Archive mensuelle de juin 2021

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Climat : après la crise sanitaire le risque d’un retour au monde d’avant«( Thibault Lamarque)

Climat : après la crise sanitaire le risque d’un retour au monde d’avant«( Thibault Lamarque)

 

« Le risque de revenir au “monde d’avant”, si l’on n’y prend pas garde, est réel Estime Thibault  fondateur et président de Castalie.(Tribune dans l’Opinion)

Fondateur et Président de CASTALIE, esttengagé depuis dix ans pour mettre fin à la folie des bouteilles
en plastique – véritable fléau de notre époque. Laméthode : proposer des alternatives durables et
zéro déchet à l’eau en bouteille. Depuis 2011, plus de 100 millions de bouteilles en plastique ont été évitées grâce à nos fontaines dans les hôtels, restaurants et entreprises

Tribune

 

Cela n’a échappé à personne, surtout avec l’ouverture de l’Euro 2021 : les terrasses de café ont rouvert en France. Entre averses et éclaircies, elles ont été naturellement prises d’assaut par des Français en sursis social depuis 14 mois, et pour partie mieux protégés par la vaccination. Tout à la joie légitime d’un présent retrouvé, on n’y a guère parlé de ce « monde d’après » qui avait tant occupé le débat public pendant le premier confinement du printemps 2020.

Le risque de revenir au « monde d’avant », si l’on n’y prend pas garde, est réel. La pandémie et les stratégies adaptatives qui en ont découlé nous ont pourtant livré des enseignements constructifs, positifs, qu’il est capital de cultiver si l’on souhaite faire face à la prochaine vague qui va profondément heurter nos sociétés : le réchauffement climatique. Ce dernier progresse, de façon inexorable – malgré les objectifs historiques fixés par l’Accord de Paris, non tenus. Nous en avons chaque jour la preuve : canicules, manque d’eau, mouvements migratoires, risques sanitaires… Le dernier rapport alarmant du GIEC dont le contenu vient d’être dévoilé note que « La vie sur terre peut se remettre d’un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L’humanité ne le peut pas. »

La COP26 programmée en novembre à Glasgow est attendue comme « celle de la dernière chance », qui devrait voir les nations raffermir les cibles et méthodes pour contenir les émissions de gaz à effet de serre. L’espoir est permis, avec notamment le retour des États-Unis dans le concert multilatéral et environnemental. Mais la main n’est pas qu’aux seuls États : il revient à chacun de nous – citoyens, société civile, entreprises, de faire notre part.

La crise sanitaire a montré quelque chose d’essentiel : notre capacité d’émancipation, de changement rapide, collectif et individuel. Nous ne devons pas l’oublier. En quelques semaines, nous avons été capables de nous mobiliser de façon inédite, d’être incroyablement créatifs, de modifier nos modes de vie à l’échelle mondiale. Jamais l’on aurait cru un tel changement possible, surtout aussi vite : l’essor des mobilités douces, la volonté de consommer moins mais mieux, le retour au local qui se généralise depuis les premiers confinements n’en sont que quelques exemples. Les consciences des citoyens-consommateurs se sont définitivement éveillées à la fragilité des écosystèmes humains et naturels, et à la nécessité d’adopter des modes de consommation et de production durables. Les entreprises et leurs dirigeants, extrêmement attendus pour participer à cette transition économique, écologique et sociale, ont pour nombre d’entre eux commencer à faire pivoter leurs modèles d’affaires pour les inscrire dans les limites planétaires.

Avec les entreprises purpose native, l’offre, les process, le rapport aux ressources, aux communautés de parties prenantes, l’organisation même de l’entreprise sont pensés d’emblée pour contribuer positivement au monde

Ici, les situations sont contrastées suivant le secteur, l’histoire, le statut, l’actionnariat de l’entreprise. Les groupes historiques, forts déjà de structures et de cultures hérités d’années de développement, doivent emprunter la voie de la transformation. Celle-ci suppose des arbitrages difficiles, entre renoncements industriels à court terme, et résilience et croissance dans le temps. Elle ne peut être portée que par des dirigeants visionnaires, courageux, qui doivent faire œuvre de pédagogie pour embarquer avec eux leurs équipes et l’ensemble de leurs parties prenantes.

. La seconde voie est celle des entreprises purpose native, c’est-à-dire motivées et conçues dès l’origine pour le sens. C’est le cas de Castalie : l’offre, les process, le rapport aux ressources, aux communautés de parties prenantes, l’organisation même de l’entreprise sont pensés d’emblée pour contribuer positivement au monde. Pour entraîner à l’échelle la mutation des modèles économiques et sociaux, ces entreprises à impact by design ont un défi : oser voir grand, dès le départ. Elles doivent devenir demain les modèles économiques de référence, les figures de proue d’un capitalisme profondément réinventé – et pour cela cultiver une ambition globale, attaquer de nouveaux marchés, investir délibérément dans l’innovation utile. Elles doivent confirmer sans relâche, par leur créativité et leur engagement, que la relance économique peut faire levier de ce que j’appellerai une « écologie joyeuse » – décomplexée, inventive, positivement ambitieuse, créatrice de valeur durable et partagée.

Le réchauffement est déjà une réalité. N’oublions pas, pour y faire face, les leçons d’une pandémie dont nous ne sortons qu’à pas très mesurés : elle nous a montré combien nous étions capables, ensemble, de nous mobiliser vite et fort, pour bâtir un monde responsable et inclusif. Plus que de l’optimisme, il s’agit de lucidité : l’humain est outillé par nature pour le changement, et capable d’adaptations phénoménales. Alors n’attendons pas d’être contraints de changer par les conséquences douloureusement palpables que décrivent les scientifiques du Giec et décidons de le faire, puisque nous en sommes capables.

Thibault Lamarque est fondateur et président de Castalie.

Investissement durable : du vert foncé au vert très pâle

Investissement durable : du vert foncé au vert très pâle

 

Un article de Justin Scheck, Eliot Brown et Ben Foldy dans le Wall Street Journal qui met en évidence que derrière l’enflure des mots l’investissement durable est diversement coloré dans le monde en passant du vert foncé au vert très pâle. (Extrait)

L’investissement vert a connu un tel essor qu’aujourd’hui, un déluge d’argent s’abat sur un nombre relativement limité d’entreprises capables de produire énergies renouvelables et autres voitures électriques.

Certains gérants de fonds ont donc opté pour une définition ultra-extensible de l’adjectif « vert ». Spécialiste chinois de l’incinération, transformateur de déchets animaux récemment poursuivi à cause de ses émissions polluantes ou constructeur de poids lourds autonomes : dans les faits, des milliards de dollars destinés à l’investissement durable bénéficient aujourd’hui à des entreprises à la crédibilité écologique douteuse qui, parfois, sont extrêmement risquées.

Depuis début 2019, les fonds communs en actions et les fonds indiciels cotés (ETF) axés sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ont enregistré une collecte nette de 473 milliards de dollars auprès des investisseurs, contre 103 milliards de dollars pour les autres fonds en actions

Pour faire entrer un maximum d’entreprises en portefeuille, certains misent sur les fournisseurs de l’économie verte même s’ils sont nocifs pour l’environnement. L’an passé, une société d’investissement revendiquant un « engagement fort en faveur de la durabilité » a ainsi fusionné avec l’opérateur d’une mine de terres rares à ciel ouvert en Californie pour 1,5 milliard de dollars. Même si le site a connu de nombreux problèmes environnementaux et doit enfouir certains déchets radioactifs, sa maison-mère affirme qu’il est vert parce que les terres rares sont indispensables aux voitures électriques et qu’il est moins dangereux que ses concurrents installés dans des pays où la réglementation est plus laxiste.

Ces petits arrangements avec la sémantique concernent aussi les Spac, des véhicules d’investissement qui ont la cote à Wall Street en ce moment. Une petite cinquantaine de ces « special-purpose acquisition companies » autoproclamées vertes ont levé près de 15 milliards de dollars, selon des données SPAC Track.

En Bourse, les Spac lèvent des fonds auprès d’investisseurs qui leur laissent une grande liberté de choix pour l’entreprise non cotée qu’elles vont acheter. Généralement, elles promettent d’investir dans les deux ans qui suivent leur cotation, mais parce que les cibles manquent cruellement, elles ne peuvent pas se permettre de faire la fine bouche. Parfois, la même société non cotée reçoit plusieurs offres d’achat, un phénomène baptisé « Spac-off » en anglais.

Sustainable Opportunities Acquisition (Soac), la Spac qui doit fusionner avec TMC, est entrée à la Bourse de New York en 2020 et a rencontré plus de 90 entreprises avant de jeter son dévolu sur le spécialiste des fonds marins. « C’est un genre de speed dating », plaisante Gina Stryker, la directrice juridique de Soac.

L’argent afflue aussi des fonds communs de placement et des autres véhicules d’investissement. Depuis début 2019, les fonds communs en actions et les fonds indiciels cotés (ETF) axés sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ont enregistré une collecte nette de 473 milliards de dollars auprès des investisseurs, contre 103 milliards de dollars pour les autres fonds en actions, selon des données du spécialiste de la recherche en investissement Morningstar compilées par Goldman Sachs.

Le problème, c’est qu’il n’y a pas « tout bonnement pas assez » d’entreprises vertes pour répondre à la demande, déplore Laura Nishikawa, directrice générale de MSCI, un promoteur d’indices, dont des ESG, que les gérants suivent pour savoir comment positionner leurs investissements verts.

De toutes les entreprises en quête d’argent vert, les spécialistes de l’exploration en minière en eaux profondes sont celles pour qui les choses sont les plus compliquées.

Biologistes et océanographes, et même le célèbre écologiste britannique David Attenborough, militent pour un moratoire sur les projets miniers en haute mer. Dans un rapport, la Banque mondiale a prévenu du risque de « dégâts irréversibles sur l’environnement » et des « dangers pour les êtres humains » que constituait cette activité, appelant à la prudence.

Ce vendredi, plus de 300 scientifiques spécialistes des fonds marins ont publié un communiqué demandant la suspension des activités minières jusqu’en 2030. Fin mars, Google, le fabricant de batteries Samsung SDI, BMW et le constructeur de poids lourds Volvo ont annoncé qu’ils n’achèteraient pas de métaux extraits des fonds marins.

Pour Gerard Barron, ils font fausse route : certaines sociétés minières exploitent des forêts vierges et font parfois travailler des enfants. Puiser dans la mer est donc une meilleure solution.

L’essentiel des réserves connues de métaux se trouvent dans les eaux internationales, dans lesquelles l’activité minière est régie par l’Autorité internationale des fonds marins, une émanation de l’ONU. En près de trente ans d’existence, cette organisation qui regroupe 168 pays membres n’a jamais donné de permis d’exploration minière ni établi de règles sur le sujet, un obstacle que TMC essaie de surmonter depuis deux décennies.

Entrepreneur chevronné né dans la campagne australienne, Gerard Barron a importé des batteries chinoises, géré un magazine et créé une société informatique, avant de découvrir les métaux marins en 2001, par l’entremise de David Heydon, avec lequel il jouait au tennis. C’est dans la start-up de ce dernier, Nautilus Minerals, qu’il a décidé d’investir.

Des Tonga à Vanuatu en passant par Nauru, en Océanie, Nautilus a tenté d’accéder aux fonds marins des eaux internationales, mais les choses ont traîné.

Les eaux territoriales de Papouasie-Nouvelle-Guinée, où les monts hydrothermaux ont créé au fil des millénaires d’immenses structures minérales, semblaient être une alternative idéale (et hors de portée des régulateurs internationaux). Les autorités locales ont investi 120 millions de dollars dans Nautilus et la start-up a commencé de sonder les fonds pour tester la viabilité de ses ambitions minières.

En 2005, Gerard Barron est monté au capital puis, quelques mois plus tard, la société est entrée en Bourse en utilisant une procédure de fusion inversée proche du fonctionnement des Spac. Gerard Barron a cédé des actions en 2007 puis en 2008, empochant (affirme-t-il) environ 30 millions de dollars au passage. David Heydon a lui aussi quitté le navire à la même époque.

En Papouasie, les choses avaient déjà commencé de se dégrader. Des villageois affirmaient que les travaux de Nautilus faisaient fuir les requins qu’ils consommaient lors des cérémonies rituelles. Les pouvoirs publics et les groupes écologistes ont demandé une suspension des opérations. « Il est très clairement apparu que les dégâts étaient très, très supérieurs aux avantages », résume Jonathan Mesulam, activiste et habitant d’un village voisin.

Nautilus a contesté les faits mais, à court d’argent, elle n’a jamais pu lancer la production. Son navire a été récupéré par ses créanciers et la société a déposé le bilan, selon des documents officiels. La Papouasie-Nouvelle-Guinée a perdu son investissement et deux investisseurs, un Qatari et un Russe, ont repris les actifs de Nautilus.

De leur côté, envisageant de reprendre les actifs de Nautilus dans les eaux internationales, où les nodules métalliques peuvent être ramassés « comme des balles de golf » dans une zone qui ressemble « à un désert », Gerard Barron et David Heydon avaient déjà lancé DeepGreen, depuis rebaptisé The Metals Company. A plus de trois kilomètres de profondeur, des travaux antérieurs et les efforts de TMC ont permis de repérer des nodules en quantité suffisante pour extraire de gros de volumes de métaux utilisés pour les batteries des voitures électriques.

Pour les océanographes, la zone, située à mi-chemin entre le Mexique et Hawaï, n’a rien d’un désert : il s’agit d’un écosystème encore méconnu où de nouvelles espèces sont régulièrement découvertes. Parmi les trouvailles récentes figurent un concombre de mer jaune vif dont la queue rappelle celle d’un écureuil et un « calamar qui marche » et arpente les fonds marins sur de frêles tentacules.

Les nodules que TMC veut extraire sont situés dans des zones peuplées uniquement d’animaux, affirment les scientifiques. Une récente étude publiée dans le Scientific Reports a révélé que, 26 ans après l’envoi un robot dans un habitat similaire dans le cadre d’un projet-pilote, les fonds marins et leurs occupants ne s’étaient pas rétablis.

Espérant apaiser une partie des craintes (et assurer les recherches nécessaires à l’obtention des permis), TMC a versé 2,9 millions de dollars aux chercheurs pour qu’ils étudient la faune et la flore de la zone que la société envisage d’exploiter. Beaucoup de scientifiques ont accepté : il est rarissime de pouvoir étudier l’un des environnements les plus reculés au monde et de recenser des espèces qui pourraient disparaître.

Parmi eux figure Jeff Drazen, professeur de biologie à l’université d’Hawaï qui fait autorité dans la région. Mais après avoir publiquement critiqué les projets miniers de TMC, il a reçu un appel d’un salarié de TMC qui lui a expliqué qu’il risquait de perdre sa bourse s’il continuait, ont rapporté des sources proches du dossier. Jeff Drazen n’a pas souhaité faire de commentaire. De son côté, le porte-parole de TMC a affirmé que les scientifiques avaient le droit de donner leur avis.

C’est en 2017, plus ou moins au moment où sa tentative d’introduction à la Bourse de Toronto a échoué, que TMC a décidé de se présenter comme une société verte.

Gerard Barron en est devenu directeur général et a recruté Erika Ilves, qui travaillait dans l’exploitation des ressources minières spatiales, pour l’aider à gérer la stratégie. Ils élèvent leurs filles ensemble.

Gerard Barron s’est laissé pousser les cheveux et la barbe et arbore toute une collection de bracelets en cuir. Dans la poche de sa veste, il a toujours un morceau de métal de la Lune et, quand le fragment fait sonner les portiques des aéroports, il propose aux agents de sécurité d’investir.

« Je le fais pour la planète et pour les enfants de la planète », disait-il dans un podcast financé par TMC. Il a aussi recruté une agence de communication qui le présente comme une version australienne d’Elon Musk.

Si c’est Gerard Barron qui est désormais le visage de TMC, l’obtention des droits miniers (dans les eaux internationales cette fois-ci) revient au cofondateur David Heydon et à son fils Robert, désormais lui aussi dirigeant de l’entreprise. L’Autorité internationale des fonds marins autorise ses membres à soutenir des projets dans les eaux internationales, avec un traitement de faveur pour les pays en développement. Les Heydon père et fils ont choisi d’établir la société qui demande le permis d’exploration à Nauru, entre autres pour aider la petite île océanienne et ses 10 000 habitants.

« J’ai toujours été très attaché à la justice », affirme Robert Heydon.

La société a d’abord appartenu à Nautilus, puis à un groupe d’investisseurs parmi lesquels figuraient les Heydon, puis à deux fondations publiques de Nauru, créées pour aider les habitants de ce petit Etat de 21 km². En 2012, ses administrateurs l’ont donnée à TMC.

Robert Haydon n’a pas souhaité détailler les conditions de l’opération, qualifiée de « transaction d’ordre privé ». Il explique que le seul argent versé par TMC à Nauru est destiné aux habitants, notamment au paiement des frais de scolarité de deux jeunes, dont la nièce du fonctionnaire qui était chargé de l’exploitation des fonds marins au moment du transfert de propriété, l’ancien ministre du Commerce Mike Aroi.

Toujours membre du gouvernement, Mike Aroi ne pense pas que la bourse de sa nièce soit due à son lien de parenté. Pour lui, cela s’explique par le fait qu’une petite dizaine d’étudiants seulement pouvaient prétendre à des études supérieures. Il ajoute qu’il n’a pas été impliqué dans le transfert de propriété à TMC et que personne, au sein du gouvernement, n’a vu de problème à ce que l’entreprise finance les études de sa nièce. La porte-parole du gouvernement n’a pas répondu aux demandes de commentaire.

TMC a négocié avec « plusieurs » Spac avant d’être approchée par Soac. Gerard Barron raconte qu’il a apprécié la volonté de durabilité de Soac, que son fondateur Scott Leonard a baptisée « première Spac ESG » (même si d’autres l’ont précédée sur ce terrain), et signé un contrat aux termes duquel il ne négocie plus avec personne tant que Soac et TMC discutent de leur mariage.

Gina Stryker raconte qu’au départ, elle n’était pas certaine que TMC soit un bon candidat. Mais après avoir étudié le business plan et les conséquences environnementales de l’exploitation minière sur terre et en mer, elle a changé d’avis. Les partenaires se sont rapidement mis en quête d’autres investisseurs avec une présentation qualifiant les nodules de « batterie pour véhicule électrique cachée dans une pierre ».

