-France : 4.402 (+116) hospitalisées, 373 (+1) en réanimation et +16 décès en 24h

  • Grand Est : 1.903 (+38) hospitalisés, 145 (+8) en réanimation et +15 décès en 24h
  • Hauts de France : 2.182 (+37) hospitalisés, 145 (-1) en réanimation et +11 décès en 24h
  • Auvergne Rhône Alpes : 2.167 (+29) hospitalisés, 148 (+1) en réanimation et +19 décès en 24h
  • Provence-Alpes Côte d’Azur : 2.168 (+6) hospitalisé, 167 (+1) en réanimation et +12 décès en 24h
  • Bretagne: 1.074 (+23) hospitalisés, 53 (0) en réanimation et +11 décès en 24h
  • Normandie : 1.350 (+37) hospitalisés, 67 (-4) en réanimation et +9 décès en 24h
  • Nouvelle-Aquitaine : 1.475 (+7) hospitalisés, 102 (-1) en réanimation et +9 décès en 24h
  • Pays de la Loire : 780 (+38) hospitalisés, 53 (+2) en réanimation et +6 décès en 24h
  • Occitanie: 1.778 (+29) hospitalisés, , 129 (+1) en réanimation et +8 décès en 24h
  • Centre-Val de Loire : 867 (+7) hospitalisés, 55 (-4) en réanimation et +4 décès en 24h
  • Bourgogne-Franche-Comté : 868 (+4) hospitalisés, 58 (+4) en réanimation et +10 décès en 24h

 

Economie, politique, société: les plus lus (30 mars 2022- 7h00)

Poutine un jour devant la justice internationale ?

Présidentielle 2022 : Macron sur les sites de rencontre !

Société: L’impossible simplification administrative

 

Politique-France-Corse : je t’aime moi non plus !

Politique-France-Corse : je t’aime moi non plus !

 

 

Il y a évidemment quelque chose d’ambigu dans les relations entre la France et la Corse, des régions et des populations tellement proches mais qui paraissent aussi tellement éloignées au point que certains envisagent jusqu’à l’indépendance de l’île.

 

La Corse est admirée pour sa beauté en même temps que pour la douceur de vivre de ses  habitants. Elle est cependant détestée du fait de l’extrémisme d’indépendantistes irresponsables et de mafieux.

 

Le dossier corse pourrit les relations depuis des dizaines et des dizaines d’années au point que les Français de l’Hexagone ont montré dans différents sondages qu’ils seraient prêts a accordé l’indépendance à cette île toujours en état de révolution infantile.

 

S’il y a effectivement un mouvement de revendication d’indépendance en Corse, il reste cependant très minoritaire dans la population. Et plusieurs sondages ont démontré qu’en cas de référendum par exemple une majorité de Corses seraient contre ce concept d’indépendance ( à distinguer de l’autonomie qui, elle ,d’ailleurs pourrait s’appliquer à d’autres régions d’outre-mer voir même à toutes les régions françaises comme en Allemagne).

 

C’est le paradoxe, une minorité agissante qui instrumentalise la mauvaise humeur des Corses pour donner une légitimité à la revendication d’indépendance mais des Corses qui globalement n’en veulent pas car économiquement et même culturellement attachés à la France. Et inversement le ras-le-bol des Français vis-à-vis d’un territoire aux représentants versatiles, démagogiques et souvent irresponsables.

Russie: De très graves conséquences des sanctions (Coface)

Russie: De très graves conséquences des sanctions  (Coface)

 Dans un entretien à La Tribune, Bruno De Moura Fernandes, responsable de la recherche macroéconomique chez Coface, décrypte l’impact des sanctions occidentales contre la Russie sur l’économie russe mais aussi mondiale : inflation, banques, énergie, tensions sociales…, la guerre en Ukraine pourrait affecter durablement l’économie mondiale selon lui.

 

Bruno de Moura Fernandes économiste chez Coface. Le spécialiste de l’assurance-crédit alerte sur les risques économiques et sociaux de cette guerre d’ampleur. (Crédits : DR)

LA TRIBUNE-  »La Russie est en train d’être débranchée progressivement du reste du monde, notamment sur le plan économique, et cela va avoir un impact extrêmement lourd », a affirmé le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune en début de semaine. Quel pourrait être l’impact global des sanctions décidées par les puissances occidentales ces derniers jours sur l’économie russe et l’économie mondiale ?

BRUNO DE MOURA DE FERNANDES- Il est difficile à ce stade de chiffrer l’impact global sur le produit intérieur brut (PIB) russe car les sanctions sont encore en train d’évoluer et prennent diverses formes mais l’économie russe sera fortement impactée. L’Europe, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Japon ont décidé de bloquer les réserves de la Banque centrale russe. C’est l’une des mesures phares car elle réduit les possibilités de la banque centrale russe de limiter l’impact des sanctions sur l’économie russe.

Cette guerre aura également un impact sur l’économie mondiale. Certains pays ont annoncé qu’ils arrêteraient les exportations de certains biens, notamment technologiques vers la Russie. Ces pays étant importateurs de produits intermédiaires, leurs fournisseurs seront également affectés. Les chaînes de production étant mondiales, les effets se répercutent in fine dans un grand nombre de pays.

Enfin concernant les matières premières, nous voyons déjà un renchérissement des prix et donc du coût de production pour les entreprises. Les cours du gaz et de l’énergie en général ont augmenté. La hausse du prix des céréales affecte à la fois le consommateur et les éleveurs ou encore ceux qui font de la transformation. L’inflation en Europe s’accélère notamment en raison de la hausse des prix des matières premières. Cette hausse de l’inflation entraîne une baisse du pouvoir d’achat pour les consommateurs et une moindre consommation. Enfin, l’incertitude actuelle peut avoir des effets sur l’investissement. Chaque nouvelle sanction aura des répercussions sur l’activité alors même que pour l’instant, la Russie n’a pas encore annoncé de mesures de réciprocité.

 

Le rouble s’est effondré ce lundi et la Banque centrale russe a augmenté son taux directeur de 10 points. La Banque centrale russe a-t-elle encore des munitions pour faire face à l’inflation galopante ? La Russie peut-elle compenser les dégâts infligés par ces mesures ?

La situation est très compliquée pour la Banque centrale russe. Elle dispose d’importantes réserves en devises étrangères de l’ordre de 640 milliards de dollars mais selon les estimations de l’Union européenne, près de la moitié de ces réserves sont à l’étranger et donc actuellement bloquées. Cela limite leurs utilisations. En outre, une grande partie des réserves repose sur l’or qui n’est pas très liquide et dont une vente massive risquerait de faire chuter le cours. Une interrogation concerne aussi l’appui de la Chine : Pékin va-t-il fournir des liquidités à la Russie ? La Banque centrale russe a deux options : la première constitue à relever les taux ce qu’elle a fait. La deuxième solution pourrait être de contrôler les capitaux mais cela peut affecter lourdement l’activité.

