Crise et gestion d’actifs

Crise et gestion d’actifs

 

Un article de Réjane Reibaud  dans l’Opinion aborde la  question de la gestion d’actifs dans un environnement de crise(Extrait)

 La grande différence, entre l’avant et l’après-crise, repose en fait sur les anticipations de hausse des taux. Un élément fondamental pour le secteur qui reste majoritairement exposé à des produits de taux (entendez par là de dette), qu’ils soient obligataires ou monétaires. Les mesures de soutien par les banques centrales et les gouvernements ont certes permis de relancer les marchés financiers, et donc les performances financières des sociétés de gestion, mais elles ont eu pour corollaire de repousser aux calendes grecques la perspective d’une remontée des taux. Or, sous réserve qu’elle se fasse de manière contrôlée, cette remontée aurait apporté une bouffée d’oxygène bienvenue au secteur pour redresser une rentabilité mise à mal par la compression des marges et la rude concurrence d’un style de gestion monopolisé pendant des années par les acteurs anglo-saxons : la gestion passive.

Cette dernière, moins chère pour les investisseurs, mais qui ne leur permet pas d’espérer des gains plus élevés que les sous-jacents dans lesquels les fonds passifs investissent, est devenue en quelques années l’outil favori des investisseurs privés américains. Elle a créé des mastodontes tels que BlackRock ou Vanguard, présents désormais au capital de presque toutes les grandes entreprises françaises cotées.

La réponse des acteurs français à la baisse de la rentabilité est toutefois timide. Certains se sont lancés dans la gestion passive en misant sur les économies d’échelle liées à la taille, comme Lyxor, une filiale de la Société Générale et pionnier il y a 20 ans des ETF (fonds qui suivent des indices et cotés en Bourse), ou encore Amundi, filiale du Crédit Agricole.

Mais les Français ont surtout choisi de diversifier leurs actifs et de s’orienter vers des produits plus rémunérateurs, situés dans ce que l’on appelle le non coté. Dans cet univers, ils font feu de tout bois, par exemple dans la gestion des fonds d’infrastructures, la France disposant d’un écosystème performant, allant des constructeurs du BTP, en passant par les ingénieurs, les gérants et les conseils.

« La demande pour les actifs réels avait déjà commencé avant la crise car ils apportent de plus grandes perspectives de rendement. Cela va continuersurtout dans la mesure où les autorités veulent favoriser le développement des infrastructures durables », promet Alastair Sewell, senior director de l’agence de notation Fitch.

La diversification s’oriente aussi vers la dette privée, pour compenser un retrait progressif des banques sur plusieurs segments après la crise de 2007 et la mise en place de réglementations plus contraignantes, ou encore vers le capital-investissement qui consiste à entrer au capital d’une entreprise non cotée en Bourse. Cela permet aussi aux sociétés de gestion de répondre aux contraintes prudentielles imposées à l’un de leurs principaux clients, les compagnies d’assurances, elles-mêmes bridées dans leurs investissements en actions cotées par la directive européenne Solvabilité 2.

 

Mais la  crise de 2020, qui a touché de plein fouet certains secteurs comme l’immobilier commercial ou les infrastructures les plus lourdes comme les aéroports, n’aidera certainement pas les clients à aller plus vite vers le non coté. Et là encore, des défis se poseront sur la liquidité des fonds.

La seule façon pour les sociétés de gestion de capter les flux d’épargne, outre leur participation à la relance, réside dans deux éléments : apporter du service de haute qualité aux investisseurs à défaut de rendement, et donner un sens aux placements pour se conformer à une nouvelle norme, celle de l’ISR (investissements socialement responsables).

Dans sa dernière lettre aux dirigeants des plus grandes entreprises, qui date du 26 janvier, Larry Fink, le patron de BlackRock, longtemps en retard sur la question, constate lui-même que la réaffectation des capitaux liée à la prise en compte du risque climatique s’est accélérée « encore plus vite » qu’il ne l’avait pensé en raison de la pandémie. Pour lui, « nous sommes à l’aube d’une longue phase de transition qui s’accélère rapidement, se déploiera sur de nombreuses années et bouleversera les prix des actifs de tous types ».

« De plus en plus d’études ont montré que l’on pouvait arriver à générer un rendement supérieur aux attentes au travers d’une stratégie ISR, et cela particulièrement en 2020 », note d’ailleurs Yoan Chazal. Face aux défis que représentent le changement climatique ou la protection de l’environnement et de la biodiversité, les réglementations européenne et internationale promettent d’être plus favorables.

 

0 Réponses à “Crise et gestion d’actifs”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol