« Non à une laïcité soft « 

« Non à une  laïcité soft « 

Pour Françoise Longy, maîtresse de conférences en philosophie à l’Université de Strasbourg, ni la dénonciation d’un éventuel colonialisme culturel français ni l’idée d’une solution morale ne nous font avancer sur la question de savoir s’il y a une façon plus tempérante d’être laïque sans mettre à mal nos libertés, relève la philosophe Françoise Longy.

 

Tribune.

 

De nombreuses voix s’élèvent actuellement pour défendre la tempérance en matière de laïcité : soyons laïques oui, mais raisonnablement, avec modération, afin d’éviter de heurter les sentiments des croyants. Olivier Mongin et Jean-Louis Schlegel se sont joints à ce chœur dans une tribune du Monde du 4 novembre 2020 « Les défenseurs de la caricature à tous vents sont aveugles aux conséquences de la mondialisation ». Or cette tribune, qui séduit beaucoup si j’en juge par le nombre de ceux qui m’en ont recommandé la lecture, mérite d’être analysée car la façon dont ses auteurs argumentent en faveur d’une laïcité soft est à la fois typique et problématique.

La réflexion de Mongin et Schlegel prend appui sur deux considérations. La première, incontestable, est qu’il est dangereux de heurter les sentiments religieux d’une partie des musulmans dans un monde où Internet permet une diffusion immédiate et mondiale de n’importe quel contenu, et où il y a des islamistes prêts à tuer au nom de Dieu.

La deuxième, parfaitement recevable, est qu’il y a des actions ou des demandes, faites au nom de la laïcité, qui sont inutilement provocantes. Ils en donnent trois exemples : la demande de publier sur les murs les caricatures de Charlie Hebdo, leur projection sur les façades de deux hôtels de région et la proposition de les diffuser sous forme de livre dans les lycées.

Au lieu de chercher à définir les contours de la laïcité

Le début de leur réflexion sur les trois exemples augure bien. Ne faut-il pas, se demandent-ils, faire une différence entre ce qui doit pouvoir exister et être visible dans un kiosque ou une librairie et ce que l’on peut imposer à la vue de tous en l’étalant sur de grands panneaux dans l’espace public ou en l’exposant dans ou sur des édifices publics ?

Malheureusement, au lieu de poursuivre dans cette voie en cherchant à définir les contours de cette laïcité qu’ils préconisent et les moyens de lui donner corps, ils préfèrent se lancer dans des considérations générales sur la tendance française à vouloir imposer aux autres ses principes.

Il est vrai que poursuivre cette réflexion les obligerait à affronter des questions difficiles : Comment concevoir une restriction du droit d’exhibition ? De façon purement tactique et circonstancielle, en la limitant à ce qui peut offenser les sentiments religieux des croyants relativement intégristes ? Ou à l’inverse, de façon large, en considérant ce qui peut offenser les sentiments religieux, de décence et d’identité des individus ? Et dans ce cas, quid de la publicité qui aime jouer de la provocation ? Et sous quelle forme faudrait-il établir ces limitations ? Plutôt sous celle d’une directive transmise aux préfets, sous celle d’une loi, ou d’une autre façon encore ?

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