L’opération a rapporté 570 millions de dollars de trésorerie à TMC, désormais valorisée à 2,9 milliards de dollars, soit plus que n’importe quelle autre société minière cotée aux Etats-Unis qui ne génère pas un centime de chiffre d’affaires, indique Jay Ritter, professeur à l’université de Floride. Selon les projections de TMC, la société a besoin de plus de 3 milliards de dollars supplémentaires pour être rentable.

Dans un document déposé mercredi auprès des autorités, TMC a ajouté un nouveau facteur de risque relatif à l’impact environnemental de ses techniques d’exploration minière sur les fonds marins, impact qui « pourrait potentiellement être plus important qu’actuellement estimé » et faire l’objet de travaux complémentaires.

La participation de Gerard Barron vaut aujourd’hui autour de 175 millions de dollars.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Marion Issard)

Abstention : les médias aussi en cause

Abstention : les médias aussi en cause

 

 

France Info a consulté plusieurs experts sur la responsabilité des médias vis-à-vis de l’abstention (extraits).

Pour  Erik Neveu, sociologue des médias et professeur à l’IEP de Rennes, pour qui l’abstention est un phénomène « multicausal »« Il y a une part de responsabilité collective et tripartite, entre les politiques, les médias et les citoyens », abonde David Medioni, journaliste et directeur de l’Observatoire des médias à la Fondation Jean-Jaurès. « Les médias se sont gargarisés des sondages, en expliquant que le Rassemblement national allait rafler deux ou trois régions, en parlant d’un duel entre le RN et La République en marche. La nationalisation de la campagne n’a pas réellement aidé les citoyens à se motiver à aller voter », précise-t-il.

« Les émissions politiques où l’on peut débattre avec du sérieux et des arguments ont virtuellement disparu. »

Pour Patrick Eveno, sociologue des médias et vice-président du Conseil de déontologie journalistique et de médiation, « il est toujours facile de faire porter aux médias cette responsabilité, mais les médias ne font pas l’élection et ne décident pas du comportement électoral des électeurs ». Pour lui, « l’offre politique actuelle est complètement décalée de la demande des citoyens ». Dans ce contexte, « les journalistes ne peuvent pas imposer aux femmes et hommes politiques autre chose que ce qu’ils proposent ».

« les médias ont sans doute insuffisamment pris le contre-pied de cette ‘nationalisation de l’enjeu’ », juge Jean-Marie Charon, sociologue spécialisé dans les médias, l’information et le journalisme. Erik Neveu va dans le même sens : « La grandeur du journalisme, c’est aussi de chercher à définir l’agenda, à éclairer autrement des questions déjà dans le débat public. » Pour David Medioni, « c’est le symbole d’une profession qui a du mal à faire remonter des préoccupations qui ne sont pas forcément celles des politiques ».

Les élections régionales ont également été marquées par une part non négligeable de stratégie politique, au détriment du fond. « Les sociologues traitant la chose politique qualifient ça de ‘course de petits chevaux’, avec uniquement les aspects tactiques. C’est ce qui demande le moins de moyens et d’investissement journalistiques, et c’est ce qu’adorent les hiérarchies et les éditorialistes », regrette Jean-Marie Charon.

 

Les spécialistes interrogés sont unanimes : il faut mener une réflexion autour de la manière de traiter le fait politique. « Il est urgent de reprendre le sujet à partir des enjeux à traiter, du fond des réponses avancées par les uns et les autres, et de cesser la polarisation sur les questions essentiellement tactiques », estime Jean-Marie Charon. Selon lui, les stratégies politiques « n’intéressent plus la majorité des Français, voire les dégoûtent du champ politique et des échéances électorales ».

 

Politique : un artiste n’a pas à donner son avis ( Jean Dujardin)

 

Dans Présidents, d’Anne Fontaine, c’est une autre page de l’histoire récente que le comédien s’amuse à réécrire en se glissant dans le costume d’un certain Nicolas, un ancien chef de l’État parti sur les routes de Corrèze pour convaincre un autre ex, prénommé François (Grégory Gadebois), de s’unir pour gagner la prochaine élection. Toute ressemblance avec des personnes existantes n’est évidemment pas fortuite…

Anne Fontaine vous avait laissé le choix : pourquoi avoir choisi d’incarner Sarkozy plutôt que Hollande?
C’était plus marrant! Il rappelle les personnages que j’aime incarner : j’ai pu aller un peu chez lui en mettant en avant sa grande assise politique, et un peu chez moi en cherchant dans l’enfance et en le fragilisant, notamment quand il passe l’aspirateur dans le salon avec son petit chien. Même si je peux dire des vacheries, c’est aussi mon boulot de le rendre attachant.

J’ai fonctionné à l’hybride : ce n’est pas totalement lui, ce n’est surtout pas moi, c’est nous

Comment vous êtes-vous préparé?
Je me suis documenté, j’ai regardé des images pour lui faire les poches, comme j’avais fait celles de Sean Connery pour les OSS 117. Par exemple, lors d’une convention, il a employé le mot « tectonique » : comme je le trouvais percutant, je l’ai proposé à Anne Fontaine. Ce n’était pas vraiment du travail car singer est un exercice très amusant : sur les tournages, j’ai tendance à croquer les gens, à reproduire les façons de marcher, les intonations… Comme Sarkozy a été très souvent imité, j’ai entendu des : « Dujardin? Mais qu’est-ce qu’il va faire là-dedans? », mais moi je n’ai jamais dit que j’allais incarner un ancien président d’un mètre soixante. On n’est pas dans le biopic, mais dans l’évocation, voire le détournement comme l’indique la petite phrase en préambule du film : « L’un mesure 1,82 mètre, l’autre a des colères phénoménales… » J’ai fonctionné à l’hybride : ce n’est pas totalement lui, ce n’est surtout pas moi, c’est nous. On propose au spectateur d’opérer un va-et-vient entre ce qu’il connaît de l’ancien président et ce qui se joue à l’écran.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à attraper chez lui : ses tics du corps ou de langage?
Le plus compliqué a été au contraire de ne pas trop les reproduire! Mais Anne m’encourageait à me lâcher notamment dans les scènes de meeting car cet homme a deux visages : il impose une telle stature qu’il vendrait n’importe quoi à n’importe qui, mais il est aussi capable de faire croire qu’il est comme vous en lançant un regard par en dessous. L’enjeu était de trouver le bon réglage. Je voulais à tout prix éviter de tomber dans la caricature : ça devient gênant quand on sent qu’on cabotine.

L’avez-vous rencontré?
Une première fois lors de l’avant-première d’un film à Strasbourg : on s’était croisés dans le hall d’un hôtel alors qu’il était encore en fonction et accompagné de Rachida Dati, on s’était juste serré la main. Puis je l’ai revu au moment de J’accuse (2019), de Roman Polanski, qu’il avait apprécié.

Vous lui avez parlé avant le tournage?
François Hollande avait été rencardé, il était normal d’avertir aussi Sarkozy : on ne voulait pas faire de favoritisme! Le projet les a amusés et intrigués tous les deux. Avec Anne, on est allés le voir dans son bureau et on a discuté pendant plus d’une heure. Il paraît que Sarkozy est flatté que ce soit moi qui l’incarne : comme ce n’est pas vraiment lui à l’écran, il est tranquille.

Les hommes politiques sont-ils de bons acteurs?
Je suis surtout fasciné par leur cuir : ils ont une capacité dingue à rebondir malgré ce qu’ils se prennent dans la gueule ; un comédien ne s’en remettrait pas aussi vite! On partage l’envie de séduire, mais eux sont poussés par un désir de pouvoir : ils rêvent d’accéder au plus haut rang, c’est quasi christique! Moi, cette verticalité, je ne la sens pas et c’est tant mieux, car le cinéma est avant tout un métier d’équipe.

Quand, comme vous, on a décroché un oscar, récompense suprême du cinéma, on doit aussi prendre goût au sommet, non?
Ça dépend où vous situez le sommet. Moi, ça n’a jamais été l’oscar car je ne l’ai jamais souhaité. Je me suis senti honoré de l’avoir reçu et je peux le regarder sur son étagère quand j’ai un problème d’ego, mais cette aventure n’a été qu’un passage. Je ne suis pas tenaillé par un besoin de reconnaissance. Mon moteur, c’est l’envie d’apprendre et de naviguer entre des rôles très différents, de me prendre de vitesse pour voir si je suis capable de relever le défi du personnage. Si ça passe, tant mieux! Et si le film fait des entrées, c’est le bonus : le succès reste un miracle.

J’ai été heureux le jour où je suis devenu un homme et que j’ai pu choisir ma route

Brice de Nice, OSS 117, le colonel Picquart, le juge Michel, Sarkozy… Pourquoi ce goût pour les personnages seuls contre tous?
Ces hommes isolés et souvent en circuit fermé, j’ai envie de les abîmer encore plus pour mieux les réparer. Sans doute parce qu’enfant je me suis senti à l’écart : d’abord à la maison, où j’étais le plus jeune, mais aussi à l’école, où l’on me répétait : « Vivons heureux, vivons caché, hein, Dujardin! » Je me planquais car je n’aimais pas la compétition : avant même un contrôle, je savais que j’allais perdre. A l’école, on ne pousse pas à réussir, on nous clone pour suivre un modèle. J’ai été heureux le jour où je suis devenu un homme et que j’ai pu choisir ma route. Aujourd’hui, je privilégie le travail de bande et je conseille à ceux qui débutent de chercher du talent autour d’eux.

