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Archive mensuelle de décembre 2021

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Aides aux entreprises : ne pas attendre

Aides aux entreprises : ne pas attendre

 

Curieusement après le conseil de défense de lundi, le Premier ministre n’a décidé que des mesures relativement anecdotiques face à l’amplification de la crise sanitaire. La préoccupation première du gouvernement étant  surtout de limiter le mécontentement de l’opinion publique.

À tel point qu’on a oublié de vraiment traiter le problème de l’obligation de la vaccination en entreprise. Pire, pas un mot n’a été prononcé à propos du soutien nécessaire aux différentes activités qui vont être lourdement impactées par l’absentéisme.

Certes le gouvernement reconnaît que la crise sanitaire risque de provoquer un absentéisme dans des activités notamment essentielles, pour autant il n’en tire aucune conclusion pour aider les entreprises à passer un cap qui risque de durer encore des semaines et des mois.

Il est clair que l’économie française, comme d’autres, va se trouver lourdement impactées par l’envolée quasi exponentielle des contaminations. La traduction concrète de la montée de la pandémie va se traduire par la multiplication d’arrêts maladie qui vont porter un rude coup à l’activité des entreprises, à leur résultat et à la croissance.

Le président de la CPME, François Asselin, est revenu ce mardi sur les nouveaux critères d’accès aux aides économiques via le fonds de solidarité. « Actuellement, il faut justifier d’une baisse de 65 % du chiffre d’affaires sur le mois pour bénéficier des mesures de soutien », a reproché le dirigeant patronal à Elisabeth Borne, demandant que le seuil de déclenchement soit « abaissé à 30 % ». S’il ne fixe pas de cible, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, juge lui aussi que « le taux mis en place il y a à peine quinze jours est trop élevé ».

Il y a évidemment urgence pour que le gouvernement traite des conditions de soutien à l’activité et à l’emploi d’une part avec le patronat, d’autre part avec les syndicats. Ou alors on va attendre que des millions de salariés soient en situation d’arrêt de maladie pour traiter évidemment trop tard une question centrale.

Instabrand : la nouvelle arnaque des influenceurs

Instabrand : la nouvelle arnaque des influenceurs

 

instabrand serait le nouvel espace de liberté créative d’Insta grammes en matière de mode. La réalité est toute autre on se sert des influences heures rémunérées pour vendre des produits. Pour preuve les propos ambigus de Clarat Cornet, responsable des partenariats mode et beauté pour Instagram en Europe du Sud

 

 

 Franceinfo Culture : On parle de « créateurs de contenus ». Jusqu’ici il y avait dans la mode les « influenceuses » et les « blogueuses » ?

Clara Cornet : les deux termes sont presque considérés comme des synonymes aujourd’hui. Cela définit à peu près le même métier, qui est celui de créateur de contenu, la seule différence technique va concerner la plateforme utilisée notamment pour partager ce contenu. Aujourd’hui, nous préférons utiliser le terme de créateur de contenus. C’est un terme plus récent qui parle des personnes qui partagent du contenu lié à leur passion et à leur centre d’intérêt sur les réseaux sociaux actuels dont Instagram.

Clara Cornet, responsable des partenariats mode et beauté pour Instagram en Europe du Sud (DR)

Qu’est-ce qu’une instabrand ?

Instragram a su s’imposer comme la plateforme de prédilection dans la mode et la beauté ces dernières années. Une instabrand (marque instagram) est une marque qui est native, c’est-à-dire qu’elle utilise majoritairement la plateforme dans son développement. Cela va de son lancement à la construction de sa notoriété et de sa communauté jusqu’à l’utilisation du shopping. Il ne s’agit pas nécessairement d’une marque qui est fondée par un créateur de contenu mais simplement d’une marque qui a décidé de communiquer et de vendre principalement sur Instagram.

Climat : températures anormalement douces en décembre

Climat : températures anormalement douces en décembre

 

Une nouvelle preuve sans doute du réchauffement climatique avec des températures particulièrement douces pour ce mois de décembre. Il est loin le temps où la neige recouvrait un peu partout en France les paysages à Noël. Quant aux périodes de gel forts et durables, elles ont pratiquement disparu dans beaucoup de départements.

« C’est très clairement un dérèglement d’avoir des températures aussi douces comme ça en hiver », a affirmé mardi 28 décembre sur franceinfo Robert Vautard, climatologue-météorologue, directeur de l’institut Pierre-Simon Laplace, coordinateur d’un des chapitres du rapport du Giec. Des records de douceur sont attendus dans la semaine en France.

On est à combien de degrés au-dessus des normes de saison ?

Robert Vautard : On est plusieurs degrés au-dessus des normales de saison. Mais surtout, on va atteindre des valeurs qui sont proches des records, en région parisienne, par exemple, les prévisions de Météo France donnent des températures de l’ordre de 16° mercredi et jeudi. Les records sont plutôt à 17°. Surtout, ce qui est surprenant, c’est cette persistance des températures extrêmement douces. Les records devraient être approchés dans les régions du sud de la France, du sud-ouest, l’ouest, du Centre. Ce redoux est dû principalement à une masse d’air qui nous vient directement de l’Atlantique tropical qui en quelques jours apporte des masses d’air qui sont très chaudes, qui ont été réchauffées par l’océan Atlantique directement et probablement aussi une petite contribution du changement climatique qui nous a apporté certainement un degré de plus ou un petit peu plus.

