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Archive mensuelle de octobre 2020

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« Les professionnels de l’islamophobie’ sont aussi responsables « 

« Les professionnels de l’islamophobie’ sont aussi responsables « 

Selon Amine El Khatmi, président du Printemps républicain, la République doit combattre de toutes ses forces l’islamisme. ( Tribune dans Marianne )

Vendredi 16 octobre 2020 à 16 h 57, à Conflans-Sainte-Honorine, en France, Samuel Paty, enseignant de la République, a été exécuté et décapité en pleine rue par un terroriste islamiste. Ce crime a un responsable immédiat et direct, identifié et abattu, ce jeune fondamentaliste de 18 ans, d’origine tchétchène, venu commettre l’irréparable au motif ahurissant qu’il refusait que l’on caricature son prophète et sa religion. La justice est à l’œuvre pour identifier ses complices et ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à la réalisation de cet assassinat.

Mais le couteau qui a servi à l’égorger n’est pas la seule arme de ce crime odieux. Les islamistes et leurs huées fanatiques qui des jours durant, ont harcelé Samuel Paty, sur les réseaux sociaux et au sein de son collège, instrumentalisant nos lois, ont fini par sceller son sort. Ces associations d’agitateurs professionnels de la prétendue « islamophobie » qui sert de justification à toutes les accusations et à tous les discrédits, ont pris une part active dans ce drame. Et au final, ceux qui, par tous moyens, ont demandé la tête de cet enseignant et qui ont fini, littéralement, par l’obtenir, ont du sang sur les mains et devront aussi impérativement en répondre.

L’attentat de Conflans montre que l’islamisme n’échappe pas aux mécanismes qui régissent tous les totalitarismes, du nazisme au stalinisme, en ce qu’il procède par morcellement de la responsabilité, en ce qu’il permet d’organiser un écosystème de la vindicte où la simple évocation d’un nom en fait une cible, où les injures se transforment en menaces et les menaces en assassinats. La chaîne de responsabilités était là, sous nos yeux, filmée et diffusée en direct sur les réseaux sociaux. La mécanique accusatoire a condamné à mort Samuel Paty. Le scénario était écrit et rien n’a pu l’arrêter.

Lever le voile sur cette gauche avilie par l’islamo-gauchisme et l’antisémitisme.

Désormais, la main de la République ne peut pas trembler : nous sommes au bord de l’abîme. Il est urgent que nos décideurs, ceux qui sont dépositaires de l’autorité de l’Etat, mettent un terme à ce chantage abject en racisme qui est immédiatement fait à tous ceux qui veulent combattre l’islamisme ou à ceux qui veulent exercer leur liberté de critiquer une religion. Le moment est venu de tourner la page de nos immenses faiblesses qui aujourd’hui permettent de détourner l’esprit de nos lois. Un exemple emblématique : des associations ayant pignon sur rue et ostensiblement hostiles à la République, contemptrices de la laïcité, de nos libertés publiques et de notre héritage révolutionnaire, parviennent à être reconnues d’intérêt général par l’Etat ? Y-a-t-il beaucoup de pays dans le monde où il est possible de défiscaliser la haine de soi ? Oui, il y a urgence à montrer le visage de tous ces idiots utiles de l’islamisme, de lever le voile sur cette gauche avilie par l’islamo-gauchisme et l’antisémitisme, qui en novembre 2019 est allée se mêler à la cohorte des fondamentalistes dans les rues de Paris, marchant au pas des slogans islamistes, sans aucune honte, à seulement quelques centaines de mètres du Bataclan.

Il est temps de renouer avec une République de combat, d’honorer la tradition de ceux qui avant nous ont réussi à établir nos libertés et nos droits, à inventer la laïcité, à proclamer la liberté absolue de conscience, à graver la liberté, l’égalité et la fraternité comme valeurs cardinales de la Nation. Il est temps de renouer avec cette énergie républicaine qui a permis de faire tant de républicains et qui aujourd’hui fait cruellement défaut au moment précis où nous aurions tant besoin d’elle. C’est grâce à l’éducation, comme toujours, comme nos prédécesseurs, que nous y parviendrons. Notre école est le creuset où se renouvelle, à chaque génération, notre pacte social et notre capacité à faire des citoyens conscients et actifs. Ce cycle semble désormais interrompu sous l’offensive des extrémistes identitaires et des fondamentalistes qui proposent à une partie de la jeunesse une contre-culture relativiste, où tout se vaut et où chacun est assigné à sa différence, faisant le lit du séparatisme et d’une logique d’affrontement.

Notre devoir est d’interrompre cette mécanique et de retisser les liens vitaux qui doivent unir notre système de valeurs et nos compatriotes, dès le plus jeune âge. C’est grâce à l’école que nous parviendrons à rétablir dans les esprits la conscience d’appartenance à un peuple uni par la destinée. C’est grâce à l’école que nous rétablirons dans les esprits travaillés par la division la primauté de la communauté nationale, qui embrasse tous ses citoyens autour d’un horizon commun, sur les communautés qui, naturellement, existent, mais qui juridiquement n’ont absolument aucune légitimité à organiser notre ordre politique et social.

Nous n’avons pas pas peur, nous sommes la France

Depuis 2012, il y a eu en France près de 300 victimes du terrorisme islamiste : des journalistes, des policiers, des enseignants, des juifs, un prêtre dans son église, des hommes, des femmes et des enfants qui tout simplement se trouvaient à un concert, à la terrasse d’un café, au feu d’artifice du 14 juillet. La liste est longue, trop longue. Elle désespère. Notre seule issue, c’est d’assumer ce qu’on nous reproche : de respirer la liberté à plein poumons, de rire des religions si bon nous semble, de revendiquer l’égalité entre les femmes et les hommes, d’être partout maîtres de nous-mêmes, de notre sexualité, de notre corps et de notre vie, de voir grandir nos enfants dans une République forte et qui n’a pas honte d’être fidèle à sa source, laïque et universaliste. Et surtout, de démontrer dans les actes et dans l’application de nos lois notre fermeté implacable et indivisible à l’égard de ceux qui veulent imposer par la force leur cauchemar d’interdictions, de sang et de larmes. Nous n’avons pas pas peur, nous sommes la France, nous sommes déterminés à vivre en République et dans la nation.

Faillites PME : une vague prévisible

Faillites PME : une vague prévisible

 

Dans un sondage réalisé en août et publié ce jeudi 22 octobre par la société de conseil McKinsey, 13% des petites et moyennes entreprises (PME) françaises interrogées s’attendent à faire faillite dans les six prochains mois. Et pour cause : dans l’échantillon de 502 PME sollicitées, 17% s’inquiètent de ne pas pouvoir rembourser leurs prêts, alors que de nombreuses sociétés ont emprunté pour compenser les pertes liées à la crise du Covid-19. Deux tiers de ces sociétés ont ainsi vu leur chiffre d’affaires emputé par la pandémie, dont 27% rapportent une « considérable baisse » de leurs revenus auprès de McKinsey.

Parmi celles interrogées par la société de conseil, 80% qualifient d’ailleurs de « faible » l’état actuel de l’économie française, qui serait même « très ou extrêmement faible » pour un tiers des répondants. Et pour pallier aux difficultés des prochains mois, ces PME comptent largement sur l’aide de l’Etat : 38% indiquent vouloir profiter des mesures prévues par le gouvernement à l’avenir, alors que 21% disent y avoir déjà eu accès.

Les inquiétudes des PME françaises coïncident avec celles observées chez nos voisins européens, où McKinsey a également interrogé un échantillon de sociétés. Le nombre de répondants à craindre pour leur survie dans les six prochains mois est légèrement inférieur dans les autres pays, allant de 9% au Royaune-Uni à 11% en Espagne, en passant par 10% en Italie et en Allemagne.

. Parmi les 2.200 sociétés européennes interrogées, 55% craignent de devoir mettre la clé sous la porte d’ici septembre 2021 si « les revenus devaient rester stables« . Et même en imaginant un rebond économique, la proportion de pessimistes reste élevée : 39% anticipent devoir se retirer à cette échéance même si les ventes augmentaient « de 10% à 30%« .

Croissance Allemagne : relèvement de la baisse de croissance

Croissance Allemagne : relèvement de la baisse de croissance

 

Avec la deuxième vague sanitaire l’Allemagne se montre moins pessimiste que précédemment concernant sa croissance. Le gouvernement allemand prévoit une contraction de son économie un peu moins forte que prévu initialement cette année, a déclaré lundi à Reuters une source proche des services de prévision du gouvernement.