 

L’exclusion du système de messagerie Swift de certaines banques russes a déjà plongé plusieurs établissements dans la faillite en Europe. Le système bancaire européen est-il grandement exposé en Russie ?

Certaines banques européennes pourraient pâtir de la situation car elles ont soit des filiales en local soit des expositions non négligeables. Mais le système européen est solide et à ce stade nous ne voyons pas le risque financier comme un des risques les plus importants pour l’Europe.

 

Sur le plan énergétique, l’Europe reste très dépendante du gaz russe. Cela ne pourrait-il pas limiter les conséquences des sanctions surtout que l’énergie bénéficie de certaines exemptions sur les sanctions ?

L’enjeu pour les Etats européens est de sanctionner efficacement la Russie sans se mettre trop en difficulté notamment sur les problématiques énergétiques. La Russie représente environ 50% des importations de gaz de l’Allemagne et de l’Italie. Il faut donc éviter une envolée des prix du gaz ou encore des problèmes d’approvisionnement. Toute la difficulté est de trouver un juste milieu sachant que la Russie devrait avoir intérêt à continuer d’exporter du gaz ou du pétrole pour enregistrer des entrées de devises.

 

Du côté européen, les milieux économiques et financiers s’inquiètent d’un prolongement et d’une possible intensification du conflit en Ukraine. Quelles pourraient être les répercussions d’une telle guerre à court terme sur l’économie européenne ? Face à toutes ces incertitudes, que peut faire la Banque centrale européenne (BCE) ?

Lors de la réunion du 10 mars prochain, la BCE fera face à un dilemme important. Faut-il remonter les taux et retirer le soutien monétaire afin de freiner une inflation accentuée par la hausse des prix des matières premières si les marchés sont extrêmement tendus et l’activité marque le pas ? Les marchés anticipent désormais une position attentiste de la BCE même s’il y a différents courants de pensée au sein des gouverneurs. La BCE pourrait décider de soutenir l’économie et de garantir une stabilité financière en maintenant un programme d’achats d’actifs et en ne remontant pas les taux rapidement. Il faudra rester attentif et observer comment évolue la situation dans les prochains jours.

Dans votre dernier baromètre dévoilé juste avant le déclenchement du conflit, vous évoquez un prolongement des perturbations sur les chaînes d’approvisionnement. Dans quelle mesure ce conflit risque-t-il d’amplifier ces difficultés en zone euro ?

Dans ce baromètre, nous tablions sur un prolongement pendant encore quelques mois des difficultés d’approvisionnement mais nous reconnaissions que ces difficultés avaient atteint un pic. Elles auraient dû diminuer progressivement pour se résorber d’ici à la fin de l’année dans la plupart des secteurs. Avec ce conflit, certains flux vers ou depuis la Russie vont être stoppés ou contrôlés. La Russie occupe une place stratégique mondiale dans la production de certains métaux comme le palladium, l’aluminium, le nickel ou encore le cuivre. On peut donc désormais s’attendre à plus de tensions sur ces métaux. De manière générale, cette situation va aggraver les difficultés sur les chaînes d’approvisionnement et avoir des répercussions négatives sur l’économie mondiale.

 

Dans le baromètre, vous rappelez également qu’il y a de vrais risques de tensions sociales dans le contexte de la pandémie. Comment ce conflit peut-il exacerber ces pressions sociales ?

La pandémie liée au Covid a exacerbé les pressions sociales en générant des inégalités et des frustrations. La hausse de l’inflation liée à la situation russo-ukrainienne va accentuer les tensions. Rappelons que la Russie et l’Ukraine sont des producteurs importants de céréales et que des fortes pressions sociales ont déjà eu lieu par exemple au Kenya ou au Malawi en raison de la hausse des prix de l’alimentation. Plus les prix de l’énergie et de l’alimentaire sont affectés, plus le risque des tensions sociales est important car cela entraîne mécaniquement une hausse de la pauvreté et des inégalités.

Un dollar numérique sans blockchain ?

Un dollar numérique sans blockchain ?

Menés par Stephen Lynch, élu du Massachusetts à la Chambre des représentants,Les députés démocratesviennent d’introduire une proposition de loi, le Electronic Currency and Secure Hardware (ECASH) Act, qui conduirait le Département du Trésor à tester l’usage d’une « version électronique » du dollar.

Si la loi est votée (ce qui reste très incertain, les démocrates n’ayant qu’une très courte majorité législative, face à un parti républicain peu coopératif), elle entraînerait la mise en œuvre par le Département du Trésor d’un Electronic Currency Innovation Program (ECIP). Celui-ci serait ensuite chargé de superviser une série de projets pilotes expérimentant l’usage d’un « e-cash », une monnaie virtuelle émise par le Département du Trésor, qui pourrait être utilisée sans passer par l’intermédiaire des banques. Les tests seraient déployés au maximum 90 jours après le passage de la loi, et la monnaie virtuelle devrait être rendue accessible au public sous un délai de quatre ans.

Le e-cash sera conçu pour être facile d’utilisation, afin d’être le plus inclusif possible, les soutiens démocrates de la loi ayant à cœur d’en faire une monnaie accessible à tous. Deux personnes pourraient ainsi s’échanger facilement des e-cash en tapant leur téléphone l’un contre l’autre, et la monnaie devra également être facilement utilisable dans le commerce de détail, sur le modèle offert par le paiement sans contact. L’idée est aussi de permettre d’envoyer des e-cash à distance par messages sécurisés.

L’originalité du e-cash tient en partie au fait qu’il ne s’agirait pas d’une cryptomonnaie, comme le bitcoin. Ainsi, la loi stipule que le dispositif doit permettre des échanges monétaires de pair à pair « sans passer par un registre commun ou distribué »  et générer « un minimum de données transactionnelles » (là où la blockchain Bitcoin rend toutes les transactions publiques). L’idée est de conserver la confidentialité, la facilité d’utilisation et l’absence de frais de transaction qui caractérisent l’argent liquide, mais en s’affranchissant simplement du billet physique.

 

Ukraine : Poutine pris au piège d’une rencontre avec Zelensky

Ukraine : Poutine pris au piège d’une rencontre avec  Zelensky

 

D’après les négociateurs ukrainiens, les conditions sont suffisantes pour une rencontre Zelensky-Poutine.

