Végétalisation des menus : et la qualité ?

 Végétalisation des menus : et la qualité ?

La végétalisation des menus dans les cantines scolaires permet d’augmenter la part de bio et de local, notent dans une tribune au « Monde » trois acteurs du secteur, soulignant la nécessité de s’interroger sur la qualité des protéines, qu’elles soient animales ou végétales, et la sensibilisation aux bons enjeux et d’implication des citoyens. Par Christophe Hébert,Président de l’Association nationale des directeurs de restauration publique territoriale/Agores, Gilles Pérole, Président d’Un Plus Bio, Vincent Rozé, Président du réseau Manger bio.

 

Tribune.

 

Bonne nouvelle, l’enjeu des cantines et leurs 3,5 milliards de repas annuels reviennent au cœur du débat public. La ville de Lyon a décidé de supprimer la viande de ses menus pendant quelques semaines à compter du 22 février, pour des raisons sanitaires et techniques, pour ne conserver qu’un repas unique.

Cette décision a fait l’objet de vives critiques de la part de certains membres du gouvernement. Cela en dit long sur notre approche culturelle de l’alimentation en restauration collective, et révèle le lot d’incompréhensions et de méconnaissance sur ce secteur économique et social fondamental, voire une forme d’hypocrisie collective.

Le menu végétarien n’est pas qu’un choix militant. Passons d’abord sur la polémique politicienne, pour regarder de plus près quelques réalités qui, à nos yeux, vont dans le sens de l’histoire. On l’oublie rapidement mais avec la loi EGalim, les cantines scolaires de France sont déjà tenues d’introduire un menu végétarien par semaine depuis le 1er novembre 2019.

 

Cette mesure n’est pas le fruit du hasard, elle est issue d’un long travail du Haut Conseil de santé publique et de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui s’est traduit par une série de recommandations autour des protéines végétales (légumineuses, céréales) dans le dernier programme national de l’alimentation et de la nutrition. 

La ville de Lyon, comme toutes les collectivités qui servent des repas en restauration collective, est-elle en droit de prendre une décision aussi importante pour ses usagers, comme pour les employés de ses cuisines ?

Notre réponse est oui. D’abord, la mise en place d’un protocole sanitaire renforcé le 1er février (et sans aide de l’Etat) au sein des cuisines collectives génère de vraies tensions et des difficultés techniques, sans compter la pression sur les effectifs lors d’isolement de cas contacts du Covid-19.

Ce n’est pas tout : face à l’urgence climatique, de plus en plus d’élus locaux osent aujourd’hui prendre des décisions courageuses pour peser sur le changement. Beaucoup de villes ont, à cet égard, inscrit au cœur de leur projet de transformer en profondeur leurs politiques alimentaires.

Avec une nouvelle équipe aux commandes, Lyon fait partie de ces territoires en mouvement qui veulent faire progresser la qualité en restauration sur le long terme. Et s’il est difficile de mettre tout le monde d’accord, il nous paraît plus maladroit encore de dicter leurs choix à des communes qui initient et expérimentent des changements de vision.

0 Réponses à “Végétalisation des menus : et la qualité ?”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol