Chine États-Unis : Wall Street complice de la déferlante chinoise

Chine États-Unis : Wall Street complice de la déferlante chinoise

Après des années de laxisme, républicains et démocrates ont voté comme un seul homme une loi, signée le 18 décembre 2020 par le président Trump, qui pourrait exclure à terme les entreprises chinoises de la Bourse de New York, détaille la chercheuse Isabelle Feng dans une tribune au « Monde ».

Tribune. A l’expiration des quatre années du mandat de Donald Trump, les Etats-Unis apparaissent plus divisés que jamais. Pourtant, le jour même où le Capitole était envahi, le 6 janvier, le New York Stock Exchange (NYSE) a annoncé le retrait de la cote de trois entreprises chinoises – China Telecom, China Mobile et China Unicom – à compter du 11 janvier, une décision issue d’un consensus bipartisan entre démocrates et républicains sur le durcissement de Washington à l’égard de Pékin.

Le NYSE avait d’abord annoncé cette radiation le 31 décembre 2020, en application de l’executive order (« décret présidentiel ») 13959 signé le 12 novembre 2020 et devant entrer en vigueur le 11 janvier, bannissant de la cote 35 sociétés chinoises liées à l’armée. Le NYSE s’est ensuite rétracté le 4 janvier, pour finalement reprendre sa position initiale deux jours plus tard… Les indices Dow Jones, S&P, FTSE Russel et MSCI ont, pour leur part, retiré les trois opérateurs chinois de leur cote, tandis que les banques Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley ont éliminé de leur portefeuille 500 produits financiers cotés à Hongkong en application du décret.


Ces volte-face spectaculaires mettent en relief les manœuvres en coulisse autour d’un enjeu majeur. Le décret 13959 est en effet venu compléter la loi sur la responsabilité des sociétés étrangères (Holding Foreign Companies Accountable Act, HFCAA) votée à l’unanimité par le Senat à majorité républicaine le 20 mai 2020, puis, toujours à l’unanimité, par le Congres contrôlé par les démocrates le 2 décembre, et signée par Donald Trump le 18 décembre.

Fin de partie

En dépit de son nom, qui concerne toutes les sociétés étrangères, le HFCAA vise explicitement les entreprises chinoises. Tout d’abord, au titre de la section 2 de la loi, les entreprises étrangères doivent indiquer si elles sont contrôlées par une entité juridique étrangère, et la section 3 leur impose de déclarer les noms des dirigeants et administrateurs membres du Parti communiste chinois, ou encore les engagements éventuels pris à l’égard de ce parti.

Ensuite, si les entreprises ne se soumettent pas, au même titre que les firmes américaines, aux normes d’audit édictées par la Securities Exchange Commission (SEC, l’autorité de régulation boursière américaine) pendant trois années consécutives et refusent l’inspection de leurs comptes par le Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB), elles seront radiées du marché boursier américain. Or, un quart des 1 170 entreprises étrangères cotées aux Etats-Unis (sur un total de 6 500 environ) sont chinoises (233 de Chine, 30 de Hongkong). Et, selon un rapport du Congrès américain publié en octobre 2020, sur les 260 entreprises étrangères qui n’acceptent pas l’inspection du PCAOB, 238 sont basées en Chine et à Hongkong. Pékin interdit en effet à ses entreprises d’ouvrir leurs comptes à l’administration américaine au nom de la sécurité nationale.

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