• Accueil
  • > Archives pour octobre 2020

Archive mensuelle de octobre 2020

Page 28 sur 30

Séparatisme islamique : prévoir de forts affrontements

Séparatisme islamique : prévoir de forts affrontements

Dans le journal l’opinion, Thibault de Montbrial , avocat des questions de sécurité prévoit un affrontement à propos du séparatisme islamique. (Interview  dans l’opinion)

: « Nous allons assister à une bagarre. Une partie du pays va s’opposer à cette guerre déclarée à l’islamisme »

 

Thibault de Montbrial

 « Le séparatisme islamiste » : l’adversaire est cette fois désigné par le président de la République ?

Enfin ! Ce positionnement d’Emmanuel Macron sur l’islamisme, nous l’avons attendu. L’ennemi, c’est en effet l’islamisme avec sa traduction violente – le jihadisme – mais aussi sa traduction politique – l’islam politique. Le terrorisme a produit un tel effet de sidération sur nos sociétés qu’on en a, ces dernières années, presque oublié que nous sommes également vulnérables à l’islam politique. Or, à une minorité déjà tombée dans la violence s’ajoute désormais une part plus importante de la communauté musulmane pour laquelle l’islam politique prime. Selon un récent sondage IFOP, trois jeunes musulmans sur quatre font passer leur religion avant les lois de la République.

Trois ans du quinquennat ont été perdus ?

Dès le début de son mandat, Emmanuel Macron avait une vision très claire de la déstabilisation qui résultait du terrorisme islamique. Un bon travail a été fait sur le sujet. En revanche, sur l’islam politique, sa position a d’abord été beaucoup plus ambiguë. Sa lecture du monde passait par un prisme économique et social. En gros, du moment qu’il y avait des jobs pour tout le monde, il n’y avait pas de problème. Or, cette approche ne recouvre pas la réalité. Des gens qui théorisent l’islam politique sont souvent des personnes éduquées, très bien insérées dans la société, qui exercent leur influence sur la frange de la communauté musulmane tentée par le séparatisme.

Vous écrivez que depuis quarante ans, « le chantage au racisme » a empêché les politiques d’agir. C’est ce chantage auquel le président a décidé de ne pas céder ?

Son discours vendredi dernier aux Mureaux le prouve. Il a été pensé et écrit par des gens, y compris le Président, qui ont mesuré la gravité de la situation. A l’inverse, une partie de la communauté musulmane et de la gauche s’est perdue sur ces questions. En tranchant vraiment, Emmanuel Macron se met en danger politiquement mais, aujourd’hui, il a choisi son camp.

Un projet de loi, en décembre, doit transformer la parole en actes. Parmi les nombreux chantiers ouverts – des mesures qui touchent l’école, les associations, les imams – quels sont ceux prioritaires ?

Pour casser la dynamique de l’islamisme, ils le sont tous ! Il faut parvenir à casser la capacité d’endoctrinement à la source du séparatisme.

L’une des mesures les plus emblématiques – l’interdiction de l’école à domicile sauf raisons de santé – est critiquée. Est-elle utile ?

On ne peut pas toujours faire semblant d’ignorer les notes des services de renseignement qui alertent sur les conséquences de la non-scolarisation. A un moment, il faut choisir : veut-on nourrir l’islamisme et ses moyens de fertilisation que sont les écoles clandestines, les Elco (enseignement en langue et culture d’origine) et les prêches fondamentalistes ? Veut-on que le milieu associatif soit un vivier pour l’islam politique ? En Ile-de-France, Valérie Pécresse a décidé de conditionner les subventions versées par la Région à un contrôle des associations. Il faut bien commencer un jour.

Imaginons que la scolarisation obligatoire dans un établissement soit sanctionnée un jour par le Conseil constitutionnel ou la Cour européenne des droits de l’homme. Ne risquerait-on pas un effet boomerang ? Un formidable argument pour l’islam politique ?

J’appelle les corps intermédiaires, les préfets, les juges, à ne pas faire preuve de naïveté, à ne pas faire une interprétation « hors sol » de nos lois. Car les islamistes, eux, pratiquent, « le judo des valeurs ». Ils savent parfaitement utiliser la force de leur adversaire pour la retourner contre lui. Le droit est une arme qu’ils maîtrisent parfaitement. C’est la phrase du théologien des Frères musulmans, Al Qarâdawî : « Avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons. Avec nos lois coraniques, nous vous dominerons ».

Nous allons assister à une bagarre. Une partie du pays va s’opposer à cette guerre déclarée à l’islamisme. Comment ne pas le voir quand Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon ou Esther Benbassa participent en 2019 à cette funeste marche organisée par le Collectif contre l’islamophobie en France ?

Emmanuel Macron ne va-t-il pas être taxé de vouloir, une fois de plus, priver la droite d’oxygène ?

On ne peut pas toujours instruire le procès d’une politique qui ne serait engagée que sur la base d’intérêts électoralistes. A chacun d’assumer sa cohérence politique. Cette loi doit être massivement votée.

L’immigration non maîtrisée est à la racine du mal car elle permet à l’islamisme d’avancer ses pions. L’islamisme est la conséquence directe d’un long laxisme en la matière

L’immigration non maîtrisée est aussi, selon vous, un facteur de déstabilisation majeur. Estimez-vous donc que c’est le « pilier » manquant du plan contre le séparatisme ?

Absolument, car l’immigration clandestine vient alimenter les terreaux potentiels de l’islamisme. L’immense majorité des clandestins viennent de pays musulmans. En France, le risque qu’ils soient repris en main par l’islam radical est réel. J’assume totalement de dire que l’immigration non maîtrisée est à la racine du mal car elle permet à l’islamisme d’avancer ses pions. L’islamisme est la conséquence directe d’un long laxisme en la matière. Une partie importante de la communauté musulmane n’a qu’une envie, c’est de s’intégrer. Mais il n’y a aucune raison de garder chez nous des immigrés illégaux qui bafouent la loi et déséquilibrent les comptes sociaux. A un moment, il faut oser l’autorité.

L’immigration, c’est l’angle d’attaque du Rassemblement national contre le plan Macron.

Cela ne m’empêchera pas d’affirmer que l’immigration est l’autre grand chantier auquel s’attaquer si l’on veut lutter contre l’islamisme. Une fois encore, au lieu de se réjouir d’une avancée politique majeure, indispensable, le RN reste dans la critique systématique.

Le renvoi des clandestins dans leur pays d’origine reste la pierre d’achoppement de la lutte contre l’immigration illégale. Que proposez-vous ?

Un rappel d’abord : selon le rapport de la Cour des comptes de 2015, seuls 15 % des immigrés n’obtenant pas un titre de séjour sont renvoyés chez eux. Notamment parce que les pays d’origine ne veulent pas récupérer leurs ressortissants. Il existe deux leviers pour agir : que la France conditionne le volume de visas et l’aide financière à ces pays à leur bonne volonté en la matière. Mais je suis aussi pour la méthode australienne : un blocus maritime en Méditerranée pour empêcher les bateaux de passer. Et des zones d’attente dans les pays d’arrivée (Grèce, Italie, Espagne, etc.) où, une fois leur demande examinée, les déboutés de l’asile seraient immédiatement reconduits chez eux. Je propose également que les étrangers condamnés en France exécutent leur peine dans leur pays d’origine, quitte à ce que la France finance en partie ce dispositif. Cela libérerait environ 20 % des places de prison.

Après les attentats de masse projetés depuis l’étranger, comme en 2015, les attaques conçues en France par des individus « autonomes », comme l’assassinat du père Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray, vous annoncez une troisième phase du terrorisme. Qu’est-ce que ce « terrorisme endogène structuré » ?

Nous avons aujourd’hui sur notre sol quelques centaines de gens qui ont combattu en Syrie et qui ont « le goût du sang dans la bouche » comme disent les militaires. Ils n’ont pas modéré leurs ardeurs anti-occidentales et ont la capacité de recruter dans le vivier des radicalisés et de structurer des réseaux. Les services les surveillent mais un attentat monté ici est inéluctable. Deux attaques de ce type ont déjà été déjouées : l’une visait l’Elysée et Beauvau, l’autre avait été fomentée dans la région de Brest.

La récente attaque contre les anciens locaux de Charlie Hebdo ne correspond pas à ce schéma.

Mais elle réunit tous les chapitres de mon livre ! Un « mineur » de 25 ans, venant du Pakistan, pays dit « sûr », la justice qui refuse de contrôler son âge par un test osseux et une agression avec une arme en juin qui lui vaut un simple rappel à la loi. Sans parler de la satisfaction de sa famille au Pakistan qui, ces derniers jours, se répand sur les réseaux sociaux…

La radicalisation de Mickaël Harpon, l’auteur de l’attaque à la préfecture de police de Paris il y a un an, était repérée de longue date par ses collègues qui, pourtant n’ont pas tiré la sonnette d’alarme, selon les informations du Parisien. Est-ce révélateur ?

L’infiltration dans les services publics existe, démontrée par un récent rapport parlementaire. Le filtrage en amont des individus radicalisés fonctionne cependant à peu près. Le vrai problème, ce sont les profils comme Harpon, qui basculent dans l’islam radical alors qu’ils sont déjà dans la place.

Comment jugez-vous les premiers mois d’Éric Dupond-Moretti à la Chancellerie ?

Avec le tandem Darmanin-Castex, nous assistons à un retour d’un discours d’autorité bienvenu après le désastreux couple Castaner-Belloubet. Mais Éric Dupond-Moretti, avec ses propos sur la prison, sa résignation face à la criminalité, sa vision d’avocat de la défense, c’est le « en même temps » d’Emmanuel Macron. En revanche, pour bousculer le conformisme de la justice, il peut être intéressant.

 

Inondations : deux fois plus en plus fréquentes à l’avenir »

Inondations : deux plus en plus fréquentes à l’avenir »

Le  climatologue Jean Jouzel a déclaré que des épisodes météorologiques comme celui des inondations récentes qui a frappé les vont devenir « de plus en plus fréquents et intenses ». 

Le climatologue et membre du Giec Jean Jouzel explique sur Europe 1 que ces phénomènes sont dus au réchauffement climatique.

 

La Méditerranée restant plus chaude plus longtemps, elle joue en quelque sorte le rôle de carburant dans ce genre d’épisodes extrêmes. Que ce soit les nombreux feux de forêts à travers le monde, un mercure très élevé au mois de septembre, ou dernièrement ces intempéries, « nous avons [ici] une manifestation du réchauffement climatique », affirme Jean Jouzel.

Alors pour éviter que de nouveaux drames humains ne se reproduisent, le climatologue préconise un travail sur le terrain. « Il y a certainement un travail à faire en termes de moyen mis à disposition des secours qui sont toujours assez limités. Mais il y a aussi peut-être des mesures à prendre sur l’écoulement des eaux, ou encore sur la protection des habitations. Il faudrait également analyser les zones à risques, et prendre des mesures par rapport à ça. » Et de conclure : « Je sais que c’est difficile de dire ça, mais ce risque de pluies exceptionnelles ne va pas se calmer, au contraire. »

Coronavirus : les gènes néandertaliens responsables ?

Coronavirus : les gènes néandertaliens responsables ?

Une équipe internationale aurait  identifié, sur le chromosome numéro trois, un groupe de gènes hérités de l’homme de Neandertal  jouant à cet égard un rôle clé : L »un des variants de cette séquence d’ADN est associé, pour celles et ceux qui en sont porteurs, à un risque trois fois plus élevé de développer une forme grave nécessitant une ventilation artificielle.

 

Selon Science et Vie , il y a du Neandertal en chacun d’entre nous. Une découverte bouleversante, obtenue lors du séquençage, en 2010, de l’ADN de notre cousin perdu. Ainsi Sapiens et Neandertal eurent-ils des relations sexuelles et dans notre génome, pourtant estampillé Sapiens, des traces subsistent de cette union. Quelles traces au juste ?

Début 2014, deux équipes américaines ont apporté des réponses : dans notre génome se cachent des milliers de petits passages de moins de cent lettres d’origine néandertalienne… Et, première surprise, entre un Européen et un Asiatique, ou même entre deux Européens, les séquences héritées ne sont pas identiques. Ainsi, même si chacun de nous ne possède que 1 à 3 % d’ADN d’origine néandertalienne, en cumulant ces petits pourcentages sauvegardés chez les uns et les autres, on arrive à reconstituer près de 40 % du génome néandertalien !

Seconde découverte, les touches néandertaliennes sont disséminées un peu partout sur les gènes. La plupart concernent nos cheveux et notre peau — mais en faibles proportions. Près du quart de nos gènes pourraient être retouchés dans leur séquence ou leurs régions régulatrices. Revers de la médaille, ces apports ne sont pas toujours bénéfiques. Certains semblent influer sur des affections comme le lupus érythémateux, la cirrhose biliaire, la maladie de Crohn, les addictions au tabac, le diabète de type 2 et même une maladie sexuellement transmissible, le VPH.

Mais la plus grande surprise vient des « déserts néandertaliens » : de vastes zones dépourvues de toute ascendance néandertalienne, comme par exemple le chromosome X ou encore les zones abritant des gènes actifs dans les testicules.

Pourquoi ? Contre-productifs, les apports étrangers ont dû en être évacués par sélection naturelle. Les hybrides avaient peut-être un problème de stérilité, prouvant que Neandertal et nous, avec un dernier ancêtre commun vieux de 500 000 ans, étions presque devenus incompatibles (les deux groupes ayant évolué chacun de leur côté) avant de nous retrouver il y a plus de 200 000 ans, ou que ces régions de « désert néandertalien » sont spécifiques à notre propre humanité.

Cet héritage des gènes néandertaliens crée la variabilité des réponses individuelles au Covid-19, certains développant des formes graves, d’autres non, voire restant complètement asymptomatiques, tient, outre à l’âge du sujet, à un faisceau de facteurs, notamment génétiques.

5G et Télécoms : la fin des zones blanches ?

5G et Télécoms : la fin des zones blanches ?

L’Arcep, l’autorité de régulation des télécoms, déclare régulièrement qu’elle va améliorer ses cartes de couverture mobile. Des cartes assez critiquées dans des zones peu denses; en fait, théoriquement on peut y disposer des technologies en 2G, en 3G et en 4G  mais concrètement  cela en fonction notamment des conditions météo. Pourtant partout on annonce déjà  la couverture par la technologie 5G pour les mobiles et par le câble. Le problème c’est que ces technologies ne sont pas prêtes d’atteindre des territoires isolés, le câble jamais sans doute compte tenu des coûts que cela représente et la 5G dans des années et des années

Dans un rapport récent sur la couverture numérique du territoire, les députés Laure de la Raudière (Agir) et Eric Bothorel (LREM), s’en sont fait l’écho. Il existe, déplorent les parlementaires, « un décalage préoccupant entre les cartes de couverture et la réalité perçue sur le terrain ».

 

 « En dépit des progrès réalisés, il existe aujourd’hui un décalage notable entre la couverture mobile mesurée par l’Arcep et la couverture ressentie par les citoyens, détaillent Laure de la Raudière et Eric Bothorel. Cet écart explique d’ailleurs le recours croissant, de la part des collectivités, à des outils leur permettant de réaliser leurs propres cartes de couverture. »

 

Des critiques dont l’Arcep a pris bonne note. « Vous nous dites que nos cartes sont fausses => nous les changeons ! (Ou : quand c’est compliqué, il faut savoir avancer en mode essai/erreur, sinon on ne bouge jamais) », a affirmé Sébastien Soriano, le président du régulateur des télécoms. .  Le problème c’est qu’on va éventuellement améliorer la performance des cartes mais sans pour autant améliorer la qualité et la densité du réseau. Il faudra autre chose comme incitation pour permettre une couverture numérique équilibrée du territoire.

5G: le changement technologique par l’ANFR (agence natonale fréquence)

5G: le  changements technologique  par l’ANFR (agence natonale fréquence)

La nouvelle génération 5G, rend indispensable l’utilisation de nouvelles portions du spectre radioélectrique. L’obtention de nouvelles fréquences est un pré-requis pour lancer les services 5G. Les bandes identifiées sont plus élevées dans le spectre et permettent des montées en débit très importantes. Avec l’utilisation d’antennes intelligentes et d’un réseau de petites antennes, les forts besoins en connectivité du public et des entreprises auront leur solution.

 

De nouvelles bandes de fréquence 5G déjà identifiées

 

  • Les bandes « basses », déjà allouées pour la 2G / 3G / 4G, pourraient être réutilisées pour la 5G.
  • La bande 3,5 GHz est la première bande 5G offrant un compromis couverture/capacité.
  • La bande 26 GHz, « pionnière 5G », sera principalement utilisée pour des « hot spots ».
  • D’autres bandes hautes seront étudiées lors de la Conférence Mondiale des Radiocommunications en 2019.
LE RÔLE DE L’ANFR

L’ANFR conduit les négociations européennes et internationales pour identifier les bandes de fréquences 5G. En Europe, deux nouvelles bandes ont déjà été choisies pour la 5G.
Ces négociations ont permis dès 2015 d’harmoniser la bande 3,5 GHz comme bande 5G et de définir les futures bandes candidates pour la 5G comme la bande 26 GHz qui doit faire l’objet d’une harmonisation mondiale en 2019.

