Archive mensuelle de mai 2021

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Foot-Ligue des champions : la revanche de Tuchel avec Chelsea

Foot-Ligue des champions : la revanche de Tuchel avec Chelsea

 

 

Licencié du PSG une finale manquée, l’entraîneur allemand du Shell prend sa revanche avec un succès de Chelsea contre Manchester City. Un succès mérité en raison de la cohésion de Chelsea et comme d’habitude d’un exceptionnel Kanté qui semble disposer d’un don d’ubiquité.

La victoire de Chelsea tient beaucoup à l’abattage de Kanté, désigné homme du match.

SNCF : doublement du trafic en 10 ans

SNCF : doublement du trafic en 10 ans

En matière de mobilité, le train n’occupe que 10 % des déplacements de personnes. Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF veut doubler le trafic en disant. Soit une progression de 6 % par an. Ce qui est atteignable mais avec une politique de prix accessible.

 

Interview dans le JDD

Vous voulez convaincre les Français de revenir dans vos trains. Comment?
Nous allons proposer une ­nouvelle gamme tarifaire pour les TGV. À mon arrivée à la tête de l’entreprise, j’ai constaté un ­hiatus entre la SNCF et ses clients. En ­interne, les prix sont jugés modérés, alors que beaucoup de nos clients restent persuadés que le TGV est cher. En effet, de très nombreux Français peinent à choisir une date de départ trois mois à l’avance – ils attendent le dernier moment. Or les mécanismes de gestion des tarifs mis en place dans les années 90 suppriment les prix modérés à quelques jours du départ… Donc ce n’est pas satisfaisant car le train ne doit pas perdre son caractère populaire.

Les petits prix vont-ils se multiplier?
Mon ambition est d’accroître les volumes et de reconquérir ceux qui préfèrent opter pour la voiture. J’ai demandé à nos équipes, dès le début de 2020, de proposer des prix modérés jusqu’aux derniers jours précédant le départ. Et de rendre la gamme tarifaire plus simple, plus lisible et plus claire.

 

 

Avec quel objectif?
Je veux du volume! Seuls 10% des gens choisissent le train, alors que 85% prennent encore la voiture. Je veux que, d’ici dix ans, la voiture diminue à 75% et que le train atteigne 20%. Ce qui implique de doubler le nombre de voyageurs en dix ans dans les trains. Un enjeu commercial et écologique. Le TGV pollue 50 fois moins que la voiture, et 80 fois moins que l’avion.

Votre offre de services va-t‑elle évoluer?
Nous réfléchissons à la création d’espaces différenciés à bord des trains. On doit pouvoir choisir entre plusieurs ambiances de voyage, en famille ou pour travailler. Nous allons aussi faire des efforts sur les derniers kilomètres, dans l’accès aux gares, avec davantage de parkings, des vélos, des cars, des bus. Ce que l’on appelle l’ »intermodalité ». Autre mesure forte : la création d’une application unique en fin d’année pour s’informer et acheter son voyage de bout en bout.

Vos efforts tarifaires arrivent avant l’ouverture à la concurrence. Un hasard?
L’année 2021 sera une année charnière. Certaines Régions ont ­souhaité anticiper la date fatidique de 2023, à partir de laquelle des appels d’offres deviendront obligatoires pour choisir son opérateur de trains régionaux. On annonce aussi l’arrivée de la concurrence dans les TGV. Trenitalia devrait ouvrir des services à l’automne entre Milan, Lyon et Paris. J’ai décidé que la SNCF se présenterait à tous les appels d’offres régionaux. Avec humilité, car la concurrence sera rude. Mais avec détermination, car nos atouts restent l’innovation, l’ajustement des prix et la sécurité.

Avec plus de concurrents, ne craignez-vous pas d’avoir moins de passagers?
On peut aussi espérer que le marché augmente! En Allemagne, le trafic régional a connu un réel essor avec l’ouverture à la concurrence. Je suis convaincu que dans dix ans, plus de gens prendront le train.

Quel impact ont eu les confinements successifs sur vos résultats?
Nos pertes ont atteint 3 milliards d’euros et notre chiffre d’affaires a baissé de 6 milliards. Celui de Geodis a atteint 8 milliards contre 4 pour le TGV. Cela prouve l’intérêt d’être diversifié et l’importance pour la souveraineté de notre pays d’avoir un grand logisticien français. Un plan d’économies de plus de 2,5 milliards d’euros a limité nos pertes et a démontré notre ­rigueur en matière de ­gestion. Quand un client nous achète un billet, l’argent qu’il nous donne devient un euro public. Il faut le gérer soigneusement.

L’État vous a-t‑il suffisamment soutenus?
Il a repris 25 milliards de la dette de SNCF Réseau au 1er janvier 2020, conformément aux engagements pris lors de la réforme ferroviaire. Il a aussi joué son rôle grâce au plan France Relance, avec une aide de 4,7 milliards d’euros, destinée à développer le ferroviaire dans trois secteurs. Le plus important correspond à la régénération du réseau sur deux ans : nos infrastructures ont un âge moyen de 33 ans, contre 17 en Allemagne. Le deuxième secteur est le fret ferroviaire. Des subventions d’exploitation annuelles de 170 millions d’euros bénéficieront notamment aux différents opérateurs. Et 100 millions iront aux trains de nuit.

La crise a-t‑elle compromis plusieurs de vos projets?
Pour gérer l’entreprise de façon responsable, nous en avons décalé certains. Mais nous continuons à investir 1 milliard d’euros par an pour rénover les gares, avec l’objectif d’en rendre la grande majorité accessible aux personnes à mobilité réduite d’ici à 2025. Certains développements sont emblématiques, comme la gare Montparnasse, que nous inaugurons en septembre, Austerlitz et la gare du Nord, mais aussi celles de Rennes et de Nantes. Sans oublier les petites gares régionales. Elles peuvent devenir des points multiservices importants. Les investissements se poursuivent dans le réseau avec de gros travaux, dont le RER Eole – le raccordement de Saint-Lazare à la Défense. Une bonne nouvelle pour les clients, mais aussi pour l’économie. La SNCF fait vivre des centaines d’entreprises et leurs salariés.

Vous avancez l’atout écologique du train, mais certains de vos modèles roulent encore au diesel…
Il n’y aura plus de moteurs diesel à la SNCF en 2050. Ils ne représentent déjà plus que 20% du trafic. Nous allons essayer plusieurs types de motorisation dans les années à venir, mais à moyen terme la solution est bien sûr l’hydrogène. Avec quatre Régions, nous avons passé un contrat avec Alstom pour 12 trains à hydrogène, qui rouleront à partir de 2023-2024. Le sujet n’est pas tant la motorisation que la production d’hydrogène vert. C’est pour cela qu’il faut un peu de temps. Nous voulons aussi être exemplaires en matière d’économie circulaire : nos trains sont déjà recyclés à 92%. La prochaine génération le sera à 97%.

Et dans le solaire?
La SNCF veut devenir le premier partenaire producteur d’énergies renouvelables de France. Nous avons la chance d’avoir un vaste ­patrimoine foncier libre, soit des milliers d’hectares disponibles pour installer des panneaux solaires. Nous pouvons avoir 50 projets très concrets d’ici à 2025. Nous souhaitons ­produire nous-mêmes 20% de notre consommation dans cinq ans.

Economie, politique, société: les plus lus

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L’inflation est de retour

L’inflation est de retour

Bernard Attali note qu’aux Etats-Unis, les prix à la consommation ont augmenté de plus de 4 % en un an. Dans l’industrie, les prix à la production y ont grimpé de 4 % en un an et les tarifs des importations de 5,5 %. Bref, l’inflation est de retour.

Bernard Attali est conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, ancien élève de l’ENA.

 

Tribune

Les économistes en parlent encore peu. Alors parlons-en. L’inflation est de retour (1).

Pour l’heure le glissement des prix sur une base annuelle n’est que de 1,2 % dans l’Hexagone et de 1,6 % dans la zone euro. Mais peu à peu le vieux continent se rapproche des 2 % fixées comme limite pour la Banque centrale européenne dans son action régulatrice.

La tendance est générale. Aux Etats-Unis, les prix à la consommation ont augmenté de plus de 4 % en un an. Dans l’industrie, les prix à la production y ont grimpé de 4 % en un an et les tarifs des importations de 5,5 %. Un record.

Le prix du transport d’un conteneur est un bon révélateur international : il y a un an, entre la Chine et l’Europe, il en coûtait 1 800 dollars [environ 1 500 euros]. Aujourd’hui, le tarif tourne autour de 10 000 dollars.

L’hyperinflation du transport des marchandises se couple avec la forte hausse des matières premières. Le cours du cuivre a battu un nouveau record historique, début mai, en dépassant le seuil des 10 200 dollars la tonne. Le prix du baril de pétrole a doublé en un an, désormais autour de 65 dollars. Le fer a atteint son plus haut historique. Le bois, le gaz naturel, le blé, l’étain, le caoutchouc, l’aluminium, le soja… Tout flambe.

Bulles. On sait par ailleurs les bulles qui se forment sur l’immobilier et le marché du private equity… avec des multiples d’endettement qui rappellent des crises financières récentes. Les marchés ont la mémoire courte.

L’inflation c’est une inadéquation offre-demande. Alors qu’en est-il aujourd’hui ?

Du côté de l’offre, la pandémie a désorganisé la production dans le monde entier. Des mines, des usines et des bureaux ont fermé puis rouvert. Les ruptures de rythmes ont détraqué la mécanique, les chaînes de production en ont été souvent désorganisées.

La Chine elle-même semble en être affectée : pour preuve son ralentissement industriel et cette insuffisante production de semi-conducteur qui inquiète le monde entier.

Du côté de la demande, les consommateurs qui ont été empêchés pendant longtemps de faire leurs achats pour cause de pandémie se ruent dans les magasins. Dans une crise sans précédent, ils ont aussi dépensé autrement. Davantage d’ordinateurs, de voitures électriques, de connexions vidéo ; moins de vêtements, de restaurants, de voyages. Du coup, les goulots d’étranglement apparaissent un peu partout, permettant aux vendeurs de relever leurs prix. Après la première guerre, dans les années 1920, on dansait le charleston ; mais moins de dix ans après une immense crise a balayé l’orchestre et fermé le bal ! La guerre après les années folles.

Aux Etats-Unis s’ajoutent les effets du plan de relance historique, de 1900 milliards de dollars. Déjà 165 millions de personnes viennent de recevoir leur chèque de 1 400 dollars, accélérant soudain la demande. Le prix des voitures d’occasion a fait un bond de 10 % sur le seul mois d’avril.

Pagaille. Cela étant la pagaille, la pénurie et le sursaut de la demande ne suffisent pas à fabriquer de l’inflation. Car ce qui fait l’inflation, c’est généralement l’emballement des salaires.

Or les chiffres là aussi commencent à parler. Aux Etats-Unis, les salaires au premier trimestre 2021 étaient 7,7 % plus élevés qu’au premier trimestre 2020. De grandes entreprises comme Amazon, ou Mc Donalds, en général plus généreuses pour leurs actionnaires que pour leurs employés, ont annoncé des hausses de salaires. Un quart des PME feraient de même, selon une enquête publiée en mars.

Le risque de déséquilibre entre les qualifications proposées par les chômeurs et celles qui sont aujourd’hui recherchées par les recruteurs, a beaucoup grandi

Et en France, dans nombre de secteurs, on constate que les travailleurs… refusent de revenir à leur poste. Ils ont été biberonnés par les aides de l’État peut-être, mais beaucoup ont aussi découvert d’autres modes de vie. Les garder ou les rattraper supposera des hausses de salaires.

