Archive mensuelle de mai 2021

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Vaccination ouverte à tous

Vaccination ouverte à tous

Tous les majeurs peuvent désormais prendre rendez-vous pour se faire vacciner contre le Covid-19, a annoncé jeudi le ministère de la Santé à l’AFP.

 

La prise de rendez-vous sur les plateformes de réservation par internet (Doctolib, Keldoc, Maiia) a été élargie aux 18-49 ans . Les rendez-vous débuteront le 31 mai, date de l’ouverture officielle de la vaccination à tous les majeurs en France. 

Le site de l’attestation vaccinale: attestation-vaccin.ameli.fr

Le site de l’attestation vaccinale: attestation-vaccin.ameli.fr

L’Assurance-maladie a annoncé jeudi l’ouverture du site attestation-vaccin.ameli.fr: il permet aux personnes vaccinées contre le Covid-19 de récupérer leur «attestation certifiée de vaccination». Cette attestation «peut être téléchargée et imprimée. Elle comprend un QR Code à scanner,

Son usage deviendra nécessaire le 9 juin, avec l’entrée en vigueur prévue du pass sanitaire pour les activités rassemblant plus de 1000 personnes et sans doute après le 9 juin dans certains lieux publics

Economie, politique, société: les plus lus

Economie, politique, société: les plus lus

Pour des États généraux police-justice

Pour des États généraux police-justice

 

La secrétaire générale du syndicat Unité Magistrats FO et le secrétaire général délégué d’Unité SGP Police FO, Béatrice Brugère et Grégory Joron, appellent, dans une tribune au « Monde », à la tenue d’Etats généraux afin de mener les réformes nécessaires pour améliorer la confiance des Français envers toute la chaîne pénale.

 

Tribune.

 

Comme les deux faces d’une même pièce, police et justice sont indissociables mais surtout indispensables l’une à l’autre. Murs porteurs de notre société, elles préservent la liberté et la paix civile. Pourtant, la police et la justice sont souvent traitées comme des variables d’ajustement, et la confiance que leur portent les citoyens s’en ressent. Mais il n’y a ni fatalité ni impuissance. Il est temps de rompre avec les approches simplistes, et d’interroger nos modèles et leur efficacité.

Dépourvus de tout dogmatisme, nos deux syndicats Unité SGP Police FO et Unité Magistrats FO n’ont pas attendu l’ultime crise de méfiance et d’incompréhension entre la police et la justice, lors de la manifestation du 19 mai, pour se mettre ensemble au travail et faire des propositions. Conscients des difficultés liées au manque de moyens, à la complexité de nos procédures et aux injonctions contradictoires auxquelles nos professions sont soumises, nous avons réfléchi à des améliorations rapides et pragmatiques qui seront détaillées prochainement lors du Beauvau de la sécurité.

Au premier rang de nos demandes figure la tenue d’Etats généraux de la sécurité et de la justice, demande récurrente et laissée sans réponse par le ministère de la justice. Réunir autour d’une même table tous les acteurs de ces secteurs est non seulement une évidence mais une nécessité. Cette idée semble faire son chemin, y compris chez les plus hauts magistrats, qui, dans une récente tribune de la Conférence des premiers présidents publiée dans L’Obs, le 21 mai, ont appelé à la tenue d’assises de la justice pour refonder notre pacte républicain.

Restaurer la crédibilité du système pénal

Nos dirigeants ont-ils conscience de la gravité de cette situation, qui ne peut plus être gérée par de la communication ou des promesses sans lendemain ? Les sondages récents faisant état d’une baisse de la confiance des Français dans la police et la justice, brandis sous l’émotion de l’actualité, ne peuvent être ni pris au pied de la lettre, ni balayés d’un revers de manche. Le discrédit s’installe sous les coups de boutoir des détracteurs de nos institutions et mine la confiance des Français. La question des moyens ne suffit plus à expliquer nos faiblesses, c’est aussi notre modèle de justice qui est mis en accusation, 80 % des Français l’estimant trop laxiste dans un récent sondage. Ce constat nous oblige à affronter sans détour les raisons de ce jugement sévère des citoyens à l’endroit de leur justice. Il y va de la survie de notre pacte républicain.

Les incertitudes de l’évaluation économique

Les incertitudes de l’évaluation économique

 

Lorsqu’il s’agit de projets particulièrement innovants, une part irréductible d’inconnu échappe à l’évaluation du rapport coûts (ou risques)/bénéfices explique, dans sa chronique, le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel.

 

Chronique

 

Qu’il s’agisse des investissements d’une entreprise ou d’une politique publique, il est routinier de procéder à une évaluation du rapport coûts (ou risques)/bénéfices. Avec la pandémie de Covid-19, cette notion a été évoquée en faveur de la vaccination. Le plus souvent, ces estimations se traduisent par des calculs de probabilités éclairants.