Au niveau national, l’ANFR prépare l’arrivée de la 5G en libérant les bandes de fréquences attribuées à la 5G mais occupées par d’autres utilisateurs.
Enfin, l’ANFR accompagne les premiers déploiements pilote 5G dans la bande 3,5 GHz des opérateurs de téléphonie mobile et travaille avec l’ensemble des acteurs pour caractériser les réseaux 5G en termes d’exposition du public aux ondes électromagnétiques.

 

Evolutions technologiques vers des antennes intelligentes

Les réseaux mobiles actuels utilisent des équipements radio appelés « cellules macro » déployés pour assurer la couverture dans les différents territoires. Les antennes diffusent les signaux de manière constante, dans une direction donnée (faisceau).

Le déploiement de la 5G se fera en recourant à des sites « macro » à l’instar des réseaux actuels des opérateurs, mais devrait également s’articuler autour du déploiement de petites antennes installées dans du mobilier urbain.

Pour atteindre les performances annoncées (débits multiplié par 10, latence divisée par 10 et multiples connexions), la 5G reposera notamment sur une nouvelle génération d’antennes, qui orientent les signaux vers les appareils qui en ont besoin. Couplée avec des bandes de fréquences hautes, l’utilisation de ces antennes permettra d’accroître fortement les débits.

Le rôle de l’ANFR

L’ANFR veille au respect des valeurs limites d’exposition du public aux ondes et gère le dispositif national de surveillance et de mesure des ondes. Un Comité National de Dialogue a été créé par la loi au sein de l’ANFR pour échanger avec les acteurs, partager l’information, la diffuser et favoriser la confiance du public. L’ANFR participe également aux pilotes 5G pour mettre au point les outils relatifs aux contrôles et à la concertation sur l’exposition du public créée par la 5G.

L’ANFR accompagne les premiers déploiements pilote 5G des opérateurs de téléphonie mobile dans la bande 3,5 GHz et travaille avec l’ensemble des acteurs pour caractériser les réseaux 5G en termes d’exposition du public aux ondes électromagnétiques. A l’avenir, les nouvelles bandes 5G (par exemple la 26 GHz) seront plus hautes en fréquences dans les bandes millimétriques, qui correspondent aux bandes de fréquences dont la longueur d’onde est de l’ordre du millimètre.

Dans ses bandes millimétriques, l’exposition reste localisée à la surface de la peau et l’exposition n’est plus évaluée par le débit d’absorption spécifique (DAS) mais par la densité surfacique de puissance (DSP).

Dans le cadre de la réflexion générale sur l’évaluation de l’exposition du public aux ondes électromagnétiques des réseaux 5G, l’ANFR a publié aujourd’hui deux rapports, l’un sur une présentation générale de la 5G abordée sous l’angle de l’exposition et l’autre sur les déploiements pilotes menés en France pour tester en grandeur nature les modalités d’un déploiement d’antennes 5G à faisceaux orientables dans la bande 3400-3800 MHz :
L’ANFR a également entamé une étude pour analyser des simulations numériques des niveaux d’exposition créés par la téléphonie mobile dans une zone urbaine très dense, le 14e arrondissement de Paris. Le rapport ci-dessous constitue un point d’étape. Il fournit de premiers ordres de grandeur d’exposition selon différents scénarios identifiés avec le suivi des pilotes 5G et après avoir consulté les équipementiers télécoms et les opérateurs de téléphonie mobile.  Les prochaines phases de ces travaux consisteront à affiner les scénarios de déploiement, en jouant sur les technologies employées et les puissances, dans les différentes bandes de fréquences ouvertes à la téléphonie mobile. L’exposition sera ainsi simulée plus précisément.

Les rayonnements électromagnétiques de la 5G (ANFR)

La lettre de l’ANFR de Juillet 2019 (lien : Newsletter Météorologie) mentionnait et expliquait comment des satellites météorologiques captaient une partie des émissions électromagnétiques naturelles émises par certaines molécules ou par certains corps à une température donnée. Il existe en fait un grand nombre de façon d’émettre des champs électromagnétiques et tous ces champs sont liés à l’émission d’une particule nommée photon. Comme cela avait été présenté dans le Newsletter sur le graviton, à chaque interaction qui régit notre univers est associée une particule, si le graviton est la particule qui caractérise les champs gravitationnels, le photon est la particule qui caractérise le transport de l’énergie des champs électromagnétiques. L’émission de ces photons peut résulter :

  1. De modifications structurelles atomiques ou moléculaires (que la modification soit spontanée ou initiée comme dans la fusion ou la fission nucléaire)
  2. De la mobilité des porteurs de charge(s) électrique(s), indépendamment du milieu considéré :
    a. L’agitation thermique: rayonnement de corps présentant une température supérieure à 0K (soit environ -273°C)
    b. La circulation dans le milieu : il peut s’agir de conducteur électrique (c’est dans cette dernière catégorie que ce range la plupart des émetteurs/récepteurs qui [envahissent] notre quotidien), tout comme de plasma (cas du rayonnement électromagnétique issu des arcs électriques issus de la foudre).
    c. L’accélération, par exemple le rayonnement (non thermique) synchrotron issu des pulsars.

Comment fonctionnent les antennes de radiocommunication ?

D’un point de vue général, les antennes de radiocommunication sont basées à ce jour, sur le principe de la circulation de charge le long d’un conducteur. Autrement dit, il est possible de formuler, que tout corps, quel qu’il soit, parcouru par un courant (qui définit en soi la circulation de charges nommées électrons) rayonne simultanément deux types de champs, l’un est dit électrique, l’autre magnétique. Bien qu’ils n’aient pas les mêmes propriétés, les équations de Maxwell, nous apprennent qu’ils sont indissociables l’un de l’autre. Les variations temporelles de ces deux champs sont identiques à celles du courant qu’il lui donne naissance. Dans la mesure où l’on considère des variations temporelles des courants ou des champs, alors on introduit nécessairement la notion de fréquence. La notion de fréquence est assez simple à appréhender, il s’agit simplement du nombre d’ « oscillations de l’onde radio» durant 1 seconde. Pour obtenir une onde à 1GHz, un courant alternatif doit onduler 1 milliard de fois en 1 seconde. A cette fréquence est associée une longueur d’onde, que l’on pourrait définir simplement comme la longueur physique dans l’espace d’une oscillation.

Lors de la réalisation d’antenne de radiocommunication, bien que ces champs soient interdépendants, il est possible de privilégier la réception de l’un ou de l’autre. Généralement le choix se fait sur la dimension de l’antenne à réaliser au regard de la fréquence du champ EM à produire ou à capter. On favorise davantage la conception d’antennes privilégiant la réception des champs magnétiques à basse fréquence et des champs électrique à hautes fréquences. En réalité, il serait plus juste de dire qu’à basse fréquence, les comportements des champs électriques et magnétiques sont discernables, ce qui n’est plus le cas en haute fréquence, ou seule la notion de puissance (comprise comme une densité de flux d’énergie assimilable au produit1 des champs électrique E ⃗ et magnétique H ⃗) devient prépondérante.

 

En quoi les fréquences jouent-t-elle un rôle dans la conception d’une antenne ?  

Il faut d’abord distinguer deux types d’antennes :

  1. Le premier type inclut à la fois la formation du champ électromagnétique et la direction dans laquelle il doit être émis. Antenne dipôle, antenne patch, antenne à réseaux phasés, etc.
  2. Le second type produit le champ EM par l’intermédiaire d’une cavité et utilise un réflecteur pour guider le champ dans une direction privilégier : les antennes paraboliques

Par définition, si tout corps conducteur parcouru par un courant rayonne, son rayonnement est aussi optimisé par la dimension physique qu’il a au regard de la longueur d’onde à émettre ou à capter. C’est une propriété fondamentale. Il faut voir la longueur d’onde comme la longueur physique d’une oscillation de l’onde dans l’espace. Cette longueur est bien entendu, à une fréquence donnée, identique pour le champ électrique et magnétique. Il faut partir du principe que l’intensité du rayonnement du champ électrique est optimisée lorsque la longueur physique du conducteur rayonnant est égale à la moitié de la longueur d’onde. Dans ce cas précis, la surface métallisé présente un ventre de courant à sa surface (et de ventre de tension à ces extrémités) et on dit alors que le l’élément résonne ou entre en résonnance. Bien entendu, pour qu’une antenne émette un champ électromagnétique optimisé au regard de l’énergie électrique qui lui est fourni, elle ne doit pas répondre qu’à cet unique critère. D’autres effets sont à prendre en considération comme par exemple l’adaptation des impédances. On pourrait résumer cet effet comme une forme d’opposition du milieu aux passages du courant. Il faut généralement faire en sorte que cette opposition soit constante sur l’ensemble du parcours du courant jusqu’à l’antenne. Sinon une partie du courant va se réfléchir vers la source.

Dans le cas d’une antenne parabolique, c’est l’émetteur (généralement une cavité résonnante), qui fait face à la parabole, qui produit le champ électromagnétique idéal. Le réflecteur n‘est là que pour orienter le faisceau dans une direction privilégiée.

On  comprend ainsi pourquoi les antennes, en général, sont élaborées pour une gamme de fréquences d’utilisation particulière (fréquence centrale et bande passante). La longueur physique de l’élément ou des éléments rayonnants (qu’il s‘agissent de conducteurs ou de cavités) étant fixée dès la conception.  Il est bien entendu possible d’élargir leur gamme de fréquence d’utilisation dans une certaine mesure, en modifiant fictivement les propriétés de résonnance des conducteurs utilisés par exemple par l’emploi d’un substrat (servant de support à l’élément rayonnant) à plus grande permittivité que l’air ou encore en augmentant la largeur du conducteur.

Champ rayonné et diagramme d’antenne

Lorsque qu’un champ est produit par un conducteur, il rayonne dans tout l’espace, c’est ce que l’on appelle son diagramme de rayonnement. Toutefois, il est possible de faire en sorte de privilégier les directions d’émission des champs.  Par exemple, l’ajout d’un réflecteur (mais encore de toute forme de métallisation connectée à la masse) derrière un conducteur résonnant permet de limiter son rayonnement à la partie supérieure et de minimiser le rayonnement derrière le plan métallique. Suivant la forme de ce réflecteur, on modifie l’énergie émise dans l’autre direction (plan de masse ou parabole). La mise en réseau de métallisation, comme dans le cas des antennes de réception hertziennes qui arborent nos toits permet aussi de privilégier la captation du rayonnement provenant d’une direction privilégiée et généralement celle dans laquelle le diffuseur se situe. Le diagramme de rayonnement de l’antenne est donc directement conçu pour répondre à l’utilisation que l’on fait de l’antenne. Lorsque l’on doit diffuser sur une large couverture (Radio, télévision, mobile) on va privilégier des antennes qui diffusent dans tout l’espace utile. Par exemple, les antennes 4G, produisent des rayonnements en forme de disque incliné, permettant de couvrir de large zone azimutale, tout en minimisant les émissions au-dessus de l’horizon où elles sont inutiles. En revanche un téléphone mobile 4G qui doit pouvoir capter et émettre dans tout l’espace, ne sachant pas où se situe le relais, aura tendance à privilégier des antennes qui diffusent dans l’ensemble de l’espace.  Enfin une station terrienne d’émission ou de réception satellitaire, privilégiera un rayonnement extrêmement intense dans une direction angulaire unique, celle où se  situe le satellite avec lequel elle souhaite communiquer, et dans ce cas les paraboles sont à ce jour les antennes les plus utilisées.

Les antennes dites « actives » de la 5G c’est quoi ? 

Avant d’introduire les antennes de la 5G, il faut comprendre ce que l’on considère comme une antenne active. Elles sont nommées ainsi pour une raison simple : au lieu de produire un champ électromagnétique dans une direction fixe, leur faisceau est capable de balayer l’espace par des procédés topologiques et d’architecture électronique. Le concept d’antenne active, dite aussi antenne à réseau phasé,  existe depuis plusieurs décennies et a été largement utilisé (et continue à être utilisé) dans le domaine du radar. La téléphonie mobile a donc exploité un concept existant. De nombreux exemples de radars à réseaux phasés existent aujourd’hui, ils sont parfois de dimension réduite, embarqués sur des aéronefs, parfois gigantesques et conçus sur des façades de bâtiments.

On peut dénombrer trois avantages aux antennes actives :

  1. leur faible épaisseur, rendant ces antennes planaires (elles peuvent être conçues sur n’importe quel type de surface).
  2. un rayonnement variable dans chaque direction (au cours du temps) du fait de la rapidité de balayage (électronique) du faisceau.
  3. leur grande directivité (directement proportionnelle au nombre d’éléments qui compose le panneau d’antennes) dans des directions d’intérêt. Cette directivité est une autre façon de décrire leur capacité à concentrer l’intensité de leur rayonnement dans une direction privilégiée.  Par exemple, si le panneau d’antennes est composé de 16 colonnes et de 16 lignes d’éléments rayonnants, alors, il sera possible d’augmenter la puissance rayonnée par le faisceau de l’antenne, de 256 fois dans la direction choisie (par rapport au rayonnement d’un élément).

 

Une antenne à réseau phasé utilise le principe de l’association des champs d’une multitude de sources à une certaine distance. Généralement, donc, ces antennes sont conçues comme une association d’antennes de même forme et de même dimension. Dans ce cas, l’ensemble des antennes constituant le réseau présentent à la fréquence de résonance voulue le même type de rayonnement EM intrinsèque. Les rayonnements produits par chaque élément s’associent en phase pour augmenter le rayonnement de l’antenne globale dans une direction choisie. Pour offrir une grande directivité du faisceau formé par le panneau, certaines caractéristiques topologiques sont à respecter :

  • au regard de l’espace que les éléments doivent avoir entre eux (positionnement dans le panneau) ou de leur longueur d’onde,
  • au regard de la loi d’illumination des éléments rayonnants du panneau :
  • en amplitude lorsqu’il s’agit de modifier la forme du diagramme : hauteur et largeur du lobe principal, écart entre lobe principal et lobe secondaire,
  • en phase lorsqu’il s’agit d’orienter le faisceau électronique dans différentes directions.

 

Quelle différence entre antennes active et passive ?

La différence fondamentale est le rayonnement des antennes. Une antenne passive émet de façon homogène et constante sur les azimuts en minimisant les rayonnements vers le ciel ou vers le sol à l’aplomb de l’antenne, la couverture, comme vu précédemment pourrait être schématisée comme une portion de disque, plus ou moins large, inclinée vers le sol. On peut donc considérer que la puissance globale rayonnée par l’antenne est distribuée sur les azimuts. Par ce biais, tous les utilisateurs qui sont dans cette couverture azimutale peuvent communiquer avec la station de base, mais la puissance reçue par chacun d’entre eux est limitée.

Dans le cas des antennes actives, ce n’est plus le cas, seule la direction où se situe l’utilisateur est visée, il n’y a plus d’émission constante dans le temps sur tous les azimuts, mais uniquement sur l’azimut où se situe le bénéficiaire. Si les antennes actives et passives présentaient les mêmes caractéristiques, on pourrait imaginer que l’énergie reçue par l’utilisateur d’une station équipée d’une antenne active recevrait l’ensemble de l’énergie que l’ensemble des utilisateurs de l’antenne passive pourrait recevoir.

En pratique, la situation est bien plus complexe, car deux situations peuvent apparaitre :

  • La première consiste au fait que l’antenne créé plusieurs faisceaux  indépendants pour couvrir les utilisateurs. Chacun de ces faisceaux est formé par des sous-ensembles de la matrice d’éléments rayonnants et utilise la totalité de la bande passante disponible.
  • La seconde revient à subdiviser la bande passante  (sur laquelle rayonnant l’antenne) en sous-bandes attribuées à chaque utilisateur mais où chaque faisceau formé utilise alors tous les éléments rayonnants du panneau.

Il peut aussi être question parfois d’une combinaison des deux  idées précédentes. Par exemple, en reprenant le cas d’une matrice présentant 256 éléments rayonnants (16 en lignes et 16 en colonne), rien n’empêche d’imaginer que 4 faisceaux soient formés simultanément par 4 sous matrice de 64 éléments (8 en lignes et 8 en colonne) et que donc 4 utilisateurs se partagent  la puissance rayonnée  globale de l’antenne.

 

Pourquoi la 5G nécessite ce genre d’antenne ? 

L’idée première de la 5G pour les applications à très haut débit2 (Enhanced Mobile BroadBand EMBB) est de fournir une grande quantité d’information en un temps très court. Pour que cette prouesse soit possible, il est nécessaire de disposer d’une importante largeur de bande pour écouler le débit attendu.