Une belle nouvelle évidemment si cela peut déboucher sinon sur un accord au moins sur un arrêt des combats.
Reste qu’il s’agit d’ores et déjà d’une véritable claque pour Poutine qui avait nié l’existence de l’Ukraine et la légitimité de son président considéré comme un un clown voie comme un drogué voir .

De son côté, l’Ukraine montre ainsi son sens des responsabilités et remet aussi à niveau la posture politique de son président.
Une couleuvre qui sera difficile à avaler pour Poutine qui a toujours affiché le plus grand mépris vis-à-vis des dirigeants de l’Ukraine.

Le seul fait d’envisager une rencontre Zelensky-Poutine témoigne de la défaite du dictateur russe.

Pour preuve des difficultés à se résoudre un jour à une rencontre, Poutine envoie des seconds couteaux dans les négociations pour ne pas se compromettre. Mais des seconds couteaux suffisamment importants pour d’ores et déjà engager des négociations incontournables si Poutine ne veut pas faire plonger la Russie dans une crise politique et économique encore plus dramatique.

Les pourparlers entre la Russie et l’Ukraine mardi à Istanbul ont été «substantiels» et ouvrent la voie à une rencontre entre les présidents Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky pour mettre fin au conflit qui a débuté il y a plus d’un mois, ont estimé les négociateurs des deux camps après trois heures de discussions.

A l’issue de ces négociations qui se tenaient au palais de Dolmabahçe à Istanbul, le chef de la délégation russe et représentant du Kremlin, Vladimir Medinski, a fait état de «discussions substantielles» et dit que les propositions «claires» de l’Ukraine en vue d’un accord allaient être «étudiées très prochainement et soumises au président» Vladimir Poutine.

Il a estimé qu’un sommet entre Poutine et Zelensky serait possible en cas d’accord pour mettre fin aux hostilités. Depuis le début de l’invasion russe le 24 février, Moscou avait toujours écarté cette proposition de Kiev.

Signe que les discussions ont avancé, le vice-ministre de la Défense russe Alexandre Fomine a annoncé que Moscou allait «réduire radicalement (son) activité militaire en direction de Kiev et Tcherniguiv», dans le nord du pays, les négociations sur un accord sur la neutralité de l’Ukraine «entrant dans une phase pratique».

 

Présidentielle : la Fédération des chasseurs pour Macron !

Présidentielle : la Fédération des chasseurs pour Macron !

 

L’exemple même du clientélisme et du populisme donné par le président de la fédération des chasseurs qui n’hésite pas à s’asseoir sur les statuts de son association pour annoncer son intention de voter Macron au premier tour.
On savait évidemment que les chasseurs ne sont pas d’une subtilité démocratique et intellectuelle exceptionnelle mais de là à politiser une organisation il y a un pas qui vient d’être franchi sans état d’âme par le peu scrupuleux président de la fédération des chasseurs.

Il conviendrait sans doute de rappeler à l’intéressé que ce type d’association n’a pas vocation à faire de la politique et où à servir ses intérêts. L’association doit évidemment rappeler ses revendications mais elle n’a pas à s’immiscer dans le choix électoral.

Un rappel utile car le président des chasseurs à l’habitude de s’asseoir allègrement sur les valeurs et les droits démocratiques.

 

« Je suis d’une froideur et d’un pragmatisme total sur les choix à faire. Je fais abstraction de mes opinions. » Willy Schraen, le président de la Fédération des chasseurs, a annoncé son intention de voter Emmanuel Macron « dès le premier tour » dans un entretien au Parisien / Aujourd’hui en France (article abonnés).

« Il [le chef de l'Etat] va annoncer dans les prochaines heures sa vision de la chasse à travers une lettre aux présidents départementaux de chasse, avance Willy Schraen. Il devrait s’engager sur l’indemnisation des dégâts de gibier, une police rurale de proximité, les chasses traditionnelles », énumère-t-il. « Il mettra toute son énergie pour répondre à nos demandes. J’ai sa parole », assure-t-il. Avant de faire valoir : « Il ne m’a pas déçu. Aucune loi ou amendement pouvant abîmer la chasse n’a été adopté dans ce quinquennat. À chaque fois qu’on a eu un problème à régler avec un ministre de l’Écologie, il est intervenu. »

Toutefois, Willy Schraen assure qu’il ne s’agit pas d’une consigne de vote. « Les chasseurs font ce qu’ils veulent », déclare-t-il de manière particulièrement hypocrite.

Chine- Occident : deux conceptions irréconciliables du monde

Chine- Occident : deux conceptions irréconciliables du monde

Pékin ne voit pas la guerre en Ukraine comme le signal d’un réveil de l’Union européenne, mais comme une preuve supplémentaire de son déclin, analyse Frédéric Lemaître, correspondant du « Monde » à Pékin, dans sa chronique.

 

Chronique.

 

Le doux commerce est supposé rapprocher les peuples. L’Allemagne a même fait de ce postulat un pilier de sa politique étrangère. Pourtant la Chine démontre l’inverse. Jamais l’empire du Milieu n’a autant commercé avec l’Occident et notamment avec l’Europe. Pourtant, jamais elle n’en a paru aussi éloignée. Sur fond de guerre en Ukraine, le sommet Chine-Union européenne (UE) qui se tient le 1er avril devrait en apporter la confirmation.

Pour l’Occident, Vladimir Poutine est le seul responsable de la guerre en Ukraine puisqu’il a envahi un Etat indépendant qui ne menaçait aucunement la Russie. Pour la Chine, ce sont les Etats-Unis qui sont à l’origine du conflit. Non seulement ils n’ont pas sabordé l’OTAN, qui n’avait plus de raison d’être après la dissolution du pacte de Varsovie, mais ils ont élargi celle-ci en permettant aux pays limitrophes de la Russie d’y adhérer.

A l’Ouest, les peuples ont le droit de choisir leur destin. L’Ukraine a donc le droit de souhaiter adhérer à l’Union européenne voire à l’OTAN, quelles que soient les réponses apportées à cette demande. Pour la Chine, les Ukrainiens sont manipulés par les Etats-Unis. Ils ne comptent pas et n’ont même pas à participer à un éventuel dialogue sur la « sécurité en Europe » que la Chine appelle de ses vœux et qui devrait réunir, « sur un pied d’égalité », les Etats-Unis, l’OTAN et la Russie. Quid de la participation de l’UE à une réflexion sur son destin ? Si l’on se fie aux communiqués officiels, Xi Jinping la mentionne lorsqu’il envisage l’avenir avec Emmanuel Macron et Olaf Scholz mais pas lorsqu’il téléphone à Joe Biden. Vue de Pékin, la question est secondaire.

