La société de la fête et de la flemme

 La société de la fête et de la flemme

Jérémie Peltier, directeur des études de la Fondation Jean-Jaurès critique dans l’opinion une société permanente de la fête et de la flemme (extrait).

 

Peut-on passer une bonne soirée sans la mettre sur Instagram ? Jérémie Peltier de la Fondation Jean-Jaurès répond « non » en 150 pages pleines de références à notre époque et d’exemples littéraires remontant à Gustave Flaubert dans son livre La Fête est finie ?. Pamphlet anti-selfies et odes aux rencontres d’un soir, l’essayiste y œuvre à ressusciter ce que les politiques aiment appeler le « vivre ensemble ».

Les ennemis de la fête, selon vous, sont les adolescents de 50 ans qui se déplacent en trottinette, ceux qui portent des baskets avec leur costard, qui se prennent en selfie et, pire, organisent des fêtes de voisins. Comme Michel Sardou, détestez-vous tout de notre époque ?

 

Ennemi est un grand mot ! Disons que tout cela participe à la « festivisation générale » de la société qui rend la fête malade à mon sens. Mais il y en a d’autres, comme les rabat-joie, ceux qui mettent trop de sérieux dans la fête, qui l’instrumentalisent pour défendre une multitude de causes. Il faut veiller à protéger des lieux séparés du flux quotidien, qui peuvent disparaître face à la prise au sérieux ambiante et au narcissisme. Donc, non, je ne déteste pas tout de notre époque. Il y a encore des choses à sauver. C’est pour cela que j’ai écrit ce livre.

Vous décrivez une société dans laquelle la fête est partout et vous concluez qu’elle est finie. Comment expliquer ce paradoxe ?

La fête partout, tout le temps, n’est plus une fête. Je rejoins l’écrivain Philippe Muray, qui constatait que l’espace public, les rues, les monuments, le monde professionnel prennent des traces festives sans ce qui fait son essence : la spontanéité, l’imprévu et la légèreté. On veut croire que la fête permanente, c’est la fête, mais cela ne l’est pas. Faire la fête partout, c’est faire la fête nulle part.

Vous parlez des monuments. Comment participent-ils à l’hyper-fête ?

La fête du patrimoine a lieu tout le temps. Les monuments n’acceptent plus d’être des monuments juste pour ce qu’ils sont. La fashion week les a investis. …..

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