Dans quel costume vous sentez-vous le plus à l’aise : celui d’OSS 117 ou celui de Sarkozy?
Je n’ai pas de préférence, je m’amuse autant. J’ai toujours vu le cinéma comme une salle de jeu mettant à disposition des tas de panoplies : tant qu’on me laisse la possibilité de me déguiser, j’y vais! Les comédies de moeurs ou familiales m’ennuient : les problèmes de couple ou de cœur, je les ai joués 4.000 fois dans Un gars, une fille! Je préfère m’offrir un pas de côté avec des comédies plus étranges et loufoques. J’aime tenter des choses. Si mon cerveau de comédien trouve le texte original et que mon cerveau de spectateur a envie de voir le film sur grand écran, je fonce.

Présidents sort alors que la course à la présidentielle est lancée. Un hasard?
Non, évidemment, ce n’est pas anodin. Même si ce n’est pas un film partisan, il envoie un message. D’autant qu’Anne a ajouté un antagoniste, la bête noire Marine Le Pen qui arriverait. On regarde surtout deux hommes se parler de ce qu’ils ont été et de ce qu’ils pourraient être encore. J’ai assisté à une projection et à la réaction du public, je me suis dit qu’il faisait du bien : il doit tirer la chasse, quelque part.

Accepteriez-vous de joindre votre nom à une pétition politique, pour faire barrage à Marine Le Pen par exemple?
Jamais. Comme la religion, la politique est une affaire privée : ce que je pense ne regarde personne. Je suis un citoyen, mais je n’aime pas voir un artiste donner son avis. En général, ce genre d’exercice retombe d’ailleurs sur la gueule des signataires : dans les extrêmes, on a toujours l’air con.

Qu’avez-vous pensé de la gifle à Emmanuel Macron?
J’ai été très choqué. Je ne supporte pas l’humiliation. J’ai connu ça. C’est une douleur qui colle et laisse des marques.

 

Société- Consommation de pain : de 1 kg avant 1900 à 100 g par jour !

Société- Consommation de pain : de 1 kg avant 1900 à 100 g par jour !

 

 

Un peu avant 1900 on consommait  pratiquement 1 kg de pain par jour et par habitant. Aujourd’hui c’est de l’ordre de 100 g !  En cause évidemment les conditions générales de vie relative aux conditions de travail et à l’alimentation. Précédemment, le pain constituait l’aliment de base. Aujourd’hui il est devenu presque anecdotique et en plus décliné dans des dizaines et des dizaines de formules qui d’ailleurs n’ont plus grand-chose à voir avec le pain traditionnel.( Accessoirement avec des prix 5 à 10 fois plus chers).  Il est loin  le temps du pain de huit livres, de quatre livres ou même de deux livres qui aujourd’hui fait nettement moins de 500 g!

 

Concernant les prix, selon les chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques, en janvier 2020 une baguette – de 250 grammes donc – coûte 0,88 euro, soit un prix au kilo de 3,52 euros. 20 ans plus tôt, ce prix était de 0,63 euro, soit 2,53 euros par kilo.

 

Selon la dernière étude de la FEB, la Fédération des Entreprises de Boulangeries, si 87% des interrogés déclarent avoir toujours du pain chez eux, ils déclarent en consommer en moyenne 105 grammes par jour en semaine contre 114 grammes en 2015, soit un recul de près de 8%.

Si la quantité moyenne baisse, la quête de qualité progresse. En 2021, les trois critères d’achat du pain sont le goût, la fabrication traditionnelle et la fraîcheur. 65% des Français perçoivent une amélioration de la qualité du pain et les labels rassurent. 96% sont satisfaits du pain qu’ils achètent.

Le pain 100% français est plébiscité par la majorité des personnes interrogées. 52% sont sensibles à l’origine du blé et 73% trouvent important un pain fabriqué à base de blé cultivé en France.

Qui dit pain, dit baguette pour les Français, et ce produit demeure en tête des préférences pour 41% des Français dans sa version « tradition ». La baguette classique arrive juste derrière. Les consommatrices préfèrent quant à elles la baguette aux céréales (22% contre 9% des hommes).

En dehors des baguettes, ce sont le pain complet, le pain de campagne et aux céréales qui remportent la faveur des consommateurs.

Économie: une inflation seulement transitoire ?

Économie: une inflation seulement  transitoire ?

Hughes Beuzelin, Président-fondateur de BDL Capital Management relativise dans la Tribune l’hypothèse d’une hausse durable de l’inflation.

 

Le prix moyen pour l’acheminement d’un container entre Shanghaiet l’Europe occidentale est passé de 890 dollars en juin 2020 à 3.800 dollars en décembre et 6.351 dollars en juin.

Indéniablement, l’inflation est de retour. C’est particulièrement le cas aux Etats-Unis, où l’indice des prix à la consommation (CPI) au mois de mai est en hausse de 5% sur un an. On peut donc légitimement se demander si la période de basse inflation des dernières années est simplement définitivement révolue ou seulement en pause. On peut se le demander, et d’ailleurs… tout le monde se le demande !

Mais les commentateurs du secteur financier se réfugient souvent vers une conclusion facile : il est trop tôt pour conclure que le pic d’inflation que nous vivons actuellement sera durable. L’argument est que le formidable excès d’épargne accumulé par les ménages depuis le Covid19, particulièrement aux Etats-Unis, va se traduire par une libération brutale, mais provisoire d’une demande « refoulée », à la faveur de la réouverture de l’économie. Certes, le pic d’inflation observé jusqu’ici s’explique essentiellement par quelques secteurs (énergie, véhicules d’occasion), et non par une hausse généralisée des prix. Le reflux récent des anticipations d’inflation démontre d’ailleurs que le marché juge crédible la politique ultra accommodante maintenue par la Fed. Mais les investisseurs ne choisissent-ils pas simplement ce qui les arrange le mieux ? Il n’est pas facile pour les investisseurs institutionnels aux portefeuilles gorgés d’obligations d’envisager une situation de remontée durable de l’inflation qui serait meurtrière pour les portefeuilles.

Attention aux effets de second tour

En tant que gérants actifs, nous nous devons de regarder avec distance les consensus, surtout que quelques voix dissonantes se font entendre au sein de la banque centrale américaine sur le caractère transitoire de l’inflation. La possibilité d’une erreur de politique monétaire de sa part n’est pas à négliger. Plutôt que de rester concentrés sur ce que croit le marché, nous écoutons les messages venus des entreprises dans lesquelles nous investissons. D’ores et déjà, on perçoit certains signaux qui plaident pour une inflation plus durable. Tout d’abord, il faut garder à l’esprit qu’une inflation peut en cacher une autre, en décalé. Dans l’agroalimentaire, Danone évoque des hausses de coûts en hausse de près de 10% pour des intrants comme le lait et le plastique et le fabricant de produits d’hygiène Essity parle d’une hausse de 30% à 40% pour la pâte à papier en Europe. Mais ces acteurs de la grande consommation n’ont pas la possibilité de répercuter immédiatement ces hausses aux distributeurs avec lesquels ils ont généralement des contrats bisannuels. On peut attendre de pareils effets de second tour liés à la hausse – colossale – des coûts de transport. Le prix moyen pour l’acheminement d’un container entre Shanghai et l’Europe occidentale est passé de 890 dollars en juin 2020 à 3.800 dollars en décembre et 6.351 dollars en juin.

La transition énergétique sera inflationniste

Et il ne faut pas non plus négliger la volonté grandissante des États de modeler la reprise économique, notamment via des plans de relance orientés vers la transition énergétique. On voit déjà à quel point le choix fait par l’Allemagne de développer des sources d’énergies renouvelables, mais intermittentes, a été inflationniste sur les prix de l’électricité, car nécessitant de conserver des capacités conventionnelles. Indéniablement, la décarbonation de l’économie va coûter cher et soutenir durablement les cours de certaines terres rares ou de métaux comme l’argent, présent dans les véhicules électriques, ou le cuivre, qui va être nécessaire en grande quantité pour relier les projets éoliens offshore aux réseaux terrestres. L’électronique est un autre domaine où la demande ne semble pas près de faiblir et où une inflation plus durable sera facilitée par plusieurs facteurs : une offre relativement peu élastique, dans la mesure où la création d’une nouvelle usine est l’affaire de plusieurs années, et un secteur devenu très oligopolistique.

Les tensions sur les salaires sont à surveiller

 

Bien sûr, il faudra aussi surveiller comment évolue l’inflation salariale et notamment observer les impacts à long terme de la récente crise. Le magazine Le Point titrait récemment sur les « Français qui n’ont plus envie de travailler » et il est évident que la mise en pause de pans entiers de l’économie a incité les gens à s’interroger sur leurs conditions de travail. Aux États-Unis, les emplois de gardiennage sont désormais rémunérés entre 11 et 13 dollars de l’heure contre 8 à 10 dollars avant crise. Enfin, n’oublions pas qu’une inflation plus soutenue est un des moyens les plus efficaces pour les États de résorber leur surendettement.

Est-il trop tôt pour conclure que le pic d’inflation en cours sera durable ? Sans doute. Mais conclure le contraire serait tout aussi prématuré.

Hughes Beuzelin (*)

Economie, politique, société: les plus lus

Economie, politique, société: les plus lus

Arts et business–Collection Pinault : Le mélange philanthropique et fiscal !

Arts et business–Collection Pinault : Le mélange philanthropique et fiscal !