C’est une illustration de la dégradation du climat ?

C’est très clairement un dérèglement d’avoir des températures aussi douces comme ça en hiver et de façon généralisée pendant plusieurs jours. Et c’est un dérèglement qui apporte en hiver quelques bonnes nouvelles sur le plan de la facture énergétique. On en parle beaucoup en ce moment, mais il y a aussi bien des conséquences sur la perturbation de la végétation, notamment. On a eu par exemple l’hiver 2015 et au printemps 2016, des évènements anormaux, un mois de décembre très doux, suivi d’un printemps extrêmement pluvieux qui ont conduit à une baisse des récoltes assez importante. La végétation a besoin de froid l’hiver pour pouvoir se développer. C’est une perturbation sur la végétation et sur les écosystèmes. Si la douceur persiste, ce qui peut se passer plus tard dans la saison c’est un développement de la végétation précoce qui amène la végétation à une exposition à des gels qui pourraient arriver plus tard en mars et en avril.

Faut-il s’attendre à ce type de redoux dans les années à venir ?

Le rapport du GIEC est tout à fait clair sur les évènements extrêmes, surtout liés à la chaleur que ce soit en hiver et en été. Les événements extrêmes chauds sont en augmentation de façon généralisée dans le monde à part quelques petites exceptions. Ils sont déjà présents. Le changement climatique se manifeste déjà aujourd’hui et dans un climat de 1,5°C ou 2°C, ces situations extrêmes vont encore augmenter en fréquence et en intensité, aussi bien en hiver qu’en été.

Pass sanitaire en entreprise : FO se réjouit de son absence

Pass sanitaire en entreprise : FO se réjouit de son absence

 

Sur franceinfo mardi, le secrétaire confédéral FO, Michel Beaugas,  ,  chargé de l’emploi et des retraites, se réjouit que le pass sanitaire n’est pas été imposé en entreprise. Une prise de position assez ambiguë concernant l’avenir de la part de Force ouvrière dont le secrétaire général n’a pas voulu pendant longtemps se prononcer à propos de la vaccination considérant que ce n’était pas une problématique syndicale .À noter d’ailleurs que ce n’est pas le secrétaire général de FO qui s’exprime mais un secrétaire confédéral

 

Franceinfo : Le pass sanitaire en entreprise est absent du projet de loi qui sera présenté lundi en Conseil des ministres. Est-ce le signe que vous, les partenaires sociaux, avez été entendus ?

 

Michel Beaugas : Il nous semble qu’effectivement, c’est le signe que nous avons été entendus parce que c’est très complexe à mettre en œuvre. L’ensemble des organisations syndicales, dont Force ouvrière, ont dit à la ministre du Travail que l’on n’était pas favorables à une telle mesure parce que ça viendrait contrarier les mesures qui ont déjà été mises en place, notamment dans les entreprises qui reçoivent du public, puisqu’un certain nombre de salariés sont déjà dans l’obligation d’avoir le pass sanitaire. Et quand ils n’avaient pas le pass sanitaire, quand ils n’étaient pas vaccinés, les entreprises se sont arrangées pour les changer de poste. Et si jamais, demain, le pass sanitaire était obligatoire pour tous, un grand nombre de salariés, deux millions selon la ministre du Travail, qui ne sont pas encore vaccinés, verraient probablement leur contrat de travail suspendu. Et là, ça serait vraiment un problème.

 

D’après les informations de franceinfo, le gouvernement envisage tout de même d’introduire plus tard cette disposition par décret. Mais ça n’est pas ce qui vous a été dit ce lundi ?

 

Non. On nous a bien dit que pour les entreprises, c’était le pass sanitaire et pas un pass vaccinal. Mais je pense que ça deviendra, à terme, pratiquement une obligation, quand le pass vaccinal sera obligatoire en France. Et puis surtout, ce que j’ai entendu dire, c’est qu’à l’Assemblée nationale, le pass sanitaire en entreprise, même s’il n’est pas dans le projet de loi demain, pourrait revenir par voie d’amendement.

 

Face à l’émergence du variant Omicron, quelles mesures à mettre en place dans les entreprises avez-vous pu proposer à la ministre du Travail ?

Dans un premier temps, il faut informer les salariés. Je rappelle que sur 19 millions de salariés dans le privé et six millions de fonctionnaires, deux millions de personnes ne sont pas vaccinées. Donc il faut les convaincre du bienfait de la vaccination. À Force ouvrière, nous ne sommes pas opposés à la vaccination, bien au contraire. Il faut protéger le citoyen. Il faut protéger les salariés. Maintenant, il faut convaincre plutôt que contraindre. Et là, avec les mesures qui sont mises en œuvre, on va plutôt vers la contrainte. Alors nous, on a proposé à la ministre du Travail que le gouvernement écrive à tous les salariés pour mettre en exergue les bienfaits de la vaccination. Ce sont des choses comme ça qui permettent d’informer au mieux. Même si le gouvernement, jusqu’à présent, a fait preuve de pédagogie, je le reconnais. Il faut aller un peu plus loin. Il faut toucher personnellement tous les salariés pour qu’ils prennent conscience de l’importance de se faire vacciner pour se protéger soi-même et sa famille.

 

Covid France: alerte, explosion des contaminations avec 179 807 cas en 24 heures

Covid France: alerte,  explosion des contaminations avec 179 807 cas en 24 heures

En France mardi 28 décembre, 179.807 contaminations ont été enregistrées en 24 heures.

On dénombre actuellement 17.405 malades du Covid-19 hospitalisés (+2.110 en 24 heures). Du côté des services de soins critiques, 417 nouvelles hospitalisations ont été dénombrées mardi, contre 328 la veille, pour un total de 3.416 personnes prises en charge dans ces services spécialisées dans les cas les plus graves.

En 24 heures, 242 personnes ont succombé au Covid-19 à l’hôpital.

Près de 700.000 personnes ont en outre reçu une injection de vaccin contre la Covid-19 mardi : 46.589 premières injections, et 613.757 doses de rappel.

Au total, 51.676.653 personnes disposent d’un schéma vaccinal complet (76,6% de la population totale) depuis le début de la campagne de vaccination en France. Et 23.059.934 personnes ont reçu une dose de rappel.

 

 

Economie, politique, société: les plus lus

Economie, politique, société: les plus lus

Simplification administrative ou complexification numérique

Simplification administrative ou complexification numérique

Le gouvernement a décidé d’introduire davantage de numérique pour en principe permettre une simplification des procédures . Une manière de prendre le problème à l’envers tout en pérennisant les procédures inutiles. Sans parler du maquis que constituent l’accès et l’utilisation de nombre de sites. Or ce sont les champs d’intérêt général qui doivent  être précisés de manière prioritaire afin d’éviter ce qui caractérise la France à la fois un étatisme débordant dans tous les champs de la société.

Ce n’est qu’une fois précisées les vraies missions d’intérêt général qu’on peut se poser la question des moyens et non l’inverse. En effet dans certains cas, l’État n’a pas intervenir il n’y a donc pas besoin de moyens humains ni de procédures informatiques. Dans d’autres cas,  une activité peut justifier la tutelle publique mais sans nécessairement justifier le recours à des organismes publics et donc à des fonctionnaires (cas du transport urbain en général). Enfin certains champs d’intérêt général peuvent légitimer voir exiger l’intervention publique mais il faut distinguer les métiers qui peuvent justifier du statut de fonctionnaire et ceux  qui peuvent justifier d’un statut privé (exemple on peut admettre que les infirmières dans un hôpital public soit fonctionnaires mais pourquoi les menuisiers, les cantinières voir certains personnels administratifs).

Deux facteurs explicatifs dominants permettent de comprendre l’addiction française aux mécanismes procéduriers. D’une part la production excessive de textes législatifs, d’autre part le maintien un très haut niveau d’un nombre de fonctionnaires.

Pour des raisons existentielles davantage que d’intérêt général, le Parlement ne cesse de produire de nouvelles normes. De sorte que la France est en quelque sorte prisonnière d’un dispositif législatif de plus de 10 000 lois sans parler des décrets et autres textes officiels au nombre de l’ordre de 200 000. Notons que beaucoup de ces dispositions législatives nouvelles ne sont jamais appliquées pas plus que ne sont réalisées des évaluations régulières de la réglementation.

Les fonctionnaires de leur côté comblent le vide existentiel qui les affecte en multipliant textes, procédures, contrôle et fiscalité. Noyés dans cette mer administrative les politiques eux-mêmes sont souvent manœuvrés par une administration très corporatiste, c’est particulièrement vrai au niveau local mais y compris au plan national. L’idée consistant à imposer la suppression de deux textes à chaque sortie d’un nouveau pourrait constituer une sorte de guide pour sortir du marais paperassier trop réhabilité par l’usage du numérique.

Covid OMICRON: vers un chaos économique total en janvier ?

Covid OMICRON: vers un chaos économique total en janvier ?

L’économie comme les autres activités pourraient bien être paralysées en janvier du fait de l’absentéisme conduisant ainsi à une certaine forme de chaos dans le pays. C’est ce que craint le conseil scientifique qui estime qu’ avec des « centaines de milliers de cas » par jour prévus en janvier, ce variant pourrait conduire à une « désorganisation de la société à partir » du début de l’année, a mis en garde Jean-François Delfraissy, le président de l’instance chargée de conseiller le gouvernement, lors d’une conférence de presse ce jeudi.

Des déclarations qui ont été assez mal accueillies par le gouvernement qui reproche au  conseil scientifique sa trop grande liberté de parole.

Le problème c’est qu’il y a en France une certaine confusion des responsabilités avec des politiques qui se prennent pour des experts de la santé a commencerpar le président de la république. Mais aussi des experts médicaux un peu trop bavards et qui tombent  dans le piège des sollicitations excessives des médias sur tous les sujets.

On aura observé que dans les conférences de presse du président de la république ou  du ministre de la santé la plus grande partie des exposés est réservée aux diagnostics scientifiques à comparer à la pauvreté des mesures politiques de protection.

À l’inverse certain spécialistes du secteur sanitaire propose parfois des mesures de politique générale dont ils ne mesurent pas toujours toujours les effets sociaux et économiques.

Pour résumer, on parle beaucoup, à tort et à travers et le commun des mortels a un peu de mal à se retrouver dans ce délire verbal qui mélange compétences scientifiques et orientations politiques.

