« Annuler » les dettes des États (appel d’une centaine d’économistes)

  »Annuler » les dettes des États (appel d’une centaine d’économistes)

Un appel intéressant mais qui toutefois est d’une certaine manière une stratégie utilisée par la banque centrale européenne qui avec sa politique de reprise des actifs rachète déjà la dette des Etats et en outre fournit des liquidités à très bas coût voir à taux zéro aux banques pour que les Etats puissent à nouveau emprunter. Notons aussi que certain certaines obligations sont souscrites également à des taux négatifs. En clair ,la politique d’annulation des dettes est déjà en cours. Seule son ampleur pourrait différer de ce qui se pratique actuellement à savoir une politique accommodante et qui peut l’être plus ou moins en fonction de la politique sanitaire et de la situation économique et sociale. La limite étant celle de la crédibilité de l’euro et de la solidité du système financier.

 

« Plus de 100 économistes lancent vendredi un appel à annuler les dettes publiques détenues par la Banque centrale européenne (BCE) pour faciliter la reconstruction sociale et écologique après la pandémie de Covid-19.

Tandis que l’endettement public a très fortement augmenté pour protéger les ménages et les entreprises, « les citoyens découvrent, pour certains avec effarement, que près de 25% de la dette publique européenne est aujourd’hui détenue par leur banque centrale », relèvent ces économistes dans une tribune destinée à neuf publications européennes.

« Nous nous devons à nous-mêmes 25% de notre dette et si nous remboursons cette somme, nous devrons la trouver ailleurs, soit en réempruntant pour faire rouler la dette au lieu d’emprunter pour investir, soit en augmentant les impôts, soit en baissant les dépenses », expliquent ces économistes, parmi lesquels 50 Français, dont Thomas Piketty (École d’économie de Paris), Jézabel Couppey-Soubeyran (Sorbonne), Olivier Passet (Xerfi) ou encore Aurore Lalucq, qui est aussi députée européenne (groupe Socialistes et Démocrates).

Pour la BCE, annuler les dettes des États, qui se négocie actuellement à des taux très bas, voire négatifs, n’est « pas une option », car « les citoyens risqueraient de perdre confiance dans la monnaie », avait déclaré en juin Fabio Panetta, membre italien de son directoire.

Les signataires estiment à l’opposé que l’institution basée à Francfort pourrait, en annulant ses créances « offrir aux États européens les moyens de leur reconstruction écologique, mais aussi de réparer la casse sociale, économique et culturelle ».

 

L’effacement des dettes publiques ou leur transformation en dettes perpétuelles sans intérêt se ferait en échange d’un engagement des États à « investir les mêmes montants dans la reconstruction écologique et sociale ».

« Ces montants s’élèvent aujourd’hui, pour l’ensemble de l’Europe, à près de 2.500 milliards d’euros », selon l’appel à paraître notamment dans Le Monde (France), El Pais (Espagne), La Libre BelgiqueDer Freitag (Allemagne) et l’Avvenire (Italie).

Les signataires affirment que « l’annulation n’est pas explicitement interdite par les traités européens » et que « l’histoire nous a maintes fois montré que les difficultés juridiques s’effacent devant les accords politiques ».

Inquiets devant un possible retour de politiques d’austérité impliquant des réductions de dette publique comme celles menées de 2015 jusqu’au début de la crise du Covid-19, les universitaires appellent aussi à   »une nouvelle gouvernance européenne, notamment par le passage à la majorité qualifiée en matière fiscale ».

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