 

Le milliardaire François Pinault, en créant une société commerciale pour gérer la Bourse du commerce, son musée parisien inauguré le 22 mai, se livre à un savant mélange des genres entre art, optimisation fiscale et philanthropie, estime, dans une tribune pour « Le Monde », le professeur de sciences de la gestion Jean-Michel Tobelem.

 

Tribune. 

 

C’est un choix surprenant qu’a effectué la famille Pinault pour la création de la Bourse du commerce-Collection Pinault, exploitée dans le cadre d’un bail emphytéotique signé avec la Ville de Paris, propriétaire du bâtiment, car elle donne l’impression d’être peu au fait des principes qui guident l’action philanthropique dans le monde. Conformément au modèle mis en œuvre à Venise pour le Palais Grassi et la Pointe de la douane, c’est en effet une société commerciale filiale de la holding familiale Financière Pinault qui va gérer ce nouveau lieu d’exposition consacré à l’art contemporain.

Dans le même temps, les représentants de la SAS ne démentent pas systématiquement la dénomination « fondation » employée par certains journalistes ou commentateurs, laissant ainsi planer un doute sur une volonté de la famille Pinault de se draper des oripeaux de la philanthropie tout en s’affranchissant de ses règles.

Un autre choix eût semblé plus en phase avec une action qui s’affiche comme généreuse et désintéressée : celle d’une fondation, qui offre d’ailleurs droit à de substantielles réductions d’impôt (60 % pour les fondations d’entreprise et 66 % pour celles créées par des particuliers). Si celle-ci avait été dotée d’un capital de 800 millions d’euros, un montant compatible avec une fortune familiale évaluée à quelque 30 milliards d’euros, le revenu annuel de la dotation aurait été d’environ 40 millions d’euros.

Cela aurait permis à la fois de faire fonctionner convenablement la Bourse du commerce et en même temps d’offrir à tous la gratuité d’accès à ses espaces, comme cela se pratique fréquemment dans les fondations muséales américaines – qu’il s’agisse par exemple des célèbres musées Getty, Hammer, Broad ou Glenstone – mais aussi en France.

En faisant le choix d’une société commerciale pour gérer une institution culturelle, la famille Pinault ne prend-elle pas le risque de faire naître certaines interrogations ? Premièrement, le choix n’est-il pas notablement fiscal, permettant de consolider les pertes financières attendues de la Bourse du commerce avec les bénéfices de la holding, réduisant ainsi le montant de son impôt ?

 

Deuxièmement, le choix n’a-t-il pas été encouragé par la faculté de transmettre la collection (dont la valeur est estimée à plus d’un milliard d’euros), hors droits de succession, aux enfants et petits-enfants de M. Pinault ? Troisièmement, le choix de la fondation n’a-t-il pas été écarté du fait de risques de conflits d’intérêts, M. Pinault étant à la fois propriétaire de la maison de vente aux enchères Christie’s, qui possède un fichier international des acheteurs d’art contemporain, prêteur à de nombreuses institutions muséales, collectionneur lui-même et amené à revendre des œuvres dont la valeur s’est accrue par leur présentation publique ?

Culture «woke»: oui il faut chasser le grec, le latin des universités mais aussi l’étude des mathématiques, des lettres, de l’histoire, de la géographie et des sciences en général.

Culture «woke»: oui il faut chasser le grec, le latin des universités mais aussi l’étude des mathématiques, des lettres, de l’histoire, de la géographie et des sciences en général.

La culture Woke ou Cancel  culture qui vise à déconstruire ce qui nous a précédé- à la méthode maoïste bien connue -devrait aller beaucoup plus loin que ce qui est envisagé à l’université de Colombia aux États-Unis. En effet dans cette université on propose tout simplement de supprimer l’étude du latin et du grec au motif de leurs dimensions racistes et misogynes.

 

De la même manière , il faudrait évidemment supprimer la totalité de l’histoire et de la géographie qui rendent compte aussi des discriminations sociétales . Les mathématiques elles-aussi ont été mises au service d’inventions scientifiques qui ont participé à des drames dont certaines dimensions sont également sociales et sociétales.

La science en général , globalement neutre évidemment, sert le progrès mais est également utilisée  contre certaines sociétés, certaines catégories, certaines origines. Dès lors,  pourquoi ne pas chasser de l’université la totalité des sciences en France y compris;  alors on pourrait s’adonner exclusivement aux matières islamogauchistes et de contre-culture Woke. Cela n’affecterait pas totalement la qualité des diplômes décernés car nombre de Masters par exemple dans certaines disciplines sont distribués comme des petits pains et servent surtout à nourrir les effectif des futurs fonctionnaires.

 

 

Hypothèse d’une inflation seulement transitoire

Hypothèse d’une inflation seulement  transitoire

Hughes Beuzelin, Président-fondateur de BDL Capital Management relativise dans la Tribune L’hypothèse d’une hausse durable de l’inflation.

 

Le prix moyen pour l’acheminement d’un container entre Shanghaiet l’Europe occidentale est passé de 890 dollars en juin 2020 à 3.800 dollars en décembre et 6.351 dollars en juin.

Indéniablement, l’inflation est de retour. C’est particulièrement le cas aux Etats-Unis, où l’indice des prix à la consommation (CPI) au mois de mai est en hausse de 5% sur un an. On peut donc légitimement se demander si la période de basse inflation des dernières années est simplement définitivement révolue ou seulement en pause. On peut se le demander, et d’ailleurs… tout le monde se le demande !

Mais les commentateurs du secteur financier se réfugient souvent vers une conclusion facile : il est trop tôt pour conclure que le pic d’inflation que nous vivons actuellement sera durable. L’argument est que le formidable excès d’épargne accumulé par les ménages depuis le Covid19, particulièrement aux Etats-Unis, va se traduire par une libération brutale, mais provisoire d’une demande « refoulée », à la faveur de la réouverture de l’économie. Certes, le pic d’inflation observé jusqu’ici s’explique essentiellement par quelques secteurs (énergie, véhicules d’occasion), et non par une hausse généralisée des prix. Le reflux récent des anticipations d’inflation démontre d’ailleurs que le marché juge crédible la politique ultra accommodante maintenue par la Fed. Mais les investisseurs ne choisissent-ils pas simplement ce qui les arrange le mieux ? Il n’est pas facile pour les investisseurs institutionnels aux portefeuilles gorgés d’obligations d’envisager une situation de remontée durable de l’inflation qui serait meurtrière pour les portefeuilles.

Attention aux effets de second tour

En tant que gérants actifs, nous nous devons de regarder avec distance les consensus, surtout que quelques voix dissonantes se font entendre au sein de la banque centrale américaine sur le caractère transitoire de l’inflation. La possibilité d’une erreur de politique monétaire de sa part n’est pas à négliger. Plutôt que de rester concentrés sur ce que croit le marché, nous écoutons les messages venus des entreprises dans lesquelles nous investissons. D’ores et déjà, on perçoit certains signaux qui plaident pour une inflation plus durable. Tout d’abord, il faut garder à l’esprit qu’une inflation peut en cacher une autre, en décalé. Dans l’agroalimentaire, Danone évoque des hausses de coûts en hausse de près de 10% pour des intrants comme le lait et le plastique et le fabricant de produits d’hygiène Essity parle d’une hausse de 30% à 40% pour la pâte à papier en Europe. Mais ces acteurs de la grande consommation n’ont pas la possibilité de répercuter immédiatement ces hausses aux distributeurs avec lesquels ils ont généralement des contrats bisannuels. On peut attendre de pareils effets de second tour liés à la hausse – colossale – des coûts de transport. Le prix moyen pour l’acheminement d’un container entre Shanghai et l’Europe occidentale est passé de 890 dollars en juin 2020 à 3.800 dollars en décembre et 6.351 dollars en juin.

La transition énergétique sera inflationniste

Et il ne faut pas non plus négliger la volonté grandissante des États de modeler la reprise économique, notamment via des plans de relance orientés vers la transition énergétique. On voit déjà à quel point le choix fait par l’Allemagne de développer des sources d’énergies renouvelables, mais intermittentes, a été inflationniste sur les prix de l’électricité, car nécessitant de conserver des capacités conventionnelles. Indéniablement, la décarbonation de l’économie va coûter cher et soutenir durablement les cours de certaines terres rares ou de métaux comme l’argent, présent dans les véhicules électriques, ou le cuivre, qui va être nécessaire en grande quantité pour relier les projets éoliens offshore aux réseaux terrestres. L’électronique est un autre domaine où la demande ne semble pas près de faiblir et où une inflation plus durable sera facilitée par plusieurs facteurs : une offre relativement peu élastique, dans la mesure où la création d’une nouvelle usine est l’affaire de plusieurs années, et un secteur devenu très oligopolistique.

Les tensions sur les salaires sont à surveiller

 

Bien sûr, il faudra aussi surveiller comment évolue l’inflation salariale et notamment observer les impacts à long terme de la récente crise. Le magazine Le Point titrait récemment sur les « Français qui n’ont plus envie de travailler » et il est évident que la mise en pause de pans entiers de l’économie a incité les gens à s’interroger sur leurs conditions de travail. Aux États-Unis, les emplois de gardiennage sont désormais rémunérés entre 11 et 13 dollars de l’heure contre 8 à 10 dollars avant crise. Enfin, n’oublions pas qu’une inflation plus soutenue est un des moyens les plus efficaces pour les États de résorber leur surendettement.