Ce qui apparaît évident c’est que dans un contexte de forte circulation du virus, il y aura de très nombreuses contaminations et encore plus de personnes « cas contacts ». Même si « la majorité sera asymptomatique » grâce à la protection vaccinale et à la moins forte sévérité du variant observée pour l’heure, cette diffusion massive aura un impact sur le travail dans le pays à cause de la multiplication des arrêts et de l’absentéisme.

L’organisation des services publics et privés pourrait être bouleversée, alertent les scientifiques. Des problèmes se poseront notamment « sur les secteurs stratégiques de notre société comme la distribution alimentaire, la sécurité, l’énergie, les transports, les communications ou encore la santé », met en garde Olivier Guérin, médecin du CHU de Nice et membre du Conseil scientifique.

Le « Green New Deal» européen : défi irréaliste et coûteux

 

Le « Green New Deal» européen  : défi irréaliste et coûteux

  • par Samuel Furfari, professeur de géopolitique de l’énergie à l’Université libre de Bruxelles, ancien haut fonctionnaire de la Commission européenne. dans les Echos

Se vantant de sa stratégie énergétique qui doit montrer la voie au monde entier, stimulée par les innombrables ONG vertes, aveuglée par l’autoconviction qui règne au sein des institutions de l’Union européenne, celle-ci s’enfonce dans la crise énergétique. L’UE, face au fiasco de la COP26, au lieu de constater que le reste du monde ne la suit pas, s’entête à promouvoir encore plus les énergies renouvelables pourtant à la base de cette crise.

Les prix du gaz naturel sur le marché spot ont été multipliés par cinq en un an, en raison de la très forte reprise économique en Chine et donc de l’augmentation tout aussi forte de sa consommation d’énergie. Grâce à l’abondance de gaz naturel – l’énergie du futur - , un seul marché devenu fluide existe à présent entre l’UE et l’Asie alors que les Etats-Unis, isolés géographiquement, se réjouissent du prix très bas de leur gaz de schiste.

La Chine préparée

La Chine, qui, elle, n’a pas mis tous ses oeufs dans le même panier, se débrouille en important plus de charbon d’Indonésie, en déchargeant après un an des cargaisons de charbon australien bloquées dans les ports chinois à la suite des sanctions décrétées envers l’Australie, en exploitant à fond ses petits charbonnages qu’elle était pourtant en train de fermer par manque de rentabilité économique.

Elle s’est préparée à la croissance de la demande en construisant des centrales nucléaires – l’électricité de l’avenir. Bref, elle fait le contraire de l’UE, car elle sait qu’il ne peut y avoir de croissance sans énergie abondante et bon marché comme l’avaient dit les pères fondateurs de la Communauté européenne à Messine le 2 juin 1955.

 

 

L’Europe est nue

Il y a quelques semaines, Kristoph Leith, le président d’Eurochambre, la fédération des chambres de commerces de l’UE, en quittant sa fonction a déclaré que les objectifs du Pacte vert de l’UE sont irréalistes. On aurait aimé qu’il ait eu le courage de le dire lorsqu’il était en fonction. Car c’est précisément là la force, et la faiblesse, de la Commission. Tout le monde se tait et elle croit qu’elle est dans le bon, et, pourtant, c’est une grosse déficience, car la situation actuelle est la conséquence de la politique énergétique soumise au dictat de la politique climatique. Comme l’empereur qui croit avoir des habits neufs dans la fable d’Andersen, l’Union européenne est nue face à cette crise qu’elle a contribué à créer.

 

Pour parer au plus pressé, on a vite jeté l’opprobre sur le président Poutine alors que Gazprom respecte les contrats signés en 2005 par Gaz de France et voulus par Jacques Chirac. Ne voulant pas détériorer ses bonnes relations commerciales – l’URSS avait commencé à vendre du gaz dans les années 1970 -, M. Poutine a déclaré que la Russie fournirait autant de gaz que possible. Vladimir Chizhov, l’ambassadeur russe auprès de l’UE, a déclaré : « Changez l’adversaire en partenaire et les choses se résolvent plus facilement. »

En effet, le président Obama porte, lui aussi, sa part de responsabilité en nous ayant entraînés en 2014 dans des sanctions contreproductives. Son pays possède tout le gaz qu’il veut, tandis que l’UE, pour son approvisionnement en gaz, doit compter d’abord sur son voisin russe. On ne peut pas exiger que la Russie danse comme siffle le parlement européen.

Vassalisation envers la Chine

Heureusement que Mme Merkel a tenu tête à la fois à la Commission européenne et à Jo Biden pour assurer l’achèvement du gazoduc Nord Stream 2 , car, bien entendu, les dirigeants allemands ne sont pas dupes : les éoliennes et les panneaux solaires photovoltaïques ne vont pas pouvoir remplacer le nucléaire et le lignite.

Depuis le choc pétrolier de 1973, la Commission, appuyée avec conviction par le Parlement européen, a fait le maximum pour pousser ce qu’on appelait alors les énergies alternatives. Pourtant, l’énergie éolienne et celle solaire représentent, en 2019, 2,9 % de la demande en énergie primaire de l’UE, après avoir dépensé plus de 1.000 milliards d’euros depuis 2000. L’entêtement ne va rien modifier, le caractère variable et intermittent et la très haute occupation au sol ne changeront jamais, quel que soit le nombre de COP et de manifestations des activistes.

L’opiniâtreté de l’UE de saboter son économie au nom d’objectifs climatiques irréalisables restera dans l’histoire comme la cause de la vassalisation envers la Chine et l’Inde du continent qui avait inventé la modernité et la technologie. Il est urgent que l’UE s’arrête dans sa course folle, mais j’ai peu d’espoir que cette décision soit prise. Il nous restera le plaisir dérisoire d’avoir prévenu.

Samuel Furfari, professeur de géopolitique de l’énergie à l’Université libre de Bruxelles, ancien haut fonctionnaire de la Commission européenne.

Covid: les annonces molles DE CASTEX ET VÉRAN

Covid: les annonces molles DE CASTEX ET VÉRAN

 

Certains s’attendaient à des mesures un peu plus drastiques face à la montée exponentielle des cas de contaminés. On pensait même que le chef de l’État s’exprimerait directement. En réalité la tâche a été sous-traitée au premier ministre et au ministre de la santé sans doute en raison de la mollesse des orientations. On sent très nettement que le  gouvernement  cherche à éviter le possible mécontentement de l’opinion et donc à prendre des gens orientations plutôt minimales.

On a ainsi renoncé au couvre-feu à l’occasion du nouvel an qui est un moment qui malheureusement favorise la circulation du virus.

« À ce stade, notre volonté d’adapter notre dispositif de manière proportionnée nous amène aujourd’hui à écarter toute mesure de couvre-feu », a annoncé Jean Castex.

La seule mesure un peu significative consiste à fixer le délai de rappel à trois mois au lieu de quatre actuellement pour la deuxième dose.

Pour le reste le gouvernement a renoncé à modifier les dates des vacances scolaires pour les élèves

le gouvernement va inciter encore au développement du télétravail et promet une lutte plus important contre les faux pass sanitaires

Ce sera aussi le retour des jauges. Les limites seront de 2000 personnes pour les événements en intérieur et de 5000 personnes pour les événements en extérieur. Des chiffres qui ne signifient pas grand-chose dans la mesure où tout dépend de l’environnement dans lequel se déroulent  les manifestations ( espaces, volume, circulation de l’air, proximité etc.)

Enfin « La consommation dans les bars et cafés ne pourra plus se faire seulement debout, mais seulement de manière assise », à compter du 3 janvier et pour « trois semaines », a annoncé Jean Castex.

De toute manière comme le ministre de la santé prévoit lui-même une envolée des chiffres de contaminés pouvant atteindre 250 000 en janvier et même davantage, il est vraisemblable que le conseil de défense aura à nouveau à se réunir et à prendre des mesures plus adaptées d’ici là.

Le chômage: baisse en novembre

Le chômage: baisse en novembre

Preuve de la relative solidité de la croissance en France en 2021 ( en Progression autour de 6 %), le chômage baisse encore en novembre. Le nombre de chômeurs de catégorie A a poursuivi sa décrue en novembre, avec 55.800 demandeurs d’emploi en moins (-1,7%).

Le nombre de chômeurs (catégorie A) a poursuivi sa décrue en novembre, avec 55.800 demandeurs d’emploi en moins (-1,7%), à 3,321 millions, après une baisse de 3,3% en octobre, selon les chiffres du ministère du Travail publiés lundi.

En incluant l’activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d’emploi en France (hors Mayotte) est en baisse de 0,7% en novembre par rapport au mois précédent (-39.800 personnes) et s’établit à 5,669 millions, selon la Direction des statistiques (Dares). Ce nombre était repassé en octobre en dessous du niveau d’avant-crise de décembre 2019 (5,726 millions), enregistrant alors une baisse de 1,6%.

Si le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A baisse sensiblement, ceux en catégorie B et C progresse de 0,7% (+16.100).

Sur un an, la baisse en catégorie A est de 13,2% (-505.300). Pour les catégories A, B et C, elle est de -5,7% (-341.800). La Dares ne commente pas les données mensuelles, trop volatiles, privilégiant les évolutions trimestrielles.

Augmentation des salaires de 4 % en 2022 et 3 % en 2023 et 2024 (Banque de France)

Augmentation des salaires de 4 % en 2022 et 3 % en 2023 et 2024 (Banque de France)

La pandémie, les difficultés logistiques et les problèmes de recrutement pourraient faire « bondir » les salaires de 4 % en 2022 d’après la Banque de France. Les années suivantes, en 2023 et 2024 ces revenus augmenteraient de 3 % par an.

 

Du fait de l’inflation et de l’environnement économique et sanitaire, la Banque de France prévoit des augmentations de salaires pour les trois ans à venir. En fait il s’agirait d’une régularisation. En effet l’inflation aura atteint entre 2,6 et 2,7 % en 2021, le même niveau est à attendre  attendre en 2022.

 

Dans sa dernière note, qui tente de se projeter conjoncturellement à moyen terme, l’institution souligne en effet qu’en 2023 et 2024 il continuerait d’augmenter à un rythme soutenu, «autour de 3 %, supérieur à celui de la période 2012-2019 et proche de celui du début des années 2000». Et de souligner que les premiers accords salariaux conclus dans certaines branches depuis octobre 2021 suggèrent une progression des salaires négociés, «qui peut beaucoup varier suivant la situation de chaque branche, mais reste souvent supérieure à celle des dernières années précédant la crise du Covid».

Drogue: le retour de la French connexion

Drogue: le retour de la French connexion

 

 

 

 

On peut se demander si la France n’est pas redevenue le centre logistique névralgique pour la distribution de drogue dans le monde. Une raison sans doute à cela à savoir les énormes profits dégagés par le trafic en France. Le pays est en effet un des plus gros consommateurs au monde et dégage des bénéfices considérables qui permettent d’en faire un des acteurs puissants au plan international.

