Brexit: la peur commence à poindre chez Boris Johnson

Brexit: la peur commence à poindre chez Boris Johnson

 

Boris Johnson semble désormais très partisan d’un accord avec l’Union européenne. Sans doute une position tactique pour mettre l’Union européenne dans l’embarras afin de lui faire porter le chapeau d’une éventuelle rupture et de l’échec des négociations. Il y a aussi chez Boris Johnson des préoccupations de plus importantes quant à l’avenir du pays surtout en cas de No deal . Certes l’union européenne aura à subir un certain ralentissement de sa croissance dans le cas d’absence d’accord mais le choc sera nettement plus rude pour le Royaume uni. Ce que pense aussi l’Allemagne.

Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, a mis en garde le Royaume-Uni contre les conséquences d’un échec des négociations avec l’UE sur un accord commercial après le Brexit. Une situation pas du tout réglementée aurait des conséquences très significatives pour l’économie britannique, a-t-il estimé, lors d’un point presse à Berlin, à l’issue d’une réunion des ministres des Finances de l’UE.

En revanche, il s’attend à ce que l’Europe soit en mesure d’y faire face après les préparatifs qui ont déjà été faits. Le ministre allemand a toutefois affirmé toujours espérer que les discussions avec Londres parviennent à un bon résultat. L’Allemagne souhaite même cet accord continuer d’exporter ses biens industriels et manufacturés.

Un «no deal», qui pourrait avoir de rudes conséquences économiques, mais aussi sur la vie quotidienne des citoyens européens et britanniques.

 Selon le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney. D’après un rapport de l’institution, publié en novembre 2018, en cas de «no deal» et dans le scénario du pire, le PIB britannique serait amputé de 7,8 % à 10,5 % d’ici à 2024, par rapport à ce qu’il aurait été sans Brexit. Une étude du gouvernement britannique, parue au même moment, évalue de son côté la perte de PIB à 9,3 % en quinze ans.

La croissance ne serait pas le seul indicateur économique à basculer dans le rouge, selon la Banque d’Angleterre. Le taux de chômage grimperait en flèche à 7,5 % (contre 3,9 % aujourd’hui), tout comme l’inflation à 6,5 % (contre 2,1 % actuellement), tandis que la livre sterling s’effondrerait de 25 % et les prix de l’immobilier de 30 %. Des prévisions alarmistes, très loin de «l’énorme opportunité économique» vantée par Boris Johnson fin juillet.

L’Union européenne (UE) aussi verrait son économie touchée par un Brexit sans accord, puisque les relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’Union seraient encadrées par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), plus drastiques que celles de l’UE, restreignant dès lors le commerce entre les deux parties. Selon les économistes du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), l’impact serait tout de même moins important qu’au Royaume-Uni. Ils prévoient en effet un repli du PIB de 0,8 % de façon permanente (0,3 % en France), contre 2,8 % outre-Manche (ce qui représente annuellement près de 2.000 livres, soit 2.150 euros, en moyenne par ménage). Par ailleurs, d’après une étude de l’institut allemand IWH, un Brexit sans accord menacerait 600.000 emplois dans le monde, dont 179.000 dans l’UE (50.000 en France)

 

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