Est-il trop tôt pour conclure que le pic d’inflation en cours sera durable ? Sans doute. Mais conclure le contraire serait tout aussi prématuré.

Hughes Beuzelin (*)

Investissement :Après le SPAC, la démocratisation avec le SPARC ?

Investissement :Après le SPAC, la démocratisation avec le SPARC

Par Virna Rizzo, avocat, Jordan Le Gallo, avocat, cabinet Cohen Amir-Aslani dans la Tribune

Tribune

 

 

Un accord qui en cache d’autres. Le 20 juin courant, Vivendi et Pershing Square Tontine Holdings (PSTH), le SPAC créé en juillet 2020 par Bill Ackman, ont annoncé avoir signé un accord, dont les termes ont été dévoilés le 23 juin, tendant à la cession par Vivendi de 10% du capital social de la maison de disques Universal Music Group (UMG) en faveur de PSTH, sur une valorisation de la société de 40 milliards de dollars.

Cet accord intervient peu de temps après l’annonce par Bill Ackman, le milliardaire CEO du fonds Pershing Square Capital Management, de la création d’un « SPARC », Special purpose acquisition rights company.

Avec ce nouveau véhicule, Bill Ackman remanie les cartes de l’investissement qui tend vers une plus grande démocratisation du processus d’introduction en bourse en palliant les deux contraintes principales liées au SPAC : (i) une levée de fonds ab initio qui reste séquestrée dans le véhicule coté en bourse le temps de procéder au De-SPAC-ing (première acquisition), et (ii) le coût afférent aux commissions de souscription.

Retour sur une structuration complexe

Dès la rédaction du prospectus lors de l’introduction en bourse de son SPAC, Bill Ackman avait anticipé la création de ce nouveau véhicule d’investissement, le SPARC. Or, on peut supposer que (i) l’opportunité liée à UMG et (ii) les conditions de marché tendant à la diminution du cours de bourse de PSTH ont accéléré le processus de création dudit SPARC.

PSTH entend acquérir 10% du capital social d’UMG au plus tard le 15 septembre 2021. Toutefois, cette acquisition est soumise à l’accord des actionnaires de PSTH qui, conformément aux règles du SPAC, ont un droit de retrait qui pourrait entrainer la chute du SPAC. Dès lors, afin de fédérer ses actionnaires, Bill Ackman a prévu plusieurs mécanismes :

-Premièrement, une distribution : le 22 juin courant, Vivendi a sollicité ses actionnaires afin de proposer « la distribution de 60 % d’Universal Music Group aux actionnaires de Vivendi et la cotation de la société sur le marché d’Euronext Amsterdam dans les dix derniers jours de septembre »[1]. Une fois la cotation d’UMG accomplie et PSTH n’ayant pas pour vocation d’être actionnaire minoritaire d’une société cotée, cette dernière va proposer de distribuer les actions d’UMG à ses actionnaires dès lors qu’elle aura obtenu l’accord de la Securities and Exchange Commission, pour un montant d’environ 14,75 dollars par action ;

Deuxièmement, un maintien de leur qualité d’actionnaire dans PSTH : A l’issue de cette distribution, les actionnaires de PSTH vont rester propriétaires des titres qu’ils détiennent dans le SPAC moyennant une valeur nominale unitaire plus faible, à savoir environ 5,25 dollars. Grâce aux disponibilités restantes d’environ 1,5 milliard de dollars combiné à un droit pour Pershing Square (le fondateur) de souscrire pour 1,4 milliard de dollars d’actions de Classe A de PSTH, ce dernier (PSTH Remainco) va, on l’imagine, pouvoir poursuivre son activité de SPAC, à savoir trouver et acquérir une société cible d’ici mi-2022, conformément à la règlementation qui l’oblige. « On l’imagine », car il existe un risque résiduel mais présent que le NYSE retire à PSTH son statut de SPAC. En effet, le principe du SPAC tel que développé par PSTH dans son prospectus voulait qu’elle acquière une société et qu’elle fusionne avec afin de faciliter l’introduction en bourse de la cible. Or, ce n’est pas ce qui se passe avec UMG ; le SPAC n’acquière que 10% du capital social et des droits de vote de cette dernière. Dès lors, le NYSE va-t-il laisser passer ou va-t-il retirer à PSTH son statut ? En cas de perte de statut du SPAC, deux scénarios seraient envisageables : soit le délai de 2 ans accordé aux fondateurs pour réaliser le De-SPAC-ing est écourté et ramené au 15 septembre 2021, jour théorique de l’acquisition des titres d’UMG ce qui obligerait le SPAC à rembourser l’ensemble de ses investisseurs, l’empêchant ainsi de conclure le deal, soit ce délai de protection des investisseurs est supprimé et ces derniers se retrouvent considérés alors comme simples actionnaires d’une société cotée avec la possibilité de revendre leurs titres sur le marché dès cette date.

Troisièmement, la souscription de BSA : Finalisant sa mission de rassurer ses investisseurs, la signature de l’accord avec Vivendi va initier l’émission par Pershing Square SPARC Holdings, nouvelle société de Bill Ackman, de bons de souscription d’actions (BSA) aux actionnaires de PSTH pour un montant de 20 dollars par action. Ces BSA pourront être exercés lorsque le SPARC aura conclu un accord définitif avec les sociétés dans lesquelles il va décider d’investir. Les investisseurs auront donc le choix d’activer ou non leur(s) bon(s) de souscription et d’acquérir des titres de Pershing Square SPARC Holdings. La souscription à l’ensemble des BSA entrainerait, pour le SPARC, une puissance d’investissement d’environ 10,6 milliards de dollars tout en n’étant pas limité à la durée de 2 ans afférente aux SPACs.

Ainsi, les investisseurs du SPAC sont rassurés et vont sûrement poursuivre leur aventure aux côtés de Bill Ackman.

Vers une plus grande démocratisation de l’investissement grâce au SPARC ?

Pour rappel, le SPAC est un pari sur l’avenir. Les investisseurs donnent (presque) un chèque en blanc aux fondateurs qui ont deux ans pour procéder au De-SPAC-ing (première acquisition). Evidemment, en cas de désaccord sur la première acquisition ou en l’absence de société cible identifiée dans le délai sus-évoqué, les investisseurs ont la faculté de demander le rachat de leurs actions au prix de l’introduction en bourse.[2]

 

Ainsi, le SPARC propose une vision différente. Avant même l’introduction en bourse, les fondateurs ont déjà identifié une ou plusieurs société(s) cible(s) dans lesquelles ils souhaitent investir, ceci ayant d’ores et déjà l’intérêt d’éviter le risque d’investisseurs réfractaires lors du De-SPAC-ing puisqu’ils investissent en toute connaissance de cause.

Dans les faits, une fois la structure du SPARC constituée et dès lors qu’une lettre d’intention a été conclue avec la société cible, le SPARC émet gratuitement (ou non) des BSA dans l’espoir d’une négociation sur un marché réglementé. Ces BSA donnent le droit de souscrire à des actions du SPARC une fois que le rapprochement aboutit, c’est-à-dire une fois qu’un accord définitif a été conclu. Autrement dit, le SPARC présente un double avantage : (i) les investisseurs du SPARC n’ont pas à immobiliser leur investissement dès l’introduction en bourse et pendant une durée maximum de deux années, et (ii) les fondateurs ne sont pas soumis à cette pression des deux ans pour trouver une société cible ce qui entraine parfois, lorsque la date limite se rapproche, une réduction du levier de négociation.

Ainsi, à bien des égards, la structure SPARC est plus favorable aux investisseurs que le SPAC.

Dans le monde du SPAC aux Etats-Unis, qui est en plein désordre, la tontine de Pershing Square est une bouffée d’air frais. La structure SPARC a le potentiel de démocratiser véritablement le processus d’introduction en bourse. Bien que le marché ait réagi défavorablement à l’opération « Universal Music Group », ce n’est qu’une question de temps avant que le marché ne réalise les avantages de l’excellente opération, bien que complexe, du SPARC.

Sachant que les SPACs existent depuis vingt ans aux Etats-Unis et qu’ils ne commencent à apparaitre réellement en France que cette année, devra-t-on attendre 2041 pour votre apparaitre des SPARCs sur Euronext Paris ?

________

[1] https://www.vivendi.com/communique/vivendi-signe-un-accord-avec-pershing-square-tontine-holdings-ltd-pour-la-cession-de-10-du-capital-dumg/

[2] Pour plus de détails sur le fonctionnement du SPAC : https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/il-est-urgent-d-accueillir-des-spac-s-a-la-bourse-de-paris-882311.html

Consommation de pain : de 1 kg avant 1900 à 100 g par jour !

Consommation de pain : de 1 kg avant 1900 à 100 g par jour !

 

 

Un peu avant 1900 on consommait  pratiquement 1 kg de pain par jour et par habitant. Aujourd’hui c’est de l’ordre de 100 g !  En cause évidemment les conditions générales de vie relative aux conditions de travail et à l’alimentation. Précédemment, le pain constituait l’aliment de base. Aujourd’hui il est devenu presque anecdotique et en plus décliné dans des dizaines et des dizaines de formules qui d’ailleurs n’ont plus grand-chose à voir avec le pain traditionnel.( Accessoirement avec des prix 5 à 10 fois plus chers).  Il est loin  le temps du pain de huit livres, de quatre livres ou même de deux livres qui aujourd’hui fait nettement moins de 500 g!