Mais lorsqu’il s’agit de projets particulièrement innovants, une part irréductible d’inconnu échappe à ces calculs. Cela peut conduire à des déboires inattendus ou à sous-estimer la valeur potentielle de certaines innovations.

Faut-il s’y résigner ? Une recherche récente suggère que l’on peut tenir compte de la valeur de l’inconnu en adoptant une démarche exploratrice et une conception continuée des projets innovants (Agathe Gilain, « Economic evaluation of designing in the unknown », thèse Mines ParisTech-Université PSL, 2021).

 

Qu’il s’agisse des jeux de hasard ou des aléas de la vie, on a pensé depuis longtemps que les décisions devaient soupeser les « chances » et les conséquences des différentes éventualités. Cette approche a connu son apogée après la seconde guerre mondiale, avec la théorie probabiliste de la décision, qui a influencé autant les choix industriels que les décisions médicales face au risque (Raoul Charreton et Jean-Marie Bourdaire, La Décision économique, coll. « Que sais-je », PUF, 1985).

Cette théorie suppose cependant que les actions et les événements, seraient-ils de faible probabilité, sont tous connus à l’avance. Aucune surprise, aucune découverte n’est envisageable dans les calculs. Ces hypothèses sont acceptables dans un environnement stable ou incertain, mais lorsque les techniques et les comportements évoluent rapidement, il devient rationnel de considérer que l’inconnu n’est plus négligeable et que sa gestion devient un axe majeur du projet.

Certes, on doit toujours s’assurer que les risques et les bénéfices connus sont bien cernés, mais il faut aussi garantir que l’effort de conception technique et sociale va continuer à explorer ceux que l’on ne connaît pas encore.

Loi 4D : la fausse décentralisation

Loi 4D : la fausse décentralisation

 

Après trois grandes vagues de réformes sur quatre décennies, les années 2020 promettaient un nouveau grand projet de loi de décentralisation, or pour Raul Magni-Berton, professeur de sciences politiques, celle-ci s’apparente plus à un exercice d’équilibriste pour décentraliser les compétences sans décentraliser le pouvoir, estime-t-il dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune

 

 Depuis les années 1980, la France n’est pas loin de détenir le record mondial du nombre de lois visant à décentraliser le pays. Pourtant, d’après tous les indicateurs internationaux, elle reste l’un des grands pays les plus centralisés au monde. Pire, les collectivités territoriales – et en particulier les plus populaires d’entre elles, les communes – qui ont de plus en plus de compétences, disposent de moins d’autonomie politique et fiscale qu’avant.

Si on considère la décentralisation non pas simplement comme une gestion locale de compétences, mais plutôt comme une division des pouvoirs territoriaux, avec des territoires qui jouent un rôle de contre-pouvoir, alors la France, pendant quarante années, n’a cessé de se centraliser. En témoigne le fait que trois maires sur quatre considèrent que les transferts de compétences des communes aux intercommunalités ont des conséquences négatives et que plus de mille maires ont démissionné pendant le dernier mandat.


Après trois grandes vagues de réformes sur quatre décennies, les années 2020 nous promettent un nouveau grand projet avec la loi dite « 4D » pour décentralisation, différenciation, déconcentration et décomplexification, portant diverses mesures de simplification de l’action publique locale. S’agit-il enfin d’une vraie réforme de décentralisation ou d’un nouvel exercice d’équilibriste pour décentraliser les compétences sans décentraliser le pouvoir ?

Une fracture territoriale préoccupante

Son principe philosophique, inscrit dans la loi, est ambitieux : « le principe d’égalité ne fait pas obstacle à ce que la loi règle de façon différente des situations différentes ». Ailleurs dans le monde, il s’agit d’un fait : les pays très décentralisés assurent, en moyenne, une égalité plus forte entre territoires que les pays centralisés. Il y a urgence pour la France où la fracture territoriale commence à devenir préoccupante.

Avec ce principe, tous les espoirs sont permis. La commune de Chartres pourra-t-elle décider de prendre en main la gestion de sa cathédrale ? Laissera-t-on enfin la ville de Grenoble mettre en place son référendum d’initiative citoyenne ? Le département du Var aura-t-il les moyens de lever de nouveaux impôts pour prévenir les inondations ?

 

Tuons d’emblée tout suspense : la réponse est non. Aucune compétence nationale ne sera déléguée à une collectivité à sa demande. Il existe déjà une procédure très complexe et inefficace pour cela, mais elle n’est pas modifiée. En revanche, les collectivités pourront avoir l’initiative de demander une compétence qui revient à une autre collectivité. Autrement dit, la loi facilite la décentralisation des régions, mais pas la décentralisation de la nation.

« Annuler le bac 2021 « 

« Annuler le bac 2021 « 

 

Philippe Askenazy,Chercheur au Centre Maurice-Halbwachs (ENS-CNRS-EHESS-PSL) ,  plaide, dans sa chronique au « Monde », pour la suppression des épreuves du baccalauréat, dont la pertinence n’est plus assurée, selon lui, après deux ans de scolarité perturbée par l’épidémie de Covid-19.

 

Chronique.

 

 Hormis dans une minorité d’établissements, essentiellement privés, les lycéens ont connu une année scolaire particulièrement perturbée. Par manque de matériel, de formation ou de volonté, les professeurs n’ont pu massivement pratiquer un enseignement hybride lorsque les jauges imposaient des demi-groupes. Entre difficultés techniques et limites pédagogiques inhérentes à l’exercice, les cours en distanciel n’ont pu apporter une formation quantitative et qualitative similaire aux cours « normaux ». Les lacunes accumulées sont actées par le ministère puisque, lors du grand oral du bac, les candidats pourront, face au jury, se munir d’une lettre exposant quelles parties du programme n’ont pas été abordées.

Ce contexte interroge la pertinence d’organiser des épreuves du bac (notamment philosophie et grand oral en terminale, français en 1re) en juin.

 

En économie, deux grandes visions de l’éducation cohabitent. D’un côté, le diplôme serait un filtre et un signal donné aux employeurs : l’éducation permet de sélectionner chacun selon son investissement dans le travail ou son intelligence. Le diplôme révèle les informations sur les capacités intrinsèques d’un individu. Il comble l’asymétrie d’information entre employeur et offreurs de travail. C’est à ce titre qu’en France, des grilles salariales conventionnelles se référant aux diplômes ont été construites et acceptées par les employeurs. La crédibilité du signal – le diplôme – et la finesse du filtre sont alors essentielles.

Est-ce que le maintien des épreuves cette année y participe ? Le taux de réussite au bac sera bien supérieur à 90 %. Un écrit de philosophie dont la note ne sera pas retenue si elle est inférieure à celle du contrôle continu et une nouvelle épreuve orale aux règles fluctuantes ne peuvent qu’achever de brouiller le signal. Dans ces conditions, on peut aussi douter de leur intérêt pédagogique.

 

Justement, selon une vision alternative, l’éducation est avant tout une forme d’investissement qui s’accumule pour composer ce que l’économiste américain Gary Becker (1930-2014) a qualifié de « capital humain ». Outre la quantité, la qualité de la formation est fondamentale. Elle augmente la productivité individuelle et plus encore, participe à d’importantes externalités positives qu’illustrent notamment les théories de la croissance : pour innover, l’économie a besoin d’une masse critique d’ingénieurs et de chercheurs ; pour utiliser ces innovations et s’y adapter, entreprises et administrations doivent disposer d’une main-d’œuvre bien formée à tous les niveaux. Cet investissement assure donc des rendements à la fois à l’individu et à la société. Le rendement social est d’ailleurs un argument-clé pour une éducation publique gratuite.

Écologie et système financier

Écologie et système financier

Les deux économistes Stefano Battiston et Irene Monasterolo observent, dans une tribune au « Monde », que les anticipations des investisseurs peuvent aussi aller contre l’objectif de limitation du réchauffement climatique.

 

Tribune.

Limiter le réchauffement climatique à 2 °C comme le prévoit l’accord de Paris exige une transformation profonde de l’énergie, de la production et de la consommation dans nos économies afin de ramener à zéro les émissions de gaz à effet de serre. L’ampleur de la transformation requise implique aussi un rôle proactif du système financier.

De nouveaux investissements verts sont nécessaires, ainsi que la réorientation du capital des activités à forte émission de carbone vers des activités bas carbone. La notion de risque financier est pour cela essentielle, car c’est sur elle que se fondent les décisions d’investissement des acteurs financiers. Il est donc crucial que le risque lié au climat soit pris en compte par les entreprises et institutions financières. Il est surprenant que cela n’ait pas été le cas jusqu’ici.

Sous différents termes, tels que « investissement vert », « critères environnementaux, sociaux et de gouvernance », « développement durable », etc., les médias regorgent d’informations sur la croissance de la finance durable. Pourtant nos économies ont échoué à enregistrer les réductions d’émissions définies dans l’accord de Paris.

Dans ce contexte, les scénarios d’atténuation du changement climatique développés par le Network for Greening the Financial System (NGFS), réseau de huit banques centrales et de superviseurs créé en 2017 pour travailler au verdissement du secteur financier (« Adapting central bank operations to a hotter world. Reviewing some options », mars 2021) constituent la première étape d’un processus visant à porter à la connaissance des acteurs financiers les différents avenirs possibles, notamment en ce qui concerne les activités à faible ou haute intensité carbone.

