Archive mensuelle de mai 2021

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Economie, politique, société: les plus lus

Economie, politique, société: les plus lus

Entreprises : le rôle essentiel de l’audit

Entreprises : le rôle essentiel de l’audit

L’action Solutions 30 s’est effondrée après le refus de l’auditeur d’approuver les comptes de l’entreprise. Cette alerte comptable fait suite à celles concernant Wirecard ou Atos. Si des investisseurs ont beaucoup perdu en choisissant ces valeurs, une autre stratégie était possible, fondée sur une analyse des comptes en amont. Une stratégie qui s’est révélée gagnante… (*) Par Hughes Beuzelin, Président, co-Fondateur de BDL Capital Management

Chronique dans la Tribune

De grandes entreprises cotées, figurant dans les principaux indices de référence, fournissent a priori toutes les garanties de transparence comptable. Pourtant, l’actualité nous montre que ce n’est pas toujours le cas. Trois dossiers récents ont pu frapper les investisseurs, qui ne s’attendaient pas à ce que de telles entreprises puissent ainsi défrayer la chronique. Trois dossiers concernant des valeurs figurant dans le Dax 30 (Wirecard), le CAC 40 (Atos) et l’indice SBF 120 (Solutions 30).

Les problématiques sont bien sûr différentes. Wirecard, mise en faillite à l’été 2020, était l’exemple d’une fraude comptable à grande échelle, avec une activité largement fictive. S’agissant d’Atos, les actionnaires ont refusé début mai d’approuver les comptes consolidés à la suite de réserves émises par l’auditeur, concernant des filiales américaines. Quant à Solutions 30, l’auditeur EY a refusé d’émettre une opinion sur les comptes 2020, évoquant des « anomalies non détectées qui pourraient être à la fois significatives et avoir un caractère diffus ».

S’agissant de Wirecard et Solutions 30, des « lanceurs d’alerte », qu’il s’agisse de la presse ou de vendeurs à découvert, ont joué un rôle considérable. Critiqués, y compris par des autorités de marché parfois enclines à défendre a priori les sociétés cotées, ces lanceurs d’alerte se sont donc avérés utiles. Le marché leur a donné raison sanctionnant lourdement les manipulations ou même incertitudes comptables. Wirecard ne vaut quasiment plus rien, puisque l’entreprise est liquidée. Solutions 30 a vu son cours s’effondrer de plus 70% le 24 mai, après 10 séances de cotation suspendue, faisant s’évaporer 760 millions d’euros de capitalisation boursière. Quant à Atos, c’est l’auditeur qui a été à l’origine de l’information, et la valeur a perdu plus de 27% de sa valeur depuis le premier janvier.

Trois leçons

Quelles leçons tirer de ces trois exemples ? D’abord, que tout investisseur serait bien avisé de regarder les comptes de l’entreprise dans laquelle il a l’intention d’investir, de ne pas se contenter des communiqués, à l’évidence orientés. Nécessairement fine, cette analyse des comptes exige bien sûr une solide compétence technique et du temps. Voilà pourquoi le recours à une analyse indépendante est souvent nécessaire. Les meilleurs gestionnaires d’actifs indépendants savent l’importance de cet exercice.

Analyser les comptes ne permet pas seulement de comprendre le passé de l’entreprise et de juger de sa solidité, mais aide aussi à déceler d’éventuels signaux d’alerte, à anticiper son avenir financier. C’est la deuxième leçon à tirer des mauvaises expériences qu’ont pu vivre certains investisseurs. Avant que les « scandales » financiers n’éclatent, des signaux étaient perceptibles, montrant des incohérences dans les comptes des entreprises concernées. Souvent, l’analyse du BFR (Besoin en Fonds de Roulement) est riche d’informations à cet égard. De même que celle des acquisitions d’entreprises réalisées. Ainsi, Wirecard avait surpayé de nombreuses acquisitions, achetant par exemple l’entreprise indienne GI Retail plus de sept fois le prix auquel elle n’avait pas réussi à se vendre quelques mois auparavant.

Enfin, troisième leçon, bien que chacune des situations soit unique, les lourdes pertes subies par les actionnaires auraient pu être évitables. Sur la base de signaux comptables décelés en amont, il était d’abord possible de rester à l’écart de ces entreprises. Et ensuite, d’envisager de vendre à découvert (« short ») certaines de ces valeurs.

Policiers agressés :  » réponse pénale insuffisante »

Policiers agressés :  » réponse pénale insuffisante » 

« La réponse pénale est insuffisante pour toutes les agressions envers les forces de l’ordre », a expliqué sur France InfoJoaquim Pueyo, l’ancien directeur de prisons, et aujourd’hui maire d’Alençon, après l’attaque au couteau vendredi contre une policière municipale en Loire-Atlantique.

 

 

Interview

« Je pense que la réponse pénale n’est pas suffisante et doit être revue », a affirmé samedi 29 mai sur franceinfo Joaquim Pueyo, maire d’Alençon et ancien directeur des prisons de Fleury-Mérogis et de Fresnes notamment, au lendemain de l’attaque d’une policière municipale à La Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique).

L’assaillant présumé, un homme de 39 ans, était inscrit au fichier des signalements de la prévention de la radicalisation à caractère terroriste et effectué plusieurs peines de prison pour des faits de droits communs. Selon Joachim Puyo, ils sont « entre 1 200 et 1 500 terroristes radicalisés dans les prisons françaises » et  »il faut absolument des moyens pour que la prise en charge à la sortie de prison soit de plus en plus ferme ».

Les personnes comme celle responsable de cette attaque sont-elles nombreuses en prison ?

Joaquim Pueyo : Effectivement, les prisons sont sous pression actuellement parce que nous avons entre 1 200 et 1 500 terroristes radicalisés dans les prisons françaises. La radicalisation reste au cœur des inquiétudes et nous savons également que des centaines de terroristes vont sortir de prison dans les trois ans à venir. Quelle prise en charge à la sortie ? Est-ce que les renseignements sont suffisamment forts pour les suivre à la trace, quasiment d’une manière quotidienne ? Ce sont des questions réelles.

Quelle est la part de détenus radicalisés qui souffrent de troubles psychologiques ?

Je ne peux pas vous donner un chiffre, mais ils sont relativement nombreux. Par conséquent, la prise en charge au niveau de la psychologie se pose bien évidemment en prison. Vous savez que dans les prisons, nous avons bien sûr des psychiatres, mais cette prise en charge psychiatrique n’est pas suffisante. De même, le suivi socio-judiciaire est indispensable, mais il n’est pas suffisant. Il faut absolument des moyens pour que cette prise en charge soit de plus en plus ferme.