 

Concernant les prix, selon les chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques, en janvier 2020 une baguette – de 250 grammes donc – coûte 0,88 euro, soit un prix au kilo de 3,52 euros. 20 ans plus tôt, ce prix était de 0,63 euro, soit 2,53 euros par kilo.

 

Selon la dernière étude de la FEB, la Fédération des Entreprises de Boulangeries, si 87% des interrogés déclarent avoir toujours du pain chez eux, ils déclarent en consommer en moyenne 105 grammes par jour en semaine contre 114 grammes en 2015, soit un recul de près de 8%.

Si la quantité moyenne baisse, la quête de qualité progresse. En 2021, les trois critères d’achat du pain sont le goût, la fabrication traditionnelle et la fraîcheur. 65% des Français perçoivent une amélioration de la qualité du pain et les labels rassurent. 96% sont satisfaits du pain qu’ils achètent.

Le pain 100% français est plébiscité par la majorité des personnes interrogées. 52% sont sensibles à l’origine du blé et 73% trouvent important un pain fabriqué à base de blé cultivé en France.

Qui dit pain, dit baguette pour les Français, et ce produit demeure en tête des préférences pour 41% des Français dans sa version « tradition ». La baguette classique arrive juste derrière. Les consommatrices préfèrent quant à elles la baguette aux céréales (22% contre 9% des hommes).

En dehors des baguettes, ce sont le pain complet, le pain de campagne et aux céréales qui remportent la faveur des consommateurs.

Covid Inde: nouvelle mutation du variant Delta (indien)

Covid Inde: nouvelle mutation du variant Delta (indien)

Une nouvelle mutation du variant indien appelé aussi Delta. Il a été baptisé « Delta Plus ». Le« Delta Plus » serait encore plus contagieux, capable de mieux s’accrocher aux cellules des poumons et plus résistant à certains traitements à base d’anticorps monoclonaux.

(Article des Échos)

L’Inde a « observé sporadiquement » environ quarante cas de ce variant, répartis dans le Kerala, le Madhya Pradesh et le Maharashtra, selon un communiqué publié mercredi. Le ministre de la Santé a conseillé à ces Etats de prendre des mesures de confinement immédiates, de renforcer les tests et d’assurer un suivi de la vaccination dans les districts concernés.

Une mutation connue depuis le 11 juin

Le « Delta plus » a été mentionné pour la première fois le 11 juin dans le bulletin de l’agence sanitaire anglaise qui l’a baptisé « Delta-AY.1 ». Il s’agit d’un variant Delta, précédemment appelé variant indien, possédant une mutation codée K417N. Cette dernière est également présente sur le variant Beta, initialement identifié en Afrique du Sud et qui est moins sensible à l’immunité acquise.

Au 24 juin, ce variant Delta Plus avait été identifié dans au moins onze pays dont la France, le Royaume-Uni ou encore les Etats-Unis, selon la base de données génomique Gisaid . « Sur le fond, il possède les mêmes caractéristiques que le variant Delta, déjà considéré comme préoccupant », explique Chandrakant Lahariya, épidémiologiste. « Au regard des connaissances que nous possédons actuellement, le variant Delta Plus n’est pas plus inquiétant que le variant Delta lui-même », nuance l’expert en santé publique.

Forte contagiosité du variant Delta

Le variant Delta, extrêmement contagieux, a largement contribué à la féroce seconde vague qui a récemment balayé l’Inde. Ce variant devrait représenter 90 % des nouveaux cas de Covid dans l’Union européenne d’ici fin août selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. En Inde, le nombre de contaminations depuis le début de la pandémie a dépassé la barre des 30 millions. Et le Covid y a officiellement coûté la vie à 393.310 personnes au 25 juin, des chiffres qui seraient très largement sous-estimés.

Menace d’une troisième vague en Inde

Aujourd’hui, la pandémie reflue rapidement et les restrictions sont progressivement levées. Mais les autorités prennent très au sérieux la menace d’une troisième vague , d’autant que la campagne de vaccination a connu de nombreux ratés. Si 53,4 millions d’Indiens ont été entièrement vaccinés, cela ne représente que 4 % de la population.

Selon un sondage réalisé par Reuters auprès de quarante spécialistes de la santé, l’Inde devrait s’attendre à une nouvelle flambée épidémique d’ici le mois d’octobre. « A ce stade, nous ne possédons pas de preuve suggérant que le Delta Plus serait responsable d’une éventuelle troisième vague », a néanmoins déclaré sur une chaîne de télévision locale Anurag Agarwal, directeur de l’Institute of Genomics and Integrative Biology, membre de l’Inasog.

 

Une nouvelle menace financière mondiale

Une nouvelle menace financière mondiale

Depuis la crise de 2008, les gouvernements et les banques centrales ont réussi à réduire les risques systémiques venant du système bancaire. Mais faute d’une réglementation suffisante, le secteur financier non bancaire, lui, a pu continuer à se développer substantiellement, écrit Mohamed El-Erian. Il faut agir vite pour stopper ses dérives.

Par Mohamed A. El-Erian (économiste, chroniqueur aux « Echos »)Extrait

 

Après la crise financière mondiale de 2008 , les gouvernements et les banques centrales des pays avancés ont promis qu’ils ne laisseraient jamais plus le système bancaire prendre la politique en otage, et encore moins menacer la prospérité économique et sociale. Treize ans plus tard, ils n’ont que partiellement tenu cet engagement. C’est le secteur financier non bancaire qui risque désormais de gâcher ce qui pourrait être, qui doit être, une reprise durable après le terrible choc du Covid-19.

La crise de 2008 a été racontée maintes et maintes fois. Ebloui par la façon dont l’innovation financière, notamment la titrisation, a permis de découper le risque et de le jouer aux dés, le secteur public s’est mis en retrait au profit de la finance et de sa magie. Certains pays ne se sont pas contentés d’adopter une réglementation et une supervision bancaires des plus légères, ils se sont livrés à une concurrence acharnée pour devenir de grands centres bancaires mondiaux sans prendre en compte la taille de leur économie réelle.

Un détournement des données par l’armée américaine

Un détournement des données par l’armée américaine

Un article de Byron Tau Dans le Wall Street Journal

 Des personnes habitant dans le monde entier fournissent à leur insu des renseignements basiques à l’armée américaine, en utilisant simplement une application grand public sur leurs smartphones.

Premise, une société de San Francisco, paie des utilisateurs, dont beaucoup habitent dans des pays émergents, afin qu’ils accomplissent des petites tâches en échange d’un peu d’argent. Ces missions consistent souvent à prendre des photos, à répondre à des enquêtes ou à effectuer d’autres collectes de données simples ou des relevés d’observation, par exemple compter des distributeurs automatiques de billets ou pointer des prix de biens de consommation comme les denrées alimentaires.

Environ la moitié des clients de la société sont des entreprises privées à la recherche d’informations commerciales, indique Premise. Ces dernières peuvent vouloir obtenir des données sur l’implantation de leurs concurrents, faire du repérage pour des emplacements et effectuer d’autres tâches élémentaires d’observation dans les lieux publics. Ces dernières années, Premise a également commencé à travailler avec l’armée américaine et des gouvernements étrangers, en mettant en avant les possibilités offertes par sa main-d’œuvre flexible, internationale et travaillant à la tâche capable de faire des missions de repérage basiques et de sonder les opinions publiques.

Premise fait partie de ses entreprises, dont le nombre augmente, qui se situent à cheval entre les services aux consommateurs et la surveillance pour le compte de gouvernements. Ces sociétés s’appuient sur la prolifération des téléphones portables pour transformer des milliards d’appareils en capteurs recueillant des informations d’origine source ouverte (OSINT) utiles aux services de sécurité gouvernementaux du monde entier.

« Les données obtenues grâce à nos collaborateurs ont permis d’informer les décideurs politiques sur la meilleure façon de gérer l’hésitation à se faire vacciner, les risques liés à l’ingérence étrangère et à la désinformation lors des élections, ainsi que, par exemple, la localisation et la nature des activités des gangs au Honduras »

L’entreprise affirme que 90 % de son travail consiste à évaluer le ressenti des opinions publiques et à étudier la géographie humaine en rémunérant les utilisateurs pour qu’ils répondent à des enquêtes. Elle obtient ainsi des données qui, selon elle, peuvent servir aux entreprises commerciales, aux organisations à but non lucratif et aux gouvernements. Certains de ses projets, moins nombreux, consistent à demander aux utilisateurs de se déplacer sur le terrain pour accomplir des missions, par exemple prendre des photos ou suivre un itinéraire prédéterminé. Parfois, ces opérations impliquent la collecte de données concernant les réseaux mobiles situés à proximité ou d’autres téléphones portables, explique la société, comparant cette pratique à la façon dont Google et Apple cartographient les réseaux Wi-Fi avec les smartphones utilisant leurs systèmes d’exploitation.

« Les données obtenues grâce à nos collaborateurs ont permis d’informer les décideurs politiques sur la meilleure façon de gérer l’hésitation à se faire vacciner, les risques liés à l’ingérence étrangère et à la désinformation lors des élections, ainsi que, par exemple, la localisation et la nature des activités des gangs au Honduras », détaille Maury Blackman, directeur général de Premise. La société refuse de révéler l’identité de ses clients, invoquant sa politique de confidentialité.