Le système financier est généralement considéré, dans le discours politique, comme pouvant faciliter la transition vers une économie bas carbone. Mais les attentes des investisseurs (c’est-à-dire leurs estimations du risque par rapport au rendement) sur les risques climatiques et la crédibilité des politiques envisagées peuvent tout aussi bien faire du système financier un acteur de la transition, ou au contraire un obstacle à cette transition.

En effet, si les investisseurs estiment crédible la politique adoptée, ils sont en mesure d’ajuster leurs attentes en temps opportun et de réaffecter de façon précoce et graduelle le capital vers des investissements bas carbone.

Dans ce cas, ils facilitent la transition, ce qui entraîne des ajustements plus fluides de l’économie et des prix.

Le divorce entre les Français et la science

Le divorce entre les Français et la science

« Comment expliquer le divorce entre les Français et la science ? La dérégulation de l’information scientifique permise par les nouveaux médias favorise la confusion entre savoir et croyance » par Olivier Babeau et Jean-Yves Le Déaut* dans l’Opinion

 

Rarement les scientifiques auront eu autant la parole que ces derniers mois, prenant une place de choix dans les débats publics et pesant légitimement dans la stratégie nationale de lutte contre la pandémie. Paradoxalement, la méfiance des Français envers la science et le progrès technique semble croître. Le baromètre « science et société » lancé par l’institut Sapiens et Ipsos en décembre dressait un état des lieux peu réjouissant : 58 % des Français affirment que si les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux, c’est parce qu’ils défendent avant tout des intérêts privés et seulement 50 % des Français pensent que grâce à la technologie et la science, les générations futures vivront mieux que celles d’aujourd’hui (contre 62 % en 2013).

C’est le drame du responsable politique que de n’être bien souvent plus capable de mettre en parallèle des bénéfices et des risques

Comment expliquer le divorce entre les Français et la science ? La dérégulation de l’information scientifique permise par les nouveaux médias favorise la confusion entre savoir et croyance. Les mécanismes traditionnels de tri de l’information sont abolis. Dans un monde de disponibilité intégrale des contenus où savoirs validés, hypothèses fantaisistes et opinions sont présentés sans hiérarchie, la prime est donnée à l’information frappante, donc extrême, et séduisante pour l’esprit. Celle qui est exacte et nuancée présente souvent moins de séduction. D’où la prolifération des idéologies, qui se nourrissent d’un mélange d’aveuglement et de connaissances frelatées. Et l’efficacité des propagandes de tous ordres.

Chaos. Lui-même empêtré dans le chaos du débat public qui a quitté le lit des médias traditionnels, le politique ne sait pas comment aborder la science. Il n’est souvent pas capable de défendre ses agences indépendantes contre les gesticulations du premier activiste venus. Alors que sa propre légitimité est affaiblie par une défiance sans précédent vis-à-vis des institutions et de leurs représentants, il ne sent pas la force d’opposer aux discours anti-scientifiques le haussement d’épaules qu’ils méritent. Comme Ponce Pilate, il préfère se laver les mains d’une querelle où il craint d’être pris à partie s’il s’engage. En matière d’innovation, interdire demande infiniment moins de courage que de permettre.

Le feuilleton autour du vaccin AstraZeneca en est la triste illustration. Les risques de thromboses ont provoqué une hésitation catastrophique du politique qui a durablement miné la confiance dans ce vaccin. Pourtant, en pratique, nous avons plus de chance de souffrir d’une thrombose en prenant l’avion ou de mourir dans un accident de voiture que d’avoir une thrombose liée au vaccin…

On pourrait hélas multiplier les exemples de ces sujets scientifiques que le politique n’aborde que d’une main tremblante. La façon dont sont réglementés aujourd’hui les OGM procède d’un choix politique et non scientifique. On peut se féliciter que, malgré les pressions très fortes, les nouvelles techniques de sélection variétale (qui ne sont pas stricto sensu de la modification du génome) n’aient pas été interdites au nom de notre phobie de l’innovation agricole. Elles permettent aux cultures de mieux s’adapter à de nouveaux environnements, d’améliorer les rendements et la qualité des sols.

C’est le drame du responsable politique que de n’être bien souvent plus capable de mettre en parallèle des bénéfices et des risques. C’est pourtant son rôle : face à des scientifiques qui seront toujours dans la nuance et le balancement propre à la progression du savoir scientifique, le politique a pour tâche de décider. Pour trancher, il doit être capable d’assumer des risques afin de permettre des bénéfices. Cela suppose de comprendre la différence essentielle entre le danger (la nocivité d’un produit par exemple) et celle de risque (la probabilité d’exposition au danger, qui fait la nocivité réelle). Une possibilité qui semble désormais hors de portée de dirigeants terrorisés à l’idée du moindre accident immédiatement interprété par l’opinion comme un scandale. Le principe de précaution, initialement conçu comme devant déclencher une saine quête d’information, est ainsi de plus en plus converti en principe d’inaction.

Nous devons réapprendre à nos enfants la confrontation et la hiérarchisation des sources. Plutôt que de leur asséner des certitudes, nous devons leur apprendre le doute méthodique. Au lieu d’un monde manichéen aux certitudes faciles, il faut les initier à l’exigence de la nuance

On peut d’autant plus le déplorer que la science est plus que jamais au cœur des grands enjeux que sont l’augmentation démographique et le réchauffement climatique. Comment va-t-on nourrir demain 10 milliards de personnes sans destruction de la planète ? Peut-on y arriver en revenant seulement à des méthodes anciennes ? Peut-on se passer des nouvelles techniques en complément des techniques éprouvées ? 15 % de la population mondiale souffre de malnutrition sévère tandis que 40 % des adultes des pays développés souffrent d’obésité. On n’arrivera pas par des techniques d’hier à résoudre les défis de demain.

Il est essentiel que politique se saisisse de ces enjeux. Pour retrouver les conditions d’un débat rationnel, tout commence par l’école. La culture scientifique, en chute libre d’après les évaluations, doit être réintroduite en force dans les enseignements, et substituée à un catéchisme écologique trop souvent plus idéologique que scientifique (en particulier en matière d’énergies renouvelables et de vénération inconditionnelle du bio). Nous devons réapprendre à nos enfants la confrontation et la hiérarchisation des sources. Plutôt que de leur asséner des certitudes, nous devons leur apprendre le doute méthodique. Au lieu d’un monde manichéen aux certitudes faciles, il faut les initier à l’exigence de la nuance. Pour éviter ensuite la confusion des sources et la domination des pseudosciences, on pourrait imaginer de créer un organisme international sur le modèle GIEC qui donnerait l’état des savoirs scientifique sur les sujets, en s’appuyant sur une légitimité indiscutable.

* Olivier Babeau est président de l’Institut Sapiens. Jean-Yves Le Déaut est biochimiste et ancien député.

Procès Bygmalion : l’organisateur des meetings accuse Nicolas Sarkozy

Procès Bygmalion : l’organisateur des meetings accuse Nicolas Sarkozy

 

 

Franck Attal, le responsable de la filiale événementielle de Bygmalion, Event & Cie accuse clairement tous les responsables de la campagne électorale Nicolas Sarkozy y compris ce dernier.

« Lors d’une rencontre avec des responsables de la campagne, ils nous ont demandé de sous-facturer les événements à venir et de facturer le reste à l’UMP au motif de ‘convention du parti de droite’. » De fausses conventions. « Les bras m’en tombent à ce moment-là, explique Franck Attal au tribunal. Je sors du bureau, je vais tout de suite voir mon supérieur. Moins de 24 heures après, il me fait un retour. Mes boss ont validé. »

 

« Il fallait s’adapter tout le temps, se souvient Franck Attal à la barre. Rien n’avait été cadré à l’avance avec l’UMP et le candidat prévoyait quatre ou cinq meetings au départ. Puis les demandes se sont précipitées. » Franck Attal en organisera au total 43, avec des exigences toujours plus importantes. « Fallait mettre le paquet, que ça pète ! », précise-t-il. Des écrans de 100 mètres, des caméras autoportées, des meetings grandioses qui font s’emballer les dépenses au-delà du plafond légal autorisé.

Régionales PACA : Mariani (RN) largement en tête

Régionales PACA : Mariani (RN) largement en tête

Selon un sondage Elabe commandé par BFMTV, publié mercredi 26 mai,

est créditée de 43% des intentions de vote, et devance celle menée par le président sortant Les Républicains (33%), Renaud Muselier, qui a conclu une alliance avec la majorité présidentielle La République en marche (LREM). La liste d’union de la gauche (EELV, PS, PCF, Génération.s), menée par Jean-Laurent Felizia, arrive en troisième position (12%), devant la liste écologiste de Jean-Marc Governatori (6%).

L’issue paraît plus indécise au second tour (27 juin). « En cas de triangulaire, Thierry Mariani est crédité de 45% des voix et devancerait Renaud Muselier (37%). La liste de gauche menée par Jean-Laurent Félizia serait largement distancée (18%) », écrit Elabe dans son étude, qui explique que Mariani et Muselier obtiendraient des « scores très proches » en cas de retrait de la liste menée par Félizia. Dans cette hypothèse, les deux candidats seraient au coude-à-coude, avec 50% des intentions de vote.

Fiscalité internationale : l’Irlande fait de la résistance

Fiscalité internationale : l’Irlande fait de la résistance

Comme c’était prévu, l’Irlande se pose fortement à l’augmentation de la fiscalité sur les entreprises; la fiscalité dont elle a fait un argument économique fondamental pour localiser les sièges sociaux chez elle  et ainsi ramasser la manne fiscale. L’Irlande a montré une forte résistance mardi sur le projet de Joe Biden de taxer les bénéfices des multinationales d’au moins 15% à l’échelle mondiale au moment où un consensus semblait se dessiner au G7.