Ce sont des questions qu’on doit se poser dès maintenant parce que lorsque vous avez des centaines de détenus radicalisés qui vont sortir, notamment des jeunes sous influence, qui peuvent effectivement suivre des théories telles qu’on les connaît, moi j’ai des inquiétudes. La prise en charge à l’extérieur doit être renforcée.

Faut-il rouvrir le débat sur les peines de sureté, comme le souhaitent certains ?

Je pense que oui. Il y a une réponse pénale qui doit être réévaluée. On ne peut plus accepter actuellement que tous les jours, toutes les semaines, nous ayons des policiers, des gendarmes, des pompiers, qui se font attaquer, agresser ou tuer.

Je pense que la réponse pénale doit être revue. Je pense qu’elle n’est pas suffisante. Je le dis tel que je le pense parce que je connais bien le système pénitentiaire. Je connais bien également le droit pénal. Je pense qu’il y a eu effectivement des annonces faites par le gouvernement, mais je pense que la réponse pénale est insuffisante pour toutes les agressions envers les forces de l’ordre.

Covid France: les nouveaux cas sous les 9000

Covid France: les nouveaux cas sous les 9000

 

En France, la situation sanitaire continue de s’améliorer. Ce vendredi, les hôpitaux comptaient 3.104 patients en réanimation, soit une centaine de moins que la veille, selon Santé publique France. Le nombre moyen de nouveaux cas quotidiens est tombé sous les 9.000. Une première depuis septembre.

Présidentielle 2022: Alerte aux ingérences étrangères

Présidentielle 2022: Alerte aux ingérences étrangères

 

Dans une interview au Figaro, François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l’Iris, fait le point sur le risque cyber autour du scrutin.

 

Tribune

 

 

Alerte cyber sur l’élection présidentielle d’avril 2022. « Les partis politiques doivent s’attendre à des tentatives d’ingérence étrangère », met en garde François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), dans le Figaro, vendredi 29 mai.

Plusieurs types d’attaques sont possibles. « Il y a les hackeurs qui parviennent à pénétrer dans les comptes, à récupérer les documents et les données des partis politiques », précise François-Bernard Huyghe. Le chercheur évoque également les « tentatives de sabotage » (panne du système, surcharge du site internet) ainsi que la « diffusion de fausses informations ou de faux messages. »

Qui seront les acteurs de ces cyberattaques ? « Il est très vraisemblable qu’en 2022 des particuliers puissent produire ce type d’attaques pour combattre leurs adversaires idéologiques. Cela pourrait également venir de l’étranger. Dans tous les cas, même s’il s’avère que certaines cyberattaques proviennent d’un pays comme la Russie, il est presque impossible de prouver qu’il s’agit d’une attaque d’État. [...] Il est probable que ceux qui subiront des cyberattaques accuseront la Russie, la Chine, la Corée du Nord ou l’Iran », analyse le directeur de recherche à l’Iris dans son interview au Figaro.

« Fake news ». D’après lui, les mouvements politiques français sont au courant : « Les partis politiques s’y préparent déjà en renforçant leur sécurité informatique et en utilisant des moyens de communication plus sécurisés, comme Telegram. »

Pour autant, il ne semble pas qu’il existe un risque réel pour le scrutin. « Il ne faut pas non plus développer de fantasmes, cela ne changera pas le cours de l’élection. Ce genre d’attaques ne peut avoir qu’un effet marginal », nuance François-Bernard Huyghe dans son interview au quotidien.

D’autres manœuvres sont néanmoins attendues : « Il y aura également certainement beaucoup de fake news et de « deep fakes » qui circuleront sur les réseaux sociaux », indique le chercheur, qui nuance là aussi leur impact. « Ces fausses informations seront immédiatement démenties par les médias qui feront leur travail de fact checking », conclut-il.

Dépendance: Quelles solutions ?

Dépendance:  Quelles solutions? 

« A l’heure où l’on ne peut plus étendre de manière infinie nos recettes fiscales ou notre dette pour répondre aux défis de la solidarité, il faut bien imaginer des solutions nouvelles »(Tribune des députés agir ensemble dans le Monde)

Le 8 juin 2020, quelques semaines après la fondation d’« Agir ensemble », notre groupe portait un amendement qui allait donner naissance à la cinquième branche de la Sécurité sociale : celle de la dépendance. Pour la première fois depuis 1945, un nouveau risque était reconnu et devait être couvert pour protéger les Français.

Cette évolution devenait indispensable du fait de l’apparition de nouvelles maladies aux plus grands âges de la vie, mais surtout de l’évolution démographique. Avec l’arrivée progressive de la génération du baby-boom à l’âge de la dépendance, le nombre de seniors concernés va quasiment doubler dans les quinze prochaines années. Ce choc concerna directement plus de deux millions de personnes et impactera surtout leurs familles d’un point de vue humain, matériel et financier.

Si l’on veut éviter une catastrophe sanitaire où bon nombre de personnes âgées dépendantes risquent de périr à domicile dans la solitude et l’insalubrité, il faut agir. Maintenant. Il faut d’abord changer de modèle. Plutôt que de construire de nouveaux Ehpad qui ne serviraient que pour une génération, il nous semble préférable de maintenir les seniors le plus longtemps possible à domicile.

Filière. C’est toute une filière économique et sanitaire à développer. Certes, des dispositifs existent déjà : portage des repas, soins infirmiers et paramédicaux, aides ménagères, adaptation du domicile etc. Ils sont souvent assez performants. Mais ils ne sont pas tous adaptés aux grandes pathologies, ni en lien avec la médecine de ville ou les plateaux techniques des centres hospitaliers. Au-delà de la nécessité de combler les « trous dans la raquette », il sera surtout impératif de définir des guichets uniques capables de mettre au point l’ensemble du dispositif en évitant aux familles de réaliser un parcours du combattant. Enfin, il faudra définir, une fois le système personnalisé mis en place, une autorité capable de le gérer et de le coordonner au quotidien.

« Pourquoi ne pas solliciter les jeunes retraités, sur la base bien entendu du volontariat, afin de devenir bénévoles pour l’encadrement des enfants en périscolaire à midi et après la classe ? »

Une fois cette étape franchie, il faudra en assurer le financement, c’est-à-dire « trouver » au minimum dix milliards d’euros. Et c’est là que tous les gouvernements depuis quinze ans ont échoué. En effet, il ne semble pas possible de financer cette cinquième branche comme les autres, sur la base de cotisations assises sur les salaires, tant nous cherchons au contraire à baisser ces charges pour restaurer la compétitivité du travail en France. Impossible également, sur le plan moral, de financer cette dépense annuelle de fonctionnement par une dette supplémentaire laissée à nos enfants. Enfin, difficile d’augmenter les impôts de dix milliards dans un contexte où la conjoncture est plus que fragilisée par la crise de la Covid.

Faut-il en conclure que ce financement est impossible ? Nous ne le pensons pas. Encore faut-il s’autoriser à raisonner hors des cadres classiques, à inventer, à innover. C’est ce que le groupe « Agir ensemble » propose aujourd’hui en suggérant d’explorer la troisième partie de notre devise républicaine : la fraternité.

Ainsi, pourquoi ne pas solliciter les jeunes retraités, sur la base bien entendu du volontariat, afin de devenir bénévoles pour l’encadrement des enfants en périscolaire à midi et après la classe ? Ces jeunes seniors en bonne santé se substitueraient ainsi, après une courte formation, à la plupart des animateurs salariés et assureraient l’encadrement et les activités des enfants en fonction de leurs disponibilités, un ou deux jours par semaine.

Un tel engagement aurait immédiatement trois effets : 1. Il créerait une véritable solidarité intergénérationnelle en entretenant des contacts entre les jeunes et les seniors bénévoles, qui retrouveraient ainsi un rôle social ; 2. Il rendrait le périscolaire quasi gratuit, dégageant un pouvoir d’achat supplémentaire de plusieurs centaines d’euros par an pour les familles ; 3. Il permettrait de transférer environ dix milliards d’euros que consacrent les collectivités locales et la CAF au financement du périscolaire vers le financement de la dépendance, et cela sans augmenter d’un euro les impôts et la dette. Les animateurs salariés du périscolaire se verraient alors proposer une réembauche pour s’occuper des seniors dépendants à domicile.

Au-delà se nouerait un véritable pacte intergénérationnel : les jeunes retraités donnant du temps libre pour garder les enfants des actifs et leur épargner des dépenses, bénéficieraient en retour de la prise en charge de la dépendance dans la dernière partie de leur vie et peut-être aussi, dans un réseau de solidarité de proximité, de la bienveillance de ces mêmes familles pour les aider en cas de besoin.

Nous avons conscience du caractère iconoclaste de cette proposition mais nous sommes convaincus, sur la base notamment d’exemples locaux d’engagements bénévoles, qu’elle peut marcher. A l’heure où l’on ne peut plus étendre de manière infinie nos recettes fiscales ou notre dette pour répondre aux défis de la solidarité, il faut bien imaginer des solutions nouvelles. Faire appel à la fraternité, au réengagement citoyen au service du collectif, à un véritable pacte intergénérationnel, n’est ni un rêve naïf ni un discours populiste, cela nous semble au contraire être la voie d’un projet de société qui peut nous unir autour de ce qui nous relie tous : l’Humain.

Olivier Becht (député du Haut-Rhin), Pierre-Yves Bournazel (député de Paris), Annie Chapelier (députée du Gard), Paul Christophe (député du Nord), M’jid El Guerrab (député des Français de l’étranger), Christophe Euzet (député de l’Hérault), Thomas Gassilloud (député du Rhône), Antoine Herth (député du Bas-Rhin), Dimitri Houbron (député du Nord), Philippe Huppé (député de l’Hérault), Loïc Kervran (député du Cher), Aina Kuric (députée de la Marne), Luc Lamirault (député d’Eure-et-Loir), Lise Magnier (députée de la Marne), Jean-Charles Larsonneur (député du Finistère), Patricia Lemoine (députée de Seine-et-Marne), Valérie Petit (députée du Nord), Benoît Potterie (député du Pas-de-Calais), Maina Sage (députée de Polynésie).

Macron se plante aussi en Afrique

Macron se plante aussi en Afrique

 

Interview du journaliste spécialiste de l’Afrique Antoine Glaser, qui a co-écrit Le piège africain de Macron (Fayard) avec Pascal Airault (Le Monde)

- Le terme « Françafrique » irrigue votre ouvrage. On sent d’ailleurs bien le rejet éprouvé par Emmanuel Macron à son égard. Pouvez-vous rappeler brièvement ce que recouvre cette expression, en la resituant historiquement et territorialement ?

- Dans l’entretien qu’il vous a accordé avec le journaliste de l’Opinion Pascal Airault, le chef de l’Etat évoque souvent la nécessaire émancipation des sociétés civiles africaines, pointant le problème des rentes établies, du conservatisme politique, etc. Cette politique émancipatrice, snobant parfois les pouvoirs en place, est-elle selon vous le marqueur principal de sa doctrine africaine ? Estimez-vous qu’il s’est véritablement donné les moyens de la réaliser pendant ces quatre ans ? Et grossièrement, quels leviers a-t-il actionnés, quels obstacles a-t-il rencontrés ?

- S’il y a bien un sujet qui antagonise les positions et sert très souvent d’étendard à la contestation chez les anti-Français en Afrique, c’est le franc CFA. Conscient des enjeux symboliques mais pas que, le conseil des ministres français a adopté, le 20 mai 2020, le projet de loi mettant fin à cette monnaie dans les huit pays d’Afrique de l’Ouest. Le parlement l’a ratifié en janvier 2021, mais toujours rien du côté des Etats africains. Pourquoi cette inertie chez les chefs d’Etat concernés ? Le coût économique de la mesure dépasserait-il les bénéfices politiques qu’ils pourraient en tirer ?

- Hors du pré carré français, Emmanuel Macron s’investit également dans les grandes économies du continent telles l’Égypte, le Nigeria, l’Afrique du Sud, etc. Il déploie notamment une nouvelle approche, en court-circuitant parfois les pouvoirs politiques locaux pour ne s’adresser qu’aux hommes d’affaires. Mais là encore, le succès n’est pas au rendez-vous. Comment l’expliquez-vous ? La globalisation du continent a-t-elle eu raison de l’influence économique de la France en Afrique ?

- Emmanuel Macron souhaite s’extirper du bourbier sahélien. En pleine campagne présidentielle, il évoquait déjà, s’il était élu, le retrait des militaires de l’opération Barkhane au Sahel. Mais une fois arrivé au pouvoir, et après plusieurs visites de terrain, le chef de l’État comprend tardivement, dites-vous, « que le piège n’est pas que militaire, mais aussi politique. » Pouvez-vous préciser cette composante politique ? Est-ce dû au fait que certains chefs d’Etat africain, alliés de la France dans la région, jouent en même temps des sentiments anti-Français des populations pour rester au pouvoir ? Et n’y a-t-il pas également un aspect culturel et social, qui réside dans la difficulté de demander à des sociétés musulmanes de s’engager contre le terrorisme islamique ?

 

 

5G: Pas de garantie sur la protection des données

 5G:  Pas de garantie sur la  protection des données 

 

L’expert en informatique Sean O’Brien explique, dans une tribune au « Monde », qu’un risque de fragmentation de l’Internet met en danger le principe de neutralité du Net et qu’aucune preuve n’est apportée pour garantir la sécurité des données.

 

Tribune.

Les promesses de la 5G semblent infinies grâce à l’accès à des débits supérieurs à la 4G, et surtout grâce aux possibilités offertes par l’Internet des objets (en anglais « Internet of Things », ou IoT, c’est-à-dire la connexion des objets à des technologies numériques démultipliant leurs usages). Mais bien que la 5G soit encensée comme une nouvelle révolution technologique, elle présente des risques potentiels majeurs, qu’il s’agisse de confidentialité des données, de traçage des individus mais aussi de fragmentation d’un internet de moins en moins libre, au péril du concept même de neutralité du Net.

La 5G est présentée comme une solution idéale pour déployer le haut débit dans les zones blanches, majoritairement rurales. Elle est également présentée comme une solution pour connecter les véhicules autonomes et une multitude de dispositifs IoT. Néanmoins, la valeur ajoutée pour les consommateurs n’est pas encore claire.

 

La rapidité de la 5G reste bien inférieure à celle de la bande passante de technologies comme la fibre. La vitesse maximale de la 5G est de 10 gigabits, lorsque celle des réseaux câblés est de 50 gigabits et celle de la fibre de 100 térabits.

Cette technologie introduit par ailleurs des vulnérabilités qui incluent un haut risque d’exposition des données, telles que l’emplacement géographique, le traçage des appels et SMS émis, des sites et applications visités. Plus inquiétant encore, la 5G ne va résoudre aucun des risques de protection des données et de la vie privée, déjà présents sur les réseaux cellulaires traditionnels. Elle va de plus introduire de nouveaux problèmes de contrôle pour les utilisateurs.

Mais le plus ennuyeux est qu’elle accentue la lente disparition du concept de « neutralité du réseau », l’un des principes fondateurs d’Internet, qui permet la liberté de consulter, partager et faire circuler l’information sans aucune discrimination. Aujourd’hui, les Etats imposent de plus en plus de règles liberticides sur Internet. Le risque est surtout de voir se créer un monopole technologique des communications à l’échelle internationale, en imposant encore plus de contrôle et de surveillance, sans pour autant garantir la sécurité des individus.

 

Par ailleurs, la 5G offre la possibilité de mettre en place des réseaux contrôlés par des intermédiaires, ou tout simplement par des Etats spécifiques. Cela signerait la fin d’un réseau unique, libre, universel et accessible par tous sans restriction. Ces environnements, qui fonctionnent en silos, posent de gros problèmes en matière de vie privée, de sécurité, de respect des droits de l’homme, mais aussi de liberté d’expression, tout simplement à cause du manque de transparence et de responsabilité.

Sommet alimentaire : Le contraire d’une évolution sociale et écologique

Sommet  alimentaire : Le contraire d’une évolution sociale et écologique

A quatre mois du prochain sommet des Nations unies, six syndicats et organisations de la société civile française dénoncent dans une tribune au « Monde » une rencontre qui fait fi du multilatéralisme et de l’environnement, et demandent officiellement au gouvernement français de se retirer.

 

Tribune.

 

 Le nouveau Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires qui se tiendra en septembre 2021 aurait pu être porteur d’avancées cruciales et grandement nécessaires dans le contexte sanitaire, économique et environnemental actuel. Pourtant, de nombreuses et profondes inquiétudes assombrissent cette initiative.

Annoncé en 2019, ce sommet est le fruit d’une nouvelle collaboration entre le Forum économique mondial et le secrétaire général des Nations unies. Les Etats membres des Nations unies, traditionnels garants de ce type d’initiative, n’ont jamais vraiment été consultés et l’Assemblée générale de l’ONU n’a même pas eu à se prononcer sur le sujet. C’est pourtant son rôle : c’est elle qui a validé par le passé la tenue des sommets alimentaires mondiaux de 1996 et de 2009.

 

Dès son annonce, ce sommet a donc fait fi d’un multilatéralisme pourtant indispensable et a progressivement marginalisé l’ensemble des acteurs souhaitant une réelle transformation sociale et écologique des systèmes agricoles et alimentaires. Un grand nombre d’Etats, de chercheurs et d’organisations de la société civile se sont ainsi retrouvés exclus des mécanismes de gouvernance du sommet ou n’ont été impliqués qu’a minima dans un faux-semblant de consultation.

En parallèle, les organisateurs ont déroulé le tapis rouge aux principaux promoteurs d’une « révolution verte agricole » – OGM, digitalisation de l’agriculture, utilisation massive de pesticides et d’engrais de synthèse – dont on connaît les impacts dévastateurs partout dans le monde. Ces « solutions technologiques » seules capables, selon les organisateurs du sommet, de « changer la donne », renforcent toutes le système agro-industriel dominant et se font au détriment d’une vraie transformation agroécologique.

Pourtant, l’impératif d’assurer la souveraineté alimentaire et le droit à l’alimentation des populations, et l’urgence de répondre aux crises climatiques environnementales nécessitent au contraire de repenser nos pratiques agricoles et alimentaires, de renforcer un tissu dense de fermes à dimension humaine, et de permettre aux agricultrices et aux agriculteurs de vivre dignement, partout dans le monde.

Manchester City-Chelsea : Les contradictions du foot anglais

Manchester City-Chelsea : Les contradictions du foot anglais

Olivier de France, directeur de recherche à l’IRIS, dresse une comparaison stimulante des évolutions du football anglais, qui épousent les cycles chaotiques de la vie politique et économique du Royaume-Uni.Un football qui se veut très british dans son organisation mais qui repose essentiellement sur des joueurs et des capitaux étrangers

 

 

Tribune. 
Le samedi 29 mai, le titre de la plus prestigieuse des compétitions européennes de football reviendra à un club britannique. Comme il y a deux ans, la finale de la Ligue des champions mettra en effet aux prises deux équipes d’outre-Manche : Liverpool et Tottenham Hotspur hier, Chelsea et Manchester City aujourd’hui.
Tribune.Ironie de l’histoire, ces quatre clubs firent partie d’une récente tentative de sécession au sein de l’élite du football continental, qui visait à mettre sur pied une ligue fermée et concurrente pour dégager de plus amples revenus : la Super Ligue européenne. Dans une humiliante volte-face, les clubs anglais engagés dans le projet furent contraints de se retirer trois jours plus tard, sous la pression de l’opinion publique et de leurs propres supporteurs.

De sa présente mainmise européenne à ses racines locales, le football britannique concentre en effet les plus saillants paradoxes d’un pays qui souhaite préserver son identité nationale d’un point de vue culturel, tout en s’ouvrant à tous les vents du point de vue économique.

Récent champion d’Angleterre, le club de Manchester City est dirigé par un entraîneur – Josep Guardiola – qui milite ouvertement pour l’indépendance politique de la Catalogne, soutenu par une grande partie de la classe ouvrière mancunienne (dont les frères Gallagher, du groupe Oasis), dans une ville qui a très majoritairement voté pour rester au sein de l’Union européenne (à 60,4 %), alors que les communes environnantes ont presque toutes voté « Leave » [« Quitter l’Union européenne »].

Manchester City dispose dans le même temps d’une puissance financière hors norme. Adossée au fonds souverain d’Abou Dhabi, elle lui a permis de bâtir une marque mondiale et d’attirer les meilleurs talents internationaux, à tel point que l’actionnaire émirati fut initialement sanctionné par l’Union des associations européennes de football (UEFA) pour une croissance financière jugée insuffisamment « organique » et contraire au fair-play financier.

Le club incarne en miniature les tensions du modèle britannique, et préfigure à sa manière la construction de l’identité britannique post-Brexit, entre Global Britain et Little England. Avant-poste et laboratoire de la mondialisation, le Royaume-Uni d’aujourd’hui est en effet le produit d’une opposition larvée entre la logique économiquement internationaliste qu’incarne la City de Londres d’une part, et les politiques migratoires très restrictives voulues aujourd’hui par Boris Johnson d’autre part, qui ne sont que la continuité des tirades de Theresa May [première ministre du Royaume-Uni de 2016 à 2019] jadis contre les « citoyens du monde », qui sont des « citoyens de nulle part ».

5G: La bataille financière

5G: La bataille financière

Le sociologue Dominique Boullier observe, dans une tribune au « Monde », que la lutte entre industriels pour la monétisation du réseau permise par la 5G constitue la véritable rupture avec les offres existantes.

 

Tribune.

Le débat sur la 5G s’est rapidement focalisé sur les questions de santé et d’environnement, et il a été souvent réduit à ne parler que des antennes. Or, l’analyse du système technique des différentes fréquences de la 5G et de la 6G, déjà en cours de spécification, fait apparaître un enjeu de rivalité majeur entre les opérateurs de télécommunications et les grandes plates-formes numériques (les GAFA), qui a conduit les opérateurs à développer un réseau nouveau, « tout mobile » pourrait-on dire. Ce réseau, fait d’antennes en public, d’antennes au domicile et de satellites, devra court-circuiter celui de la fibre et du WiFi, trop peu rentable pour les opérateurs. Voilà bien le mot-clé : monétiser les nouvelles offres ciblées grâce à la technologie pour retrouver de la rentabilité et ne plus laisser les GAFA tirer seuls les bénéfices des investissements faits par les opérateurs dans les infrastructures. 

 

 

Il est donc urgent de lancer un débat public, car les conséquences d’un tel changement d’infrastructure sont considérables et modifient toute l’évaluation des enjeux écologiques de la supposée 5G. Car deux 5G bien différentes sont confondues dans l’expression 5G : la bande de fréquences des 3,5 GHz, qui ne fera qu’amplifier la 4G, et la bande des 26 GHz, dite millimétrique, qui offre une latence très réduite (moins de 10 millisecondes) et permet de faire réagir entre eux capteurs et serveurs de façon quasi instantanée. Certains principes techniques sont communs : placement des centres de données à proximité des antennes pour réagir plus vite, meilleur ciblage des destinataires grâce à des antennes de portée plus faible mais à l’émission-réception plus directionnelle, et découpage logique des ressources du réseau, permettant de faire varier la capacité fournie selon le destinataire et… selon des prix différenciés. Cette monétisation permise par la 5G n’est jamais évoquée, alors qu’elle est une vraie rupture avec la 4G, qui offre un abonnement illimité pour un arrosage indifférencié des terminaux voisins de l’antenne, et surtout avec le WiFi, que personne ne monétise en tant que tel – il est d’ailleurs soutenu par les collectivités locales ou les associations comme étant un bien commun.

Or, les opérateurs se plaignent depuis des années de l’avantage abusif qu’ont les plates-formes, qui ne financent en rien les travaux de mise en place des infrastructures et augmentent sans cesse les débits (toujours plus d’images et de vidéos, toujours plus de services de cloud) ainsi que leurs bénéfices. Cela a conduit à des passes d’armes entre les représentants des deux ensembles de firmes. Les opérateurs ont en fait développé la 5G pour restaurer leur rentabilité, laquelle reste loin de celle des GAFA, notamment aux yeux des investisseurs.

Economie, politique, société: les plus lus

Economie, politique, société: les plus lus

Marchés truqués à Marseille : les Guérini payent pour les autres ?

Marchés truqués à Marseille : les Guérini payent pour les autres ?

Les Guerini ont été condamné par un tribunal en raison de marchés truqués à Marseille. Certes ce sont rendus coupables de bricolages sur les marchés publics. Pour autant dans cette région, ils sont loin d’être les seuls et c’est même une sorte de religion notamment depuis Deferre en passant par Gaudin .

 

Jean-Noël Guérini, ex-homme fort du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône, a été condamné à 30.000 euros d’amende et cinq ans de privation des droits civiques et civils. Un mandat de dépôt différé a été délivré à l’encontre de son frère Alexandre, qui devra se présenter de lui-même en prison. Il s’est en outre vu interdire de gérer une entreprise pendant cinq ans et a été privé de ses droits civiques durant la même période. Il faudra sans doute des années pour examiner des faits assez identiques de la période Gaudin.

Vaccin Pfizer : un peu moins efficace contre le variant indien?

Vaccin Pfizer : un peu moins efficace contre le variant indien?

 

En l’état des recherches les évaluations diffèrent parfois sur l’efficacité des vaccins notamment à l’égard du variant actuellement le plus dangereux : le variant indien. Malgré «une efficacité légèrement diminuée, d’après les tests en laboratoire, le vaccin Pfizer est probablement protecteur», rassure Olivier Schwartz, coauteur de l’étude et directeur de l’unité virus et immunité à l’Institut Pasteur (Paris).

Par contre, les résultats de l’étude, réalisée avec des hôpitaux universitaires français, montrent qu’une dose du vaccin AstraZeneca, un vaccin efficace contre le variant anglais, «fonctionne très peu contre les variants indiens et sud-africains».

Une seule dose de ce vaccin apparaît donc «peu ou pas du tout efficace» contre le variant indien, souligne le chercheur.

 

Il conviendra sans doute de multiplier encore les études permette une évaluation pertinente des vaccins actuellement utilisés. En effet les laboratoires de leur côté estiment que ces vaccins présentent une efficacité contre tous les virus.

Wokisme : une dictature soft

Wokisme : une dictature soft

L journaliste et écrivain américain Rod Dreher  dénonce la mode du wokisme   dans une interview au Figaro

Rod Dreher est un journaliste et écrivain américain, éditorialiste à The American Conservative. Il a publié Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus: le pari bénédictin (traduit en français aux éd. Artège, 2017) et dernièrement Résister au mensonge, vivre en chrétien dissident (trad. Artège, avril 2021).