Ce relatif désintérêt pour l’UE explique sans doute les erreurs de jugement de la Chine. En 2021, celle-ci n’avait apparemment pas réalisé qu’en sanctionnant des élus au Parlement européen, elle tuait dans l’œuf toute ratification de l’accord sur les investissements conclu fin décembre 2020 auquel elle tient tant. Les Chinois expliquaient alors que la motion du Parlement européen visant à geler ce projet d’accord avait été adoptée « probablement sous la pression des Etats-Unis » et que l’Union européenne devrait « ratifier l’accord au premier semestre 2022, lorsque la France prendra la présidence tournante du Conseil de l’UE ». Manifestement, les Chinois n’ont pas intégré toutes les subtilités de l’équilibre des pouvoirs au sein des institutions de l’Union européenne.

Plus généralement, pour les Européens, la guerre en Ukraine est en train de provoquer le réveil de l’UE. Celle-ci devrait en sortir renforcée. Pour la Chine, l’Union européenne sortira affaiblie de cette « crise ukrainienne » en raison des sanctions qui vont peser sur sa croissance et de sa dépendance accrue à l’égard de Washington en matière de sécurité. Selon Pékin, c’est d’ailleurs parce que les Etats-Unis font le même raisonnement qu’ils ont « accroché une clochette au tigre » russe en élargissant l’OTAN.

Digital Markets Act: enfin un vrai cadre de régulation des géants du Net

Digital Markets Act: enfin un vrai cadre de régulation des géants du Net

 

En aboutissant à une nouvelle législation sur les marchés numériques, l’Union européenne tire les leçons de l’inadaptation aux enjeux du secteur de l’actuelle politique de la concurrence. Dorénavant, ce ne sont plus les géants du Web qui dictent leurs règles, mais la Commission qui fixe le cadre à respecter. ( papier du « Monde »)

 

 

 L’Union européenne (UE) a été souvent brocardée pour sa lenteur bureaucratique et ses divisions. L’accord trouvé le 24 mars sur l’encadrement des géants de l’Internet montre que les Vingt-Sept savent aussi faire preuve d’efficacité. En un an, les Etats membres, le Parlement et la Commission européenne ont réussi à aboutir à une nouvelle législation sur les marchés numériques, le Digital Markets Act (DMA).

Ce texte vise à réguler les pratiques anticoncurrentielles des principales entreprises qui contrôlent l’accès au Web. Celles qui sont incontournables en matière de commerce électronique, de recherche sur Internet, d’informatique dématérialisée (cloud), de publicité numérique ou encore les principaux réseaux sociaux devront désormais rendre des comptes sur leur façon d’opérer.

La Commission a édicté une vingtaine de commandements auxquels ces entreprises devront se soumettre. Il s’agit de permettre la communication entre deux messageries n’appartenant pas à la même plate-forme, d’interdire pour les moteurs de recherche, les magasins d’applications ou les plates-formes d’e-commerce de favoriser leurs propres produits et services, d’empêcher de se servir de données d’entreprises utilisant un service dans le but de les concurrencer, de pouvoir retirer des applications préinstallées sur un smartphone et d’en ajouter en provenance de magasins tiers, dencadrer la publicité ciblée, ou encore d’obliger les grands groupes à notifier leurs acquisitions afin de prévenir la prédation de l’innovation chez des concurrents plus petits…

L’UE tire ainsi les leçons de l’inadaptation de l’actuelle politique de la concurrence aux enjeux du numérique. Jusqu’à présent, les enquêtes étaient menées a posteriori, une fois que les infractions étaient constatées. Les entreprises fautives n’étaient sanctionnées qu’au bout de longues années d’investigation par des amendes aux montants peu dissuasifs.

Le DMA renverse la logique avec une réglementation ex ante. Ce ne sont plus les géants du Web qui dictent leurs règles, mais la Commission qui fixe le cadre à respecter. Le numérique sera désormais soumis à une régulation inspirée de celles des secteurs de l’énergie, de la banque ou des télécommunications. Le barème des amendes a été également adapté à la puissance de ces groupes : en cas d’infraction, leur montant pourra aller de 6 % à 20 % du chiffre d’affaires mondial, ce qui, pour Google ou Amazon, représente plusieurs dizaines de milliards de dollars. En cas de récidive, des cessions d’activités pourront être imposées.

Cette réglementation marque un tournant. Il faut saluer la vitesse d’exécution européenne, malgré le lobbying intense des géants du Net. Cette célérité doit être comparée à la lenteur du processus aux Etats-Unis. Malgré les commissions d’enquête, les auditions parlementaires, les propositions de loi et le volontarisme politique de Joe Biden, aucune régulation significative n’a encore vu le jour.

Face à ce retard, l’UE, grâce au DMA, a l’occasion de donner naissance à des normes qui pourraient inspirer d’autres pays et fournir un point d’appui à ceux qui cherchent aussi à mieux y encadrer leur marché numérique.

Pour autant, la partie est loin d’être gagnée. Le règlement général de protection des données (RGPD), pourtant prometteur, a montré que les Gafam savaient trouver des échappatoires au cadre qui leur est imposé. L’enjeu pour le DMA consiste maintenant à se doter de moyens d’application et de contrôle suffisamment efficaces pour surmonter le manque de transparence et de volonté de coopérer dont ces entreprises ont toujours fait preuve.

Critique du projet « mon psy » du gouvernement

Critique du projet « mon psy » du gouvernement

 

Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron et Olivier Véran se félicitent d’une réforme concernant le remboursement de consultations auprès d’un psychologue qu’ils présentent avec emphase comme une avancée historique pour les personnes en situation de détresse psychique.

Que l’on ne s’y trompe pas. Beaucoup de psychologues sont favorables à un dispositif de remboursement des séances au nom d’une égalité d’accès aux soins psychiques. Et puis, ne boudons pas notre plaisir : notre métier est enfin reconnu d’utilité publique, loin des clichés sulfureux qu’il charrie encore parfois. Pour autant, le dispositif MonPsy, qui entrera en vigueur à partir du 5 avril, est inacceptable et dangereux pour nous comme pour nos futurs patients.

L’ensemble de la profession n’a cessé de le dire, mais nos demandes et propositions sont restées lettre morte. Si bien que nous, psychologues libéraux et exerçant en institution, sommes aujourd’hui déterminés à boycotter ce protocole dont nous étions pourtant nombreux à louer les motifs initiaux.

A titre liminaire, nous rappellerons au président de la République et à son ministre des solidarités et de la santé que le libre accès au soin psychique prodigué par des psychologues existe dans son principe noble, inconditionnel et gratuit, depuis une soixantaine d’années au sein de structures hospitalières et médico-sociales publiques.

