Les limites modèles de croissance traditionnels

Les limites modèles de croissance traditionnels 

 

 

Les deux économistes Jean-Hervé Lorenzi et Alain Villemeur détaillent, dans une tribune au « Monde », les six nouvelles répartitions des revenus, du travail et de l’innovation qui permettraient de mettre en place un chômage résiduel et une croissance inclusive et stable pour le XXIe siècle.

 

Tribune.

 

Six questions hantent aujourd’hui les démocraties occidentales. Faut-il augmenter les salaires ? Comment faire de l’innovation une source de nouveaux emplois ? Faut-il favoriser les investissements d’expansion pour lutter contre le changement climatique ? Comment éviter que la jeunesse soit une génération sacrifiée ? Faut-il parier sur la qualification des emplois ? Enfin, ne faut-il pas investir davantage dans le social et l’éducation ?

Les économistes font face ainsi à un double échec de politique et de théorie économiques.

Le premier n’est autre que le ralentissement généralisé des économies avancées depuis le début du nouveau millénaire, un mouvement accompagné par la stagnation du pouvoir d’achat du plus grand nombre et l’explosion d’inégalités devenues insupportables.

Le deuxième échec relève de la théorie macroéconomique impuissante à comprendre ce ralentissement alors que l’endettement des pays avancés est croissant et que les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi bas. Les modèles de croissance traditionnels ont ainsi montré leur inadaptation profonde.

Durant ces dernières décennies, trois révolutions ont engendré de graves déséquilibres économiques et sociaux : celle néolibérale inspirée par Milton Friedman [1912-2006], celles du numérique et, enfin, celle du vieillissement de la population. Déséquilibres dans les répartitions, entre profit et salaire bien sûr, mais aussi entre création et destruction d’emplois, entre épargne et investissements d’expansion, entre revenus des différentes générations, entre emplois peu qualifiés et hautement qualifiés, entre dépenses sociales et privées.

Ces déséquilibres, sources de contestation politique, ne sont pas sans menacer la cohésion sociale des pays avancés.

Une « grande rupture » s’impose car seul un nouveau paradigme permet d’appréhender cette réalité préoccupante. Il est l’aboutissement d’une démarche audacieuse réconciliant ces deux grands économistes que l’on oppose le plus souvent, John Maynard Keynes [1883-1946], l’homme de la demande et du rôle de l’Etat, Joseph Schumpeter [1883-1950], celui de l’innovation et de l’entrepreneur.

Ce paradigme est aussi fondé sur une modélisation jamais développée et sur laquelle repose l’équilibre pérenne et durable entre offre, demande et ruptures technologiques. Il souligne combien les six répartitions à l’œuvre aujourd’hui pénalisent la croissance économique, renforcent les inégalités sociales et hypothèquent l’innovation pourtant nécessaire pour lutter contre le changement climatique.

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