Premise a été lancé en 2013 comme outil destiné à recueillir des données que les gouvernements et les ONG étaient susceptibles d’utiliser dans le cadre de leurs activités de développement international. Ces dernières années, il a également tissé des liens avec l’establishment de l’appareil sécuritaire américain et mis en avant sa capacité à servir d’outil de surveillance, selon des documents et des témoignages d’anciens employés. En 2019, les documents marketing de l’entreprise indiquaient qu’elle comptait 600 000 contributeurs opérant dans 43 pays à travers le monde, dont des zones sensibles comme l’Irak, l’Afghanistan, la Syrie et le Yémen.

Selon les registres de dépenses fédérales, Premise a reçu au moins 5 millions de dollars depuis 2017 dans le cadre de projets militaires — notamment des contrats avec les armées de l’air et de terre et en tant que sous-traitant d’autres entités du secteur de la défense. Lors d’un argumentaire présentant sa technologie, préparé en 2019 pour la Combined Joint Special Operations Task Force-Afghanistan, Premise présentait trois utilisations potentielles susceptibles de « répondre aux besoins d’information du commandement » : jauger l’efficacité des opérations d’information américaines ; repérer et cartographier les lieux d’interaction sociale clés telles que les mosquées, les banques et les cybercafés ; surveiller secrètement les signaux des antennes-relais et du Wi-Fi dans une zone de 100 km2. Selon cette présentation, les missions doivent être conçues de manière à « masquer leur intention véritable » vis-à-vis des participants qui ne sont pas nécessairement conscients de travailler pour une opération gouvernementale.

La société assure que le document ne décrivait que des fonctionnalités potentielles et ne dépeignait pas exactement le travail effectué pour ses clients militaires. Un porte-parole des forces de la coalition en Afghanistan n’a pas réagi à notre demande de commentaire destinée à savoir si elles avaient eu connaissance de la note de synthèse ou avaient fait appel aux services de Premise.

Un deuxième document, soumis à l’armée de l’air en vue d’obtenir une subvention que la société a finalement reçue, évoque des fonctionnalités similaires. Premise y indique qu’elle peut envoyer des collaborateurs effectuer des « missions d’observations suivant des instructions, recueillir leur impression sur celles-ci, et cartographiers de réseaux mobiles ». Un autre document produit par Premise indique que la société peut concevoir des « activités réalisés par des mandataires », comme le comptage d’arrêts de bus, de lignes électriques ou de distributeurs automatiques de billets, afin d’inciter les contributeurs à se déplacer pendant la collecte de ces données basiques.

Les données provenant des réseaux Wi-Fi, des antennes-relais de téléphonie cellulaire et des appareils mobiles peuvent être précieuses pour l’armée notamment en termes de connaissance de la situation, et de suivi des cibles. Le fait de disposer d’un réseau distribué de téléphones faisant office de capteurs offre également une capacité en matière de géolocalisation. Connaître la puissance du signal des antennes-relais et des points d’accès Wi-Fi situés à proximité peut être utile pour tenter de brouiller les communications lors d’opérations militaires. Selon les experts en la matière, les noms des réseaux sans fil existants peuvent également aider à identifier l’emplacement d’un appareil, même si le GPS est désactivé.

En juillet dernier, Premise a soumis au gouvernement britannique un document détaillant ses capacités. La société y affirme qu’elle peut récupérer plus de 100 types de métadonnées à partir des téléphones de ses contributeurs et les fournir à ses clients — notamment la localisation d’un téléphone, son modèle, le niveau de la batterie et les applications installées dessus

M. Blackman affirme que la collecte de ce genre de données open source ne constitue pas un travail de renseignement. « Elles sont disponibles pour quiconque possède un téléphone portable, dit-il. Elles ne sont pas uniques ou secrètes. »

«  Si certaines de nos données sont utilisées par les agences gouvernementales pour élaborer des politiques et protéger nos citoyens, nous en sommes fiers », ajoute M. Blackman.

En juillet dernier, Premise a soumis au gouvernement britannique un document détaillant ses capacités. La société y affirme qu’elle peut récupérer plus de 100 types de métadonnées à partir des téléphones de ses contributeurs et les fournir à ses clients — notamment la localisation d’un téléphone, son modèle, le niveau de la batterie et les applications installées dessus. Un porte-parole de l’ambassade britannique à Washington n’a pas voulu dire si des structures gouvernementales de son pays avaient recours à ce service.

Les utilisateurs de l’application Premise ne sont pas informés de l’entité qui a passé un contrat avec la société pour les informations qu’ils sont chargés de recueillir. La politique de confidentialité de la société indique que certains clients peuvent être des gouvernements et qu’elle peut collecter certains types de données à partir du téléphone, selon un porte-parole.

« Tous ceux qui collectent pour le compte de Premise et l’utilisent sont pleinement informés grâce aux conditions générales d’utilisation — disponibles sur l’application et le site web de Premise — que les données open source, collectées par des “contributeurs” locaux rémunérés à partir de leurs téléphones portables, peuvent être partagées avec n’importe quel client de Premise, y compris les agences gouvernementales », indique M. Blackman.

Actuellement, l’application assigne environ cinq tâches par jour à ses utilisateurs en Afghanistan, selon des témoignages d’utilisateurs sur place. Ils doivent, par exemple, prendre des photos de distributeurs automatiques de billets, de bureaux de change, de supermarchés et d’hôpitaux.

Selon Premise, photographier des sites religieux tels que des mosquées, des temples, des synagogues et des églises est une tâche classique confiée à des contributeurs du monde entier pour aider les clients à comprendre la géographie physique et sociale d’un lieu. Elle affirme qu’elle ne demande aux contributeurs que des photos d’extérieur et pas d’entrer dans les sites

Un utilisateur afghan explique qu’il est, comme les autres personnes sur place, généralement payé 20 Afghani par tâche, soit environ 25 centimes — ce qui leur permet de financer leur forfait téléphonique. Il y a quelques mois, certaines des missions proposées sur le site lui ont paru potentiellement risquées. Selon lui, l’application a proposé plusieurs missions consistant à identifier et à photographier des mosquées chiites dans un quartier de l’ouest de Kaboul, en grande partie peuplé de membres de la minorité chiite Hazara. Le quartier a été attaqué à plusieurs reprises par l’Etat islamique au cours des cinq dernières années, et au moins 50 personnes y ont été tuées en mai lors de trois explosions visant une école de filles — une attaque qu’aucune organisation n’a revendiquée. En raison de la nature et de l’emplacement des missions dans une zone ciblée par le terrorisme, l’utilisateur indique qu’il pense que ces missions pouvaient être liées à de l’espionnage et ne les a pas acceptées.

Selon Premise, photographier des sites religieux tels que des mosquées, des temples, des synagogues et des églises est une tâche classique confiée à des contributeurs du monde entier pour aider les clients à comprendre la géographie physique et sociale d’un lieu. Elle affirme qu’elle ne demande aux contributeurs que des photos d’extérieur et pas d’entrer dans les sites.

Aucune des plus de trois millions de personnes qui ont travaillé avec Premise au cours des cinq dernières années n’a subi de préjudice, alors qu’elles ont accompli plus de 100 millions de tâches ou d’enquêtes, déclare la société.

A l’origine, Premise était un outil conçu pour relever les prix dans les pays en développement et aider ses clients à mieux comprendre les besoins de leur population. Mais la société a eu du mal à dégager des bénéfices sur ces marchés, et la demande pour ses services était irrégulière, selon d’anciens employés.

En 2018, le conseil d’administration a nommé M. Blackman CEO, en espérant qu’il pourrait stabiliser les finances de l’entreprise et élargir ses activités, selon des employés actuels et anciens. M. Blackman disposait d’une expérience en matière de contrats publics. Il avait auparavant fondé Accela, une entreprise qui développait des logiciels destinés aux administrations. Selon les employés, il a poussé pour obtenir davantage de contrats dans les domaines militaire et du renseignement, ce qui a provoqué un choc culturel au sein de la société. Beaucoup de développeurs expérimentés se sont opposés à certaines utilisations à caractère militaire et de renseignement envisagées par la plateforme. Un porte-parole de la société réfute ces témoignages, expliquant qu’ils proviennent d’anciens employés mécontents et affirme que la société ne s’est jamais écartée de sa mission initiale. David Soloff, le cofondateur de Premise, auquel M. Blackman a succédé au poste de CEO, n’a pas répondu à notre demande de réaction.

Ces dernières années, les données collectées par Premise ont été achetées par de nombreux fournisseurs de la défense ou par des agences gouvernementales travaillant sur des programmes de défense, comme le montrent les dossiers fédéraux. En 2019, l’Air Force a versé 1,4 million de dollars à l’entreprise pour faire de l’« ISR terrestre régulier » — une abréviation militaire qui signifie intelligence, surveillance et reconnaissance. L’Air Force Research Laboratory indique que le contrat était axé sur la science des données et le travail d’apprentissage automatique pour les unités militaires, mais refuse de fournir plus de détails.

Au moins cinq autres fournisseurs du secteur de la défense ou des services de renseignement ont acheté des données à Premise, selon les documents répertoriant les dépenses fédérales. Premise a renforcé sa présence à Washington ces dernières années, comme le montrent des offres d’emploi, publiées sur LinkedIn, exigeant d’avoir des habitations de sécurité, et le recrutement d’employés disposant d’une grande expérience dans le monde du renseignement, selon leurs profils sur ce même réseau social.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Grégoire Arnould)

Traduit à partir de la version originale en anglais

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