Or ces établissements ne sont plus en capacité d’effectuer leur mission (les listes d’attente pour la prise en charge de nouveaux patients varient de plusieurs mois à quelques années) parce que les gouvernements successifs les ont laissés progressivement dépérir en limitant leurs moyens et en transformant leur esprit.

Dans ce contexte désolant, le dispositif promu par l’exécutif à destination du secteur libéral a tout de la poudre aux yeux jetée à des fins purement électoralistes. Qu’on en juge plutôt. En premier lieu, les séances ne seront remboursées que sur adressage préalable d’un médecin. Dans notre pratique quotidienne, une orientation du médecin est parfaitement compatible avec notre exercice.

Le dévoiement de la liberté

Le dévoiement de la liberté

 

« De nos jours, la liberté consiste à augmenter à l’infini les possibilités de choix, par une conquête quasi obsessionnelle des droits, dussent-ils être à l’origine d’une tyrannie. En apparence, ces droits nous rassurent. Mais comme nous craignons continuellement de les perdre, ils ne nous apportent aucun apaisement durable », estime Baudouin De Rycke ( Dans le Monde.)

 

Comment s’étonner qu’affleure l’anarchie dans nos contrées (dérives sociales, lamentations quotidiennes, dégénérescence des mœurs, augmentation régulière de la violence, des suicides, de la consommation de psychotropes…) quand se dénaturent et se tarissent, aux yeux du peuple déboussolé, la famille, l’école, la religion et l’Etat, ces laboratoires d’idées, ces éveilleurs de conscience qui éclairent et nourrissent nos choix de vie depuis des millénaires ?

Au sein de la première (la famille), les parents, plongés en permanence dans un rythme de vie dévorant, sont de moins en moins aptes à maintenir leurs enfants dans un cadre de vie strict et harmonieux, leur santé nerveuse se dégradant au fil du temps, au détriment de leur écoute et de leur disponibilité. Au sein de la deuxième (l’école), l’éducation morale est devenue anecdotique sous la pression des sacro-saintes compétences.

L’anticléricalisme forcené des dernières décennies est venu quasiment à bout de la troisième (la religion), qui désormais se vit essentiellement dans l’ombre ou la solitude pour les uns, dans l’arrogance, la crainte et parfois même la honte, pour ceux dont la religion est plus ostensiblement contestée. Les préceptes d’amour, d’humilité et de respect que martelaient les Anciens, croyants ou incroyants, ont peu à peu cédé la place à des formes de bien-être qui n’auraient certes rien de répréhensible si le nihilisme ambiant et le matérialisme triomphant ne les pervertissaient.

Enfin, les appels de l’Etat aux devoirs civiques sont devenus quasiment inaudibles. Avec le temps et les « affaires » répétées, plus sordides les unes que les autres et relayées dans un temps record par la presse, la crédibilité des politicien(ne)s s’est érodée aussi profondément que celle des guides spirituels et des professeurs, un nombre croissant d’individus se référant désormais à leurs propres lois et semblant n’avoir pour seule ambition que la jouissance de leurs sens et le contrôle de leur santé financière : programme de vie un peu court dans le cadre d’une déshumanisation sans précédent et d’une paix sociale continuellement en péril…

En réalité, ces quatre sources de vie s’enlisent peu à peu dans une vision utopique de la liberté. De nos jours, comme nous le fait comprendre Bertrand Vergely dans un ouvrage récent (La vulnérabilité ou la force oubliée, Le Passeur, 2020), celle-ci consiste à augmenter à l’infini les possibilités de choix, par une conquête quasi obsessionnelle des droits, dussent-ils être à l’origine d’une tyrannie. En apparence, ces droits nous rassurent. Mais comme nous craignons continuellement de les perdre, ils ne nous apportent aucun apaisement durable. Être sans cesse sur le qui-vive nous épuise. Ne nous sentant jamais libres d’esprit – obsédés que nous sommes par notre liberté –, nous sombrons peu à peu dans la mélancolie.

La vraie liberté est intérieure, nous rappelle encore ce même auteur. Elle consiste à se sentir libre, même quand on ne l’est pas objectivement. Ce genre de liberté vient de la sagesse et de rien d’autre… Là me paraît être le bon sens. Et de m’appliquer à comprendre pourquoi ce dernier nous échappe me réconcilie personnellement avec la vie, que nous avons la malhonnête habitude d’incriminer, quand nous devrions avant tout nous livrer à une sévère, lucide et courageuse analyse critique de nos propres comportements.

Baudouin De Rycke, Montigny-le-Tilleul (Belgique)

Economie, politique, société: les plus lus (30mars 2022- 6h00)

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Poutine conduit une guerre de civilisation

Poutine conduit  une guerre de civilisation 

La défense du conservatisme traditionaliste russe face au modernisme de l’Occident, considéré comme décadent, constitue le ressort idéologique de l’invasion de l’Ukraine par le président russe, explique l’essayiste,Michel Eltchaninoff ,  dans un entretien au « Monde ».

 

Spécialiste de la philosophie russe, Michel Eltchaninoff est également rédacteur en chef à Philosophie magazine. Il a notamment publié Lénine a marché sur la lune. La folle histoire des cosmistes et transhumanistes russes (Solin-Actes Sud, 256 pages, 21 euros) et vient de rééditer une version augmentée et actualisée de Dans la tête de Vladimir Poutine (Actes Sud, « Babel », 208 pages, 7,50 euros), ouvrage dans lequel il analyse le « substrat intellectuel » du président russe qui se considère comme « un philosophe de la mission civilisationnelle de la Russie, et aussi comme un historien ».

L’indépendance de l’Ukraine est vécue par Vladimir Poutine comme « une tragédie ». Elle est « le résultat d’un travail délibéré de forces qui ont toujours tendu à briser notre unité », dit-il, dans le sillage d’Ivan Ilyine [1883-1954], ce philosophe qui imaginait déjà une « dictature nationale » comme remède au chaos séparatiste qui suivrait la fin du communisme et qui est une de ses grandes références intellectuelles. Vladimir Poutine affirme depuis longtemps que « Kiev est la mère des villes russes », selon une formule attribuée au prince Oleg au Xe siècle, et prétend restaurer « l’unité historique des Russes et des Ukrainiens ».

Sa conviction repose sur une vision biaisée de l’histoire, écrite à l’époque impériale, au XIXe siècle, qui établit un lien de continuité entre la principauté de Kiev [IXe-XIIIe siècle] et l’origine de la Russie contemporaine, qui se met en place à partir du XIIIe avec le royaume de Moscovie. Or, la Rus’ de Kiev est un empire multiethnique et non pas une entité slave. Ainsi, la vision de Vladimir Poutine est-elle une reconstruction impériale.