Une telle contrainte oriente l’usage de telles applications à des fréquences dites de « grande capacité » (>3GHz) où le spectre contigüe y est disponible. Toutefois, comme les pertes de propagation de l’onde radio s’accroissent également avec la fréquence, l’augmentation de la directivité des antennes apparaît incontournable pour compenser ces atténuations et conserver des tailles de cellules raisonnables (entre quelques centaines de mètre à quelques km suivant les fréquences considérées). Par ailleurs, la figure 3 nous permet d’observer qu’une antenne est d’autant plus directive que son gain maximum est élevé. Ainsi, lorsque les utilisateurs à couvrir sont en mobilité, le faisceau directif (et étroit) de l’antenne doit être capable de suivre ce dernier. On parle alors d’antennes intelligentes car le balayage du faisceau doit être réalisé en temps réel, ce qui ne peut être fait qu’électroniquement ; ce qui explique le recours aux antennes actives.

 

 

Covid: le mur avec le Mexique a tout arrêté ! d’après Trump

Covid: le mur avec le Mexique a tout arrêté ! d’après Trump

 

 

 

 

D’après Trump, le mur   entre les États-Unis et le Mexique les 3000 km. Le fameux mur n’en couvre qu’une partie. Certes cela a compliqué la tâche de l’immigration clandestine mais cela ne l’a pas ralentie de manière significative contrairement ce que raconte Trump.

« C’est le mur le plus puissant (…) qui soit au monde, il bénéficie d’une technologie incroyable », a expliqué le président américain lors d’une table-ronde à Yuma pour marquer le cap des 200 miles (322 kilomètres). Donald Trump a insisté sur le fait que ce mur était « infranchissable » à moins de disposer « d’une échelle extraordinairement longue ».

Donald Trump a en particulier assuré que cet édifice controversé était utile pour lutter contre l’immigration clandestine mais s’était aussi révélé très efficace pour lutter contre la propagation du Covid-19. « Il a arrêté le Covid, il a tout arrêté » a-t-il ainsi répété.

 

 

Facultés: 50 % seulement d’étudiants autorisés !

Facultés: 50 % seulement d’étudiants autorisés !

 

 

Encore une belle pagaille en perspective avec cette décision subite de limiter le nombre d’étudiants à 50 % des capacités DES AMPHITHEATRES.  On se demande comment sera régulée la participation désormais CONTRAINTE.

Les salles de classe ou amphithéâtres des universités ne pourront être remplis qu’à 50% de leur capacité au maximum en zones d’alerte renforcée et maximale, a annoncé ce dimanche Matignon, en précisant que cette mesure s’appliquait à partir de mardi. Par ailleurs le nombre de clusters est particulièrement inquiétant avec un tiers dans le milieu scolaire et universitaire. Mais comme pour les métiers de l’hôtellerie, on aurait sans doute souhaité une concertation plus large et une période de transition éventuelle. En effet si l’on peut considérer que des règles strictes peuvent s’appliquer dans le sport ou  le spectacle ( avec des conséquences toutefois économiques et sociales dramatiques) il en va différemment pour des activités aussi essentielles que la formation.

La sur-occupation des amphithéâtres universitaires provient pour une part de la sous-évaluation des conséquences du bac largement distribués cette année.

L’alerte de la Banque de France sur les dépenses est assez maladroite

L’alerte de la Banque de France sur les dépenses est assez maladroite

 

L ‘alerte que vient de lancer le patron de la Banque de France sur le niveau des dépenses n’est pas très opportun au moment où les agences de notation procèdent à une nouvelle évaluation des capacités financières des Etats suite à la crise du coronavirus.

L’avertissement du patron de la banque de France n’a heureusement pas été entendu par l’agence de notation S&P qui vient de procéder à une nouvelle évaluation de la France. Certes la dérive financière de la France est indéniable et avec la crise l’endettement pourrait dépasser nettement les 100 % du PIB. Toutefois cette évolution n’est pas particulière à la France même s’il faut reconnaître que structurellement la France a depuis longtemps un taux d’endettement critique. Le problème c’est l’opportunité de cette alerte. Peut-être de la part du patron de la banque de France pour faire plaisir aux orthodoxes de la banque centrale européenne ou tout simplement pour des raisons existentielles car on ne voit  plus très bien à quoi sert la Banque de France alors que la banque centrale européenne gère désormais la monnaie.

L’agence de notation S&P  a en effet  maintenu la perspective de la France à «stable». S&P estime en effet que «les récentes réformes économiques, budgétaires et structurelles mises en place par le gouvernement ont amélioré la capacité de l’économie à résister aux effets négatifs de la pandémie de covid-19», précise-t-elle dans un communiqué. L’agence de notation Fitch avait, elle, abaissé en mai la perspective de la France, tout en gardant sa note AA. L’agence S&P rejoint à peu près les prévisions du gouvernement qui prévoit une baisse de croissance de leurs 2 % en 2020 et un redressements autour de 8 % en 2021.

 

« Nous ne pouvons pas tout nous offrir, tout le temps », a déclaré le patron de la Banque de France, en rappelant que les dépenses publiques de la France ont augmenté « de 1% en moyenne, après inflation » au cours des dix dernières années. Aujourd’hui, « les dépenses hors Covid augmentent encore plus vite qu’avant, que le 1% », a mis en garde le gouverneur de la Banque de France en citant une étude du Haut conseil des finances publiques. La France a dévoilé un plan de soutien de 100 milliards d’euros le mois dernier, ce qui correspond à 4% du produit intérieur brut (PIB). Curieusement le patron de la Banque de France alterne entre des messages excessivement optimistes comme par exemple les perspectives de reprise de la croissance qui sont loin d’être évidente et la critique sur la dérive financière.

 

En outre le patron de la Banque de France en rajoute une couche en attirant l’attention sur les risques d’augmentation des taux d’intérêt pour la France. Ce que n’envisage pas pour l’instant les agences de notation.

Coronavirus : Paris sauve ses restaurants … et ceux de Marseille

Coronavirus : Paris sauve ses restaurants … et ceux de Marseille

 

 

 

Depuis le 25 septembre environ les critères d’évaluation concernant la dangerosité du virus montre que Paris et sa région se situe en zone d’alerte maximale. Si on  avait appliqué les règles de Marseille, on aurait fermé un certain nombre d’établissements notamment les bars et les restaurants.

Une hypothèse qui n’a pas été retenue et qui du coup interroge sur les décisions restrictives imposées à Marseille. Des restrictions qui vont sauter (pour les restaurants)  pour des questions d’équité entre Paris et Marseille. Matignon a donc annoncé dimanche soir que Paris passait en « zone d’alerte maximale », synonyme de nouvelles restrictions. Mais les restaurants pourront rester ouverts avec un protocole sanitaire renforcé.
Les nouvelles « mesures contraignantes », qui concernent Paris mais aussi les trois départements de la petite couronne, entreront en vigueur mardi et seront détaillées lundi lors d’une conférence de presse à 11H30 par la maire de Paris Anne Hidalgo et le préfet de police Didier Lallement.

Elles dureront au moins 15 jours et devraient notamment entraîner la fermeture des bars et cafés. Les restaurants en revanche pourront rester ouverts, à Paris mais aussi partout en France, y compris à Aix-Marseille où ils avaient dû baisser le rideau il y a une semaine. Le gouvernement suit en effet l’avis du Haut Conseil de Santé Publique qui a validé dimanche le protocole sanitaire renforcé proposé par les professionnels du secteur et qui sera applicable dans les zones d’alerte maximale ainsi que dans les zones d’alerte renforcée.

Là-aussi, les modalités de ce protocole seront détaillées lundi par les ministres compétents. Selon l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie des Bouches-du-Rhône, les restaurateurs devront notamment recenser leurs clients pour les contacter après coup en cas de besoin, garder 1,5 mètre entre chaque table et rendre obligatoire le paiement à table, mais aussi fermer leurs établissements à 22h.

Matignon a également annoncé que les salles ou amphithéâtres des universités ne pourraient, à partir de mardi, être remplis qu’à 50% de leur capacité au maximum en zones d’alerte renforcée et maximale.

Le taux d’incidence dépassait ainsi toujours la barre des 250 pour 100.000 habitants à Paris et le seuil critique des 100 chez les plus de 65 ans. Quant au taux d’occupation des lits en réanimation pour les patients atteints de Covid-19, il s’élevait lui aussi au-dessus du seuil d’alerte maximale de 30% en Ile-de-France, selon les chiffres de l’Agence régionale de santé (ARS).

Selon la principale organisation patronale de l’hôtellerie, l’Umih, environ 15% des 220.000 entreprises du secteur – cafés, bars, hôtels, restaurants, brasseries, discothèques – pourraient mettre la clé sous la porte dans les mois à venir en France, et 220 à 250.000 salariés se retrouver au chômage.

