Non à l’union de la gauche (Delphine Batho)

Non à l’union de la gauche (Delphine Batho)

Finalement Delphine Batho,  présidente de la très peu représentative organisation écolo génération écologie est sur la position de Mélenchon et refuse l’union de la gauche

 

INTERVIEW dans le JDD-

Qu’avez-vous pensé de la réunion de Yannick Jadot, d’Anne Hidalgo et d’autres responsables de gauche samedi dernier ?
Que j’ai bien fait de ne pas y aller! Ce rendez-vous ne fait pas rêver. Il n’est pas porteur d’une nouvelle espérance. Certains participants parlent de « contrat de gouvernement », mais il faudrait déjà écrire le programme de gouvernement des écologistes.

Les participants doivent se retrouver en mai. Y serez-vous ?
Pas davantage. Je suis contre ce processus de dissolution de l’écologie. Est-ce que la gauche incarne aujourd’hui un projet d’avenir susceptible d’enthousiasmer la jeunesse? Est-ce que la gauche peut donner des leçons de justice sociale? Est-ce que la gauche a une dynamique électorale telle qu’elle peut imposer son imprimatur? La réponse va de soi, c’est non. Nous ne sommes plus au temps d’une gauche dominante avec des écologistes vus comme de sympathiques agitateurs. Aujourd’hui, le champ de l’espérance est laissé en jachère. Il est libre. L’écologie doit l’occuper en construisant une écologie de gouvernement, ouverte à toutes et tous. Nous devons revendiquer et assumer le pouvoir.

Selon vous, pour la gauche, ce tango avec l’écologie est une façon de sauver les meubles?
Évidemment, et nous ne sommes pas là pour rassembler les lambeaux de l’ancienne gauche et limiter ses pertes. La gauche reste prisonnière du modèle consumériste et productiviste autour duquel il y a depuis longtemps un consensus implicite avec la droite. Dans un contexte de destruction du vivant et d’accélération du changement climatique, ce modèle est caduc. La réponse à la montée de l’extrême droite, ce n’est pas de sauver les meubles avec un vote par défaut, mais de faire émerger une force porteuse d’idées nouvelles qui redonne le goût de voter pour.

Comprenez-vous la main tendue de Yannick Jadot à Jean-Luc Mélenchon?
Pas davantage que celle tendue au PCF et au PS. Je suis contre le confusionnisme. Nous ne sommes pas dans le temps des alliances de second tour. La présidentielle ne se confond pas avec les échéances locales. L’écologie doit être libre. Elle peut être la surprise de 2022 à condition de s’en donner les moyens, de prendre à bras-le-corps tous les sujets avec sérieux, notamment les enjeux régaliens.

À vos yeux, Mélenchon n’est pas écologiste?
La France insoumise ne se définit pas elle-même comme un parti écologiste. À l’Assemblée, par exemple, leur groupe n’a pas fait de la loi climat une bataille centrale. Jean-Luc Mélenchon est dans la continuité du système présidentialiste avec le culte du chef, un mouvement organisé autour de sa personne, en osmose avec la Ve République et les schémas patriarcaux qui sont d’un autre temps.

Vous ne souhaitez donc pas une candidature commune des gauches et des écologistes?
Non. Il est hors de question que les écologistes zappent à nouveau l’élection présidentielle. Nous sommes au XXIe siècle, il reste dix ans pour agir pour le climat. Je ne vois pas au nom de quoi on pourrait se résoudre à ce que l’écologie soit absente. Ne soyons pas défaitistes. Surtout au moment où les écologistes sont susceptibles de l’emporter en Allemagne.

La primaire des écologistes est-elle indispensable?
Oui, bien sûr.

Ses modalités vous conviennent-elles?
Elle ne doit pas être une primaire classique. Elle doit servir à fabriquer l’équipe de France de l’écologie. Il faut donc passer du mode de scrutin majoritaire au vote préférentiel qui permet d’ordonner un collectif plutôt que d’éliminer. Nous avons besoin de tous les talents. Et d’incarner un changement démocratique, loin du présidentialisme et de la guerre des ego ainsi que des guerres de mots qui laissent des traces.

Serez-vous candidate?
La seule chose qui m’obsède, c’est la réussite de l’écologie. Aujourd’hui, je n’ai pas pris de décision. Une candidature n’est ni un tabou ni un fantasme.

Le 4 mai, l’Assemblée votera la loi climat. Comporte-t-elle des avancées?
Les avancées sont anecdotiques ou très relatives. Il y a une rupture entre le gouvernement et la communauté scientifique, qui est abasourdie par le refus d’agir. Cette loi ne respecte pas les propositions de la convention citoyenne pour le climat, qui a décerné un bonnet d’âne au gouvernement. Elle ne permet pas à la France de tenir ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. C’est un échec car le choix cardinal du gouvernement a été la sauvegarde du modèle consumériste, qui n’est plus compatible avec la sauvegarde de la planète, comme on le voit avec le refus d’encadrer la publicité. Je ne la voterai pas.

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