L’Ukraine redécouvre son identité au XIXe siècle et devient même une République indépendante en 1919. Les famines de 1932-1933, la répression des dissidents et de sa culture vont nourrir sa volonté d’indépendance à l’égard de l’Union soviétique, obtenue en 1991 après un vote massif en sa faveur.

 

De la révolution orange de 2004 au Maïdan de 2013-2014, la volonté d’indépendance politique de l’Ukraine n’a cessé de s’affirmer – les régions russophones adhérant, elles aussi, pleinement à Kiev. L’histoire impériale commune n’empêche pas le désir de souveraineté. Le 21 février, trois jours avant d’envahir l’Ukraine, Poutine a donné un cours d’histoire à la télévision russe en remontant au débat qui opposa, en 1922, Lénine – qui a, selon lui, mis « une bombe nucléaire » sous l’URSS en donnant aux républiques le droit à l’autodétermination – et Staline, qui voulait les inclure dans un grand ensemble étatique et dont il prend, sur ce point précis, le parti.

Merkel, complice de Poutine ?

Merkel, complice de Poutine ?

 

L’Allemagne s’interroge sur la responsabilité d’Angela Merkel dans l’escalade agressive de Vladimir Poutine

Quelques mois après son départ du pouvoir, l’ex-chancelière se voit reprocher d’avoir fait preuve d’un certain « laxisme » à l’égard du président russe.

( Par le correspondant du « Monde » en Allemagne)

Analyse.

 

Angela Merkel est de retour. Trois mois après son départ du pouvoir, l’ancienne chancelière se retrouve au cœur du débat public en Allemagne. La raison : la guerre en Ukraine, qui conduit à un réexamen sévère de sa politique à l’égard de la Russie, y compris au sein de sa famille politique.

La première à sonner la charge fut Annegret Kramp-Karrenbauer. « Après la Géorgie [en 2008] puis la Crimée et le Donbass [en 2014], nous n’avons rien fait pour véritablement dissuader Poutine », a tweeté l’ex-ministre de la défense (2019-2021), le 24 février, quelques heures après le début de l’offensive russe en Ukraine. Evoquant une « erreur historique », l’ancienne dauphine désignée de Mme Merkel n’a pas nommément mis en cause son ancienne patronne, mais l’allusion était transparente.

Depuis, d’autres dirigeants conservateurs lui ont emboîté le pas. A l’instar de Friedrich Merz, le président de l’Union chrétienne-démocrate qui, le 27 février devant le Bundestag, a qualifié de « champ de ruines la politique étrangère et de sécurité conduite par l’Allemagne et par l’Europe au cours des dernières années ». Lui non plus n’a pas eu besoin de citer Angela Merkel pour que l’on comprenne qui était, selon lui, la première responsable de ce cuisant échec.

Qu’est-il précisément reproché à l’ex-chancelière ? Les titres de deux longues enquêtes parues récemment dans la presse allemande résument assez bien les choses « Guerre en Ukraine : la culpabilité de Poutine et la contribution de Merkel » (Süddeutsche Zeitung, 18 mars) et « Le laxisme de la politique russe de Merkel comme héritage : un peu de boycott mais rien de plus » (Der Spiegel, 19 mars).

Pour certains, le péché originel remonterait au sommet de l’OTAN à Bucarest, en avril 2008. En se prononçant contre l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie à l’Alliance atlantique, position également partagée par le président français Nicolas Sarkozy, Angela Merkel aurait aiguisé les appétits expansionnistes de Vladimir Poutine. Quatre mois plus tard, la Russie attaquait la Géorgie. « Le report de la date d’adhésion [de la Géorgie à l’OTAN] a renforcé la détermination de la Russie à passer à l’action », dénonça, à l’époque, le ministre tchèque des affaires étrangères Karel Schwarzenberg, dans le Spiegel« L’apaisement n’est pas une alternative », ajouta-t-il, sans alors imaginer que ce même reproche serait ensuite formulé à plusieurs reprises au sujet de la politique d’Angela Merkel vis-à-vis de Moscou.

Ce fut en particulier le cas en 2014-2015, après l’annexion de la Crimée par la Russie et le début de la guerre au Donbass, dans l’est de l’Ukraine. Certes, l’Allemagne fit partie à l’époque des pays qui poussèrent pour que l’Union européenne impose des sanctions à la Russie. De même, Angela Merkel s’impliqua activement, aux côtés de François Hollande, pour tenter de trouver une issue au conflit dans le Donbass : ce fut le « format Normandie », nom donné au quartet Russie, Ukraine, Allemagne, France, constitué en marge du 70e anniversaire du Débarquement, en juin 2014, et qui déboucha sur les accords de Minsk, en février 2015.

L’association, premier fondement d’une démocratie

L’association, premier fondement d’une démocratie

 

Face aux limites de propositions plus consultatives que participatives, tels que la convention citoyenne ou le référendum d’initiative citoyenne, le sociologue plaide dans une tribune au « Monde » pour une vie associative puissante et soutenue. Bref, une démocratie du quotidien opposée à certaines consultations déviantes populistes.

 

Tribune.

 

La résistance des démocraties se pose brutalement avec l’invasion de l’Ukraine et nous interroge sur notre propre crise de la représentation et plus généralement sur la « fatigue » démocratique. En France, la campagne présidentielle, si écourtée soit-elle, ne peut esquiver le sujet de la participation citoyenne.

Les propositions ne manquent pas de la part des candidats, des politistes ou des mouvements citoyens pour renforcer la participation, hors des élections elles-mêmes. Depuis les conventions citoyennes, en passant par les référendums d’initiative citoyenne (RIC), jusqu’à la participation des citoyens au travail législatif ou à une Assemblée constituante, pour citer l’essentiel.

Chaque dispositif présente bien sûr des avantages et des inconvénients, mais tous souffrent des mêmes limites qui ne permettent pas de répondre aux fortes attentes des Français pour une participation la plus large possible. L’ambition de refondation démocratique est pourtant à ce prix.

La première grande limite tient à l’intermittence des formules de participation. On ne réunira pas une convention citoyenne tous les mois, on ne proposera pas un référendum plus d’une fois par an, les citoyens ne passeront pas leur temps à légiférer, et l’organisation d’une Constituante pour une VIe République est un fusil à un coup. La quête d’une démocratie permanente ou continue n’y trouvera pas son compte.

