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Archive mensuelle de octobre 2020

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Union européenne : quelle dépendance stratégique vis-à-vis de la Chine et des États-Unis

Union européenne : quelle dépendance stratégique vis-à-vis de la Chine et des États-Unis

 

Peut-être le réveil de l’Europe qui commence enfin à mesurer l’impact de sa dépendance économique et technologique vis-à-vis de grands pays comme la Chine et les États-Unis en particulier. La vérité c’est que l’Europe constitue une véritable passoire pour les produits et services en provenance notamment des deux grands pays cités. À l’inverse les États-Unis et la Chine encore davantage pratiquent  un  protectionnisme assumé qui freine les exportations et les implantations européennes. Ainsi par exemple en Chine les investissements étrangers ne sont permis mais dans le cas de sociétés où ils seront minoritaires au capital. À l’inverse des Chinois qui peuvent acheter à peu près tout ce qu’ils veulent en Europe. Les chefs d’État ont donc donné mission à la commission de faire l’inventaire des secteurs stratégiques dépendants fortement notamment des États-Unis et de la Chine.

L’UE, qui a fait des technologies vertes et numériques une priorité dans son plan de relance de la croissance économique d’après-crise, craint de se faire distancer dans la conception et la fabrication de batteries et dans le stockage dématérialisé.

Les dirigeants du bloc ont ainsi jugé que la priorité devait être donnée aux alliances européennes dans les batteries, l’internet des objets et l’hydrogène propre.

Ils ont par ailleurs appelé au développement de nouvelles alliances industrielles dans les matières premières, les microprocesseurs, les réseaux de télécommunication, les industries à faibles émissions de carbone ou encore le stockage numérique.

La Belle au bois dormant se réveille mais la question n’est pas seulement réduite au problème du développement de certains secteurs industriels mais aussi à celui de la régulation du commerce extérieur, dimension qui n’a pas été clairement abordée lors de la rencontre des chefs d’État

Les  chefs des Vingt-Sept ont convenu qu’une “partie importante” du budget à long terme de l’UE prévu pour la période 2021-2027 et du fonds de relance relatif, soit 1,8 milliard d’euros, devrait être consacrée aux superordinateurs et à l’informatique quantique, à la blockchain, à l’intelligence artificielle, aux microprocesseurs, aux réseaux 5G, aux communications sécurisées et à la cyberprotection.

Coronavirus France : Plus de 12.000 cas

  • Coronavirus France : Plus de 12.000 cas
  • 12.148 nouvelles contaminations dues au coronavirus en 24 heures en France, soit près de 2.000 de moins que la veille. Les patients en réanimation sont désormais au nombre de 1.276, soit 11 de plus que jeudi, et 721 personnes ont été hospitalisées au cours de la journée écoulée.
  • Cent trente-six décès supplémentaires ont été recensés, dont 48 en 24 heures, ce qui porte le bilan français à 32.155 morts depuis le début de l’épidémie, pour un total de 589.653 cas confirmés de contamination. Selon l’agence Santé publique France, le taux de positivité des tests est passé de 7,6 à 7,7% entre jeudi et vendredi et 1.246 foyers d’infection font l’objet d’investigations, ce qui fait 93 de plus en 24 heures.

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Macron n’est pas le chef du Liban pour le Hezbollah

Macron n’est pas le chef du Liban pour le Hezbollah

D’une certaine manière, c’est une claque pour Macron qui a été  désavoué  dans sa volonté de diriger la sortie de crise du Liban. Pour preuve, Macron avait fixé un une date-butoir pour la formation d’un nouveau gouvernement. Or le premier ministre libanais a été contraint de démissionner faute de consensus pour le former. C’est évidemment un échec diplomatique pour Macron mais surtout pour le Liban qui devra encore attendre les aides financières internationales pour sortir de la crise terrible économique et sociale.

Le Hezbollah n’a pas spécialement apprécié que Macron joue l’opinion publique contre le Hezbollah certes largement coupable de la désagrégation de l’État mais dont la présence sur le terrain est indéniable du fait de sa forte implantation et de son organisation.

Le secrétaire général du Hezbollah, qui s’exprimait dans un discours télévisé, estime en outre que l’approche adoptée par le dirigeant français, avec ultimatum fixé pour la formation d’un “gouvernement de mission”, doit changer sous peine de ne produire aucun résultat.

Il a par ailleurs accusé d’anciens Premiers ministres libanais, sunnites, dont Saad Hariri, de chercher à exploiter à des fins politiques l’implication de la France dans la crise politique, économique et financière du pays.

Le président français, qui s’est fortement impliqué dans la crise libanaise, a dénoncé lors d’une conférence de presse organisée dimanche en fin de journée entre Paris et Beyrouth une “trahison collective” de la classe politique libanaise, incapable de s’entendre sur un “gouvernement de mission” alors, a-t-il dit, qu’elle s’y était engagée auprès de lui lors de sa visite à Beyrouth, début septembre.

Il a également appelé le Hezbollah à une “clarification”. “Le Hezbollah ne peut en même temps être une armée en guerre contre Israël, une milice déchaînée contre les civils en Syrie et un parti respectable au Liban”, a-t-il dit. Une vérité sans doute mais diplomatiquement peu habile.

Renault : le projet de restructuration refusé

Renault : le projet de restructuration refusé

 

Le projet de restructuration de Renault a été unanimement rejeté par les syndicats lors  d’un comité central social et économique. Un rejet sur le fond mais aussi sur la forme. En effet, les syndicats reprochent à la direction d’avoir rendu public le plan d’économies notamment en matière d’emploi sans avoir précisé sa stratégie de développement et de recentrage. Renault est évidemment affronté comme l’ensemble de la construction automobile à une chute de production à la fois conjoncturelle et structurelle. La crise sanitaire a provoqué une chute de lors de 20 à 30 % des immatriculations mais le nouveau rapport des consommateurs à la mobilité pèse de façon durable sur le comportement des automobilistes.

Pour sortir d’urgence du rouge, Renault prévoit plus de deux milliards d’euros d’économies sur trois ans, la fermeture du site de recyclage de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), la fin de l’assemblage de voitures à Flins (Yvelines) et 15.000 suppressions d’emplois dans le monde, dont 4.600 en France.

Si l’avis des syndicats ne revêt qu’un caractère consultatif, il tombe mal pour le nouveau directeur général, bien que celui-ci bénéficie du soutien total de son principal actionnaire, l’Etat français.

Lorsqu’il a présenté en interne sa “Renaulution”, Luca de Meo avait déclaré à l’ensemble des salariés et à leurs représentants qu’il “avait besoin (d’eux) pour réaliser ce virage”.

Dans un tract, la CFDT déplore que la restructuration ait été annoncée alors que la stratégie qui doit l’accompagner ne sera pas détaillée avant janvier 2021. “Faire une telle annonce en pleine crise sanitaire relève pour le moins de l’opportunisme au plus de la provocation”, a estimé le syndicat. “Sur la forme, toujours, comment oser annoncer un tel plan alors que la stratégie de l’entreprise reste basée sur des hypothèses qui évoluent tous les jours.”

La CGC, qui entend elle aussi voter contre le plan, l’a à son tour critiqué sur la forme. “Bien que sa justification puisse trouver écho à nos yeux, ces modalités de mise en oeuvre ne nous ont pas convaincus”, a dit le syndicat dans un tract.

L’expertise préparée par le cabinet Secafi pour le CCSE a conclu que des bouleversements étaient nécessaires dans l’organisation et la stratégie de Renault.

“En conséquence, il nous paraît essentiel de mettre en place, entre les partenaires sociaux, un dispositif d’alerte précoce basé sur des enquêtes terrain en boucles courtes”, a conclu le cabinet.

A moins que l’opposition des syndicats n’augure des conflits à venir dans certaines catégories de salariés ou sur certains sites, un avis négatif n’est toutefois pas de nature à faire dérailler le processus.

En décembre 2012, le plan d’économies de PSA – 8.000 suppressions d’emplois et la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) – avait lui aussi été rejeté par les syndicats. En revanche, pour les accords de compétitivité qui ont suivi les années suivantes au fil des différents plans stratégiques du constructeur, la direction a toujours veillé à obtenir l’aval d’une majorité des syndicats.

Rencontre entre Suez et Veolia : un dialogue de sourds

Rencontre entre Suez et Veolia : un dialogue de sourds

 

Sous l’égide du ministère de l’économie,  les dirigeants de Suez et de Veolia se sont enfin rencontrés. En vain puisque chacun est resté sur ses positions. Veolia est toujours demeuré sur son objectif de constituer un grand groupe mondial en absorbant Suez alors qu’à l’inverse Suez considère cette stratégie comme une erreur. Le fait est que la constitution d’un grand groupe pratiquement unique en France ( la Saur, autre opérateur français, ne joue qu’un rôle marginal) contraindra les collectivités locales à davantage ouvrir leurs appels d’offres aux opérateurs étrangers.

Pour l’instant il est difficile savoir ce qu’il interviendra de l’intention de Veolia de racheter les parts d’Engie dans Suez. Engie, détenu en grande part par l’État, veut ce débarrasser de ses actions de Suez pour restructurer ses actifs. Pour Engie  dans la gestion est discutée, c’est une question de reconstitution de ses capacités financières. Le problème c’est que désormais l’activité eau de Suez est désormais sous protection juridique après le transfert du siège de cette activité aux Pays-Bas. Cela contraindra Veolia à se débarrasser de certaines activités – peut-être son activité eau- pour satisfaire les règles de concurrence. Ou encore de confier certaines activités de Suez ou de Veolia un fonds d’investissement.

Au total pour le consommateur tout ça risque de se traduire par une augmentation des tarifs de l’eau notamment.

Notons que le gouvernement n’apprécie pas particulièrement la sorte d’ultimatum de Veolia sur Suez fixée au 30 septembre. Le gouvernement voudrait prendre son temps et peut-être même y voir un peu plus clair.

En tout cas cette rencontre entre les leaders de Veolia et de Suez s’est clairement traduite par un fiasco total. Dans leurs communiqués, les deux rivaux s’attribuent la responsabilité de l’échec de cette réunion de la dernière chance.

“Devant le refus de Veolia de décaler l’échéance du 30 septembre et de faire une offre à tous les actionnaires de Suez, il n’a pas été possible de débuter les discussions”, déplore Suez dans son communiqué.

Le groupe de service aux collectivités réclame “en conditions préalables au dialogue entre les deux groupes” et “afin d’assurer l’égalité de traitement de ses actionnaires” la suspension de l’offre faite à Engie et le dépôt d’une offre publique par Veolia ouverte à “100% des actionnaires”.

“Si ces préalables venaient à être levés, des discussions pourraient débuter, sans précipitation, afin d’évoquer les grandes incertitudes du projet de rapprochement évoqué par Veolia ainsi que la protection des salariés”, ajoute Suez.

Du côté de Veolia, on note qu’Antoine Frérot a fait à ses interlocuteurs “des propositions précises démontrant la volonté d’amicalité de Veolia. Le groupe dévoilera ces propositions ultérieurement”

Et Veolia d’ajouter: “Philippe Varin et Bertrand Camus n’avaient malheureusement aucune proposition à avancer, si ce n’est la demande répétée d’un délai, sans toutefois pouvoir, à aucun moment, en justifier les motifs et les raisons.”

De son côté Bruno Lemaire , a affirmé à de multiples reprises ces derniers jours que l’Etat ne se laisserait “pas dicter son calendrier”.

“L’Etat ne cédera à aucune pression ni à aucune précipitation”, a redit le ministre de l’Economie mardi matin sur France Inter. “Si on nous met le couteau sous la gorge en nous disant ‘écoutez, c’est demain, pas de discussion, il faut se précipiter’… Enfin, on n’est pas à une semaine, quinze jours ou trois semaines près.”

Etats-Unis : des prêts pour les compagnies aériennes

Etats-Unis : des prêts pour les compagnies aériennes 

Le secteur aérien est évidemment très touché aussi aux États-Unis et l’on ne prévoit pas, là comme ailleurs, un retour niveau de trafic de fin 2019 avant plusieurs années.

L’Iata estime à « plus de 7 millions » le nombre d’emplois liés à l’aviation, y compris le secteur du tourisme, menacés en Europe, une estimation revue à la hausse d’un million par rapport à juin. 2020 s’annonce comme une année noire pour les compagnies aériennes, au vu de l’ampleur de la chute attendue du trafic passager, qui devrait être divisé par 3 par rapport à 2019.

 

L’IATA pense en effet désormais que le trafic passager aérien devrait chuter de 66% cette année dans le monde, contre une précédente estimation de -63%. La reprise du trafic observée cet été s’est en effet dissipée face à la résurgence de la pandémie du Covid-19 et des restrictions prises pour l’endiguer dans plusieurs marchés clés. L’Association du transport aérien international (IATA) estimait mi-août que le trafic passager aérien en Europe devrait chuter d’environ 60% cette année, le retour à des niveaux de trafic d’avant Covid-19 n’étant pas attendue avant 2024, selon l’IATA.

Aux Etats unis, ‘administration américaine vient d’accorder  des prêts à 7 importantes compagnies aériennes :  American et United, Alaska Airlines, Frontier Airlines, JetBlue Airways, Hawaiian Airlines, SkyWest Airlines ont signé l’accord avec l’administration Trump. Sans surprise, Delta Airlines et Southwest Airlines ne font pas partie de ces nouveaux accords puisqu’elles avaient déjà indiqué qu’elles n’y prendraient pas part.

«Nous sommes heureux de conclure des prêts qui soutiendront cette industrie essentielle tout en assurant une compensation appropriée des contribuables», a commenté le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, cité dans le communiqué. Il a en outre appelé le Congrès à étendre le programme de soutien afin de soutenir l’emploi de toute l’industrie aéronautique.

Le Trésor précise en revanche que les compagnies signataires obtiendront leur prêt «sous certaines conditions» qui n’ont pas été précisées. Il ajoute que les compagnies recevront «un prêt d’un montant maximum de 7,5 milliards de dollars ou 30% de 25 milliards».

En juillet, le Trésor avait indiqué que les emprunteurs devraient s’engager à certaines conditions comme le maintien d’un certain niveau d’emplois et des plafonds sur les rémunérations des employés, le versement de dividendes et les rachats d’actions.

Brexit: la loi contestée par l’UE votée aux Communes

Brexit: la loi contestée par l’UE votée aux Communes

 

C’est toujours le bras de fer qui  caractérise les relations entre l’Union économique et le Royaume-Uni. Pour preuve,  la chambre des Communes (équivalent de l’assemblée nationale en France) a suivi Boris  Johnson pour voter une loi qui contredit totalement le traité qui avait été passé entre l’union économique et le Royaume-Uni . Un traité pourtant soutenu par Boris Johnson !

Le texte voté aux communes revient sur certaines dispositions pour la province britannique d’Irlande du Nord, prévues afin d’éviter le retour d’une frontière avec la République d’Irlande, un garde-fou jugé essentiel au maintien de la paix sur l’île. Pour Boris Johnson, le but du projet est de défendre l’intégrité territoriale du Royaume-Uni en assurant la continuité des échanges entre la Grande-Bretagne et la province d’Irlande du Nord. Mais pour les Européens, c’est un coup porté à la confiance mutuelle dans la phase critique des négociations sur la relation future, menées par Michel Barnier côté européen et David Frost côté britannique.

Les pourparlers commerciaux butent toujours sur plusieurs sujets sensibles, comme la «gouvernance» du futur accord, ou encore l’éternelle question des garanties exigées par l’UE en matière fiscale, sociale, environnementale et surtout d’aides d’État, pour éviter de voir surgir de l’autre côté de la Manche une économie dérégulée, qui la concurrencerait de manière déloyale. Un accord doit également être trouvé sur la pêche, un sujet particulièrement explosif pour une poignée d’États membres comme la France, mais aussi l’Espagne, le Danemark, la Belgique ou les Pays-Bas, qui espèrent un statu quo dans l’accès de leurs pêcheurs aux eaux britanniques, très poissonneuses.

 

À l’issue d’une réunion lundi avec le ministre britannique Michael Gove, le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, a exclu que le sujet puisse torpiller les discussions commerciales: «Jamais ce ne sera l’UE qui provoquera la fin des négociations sur le futur partenariat.» . Boris Johnson a fixé une sorte d’ultimatum avec la date la date du 15 octobre pour un accord.

Les pronostics des observateurs penchent du côté d’un no deal; toutefois, l’hypothèse d’un accord de dernière minute ne peut pas être complètement écartée compte tenu des changements de position spectaculaires de Boris Johnson.

Au total, le Royaume-Uni va largement pâtir d’une éventuelle rupture en matière de croissance mais les dégâts pour l’union européenne ne sont pas non plus négligeables.

TPE-PME : 50 % craignent la faillite

TPE-PME : 50 % craignent la faillite

On pourrait assister à une véritable hécatombe des petites entreprises qui certes ont pu bénéficier de prêts aidés mais qui ne pourront renouveler l’opération comme le fait l’État d’autant que les banques auront plus que des réticences à porter à bout de bras des entreprises financièrement condamnées. 47% des petites et moyennes entreprises se sentent menacées, selon une enquête de la CPME. Plus du tiers estiment même qu’elles auront des difficultés à rembourser leur PGE une fois arrivées à l’échéance. Dans le secteur de l’hôtellerie-restauration particulièrement éprouvé par la crise, près de la moitié prévoit même de diminuer ses effectifs, et ce malgré l’approche des fêtes de Noël.

 

Les prévisions des dirigeants de TPE-PME pour la fin de cette année doivent « nous alerter », prévient la CPME. C’est la mise en garde de l’organisation patronale qui a cherché à mesurer l’impact de la crise économique provoquée par la pandémie de coronavirus ainsi que la confiance des entreprises dans l’avenir, dans une enquête réalisée auprès de 1950 d’entre elles, entre le 9 au 21 septembre 2020. Les résultats sont catastrophiques depuis la crise sanitaire et les prévisions d’activité ne sont guère réjouissantes.

L’ individualisme : logique conformiste qui traduit aussi un vide existentiel (Thierry Aimar)

L’ individualisme : logique conformiste qui traduit aussi un vide existentiel (Thierry Aimar)

Dans la Tribune, Thierry Aimar, maître de conférences en sciences économiques à l’université de Lorraine, enseignant à Sciences Po analyse la logique de l’individualisme.

 

 

Il est devenu à la mode de critiquer l’individualisme qui caractériserait nos sociétés contemporaines ; de dénoncer le repli sur soi généralisé et l’abandon de toute identité commune ; d’y voir la source de la défiance, de « l’ensauvagement » et de la violence qui se répandent un peu partout. Mais n’est-on pas victime d’une hallucination? N’assiste-on pas au contraire au triomphe de la pensée collective? Ces « individus » soi-disant atomisés passent leur temps à participer à des « réseaux sociaux »  (Facebook, Twitter, Instagram, TikTok …) dont ils sont chaque jour plus dépendants psychologiquement. Ils se pâment devant les tendances du jour, « likent » ce que les autres « likent », lynchent ce que la meute digitale désigne à leur vindicte. Loin d’être des électrons libres, ils ne pensent et s’activent qu’en groupe, prisonniers de champs numériques les reliant les uns aux autres.

Beaucoup voudraient relier individualisme et matérialisme. Mais derrière le goût des marques, de la mode, les signes extérieurs de richesse, ne cherche-t-on pas à témoigner d’une appartenance à une caste, celle des privilégiés ? Le fameux consumérisme associé à « l’individualisme possessif »  (terme inventé par le philosophe canadien CB Macpherson  pour désigner l’accumulation sans fin de biens matériels) n’est-il pas la manifestation la plus claire de l’instinct grégaire d’être reconnu par un groupe? Derrière l’ostentation, le démonstratif, le bling-bling, le spectacle de son intimité, n’est-ce pas le regard des autres que l’on essaie d’attirer vers soi ? Par la recherche de statuts, ne désire-t-on pas se catégoriser socialement ? Ne cherche-t-on pas à faire partie d’une communauté ?

De fait, ces prétendus « individus » n’ont d’autre rêve que de ressembler à d’autres, de gagner la considération de « pairs » ou de ceux dont ils aimeraient devenir les « pairs ». Ils obéissent tels des automates à cet âpre désir de conformisme dont l’économie comportementale a largement confirmé la force d’attraction. Gouvernés par le besoin de faire partie d’un collectif, ils perçoivent et définissent leur identité, leur sentiment d’exister, à travers un groupe d’appartenance.

Même la soi-disant originalité est prisonnière de ces références collectives. Vouloir être « original » signifie toujours se définir par rapport à autrui. Sous cet angle, les prétendus rebelles cherchent bien moins à exprimer leur individualité que leur volonté de changer de communauté. Ils ne rejettent pas l’idée même de  norme, mais en choisissent une autre. Ainsi, le tatouage, souvent présenté comme le symbole d’une montée en puissance de « l’individualisme », ne correspond pas à un désir de singularité, mais celui de faire partie d’un groupe de référence, celui des jeunes, des branchés, des borderlines, ou que sais-je encore,  en opposition à d’autres identités collectives concurrentes. Plus ce groupe s’élargit, plus la volonté d’en faire partie se renforce. Nombre de ces « marginaux » ne sont que des imitateurs, animés par le désir d’être reconnus par des référents, et redoutant par-dessus tout d’être considérés comme ringards (anormaux par rapport au groupe de référence) s’ils n’adoptent pas ses pratiques.

De fait, notre société n’est pas composée d’individus, mais de tribus multiples et croisées qui prennent de plus en plus le pas sur la singularité de leurs membres. Il ne s’agit plus d’être soi, mais de ressembler à d’autres, d’où leur volonté de refléter des valeurs de groupes et de toujours adopter l’opinion commune. Tels des moutons de Panurge, ces suiveurs repèrent les goûts dominants du moment (ce qu’on appelait auparavant l’air du temps) pour s’y conformer intérieurement et extérieurement ; ils apprécient des biens non pas à cause du plaisir intrinsèque à les consommer, mais parce que les autres les apprécient. Les enfants n’ont plus l’ambition d’embrasser des carrières aux destins individuels qui les révèlent à eux-mêmes. Ils rêvent d’être des Youtubers, ces influenceurs dont la profession est de modeler les goûts de masses. Bien mieux que les figures politiques auxquels étaient traditionnellement réservées ce rôle, ces nouvelles stars du Net ou de la télé-réalité incarnent désormais les valeurs collectives et la réussite sociale.

On doit évidemment s’interroger sur ce qui se cache derrière cette recherche généralisée d’identité collective. Il est à craindre qu’elle ne dissimule tout simplement un profond vide existentiel, un échec à découvrir et cultiver sa propre personnalité. Nous sommes confrontés à un déficit de culture au sens subjectiviste du terme, c’est-à-dire d’une capacité de tirer un revenu psychologique de soi-même. Le subjectivisme implique singularité, développement de soi, volonté et capacité de défricher son territoire intérieur, de découvrir sa carte personnelle. Il est par nature étranger à la notion de mimétisme, du besoin de l’assentiment d’autrui pour se sentir exister. Mais des normes collectives de pensée et bonheur définies par un environnement communautaire représentent des écrans qui empêchent naturellement chaque membre de ces tribus de connaître la réalité de leur propre univers intérieur et de « jouir loyalement de soi-même » (pour reprendre l’expression de Montaigne). Faute d’accéder à leur propre environnement subjectif, ces soi-disant individus tentent alors désespérément de se créer une identité par le regard d’autrui. Ils ne se sentent exister que si d’autres reconnaissent leur existence; ils ne se sentent satisfaits que si les autres pensent qu’ils le sont. Dans ce cercle vicieux de la dépendance psychologique, chacun se voit obligé de se fondre toujours plus dans le communautaire pour échapper au silence intérieur auquel ils sont condamnés.

L’individualisme sans subjectivisme est une enveloppe ouverte qui ne peut renfermer que des lettres collectives; une simple coquille vide remplie de toutes les mythologies du jour. Ce qu’on devrait donc reprocher à notre société n’est pas de produire trop « d’individus », mais de détruire leur subjectivité. Ignorants d’eux-mêmes, devenus incapables de se découvrir et de se développer intérieurement, ils sont condamnés à un mal-être permanent qu’ils essaient d’alléger en tirant des traites sur un avenir fantasmé. Leur vie ressemble à un métro : le vrai bonheur, c’est toujours la station d’après.

Débat Suez-Veolia : les territoires veulent être associés

Débat Suez-Veolia : les territoires veulent être associés

 

De manière assez légitime les représentants des collectivités locales souhaite être associées à la perspective de regroupement de Veolia et Suez. En effet, les clients principaux de Veolia et de Suez sont des collectivités locales qui éventuellement auront à subir les conséquences néfastes d’un regroupement qui renforcera la position hégémonique des sociétés citées et subiront vraisemblablement la hausse des prix des services délégués.

 

C’est en effet la question d du coût des services qui est en cause dans la mesure où les grandes sociétés de services environnementaux peuvent facilement imposer leurs conditions à des collectivités bien armées techniquement et financièrement pour juger de la pertinence des prix. Dans une tribune publiée par Le Point, des sénateurs, maires et présidents de collectivités s’inquiètent des conséquences de l’opération sur les services publics de l’eau et des déchets. Ils demandent à l’Etat de prendre son temps. L’AMF a aussi tenu a alerté sur certains points de la fusion.

 

En tant que « garants de l’accès de tous, à des conditions abordables, à ces services essentiels », ces élus estiment avoir le devoir de d’assurer qu’une telle opération « ne se fasse pas au détriment des usagers et contribuables, des collectivités locales et de l’emploi », expliquent-ils.

Azerbaïdjan–Arménie : l’ONU veut un arrêt des combats au Karabakh

Azerbaïdjan–Arménie : l’ONU  veut un arrêt des combats au Karabakh

 

Le Karabakh province de l’Azerbaïdjan avait profité de la chute de l’URSS pour déclarer  son indépendance en 1991. Depuis l’Azerbaïdjan veut reconquérir ce territoire pourtant peuplé de chrétiens orthodoxes comme en Arménie. Suite à des incidents de frontière, l’Azerbaïdjan a engagé des forces militaires qui ont fait une centaine de morts.

Un conflit qui pourrait enflammer la région d’autant que Erdogan n’a pu s’empêcher de mettre son grain de sel en affirmant qu’il soutiendrait l’Azerbaïdjan tandis que Poutine lui soutient l’Arménie. Le Conseil de sécurité de l’ONU a donc réclamé mardi dans une déclaration unanime obtenue par l’AFP un « arrêt immédiat des combats » au troisième jour de combats meurtriers dans la région disputée du Nagorny Karabakh entre l’Azerbaïdjan et des forces séparatistes soutenues par l’Arménie.

Les 15 membres du Conseil de sécurité expriment « leur soutien à l’appel lancé par le secrétaire général aux deux côtés pour arrêter immédiatement les combats, désamorcer les tensions et reprendre sans tarder des négociations constructives », précise leur déclaration adoptée pendant une réunion d’urgence demandée par les pays européens du Conseil (BelgiqueEstonie, Allemagne, France et Royaume-Uni).

Les deux Etats ont décrété la loi martiale et l’Arménie a annoncé une mobilisation générale.

Pauvreté : hausse depuis le Coronavirus

Pauvreté : hausse depuis le Coronavirus

Pendant les deux mois du confinement, 1 270 000 personnes ont sollicité l’aide du Secours populaire dans ses permanences d’accueil – contre 3,3 millions sur toute l’année 2019. Parmi ces demandeurs, 45 % étaient jusque-là inconnus de l’association, indique son baromètre annuel réalisé avec Ipsos.

Dans les rues de Paris, les files d’attente pour les distributions alimentaires continuent de s’allonger, face à l’afflux inédit de nouvelles personnes venant s’ajouter aux précaires, dont la situation a empiré. Familles monoparentales, personnes âgées, étudiants, mais aussi intérimaires, ou travailleurs indépendants : personne ne semble plus à l’abri de la précarité, selon le Secours populaire.

«  Ce qui nous inquiète particulièrement, c’est la fermeture de petites entreprises, comme celles du bâtiment ou de la restauration, qui représentent beaucoup d’emplois et qui sont obligées de licencier », estime le secours populaire »

En France, la forte hausse du chômage déjà enregistrée en 2020 risque de continuer, avec 800 000 suppressions d’emplois attendues cette année selon la Banque de France. Selon l’ONU, à l’échelle mondiale, la pandémie de Covid-19 pourrait faire basculer plus de 130 millions de personnes supplémentaires dans la faim chronique d’ici à la fin de l’année. En France, les étudiants, nombreux à occuper de petits boulots pour financer leurs études, sont eux aussi durement touchés par la crise, note l’association.

« Reconduite systématique des « étrangers » menaçants ( Darmanin )

« Reconduite  systématique des « étrangers » menaçants ( Darmanin )

Le ministre de l’intérieur a recommandé au préfet  »reconduire systématiquement les étrangers » ayant commis des  »infractions graves » ou  »représentant une menace grave pour l’ordre public » et de lui rendre compte  »personnellement » du nombre de reconduites chaque trimestre.

 

« Je vous demande de mettre systématiquement en œuvre les procédures à même d’interrompre, dans les meilleurs délais, la présence de ces personnes sur notre territoire », écrit le ministre de l’Intérieur dans ce courrier, écrit quatre jours après l’attaque perpétrée par un ressortissant pakistanais devant les anciens locaux de Charlie Hebdo. Aussi, le ministre fait référence aux  »événements survenus récemment » qui « doivent vous inviter à la plus grande vigilance ».

 

Le ministre incite les préfets à privilégier trois « leviers ». D’abord une « coordination étroite » entre  »forces de sécurité »,  »autorité judiciaire » ou  »administration pénitentiaire » pour  »préparer l’éloignement des étrangers incarcérés avec toute l’anticipation nécessaire ». Il leur demande aussi une  »mise en œuvre complète et systématique de toutes les procédures administratives pertinentes », en rappelant que le  »droit actuel » permet de procéder à des « refus ou retraits de titre » voire de  »la nationalité française ». Enfin, il veut les voir utiliser  »tous les outils opérationnels » pour procéder à ces « éloignements » à savoir  »rétention »,  »assignation » ou  »participation à des vols groupés ».

 

« Nous menons actuellement une réflexion sur les dispositions législatives que nous pourrions prendre dans les prochains mois afin de faciliter certaines procédures », écrit encore Gérald Darmanin.

Coronavirus : un traitement trouvé par l’institut Pasteur

Coronavirus : un traitement trouvé par l’institut Pasteur

l’institut Pasteur affirme avoir trouvé une molécule aujourd’hui utilisée dans un médicament existant qui peut aussi traiter le Coronavirus de manière efficace et ceci dès l’apparition des symptômes. Des essais seront effectués sur un large échantillon pour vérifier l’efficacité de cette molécule et sa mise sur le marché pourrait intervenir au début de l’année 2021.

 

Plusieurs molécules avaient déjà été annoncées comme « miraculeuses ». Quelle est la différence avec cette molécule, découverte par l’Institut Pasteur de Lille ? Damien Mascret, docteur et journaliste, assure sur le plateau du 20 Heures que « c’est un médicament ‘repositionné’« . « Cela veut dire que c’est un médicament que l’on connaît bien. Quand on connaît bien un médicament ça veut dire qu’on connaît bien sa tolérance, ses effets indésirables et surtout, on ira très vite vers la commercialisation si les essais sont couronnés de succès« , explique-t-il.

Bien-être animal : vers l’interdiction de tous les animaux domestiqués ?

Bien-être animal :  vers l’interdiction de tous les animaux domestiqués ?

La décision brutale de la ministre de l’écologie d’interdire la présence d’animaux dans les cirques et parcs d’attraction va évidemment créer une sorte de tsunami  dans la profession. Même si la mesure doit être progressive, c’est à coup sûr la mort de nombre de parcs d’attraction et de cirque. Ces mesures sont prises au nom du bien-être animal. Mais la question peut être élargie au-delà des animaux visés (dauphins, orques, lions, tigres etc.) car tous les animaux domestiqués au départ étaient sauvages. Par exemple cela pourrait concerner aussi bien les chevaux que les chiens eux aussi ne sont pas dans leur milieu naturel et bien souvent contraints dans un espace réduit par les hommes.. On notera quand même que la ministre prudente n’a pas évoqué la question de la corrida, sujet sans doute trop sensible !

 

C’est différentes mesures au nom de l’éthique écologiste vont tuer rapidement nombreux d’activités. La question du bien-être animal se défend mais pourquoi choisir telle ou telle catégorie et pas telle autre ? Au nom de quels critères ?

 

« Le cirque est mort sans les animaux », a déclaré Frédéric Edelstein cirque Pinder.  »On n’a jamais fait de mal aux animaux dans un cirque », a-t-il encore assuré, ajoutant que ses lions « se couchent » sur lui et l’ »aiment ». « Je veux garder mes animaux ! Dès que je peux remettre Pinder sur la route, je remets Pinder sur la route et pour moi, le cirque, c’est avec les animaux, pas sans. »

L’interdiction prochaine de la reproduction et de l’introduction de nouveaux orques et dauphins dans les trois delphinariums français a suscité l’indignation du parc Marineland d’Antibes. « Clairement, l’intention du message de Barbara Pompili, c’est la fin des delphinariums en France. Mais selon quel calendrier, on ne sait pas », a déclaré à l’AFP le directeur général Pascal Picot. Le parc abrite aujourd’hui 12 dauphins, dont deux nés cette année en captivité, et quatre orques.

Le gouvernement va mettre 8 millions d’euros sur la table pour la reconversion des cirques ambulants (les cirques et autres spectacles sédentaires ne sont pas concernés) et des personnels des trois delphinariums du pays. Une enveloppe jugée « ridicule » par le patron du Marineland, qui emploie 160 personnes en contrat à durée indéterminée (CDI) et 500 saisonniers, sans compter une centaine d’emplois en CDI dépendant indirectement du parc.  »Ça fait 400 euros par licenciement », calcule Pascal Picot.

Débat Trump Biden : les principales interventions

Débat Trump Biden : les principales interventions

 

D’ une manière générale ce débat a été caractérisé par une sorte de chaos;  invectives et injures ont dominé la rencontre. Le journal l’Opinion rend  compte des principales interventions. Les  principales déclarations des deux candidats à la présidentielle américaine lors du premier débat télévisé :

Sur la Cour suprême et la nomination d’Amy Barrett pour succéder à Ruth Bader Ginsburg

Donald Trump : On a gagné les élections, on a une candidate phénoménale. On a le temps. On a gagné les élections donc on a le droit de faire cette nomination.

Joe Biden : Les électeurs américains ont leur mot à dire. L’élection a déjà commencé, les Américains ont déjà commencé à voter. L’objectif de cette nomination est de revenir sur le Affordable Care Act. Ce n’est pas approprié de faire cela avant l’élection. Le président est aussi opposé à Roe v. Wade.

Donald Trump : Vous ne connaissez pas son point de vue sur Roe v. Wade.

Sur le système de santé et l’assurance-maladie

Donald Trump : Le prix des médicaments va baisser de 80 à 90%. L’insuline. Je l’obtiens pour rien du tout. C’est comme l’eau, c’est vraiment pas cher.

Joe Biden : Tout ce qu’il dit depuis le début n’est que mensonge. Je ne suis pas là pour dénoncer ses mensonges.

Donald Trump : Vous venez de perdre la gauche. Vous voulez socialiser la santé.

Joe Biden : Il n’a pas de projet. Il ne sait pas de quoi il parle.

Sur l’épidémie de Covid-19

Joe Biden : Quand on lui a présenté les chiffres, il a dit « c’est comme ça ». Le président n’a pas de plan. Il savait depuis février. Il n’a rien dit pour ne pas affoler les gens. Vous n’avez pas paniqué, il a paniqué. J’ai présenté dès le mois de mars un projet sur ce qu’il faut faire. Et de nouveau en juillet. Sortez de votre bunker et arrêtez le golf. Vous devez financer ce qui doit l’être maintenant pour sauver des vies.

Donald Trump : C’est de la faute de la Chine. Si vous regardez ce qu’on a fait, on a fermé le pays, et vous avez dit « Il est xenophobe ». En fermant le pays tôt, Fauci l’a dit, le président Trump a sauvé des millions de vies. Les gouverneurs ont dit que Trump avait fait un travail phénoménal. On est à quelques semaines d’avoir un vaccin. On a fait un super travail. Les médias me donnent mauvaise presse. Vous n’auriez jamais fait ce qu’on a fait, vous ne l’avez pas en vous. H1N1, vous avez été désastreux.

Joe Biden : Comment d’entre vous ont perdu un proche ?

Donald Trump : Beaucoup d’autres seraient morts.

Joe Biden : En ce qui concerne les vaccins, on fait confiance à la science, pas à Trump. Il savait depuis février et n’a rien dit.

Donald Trump : Vous n’avez rien fait pendant 47 ans.

Joe Biden : Les masques font une grande différence. On aurait pu sauver environ 100000 vies.

Donald Trump : Je n’ai pas de problème avec les masques.

Sur l’économie

Donald Trump : On a construit l’économie la plus robuste jamais vue. Puis l’épidémie chinoise est arrivée. On a fermé à cause d’elle. Il faut ouvrir les Etats. C’est injuste. Regardez ce qui se passe avec les divorces, l’alcoolisme… c’est très triste. Il va fermer tout le pays.

Joe Biden : Les milliardaires se portent très bien grâce à ses mesures fiscales. Il ne regarde que la Bourse. Mais vous, à la maison, comment vous portez-vous ? De fait, il va être le premier président des Etats-Unis à quitter son poste avec moins d’emplois que lorsqu’il est arrivé. Pourquoi il veut ouvrir ? Ils n’ont rien fait pour aider les PME. Une sur six a fermé.

Donald Trump : Les gens veulent que les écoles ouvrent, ils veulent leurs restaurants. Ils veulent revenir à la vie normale. Je suis celui qui a fait redémarrer le foot américain.

Sur les impôts

Donald Trump : Je paye des millions de dollars d’impôts. J’ai payé 38 millions de dollars une année. Mes actifs sont très bons. Vous le verrez. Avant de venir ici, j’étais un entrepreneur privé. Il a passé une loi qui nous donne tous ces avantages fiscaux.

Joe Biden : Il dit qu’il est intelligent parce qu’il exploite le code des impôts. Je veux supprimer les avantages fiscaux créés par Trump. Il est le pire président des Etats-Unis qu’on ait jamais eu.

Donald Trump : Vous voulez supprimer mes taxes ? La moitié des entreprises vont partir et vous aurez une récession d’une ampleur que vous n’avez jamais vue.

Joe Biden : Il a hérité d’une économie en plein boom. Il a tout gâché. Il parle de l’Art du Deal mais la Chine a perfectionné l’art du « steal ».

Donald Trump : La femme du maire de Moscou a donné de l’argent à votre fils.

Joe Biden : C’est faux.

Sur les tensions raciales aux Etats-Unis

Joe Biden : C’est une question d’équité et d’égalité. On n’a jamais renoncé à cela, même si on a pas réussi. Mais on n’a jamais renoncé. Contrairement à lui. Il attise la haine raciale. Cet homme n’a rien fait. Regardez ce qu’il dit, ce qu’il fait. Ce qu’il a fait a été désastreux pour la communauté afro-américaine.

Donald Trump : En 1994, vous avez traités les Afro-Américains de super-prédateurs. Et bien pire. Je relâche des gens de prisons. On a le soutien de presque toutes les forces de l’ordre. Vous ne pouvez même pas utiliser ces mots « forces de l’ordre », sinon vous perdez le soutien de vos radicaux de gauche. Si on nous avait appelé à Portland, on aurait remis de l’ordre en une demi-heure. On croit à la loi et l’ordre. Les gens de ce pays demandent la loi et l’ordre.

Joe Biden : Je suis opposé à un «: :t » de la police. Il faut qu’ils aient les moyens de faire face à ce qui les attend.

Donald Trump : Les forces de l’ordre ne vous soutiennent pas ! Citez un seul groupe qui vous a apporté son soutien.

Invité par le journaliste Chris Wallace à condamner les suprémacistes blancs, Donald Trump a répondu : « Proud boys, stand back and stand by ».

Chris Wallace: « Are you willing, tonight, to condemn white supremacists and militia groups and to say that they need to stand down… »

Trump: « Proud Boys, stand back and stand by! But I’ll tell you what, somebody’s got to do something about antifa and the left. » pic.twitter.com/4vrPocKzcu

— Axios (@axios) September 30, 2020

Sur le réchauffement climatique

Donald Trump : Nous devons mieux gérer nos forêts. Chaque année, on m’appelle pour me dire que la Californie brûle. Si les forêts étaient bien gérées, je ne recevrai pas ces appels. Je suis pour les voitures électriques, mais ce qu’ils ont fait en Californie est fou.

Joe Biden : On peut arriver au zero émission d’ici 2035 en créant de millions d’emplois qui sont rémunérateurs. Je veux rejoindre l’Accord de Paris. Je veux réunir les pays du monde entier pour donner 20 milliards de dollars à la sauvegarde de la forêt amazonienne. Regardez ce que nous coûtent les ouragans, les inondations, les tempêtes en ce moment. On va être en position de créer des emplois solides en veillant à protéger l’environnement. (…)

Alors que Donald Trump brandit  le Green New Deal et son coût de plusieurs milliers de milliards de dollars, Joe Biden réplique :

Le Green New Deal n’est pas mon projet !

Sur la transition après l’élection

Donald Trump : En matière de bulletins de vote, c’est un désastre. Ils envoient des bulletins qui n’ont pas été demandés partout. Il va y avoir une fraude inédite. Le 3 novembre, vous allez vouloir regarder les résultats, et peut-être qu’on ne saura pas qui a gagné pendant des mois. Il y a une fraude, et c’est une honte. Dans certains endroits, on peut recevoir les bulletins de vote jusqu’au 10 novembre. L’élection est truquée. Ça va mal se terminer.

Joe Biden : Le vote par correspondance existe depuis des décennies. On n’a pas besoin de demander les bulletins de vote. Ils sont envoyés chez vous. Il y a une date limite de réception des bulletins. Il a juste peur.

Donald Trump : Je demande à mes supporters d’aller au bureau de vote et à regarder de près ce qui se passe. De mauvaises choses se passent à Philadelphie. Si je vois des milliers de bulletins être manipulés…

Joe Biden : Comptez les votes. Dans certains Etats, on ne peut pas commencer à dépouiller avant le 3 novembre. Nos militaires votent par correspondance depuis des années. Pourquoi ce n’était pas frauduleux pour eux ? J’accepterai les résultats de l’élection. Et lui aussi. Une fois que les votes seront comptés et le vainqueur déclaré, ce sera la fin de cela.

Rénovation énergétique : aides divisées par trois ?

Rénovation énergétique : aides divisées par trois ?

L’ingénieur et architecte Philippe Alluin dénonce dans le journal Le Monde les faux-semblants du dispositif de rénovation énergétique inclus dans le plan France Relance.

 

Tribune. 

 

Les annonces étaient prometteuses : avec un tiers du plan consacré à la transition énergétique, on s’attendait à une réelle avancée, notamment dans la rénovation énergétique des bâtiments. La consommation énergétique des logements représente 30 % de la dépense énergétique totale.

Le dispositif MaPrimeRénov, présenté en grande pompe comme un nouveau dispositif, doit permettre, selon le gouvernement, un démarrage de la fameuse massification de la rénovation énergétique des logements. En réalité, ce dispositif est en vigueur depuis le 1er janvier 2020. Il succède en effet au crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) supprimé depuis cette date.

Présenté dès janvier comme plus simple et plus efficace, le nouveau dispositif masquait en réalité un habile tour de passe-passe de Bercy : aux 2 milliards d’euros par an affectés jusqu’en 2019 au CITE se substitue un budget de 800 millions dont est doté MaPrimeRénov, une somme qui provient d’ailleurs du budget du dispositif « Habiter mieux » de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH), lui aussi supprimé le 1er janvier 2020 !

Réservé dans un premier temps aux catégories « très modestes » et « modestes », MaPrimeRénov devra être étendu à tous les ménages et aux copropriétés à compter de janvier 2021. Mais cet élargissement à tous les ménages n’est en fait pas dû au plan de relance. Les 2 milliards sur deux ans qui y sont affectés dans le cadre du plan de relance ne sont ni plus ni moins ce que Bercy avait prévu d’affecter lors de la suppression du CITE. Et c’est moins de la moitié de ce que l’Etat dépensait chaque année pour soutenir la rénovation énergétique des logements, avec les 2 milliards par an du CITE, et les 800 millions de l’ANAH.

Somme toute, on passe de 2,8 milliards d’euros par an en 2019 à 1 milliard d’euros par an en 2021. Avec le plan dit « de relance », les aides à la rénovation énergétique des logements auront donc été divisées par trois…

Mais, nous dit-on, ce dispositif sera plus simple. Là encore, bel effort de communication pour masquer ce qui va encore se complexifier. Si le CITE était simple et universel, les demandes d’aide « Habiter mieux », destinée aux ménages très modestes et modestes, étaient instruites par les opérateurs de l’ANAH à travers une enquête auprès de chaque ménage pour déterminer son éligibilité : la démarche était si longue, si complexe et si tatillonne que l’ANAH n’a jamais été en mesure de dépenser les sommes affectées à ce dispositif.

« Le bon Arabe, c’est celui qui choisit d’être le meilleur en français plutôt qu’en arabe »

« Le bon Arabe, c’est celui qui choisit d’être le meilleur en français plutôt qu’en arabe »

Nabil Wakim, journaliste au « Monde » né au Liban et ayant grandi en France, publie « L’Arabe pour tous. Pourquoi ma langue est taboue en France » (Seuil), une enquête personnelle sur le rapport des enfants de l’immigration avec leur langue maternelle. Extraits.

 

 [L’arabe est la deuxième langue la plus parlée en France, avec 3 millions ou 4 millions de locuteurs ; mais seuls 14 000 élèves l’apprennent dans les collèges et les lycées. Né au Liban, Nabil Wakim, journaliste au Monde, a grandi en France après que ses parents ont quitté le pays, en 1985, pendant la guerre civile. Dans L’Arabe pour tous. Pourquoi ma langue est taboue en France (Seuil), il interroge le rapport que les enfants issus de l’immigration entretiennent avec leur langue maternelle. Nous en publions quelques extraits.]

Bonnes feuilles. Je suis né à Beyrouth, au Liban, en 1981, pendant la guerre, puis j’ai déménagé en France, à l’âge de 4 ans. Je suis devenu journaliste au Monde, j’écris et je parle un français châtié. Par contre, je suis nul en arabe. Pourtant, j’ai grandi avec. Plus encore : l’arabe est ma langue maternelle. Celle que m’a parlée ma mère à la naissance, celle de mes premiers jeux d’enfant, celle de mes plats préférés. Quelque part entre mes 4 ans et mes presque 40 ans, j’ai perdu l’arabe en cours de route. Sans vraiment y faire attention, sans vraiment savoir pourquoi.

Pendant toute mon adolescence, j’ai chassé l’arabe de ma vie : j’étais Français, je parlais français, j’avais des bonnes notes en français, les choses étaient très simples. Rien ne m’ennuyait plus que les vacances estivales au Liban, où je devais supporter l’ingrat rituel familial, heureusement atténué par les quantités de houmous et de knéfé que cela permettait d’ingurgiter. J’ai refusé bêtement d’apprendre l’arabe, j’ai écouté les sermons de ma grand-mère avec une moue amusée et frondeuse.

Et me voilà, à 38 ans, incapable de soutenir une conversation décente. Oh, bien sûr, je sais commander un chich taouk dans un restaurant ou échanger une ou deux politesses avec un chauffeur de taxi. Mais je ne comprends pas combien je dois payer s’il ne bascule pas vers l’anglais ou le français – autant dire que, dans un pays comme le Liban, c’est une bonne technique pour se faire souvent arnaquer.

Je ne peux pas écouter les infos à la radio ou à la télévision – ce qui est quand même ridicule quand on est journaliste. Alors mener une interview ou faire un reportage en arabe ? Impossible. Je parle pourtant un anglais teinté d’accent yankee et un espagnol andalou aux sonorités chantantes. Mais je suis analphabète dans ma langue maternelle.

Et depuis dix ans, je suis paralysé : impossible de parler l’arabe, impossible de ne pas le parler.

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