 

Dans l’Hexagone, le marché de la drogue représente une véritable économie souterraine générant en 2020 « d’après l’Insee, un chiffre d’affaires de 2,7 milliards d’euros, soit 0,1 % du produit intérieur brut » (un peu plus de la moitié proviendrait du trafic de cannabis et 38 % de la cocaïne). Un chiffre forcément approximatif certain parlant de d’un montant de trois 4 milliards par an.

Par exemple plus d’une tonne de poudre venant de Colombie a encore été saisie le 22 décembre à proximité du port normand par l’Office anti-stupéfiants (Ofast) qui a interpellé plusieurs trafiquants.

Au début du mois, toujours dans la cité Océane, les douaniers ont saisi près de 1,5 tonne de poudre dans un conteneur. En provenance du Panama, la marchandise, conditionnée dans 39 sacs, a changé quatre fois de bateau pour brouiller les pistes.

Le cannabis est le premier marché de stupéfiant, avec une consommation annuelle de résine et d’herbe estimée à entre 370 et 580 tonnes par an.

Les routes du trafic partent quasi exclusivement du Maroc en passant par l’Espagne. Les services antidrogue sont également confrontés au développement de la production locale, avec la hausse de la consommation d’herbe de cannabis. Les pouvoirs publics s’inquiètent en outre de l’accroissement de la teneur en THC de la résine avec des conséquences néfastes sur la santé.

Les saisies de cocaïne restent à des niveaux très élevés en raison de l’abondance de la production sud-américaine : en 2018, les forces de l’ordre ont mis la main sur 15 tonnes de « blanche » (17,5 en 2017).

Selon les estimations, la production des trois principaux pays producteurs (Colombie, Pérou et Bolivie) aurait doublé entre 2016 et 2018 pour atteindre environ 2 000 tonnes par an. La cocaïne est un produit particulièrement « rentable » pour les trafiquants avec un « prix de gros » estimé en France au prix médian de 31 000 euros le kilo pour 70 euros le gramme à la revente.

La lutte contre les responsables des grands réseaux de drogue devient d’autant plus difficile que ces derniers opèrent souvent de l’étranger et en particulier de pays arabes.

Violences dans le football : enfin de vraies sanctions contre Paris FC-et Lyon

Violences dans le football : enfin de vraies sanctions contre Paris FC-et Lyon

 

 

C’est sans doute la première fois que les autorités sportives prennent enfin devraient sanction vis-à-vis des violences inqualifiables dans le football à propos des événements entre le Paris FC et Lyon, La commission de discipline de la Fédération française de football a éliminé les deux clubs de la coupe de France. Il pourrait être exclu définitivement à l’avenir.

Le Paris FC a par ailleurs écopé de cinq matches de suspension de terrain (Stade Charléty) et de 10.000 euros d’amende. L’Olympique Lyonnais, lui, s’est vu signifier la fermeture de son espace visiteur jusqu’à la fin de la saison en Ligue 1 et se retrouve sous la menace d’une exclusion de la Coupe de France à partir de la saison 2022-2023 en cas de récidive.

Il serait sans doute temps que le bouillonnant président du club de Lyon se taise un peu pour ne pas ajouter à l’ambiance délétère. De ce point de vue, il pourrait prendre exemple sur les présidents de clubs anglais qui laissent seulement aux entraîneurs et managers le soin de s’exprimer. Le président Aulas lui ne manque pas une occasion de critiquer un jour les arbitres, un autre ses adversaires et même ses entraîneurs ! De quoi légitimer les réactions violentes des supporters les plus abrutis. La recommandation vaut aussi pour d’autres présidents. On pourrait sans doute dans le football s’inspirer un peu plus du fair-play qui caractérise d’autres sports notamment le rugby où le respect de l’adversaire e des arbitres est tout à fait exemplaire.

Vaccin Omicron: une perte d’efficacité de près de 50 % après trois mois

Vaccin Omicron: une perte d’efficacité de près de 50 % après trois mois

 

Devant le caractère inédit du virus Covid se pose la question de la stratégie vaccinale. En effet puisqu’on constate une perte d’efficacité de près de 50 % après trois mois;  faudra-t-il envisager un rappel chaque trimestre ?

Le premier ministre français n’a pas exclu cette quatrième vaccination pour certaines catégories de population si nécessaire !.

Plusieurs études démontrent en effet que les vaccins voient leur efficacité ce dégradé après une dizaine de semaines.. En fin de semaine dernière, l’agence sanitaire britannique (UK Health Security Agency) a ainsi indiqué dans une analyse - qui se veut prudente – que l’efficacité de la troisième dose (ou booster) décline près de dix semaines après l’injection.

Dans le détail, l’étude britannique suggère qu’un schéma vaccinal à trois doses réalisé uniquement avec des doses Pfizer-BioNTech confère une protection de 70% contre les formes symptomatiques du coronavirus liées au variant Omicron. Mais cette immunité décline rapidement par la suite. Ainsi, cette protection n’est plus que de 45% au bout de dix semaines, selon les données de l’étude.