 

Interview

 


- ans votre livre, Résister au mensonge , vous dénoncez la montée d’une nouvelle idéologie oppressive. Qu’est-ce que le « soft totalitarisme » qui sévit en Occident ?

Rod DREHER. - Pour saisir toute la menace du totalitarisme, il est important de comprendre ce qui le différencie du simple autoritarisme. L’autoritarisme, c’est lorsque l’État a le monopole du contrôle politique, c’est le cas en dictature. Une société totalitaire, cherche quant à elle à transformer toutes les traditions et les institutions antérieures afin d’en contrôler tous les aspects. Un État totalitaire est donc un État qui cherche à définir et contrôler le réel, c’est-à-dire, décider pour vous ce qu’est la vérité.

À l’époque soviétique, le totalitarisme astreignait à l’amour du Parti et au respect de ses exigences. Aujourd’hui, le totalitarisme exige l’allégeance à un ensemble de croyances progressistes incompatibles avec toute logique. Les communistes ne s’opposaient, par exemple, à des vérités telles que 2 +2 = 4 ; le totalitarisme qui sévit aujourd’hui considère qu’il n’y a de réel que dans l’esprit, ainsi, ils peuvent très bien convenir que 2 + 2 = 5.

J’appelle ce totalitarisme de gauche, « soft totalitarisme », car c’est un totalitarisme doux, qui promet d’étancher une soif intérieure, de se battre et défendre une société plus juste qui libérerait et défendrait les victimes historiques de l’oppression. Il se pare des atours de la gentillesse tout en diabolisant les dissidents afin de ménager les sentiments des « victimes » et de faire advenir la « justice sociale ». Le culte contemporain de la justice sociale identifie les membres de certains groupes sociaux comme des agresseurs, puis il en fait ses boucs émissaires et proclame que leur suppression est une question de justice. Ainsi, les « guerriers de la justice sociale », plus connus sous le sigle SJW, au départ animés par un sincère sentiment de compassion et une pensée authentiquement libérale, finissent par abandonner tout libéralisme et par embrasser une politique agressive et punitive qui ressemble au bolchévisme.

Grandes entreprises: le nouveau vecteur de l’idéologie woke?

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N’est-ce pas excessif de parler de totalitarisme aujourd’hui ? Personne n’est envoyé au goulag…

S’il est aussi aisé d’ignorer la montée du totalitarisme, c’est souvent parce que l’on a du mal à comprendre comment il fonctionne. Beaucoup de conservateurs d’aujourd’hui ont du mal à saisir la gravité de cette menace, la rejetant sous le vocable de « politiquement correct ». Certes, ce terme est péjoratif mais un peu dépassé pour désigner ce que l’on appelle le « wokisme ».

Le wokisme exploite la préférence décadente de l’homme moderne pour les plaisirs personnels plutôt que pour de grands principes, dont les libertés politiques.

La menace de cette nouvelle idéologie pèse sur chacun d’entre nous. Aujourd’hui, ceux qui n’adhèrent pas à la ligne du parti woke peuvent voir leur entreprise, leur carrière, leur réputation, détruites. Ils sont exclus de la sphère publique, stigmatisés voire diabolisés comme racistes, sexistes, homophobes, etc. Cela peut prendre plusieurs manifestations, dont la cancel culture. Si vous êtes en désaccord avec la vision de l’antiracisme aux États-Unis vous êtes socialement accusés. Si vous n’acceptez pas l’idéologie transgenre vous êtes bannis des institutions. Alors, certes, il n’y a pas de goulag, pas de police secrète, mais il s’agit bien d’un totalitarisme, car pour préserver votre vie sociale, vous devez taire vos désaccords avec l’idéologie imposée.

Ce qui arrive aux États-Unis peut arriver en France. On voit cette idéologie avancer car les plus radicaux marchent à travers les instituions. Ce pouvoir spirituel se matérialise dans les institutions étatiques et privées, dans les entreprises, dans le milieu universitaire et les médias.

Comment émerge ce totalitarisme ?

Ce totalitarisme est plus insidieux car il n’est pas officiellement désigné comme le mal. Dans le totalitarisme soviétique, la bonne parole provenait de l’État, aujourd’hui ce totalitarisme germe dans nos démocraties libérales, c’est pourquoi nous avançons dans le brouillard. Le wokisme exploite la préférence décadente de l’homme moderne pour les plaisirs personnels plutôt que pour de grands principes, dont les libertés politiques. Le peuple n’offrira aucune résistance au soft totalitarisme à venir (quand il ne le soutiendra pas carrément), non pas parce qu’il craindrait qu’on lui fasse subir des châtiments cruels, mais parce qu’il sera plus ou moins satisfait de son confort hédoniste.

René Girard disait déjà il y a 20 ans que le souci pour la victime tenait du fanatisme : « La surenchère perpétuelle transforme le souci des victimes en une injonction totalitaire, une inquisition permanente. » Nous y sommes ! Dans la vision woke tous nos sentiments et désirs doivent être acceptés.

Quel est le rôle du capitalisme dans son avènement ?

Le capitalisme a un rôle essentiel dans son émergence, puisque dans la vision capitaliste, ce que nous désirons constitue notre identité ; il n’y a pas d’existence en dehors de nos désirs. Le bien suprême du capitalisme libéral est le fait de choisir (simple fait de choisir, pas entre différentes choses). Nous avons toute une génération qui considère que tout ce qui vient limiter ses choix est problématique en soi. Le capitalisme est le plus puissant des agents de transformation, car il unit l’idéologie progressiste à la force de frappe du consumérisme et de l’argent.

Certains dénoncent une « dictature sanitaire », à cause des mesures de privation de libertés liées au coronavirus. Doit-on toujours craindre l’État ?

Les gens se sont habitués à être surveillés par les Gafas, ils ne craignent plus Big Brother. Dans la dystopie d’Orwell, 1984, l’État a installé des « télécrans » chez les citoyens pour ne rien perdre de leur vie quotidienne. Aujourd’hui, nous installons des enceintes connectées dans notre propre salon…

Shoshana Zuboff, ancien professeur à la Harvard Business School, utilise l’expression « capitalisme de surveillance ». Dans son livre paru en 2020, L’Âge du capitalisme de surveillance, elle décrit une nouvelle forme de capitalisme créée par Google et perfectionnée par Amazon et Facebook. Ce capitalisme aspire les données personnelles des individus et les analyse au moyen d’algorithmes sophistiqués pour prédire les comportements. Le but, évidemment, est de présenter des produits et des services adaptés aux préférences individuelles. À première vue, un simple ciblage publicitaire. En réalité, les maîtres de la data ne se contentent plus de trouver ce que l’on aime : ils cherchent activement à vous faire aimer ce qu’ils veulent que l’on aime sans que leurs petites manipulations soient détectées. Les personnes dont les capitalistes de surveillance colonisent ainsi la vie ne leur en ont jamais donné la moindre permission formelle et informée, et elles n’ont à ce jour aucun moyen d’échapper à leur toile. La plus grande menace vient aujourd’hui de cette résilience face à la toute-puissance des géants du numérique.

C’est en rompant avec nos racines chrétiennes qu’ont émergé les totalitarismes que nous dénonçons.

Le christianisme a-t-il favorisé les idées progressistes, par sa vision eschatologique et sa doctrine sociale ?

La religion chrétienne croit au progrès. Elle s’oppose à une vision cyclique de l’histoire et considère que l’histoire se déplace dans une certaine direction, depuis la création jusqu’à la rédemption finale. Pour les chrétiens, cette rédemption viendra après l’Apocalypse et le Jugement dernier où triomphera la justice de Dieu. Le progressisme d’aujourd’hui, qui remonte au XVIIIe siècle, a sécularisé l’espérance chrétienne en remplaçant la foi en Dieu par la foi en l’homme, dans la science et dans la technologie. Or, les chrétiens ne croient pas que le progrès puisse advenir s’il est séparé de Dieu.

Et si l’expression « justice sociale » a longtemps été associée au christianisme, en particulier au catholicisme, la doctrine sociale catholique se fonde largement sur les enseignements du Christ, notamment sur l’importance de la miséricorde et de la compassion envers les pauvres et les exclus. Il y a une contradiction chez les wokes dans la mesure où ils ne sont pas capables de compassion avec ceux qui sont en désaccord avec eux.

C’est au contraire en rompant avec nos racines chrétiennes qu’ont émergé les totalitarismes que nous dénonçons. Dans La Pensée captive, Czesław Miłosz expliquait que l’idéologie communiste comblait un vide qui s’était ouvert dans la vie des intellectuels du début du XXe siècle, dont la plupart avaient cessé de croire à la religion. Le totalitarisme de gauche d’aujourd’hui prétend une fois de plus étancher une soif intérieure.

« Les chrétiens occidentaux ne diffèrent pas tellement des incroyants », écrivez-vous. L’Église catholique, notamment, a-t-elle participé à cultiver le mensonge en défendant ce que vous appelez l’ « esprit thérapeutique »?

La résistance à grande échelle des chrétiens à l’anti-culture s’est révélée infructueuse, et elle le demeurera probablement pour longtemps. Pourquoi ? Parce que l’esprit thérapeutique a largement conquis nos églises, même dans les courants soi-disant conservateurs. La thérapeutique consiste en la croyance générale que Dieu existe, et que la seule chose qu’il exige de nous est que nous soyons gentils et heureux.

Très peu de chrétiens contemporains sont prêts à souffrir pour leur foi, parce que la société thérapeutique qui les a formés n’admet aucun bénéfice à la souffrance, au point que l’idée de la supporter au nom de la vérité semble désormais ridicule. Ce sentimentalisme mènera au goulag.

Vous ne parlez pas de l’islam dans votre livre… est-ce la seule religion qui peut faire face aujourd’hui à cet esprit thérapeutique ?

Aux États-Unis, les musulmans sont victimes de ce même esprit thérapeutique. Eux-mêmes n’arrivent pas à endiguer l’expansion de l’islam radical, qui gangrène leur propre religion. Mais on ne peut pas combattre une idéologie mortifère avec du vide. C’est pourquoi, ni le christianisme, ni l’esprit thérapeutique ne savent répondre au problème de l’islam radical.

L’importance de la vraie foi chrétienne réside dans cette capacité de résilience, car l’amour, comme l’a écrit saint Paul, endure tout.

Les chrétiens fondamentalistes tombent dans le même tort, en cela qu’ils ne formulent rien de positifs, ils se constituent simplement contre le monde. C’est un tort, les chrétiens doivent témoigner de leur foi. En 1968, Benoit XVI avait prédit que l’Église serait réduite à un petit groupe de vrais croyants et qu’elle devrait quasiment répartir à zéro. Nous y sommes et tant mieux, en tant que petit groupe, elle sera amenée à faire beaucoup plus souvent appel à l’initiative de ses membres.

Comment les chrétiens peuvent-ils s’ériger en rempart contre ce nouveau totalitarisme ?

Les chrétiens, contrairement à ceux qui ne croient pas, ont l’espoir. Pour les chrétiens l’amour de Dieu nous donne confiance, cela n’a rien à voir avec l’optimise béat. J’éprouve beaucoup de pitié pour ceux qui ne peuvent pas trouver cette résilience, leur souffrance est sans rédemption. L’importance de la vraie foi chrétienne réside dans cette capacité de résilience, car l’amour, comme l’a écrit saint Paul, endure tout.

Les chrétiens, même s’ils sont minoritaires et esseulés doivent être une lumière pour l’humanité. Et dans cette grande obscurité qui englobera le monde, nombreux seront ceux qui seront attirés par la lumière.

Violence : une spirale inévitable ?

Violence : une spirale inévitable ?

Pierre-Marie Sève , délégué général de l’Institut pour la Justice (IPJ), une association de citoyens mobilisés au côté des victimes s’inquiète de la spirale de la violence en France. Une spirale inévitable faute de mesures rapides et significatives. (Chronique dans le Figaro)

 

 

Ce vendredi, dans la grande banlieue de Nantes, Ndiaga Dieye, musulman rigoriste de 40 ans et récemment sorti de prison, a attaqué une policière au couteau. Après l’avoir blessée gravement, il a ouvert le feu sur des gendarmes. Ces derniers, dont deux ont été touchés, ont riposté et ont abattu Ndiaga Dieye.

Après cette énième attaque au couteau, le sentiment qui domine est une tragique lassitude. Comme un air de déjà-vu : encore une fois, des policiers sont attaqués, encore une fois l’agresseur est un radicalisé, encore une fois la Justice n’a pas fait son travail et encore une fois nous nous posons collectivement les mêmes questions.

Si la lassitude domine, c’est que chacun ressent, impuissant, à quel point la paix et la tranquillité disparaissent. En effet, n’en déplaise au ministre de la Justice, nul besoin ni de statistiques ni d’équations différentielles pour comprendre que la France s’enfonce à vitesse grand V dans une spirale de violence.

Ces fameuses statistiques par ailleurs l’attestent : les violences augmentent dans les villes, dans les banlieues, et dans les zones rurales et ce depuis des années. Pour seul exemple, les coups et blessures volontaires sont en hausse sans interruption depuis au moins 2008 et sur tout le territoire.