« On est contents pour les restaurants, même si jeter l’opprobre sur notre profession en disant que c’est un haut lieu de contamination, alors que les centres commerciaux et les transports en commun sont très fréquentés, et qu’on a organisé la Nuit blanche à Paris ce week-end, ça interroge », a réagi auprès de l’AFP Franck Delvau, le président de l’Umih Paris Ile-de-France.

 

Veolia: une promesse de coiffeur pour ne pas engager d’OPA hostile sur Suez

Veolia:  une promesse de coiffeur pour ne pas engager d’OPA hostile sur Suez

 

Veolia fait une sorte de promesse de coiffeur en assurant  de ne pas engager d’OPA hostile lorsqu’il aura récupéré les actions de Suez que possède actuellement Engie. Le ministre de l’économie qui comme le gouvernement s’est un peu empêtré dans ce dossier demande une vraie négociation entre les deux groupes. Une négociation complexe et dangereuse.

En effet si Veolia devait se regrouper avec Suez il faudrait se séparer de nombreux actifs, ceux de l’eau à l’international de Veolia et de l’eau de Suez en France. Sans doute à un (ou plusieurs)  fonds d’investissement qui n’a aucune expérience de ce secteur industriel et peut-être même un groupe étranger. De toute manière, il y aura de nombreuses redondances entre les activités de Suez et de Veolia; tout cela aboutira à une restructuration coûteuse en emplois.

Le bilan pour la collectivité risque de ne pas être très favorable car cette concentration pourrait faire monter encore le prix des services. Notons par exemple que pour le seul prix de l’eau la facture peut varier du simple au double selon que le réseau est géré par l’une des deux entreprises évoquées ou par une régie. Suez continue d’affirmer que l’opération de Veolia constitue une OPA hostile et refuse par avance la proposition de son concurrent principal en France. La conséquence de tout cela c’est que pour des services essentiels les collectivités locales risquent de trouver en face d’elle un seul opérateur français et qu’elles devront ouvrir les appels d’offres à des opérateurs étrangers et en choisir dans certains cas forcément.

Unmute

Référendum indépendance Nouvelle-Calédonie: 53,26% pour le non

Référendum indépendance Nouvelle-Calédonie:  53,26% pour le non

 

Les partisans du non l’emportent pour 53,26 % d’entre eux mais le oui progresse par rapport au premier référendum. Notons aussi une forte participation qui progresse de près de 5 points  La Nouvelle-Calédonie a réaffirmé dimanche sa volonté de rester française, par un «non» victorieux (53,26% des voix contre 46,74% pour le «oui») mais en recul par rapport au précédent référendum d’autodétermination de novembre 2018 (56,67%), selon des résultats provisoires annoncés par le Haut-commissariat de la République dans l’archipel.

Un succès aux allures d’avertissement pour les non-indépendantistes, sur fond de hausse de la participation (85,64%, +4,63 points) des quelque 180.000 électeurs appelés aux urnes. Comme le prévoit les accords de Nouméa, un troisième référendum pourra être organisé.

La  province Sud, la plus peuplée, la plus riche et à majorité non-kanake, où se situe la capitale, Nouméa, a amplement voté «non» à l’indépendance (70,86%)  tandis que la province Nord et celle des Îles Loyauté, à majorité kanake, ont largement voté «oui» (respectivement 78,35% et 84,27%).

Coronavirus France : 12.565 nouveaux cas en 24 heures

Coronavirus France : 12.565 nouveaux cas en 24 heures

 

 

 

1300 personnes atteintes du Covid sont en réanimation en France, dont 103 nouveaux patients sur les dernières 24 heures, selon les chiffres officiels publiés dimanche.

L’agence Santé publique France a fait état de 1335 cas graves liés au Covid-19, soit 46 de plus que la veille en prenant en compte les entrées et les sorties. La capacité nationale de lits de réanimation est autour de 5000.

La veille, 16.972 nouveaux cas avaient été rapportés, portant le nombre total d’infections depuis le début de l’épidémie à 619 190 cas. Au total, 32.230 personnes sont mortes des suites du Covid-19 depuis le début de la crise sanitaire en février-mars.

Sondage élections américaine : Biden devant Trump progresse

Sondage élections américaine : Biden devant Trump progresse

 

Selon un sondage Reuters/Ipsos publié dimanche, Joe Biden recueille 51% des intentions de vote des adultes disant avoir l’intention de voter, contre 41% pour Donald Trump. Le nombre d’indécis n’est que de 4%.

Cette avance est à relativiser compte tenu de la marge d’erreur élevée du sondage (cinq points) et du système électoral américain qui prévoit l’élection des grands électeurs au niveau des Etats, et pas au niveau national.

Les Américains sont particulièrement critiques envers la gestion de l’épidémie de coronavirus par la Maison-Blanche.

Ils sont 65% à estimer que Donald Trump n’aurait “sans doute pas été contaminé s’il avait pris le virus plus au sérieux”, dont neuf électeurs sur dix enregistrés comme démocrates, et cinq républicains sur dix.

L’enquête Reuters/Ipsos a été menée en ligne auprès de 1.005 Américains adultes, dont 596 électeurs probables. Seuls 61% des Américains en âge de voter s’étaient déplacés lors de l’élection présidentielle de 2016.

Actu, éco, social, politique : les plus lus

Actu, éco, social, politique : les plus lus

Séparatismes : discours intégral de Macron

Séparatismes : discours intégral de Macron

 

Le discours intégral de Macron du vendredi 2 octobre qui a été publié par le Figaro . Une relecture intéressante car elle montre que Macron cette fois a posé  à peu près convenablement la problématique en dépit de quelques digressions douteuses sur la guerre d’Algérie ou sur le port du voile. Par contre,  les actions proposées ne sont pas à la hauteur et surtout à très long terme comme par exemple l’école obligatoire à trois ans, la formation des imams.  Sans parler de l’hypothétique surveillance des associations islamistes et les questions de laïcité dans les services publics. Bref, globalement des réponses pas à la hauteur de l’enjeu évoqué. Quant au rapport Borloo, balayé en public par Macron, il est évoqué pour la forme.


«Mesdames, messieurs les ministres, mesdames messieurs les parlementaires, monsieur le maire, François, merci beaucoup, monsieur le président du conseil départemental, monsieur le président de la communauté urbaine, monsieur le préfet, monsieur le premier président à la Cour d’appel, monsieur le procureur général, madame la rectrice, mesdames et messieurs en vos grades et qualités, mesdames et messieurs.

Merci Monsieur le Maire de nous accueillir aux Mureaux et aujourd’hui à la fois poser des actes et avoir un échange sur un sujet aussi important pour notre République dans votre ville, dans votre département, n’est pas un hasard. Vous êtes une terre de combat républicain et vous savez les mener, une ville de solutions comme vous avez coutume de le dire et un département terre de contrastes, mais qui a toujours su, par l’école, la formation, le travail, affronter ces défis.

L’objectif de notre rendez-vous d’aujourd’hui est double. D’abord, définir la réalité de nos problèmes sans tabou mais sans facilité non plus. Qu’est-ce qui aujourd’hui, dans notre société, met en danger notre République, notre capacité à vivre ensemble, et vous faire part des décisions prises en conséquence qui sont le fruit d’un travail méthodique conduit depuis près de 3 ans, et que nous avons, ces dernières semaines, finalisé avec le Gouvernement.

Le problème, ce n’est pas la laïcité. Je l’ai plusieurs fois rappelé, la laïcité en République française, c’est la liberté de croire ou de ne pas croire, la possibilité d’exercer son culte à partir du moment où l’ordre public est assuré. La laïcité, c’est la neutralité de l’État et en aucun cas l’effacement des religions dans la société dans l’espace public. La laïcité, c’est le ciment de la France unie. Si la spiritualité relève du domaine de chacun, la laïcité est notre affaire à tous. Et donc, les républicains sincères ne doivent jamais céder à ceux qui, au nom du principe de laïcité, tentent de susciter des divisions, des confrontations à partir de multiples sujets qui, bien souvent, sont l’essentiel de nos discussions, mais pas l’essentiel du problème. En la matière, nous avons des règles, il nous faut les faire respecter fermement et justement. Partout, sans concession. De la même manière, ne nous laissons pas entraîner dans le piège de l’amalgame tendu par les polémistes et par les extrêmes qui consisterait à stigmatiser tous les musulmans. Ce piège, c’est celui que nous tendent les ennemis de la République, qui consisterait à faire de chaque citoyen de confession musulmane un allié objectif parce qu’il serait la victime d’un système bien organisé. Trop facile.