Des « votations » trop limitatives

La deuxième limite porte sur la faible participation effective. Evidente pour les conventions citoyennes qui réunissent tout au plus 150 personnes tirées au sort. Leur représentativité est discutable en raison d’un échantillon réduit de volontaires disponibles, particulièrement motivés par le sujet, ce qui les distingue du reste de la population. Certes, les Français intéressés peuvent participer au débat par procuration, mais sans participation effective du plus grand nombre. Même dans un processus élargi de référendum, les « votations », pour reprendre le terme et l’exemple de la Suisse, se situent autour d’une moyenne de participation de 42 %. Quel que soit le mode de participation proposé, ce sont les plus motivés qui se manifestent.

Enfin, troisième limite, les dispositifs sont généralement plus consultatifs que participatifs. Les questions émanent le plus souvent des pouvoirs en place qui n’en respectent pas toujours le verdict s’il ne répond pas à leurs attentes, à l’instar du référendum de 2005 sur la Constitution européenne. Ou lors de la récente convention pour le climat dont les conclusions devaient être adoptées « sans filtre ».

Des guerres qui relancent l’extraction d’énergies fossiles

Des guerres qui relancent l’extraction d’énergies fossiles

 

 

La crise énergétique provoquée par l’invasion russe en Ukraine n’accélérera pas la transition écologique, mais risque, au contraire, de relancer l’extraction d’énergies fossiles, met en garde, dans sa chronique au « Monde », l’historien Jean-Baptiste Fressoz.

 

Chronique.

 

La mode est au rappel du souvenir des chocs pétroliers de 1973 et de 1979 : envolée du prix des carburants, « chasse au gaspi », heure d’été, limitation de la vitesse, hantise du pic pétrolier. L’évocation s’arrête souvent là, et l’on oublie la suite : l’énorme « contre-choc » qui fit suite au renchérissement des années 1970. En cherchant à modifier les termes de l’échange, l’OPEP lança, contre son gré, un renouveau mondial de l’extraction d’énergie fossile. Capitaux, technologies et soutien politique rendirent possible l’offshore profond en mer du Nord ou dans le Golfe du Mexique, la fracturation hydraulique ou encore l’exploitation des schistes bitumineux d’Alberta (Canada). Enfin et surtout, les chocs pétroliers relancèrent l’extraction de charbon…

Jimmy Carter, président des Etats-Unis de 1977 à 1981, incarne parfaitement l’ambiguïté de cette décennie. Certes, il fait installer devant les caméras de télévision des panneaux solaires sur le toit de la Maison Blanche ; certes, il prononce un discours retentissant sur la « transition énergétique » (18 avril 1977). Mais qu’on ne s’y trompe pas, la « transition » est alors uniquement une affaire de souveraineté nationale, et l’expression, encore peu usitée, servait simplement à donner un aspect futuriste à un programme qui ne l’était guère. Après la présentation de son « plan énergétique national » – qui prévoit un triplement de l’extraction houillère –, le New York Times écrit le 30 avril 1977 : « Les Etats-Unis et le monde sont au début d’une nouvelle transition énergétique. »

Dans les années qui suivent, le charbon se modernise grâce aux capitaux de l’industrie pétrolière. Par exemple, Total investit dans des mines de charbon en Afrique du Sud. Aux Etats-Unis, Exxon et d’autres compagnies assurent le développement d’immenses mines à ciel ouvert. Au lieu d’aller chercher le charbon sous le sol, on enlève le sol qui le recouvre. La nature devient « overburden » (« mort-terrain », dans le jargon minier). Le charbon est acheminé par convois ferroviaires de 130 000 tonnes. La productivité des mines est multipliée par dix. Une loi de 1977 subventionne la conversion au charbon des centrales thermiques. Résultat : le charbon américain croit fortement jusqu’à son pic de 2008.

En Chine, le second choc pétrolier correspond à l’arrivée de Deng Xiaoping au pouvoir. Profitant de la hausse des cours mondiaux, le PCC choisit d’exporter son pétrole et d’utiliser du charbon. On assiste alors à un phénomène rare de régression technologique avec la prolifération de petites mines villageoises n’utilisant presque aucune machine. Celles-ci produisent près de la moitié du charbon chinois au prix de milliers de morts. Le taux d’accidents est deux à quatre fois supérieur à celui des mines européennes du XIXe siècle. Dans les années 2010, chaque année, la Chine extrait davantage de charbon que la France durant toute son histoire.

Total doit-il aussi quitter l’Ouganda ?

Total doit-il aussi quitter l’Ouganda ?

 

Collectif

Le député Matthieu Orphelin, rejoint par dix-sept autres députés issus de sept groupes parlementaires, dénonce, dans une tribune au « Monde », le fait qu’en Afrique, TotalEnergies continue comme en Russie, à favoriser l’exploitation des énergies fossiles au détriment des droits humains et de l’environnement.

 

Tribune.

 

Alors que Vladimir Poutine a déclenché une guerre aux portes de l’Europe, TotalEnergies garde la majeure partie de ses activités et investissements en Russie. Pour la multinationale française, les profits issus des énergies fossiles, et notamment des projets Yamal LNG et Arctic LNG 2 dans lesquels elle est impliquée semblent plus importants que de contribuer à arrêter la guerre et sauver des vies en Ukraine.

Pour la multinationale française, les profits passent avant la paix. En Afrique, de la même manière qu’en Russie, TotalEnergies persiste à favoriser l’exploitation des énergies fossiles au détriment des droits humains et de l’environnement, particulièrement en Ouganda et en Tanzanie à travers les projets Tilenga et EACOP.

Les projets Tilenga et EACOP, c’est 190 000 barils par jour et le plus grand oléoduc chauffé au monde (1 443 km). Il traversera deux pays, de nombreuses réserves et aires protégées, il menace d’extinctions des espèces classées sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et menace de contamination les deux plus grandes réserves d’eau douce d’Afrique de l’Est, les lacs Victoria et Albert, menaçant ainsi l’accès à l’eau potable et à la nourriture pour plus de 40 millions de personnes.

C’est pourquoi, avec des députés de différents groupes politiques, nous avons reçu et écouté à l’Assemblée nationale, celles et ceux qui là-bas luttent chaque jour pour protéger leur droit à vivre dignement, et notamment leurs droits à un environnement sain, à l’eau potable et à vivre sur leurs terres. Cette délégation de la société civile ougandaise nous raconte que plus de 100 000 personnes ne peuvent plus cultiver leur terre librement, et ce depuis trois ans, alors qu’elles n’ont même pas encore reçu de compensations de la part de la multinationale.

De plus, des journalistes subissent des pressions et sont entravés dans leur travail par des personnes associées à la major pétrolière, ainsi que des Etats ougandais et tanzanien. Des activistes et des leaders communautaires défendant leurs droits et ceux des communautés dont ils font partie sont menacés, intimidés, arrêtés et harcelés au quotidien.