Le ministre des Finances irlandais Paschal Donohoe a déclaré que son pays n’avait pas l’intention d’augmenter son taux d’imposition sur les sociétés qui est l’un des plus bas au monde, rejetant du même coup la proposition américaine dévoilée la semaine dernière par la secrétaire au Trésor Janet Yellen.

« Nous avons des réserves vraiment importantes concernant un taux d’imposition minimum mondial à un niveau tel que cela signifierait que seuls certains pays, et certaines grandes économies, pourront bénéficier de cette base », a expliqué le ministre à la chaîne britannique Sky News.

L’Irlande ne fait pas partie du G7. -Dans l’Irlande ne fait pas parti–reprendra la proposition de Biden tout de 15 % alors que l’Irlande applique un taux de 12,5% .

La semaine dernière, Janet Yellen avait souligné que 15% était « un plancher » et que les discussions allaient se poursuivre avec l’objectif d’être « ambitieux » et « d’augmenter ce taux ».

Au sein du G7 -qui regroupe l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, l’Italie, le Japon, et le Royaume-Uni- Paris et Berlin ont immédiatement apporté leur soutien à cette proposition estimant que 15% était un bon compromis.

 

 

Moral des patrons : en forte hausse

Moral des patrons : en forte hausse

Le climat des affaires en France a fortement progressé au mois de mai pour atteindre un niveau supérieur à celui d’avant la crise sanitaire, a rapporté mercredi l’Insee.

Ce rebond est porté par les bonnes perspectives du commerce de détail, grâce notamment à la réouverture des magasins « non essentiels » le 19 mai, et par celui « extrêmement vif » du secteur de l’hôtellerie-restauration, précise l’Institut national des statistiques.

Pour la première fois depuis février 2020, dernier mois avant le début de l’épidémie de Covid-19 en France, le climat des affaires, qui reflète l’évaluation de l’activité par les chefs d’entreprise, repasse au-dessus de sa moyenne de longue période, qui est de 100 points.

Il atteint même 108 points en mai, contre 105 avant la crise sanitaire, détaille l’Insee.

L’ensemble du secteur des services fait un bond de 92 à 107 points entre avril et mai, tandis que l’industrie continue sa progression à partir d’un niveau déjà plus élevé, passant de 104 à 107 points, grâce à « la hausse des soldes d’opinion sur les perspectives de production et les carnets de commandes ».

Le bâtiment est lui aussi orienté à la hausse sur les trois prochains mois avec des « carnets de commandes jugés bien remplis » et des « tensions importantes sur l’appareil productif ».

Enfin, le climat de l’emploi retrouve sa moyenne de longue période, alors qu’il était encore en retard de huit points (92) en avril.

Economie, politique, société: les plus lus

Economie, politique, société: les plus lus

Le modèle Essilor pour devenir une entreprise de stature mondiale

Le modèle Essilor pour devenir une entreprise de stature mondiale

 

 

Xavier Fontanet, son PDG de 1991 à 2010, raconte l’aventure de l’entreprise Essilor, devenue un leader mondial du marché du verre ophtalmique. La Tribune évoque le récit de cette réussite.

 

Onze ans après avoir quitté ses fonctions de président directeur-général, Xavier Fontanet a pris la plume pour expliquer dans un ouvrage (1) l’essor fulgurant d’Essilor au cours des deux décennies pendant lesquelles l’entreprise se mondialise et devient un leader incontesté du marché du verre ophtalmique. Cela ne s’est pas fait sans gros efforts, nous dit l’auteur, mais ce qui émane avant tout de ce livre, c’est un enthousiasme sans limite pour l’exploration et la conquête de parts de marché qui alimenteront une croissance industrielle durable, capable d’aligner les intérêts de toutes les parties prenantes : clients, collaborateurs, partenaires, fournisseurs, et actionnaires.

Essilor est une entreprise provinciale devenue leader mondial. En cette période difficile qui pose question sur la capacité française de préserver sa souveraineté, cet ouvrage est rafraîchissant. Il n’est sans doute pas possible de bien comprendre l’entreprise Essilor si on ne comprend pas bien les intérêts qu’elle sert. Elle est au service des personnes qui ne voient pas bien. Globalement, les Asiatiques sont assez myopes, en particulier les Chinois qui ont des yeux trop longs. A l’inverse, les Indiens auraient plutôt les yeux trop courts, c’est-à-dire qu’ils sont hypermétropes et deviennent presbytes. Partout, il faut pouvoir traiter les différents problèmes de vue qui varient aussi en fonction de l’âge. Or, nous explique Xavier Fontanet, des technologies différentes répondent à ces problèmes qui obéissent, qui plus est, à des structures de marché distinctes selon les pays.

A partir de la décision de recentrer l’activité d’Essilor autour du verre ophtalmique en abandonnant les contacts et les montures, l’entreprise va se focaliser exclusivement sur les verres. Elle va investir massivement dans le remplacement du verre minéral (celui de nos vitres) par des verres organiques et le verre progressif. Ce que l’on voit bien dans le livre, c’est comment ces innovations augmentent le service rendu aux individus. Le verre CR39 inventé par René Granperret, co-fondateur d’Essilor, « ne cassait pas, était beaucoup plus léger et coupait mieux les UV que les verres minéraux. » Ce sont eux qui ont rendu possible la réduction de l’épaisseur des verres des personnes souffrant de myopie. Quant aux progressifs, il va sans dire que le service rendu par ces verres qui permettent de voir de près, de loin et de manière intermédiaire est lui aussi indéniable.

C’est autour de ces atouts qu’a pu s’exprimer le génie de personnes comme Xavier Fontanet et celui de cette multitude de collaborateurs que l’ancien PDG nous fait découvrir, dans un hommage qui donne presque le tournis. Cela enfonce bien l’idée dans la tête du lecteur que la réussite d’Essilor est avant tout celle d’un collectif. Comme le précise Fontanet: « On vous dit souvent : ‘Attention, personne n’est irremplaçable… ’ Je ne suis absolument pas d’accord, les personnes sont clés. »

Et effectivement, la conquête par Essilor des marchés américains, chinois, indien, coréen, japonais, australien sud-américain reposait, au-delà des joint-ventures et acquisitions, sur les personnes que l’entreprise a su s’attacher. La description de l’embauche de He Yi pour la direction en Chine est particulièrement savoureuse. Il avait implanté les yaourts Danone dans l’Empire du milieu et semblait ouvert à de nouveaux défis. Fontanet raconte, qu’informé de l’opportunité un vendredi soir alors qu’il est en voiture avec toute sa famille pour aller passer un week-end en Normandie, il n’hésite pas à faire demi-tour sur l’autoroute pour prendre un avion pour Hong-Kong le soir même et boucler l’embauche le lendemain. Quand Fontanet parle de travailler dur, il sait et incarne et ce dont il parle.

Et c’est d’ailleurs une des marques de fabrique de la maison, dont on peut espérer qu’elle est toujours à l’ordre du jour, celle d’être véritablement capable de pratiquer la méritocratie. Comme l’écrit l’auteur : « ce qui compte, c’est d’avoir contribué [...] Cela me rappelle mon arrivée en 1991… On ne me présentait pas les gens en me donnant leur poste – directeur de ceci ou directrice de cela, on me disait : ‘celui que vous allez rencontrer, c’est celui qui a démarré l’usine de Manaus’, ‘c’est celle qui a conçu le soft qui a permis dans les années 2000 de gagner un jour sur les livraisons’… Essilor est une vraie méritocratie. »

Le livre passe en revue nombre d’éléments qui ont contribué au succès de l’entreprise. Qu’il s’agisse d’un marketing très créatif en Chine « le verre Essilor coule la concurrence » ou porter des lunettes c’est avoir de meilleures notes, du programme de « marketing rural » en Inde à partir d’une caravane capable d’équiper 200 personnes par jour avec des verres de prescription, de l’actionnariat salarié autour d’une association d’actionnaires salariés très impliqués, l’auteur résume les choses en deux clés essentielles. Il se dit convaincu « que les deux clés de la bonne marche d’une entreprise sont la confiance et la stratégie. La confiance, c’est la confiance en soi et la confiance en l’autre, parce que rien ne renforce plus la confiance en soi que la confiance que vous portent les autres. [...] Il faut, aussi, avoir confiance dans la stratégie. C’est là que c’est difficile, car il faut que la stratégie soit bonne, faute de quoi, les gens intelligents ne suivront pas. »

La saga Essilor est un ouvrage de stratégie décrivant les enjeux liés à la mondialisation d’une entreprise. Mais, c’est aussi l’histoire d’une entreprise industrielle allant à l’encontre de l’idée dévastatrice d’une « société sans usine », où la valeur se créerait avant tout dans la recherche, la communication et le marketing. Comme le montre bien le livre, la créativité opérationnelle, financière, marketing, informatique, juridique et technologique se nourrissent mutuellement. Séparer la production du reste, c’est se couper les ailes de la créativité. La France est aujourd’hui l’un des trois pays les plus désindustrialisés d’Europe et n’arrive pas à organiser une décrue massive de ses impôts de production, en dépit des ravages qu’ils font. Elle devrait méditer ce bel exemple français de création d’un champion industriel national devenu mondial et se demander comment faire en sorte d’en avoir plus.

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(1) Xavier Fontanet « Conquérir le monde avec son équipe », éditions Les Belles Lettres, collection Manitoba, 2021, 177 pages, 15 euros.

Le prix des matières devrait se tasser second semestre ?

Le prix des matières devrait se tasser second semestre ?

La hausse des prix des matières premières se poursuit depuis le début de l’année et risque de gonfler l’inflation. Les tensions sont liées à un décalage entre la reprise rapide de la demande et l’offre qui jusqu’ici ne suit pas. Toutefois, un « atterrissage » des prix au second semestre devrait avoir lieu, selon l’économiste Philippe Chalmin.

A l’occasion de la 35e édition du rapport de référence CyclOpe sur les matières premières qu’il co-dirige, Philippe Chalmin relève que « ces années 2020/2021 ont été marquées par la crise économique la plus forte que le monde ait connue depuis la Seconde guerre mondiale ».

Pourtant, dans un note récente, « la banque Goldman Sachs a avancé l’idée d’un nouveau « super cycle » sur les marchés des commodités », c’est-à-dire d’une hausse durable des prix, relève le rapport co-dirigé par Yves Jégourel, professeur à l’Université de Bordeaux.

 « Nous anticipons un réajustement des marchés à la baisse », précise Philippe Chalmin.. A titre d’exemple, le baril de Brent serait à 55 dollars en moyenne en 2021, l’once d’or à 1.850 dollars, la tonne de cuivre à 7.500 dollars, le boisseau de blé à 6 dollars, celui de soja à 11 dollars.

Une certitude, pour les auteurs du rapport rédigé par des universitaires et des acteurs du marché: « La Chine sera encore en 2021 le facteur déterminant de l’évolution de marchés mondiaux qui resteront marqués par leur profonde instabilité ». Donc rien n’est vraiment sûr quant à la volatilité des prix des matières premières.

Sécu: un trou supplémentaire de 5 milliards

Sécu: un trou supplémentaire de 5 milliards

 

Le coût lié à la crise sanitaire du Coronavirus est estimé pour 2021 «entre 9 et 10 milliards d’euros», bien au-delà des 4,3 milliards inscrits dans le budget, a indiqué mercredi le directeur de la Sécurité sociale.

La facture de l’épidémie n’en finit pas de s’allonger pour la Sécu.

Le budget voté en décembre comportait pourtant «une provision de 4,3 milliards d’euros» pour payer les tests, les vaccins ou encore les masques, mais il s’agissait d’une «hypothèse» qui «reposait sur le fait qu’il n’y ait pas de nouvelle vague en 2021», .


Budget : une rallonge de 18 milliards en 2021

Budget : une rallonge de 18 milliards en 2021

Le gouvernement n’a pas prévu de rupture brutale avec le soutien économique et social. Contraire,  Une rallonge budgétaire de plus de 18 milliards d’euros est prévue dans le projet de loi de finances rectificatif (PLFR) 2021 – dont 15,5 milliards doivent assurer le financement des mesures d’urgence jusqu’à la fin de l’année, annoncent les ministres de Bercy, Bruno Le Maire (Économie) et Olivier Dussopt (Comptes publics) dans une interview aux Échos.

 

Le  budget rallongé sera présenté ou conseil des ministres le mercredi 2 juin.

À Grenoble, les écolos dingos organisent un «mois décolonial»

À Grenoble, les écolos dingos organisent un «mois décolonial»

De plus en plus dingos, les écolos de Grenoble organisent « un mois décolonial ». C’est à se demander si les municipalités gagnées par Europe écologie les Verts ne vont pas bientôt demander leur indépendance !

Au menu nauséabond de ce mois décolonial notamment les thèmes suivants «Décolonisons les arts», «écologie décoloniale», «racisme systémique». Notons que la ville de Grenoble ( à travers sa société d’énergie) ne se gêne pas pour aller implanter des éoliennes et tuer la vie locale dans la France profonde. Une manière d’externaliser les contraintes et coûts sociaux pour afficher la meilleure image environnementale de Grenoble.

Covid France : toujours le reflux

  • Covid France : toujours le reflux
  • L’épidémie continue de refluer en France, où 18.593 malades sont hospitalisés, soit un nombre en baisse de 837 patients en 24 heures. 144 nouveaux morts sont toujours à déplorer ce mercredi. 3330 personnes sont actuellement en soins critiques, dont 181 arrivées depuis la veille. 12.646 cas ont été détectés en 24 heures.

Depuis le début de la campagne de vaccination en France, 24.098.326 personnes ont reçu au moins une injection (soit 36,0% de la population totale et 45,9% de la population majeure) et 10.102.350 personnes ont reçu deux injections (soit 15,1% de la population totale et 19,2% de la population majeure).

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