Ce à quoi nous devons nous attaquer, c’est le séparatisme islamiste

Emmanuel Macron

Ce à quoi nous devons nous attaquer, c’est le séparatisme islamiste. C’est un projet conscient, théorisé, politico-religieux, qui se concrétise par des écarts répétés avec les valeurs de la République, qui se traduit souvent par la constitution d’une contre-société et dont les manifestations sont la déscolarisation des enfants, le développement de pratiques sportives, culturelles communautarisées qui sont le prétexte pour l’enseignement de principes qui ne sont pas conformes aux lois de la République. C’est l’endoctrinement et par celui-ci, la négation de nos principes, l’égalité entre les femmes et les hommes, la dignité humaine.

Le problème, c’est cette idéologie, qui affirme que ses lois propres sont supérieures à celles de la République. Et je l’ai souvent dit, je ne demande à aucun de nos citoyens de croire ou de ne pas croire, de croire un peu ou modérément, ça n’est pas l’affaire de la République, mais je demande à tout citoyen, quelle que soit sa religion ou pas, de respecter absolument toutes les lois de la République. Et il y a dans cet islamisme radical, puisque c’est le cœur du sujet, abordons-le et nommons-le, une volonté revendiquée, affichée, une organisation méthodique pour contrevenir aux lois de la République et créer un ordre parallèle, ériger d’autres valeurs, développer une autre organisation de la société, séparatiste dans un premier temps, mais dont le but final est de prendre le contrôle, complet celui-ci. Et c’est ce qui fait qu’on en vient ainsi progressivement à rejeter la liberté d’expression, la liberté de conscience, le droit au blasphème. Qu’insidieusement, on conduit à se radicaliser. Près de 170 personnes, pour ne citer qu’un exemple, sont suivies pour radicalisation violente ici, dans les Yvelines. On vient parfois jusqu’à aller faire le djihad. Nous savons que nous avons 70 jeunes qui sont partis en Syrie, dans le département et qui sont souvent des enfants de la République suivant cette dérive, allant même jusqu’à passer à l’acte en tentant de verser le sang où parfois jusqu’au pire. C’est aussi cette voie dont nous avons encore vu les manifestations vendredi dernier, à proximité des locaux de Charlie Hebdo.

À cet égard, quand j’évoque tout cela, je n’oublie évidemment ni le moment ni le lieu où nous parlons. Le moment, celui du procès des attentats de janvier 2015, et j’ai une pensée émue et fraternelle pour les familles des blessés, les familles de victimes et leurs proches qui ont vécu l’horreur en janvier 2015. Et je veux ici aussi, parce que je n’oublie pas le lieu, rendre hommage à toutes les victimes du terrorisme et en particulier au commandant de police Jean-Baptiste SALVIN et à sa compagne, Jessica SCHNEIDER, dont le souvenir est encore vivace aux Mureaux.

Mais en disant tout cela, en rappelant chacune de ces étapes si je puis dire, qui n’est pas un chemin univoque ni une fatalité, je veux qu’il n’y ait aucune confusion ni aucun amalgame. Aucune de ces réalités ne doit être écrasée l’une sur l’autre. Mais force est de constater qu’il y a un islamisme radical qui conduit à nier les lois de la République, qui conduit à banaliser la violence et qui a conduit certains de nos citoyens, de nos enfants à choisir le pire ou à considérer que le pire était devenu naturel, et donc à créer des conditions de dérives politiques mais aussi de dérives violentes, celles du terrorisme islamiste. Ce qui est aujourd’hui notre défi c’est de lutter contre la dérive de certains au nom de la religion en veillant à ce que ne soient pas visés ceux qui veulent croire en l’islam et sont pleinement citoyens de notre République. Et au fond depuis des années, nous sommes encombrés par cette réalité.

Voulez-vous dire les choses et considérer que des millions de nos citoyens vivent dans la République comme citoyens pleins et entiers et croient dans l’islam ? On vous dit : vous êtes naïfs, vous les couvrez, vous ne regardez pas le problème en face. Voulons-nous répondre à ces dérives que j’évoque, y compris dans leurs formes les plus radicales, on tombe dans le piège de stigmatiser toute une religion.

L’islam est une religion qui vit une crise aujourd’hui, partout dans le monde.

Emmanuel Macron

Le chemin c’est celui que je viens de tracer. Isoler le problème, celui de l’islamisme radical, savoir que chacune de ces étapes peut mécaniquement entretenir l’autre, et donc ne céder à aucune facilité, aucun cynisme, dire les choses et accepter aussi que nous sommes face à un défi qui a mis des décennies à se constituer dans notre pays et que nous ne le terrasserons pas en un jour. Mais c’est ensemble que nous devons dans un réveil républicain nous opposer à ceux qui veulent nous séparer.

Beaucoup de choses ont été écrites, décrites, analysées très profondément sur ce que notre pays vit à cet égard. J’aurai l’humilité de ne pas me prétendre un spécialiste mais en quelques mots, pour partager les choses telles que je les vois. L’islam est une religion qui vit une crise aujourd’hui, partout dans le monde. Nous ne le voyons pas que dans notre pays, c’est une crise profonde qui est liée à des tensions entre des fondamentalismes, des projets justement religieux et politiques qui, on le voit dans toutes les régions du monde, conduisent à un durcissement très fort, y compris dans des pays où l’islam est la religion majoritaire. Regardez notre amie, la Tunisie, pour ne citer que cet exemple. Il y a 30 ans, la situation était radicalement différente dans l’application de cette religion, la manière de la vivre et les tensions que nous vivons dans notre société sont présentes dans celle-ci qui est sans doute l’une des plus éduquées, développées de la région. Il y a donc, une crise de l’islam, partout qui est gangrené par ces formes radicales, par ces tentations radicales et par une aspiration à un djihad réinventé, qui est la destruction de l’autre. Le projet de califat territorial contre lequel nous avons lutté au Levant, contre lequel nous luttons au Sahel, mais partout, des formes plus ou moins insidieuses, les plus radicales. Cette crise nous touche par définition aussi.

À cela s’ajoutent les influences extérieures et une organisation méthodique de pouvoirs politiques, d’organisations privées qui ont poussé ces formes les plus radicales. Il faut bien dire que nous avons laissé faire, chez nous comme à l’étranger. Wahhabisme, salafisme, frères musulmans, beaucoup de ces formes étaient au début d’ailleurs pacifique pour certaines. Elles ont progressivement dégénéré dans leur expression. Elles se sont elles-mêmes radicalisées. Elles ont porté des messages de rupture, un projet politique, une radicalité dans la négation par exemple de l’égalité femmes – hommes, et par des financements extérieurs, par un endoctrinement venant de l’extérieur, elles ont atteint notre territoire dans son intimité.

Cette réalité nous touche, nous frappe. Elle a grandi ces dernières années. Il faut la nommer.

À cela s’ajoute le terreau sur lequel tout ce que je viens de décrire s’est établi. Nous avons nous-mêmes construit notre propre séparatisme. C’est celui de nos quartiers, c’est la ghettoïsation que notre République, avec initialement les meilleures intentions du monde, mais a laissé faire, c’est-à-dire que nous avons eu une politique, on a parfois appelé ça une politique de peuplement, mais nous avons construit une concentration de la misère et des difficultés, et nous le savons très bien. Nous avons concentré les populations souvent en fonction de leurs origines, de leurs milieux sociaux. Nous avons concentré les difficultés éducatives et économiques dans certains quartiers de la République. Nous avons… Malgré les efforts des élus, des préfets de la République dont je salue l’engagement, nous n’avons pas pu, à cause justement de cela, recréé suffisamment de mixité, et surtout, nous n’avons pas réussi à aller aussi vite que ce phénomène en termes de mobilité éducative et sociale. Nous avons créé ainsi, des quartiers où la promesse de la République n’a plus été tenue, et donc des quartiers où l’attraction de ces messages, où ces formes les plus radicales qui étaient sources d’espoir, qui apportaient et qui apportent, soyons lucides, des solutions pour éduquer les enfants, apprendre la langue d’origine, s’occuper des personnes âgées, fournir des services, permettre de faire du sport.

Au fond, ce que la République n’a plus apporté parce qu’elle était submergée par ses propres difficultés, parce que parfois, elle avait reculé en termes de services publics, ces organisations, porteurs de cet islam radical, s’y sont méthodiquement substitués. Et donc sur nos reculs, parfois nos lâchetés, ils ont construit leur projet, méthodiquement là aussi. C’est pourquoi les insuffisances de notre politique d’intégration, de nos luttes contre la discrimination, du racisme comme de l’antisémitisme, l’un nourrissant l’autre, ont aussi progressivement favorisé ce développement.