En 2020 et 2021, plusieurs rapporteurs spéciaux des Nations unies ont interpellé l’entreprise ainsi que les gouvernements français et ougandais au sujet des atteintes et risques d’atteintes graves aux droits humains et à l’environnement engendrés par ce méga-projet pétrolier de la multinationale française. Le gouvernement français n’a pas daigné répondre sur le fond, alors que les violations continuent, s’aggravent et se multiplient.

Ukraine : un rôle enfin positif pour Erdogan ?

Ukraine : un rôle enfin positif pour Erdogan ? 

 

La présidentielle de 2023 n’est pas étrangère au repositionnement géopolitique du président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui se campe en médiateur dans le conflit en Ukraine. Mais la neutralité d’Ankara reste ambivalente, analyse Dorothée Schmid, spécialiste du monde méditerranéen, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

Les efforts diplomatiques pour contenir la crise ukrainienne ont entraîné un développement inattendu : la France et la Turquie, toutes deux en première ligne pour obtenir un cessez-le-feu, ont annoncé, le 25 mars, une initiative humanitaire commune avec la Grèce sur Marioupol [sud-est de l’Ukraine]. Triangulation inespérée après plusieurs années d’une tension diplomatique qui a connu un pic en juin 2020, lorsque la France et la Turquie sont passées tout près d’un incident militaire au large des côtes libyennes. La signature d’un partenariat stratégique franco-grec, un an plus tard, n’avait rien arrangé, les Français se berçant encore de l’illusion d’une Turquie aux abois, en délicatesse avec tous ses voisins, brouillée avec l’OTAN, tenue en respect par l’Union européenne et mise sous pression par la Russie.

Le diagnostic d’une faiblesse diplomatique turque ne correspond pourtant plus à la réalité. Certes, le régime traverse des difficultés internes : il est dans une mauvaise passe sur le plan économique et le président Recep Tayyip Erdogan affrontera, en 2023, des échéances électorales compliquées. L’usure du pouvoir est manifeste après vingt ans de verrouillage politique, et l’opposition s’organise pour offrir une alternative à l’alliance entre les islamistes et l’extrême droite qui a muré la Turquie dans un nationalisme revanchard. Une chose est sûre : Erdogan ne renoncera pas facilement au pouvoir l’année du centenaire de la République turque.

Du point de vue de la politique étrangère, deux voies étaient possibles pour préparer cette échéance : celle d’une nouvelle montée aux extrêmes afin de consolider la base nationaliste ; ou, plus inattendue mais désormais crédible, se dessine l’hypothèse d’une Turquie qui assume de façon mature les dividendes de la puissance patiemment reconstruite en deux décennies.

Le rétablissement diplomatique spectaculaire réussi depuis 2021 pose, en effet, la Turquie plus en faiseur de paix qu’en fauteur de guerre, et pas seulement dans le contexte ukrainien. Si Erdogan s’était isolé dans une forme d’expansionnisme paranoïaque depuis 2016, année marquée par une tentative de coup d’Etat, on assiste au retour des fondamentaux d’Ahmet Davutoglu, l’ancien ministre des affaires étrangères [2009-2014] artisan du soft power turc : une Turquie géopolitiquement centrale et en paix avec ses voisins. La fin de la brouille avec l’axe régional anti-Frères musulmans, déclenchée par les « printemps arabes » en 2011, est pratiquement actée : les relations longtemps exécrables avec les Emirats arabes unis sont désormais au beau fixe et le réchauffement est en cours avec l’Arabie saoudite.

Pourquoi l’affaire McKinsey est-elle un scandale d’État ?

Pourquoi l’affaire McKinsey estun scandale d’État ?

 

Le Sénat a découvert les dépenses invraisemblables de recours à des sociétés de conseil comme McKinsey. Rien que pour l’année 2021, on a consacré 1 milliard pour les seules dépenses de McKinsey. Qui au demeurant en plus ne paierait pas d’impôts ! En tout cas pas suffisamment.

L’affaire est grave si l’on en juge par la fébrilité du président de la république qui a dit ne pas craindre la justice. L’affaire sera traitée de manière également judiciaire suite à la plainte du Sénat.

Le gouvernement argumente en considérant que la France n’est pas le pays qui dépense le plus en matière de conseil. Le problème c’est que parallèlement la France a l’appareil administratif le plus important en Europe voire au monde. La France qui en même temps détient la plus grande école de gestionnaires de l’État avec notamment l’ENA. En clair il ne manque pas de directions,  d’observatoires, de commissions de contrôle , de mission de vérification financière. Des milliers et des milliers d’emplois sont consacrés à ces tâches.

On se demande comment on a pu atteindre une telle facture. En moyenne en effet le coût d’une journée d’un expert se situe selon les cas entre 1000 et 3 000 € par jour. Pour atteindre 1 milliard de dépenses, il aurait fallu mobiliser une armée d’experts consultants, sans doute autour de 10 000.  Comme c’est probable les marchés ont été sur évalués et un retour financier est venu affecter les ressources de partis politiques impliqués comme donneurs d’ordre indirects.

Matériellement il est impossible d’atteindre un tel niveau de dépenses. On peut légitimement s’interroger à la fois sur l’incompétence mais aussi sur le caractère frauduleux de ses dépenses. Surtout quand on mesure l’efficacité des recommandations de ces cabinets de conseil. Les centaines et même les milliers de hauts fonctionnaires qui commandent ces études font preuve à la fois d’incompétence et d’irresponsabilité.

Le pouvoir politique, lui arrose ces cabinets de conseil dont l’objectif est moins de proposer des réformes que de brosser dans le sens du poil les tendances libérales du gouvernement. Accessoirement aussi de favoriser la promotion électorale des pseudos réformes. Un seul exemple l’espace santé de la sécurité sociale qui constitue une véritable escroquerie. Un objectif dont on vante partout l’intérêt mais qui concrètement est complètement vide. Personne n’a en effet prévu qui et comment doit être rempli cet espace bidon recommandé sans doute par les scientistes experts de McKinsey et  autres. Même chose concernant le grand débat national qui a coûté une fortune et dont on n’a même pas été capable de tirer une synthèse cohérente accessible.

On s’était déjà interrogé sur les conditions de financement de la campagne de Macron en 2017 avec notamment ses relations un peu sulfureuse entre le pouvoir, Alstom et General Electric. Une affaire qui a été pratiquement enterrée comme pratiquement toutes celles concernant le gouvernement. L’affaire McKinsey pourrait bien être de même nature et révéler non seulement le caractère délictueux mais aussi l’incompétence et irresponsabilité aussi du gouvernement.

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