La plus grande économie d’Europe, qui doit publier mercredi sa prévision économique d’automne, s’attend désormais à un déclin de son produit intérieur brut (PIB) de 5,5% en 2020 contre à une estimation précédente de 5,8%, a indiqué cette source.( -10 % pour la France)

Pour l’année 2021, le gouvernement confirmera un prévision de rebond du PIB de 4,4%.

Le ministère de l’Economie a refusé de commenter ces informations, ajoutant toutefois que le ministre Peter Altmaier présenterait mercredi des prévisions économiques actualisées.

Coronavirus: nouvelles mesures restrictives

Coronavirus: nouvelles mesures restrictives

 

deux conseils de défense vont se tenir à nouveau à propos de la crise sanitaire. Un durcissement des mesures restrictives pourrait être décidé notamment avec un  de confinement adapté dans l’espace et dans le temps.

Parmi les scénarios envisagés figurent une avancée de l’heure du couvre-feu et un confinement durant le week-end sauf pour les déplacements essentiels.

Les  mesures pourraient s’appliquer en région parisienne, à Marseille et à Lyon, trois zones particulièrement affectées par le virus.

Selon une troisième source, proche du gouvernement, ces mesures ne font que figurer au nombre des scénarios envisagés, appelés à être présentés à Emmanuel Macron.

“Cela fait partie des propositions et scénarios qui seront certainement présentés au président de la République au conseil de défense mais il ne faut présager de rien de ce qui va être décidé. D’autres choses pourront être proposées, des versions maximalistes et minimalistes, cela se fera en fonction de la circulation du virus localement”, a dit cette source à Reuters.

L’épidémie a fait plus de 34.000 morts en France où le nombre de contaminations journalières a franchi dimanche la barre des 52.000, un record.

Le président du conseil scientifique dont l’avis influence les décisions de l’exécutif, Jean-François Delfraissy, a évoqué lundi sur RTL “une situation très difficile, voire critique”.

Le médecin a avancé deux hypothèses : soit “un couvre-feu plus massif à la fois dans ses horaires et dans son étendue, également mis en place par exemple le week-end”, soit “un reconfinement” rapide, “moins dur que celui du mois de mars (…) qui permet à la fois le travail, qui doit s’accentuer en télétravail, et permettrait de conserver une activité scolaire et une activité économique”.

Coronavirus France : 26.771 contaminations en 24 heures

Coronavirus France : 26.771 contaminations en 24 heures 

26.771 nouveaux cas de contamination au coronavirus, soit deux fois plus que lundi dernier, et 257 nouveaux décès dus au Covid-19 au cours des dernières 24 heures, montrent les données fournies lundi par les autorités sanitaires.

Le bilan de l’épidémie s’établit désormais à 35.018 morts (23.892 dans les hôpitaux, 11.126 dans les Ehpad) pour 1.165.278 cas confirmés, le cap du million ayant été franchi vendredi.

Le nombre de patients traités en réanimation pour une infection Covid-19 s’élève à 2.770, contre 2.584 dimanche (+186). Au total, 17.784 patients sont hospitalisés, contre 16.477 la veille (+1.307). Le pic d’hospitalisations, à 32.292 patients, avait été atteint le 14 avril dernier.

Le nombre de nouvelles admissions quotidiennes s’élève à 1.307, le bilan le plus élevé depuis le 2 avril (1.607 nouveaux patients).

A 26.771, le nombre de nouvelles infections est deux fois plus faible que celui de dimanche (52.010), mais le bilan tend à être beaucoup moins élevé le lundi en raison d’un décalage dans la remontée des données du week-end.

« La crise de l’islam »

« La crise de l’islam »

 

Dans une tribune au « Monde », trois intellectuels démocrates et laïques syriens et libanais analysent la crise de l’islam, soulignant les deux faces de la question : d’un côté, le nihilisme djihadiste ; et de l’autre, la haine des musulmans sans distinction.

L’assassinat de Samuel Paty est venu s’ajouter à une série de crimes terroristes commis par de jeunes musulmans français ou résidant en France. Par son horreur et sa sinistre symbolique, ce meurtre a exacerbé les passions et rendu presque impossible de débattre sereinement de tout ce qui a trait à l’islam et aux musulmans.

C’est ce qui nous incite, comme intellectuels démocrates et laïques et comme héritiers d’une culture plurielle marquée par l’islam, à affirmer que le débat est plus que jamais nécessaire pour échapper au piège que nous tendent les Anzorov.

Ce qu’ils cherchent, ainsi que leurs instigateurs et tous ceux qui justifient leur folie meurtrière, c’est justement à élargir davantage le fossé entre les musulmans et le reste de l’humanité. Et il ne manque pas en Occident de gens qui se plaisent à jouer le même jeu et aimeraient vivre dans des citadelles fortifiées, indifférents à tout ce qui se passe alentour.

La haine du monde, des valeurs de justice, de liberté et d’égalité ne cesse de se répandre dans des milieux musulmans, mais ailleurs aussi, en Europe et aux Etats-Unis, comme en Russie, en Inde, en Chine ou au Brésil. Cela au moment où seule l’éclosion d’une société mondiale solidaire serait à même d’apporter des solutions aux grands problèmes de notre époque, qu’il s’agisse de l’environnement, du réchauffement climatique, des épidémies, des famines ou des migrations.

Aux origines du djihadisme

Le monde d’aujourd’hui, dans sa diversité et son unité, est en crise. Rien ne relie plus ses composantes les unes aux autres. Les musulmans et leur religion en font partie, qu’ils le veuillent ou non. Et Emmanuel Macron n’avait pas tort de dire que l’islam est en crise. Beaucoup d’intellectuels du monde musulman, croyants ou non, le répètent depuis des décennies, et avec des mots plus durs que les siens.

Il n’a rien dit, en revanche, de l’autre crise qui affecte notre monde et qui aggrave celle qui est propre à l’islam. Ni évoqué le fait que la crise de l’islam, qui se manifeste en particulier par la montée en son sein du djihadisme nihiliste, s’envenime au fur et à mesure que se renforcent, en Occident et ailleurs, la xénophobie et le racisme.

La profession même de Samuel Paty, qui enseignait l’histoire, devrait faire réfléchir sur les origines de ce djihadisme. Celui-ci a fait son irruption au début des années 1980 en Afghanistan, quand les Américains se sont employés à faire de ce pays, occupé par l’Union soviétique, une sorte de « Vietnam islamique » qui vengerait le leur. En connivence avec les services pakistanais et avec l’apport en dollars et en prosélytisme wahhabite de l’Arabie saoudite, ils ont mobilisé des milliers de jeunes, les ont entraînés et lancés sur le terrain. C’était en même temps l’époque où la République islamique d’Iran, née de la révolution de 1979, commençait à exporter son idéologie vers les pays voisins, ciblant les minorités chiites, qui se sentaient brimées. En guerre ouverte ou larvée avec ses adversaires, elle a ainsi promu, parallèlement au néosalafisme sunnite, un islamisme chiite aussi radical.

 

Économie : une crise de recherche de sens (Jay Nirsimloo ,KPMG France)

Économie : une crise de recherche de sens (Jay Nirsimloo ,KPMG France)

 

Pour Jay Nirsimloo ,KPMG France , la crise sanitaire aura contribué à faire émerger une prise de conscience sur la crise de sens social et environnementale de l’économie ( tribune dans l’opinion)

 

Une crise de l’ampleur de celle que nous sommes en train de traverser ne dévoilera que progressivement les changements profonds auxquels elle donnera lieu dans l’économie et les entreprises. Certes, nous observons en direct les effets de la Covid-19 sur la conjoncture économique et sociale, et sur l’activité des entreprises. Mais il y aura d’autres effets, plus structurants, qui concerneront à la fois les priorités stratégiques des entreprises, leur cartographie des risques futurs et leur engagement en matière de responsabilité sociale et environnementale.

C’est en tout cas ce que laisse présager la nouvelle étude CEO Outlook menée par KPMG entre janvier et août de cette année, c’est-à-dire avant le déclenchement de la crise sanitaire, pendant le confinement et après la fin de ce dernier. Cette étude est particulièrement intéressante parce qu’elle est réalisée auprès de dirigeants d’entreprises d’une dizaine de pays et reflète donc le sentiment général de ces responsables quant à l’avenir de leurs entreprises.

On note, sans surprise, qu’entre janvier et juillet, leur niveau de confiance dans l’évolution de la situation économique au cours des deux ans qui viennent s’est fortement détérioré. Le paradoxe est que ces dirigeants sont beaucoup plus confiants dans la capacité de leur propre entreprise à surmonter la crise, ce qui témoigne de leur volonté de tout faire pour en sortir dans les meilleures conditions possible, afin de profiter à plein de la reprise de l’activité.

Une hiérarchie des risques bouleversée. Mais le plus intéressant est que la crise sanitaire a provoqué dans les entreprises une remise à plat de la cartographie de leurs risques. En janvier, deux catégories de risques concentraient l’attention des dirigeants ; ceux liés à l’environnement et ceux liés à la cybersécurité. En août, cette hiérarchie est totalement bouleversée, au profit du risque sur les talents et du risque sur la chaîne d’approvisionnement (supply chain), le premier l’emportant largement sur le second.

Les dirigeants ont pris conscience, dans une période de crise aiguë et soudaine, de l’importance de l’engagement de leurs collaborateurs, du caractère stratégique de leur sens de l’initiative, qui peuvent faire la différence entre une bonne et une moins bonne capacité de réponse aux crises

Cela signifie que les dirigeants ont pris conscience, dans une période de crise aiguë et soudaine, de l’importance de l’engagement de leurs collaborateurs, du caractère stratégique de leur sens de l’initiative, qui peuvent faire la différence entre une bonne et une moins bonne capacité de réponse aux crises. Il est probable que cet enseignement sera durable et qu’il incitera les entreprises à faire de leur politique de ressources humaines une priorité stratégique en cette période d’incertitude.

Quant au risque sur la supply chain, il est lui aussi porteur de changements profonds dans l’organisation des entreprises et peut préluder à des choix différents en termes de localisation des activités ou de diversification des sources d’approvisionnement.

Une hiérarchie des priorités redéfinie. Enfin, cette étude révèle un autre phénomène : l’attachement des dirigeants d’entreprises aux valeurs et aux engagements sociétaux et environnementaux. On aurait pu croire que l’urgence sanitaire, puis l’urgence économique auraient balayé toutes les autres préoccupations. Il n’en est rien. Les CEO affirment que cette crise les a amenés à vérifier que les objectifs de leur entreprise répondaient véritablement aux attentes de leurs parties prenantes. 80 % des dirigeants français (77 % à l’international) déclarent que leurs priorités sont aujourd’hui davantage en ligne avec la raison d’être de leur entreprise qu’avant la crise.

En sus du choc économique, la Covid-19 a donc créé un choc de valeurs, parce que la pandémie a frappé partout et qu’elle a révélé la fragilité de l’homme, de façon, hélas, très concrète pour beaucoup d’entre nous. Si l’un de ses effets indirects est de remettre les valeurs humaines au cœur des organisations, ce sera le signe que nous savons encore apprendre des crises et en faire émerger des raisons d’espérer dans l’avenir.

Jay Nirsimloo est président de KPMG France.

Islamisme : La problématique de l’intégrisme (Dominique Avon )

Islamisme : La problématique  de l’intégrisme  (Dominique Avon  )

Historien, spécialiste du fait religieux, Dominique Avon  est directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, chaire « islam sunnite », et directeur de l’Institut d’études de l’islam et des sociétés du monde musulman (IISMM). Il a enseigné également en Egypte, au Liban et aux Etats-Unis. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages traitant de l’islam et du christianisme contemporains, et plus généralement des religions dans la modernité, dont La liberté de conscience (Presses universitaires de Rennes, 2020). Interview dans l’Opinion)

 

 

Des pays du monde musulman — Turquie, Pakistan, Egypte, Koweït, Jordanie, Maroc… — manifestent leur colère contre Emmanuel Macron, qui a promis que la France ne renoncerait pas aux caricatures. Que vous évoque ce mouvement ?

Des scènes analogues ont déjà eu lieu en 1989, après la publication du livre de Salman Rushdie, ou en 2006 après la parution de caricatures dans le quotidien danois Jyllands-Posten. En 2005, des imams du Danemark avaient montré, devant des représentants de pays musulmans, des caricatures qui en réalité n’avaient jamais été publiées. On constate la même utilisation des populations à des fins de pression politique sur un Etat — aujourd’hui, la France. Or, la France est devenue une puissance modeste. Les ambassadeurs ont du mal à expliquer la laïcité française, à faire comprendre que les enfants dans les écoles ne sont pas contraints de regarder des caricatures. C’est paradoxal : ces pays défendent-ils une pluralité religieuse et convictionnelle ? La Turquie est l’un des Etats qui emprisonne le plus de journalistes au monde. La diversité religieuse s’y est réduite comme peau de chagrin. Seulement quelques dizaines de milliers de chrétiens et quelques milliers de juifs y subsistent.

Faut-il reculer sur les caricatures ?

Les dessins appelés « caricatures de Mahomet » sont tous sur Google, ils circulent en permanence. L’objet lui-même n’est plus le fond du problème. Ce qui est en jeu, c’est l’acte de les montrer, qui renvoie à la liberté d’expression. Cette liberté est la possibilité de se moquer de toutes les croyances, pas d’imposer à tous d’assister aux moqueries. Tout est dans le geste de Samuel Paty qui a invité les élèves qui le souhaitaient à détourner le regard des images, tout en leur enseignant la liberté d’expression et la mise à distance des convictions religieuses. Il a fallu verser du sang pour cette liberté, qui est le fruit de plus de trois siècles d’histoire. Rien n’est acquis dans une démocratie libérale.

« La possibilité de faire prévaloir des valeurs est liée à la puissance. L’universalité des droits de l’homme est remise en cause depuis les années 1960, en lien avec le déclin relatif de l’Europe »

Cette liberté est-elle menacée ?

La possibilité de faire prévaloir des valeurs est liée à la puissance. L’universalité des droits de l’homme est remise en cause depuis les années 1960, en lien avec le déclin relatif de l’Europe. Ce continent pesait un quart de la population mondiale il y a un siècle et 7 % aujourd’hui… ce qui explique la contestation croissante par d’anciens empires (Chine, Russie, Iran, Turquie) des principes et règles qui y ont été forgés. Bien sûr, il y a une force d’inertie, une attraction. Si des citoyens se mobilisent à Hong Kong pour les libertés, c’est parce qu’il y a eu l’influence britannique. Mais qui se bat pour les Hongkongais ? Entre 1997 et 2020, leurs droits n’ont cessé de reculer et à Pékin, le Parti communiste a du temps devant lui…

D’où vient l’islamisme ?

De la force d’un courant « intégral ». La radicalité elle-même n’est pas propre à l’islam. Toutes les religions font face au défi des fondements de la modernité : le rapport à un pouvoir qui ne se réclame pas du religieux, le rapport à des sciences non subordonnées au religieux et le rapport à une altérité que l’Etat moderne définit comme égalitaire, alors que les intégraux prétendent avoir plus de droits que les autres au nom d’une loi qu’ils attribuent à Dieu. On retrouve ces tendances à l’œuvre dans le judaïsme, l’hindouisme et le bouddhisme. Ensuite, il y a des déclinaisons, des temporalités particulières. Le magistère catholique a mis l’accent sur la dignité de l’homme et sa liberté lors du concile Vatican II (1962-1965), après avoir abandonné l’horizon de l’Etat catholique. Au même moment, des autorités musulmanes parient sur l’idéal d’un Etat couronné par des « prescriptions chariatiques » intangibles. Depuis soixante ans, le courant majeur de l’islam est de type intégral. Les pétromonarchies du Golfe — Arabie Saoudite, Qatar ou Emirats — ont déversé des milliards de dollars au service de cette conception de l’islam figée à un moment de son histoire : des générations d’imams, de savants et de juristes formés, des dizaines de chaînes satellitaires, des mosquées et des associations financées dans le monde entier, des pages Facebook de cheikhs saoudiens ou koweïtiens aux deux millions de followers, des livres orientés téléchargeables gratuitement sur Internet… Cette mobilisation a produit des effets, en France et ailleurs.

Cet intégrisme s’intensifie-t-il ?

Il s’est renforcé jusqu’à une rupture dans les années 2010. En 2012, le Conseil supérieur des oulémas au Maroc émet une fatwa considérant qu’un apostat doit être puni de mort. Cinq ans plus tard, des membres de ce même Conseil affirment le contraire. Que s’est-il passé entretemps ? Daech. L’irruption de « l’Etat islamique » a révélé aux autorités musulmanes l’état de crise dans lequel elles étaient. Elles se sont rendu compte qu’elles enseignaient des prescriptions théoriques que des coreligionnaires extrémistes étaient prêts à appliquer hic et nunc. Les choses bougent. Il y a dix ans, les penseurs qui proposaient une relecture complète du Coran étaient marginalisés, comme Muhammad Shahrour en Syrie ou Nasr Hamed Abou Zeid en Egypte. Aujourd’hui, des réseaux de musulmans diffusent leurs textes en ligne.