Malheureusement, les effets collectifs de cet ensauvagement commencent à se faire sentir. Les agressions devenant quotidiennes et pour des motifs futiles, c’est une tension sourde qui s’installe déjà entre citoyens Français. Vous conviendrez qu’il est inutile d’épiloguer sur la gravité que cette tension peut avoir sur la cohésion nationale…

Il faut donc se ressaisir pour ne pas laisser partir le navire à la dérive.

D’abord parce que cette violence n’est absolument pas normale. Il suffit d’avoir vécu à l’étranger pour se rendre compte qu’aucun pays occidental n’a autant de tension dans ses rues que la France. Ceux qui ont vécu les années 1970 le savent également, personne ne poignardait des policiers à cette époque, aucun radicalisé ne tuait de mère de famille comme c’est arrivé dans la cathédrale de Nice. À cette époque, on prenait le bus sans baisser les yeux devant les passagers un peu agités et on laissait ses enfants jouer dehors sans hésitation.

Alors oui, contrairement à ce que maintiennent les « dénis oui-ouistes », cette violence est nouvelle et nous n’avons pas à nous y résoudre.

Mais il faut également se ressaisir parce que le temps presse. La Justice n’est pas engorgée que depuis l’année dernière. Ce sont plutôt 40 années de démission des gouvernements qu’il faudra rattraper. Le navire coule et plus nous attendrons avant de boucher les trous, plus il sera difficile de sauver l’équipage.

Pour sortir de cette spirale, ce ne sont pas des mesurettes dont la France a besoin, mais un traitement de choc. Parmi les mesures de ce traitement de choc : construire 40 000 places de prison, modifier la Constitution pour rétablir les peines planchers, sortir de la Convention européenne des Droits de l’Homme et naturellement mener une politique de l’immigration enfin musclée avec notamment expulsion des criminels étrangers.

Les obstacles auxquels nous faisons face sont déjà importants, et ils risquent de s’alourdir si nous n’agissons pas maintenant.

Toutefois, l’espoir est loin d’être épuisé et le passé le prouve.

En cette année Napoléon, rappelons-nous à quel point l’Empereur des Français a été prompt à réformer en profondeur un pays en plein marasme. Rappelons-nous aussi que peu de pays au monde que la France offrent au Président de la République autant d’outils pour mener les réformes qu’il souhaite, s’il les souhaite.

Mais si rien n’est fait, la France s’enfoncera dans une spirale de violence qui sera jour après jour plus difficile à arrêter. À moins que nous ne soyons déjà dedans.

Automobiles : des «boîtes noires» qui existent depuis des dizaines d’années sur les poids-lourds

Automobiles : des «boîtes noires» qui existent depuis des dizaines d’années sur les poids-lourds

 

 

La presse fait état des inquiétudes de certains lobbies automobiles suite à la prochaine installation de « boîtes noires » sur les automobiles qui enregistrent différents éléments de risques pendant toute la période de conduite. Les médias indiquent que ces boîtes noires seront sur le modèle de celles qui équipent  les avions !

 

La vérité est toute autre. En effet on s’est surtout inspiré du chronotachygraphe – désormais numérique -qui existe depuis des dizaines et des dizaines d’années sur les poids-lourds. Un dispositif qui a montré son efficacité dans la mesure où les poids-lourds sont très peu impliqués proportionnellement en matière d’accidents. C’est aussi le moyen d’analyser finement la conduite du chauffeur notamment la vitesse pendant tout le parcours.

Le mariage secret de Boris de quoi occuper là une de Match pendant un mois

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Boris Johnson s’est marié en secret avec sa compagne dont il a eu un enfant. Le fantasque premier ministre britannique a déjà été marié deux foisa avec  plusieurs enfants légitimes sans parler de ceux  qui le sont moins. Bref Boris est prolixe.

On ne peut reprocher à Boris son intense activité amoureuse mais l’opinion britannique s’inquiète surtout des dépenses inconsidérées de la nouvelle épouse  Carrie Symonds qui se comporte un peu comme Joséphine de Beauharnais en dépensant l’argent du trésor à sa guise notamment pour l’aménagement de son appartement.

Attaque d’une policière à La Chapelle-sur-Erdre : toujours le même profil pour l’auteur

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Encore un délinquant bien connu d’origine étrangère, psychologiquement dérangée tissée  notamment radicalisé en prison.. D’origine sénégalaise, l’homme de 39 ans est né à Saint-Nazaire, deuxième d’une frarie de huit enfants. Ses antécédents judiciaires sont nombreux : 72 mentions au total, pour des faits allant de l’usage de stupéfiants et du vol avec arme, à des violences volontaires. Sorti de prison en mars dernier, il avait été condamné par la cour d’assises du Nord à huit ans de détention après avoir séquestré, armé d’un fusil, un couple de personnes âgées à qui il espérait dérober de l’argent.

L’intéressé était inscrit dans le Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), un fichier créé en mars 2015 et qui recense, selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, un peu plus de 8.000 individus connus pour des positions extrêmes et susceptibles de menacer la sûreté de l’État.

 Ndiaga Dieye semble avoir, d’après le procureur, respecté scrupuleusement ses obligations de réinsertion et de soin en prenant son traitement et en rencontrant le service pénitentiaire d’insertion et de probation. En réalité, un parcours d’insertion relativement virtuel comme pour la plupart des détenus.

L’opération Barkhane mise en question par Macron

L’opération Barkhane mise en question par Macron  

le président de la république menace de mettre fin à l’opération bar khane si le pays est de plus en plus contaminé par l’islamisme radical.

 

 

En apparence un curieux raisonnement que précisément l’opération barkhane à s’opposer aux extrémistex islamistex. Le problème c’est que les militaires maliens sont davantage préoccupés par la prise de pouvoir politique que par la lutte contre l’islamisme radical.

 

Ils sont même prêts à négocier dans les territoires non contrôlés avec certaines forces islamistes. Ce qui intéresse les militaires comme d’ailleurs la plupart des politiques au Mali c’est la prise du pouvoir central c’est-à-dire des région surtout centrée autour de la capitale. Et délaissant les vastes zones du pays au extrémiste et autre bandes rebelles ou de trafiquants.

 

Paris, comme l’UE, a dénoncé mardi un «coup d’État inacceptable» après l’arrestation du président Bah Ndaw et du Premier ministre Moctar Ouane décidée par l’homme fort du pays le colonel Assimi Goïta.

«Au président malien Bah N’Daw, qui était très rigoureux sur l’étanchéité entre le pouvoir et les djihadistes, j’avais dit: ‘L’islamisme radical au Mali avec nos soldats sur place ? Jamais de la vie!’ Il y a aujourd’hui cette tentation au Mali. Mais si cela va dans ce sens, je me retirerai», a mis en garde le président français, dans un entretien au JDD à l’occasion d’un voyage au Rwanda et en Afrique du Sud.

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