La faillite de la recherche en France

La faillite de la recherche en France

Quatre professeurs de médecine dressent un bilan accablant de l’état de la recherche en France et appellent l’Etat à réagir en privilégiant la recherche fondamentale.

Tribune.

 

Que la patrie de Pasteur n’ait pas été capable de produire un vaccin contre le virus SARS CoV-2 est un échec qui implique autant le système public de recherche que son pendant privé, l’industrie pharmaceutique.

Cette situation n’est pas surprenante : on constate depuis de nombreuses années un désengagement des pouvoirs publics, avec seulement 2,2 % du produit intérieur brut (PIB) consacré à la recherche, en deçà des 3 % affichés dans l’engagement de Bologne et des investissements des principaux pays européens et nord-américains. Les carrières de la recherche n’attirent plus, et les sites universitaires constatent l’exode de leurs diplômés vers des pays beaucoup plus attractifs quant aux salaires et aux moyens de travail.

La recherche publique mobilise des chercheurs d’organismes nationaux (CNRS, Inserm, Inrae, Inria…), des enseignants-chercheurs des universités, des ingénieurs, des techniciens, des doctorants et postdoctorants. Ces personnels passent une grande partie de leur temps à rechercher des moyens financiers, déposer des demandes de contrats, rédiger des rapports d’activité, remplir des tâches administratives croissantes. La mission d’enseignement des enseignants-chercheurs s’est considérablement alourdie au détriment du temps consacré à la recherche.

Ce déclin est remarqué par la communauté internationale et abondamment rapporté dans les médias étrangers. En témoignent la diminution de la sollicitation des chercheurs français dans la gestion internationale de la science (édition, congrès, évaluation) et notre très faible attractivité pour des chercheurs étrangers. Paradoxalement, la formation des jeunes diplômés dans nos laboratoires est universellement reconnue ce qui les rend largement courtisés par les universités étrangères.

Nos décideurs politiques n’ont pas conscience que la recherche, notamment celle dite fondamentale, est le moteur indispensable de l’innovation technologique, du développement industriel et du progrès social. Les propositions des gouvernements successifs de recapitaliser ce secteur et de revaloriser les carrières n’ont jamais atteint les standards internationaux.

Nos gouvernants privilégient la recherche appliquée conduisant à une commercialisation immédiate, une vision simpliste et à court terme qui nous rend tributaires des innovations étrangères. La situation actuelle ne peut que s’aggraver, car cette rupture de connaissance fondamentale se traduira pendant plusieurs années en affaiblissements des développements applicatifs. C’est la clé de compréhension que doivent avoir nos dirigeants pour une stratégie ambitieuse.

0 Réponses à “La faillite de la recherche en France”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol