« Brexit: il faut que cela s’arrête »

Brexit: il faut que cela s’arrête

Thierry Drilhon, président de la Chambre de commerce franco-britannique, souhaite une sortie rapide et par le haut  de cette affaire du brexit  qui s’éternise.( Interview dans l’Opinion)

Comment voyez-vous la situation ?

Je veux croire que l’intelligence primera au vu des enjeux économiques et géostratégiques et que l’on aura une sortie par le haut parce que si ce n’était pas le cas, ce serait une opération perdant-perdant, pour le Royaume-Uni comme pour l’Union européenne.

Quel est l’état de préparation des entreprises ​?

Cela fait quatre ans que dure cette histoire. Heureusement que les entreprises sont prêtes ! Elles se sont préparées à tous les scénarios et ont anticipé autant que faire se peut pour ne pas se trouver en zone de risque lors de la mise en œuvre du Brexit au 1er janvier, quel qu’il soit. Elles ont regardé l’ensemble de leurs chaînes de valeur et ont pris leurs dispositions en fonction de leurs zones d’exposition au Royaume-Uni. Les très grandes entreprises se sont préparées le plus tôt, celles de tailles intermédiaires ont suivi, tandis que les PME ont réagi un peu plus tardivement parce qu’elles ont moins de moyens financiers.

Et les administrations douanières et sanitaires des deux côtés de la Manche ​?

Je n’ai pas d’inquiétude et je n’en ai jamais eu pour ce qui est du côté français. On a une vision très claire. Le gouvernement a recruté 700 douaniers supplémentaires et 280 vétérinaires. L’ensemble des processus a été numérisé autant que faire se peut pour avoir des démarches administratives en amont. Cela fait douze à dix-huit moins que tout est prêt. Getlink (ex-Eurotunnel) a investi 47 millions en numérisation. Il n’y a pas de raison pour que l’on bascule vers le chaos avec plusieurs dizaines de kilomètres de bouchons de camions à l’entrée du tunnel sous la Manche annoncées par certains.

« Décaler les choses ou les mettre entre parenthèses ne règle rien »

Et côté britannique ​?

Je ne vois pas pourquoi l’intelligence ne serait pas partagée. Il y a peut-être eu des réactions plus tardives. J’ai vu que Londres avait dégagé plusieurs centaines de millions de livres pour racheter un ensemble de terrains et effectuer des travaux à marche forcée dans le Kent pour accueillir des camions. J’imagine que ce qui fonctionnera d’un côté devra fonctionner aussi de l’autre. Nos amis anglais sont des gens très résilients et très pragmatiques. Ils peuvent pousser le bouchon très loin et j’espère que là il n’a pas été placé trop loin. Il y a un principe d’équilibre et de réciprocité auquel l’Union européenne a raison de tenir. On ne peut pas être dehors et dedans en même temps et faire du « one stop shopping ».

Appuyez-vous la demande du patronat britannique de suspendre l’imposition de droits de douane durant les six premiers mois de 2021 comme va le faire le Royaume-Uni ​?

On vit un feuilleton façon Netflix, depuis juin 2016. A un moment, il faut que les choses s’arrêtent. Décaler les choses ou les mettre entre-parenthèses ne règle rien. A partir du 1er janvier 2021, les Britanniques ne seront plus dans l’Union européenne. Il y aura un nouveau cadre. Mais tout ne sera pas réglé du jour au lendemain. Le vrai sujet, c’est la négociation des 682 accords binationaux ou multilatéraux qui existent suivant les secteurs d’activité qui doivent permettre que les choses se normalisent. C’est un détricotage extrêmement complexe sur le plan technique et juridique. On peut d’ailleurs saluer le travail extraordinaire de Michel Barnier et de son équipe brillantissime depuis quatre ans. C’est presque un sacerdoce.

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