« Tous les présidents, jusqu’à François Hollande, ont accepté ce jeu de l’“islam consulaire”, et tous sont tenus par des enjeux financiers et industriels avec les pétromonarchies qui promeuvent un islam intégral. Ce défi reste posé au gouvernement actuel »

L’islam en France connaît-il cette introspection ?

Il est parfois plus facile de parler librement de l’islam en Tunisie ou au Liban qu’en France. Pourquoi ? D’abord, à cause d’un complexe : le rapport au moment colonial. Les musulmans qui prennent des positions plus libérales que dans le monde arabe, qui acceptent la centralité de l’individu, sont perçus comme « vendus à l’Occident ». Il est plus facile de prôner une orthodoxie qui n’a jamais existé et qui n’est que le fruit d’un rapport de force interne ! Il est difficile, en revanche, d’être une figure musulmane en Europe qui remet en cause des principes qualifiés d’immuables. On peut citer l’imam et linguiste franco-comorien Mohamed Bajrafil, l’islamologue Ghaleb Bencheikh président de la Fondation pour l’islam de France, le professeur Adnan Ibrahim… tous engagés dans la réflexion sur l’islam contemporain. Quand Emmanuel Macron a parlé d’une « crise » du monde musulman aux Mureaux, il a été accusé par le président turc Erdogan, ou par l’Observatoire d’al-Azhar en Egypte, de céder à l’« islamophobie » ou au « racisme ». Les autorités musulmanes reconnaissent elles-mêmes cette crise, puisqu’elles appellent à un « Renouveau du discours islamique », mais elles ne veulent pas que d’autres le disent à leur place ! Deuxièmement, la France est un Etat laïque. Les pouvoirs publics ne peuvent pas intervenir directement dans les affaires religieuses, alors que les musulmans ne parviennent pas à s’organiser. C’est une impasse.

La France s’en est remise aux pays étrangers…

Oui, des Etats étrangers interviennent dans le financement et les orientations de la deuxième religion de France. Tous les présidents, jusqu’à François Hollande, ont accepté ce jeu de l’« islam consulaire », et tous sont tenus par des enjeux financiers et industriels avec les pétromonarchies qui promeuvent un islam intégral. Ce défi reste posé au gouvernement actuel.

« On observe une forte polarisation en France. Au sein de l’islam, il y a ceux qui clament que la forme intégrale est la seule qui soit conforme à la volonté divine. A l’extérieur, il y a ceux qui ne voient de l’islam que sa forme intégrale »

Le « sacré » musulman est-il conciliable avec la République ?

En France, la religion est considérée comme une opinion. L’article 10 de la Déclaration de 1789 parle de toutes « les opinions, même religieuses ». Dès le début du XVIIIe siècle, la liberté de conscience est reconnue comme la possibilité de croire ou de ne pas croire. C’est un droit individuel, fondamentalement lié à la modernité qui place l’individu au centre. Or, quelle autorité musulmane reconnaît, aujourd’hui, qu’être musulman est une opinion ? A cette problématique de l’apostasie s’ajoute celle, tout aussi délicate, du blasphème. Les sources musulmanes du Ve au Ve siècle de l’Hégire témoignent des insultes qui pouvaient circuler au temps du prophète de l’islam, y compris contre lui et son entourage. Au cours de l’histoire, ces sources ont servi à la sacralisation de Muhammad. Et à l’époque contemporaine, des Etats à référence musulmane ont adopté puis durci des mesures légales pour punir l’atteinte à cette sacralité.

Et dans la société française ?

On observe une forte polarisation en France. Au sein de l’islam, il y a ceux qui clament que la forme intégrale est la seule qui soit conforme à la volonté divine. A l’extérieur, il y a ceux qui ne voient de l’islam que sa forme intégrale. Chacun voit l’altérité comme une menace, comme un bloc monolithique, trop croyant ou pas assez croyant. Pris en étau, ceux qui soutiennent des formes plus complexes et plus proches d’une histoire qui, encore une fois, n’a jamais été figée, ont du mal à être écoutés. Ils sont poussés à choisir un « camp ».

Le défi de l’islam est-il comparable à celui du catholicisme à la fin du XIXe siècle ?

Il y a des similitudes. Le catholicisme intégral était dominant dans le clergé : il imprégnait des aspects de la vie quotidienne, des mœurs, de l’enseignement, des sciences humaines ou naturelles… La guerre des deux France a été violente, entre catholiques et non catholiques, et parmi les catholiques. En 1904, l’affaire des fiches révèle que l’administration et le Grand Orient de France a répertorié les officiers catholiques présumés hostiles à la République. En dix ans, plusieurs milliers d’écoles privées sont fermées et 30 000 religieux et religieuses sont chassés du territoire métropolitain — ils sont autorisés à revenir en 1914 pour « défendre la Patrie ». Rien de tel, dans la France d’aujourd’hui, vis-à-vis des citoyens de confession musulmane ! Mais cette histoire de confrontation est aussi une histoire de conciliation. La loi de séparation des cultes et de l’Etat en 1905 a été suivie de négociations : les associations catholiques ont leur statut propre et la séparation n’est pas appliquée en Alsace-Moselle. Le catholicisme est ensuite traversé par de fortes remises en question dans la première moitié du siècle. Certains de ses fidèles se mobilisent dans la résistance contre les Etats totalitaires. Il résulte de cette histoire croisée, à partir des années 1960, un rapport plus apaisé en France, qui n’empêche ni des soubresauts, ni l’existence de minorités intégrales. L’avenir reste ainsi ouvert pour les citoyens d’autres confessions, notamment les musulmans.

Erdogan veut provoquer le nationalisme turc pour cacher ses faiblesses internes

Erdogan veut provoquer le nationalisme turc pour cacher ses faiblesses internes

Selon Frédéric Encel, politologue , Erdogan provoque pour cacher ses faiblesses mais pourrait être l’objet de sanctions européennes (interview dans les Echos)

 

Après plusieurs jours de tensions diplomatiques entre Paris et Ankara, le président turc a officiellement appelé ses compatriotes à boycotter les produits français. Pour le maître de conférences à Sciences Po Paris, Frédéric Encel, invité de franceinfo lundi 26 octobre, il s’agit d’un nouveau pallier franchi,  »s’il devait y en avoir un autre, ce serait la guerre », estime-t-il. Pour autant, cet appel au boycott ne risque pas d’être suivi par d’autres Etats musulmans, selon Frédéric Encel qui estime que la Turquie s’expose à de lourdes sanctions et « une véritable catastrophe » économique et commerciale. 

 

Est-ce que ce boycott clairement exprimé par Recep Tayyip Erdogan est le signe qu’un nouveau pallier a été franchi ? 

 

Frédéric Encel. Absolument, et je pense que c’est le dernier, parce que s’il devait y en avoir un autre, ce serait la guerre. Mais il n’y en aura pas d’autre, il n’y aura pas la guerre. Erdogan le sait très bien, lui qui a replié ses navires de combat lorsqu’un navire français est venu en quelque sorte secourir la Grèce et Chypre quand leurs eaux territoriales ont été bafouées par la Turquie. Je pense que Recep Tayyip Erdogan la joue à la fois sultan et calife. Sa stratégie est de chercher l’ennemi extérieur et de le vilipender de manière extraordinairement violente pour susciter une vague du nationalisme dans son pays.

Ce mouvement de boycott, qui part initialement des réseaux sociaux, ne risque pas d’être suivi par d’autres pays ? 

 

Je pense que cela ne change pas la donne. Il y a environ 80 millions de Turcs sur 1,7 milliard de musulmans. C’est un seul Etat à majorité musulmane sur 57 dans le monde. De plus, les Etats arabes n’apprécient pas particulièrement la Turquie, ils en ont un très mauvais souvenir avec l’Empire ottoman qui a régné sur eux un peu plus de quatre siècles. D’autre part si, officiellement, un Etat quel qu’il soit boycotte des produits français, alors c’est toute l’Union Européenne qui, en vertu des accords fondateurs de l’Union européenne, prendra des sanctions contre cet Etat. Si l’Europe applique des sanctions économiques et commerciales vis-à-vis de la Turquie, ce serait une véritable catastrophe pour la Turquie. Je ne parle pas que de l’Allemagne puisque le volume d’échanges entre la Turquie et l’Union  européenne est plus important que le volume d’échanges entre la Turquie et la Russie, entre la Turquie et les États-Unis.

Recep Tayyip Erdogan a également comparé le traitement des musulmans en Europe à celui des juifs dans les années 1930 et accuse certains dirigeants de nazisme et de fachisme. Comment analysez-vous ces déclarations ? 

 

C’est très problématique de la part de quelqu’un qui dirige un Etat très officiellement négationniste du génocide arménien. Un Etat dans lequel il y a une répression de plus en plus forte. Sur 193 Etats recensés à l’ONU, la Turquie est le pire en termes de liberté de la presse. Par ces propos, Erdogan cherche à marquer les esprits, et ce n’est pas nouveau. Ce n’est pas la première fois qu’il utilise des termes terribles et outranciers. Le problème c’est que la Turquie est officiellement un allié de la France. Ces propos sont d’autant plus scandaleux que là il y a bien évidemment un outrage à l’Alliance.

L’appel au boycott des produits français peut-il avoir des conséquences sur l’économie ?

 06h51, le 26 octobre 2020 , modifié à 08h17, le 26 octobre 2020

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2:22Les fromages français ont été retirés des rayons des supermarchés au Koweït. © YASSER AL-ZAYYAT / AFP

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Depuis samedi, et suite aux déclarations d’Emmanuel Macron sur les caricatures du prophète Mahomet, les appels au boycott des produits français se multiplient sur les réseaux sociaux. Ces appels peuvent-ils avoir un impact sur les exportations françaises dans les pays arabes ?

Dans la foulée des déclarations d’Emmanuel Macron, en hommage au professeur Samuel Paty, sur la culture française du dessin et de la caricature, des appels au boycott des produits français ont été lancés sur les réseaux sociaux. Cinq ou six pays musulmans, parmi lesquels la Turquie, le Koweït ou le Qatar, sont concernés. Le Quai d’Orsay a appelé dimanche soir les gouvernements à faire cesser les appels au boycott. Mais quelles conséquences aurait-il sur notre économie s’il était appliqué ? Europe 1 a enquêté.

>> A LIRE AUSSI - Trois questions sur le boycott de produits français par une partie du monde musulman

Posture symbolique

Au Qatar ou au Koweït, les appels au boycott ont pu aboutir au retrait de fromages, de crèmes ou de cosmétiques des rayons de certains supermarchés. Les fromages Kiri et Babybel ont par exemple été ciblés au Koweït.

Si le ministre français du commerce extérieur Franck Riester a évoqué dimanche soir des « impacts impossibles à chiffrer pour le moment », cette mesure est essentiellement symbolique, selon le maître de conférences à Sciences-Pô Frédéric Encel : « C’est tout à fait secondaire sur le plan économique et diplomatique », explique-t-il au micro d’Europe 1, soulignant néanmoins la possibilité d’un effet d’entrainement généré par les réseaux sociaux.

 

« La réalité, c’est l’économie »

De fait, de nombreuses barrières au boycott rendent l’entreprise difficile. En Turquie, où la France exporte essentiellement des produits industriels – notamment Airbus ou pièces pour la construction automobile -  »les habitudes des entreprises sont tellement importantes que ça va au-delà du monde politique », affirme Stéphane Salvetat, secrétaire-général de la Chambre de commerce Franco-Turque. De plus, les exportations de produits industriels avaient nettement baissé l’année dernière, du fait de la crise économique que traverse la Turquie, il est donc difficile d’envisager un nouveau plongeon. « Le monde politique parle souvent fort, mais la réalité, c’est l’économie. »

Concernant les produits alimentaires, certaines particularités du marché rendent le boycott assez improbable. Des groupes saoudiens détiennent ainsi certains entreprises productrices, comme l’usine de Châteaulin dans le Finistère, faisant de l’Arabie saoudite le seul exportateur de poulets français dans les pays arabes. A noter également que l’appel au boycott peut conduire à des sanctions au niveau européen. Or, les pays arabes entretiennent des échanges très importants avec l’Union européenne.

Croissance économique : vulnérabilité et impuissance

Croissance économique : vulnérabilité et  impuissance

Karl Eychenne, stratégiste et économiste évoque les facteurs explicatifs de la vulnérabilité économique et souligne l’impuissance des autorités dans une chronique à la Tribune.

 

 

Un instant nous avons fantasmé le mythe d’un on / off de l’économie mondiale. Nous pensions qu’en éteignant momentanément la lumière, nos agents économiques auraient sagement attendu qu’elle revienne pour repartir de plus belle. Mais non, il s’avère finalement que nous avons eu très peur du noir, et que nous sommes encore sous le choc.

Ainsi, plutôt qu’un effet culbuto du PIB (une fois à terre il revient aussitôt), nous avons observé un genre d’effet bouchon (celui des embouteillages) : lorsque le ralentissement du seul PIB présent provoque le ralentissement de tous les PIB anticipés à venir ; comme si l’onde de choc se diffusait à travers le temps. Mais pourquoi la Chine y arrive-t-elle et pas nous ? Parce que les masques, parce que les tests, parce que les lits de réanimation étaient insuffisants chez nous, disent les uns. Parce que l’on ferait preuve d’une forme d’incurie collective, d’hébétude juvénile, incapables de nous discipliner, disent les autres. En attendant, la facture est salée.

Retour 15 ans en arrière

En temps normal, la zone euro se démène pour ramener 1,5% de croissance du PIB chaque année. En vérité, depuis 2007 la zone euro fait presque du surplace avec seulement 0,7% de croissance annuelle, la faute aux crises successives des subprimes (2007), puis de la dette souveraine (2010). Mais ça c’était le bon temps, car avec la crise de la Covid, la zone euro a basculé dans une autre dimension : en 2020 la croissance du PIB devrait chuter de près de -8%, sous réserve que le second semestre corrige une partie des -15% subis durant le premier semestre. Une telle chute du PIB nous ramènerait au niveau de 2015, voire 2007 ! En effet car, entre ces deux dates, le PIB aura végété autour du même niveau, suite aux deux crises citées ci-dessus.

Mais après tout est-ce si grave ? Rappelons que le PIB définit ce qu’une économie produit chaque année en termes de biens et services, un genre de gâteau à partager pour tous les convives. Présenté comme cela, le retour au PIB de 2007 signifie simplement que le gâteau à partager en 2020 sera le même qu’avant. Si nous ne sommes pas devenus plus gourmands, cela ne devrait pas poser de problèmes. Admettons. En fait, nous avons quand même un problème : nous ne sommes peut-être pas plus gourmands, mais nous sommes plus nombreux (la population a cru). Si bien que pour satisfaire tous les convives, il faut que les parts du gâteau soient plus petites : d’où une baisse mécanique du PIB par habitant, bien plus forte encore que la baisse du PIB. Finalement, en 2020 le PIB par habitant de la zone euro devrait revenir à son niveau de 2005, un recul de 15 ans en arrière.

Des fortunes diverses selon les pays

Le PIB par habitant enregistre donc un recul sévère, mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Pour faire simple, les plus vieux et plus gros membres de la zone euro sont ceux dont le PIB par habitant fait du sur place, l’Allemagne réussissant à tirer son épingle du jeu comme d’habitude. Par contre, les jeunes et petits entrants sont ceux dont le PIB par habitant a continué de monter, malgré les crises successives. Aucune bizarrerie là-dedans : en effet, les jeunes économies sont caractérisées par ce que l’on appelle un stock de capital physique faible, qui une fois livré au jeu du libéralisme économique grossit presque naturellement et dope le potentiel de croissance de leur PIB, jusqu’à converger vers un niveau de maturité. Les vieilles économies étant elles déjà matures, n’auraient alors que leurs yeux pour pleurer, à moins qu’elles ne repoussent ce que l’on appelle leur frontière technologique (le fameux progrès technique).

Mais, il faut quand même nuancer cette belle histoire des jeunes entrants. En effet, nous avons parlé de variations du PIB par habitant, mais ce qui compte ce sont les niveaux. En effet, c’est bien le niveau du PIB par habitant qui définit une mesure du bien-être de l’homo consumens, et non pas sa variation. De ce point de vue, on constate alors que les jeunes entrants de la zone euro restent ceux ayant le PIB par habitant le plus faible, malgré leur meilleure tenue depuis 15 ans. Une seule exception : la Grèce qui souffre des maux des vieux pays (PIB par habitant en baisse) et des maux des jeunes entrants (PIB par habitant faible).

Le cas de la France ? Ni bon, ni bon. D’ordinaire, la France ressemble à s’y méprendre à la zone euro, que ce soit en terme de performances économiques ou financières. Seule exception, l’année 2020 où la France devrait davantage souffrir que la zone euro : -10 % contre -8 %, en queue de peloton avec l’Espagne et l’Italie. Certes, les comptes ne sont pas clôturés, mais il ne semble pas que le flux de nouvelles à venir soit bien orienté.

 

Le PIB par habitant, une mesure du passé ?

Peut-être que le PIB par habitant n’est pas la bonne mesure ? Peut-être faut-il être un peu plus subtil que cette seule mesure grossière ? En fait, on reproche souvent au PIB ce qu’il n’a jamais prétendu dire : le PIB n’a jamais dit qu’il mesurait la quantité de bonheur, de bien-être d’une société juste, équitable, etc. Cela dit, on a souvent fait ce raccourci car il est vrai qu’en théorie, le PIB par habitant peut définir une forme de revenu, qui sert en partie à consommer, et in fine élever ce que l’on appelle son niveau d’utilité (la célèbre fonction d’utilité donc). Bref, il y a l’idée que mon bien-être doit pouvoir se mesurer en quantité de biens achetés quels qu’ils soient (smartphones, rouleaux PQ,…). On lui préférera alors un PIB propre (faible empreinte carbone), ou un PIB juste (faibles inégalités, fort chômage…), ou encore un PIB ressenti (lorsque le paradis se croit en enfer, Sylvain Tesson).

Ainsi, les critiques sont nombreuses pour reprocher au PIB par habitant ce qu’il n’a jamais prétendu dire. Mais puisqu’on le cherche, il pourra répondre qu’à lui tout seul, il permet curieusement d’expliquer pas mal de choses. En particulier, il sera constaté que les pays présentant les niveaux de PIB par habitant les plus élevés sont souvent ceux qui font le plus d’efforts en termes de justice sociale, de protection de l’environnement (États-Unis mis à part) ; et inversement. Donc, finalement le PIB par habitant n’est peut-être pas aussi bon qu’on veut bien le croire, mais certainement pas aussi mauvais qu’on veut bien nous le faire croire.

Mais que fait la police ?

Et bien la police fait, mais avec les moyens du bord. Lorsque vous devez affronter une crise majeure avec des taux d’intérêt déjà proches de 0% et des dettes publiques représentant déjà près de 100% du PIB, c’est un peu comme si vous armiez la police de balles à blanc : ca fait du bruit, c’est tout. Analogie un peu crue certes, mais qui trahit bien l’impuissance de nos autorités face à l’événement. Et si cela ne suffit pas, et bien on en remet une louche en rappelant que « Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute » (Michel Audiard).

Passons à l’inénarrable « quoi qu’il en coûte », un genre de bulldozer tout terrain censé balayer tous les « oui mais » sur son passage. En coulisse, on se dit quand même que ce « quoi qu’il en coûte » ressemble pas mal à une morale de provisions (Pascal), un genre de patch bonne conduite labellisé principe de précaution. D’autres moins cyniques, avanceront que le « quoi qu’il en coûte » ne coûte plus grand-chose quand le papier monnaie est déjà disponible en quantité infinie à un coût infiniment nul. Les infinis on ne les voit jamais, mais ca impressionne toujours.

Et comme d’habitude, les avis ne changeront pas d’avis quelle que soit l’issue du virus. Si tout est bien qui finit bien, alors les pro-dette diront « vous voyez bien que ça marche » ; alors que les anti-dettes invoqueront la fameuse poudre chasse-éléphant de Jean Pierre Dupuy :

- « Regardez, je jette de la poudre pour éloigner les éléphants de la voie de chemin de fer.
- Mais enfin monsieur, vous voyez bien qu’il n’y a pas d’éléphants par ici.
- Et bien, c’est donc la preuve que cela marche ! »

Si tout se termine en eau de boudin, alors les anti-dettes diront « vous voyez bien que ça ne marche pas » ; alors que les pro-dettes invoqueront eux aussi Jean Pierre Dupuy et toutes les dépenses occasionnées par les entreprises afin de prévenir le risque d’un bug de l’an 2000 : ce n’est pas parce que le risque ne s’est pas réalisé qu’il n’existait pas, c’est parce que nous avons fait en sorte qu’il ne se réalise pas qu’il ne s’est pas réalisé. À suivre donc.

 

L’enjeu de la régulation de l’intelligence artificielle

L’enjeu de la régulation de l’intelligence artificielle

 

Florian Ingen-Housz, partner au sein d’Altermind, et Victor Storchan, ingénieur en IA dans l’industrie financière, explique l’enjeu de la régulation de l’intelligence artificielle (IA) dans la Tribune

 

 

En février dernier, la Commission européenne a publié son livre blanc sur la régulation des applications de l’Intelligence Artificielle (IA). Plutôt que de légiférer unilatéralement sur ce sujet, la Commission a choisi, de manière novatrice, une approche consultative et participative en incitant l’ensemble des parties prenantes à cet écosystème à participer à la discussion. Cette approche doit être encouragée, approfondie et accélérée pour ajuster l’état du droit à un état de l’art technologique qui ne cesse de faire surgir des débats juridiques et normatifs inédits. Cette approche est aussi le seul moyen de faire émerger, dans la décennie qui vient, une véritable vision européenne de la Tech, tout à la fois pro-business et respectueuse des libertés individuelles.

Un défi majeur pour les régulateurs

L’IA constitue en effet un défi majeur pour les régulateurs. La vitesse prodigieuse des avancées technologiques doit inviter ces derniers à co-construire la norme avec un écosystème plus large qu’ils n’en ont l’habitude, plutôt que d’imposer celle-ci « par le haut ». Tout comme l’ont montré les débats sur la bioéthique depuis les années 1970, la régulation technologique est avant tout un choix de société et par conséquent un effort continu. La question se pose néanmoins avec une acuité particulière pour le déploiement de l’IA, compte tenu de l’ambiguïté de ses définitions, de sa nature stochastique et de l’opacité des multiples modèles sur lesquels elle est bâtie. Cette opacité est aggravée par l’hypercroissance de l’écosystème (50% de plus de papiers soumis à NeurIPS – une des conférences majeures de la discipline - en 2019 par rapport à l’année précédente), qui rend immédiatement obsolètes des savoirs difficilement acquis par des régulateurs parfois mal-équipés sur le plan technique. Si la régulation est évidemment primordiale pour permettre l’adoption, créer du consensus et de la confiance envers cette technologie, son élaboration devra donc être suffisamment (i) spécifique dans son champ d’application pour être « implémentable », (ii) inclusive et ouverte dans sa démarche et (iii) sélective dans ses priorités et son séquencement.

Il faudra donc, dans un premier temps, d’abord s’assurer de la juste définition de l’objet ciblé. Ce besoin de spécificité dans un domaine aux frontières floues soulève un premier défi : celui de la sémantique. Le concept d’IA est imprécis, même pour les experts. Contrairement aux précédentes vagues de disruption technologique, que ce soit la machine à vapeur, l’électricité, la chimie ou même les premiers programmes informatiques, les contours de l’IA sont moins tangibles. Ainsi, en 2013, l’Etat du Nevada a dû ainsi revoir sa définition de l’IA pour les véhicules autonomes car celle-ci englobait aussi certains modèles de voitures sophistiquées avec des fonctionnalités de contrôle avancées. La définition de ce qu’est un robot pour l’Union européenne n’est pas non plus satisfaisante. Contrairement à ce que semble indiquer cette dernière, les robots n’acquièrent en effet pas de capacité d’autonomie uniquement grâce aux données et aux capteurs dont ils disposeraient. Comme le montrent les travaux de Bryan Casey et Mark A. Lemley (Stanford Law School) lorsque cela est possible, une manière de contourner le problème sémantique est de s’assurer que la régulation cerne en priorité les comportements des individus et non pas les techniques, les types d’algorithmes ou les robots.

Faire coopérer des acteurs très divers

L’efficacité de la régulation pour l’IA se mesurera aussi à sa capacité à faire coopérer des acteurs très divers. Les usages de cette technologie doivent être appréhendés non pas in-vitro mais au sein d’écosystèmes technico-sociaux complexes où elle est déployée. Ainsi cette coopération doit à la fois s’effectuer horizontalement et verticalement. Horizontalement d’abord, par la co-construction entre juristes, techniciens, et chercheurs, mais également sociologues et citoyens qui via les décideurs publics seront les utilisateurs de ces systèmes d’IA. Ces derniers doivent être dotés d’outils pour améliorer leur capacité à contester la décision d’un modèle afin de créer de la confiance. Le dialogue doit aussi être plurilatéral, non seulement par une coordination entre pays et puissances régionales, mais aussi en incluant les ONG, la société et l’industrie.

 

Cette coopération est aussi verticale. Pour être opérant, le processus délibératif d’une gouvernance globale doit pouvoir être traduit en termes techniques par les ingénieurs et les chercheurs qui conçoivent les modèles. Cependant, pour être parfaitement efficace et agile, cette approche différenciée devra pouvoir s’incarner par une gouvernance dans les entreprises capable de guider les équipes techniques. Ces dernières sont confrontées à plusieurs dilemmes du fait des contraintes techniques, mathématiques ou algorithmiques et ont besoin d’indications précises qui tranchent des compromis entre certaines notions d’éthiques comme l’équité ou le respect de la vie privée. Il est donc nécessaire de faire un choix qui relève presque de philosophie politique. Ces choix sont sociétaux et culturels.

Enfin, lorsqu’une directive réglementaire présente une ambiguïté intrinsèque (dans le but par exemple d’anticiper des développements de technologie future ou pour pouvoir être appliquée à un spectre large d’acteurs), il est précieux que l’écosystème puisse collectivement expliciter les points d’incertitude qui sont sujets à l’interprétation. Cet effort de clarification permettrait d’aligner les efforts de gestion du risque dans les modèles d’IA sur des standards communs. Ces concertations des parties prenantes ont vocation à constituer une « soft law » pour préciser ou compléter au plus près du terrain des principes plus généraux fixant l’esprit et l’intention.

Se concentrer sur un nombre réduit de secteurs

 

Enfin, la régulation pour être efficace doit en priorité se concentrer sur un nombre réduit de secteurs et d’applications sur lesquels une attention immédiate est requise. A titre d’exemple, l’UE propose de calibrer le niveau de régulation selon le niveau de risque que représente une application de l’IA ou un secteur industriel applicatif. La commission propose ainsi une liste de plusieurs secteurs à haut risque comme les transports, la santé ou l’énergie dans lesquels certains déploiements technologiques sensibles devront respecter un ensemble de règles plus exigeant. Cette approche semble raisonnable. Le risque consubstantiel à l’innovation et un principe de précaution aveugle à la diversité des cas d’usages aboutirait à une société du statu quo vidée de sa force entrepreneuriale et créatrice. Les applications dans le secteur public (justice et éducation notamment), la santé font certainement partis des chantiers prioritaires. Les exemples récents de systèmes mal déployés sont légions : les entreprises technologiques comme IBM ou Microsoft ont stoppé leurs services de reconnaissance faciale après que des failles éthiques à répétition aient été identifiées. L’algorithme néerlandais de prédiction de fraude pour les demandeurs de sécurité sociale a été suspendu par une juridiction du pays pour violation des droits de l’homme et de la régulation RGPD sur les données.

Ainsi, les rapports entre les régulateurs et les innovateurs en IA ne peuvent être résumés à un conflit entre le glaive et le bouclier. La multidisciplinarité de cette technologie, ses évolutions rapides et disruptives doivent être accompagnées pour qu’elle serve le plus grand nombre dans la transparence et responsabilité des acteurs.

 

L ‘ONU veut empêcher l’exportations de voitures d’occasion en Afrique

L ‘ONU veut empêcher l’exportations de voitures d’occasion en Afrique

D’une certaine manière, l’ONU à travers le programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) découvre la lune avec le fait des exportations massives de véhicules d’occasion des pays développés vers les pays plus pauvres.

 

L’ONU constate que ces véhicules sont  « vieux, polluants, énergivores et dangereux » . Le constat n’est pas complètement faux mais il manque tragiquement de facteurs explicatifs. En effet ce n’est pas par plaisir de qu’on consomme  davantage de carburant dans ces  les véhicules exportés surtout en Afrique, des voitures  qui sont utilisés simplement pour des raisons économiques.

 

En moyenne, ces véhicules coûtent moitié moins cher qu’un véhicule neuf et sont plus adaptés aux capacités de financement des utilisateurs locaux. Ce n’est pas tellement d’ailleurs l’exportation de véhicules anciens qui participent à la pollution dans certaines villes notamment africaines mais davantage la prolongation de leur vie et le manque d’entretien. En effet, la plupart des véhicules exportés sont encore en bon état. Bien entretenus, ils peuvent être effectuer encore le double de kilométrage alors que dans les pays développés ont met au rebut ces véhicules pour des effets de mode parfois habillés par des préoccupations environnementales. Sauf  avec  la percée des SUV neufs très consommateurs de carburant et donc très polluants !

 

L’ONU ferait mieux de se préoccuper des conditions du développement économique de l’Afrique dans les richesses  sont souvent exploités par des pays développés et les ressources financières détournées. Ou alors il faut interdire en tout cas réglementer la mobilité des Africains qui en plus ne peuvent bénéficier de transports collectifs à la hauteur des besoins . Au lieu de punir l’Afrique en les privant d’automobiles d’occasion, on ferait mieux de prévoir un vaste plan de développement de transports collectifs.

Encore la preuve que l’ONU ne sert pas à grand-chose sinon à nourrir des fonctionnaires incompétents et surpayés

2022: 80 % des Français envisagent le vote anti système (OpinionWay)

2022: 80 % des Français envisagent le vote anti système  (OpinionWay)

 

Selon l’’institut OpinionWay et Fondapol, en partenariat avec Le Figaro.  huit électeurs inscrits sur dix (79%, + 2 points en un an) affirment envisager l’abstention, le vote blanc ou le vote antisystème – Le Pen, Mélenchon, Dupont-Aignan ou un candidat de la gauche révolutionnaire. Déjà très forte lors du premier tour de la présidentielle de 2017 (60,9% des inscrits), cette «protestation électorale» traduit une «déconsolidation démocratique», analyse Dominique Reynié, politologue  dans le Figaro

Professeur à Sciences Po, Dominique Reynié est directeur général de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) explique les résultats.

À dix-huit mois de la présidentielle, votre enquête laisse apparaître une France plus que jamais tentée par l’abstention, le vote blanc ou le vote antisystème. Un avertissement pour Emmanuel Macron?

Dominique REYNIÉ. - Pour nous tous. La disponibilité protestataire déclarée concerne 79% de nos concitoyens. La société française poursuit sa mue politique: déconsolidation démocratique, protestation et droitisation. La déconsolidation démocratique est déjà manifeste: l’abstention historique lors des municipales du 28 juin dernier en est un signe puissant. C’est une erreur de n’y voir qu’un effet de la crise sanitaire, alors que 59% seulement de nos concitoyens disent leur préférence pour la démocratie représentative, contre 64% en janvier. Le soutien est plus faible encore parmi ceux qui risquent de subir davantage les conséquences de la crise: les artisans, commerçants

 

Erdogan: le faussaire fossoyeur de la Turquie

Erdogan: le faussaire fossoyeur de la Turquie

 

Comme souvent les dictateurs en difficulté au plan intérieur se projettent au plan international pour tenter de masquer l’échec de la politique nationale. De ce point de vue, la gestion d’Erdogan en Turquie constitue une véritable catastrophe avec une monnaie dévaluée, un taux de chômage de 20 à 25 %, une nette diminution du pouvoir d’achat, une inflation galopante et un endettement inquiétant.

 

Il s’agit pourtant d’un pays important disposant de ressources et de potentiels mais qui est victime de la politique anarchique d’Erdogan. Erdogan qui a transformé la société laïque en l’islamisant afin d’empêcher toute contestation de sa dictature. Ainsi il pratique régulièrement la torture. 50 000 opposants sont dans les geôles turques et 100 000 fonctionnaires ont été déchus de leur statut. L’implantation d’une autre religion que l’islam est en fait  interdite.

Erdogan rêve d’être le nouveau sultan musulman, c’est pourquoi il jette de huile  sur le feu sur tous les conflits possibles quand ils ne les provoquent pas. Erdogan est un dictateur fossoyeur de la Turquie et un faussaire de la démocratie. Un faussaire qui s’est même inventé un passé universitaire alors qu’il n’y a jamais mis les pieds. C’est un ancien petit transporteur.  C’est un  primaire à l’ego maladivement surdimensionné qui a pour ambition de diriger le futur empire ottoman alors qu’il est incapable de gérer son propre pays.

Du coup, il pratique la provocation permanente à tout propos. Notons quand même qu’il met la pédale douce car les Etats se montrent fort par exemple vis-à-vis de la Russie.  Le sultan primaire Erdogan masque son incurie par des insultes espérant réveiller le sentiment nationaliste musulman des couches les plus radicales. Une politique qui enfoncera encore un peu plus économiquement et politiquement des pays musulmans autoritaires en retard dans tous les domaines : économique, démocratique et culturel..

« Le CCIF, une officine islamiste antirépublicaine » ( Gérald Darmanin)

« Le CCIF,  une officine islamiste antirépublicaine » ( Gérald Darmanin)

 

Le ministre de l’intérieur justifie sa proposition de dissolution du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). «C’est une officine islamiste qui invite des islamistes radicaux. C’est le cas de M. Hani Ramadan (un frère de Tariq Ramadan, ndlr), il y en a d’autres», fait valoir le ministre de l’Intérieur. «Je ne vais pas détailler (…) ce que nous allons envoyer au CCIF, mais qui nous donne les moyens, effectivement, de proposer sa dissolution». «Cette association est une officine contre la République. Elle considère qu’il y a une “islamophobie d’Etat”, tout en étant subventionnée par l’Etat français puisque ses donateurs bénéficient par ailleurs de reçus fiscaux», a-t-il poursuivi, «il est temps d’arrêter d’être naïf avec ces officines sur notre sol».

Le CCIF, ajoute le ministre, «est une officine islamiste qui ne condamne pas les attentats». «. «Les Français musulmans» sont «les premiers à être visés par ces islamistes qui veulent étendre leur pouvoir», assure-t-il. «Une très grande partie des musulmans de France sont les premiers à demander des actes forts de la part de l’Etat français».

Dans son entretien à Libération, le ministre justifie par ailleurs les «visites domiciliaires» menées ces derniers jours auprès d’individus liés selon les autorités à la mouvance islamiste en expliquant que «c’est pour faire passer un message à la fois à nos concitoyens et aux islamistes politiques». «243» demandes «ont été faites ou sont en cours. Sur les 109 examinées à ce stade par le juge des libertés et de la détention, 93 ont été autorisées» et «sept ont donné lieu à une judiciarisation», conclut le ministre de l’Intérieur.

Allemagne : Une station pour les 27 trains d’Alstom à hydrogène

Allemagne : Une station pour les 27 trains d’Alstom à hydrogène

27 trains à hydrogène vont être livrés à l’Allemagne pour remplacer des trains à tractions diesel. Pour les alimenter , l’Allemagne a construit une station spécifique pour fournir l’hydrogène. Le Land de Hesse et le gouvernement fédéral allemand ont contribué au financement de ce projet de 500 millions d’euros, dont le coût est supérieur de 40% à celui de trains diesel.

Les trains Coradia iLint seront alimentés par de l’hydrogène obtenu sous la forme d’un sous-produit du chlore fabriqué dans le parc industriel et acheminé vers les réservoirs.

La plus grande quantité d’hydrogène proviendra d’un électrolyseur de 5 mégawatts (MW) qui doit encore être construit et qui utilisera de l’électricité renouvelable.

“Nous avons démontré que nous aurons suffisamment d’hydrogène pour alimenter le parc de manière économiquement viable. Avec un réservoir plein par jour, les trains peuvent parcourir 1.000 kilomètres, à l’identique des trains diesel”, a déclaré le directeur général de RMV, Knut Ringat, lors d’une cérémonie.

Réforme de l’assurance-chômage : nouveau report de trois mois

Réforme de l’assurance-chômage : nouveau report de trois mois

 

La fameuse réforme de l’assurance chômage qui a déjà été reportée jusqu’à la fin de l’année bénéficie encore d’une nouvelle période de mise entre parenthèses de trois mois. Cette réforme devait nettement d’affaiblir le droit des chômeurs en particulier un exigeant pour l’indemnisation une période de six mois au lieu de quatre mois de travail précédemment. Avec la crise, il est clair qu’il sera de plus en plus difficile de remplir les conditions de l’indemnisation. Notons qu’en ce moment à peine un chômeur sur deux est indemnisé.

Le Premier ministre, Jean Castex, en a fait l’annonce lors d’une rencontre à Matignon avec les partenaires sociaux, avec qui il a fait le point sur les conséquences du regain d’intensité de l’épidémie de coronavirus.

Le chef du gouvernement a dit son souci de poursuivre les réformes “pour transformer, moderniser notre pays, le rendre plus fort et plus juste.”

Ce report de trois mois vise à “donner plus de temps aux partenaires sociaux pour s’accorder sur les ajustements qui s’avèrent nécessaires dans la situation économique qu’il faut traverser”, a expliqué l’entourage du Premier ministre.

En faite pour l’instant mais sous le coude la réforme de l’ASSEDIC, la réforme des retraites et les mesures d’assainissement des comptes sociaux.

Mali: le gouvernement militaire négocie avec les terroristes contre l’avis de la France

Mali: le gouvernement militaire négocie avec les terroristes contre l’avis de la France

 

On peut réellement s’interroger sur ce que fait encore la France au Mali avec la force Barkhane. En effet, le  pouvoir militaire est en train d’entamer des discussions avec des terroristes dans les vastes zones proches de l’Algérie là où se trouve des territoires peuplés de terroristes et considérées comme ingérables. L’objectif serait de faire des concessions aux terroristes en leur accordant un droit de gestion sur ces territoires éloignés qui deviendraient alors une sorte de réservoirs de rebelles que par ailleurs la France devrait combattre avec la force par Barkhane.

Le pouvoir militaire serait même prêt à islamiser d avantage le Mali en reconnaissant l’islam comme religion majeure dans le pays. Autant de concessions que ne peut évidemment accepter la France et qui pourrait remettre en cause la présence même de Barkhane.

Le Premier ministre par intérim du Mali s’est dit lundi ouvert à des discussions avec des rebelles islamistes, dont l’insurrection a rendu de vastes zones du pays ingouvernables, tandis que la France, son ancienne puissance coloniale, a fermement rejeté cette idée.

Le président déchu du Mali, renversé le 18 août par un coup d’Etat militaire, Ibrahim Boubacar Keïta, avait déclaré plus tôt cette année que son gouvernement était prêt à négocier avec les rebelles liés à Al-Qaïda. Cette stratégie a été confirmée pendant les pourparlers nationaux qui ont suivi le coup d’État.

Les responsables maliens ont fourni peu de détails sur les compromis qui pourraient être faits, mais certains partisans des négociations ont déclaré qu’ils pourraient inclure une plus grande reconnaissance de l’Islam dans la vie publique.

“Les conclusions des pourparlers nationaux (…) ont très clairement indiqué la nécessité d’une offre de dialogue à ces groupes armés”, a déclaré le Premier ministre par intérim Moctar Ouane lors d’une conférence de presse avec le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, en visite pour deux jours à Bamako.

“Nous devons y voir une opportunité d’engager des discussions de grande envergure avec les communautés afin de redéfinir les contours d’une nouvelle gouvernance dans les zones concernées”, a-t-il ajouté.

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La décivilisation par les réseaux sociaux

La décivilisation par les réseaux sociaux

TRIBUNE

 

Nathalie Heinich, sociologue dénonce dans le Monde  l’anarchie des réseaux sociaux et leur rôle décivilisateur.

 

 

 

Tribune.

 

L’assassinat islamiste qui nous endeuille confirme l’amplification d’un processus auquel nous assistons jour après jour avec effroi, et que le sociologue Norbert Elias aurait nommé « processus de décivilisation », permettant l’activation à grande échelle de tendances latentes, mais que bride le processus de « civilisation des mœurs ». Celui-ci, fait d’intériorisation des contraintes et d’autocontrôle des pulsions, a mis des siècles à se mettre en place à l’échelle de l’humanité.

Ce processus de civilisation est en train de se retourner en son contraire sous le coup, principalement (même si en matière humaine les causalités sont toujours multiples), des réseaux sociaux, cause si familière qu’on finit par ne plus en repérer les effets. En permettant l’extension dans l’espace et l’accélération dans le temps de la mise en public de tout le spectre des opinions et des comportements, ces technologies produisent des effets que plus personne ne maîtrise, parce qu’à la fois massivement mondialisés et spectaculairement accélérés – comme dans le cas de l’assassin de Samuel Paty, revendiquant son crime sur Twitter en temps réel.

Pointer ainsi le rôle décivilisateur des réseaux ne relève ni d’une peur ringarde de l’innovation ni d’une résistance face à la diffusion de nouvelles formes de communication où les plus âgés ne retrouveraient plus – dans tous les sens du terme – leurs petits. Libre aux « ravis » de la croyance inconditionnelle en les vertus du progrès technique de croire qu’il s’agirait d’un problème générationnel : ils rejoindront ainsi les « ravis » de la croyance inconditionnelle en les capacités d’autorégulation du marché. Il suffit d’observer et de comparer pour repérer ces ravages décivilisateurs, dont nous connaissons isolément chacun des éléments mais dont nous ne réalisons pas à quel point, se cumulant, ils font système, modifiant en profondeur notre monde.

En créant une immense tour de Babel incontrôlée des propos et des images accessibles dans l’espace public d’Internet, les réseaux favorisent une compétition pour l’attention (conceptualisée sous le terme d’« économie de l’attention »), qui induit la surenchère dans la singularisation, par la provocation, l’exagération, le défoulement, voire la jouissance à dire l’indicible, à montrer l’irreprésentable. D’où la publicisation massive d’opinions et de comportements transgressifs.

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