La conclusion c’est qu’on est sans doute loin d’en avoir fini avec la définition d’une bonne stratégie vaccinale. Il n’y a pas si longtemps qu’on a évoqué la question de la troisième dose, maintenant de la quatrième et dans peu de temps sans doute des suivantes.

La preuve vraisemblablement que la stratégie vaccinale n’est pas suffisante pour lutter contre cette pandémie qui appelle aussi  des mesures autrement plus restrictives.

Economie, politique, société: les plus lus

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Covid: Stratégie vaccinale nécessaire mais pas suffisante ( l’épidémiologiste Mahmoud Zureik)

Covid: Stratégie vaccinale   nécessaire mais pas suffisante ( l’épidémiologiste Mahmoud Zureik)

L’épidémiologiste salue  sur France-Info les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre la diffusion du Covid-19 mais aurait voulu que le protocole sanitaire soit renforcé dans les écoles, bars et restaurants. 

 

 

« On est dans la priorité vaccinale, dans le tout vaccinal, ce qui est évidemment indispensable et nécessaire », a réagi lundi 27 décembre sur franceinfo Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles-Saint-Quentin et directeur d’Epi-Phare, après les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement pour enrayer l’épidémie de Covid-19. Mais ce ne sera « pas suffisant », alerte Mahmoud Zureik.  »Il faut d’autres mesures. Il faut dire à nos concitoyens que cela ne va pas suffire. On doit faire encore des efforts, même s’ils ne sont pas agréables. »

Mahmoud Zureik juge tout de même positivement les annonces de Jean Castex. « C’est la première fois que l’on explique très clairement la différence de l’efficacité des vaccins sur la transmission et sur les formes graves. » Cela répond « à beaucoup de questions » des personnes se demandant :  »J’ai eu le virus » alors que  »je suis vacciné ».

Le Premier ministre a également annoncé l’obligation du port du masque dans les centre-villes, sous la décision des préfets. « C’est efficace quand il y a un marché de Noël, dans une file d’attente ou devant un commerce », souligne Mahmoud Zureik. Selon l’épidémiologiste, l’effet est « probablement très limitée. Ce qu’il faut, c’est surtout limiter la contamination à l’intérieur ». Il préconise « le port de masques à l’intérieur, dans des endroits peu ventilés où la contamination est beaucoup plus importante ».

Mahmoud Zureik estime également qu‘ »imposer » une augmentation du télétravail, comme l’a annoncée le gouvernement, c’est « efficace, à partir du moment où l’on réduit les interactions sociales et où l’on protège aussi les employés et les salariés qui sont fragiles ».

L’épidémiologiste aurait enfin aimé  »des mesures de prudence plus fortes pendant les 15 jours qui viennent », car cela « va se jouer sur le degré de gravité d’Omicron ». Mahmoud Zureik aurait souhaité « rétablir des jauges dans les endroits où le virus se transmet, dans les bars et les restaurants ».

En milieu scolaire, « il faut absolument travailler sur la ventilation, sur la qualité de l’air à l’école », insiste aussi l’épidémiologiste qui constate la faiblesse du nombre de tests dans les établissements.  »L’année dernière, il y a 14 mois, on commençait à parler d’un million de tests », rappelle Mahmoud Zureik. Selon lui,  »on arrive péniblement à 200 000 par semaine. Donc on est très loin du compte. On garde les écoles ouvertes, mais malheureusement, non-sécurisées ».

Covid-: retour des jauges théoriques

Covid-: retour des jauges théoriques

Il est clair que le gouvernement n’a pas voulu prendre de front certaines activités dans le sport par exemple ou le domaine artistique. Ainsi a-t-on rétabli le concept de jauge. Des jauges qui vont demeurer relativement théoriques dans la mesure où tout dépend du contexte dans lequel se déroule les événements notamment le rapprochement entre les personnes, l’aération et les risques autres de transmission.Il est évident que dans certains cas 2000 personnes en intérieur c’est beaucoup trop compte tenu de l’espace et du volume. Il en est de même pour les manifestations extérieures où là la limite de 5000 personnes est ridicule quand les stades par exemple peuvent en contenir 50 000 voire davantage. Notons enfin que la consommation dans les bars et cafés nous pourra s’effectuer qu’assis. Là aussi tout dépend des conditions matérielles. Même chose pour les concerts et mêmes observations.

Rachats d’actions par les entreprises : quand le capitalisme se mord la queue

Rachats d’actions par les entreprises : quand le capitalisme se mord la queue

Un papier du Monde rappel qu’il ne faut pas oublier que le but du capitalisme actionnarial consiste avant tout à stimuler la croissance et l’innovation, et non à se répartir un butin. Le retour en force des rachats d’actions donne l’impression d’un capitalisme en panne de perspectives.

 

La trêve aura été de courte durée. Après un rapide passage à vide au plus fort de la crise pandémique, les grandes entreprises cotées se remettent à racheter massivement leurs propres actions. Aux Etats-Unis, les multinationales ont ainsi dépensé en 2021 plus de 850 milliards de dollars (750 milliards d’euros). En France, les montants restent plus modestes, mais la tendance est en forte hausse. La pratique avait disparu pendant quelques mois en 2020 sous la pression des autorités monétaires et des Etats. Il était effectivement difficilement justifiable auprès de l’opinion publique de laisser les multinationales dépenser d’énormes sommes au profit de leurs seuls actionnaires au moment même où les pouvoirs publics déployaient des moyens financiers colossaux pour éviter l’effondrement de l’économie mondiale. Mais la reprise de 2021 a encouragé le retour en force de ces pratiques.

Le procédé consiste pour une entreprise à racheter ses propres actions sur le marché pour ensuite les annuler dans la foulée. Réduire le nombre de titres en circulation permet mécaniquement d’augmenter le bénéfice par action, ce qui a pour effet à plus ou moins court terme de doper le cours de Bourse, à la grande satisfaction des actionnaires. La logique a de quoi interpeller l’opinion. Des milliards partent en fumée pour rémunérer ces derniers alors qu’il y a encore quelques mois l’économie était tenue à bout de bras par les banques centrales et les gouvernements. Une partie de cet argent ne serait-elle pas mieux utilisée pour prévenir la prochaine crise au lieu d’attendre, une fois de plus, l’aide des pouvoirs publics ?

Les entreprises justifient de recourir aux rachats d’actions en raison du manque d’opportunités d’investissements qui offriraient une rentabilité supérieure au coût du capital. N’ayant pas mieux à faire de leurs profits, elles préfèrent rendre l’excès de trésorerie à leurs actionnaires. Le comble est que certaines entreprises vont même parfois jusqu’à s’endetter pour financer ces plans de rachats d’actions. L’objectif n’est donc plus seulement d’accumuler du capital productif, mais surtout de faire monter par tous les moyens les cours de Bourse dans le but de distribuer du cash aux actionnaires.

Cette logique est perverse car ce sont les fonds d’investissement qui fixent des objectifs de rentabilité souvent disproportionnés. Dans beaucoup de secteurs, il est impossible d’identifier des projets permettant de dégager les 12 % ou 15 % de rendement exigés par ces actionnaires. Les entreprises sont alors poussées à lancer des plans de rachats d’actions dont les effets seront plus sûrs et plus immédiats.

Les dirigeants d’entreprise sont d’autant plus incités à recourir à ces pratiques qu’ils en sont les premiers bénéficiaires, dans la mesure où leur rémunération variable est souvent indexée sur la hausse du titre en Bourse. Dès lors, pour atteindre leurs objectifs, ils sont tentés de multiplier les rachats d’actions au détriment de projets d’investissement à long terme.

Contre l’addiction dangereuse aux jeux d’argent

Contre l’addiction dangereuse aux jeux d’argent

Comme pour le tabac, la lutte contre l’addiction aux jeux d’argent passe par une série de mesures qui peuvent être aisément prises, à condition de ne pas céder à l’illusion du « jeu responsable », inventé par des chercheurs financés par cette industrie, souligne, dans une tribune au « Monde », le sociologue Thomas Amadieu.

Un gain de 220 millions d’euros a été remporté le mois dernier par une Française qui jouait pour la première fois à l’Euromillions. Cette histoire extraordinaire a permis une fois de plus à la Française des jeux (FDJ) de faire la promotion de jackpots qui feraient rêver les Français. Mais derrière cette vitrine séduisante se cache une réalité moins reluisante : celle d’une industrie prédatrice, dont le business model repose sur l’exploitation des plus vulnérables. En effet, les bénéfices colossaux réalisés par ce secteur, particulièrement en période de pandémie, s’appuient dans des proportions considérables sur les pertes des joueurs dépendants : 40 % des revenus sont réalisés auprès de joueurs que l’on peut qualifier de problématiques. Alors que ces personnes en difficulté devraient être protégées par les pouvoirs publics, elles sont en réalité exposées à des jeux toujours plus addictifs.

En quelques années, l’offre s’est considérablement étendue, portée par une évolution législative très favorable : ouverture à la concurrence des jeux en ligne en 2010privatisation de la FDJ en 2019autorisations de mise sur le marché d’un nombre record de jeux d’argent différents. Cette extension du marché est censée être conditionnée à des garanties de protection des joueurs. Or, loin de se montrer responsables, les opérateurs de jeu adoptent des pratiques commerciales nocives, telles que le ciblage publicitaire à outrance des jeunes des classes populaires et l’exploitation des biais cognitifs et mécanismes de conditionnement pour favoriser les pertes de contrôle.

 

Cet activisme de marketing engendre une explosion de l’addiction aux jeux d’argent. En dix ans, le nombre de joueurs dépendants a plus que doublé, passant de 600 000 à 1,4 million. Encore plus inquiétant, les jeunes sont désormais davantage touchés, y compris les mineurs – dont 40 % d’entre eux ont déjà misé de l’argent malgré l’interdiction. Les jeux et paris en ligne en particulier font des ravages : avec la crise sanitaire, les jeunes sont de plus en plus nombreux à consulter les associations et centres d’addictologie. Dans le même temps, le secteur affiche une santé record, puisqu’il double son chiffre d’affaires en deux ans.

Le phénomène est loin d’être anodin. L’addiction au jeu pousse au surendettement, favorise les conduites criminelles « acquisitives », accroît les violences conjugales, est une perte de chance pour les enfants de joueurs, encourage d’autres formes de conduites autodestructrices, réduit l’espérance de vie et peut conduire au suicide. Non seulement les jeux d’argent sont un impôt régressif, mais ils contribuent à accroître les inégalités de santé, car les personnes précaires et pauvres sont les plus exposées au risque d’addiction. Le coût pour la société est considérable – sans doute plus de 15 milliards d’euros – et dépasse de loin les recettes fiscales.

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