Certains esprits diront qu’une assistance excessive de l’Etat explique ce gap. Voire… le phénomène est généralisé. En Australie, pays très libéral, les vacances de postes dépassent 40 %. Et ici et là on voit des entreprises payer ceux qui acceptent de se présenter à un entretien d’embauche ! (2)

Enfin, les entreprises vont devoir s’adapter à une demande différente. Le risque de déséquilibre entre les qualifications proposées par les chômeurs et celles qui sont aujourd’hui recherchées par les recruteurs, a beaucoup grandi. Le phénomène est connu : naguère peu de cochers sont devenus chauffeurs de taxis… ; aujourd’hui peu de métallurgistes savent construire des algorithmes.

Un jour de savants experts nous expliqueront comment cette pénurie de main-d’œuvre peut coexister avec un chômage de masse. Pour le moment triste constat : les deux maux ne s’annulent pas mais s’additionnent. Passons.

Cette situation pose plusieurs questions majeures. Va-t-elle forcer les banques centrales à ralentir leur politique d’argent facile ? Si elles le font trop vite la secousse sera forte car la désintoxication fait toujours mal. Si elles le font trop lentement l’inflation s’installera avec ses effets pervers. Dilemme !

Remarquons en passant combien il est (tristement) ironique de voir que les politiques de tous bords ont abandonné leur responsabilité à des institutions – les banques centrales – qui pour être techniquement compétentes, n’en sont pas moins démocratiquement non responsables. La politique monétaire échappe aux élus de la Nation ? Ils n’ont que ce qu’ils méritent !

Et puis au détriment de qui ? Des classes âgées sans doute ! Les derniers chiffres en provenance de Chine indiquent que sa population ne progresse plus. Les recensements ont également révélé des tendances négatives aux États-Unis avec un des taux de croissance démographique les plus bas depuis 1790 ! Et en France la courbe est également à la baisse en dépit d’une politique familiale traditionnellement généreuse.

Or ces « cheveux gris » constituent le principal bataillon des épargnants, avec des économies constituées au fil de leurs années de travail, et placées en assurance-vie voire en produits de type obligataires dont le rendement s’établit désormais autour de 0,5 % par an. Face à une inflation de 2 voire 2,5 %, nos seniors vont acquitter, nolens volens, un impôt invisible de 1,5 à 2 % par an sur une partie plus ou moins importante de leur capital.

Certes cela devrait alléger le poids des dettes publiques. Cela va aussi rétablir une certaine solidarité entre des jeunes – maltraités pendant cette pandémie – qui vont pouvoir bénéficier de l’effet de levier en empruntant aux dépens des aînés. Mais avec à la clef, de grandes tensions entre générations.

L’inflation est de retour. Beaucoup de nos économistes ne la voient pas dans leur boule de cristal. Dommage car notre avenir en dépend.

Pour le meilleur ou pour le pire.

Bernard Attali est conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, ancien élève de l’ENA.

(1): Cet article doit beaucoup aux analyses des Echos (18 mai 2021), du Monde (14 mai 2021) et de l’Opinion.

La fin des bulles financières !

La suppression des bulles financières !

 

L’économiste Patrick Artus  décrypte, dans sa chroniqueu u monde, la différence entre une « bulle financière », c’est-à-dire l’écart entre le prix d’un actif et sa valeur fondamentale, et la hausse des prix causée par le seul accroissement de la masse monétaire.

( Une prévision très hasardeuse qui fait l’impasse sur la reprise de l’inflation et la hausse des taux d’intérêt NDLR)

 

 

Chronique. Quand on commente la hausse très forte des prix de l’immobilier (+ 11 % sur un an aux Etats-Unis malgré la crise), des cours boursiers des sociétés technologiques (hausse de 67 % en un an de l’indice Nasdaq, de 491 % pour l’action Tesla), du prix du bitcoin (+ 710 % en un an), on parle souvent de « bulle ». Mais en réalité, il faut être beaucoup plus précis et distinguer ce qui est effectivement une bulle sur les prix des actifs de ce qui est l’effet de la politique monétaire expansionniste, des taux d’intérêt très bas et de l’excès de liquidité.

 

Rappelons d’abord ce qu’est, en théorie et en réalité, une bulle. Chaque actif (financier, immobilier, action d’entreprise) a une valeur fondamentale, qui est la somme actualisée des revenus futurs (loyers, dividendes…) que procure la détention de l’actif. Mais le prix d’équilibre de l’actif est égal à la somme entre la valeur fondamentale de l’actif et une bulle : toute bulle est en effet acceptable du moment que sa valeur anticipée est égale à sa valeur présente accrue d’un pourcentage égal au taux d’intérêt. Le rendement de la détention d’un actif est en effet égal au taux d’intérêt : à l’équilibre, tous les actifs financiers doivent avoir le même rendement anticipé, qui est le taux d’intérêt sur les obligations.

On peut alors avoir des profils de bulles très étranges. Si, aujourd’hui, la bulle vaut 100 et si le taux d’intérêt est de 2 % par an, la bulle anticipée l’année prochaine doit être de 102. Mais cette bulle peut valoir 1 020 avec une probabilité de 10 %, ou 0 parce qu’elle a éclaté, avec une probabilité de 90 %. Tant que les bulles n’éclatent pas, elles peuvent augmenter de manière exponentielle (comme dans l’exemple ci-dessus, on parle de « bulle stochastique ») et le prix de l’actif (cours boursier, prix de l’immobilier, valeur des entreprises…) peut alors s’écarter considérablement de sa valeur fondamentale.

Rééquilibrage de portefeuille

Même si on parle de bulle pour décrire la forte hausse des prix de certains actifs, il ne s’agit pas de bulle au sens décrit ci-dessus. Pourquoi ? Parce qu’il est de plus en plus difficile de calculer la valeur fondamentale d’un actif. Les politiques monétaires expansionnistes ont en effet conduit à des taux d’intérêt à long terme beaucoup plus faibles que les taux de croissance à long terme.

Dans la zone euro, le taux d’intérêt à dix ans est à peine supérieur à 0, alors que la croissance nominale à long terme est de l’ordre de 3,5 %. La somme actualisée des loyers ou des dividendes futurs n’existe donc pas (elle est arithmétiquement infinie), puisque les loyers ou les dividendes ont un taux de croissance supérieur au taux d’actualisation.

