Récit d’un infiltré à la CGT (Jean-Bernard Gervais)

 Récit d’un infiltré à la CGT (Jean-Bernard Gervais)

 

Analyse du   Livre de Jean-Bernard Gervais par Le Monde

 

Journaliste et sympathisant cégétiste, Jean-Bernard Gervais a un projet : « Devenir le plus proche conseiller en com » de Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, pour « pouvoir chroniquer son règne ». « Pépito », comme il l’appelle en reprenant un de ses surnoms, c’est son « idole »« J’étais, avoue-t-il, sous le charme de ce petit homme aux moustaches brun anthracite fournies, cet Astérix hispanique à la peau tannée qui résistait du fond de son petit village gaulois, situé à la porte de Montreuil, aux hordes de centurions du Parti socialiste, lequel tentait d’imposer de gré ou de force la réforme ultralibérale du code du travail. » Fin 2016, il se fait embaucher comme « conseiller confédéral en charge de la cohérence des productions de la CGT » (sic), en clair, pour réanimer une communication en panne.

Pendant deux années « effrayantes », jusqu’à ce que, mis sur la touche et se disant harcelé, il jette l’éponge, notre journaliste « gonzo » (embedded) va de désillusions en désenchantements en découvrant que, derrière une « image vertueuse », « vénalité, brutalitébêtise règnent en maître » à la CGT. Jean-Bernard Gervais n’a rien d’un Candide et il est sur une ligne radicale, loin du « réformisme » prêté à la centrale. Il juge qu’après l’élection d’Emmanuel Macron, la « conf » aurait dû boycotter la concertation engagée, qui n’était qu’une « vaste farce ». Et qu’au lieu de regarder passer le « train-train néolibéral » des réformes macronistes, « comme une belle vache normande », elle aurait dû « provoquer une grève générale illimitée qui aurait certainement rebattu les cartes de la lutte des classes ».

Le récit est enlevé, très vivant et se lit comme un roman d’espionnage. Tel un amoureux déçu, Gervais est cruel, parfois drôle. Son réquisitoire est peu nuancé, mais vise souvent juste. C’est San-Antonio à la CGT, qui témoigne crûment de ses déboires, avec une bonne dose d’argot. Chargé d’organiser une campagne de communication sur les 32 heures, « la proposition-phare du mandat de Martinez, vomie par la moitié de la CGT », il dresse un comparatif des positions des candidats à la présidentielle de 2017. Malheur, seul Philippe Poutou défend le « passage immédiat aux 32 heures ». Le voilà accusé, lors d’un « procès de Moscou-Montreuil », de laisser entendre que la CGT appelle à voter pour le NPA trotskiste…

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