Modernisation de l’administration : la suppression de l’ENA ne suffit pas

Modernisation de l’administration : la suppression de l’ENA ne suffit pas

 

La suppression de l’Ecole nationale d’administration n’aura de sens que si de profonds changements sont opérés afin, notamment, de décloisonner la haute administration, juge Pierre-Louis Rémy, inspecteur des affaires sociales, dans une tribune au « Monde »

 

En annonçant la suppression de l’Ecole nationale d’administration (ENA) [le 8 avril], le président de la République a exprimé deux intentions profondément pertinentes : d’abord le souhait de rapprocher la haute administration du « terrain ».

Aujourd’hui, en effet, les postes proposés à la sortie de l’ENA sont tous situés à Paris, en dehors de ceux de la préfectorale et de la diplomatie. Et bon nombre d’anciens élèves ne quittent jamais la capitale durant toute leur carrière.

Ensuite, et c’est fondamental, Emmanuel Macron a souligné la nécessité de mieux permettre à l’Etat de remplir ses fonctions prioritaires, en premier lieu la protection des citoyens.

Il est en effet paradoxal de constater que, depuis toujours, les ministères dits « sociaux », la santé, les solidarités, le travail, l’éducation sont délaissés par les élèves de l’ENA, étant choisis, sauf exception, par les moins bien classés, qui pour une part n’ont de cesse d’essayer d’en partir.

La priorité est donnée aux fonctions financières, en premier lieu l’inspection des finances, et aux deux corps de magistrats, Conseil d’Etat et Cour des comptes, dont les membres essaiment ensuite dans l’ensemble des plus hautes fonctions de l’Etat et dans les entreprises privées.

Rente tirée du rang de sortie

L’inspection générale des affaires sociales, seule inspection avec celle des finances à recruter dès la sortie de l’école, apporte une légère correction à cette domination. En définitive, l’ENA est une machine à classer, la rente tirée du rang de sortie valant presque jusqu’à la retraite.

A l’initiative de la délégation des élèves, ma promotion, il y a près de cinquante ans, avait essayé de faire bouger cet enchaînement néfaste. En s’appuyant sur une grève des épreuves, seul mécanisme propre à gripper la mécanique bien huilée du classement, elle avait obtenu, avec le soutien du directeur de l’école de l’époque, Pierre Racine, et malgré l’opposition farouche du directeur général de la fonction publique d’alors, Michel Massenet, des possibilités d’affectation directe en province en dehors de la préfectorale et quelques initiatives propres à valoriser les postes dans les ministères sociaux.

Cette timide brèche, ouverte en 1972-1973, n’a eu aucune suite, aucune promotion ne reprenant le flambeau de ce combat.

Mais pour atteindre les deux objectifs affichés par le président de la République, il faut bien plus que la suppression de l’ENA.

Deux changements ont été avancés par le chef de l’Etat, qui seront décisifs s’ils sont vraiment menés à leur terme : le décloisonnement de la haute administration et son corollaire, la mise en place d’une véritable gestion interministérielle des hauts fonctionnaires.

5G et productivité

5G et productivité

 

L’économiste Maya Bacache considère, dans une tribune au « Monde », que l’arrivée de la 5G pourrait enfin permettre à l’innovation numérique de porter ses fruits économiques… sous certaines conditions.

 

Tribune.

 

 Depuis deux siècles, le progrès technologique est la source principale de la croissance économique, c’est-à-dire de la croissance des revenus moyens de la population. On s’attendait donc, en théorie, à observer les mêmes effets avec les technologies de l’information et de la communication, progrès technologique majeur qui a révolutionné nos vies et nos manières de travailler. Et pourtant, la traduction de ces modifications radicales en matière de productivité globale ou de revenu moyen ne se manifeste guère. Robert Solow, Prix Nobel d’économie 1987, évoquait déjà, à l’époque, ce paradoxe auquel il a donné son nom, en observant que l’on voyait des ordinateurs partout… sauf dans les statistiques de productivité !

Beaucoup a été écrit sur la résolution de ce paradoxe. On a d’abord pensé à un problème de mesure. Si l’on n’observait pas de corrélation importante entre indicateur de numérisation de l’économie et croissance du produit intérieur brut (PIB) moyen, c’était que notre thermomètre était cassé : soit on ne savait pas bien mesurer la numérisation des entreprises et des ménages, soit le PIB était un indicateur plus adapté à l’ancienne économie industrielle.

D’autres économistes ont prôné la patience. Une révolution technologique ne se déroule pas en un jour : les effets de l’invention de la machine à vapeur en 1712 ne se mesurent pleinement qu’avec l’expansion du chemin de fer et le plan Freycinet, du nom du ministre des travaux publics inspirateur du déploiement, à partir de 1878, du réseau ferré à l’échelle nationale (pour la France). Un délai serait donc nécessaire pour que ces innovations numériques se diffusent et se traduisent en transformation organisationnelle, culturelle et sociale.

 

L’économiste américain Robert Gordon a bouleversé la confiance dans le progrès technique en présentant une troisième explication : le numérique ne serait en rien comparable aux précédentes révolutions industrielles (The Rise and Fall of American Growth, « l’ascension et la chute de la croissance américaine », Princeton University Press, 2016, non traduit). Il s’agit, nous dit-il, d’une révolution de nos modes de vie et de nos relations interpersonnelles, mais pas de la productivité des entreprises, en tout cas pas de manière comparable à la machine à vapeur ou à l’électricité. Il faut alors tenter de mesurer les gains en matière de bien-être, parfois subjectif, comme par exemple l’importance de nos liens sociaux.

L’âge de l’univers

L’âge de l’univers

 

« L’Age de l’Univers », de Marc Lachièze-Rey : la chronique « philosophie » de Roger-Pol Droit  (Le Monde)

Chronique

L’univers, dit-on aujourd’hui, est vieux d’environ 13 milliards d’années. Exactement 13,7 milliards, va-t-on ajouter, pour se montrer précis. Or cette précision est illusoire. Pire, ou mieux : la connaissance ainsi affichée a tout d’un trompe-l’œil, ou même d’un piège. Elle porte en effet à croire, fort naïvement, que l’âge du monde possède une signification toute simple. Nous nous imaginons qu’il y eut un point de départ, une émergence, une apparition, puis une succession d’instants, mesurable, uniforme et constante. Bref, « un jour » commença le cosmos et, depuis, le temps a passé… jusqu’à aujourd’hui.

Tout cela est faux. Pas un seul de ces termes ne tient. Parce qu’il n’y eut jamais d’horloge, déclenchée au « temps zéro » et qui serait encore en état de marche. Parce que l’existence même du temps est dépendante de l’observateur et de sa place, comme Einstein et la théorie de la relativité l’ont établi. Parce que cet âge supposé résulte d’une série d’hypothèses, et des calculs qu’elles permettent, mais en aucun cas d’une observation ni d’une certitude quelconques. Voilà ce qu’explique l’astrophysicien Marc Lachièze-Rey dans L’Age de l’Univers. Principal mérite de cet essai : démonter nos mirages candides, les remplacer par des perplexités savantes.

En 4004 avant Jésus-Christ, le 23 octobre, à 9 heures du soir

Spécialiste de la cosmologie, de son histoire, de ses relations aux concepts philosophiques, ce directeur de recherche émérite au CNRS rappelle d’abord, dans ce nouveau titre, combien la question même de l’âge de l’Univers est récente. Les Anciens se souciaient des mouvements des astres, mais jamais de leur date de naissance. Pareille interrogation était totalement exclue, puisque le cosmos, chez les Grecs, était le plus souvent considéré comme éternel et incréé. Il faut attendre 1650, et l’archevêque anglican James Ussher, pour que l’état civil enregistre la date de naissance du cosmos : selon l’honorable prélat, qui a scruté la Bible et ses générations successives, c’est en 4004 avant Jésus-Christ, le 23 octobre, à 9 heures du soir, que le monde apparut.

La saga scientifique moderne commence à peine plus tard, avec les Principia de Newton, en 1687, puis les calculs des paléontologues du XIXe siècle et, surtout, le changement de paradigme de la relativité, qui a conduit aux théories du Big Bang. Marc Lachièze-Rey retrace, en termes simples, le cheminement de ces révolutions mentales, en insistant notamment sur le rôle du chanoine-astronome Georges Lemaître (1894-1966), l’un des artisans décisifs du scénario de l’expansion de l’Univers et de sa datation.

La colonisation glorifiée ….en 1931

 La colonisation glorifiée ….en 1931

Retransmis dans « La Dépêche coloniale » du 7 mai 1931, le discours de Paul Reynaud, ministre des colonies du gouvernement  de Pierre Laval célèbre la politique coloniale, notamment pour ses apports économiques, et l’exposition de Vincennes qui « doit servir à donner aux Français conscience de leur “empire” ».(Le Monde)

[« Le tour du monde en un jour » : tel est le slogan de l’Exposition coloniale qui s’ouvre, le 6 mai 1931, à la Porte Dorée, sous les auspices du président de la République, Gaston Doumergue, et du maréchal Lyautey, commissaire général de l’exposition. Malgré des soulèvements dans le Rif marocain (1925-26) ou en Indochine, l’empire colonial français est à son apogée. Et c’est bien cette puissance – notamment économique en pleine crise après le krack de 1929 – qu’entend promouvoir le gouvernement afin de « donner aux Français conscience de leur empire », ainsi que le souligne Paul Reynaud, ministre des colonies, dans son discours d’inauguration.

Si quelques voix s’élèvent à gauche pour fustiger les festivités qui dureront six mois, elles laissent surtout entendre les divisions entre les socialistes, tel Léon Blum, qui dans “Le Populaire” dénonce les violences commises, sans condamner ouvertement le colonialisme ; et le Parti communiste qui propose à Paris une contre-exposition intitulée « La Vérité sur les colonies ». Pour sa part, le groupe des surréalistes rédige un tract invitant à boycotter l’exposition située au bois de Vincennes. Son message ne sera guère suivi puisque 8 millions de visiteurs viendront s’instruire et baguenauder entre les villages indigènes, les échoppes artisanales et les temples asiatiques reconstitués, dont celui d’Angkor Vat.]

Monsieur le Président de la République, il y a un an à Alger, il y a six mois au Maroc, il y a trois semaines à Tunis, vous affirmiez une foi qui fut celle de votre vie tout entière. Et voici qu’aujourd’hui, c’est encore à la pensée et à l’œuvre coloniales que vous consacrez le dernier acte d’un septennat dont la fin se voile d’une mélancolie où s’expriment l’affection et le regret de l’opinion publique reconnaissante.

Vous venez, Monsieur le Président, de faire, en un quart d’heure, le tour du monde. Que d’images ont dû s’éveiller dans l’esprit de l’ancien colonial, de l’ancien ministre des colonies que vous êtes, à la vue de ces palais où voisinent la langoureuse Asie et la brillante Afrique et la dissolvante douceur des îles d’Océanie !

Le monde colonial vous remercie de cette nouvelle marque de sympathie pour son effort. Il sait qu’il gardera en vous un protecteur et un ami dont la haute autorité morale lui sera précieuse. [souligné dans le texte]

Nous tenons aujourd’hui, Messieurs, une assemblée plénière des peuples migrateurs.

Portugais, Génois, Espagnols, Hollandais, Français, Anglais, tous sont partis de la petite Europe : péninsule ciselée comme par une main d’artiste au bout du continent de l’Asie. La petite Europe d’il y a quatre siècles, si pauvre par rapport à celle d’aujourd’hui, mais où déjà s’était accumulé un tel capital de pensée, de science et de richesse ! C’est cette pensée, cette science, cette richesse qui ont lancé ses enfants aventureux sur les routes de la mer, lorsque la victoire des Turcs eut fermé la route de terre qui menait vers les trésors de l’Inde. Quelle rencontre, en route ! Un continent, et quel continent ! Celui où s’épanouit aujourd’hui le prodigieux rejet américain de la civilisation d’Europe ! La colonisation est le plus grand fait de l’histoire.

L’ENA : Une école de mimétisme

 L’ENA : Une école de mimétisme

 

Ecole formant peu et mal, coupée du monde de l’enseignement et de la recherche, peu encline à s’ouvrir aux autres écoles publiques… Surtout ne parvenant pas à se réformer, l’Ecole nationale d’administration doit être supprimée, estime, dans une tribune au « Monde » Danièle Lamarque, ancienne présidente de l’Ecole des hautes études en santé publique.

 

Tribune

. On peut débattre longuement des mots et des symboles qu’ils portent : école ou institut, administration, management ou service public ; et considérer que la marque « ENA », connue – sinon reconnue – dans le monde entier, fait partie du patrimoine immatériel de la France.

La réalité désormais dénoncée par la plupart des promotions de l’Ecole nationale d’administration (ENA) est plus crue, et plus têtue : malgré la bonne volonté de ses directeurs successifs, l’ENA n’a que partiellement rempli ses objectifs d’origine et échoué à fonder un modèle de formation de cadres publics de haut niveau ; l’excellence des élèves ne fait pas l’excellence du moule. Et c’est bien parce que l’ENA ne peut pas se réformer elle-même qu’il vaut mieux la supprimer pour construire autre chose.

 

Quels sont les freins qui brident l’ENA ? Ils sont bien connus, et pourtant on s’en accommode. C’est une école qui classe, mais qui forme peu, et mal. Le classement de sortie, on le sait, stérilise toute formation, parce que les élèves ne s’intéressent qu’aux épreuves qui rapportent des points ; et même celles-là, il les formate et les stérilise, parce que le conformisme paie plus que l’esprit d’initiative.

L’ENA fermée au monde extérieur

Incapable de bâtir une formation digne de ce nom, l’Ecole s’est spécialisée dans le mimétisme et s’est fermée au monde extérieur.

A rebours des mutations accomplies dans les années 2000 par les grandes écoles de commerce, l’X, les Instituts d’études politiques et l’Ecole de la santé publique, qui ont créé des formations diplômantes pour s’adapter à l’européanisation des diplômes et permettre aux élèves de poursuivre des carrières internationales en leur offrant une qualification, monnaie d’échange des talents dans un monde ouvert.

 

C’est la mutation qu’a conduite l’Ecole de Rennes, devenue l’Ecole des hautes études de la santé publique dans les années 2004-2008, une mutation que je suis fière d’avoir accompagnée. Dépourvue de corps enseignant permanent, coupée du monde de l’enseignement et de la recherche, l’ENA fonctionne toujours sur le mode de la reproduction, de la cooptation et de l’imitation des anciens. Ce n’est pas à l’ENA que se pensent et se discutent les grandes questions du management public.

L’ENA souffre des faiblesses propres à la France

Quant à l’ouverture vers les autres écoles du service public, malgré la bonne volonté du réseau du même nom, elle reste timorée dans une école qui se pense, à tort, comme la quintessence de l’excellence et n’accorde qu’une attention polie à ses proches cousines de l’administration territoriale et de la santé publique, l’INET (Institut national des études territoriales) et l’EHESP (Ecole des hautes études en santé publique). Il est donc crucial que le futur institut ait le statut d’établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP), et non d’établissement public à caractère administratif (EPA), comme c’est prévu actuellement.

Croissance : s’attendre à un effet de rattrapage

Croissance : s’attendre à un effet de rattrapage

 

.Dans un entretien à La Tribune, Bertrand Thimonier, président-fondateur d’Adviso Partners, une banque d’affaires spécialisées dans les fusions et acquisitions d’ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire), analyse l’impact de la pandémie par régions, entreprises et secteurs, et l’évolution de leur activité dans les mois à venir.

 

Comment se porte le marché des fusions et acquisitions d’ETI depuis la crise Covid ?

BERTRAND THIMONIER - Ce marché a diminué globalement de 7% sur la période 2019-2021 alors qu’il avait progressé en taux de croissance annuel moyen de 15% sur la période 2015-2018. C’est finalement un très bon chiffre compte tenu de l’énorme coup de froid qui avait tout stoppé entre mars et juin 2020.

En fait, seules les entreprises qui opèrent sur des secteurs « Covid-résistants », comme le numérique et la santé, ont réalisé des transactions, soit environ un tiers des volumes. Aujourd’hui, ces secteurs connaissent une forte appétence de la part des acteurs du « private equity » qui disposent de montants importants à investir : cette année, 18,5 milliards d’euros ont été levés et 17,8 milliards d’euros ont été investis dans l’économie française. Nous vivons ainsi un phénomène de polarisation car la hausse du nombre d’acheteurs industriels et du « private equity » pour un même nombre de vendeurs entraîne une inflation des valorisations des PME-ETI.

Comment la crise a-t-elle affecté les régions ?

Sur les transactions allant de 20 à 150 millions d’euros, les régions Ouest et Sud-Ouest ont progressé respectivement de 15% et de 9%, portées par les services informatiques et les secteurs de la santé. Par ailleurs, les entreprises qui avaient des clients partout dans le monde ont été portées par la reprise de l’activité en Asie au moment où l’Europe était confinée. A l’inverse, les régions Île-de-France et Sud-Est, qui représentent respectivement un tiers et un sixième du marché, ont connu notamment une baisse plus forte des transactions, de -9% et -16%.

Mais dans les mois qui arrivent, ces deux pôles, ainsi que les secteurs de l’hôtellerie, du tourisme et des loisirs, vont retrouver une bonne dynamique car les candidats acquéreurs vont retrouver l’aptitude à se projeter dans des projets de croissance. De même, les secteurs traditionnels, les produits et services industriels poussés par le gouvernement, et tout ce qui attrait à la consommation domestique vont certainement connaître un redéploiement.

La crise a-t-elle redéfini le paysage économique français ?

Cette crise aura accéléré beaucoup de mutations, en particulier sur la consommation des produits de proximité. Par exemple, les grands distributeurs alimentaires cherchent à proposer toujours plus de marques régionales plus proches du consommateur, voire à les acquérir. Le Made in France aussi est reconnu dans le monde entier comme source de qualité et de sécurité. Pourtant, aujourd’hui nous nous sommes rendu compte de certains manquements sur des activités stratégiques pour le pays quand la production est sous-traitée à l’international. Pendant la crise, beaucoup de produits manufacturés n’ont pas pu l’être dans les délais à cause de dysfonctionnements de livraison. Le Fabless, modèle économique de référence autrefois, va certainement être remis en cause.

Après la crise, un certain nombre d’activités vont donc être réindustrialisées en Europe, notamment dans la data, les médicaments et l’électronique. Des appels d’offres européens qui étaient jusque-là ouverts aux acteurs américains et asiatiques ne le seront plus demain.

Que pensez-vous des mesures prévues dans le plan de relance pour les TPE et les PME ?

Le gouvernement a pris les bonnes mesures dans un temps très court. Même si l’endettement gonfle, elles ont permis de sauver des pans entiers de notre industrie, qui est un élément déterminant pour notre économie et pour la cohésion sociale.

L’Etat a raison d’aider les TPE et les PME qui génèrent de l’emploi sur tout le territoire : c’est elles qui font le tissu économique de nos régions. En leur apportant des fonds propres, avec les banques de financement qui sont un poumon de la relance, il les aide à surmonter les crises mais aussi à se consolider en rachetant des compétiteurs. Ensuite, les fonds propres nourrissent l’investissement qui permet d’innover et ainsi d’optimiser la rentabilité. Je suis donc extrêmement positif sur la reprise : beaucoup de secteurs vont connaître un effet de rattrapage.

Comment le gouvernement a-t-il prévu la sortie progressive des aides aux entreprises ?

Le risque pour les entreprises des secteurs « Covid-touchés », c’est qu’un arrêt trop brutal des aides de l’Etat ne compromette leur rétablissement économique, et les pousse à la défaillance.

Leur activité repart d’abord par paliers à cause des contraintes sanitaires maintenues par l’Etat (50% pour les restaurateurs, 35 % pour les cinémas etc.). Par contre, elles font face de manière immédiate à l’accroissement de leur masse salariale. Pour les accompagner, le gouvernement a choisi d’appliquer une « dégressivité progressive » des aides et donc une sortie en sifflet. Par ailleurs, de nombreuses entreprises pourraient se retrouver en difficulté face à leurs premières échéances de remboursement du PGE car elles ne disposent pas encore du chiffre d’affaires suffisant pour commencer à rembourser le « mur de dettes » accumulé pendant la crise.

Economie, politique, société: les plus lus

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Une cartographie des zones à éoliennes : pour quoi faire ? C’est déjà fait !

Une cartographie des zones à éoliennes : pour quoi faire ? C’est déjà fait !

 

 

La ministre de l’écologie réinvente la lune en proposant une cartographie nationale des zones potentielles à éoliennes. Un travail qui devra être effectué par chaque préfet. La ministre de l’écologie ignore sans doute que ce travail a été effectué depuis bien longtemps par les opérateurs d’éoliennes qui ont tracé pour toute la France des cercles dont les rayons de 500 m (distance minimale une éolienne et une habitation) dans lesquels ne se trouve aucun maison.

« Le développement des énergies renouvelables électriques passera inévitablement par une forte croissance du solaire photovoltaïque et de l’éolien terrestre, dont les capacités installées devront être multipliées respectivement par 5 et 2,5 entre 2019 et 2028 », souligne la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, dans une circulaire publiée vendredi 28 mai.

Pour encadrer ce déploiement, qui devra être « plus harmonieux et mieux réparti », la circulaire en question prévoit ainsi un nouveau mécanisme : une cartographie des « zones favorables » à l’installation de parcs éoliens, qui devra être réalisée dans les six prochains mois par les préfets « partout sur le territoire ».

. « Installez une éolienne, vous protégez la planète, c’est aussi simple que ça. C’est un fait scientifique, une évidence que je veux réaffirmer aujourd’hui », a-t-elle déclaré bêtement sans aucune véritable connaissance économique, énergétique et même environnementale.

Croissance 2021 : dans le rouge au premier trimestre au lieu de plus 0,4 %

Croissance 2021  : dans le rouge au premier trimestre au lieu de plus 0,4 %

 

L’ INSEE s’est notoirement planté en annonçant d’abord une augmentation du PIB  de 0,4 % pour le premier trimestre. Au lieu de cela l’institut statistique constate maintenant que la croissance est tombée dans le rouge avec -0,1 %. En 2020 la croissance avait perdu 8 %.

Le PIB est encore 4,7% sous son niveau de fin 2019, juste avant le début de la crise sanitaire. Et l’acquis de croissance pour 2021, qui correspond à la croissance que l’on aurait si l’activité restait au niveau du premier trimestre jusqu’à la fin de l’année, se situe désormais à 3,5% contre 4,1% estimé précédemment. L’Insee ne donne pas encore de prévision pour l’ensemble de l’année, tandis que la Banque de France table sur 5,5%, l’OCDE sur 5,9% et la Commission européenne sur 5,7%.

En cause, la grande faiblesse de la consommation des ménages. Des ménages qui hésitent encore entre dépenses et épargne compte tenu des incertitudes économiques et sociales des mois à venir. Durant la période du trimestre étudié la consommation n’a en effet progressé que de 0,1 %., La production, elle, restant stable

Des rafales pour la Croatie

Des rafales pour la Croatie

 

Indiscutablement , le Rafale est le meilleur avion de chasse du monde. Il peine cependant à s’imposer du fait en particulier des oppositions des États-Unis surtout pour les pays qui font parti de l’alliance atlantique.

Le Rafale a cependant gagné l’appel d’offres international, initié par Zagreb, face à des F-16 Viper américains neufs, des F-16 israéliens d’occasion et des Gripen suédois neufs. « L’offre française était la mieux-disante pour un avion de combat considéré comme l’un des meilleurs du monde (…). Pour le meilleur prix, la Croatie obtient l’avion le mieux coté et le mieux équipé », a souligné le premier ministre croate, Andrej Plenkovic. Il estime que le Rafale sera « la base de notre sécurité ». Ce nouveau succès « est également la traduction de la crédibilité opérationnelle de l’armée de l’air et de l’espace », se félicite Florence Parly.

Après la Grèce, qui a commandé 18 Rafale l’automne dernier, la Croatie devient le second pays européen, membre de l’Otan (depuis 2009), à entrer dans le club Rafale aux côtés de l’Égypte, du Qatar et de l’Inde.

Sarkozy se reclasse dans le business

Sarkozy se reclasse dans le business

C’est un secret pour personne Nicolas Sarkozy a toujours espéré devenir très riche comme Berlusconi. Grâce à son imposant carnet d’adresses, il peut servir les entreprises qui le font entrer dans leurs organes de direction.

Ainsi la nomination de Nicolas Sarkozy, président entre 2007-2012 et ancien maire de Neuilly, a été proposée par Arnaud Lagardère. Nicolas Sarkozy est notamment membre du conseil d’administration et président du comité de la stratégie internationale du géant hôtelier Accor et membre du conseil d’administration et du comité stratégique de la société Groupe Lucien Barrière. Sans parler de ses liens particuliers avec le Qatar et ses intérêts financiers.

Écriture inclusive: une tyrannie…et une idiotie

Écriture inclusive: une tyrannie…et une idiotie

 

Yves-Charles Zarka, professeur émérite à l’Université de Paris, directeur de la revue «Cités» s’insurge contre l’écriture inclusive considérée comme une tyrannie sur la langue française.

 

Une tyrannie surtout à l’égard des plus défavorisés qui dans le système actuel ont déjà bien du mal à s’approprier les bases de la langue nationale. Témoin la place de la France dans les classements internationaux.

 

En outre une idiotie car la plupart des gauchistes qui soutiennent l’écriture inclusive auraintt déjà bien du mal, eux-mêmes,  à respecter les règles orthographiques et la syntaxe actuelles.

Yves-Charles Zarka est professeur émérite à l’Université de Paris (qui comprend notamment l’ancienne université Paris-V René Descartes), l’auteur a fondé et dirige la revue «Cités» (PUF). Son prochain numéro, à paraître en juin, portera sur «La langue sous contrôle».


Yves-Charles Zarka : «La langue française ne doit pas être triturée ou abîmée»a déclaré Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, et une circulaire publiée au bulletin officiel précise que l’écriture dite inclusive «constitue un obstacle à la lecture et à la compréhension de l’écrit».

 

Après avoir été interdite dans son usage administratif par Édouard Philippe en 2017, cette graphie qui compromet la langue française se voit donc, et heureusement, en voie d’être interdite dans l’enseignement. Est-ce à dire pour autant que l’affaire soit close? Est-ce à dire que nous en ayons fini avec ce genre de manœuvre ayant pour objet d’établir une emprise proprement tyrannique sur la langue française?

Je ne le crois pas.

Une filière de 560 immigrés clandestins

Une  filière de 560 immigrés clandestins

Une enquête a permis de mettre au jour une filière d’immigration clandestine d’envergure, lancée en mars dernier. Les passeurs organisaient des allées et venues en Europe, transportant à chaque fois des clandestins du Pakistan, du Bangladesh, de l’Inde ou d’autres pays de la région indienne, afin d’obtenir des titres de séjour.

Le 22 mai, en plus des deux véhicules arrêtés, d’autres voyages avaient lieu, avec un total de 35 personnes emmenées entre France, Allemagne et Portugal. Chaque passager payait 500 euros pour voyager entre ces pays et à chaque fois, y tenter sa chance. 560 immigrés ont profité de cette filière.

Des passeurs ont été punis par un an de prison dont ils ne feront peut-être pas la moitié…. ou même rien du tout. Quant aux 560 immigrés la plupart resteront en France.

Deux-Sèvres: apparition du variant bordelais

Deux-Sèvres: apparition du variant bordelais

Après la découverte mercredi de trois cas positifs à ce variant bordelais E484Q, «un contact-tracing et des dépistages» avaient permis de détecter à la date de jeudi, «37 cas positifs dont 35 résidant en Deux-Sèvres», ont annoncé l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine et la préfecture des Deux-Sèvres dans un communiqué

 

. Il s’agit du variant de souche anglaise, avec une mutation, «identique à celui à l’origine du cluster de Bacalan à Bordeaux» mais «sans que des liens aient été identifiés entre ces deux situations à ce stade», ont-elles précisé.

 

Sur les 37 cas relevés, 5 ont moins de 20 ans et 6 ont plus de 65 ans, et 21 résident à Niort. Selon les autorités, ces cas sont issus «de plusieurs chaînes de contamination dans le département dont une chaîne principale de transmission» de 30 cas. «Afin de casser les chaînes de transmission» autour de ce cluster, l’ARS et la préfecture ont annoncé le renforcement à partir de samedi et pour deux semaines des opérations de dépistage par tests antigéniques sur le territoire des agglomérations du Niortais et de la Gâtine.

 

Affaire Pygmalion : les salades de Sarkozy

Affaire Pygmalion : les salades de Sarkozy 

L’ancien coprésident de Pygmalion reconnaît le trucage de la facturation de la campagne de Sarkozy.

L’ancien co-président de Pygmalion Guy Alvès , l’ancien co-président de Pygmalion à déclaré: « le directeur de campagne du président  avait annoncé à Franck Attal, dirigeant de la filiale événementielle Event &Cie, que les meetings coûtaient trop cher et qu’il faudrait désormais aménager la comptabilité, car le plafond légal (22 millions) allait être pulvérisé. En clair : les factures seraient adressées à l’UMP, et « ventilées » à travers diverses fausses factures, notamment pour des conventions bidon, afin de décharger le compte officiel du candidat. Les premiers responsables semblent bien être l’équipe de campagnes de Sarkozy et l’intéressé lui-même qui ne pouvait pas ne pas être au courant.

 

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