S’ajoute à tout cela le fait que nous sommes un pays qui a un passé colonial et qui a des traumatismes qu’il n’a toujours pas réglé avec des faits qui sont fondateurs dans notre psyché collective, dans notre projet, dans notre manière de nous voir. La guerre d’Algérie en fait partie et au fond tout ce, toute cette période de notre histoire est revue comme à rebours, parce que nous n’avons jamais déplié les choses nous-mêmes. Et donc nous voyons des enfants de la République, parfois d’ailleurs, enfants ou petits-enfants de citoyens aujourd’hui issus de l’immigration et venus du Maghreb, de l’Afrique subsaharienne, revisiter leur identité par un discours post-colonial ou anti-colonial. Nous voyons des enfants dans la République qui n’ont jamais connu la colonisation, dont les parents sont sur notre sol et les grands-parents depuis longtemps, mais qui tombent dans le piège, là aussi méthodique de certains autres qui utilisent ce discours, cette forme de haine de soi que la République devrait nourrir contre elle-même, mais aussi de tabous que nous avons nous-mêmes entretenu et faisant miroiter leurs origines avec notre histoire, nourrissent aussi ce séparatisme. Je distingue chacun de ces éléments méthodiquement, mais ils se mélangent tous dans la réalité de nos vies. Ils se mélangent tous, et se nourrissent les uns des autres. Et le projet politique d’ailleurs, c’est pour cela que je l’ai appelé séparatisme islamiste parce qu’il s’émancipe parfois même de la stricte religion dans un projet conçu – ; eh bien mélange toutes ces réalités, mais elles sont là.

Il nous faut donc affronter avec beaucoup de détermination et de force les formes inacceptables et radicales aujourd’hui, à court terme. Il nous faut reconquérir tout ce que la République a laissé faire et qui a conduit une partie de notre jeunesse ou de nos citoyens à être attirés par cet islam radical. Et il nous faut aussi revenir sur nos propres traumatismes et nos propres insuffisances pour en quelque sorte ouvrir ce livre. Et je le dis parce que c’est tout cela qu’il nous faut tenir ensemble, si nous avons un discours réducteur, nous enverrons un message simple à toute la jeunesse des quartiers : “Nous ne vous aimons pas. Vous n’avez pas de place dans la République. Filer vers chez eux.” Si nous avons un message naïf, nous laisserons aussi filer toute une partie de notre République qui nous dira “Ils ne savent pas s’attaquer aux problèmes de mon quotidien. J’en vis les conséquences : je vois l’école qui ferme à côté de chez moi, les pratiques, l’association, les psalmodieurs.” Il nous faut traiter les deux tout à la fois en dépliant chacun des points que je viens d’évoquer. C’est une action qui commence aujourd’hui et c’est une action tous ensemble que nous devrons mener et qui prendra des années et des années.

Sur ce sujet, nous agissons depuis le premier jour avec beaucoup de force, de détermination sur le terrain, nos fonctionnaires sont à pied d’œuvre. Je ne vais pas ici redire tout ce qui a été fait depuis 3 ans en matière de lutte contre le terrorisme, mais beaucoup a été fait par nos services de renseignement, par nos forces de sécurité intérieure, par nos magistrats. Des lois votées dès le début du quinquennat, une organisation nouvelle, des services de renseignement mieux coordonnés, un parquet spécialisé créé, des moyens accordés, 32 attentats déjoués. Mais les choses se sont aussi transformées accompagnant les mutations que je viens d’évoquer. Nous avions affronté un terrorisme importé. Nous avons ce qu’on appelle un terrorisme endogène dont les formes se sont hybridées et qui est aux confins, pour certains, des dérives qui viennent de l’islam radical, pour d’autres, aux confins de la psychiatrie et de la radicalisation politico-religieuse, avec parfois des individus, on le sait très isolés, qui peuvent en quelques heures se radicaliser. Il nous faut donc continuer avec détermination, force. C’est la mission, l’engagement du ministre de l’Intérieur et à ses côtés, de tous les fonctionnaires auprès de lui, c’est aussi la mission du garde des Sceaux pour continuer à déjouer, à avancer, à reconquérir.

Nous avons aussi, depuis 2017, accru la lutte contre la radicalisation, là aussi avec des actes, clairs, précis, fermes. Dès la fin 2017, des plans de lutte contre la radicalisation impliquant l’ensemble des services de l’État ont été déployés à bas bruit dans 15 quartiers, de manière extrêmement confidentielle, pour avoir des méthodes les plus efficaces avec une coopération de tous les services de l’État, des magistrats sur le terrain, des services de renseignements. 212 débits de boissons, 15 lieux de culte, 4 écoles, 13 établissements associatifs et culturels ont été fermés, des centaines de contrôles réalisés, des millions d’euros saisis dans ces quartiers. Les résultats obtenus nous ont conduit à étendre cette méthode à l’ensemble du territoire. Les résultats, nous les avons, cette méthode a prouvé son efficacité. Nous l’étendons et nous la menons maintenant partout sur le sol français. Dans chaque département, des cellules de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire ont été installées l’hiver dernier. Elles ont déjà permis d’interdire des conférences organisées par des mouvements islamistes radicaux, d’entraver financièrement une association détournant sa raison d’être pour promouvoir l’islam politique. Ailleurs, de fermer une école clandestine, où des jeunes filles de 7 ans portaient le voile intégral, etc., etc. Au total, depuis le 1er janvier 2020, 400 contrôles ont été effectués, 93 fermetures prononcées.

Les actes sont là, je les assume, le Gouvernement avec moi, ils valent souvent mieux que les mots. Nous continuerons sur ce point d’avancée. Et je veux souligner, combien le travail qui est conduit par le Gouvernement en matière de lutte contre les stupéfiants et contre les bandes organisées, est un travail jumeau de celui-ci. Parce que, bien souvent, ces réseaux d’un Islam radical sont financièrement organisés en lien avec les stupéfiants, en lien avec une économie qui les nourrit et organise, si je puis dire, les propres désordres du quartier ou son propre ordre parallèle. Tout ça se tient, et c’est ce plan coordonné, déterminé, que nous continuerons de mener. Nous n’avons jamais fait preuve d’angélisme ou de naïveté. Ces actions n’avaient jamais été mises en œuvre avec un tel esprit systématique et une telle méthode. Il nous faut donc aujourd’hui, non seulement les poursuivre, mais les amplifier.

Notre réponse doit être plus large, puissante, répondre aux problèmes concrets observés sur le terrain. Et la réponse passe par des mesures d’ordre public, elle passe aussi par des mesures de réengagement de la République, et au fond, par une stratégie d’ensemble que je veux ici exposer, et qui, pour moi, tourne autour de cinq piliers principaux.

C’est une mobilisation de toute la nation, ce réveil républicain que j’évoque. Et ce que nous avons ainsi conçu, préparé, mûri, c’est le fruit des observations de terrain de nos fonctionnaires, mais aussi des élus, des associations, parce qu’il nous faudra tous ensemble la bâtir. Au cœur de cette stratégie, il y a la mobilisation de beaucoup d’acteurs, la responsabilisation de certains, il y aura aussi un texte de loi. Le ministre de l’Intérieur et sa ministre déléguée présenteront le 9 décembre prochain en conseil des ministres, un projet de loi qui, 115 ans après l’adoption définitive de la loi de 1905, visera à renforcer la laïcité, à consolider les principes républicains. L’ensemble des ministres, ici présents, ont été fortement contributeurs de ce texte, et je les en remercie, et continueront de l’enrichir dans les jours et semaines qui viennent au fur et à mesure des concertations, et auront à conduire aux côtés du ministre et de la ministre les débats parlementaires.

Le premier axe de ce réveil, de ce patriotisme républicain sur ce sujet que j’appelle de mes vœux, c’est d’abord un ensemble de mesures d’ordre public et de neutralité du service public, qui constituent des réponses immédiates, fermes à des situations constatées, connues, contraires à nos principes. Des élus, parfois sous pression de groupes ou de communautés, ont pu envisager et peuvent envisager d’imposer des menus confessionnels à la cantine. Nous avons sur ce sujet des cas, dans des départements comme la Seine-Saint-Denis, mais aussi en Normandie. D’autres élus excluent ou projettent d’exclure les hommes ou les femmes de certains créneaux d’accès aux piscines. Ce fut, par exemple, le cas dans une commune non loin d’ici, où des femmes ont revendiqué des horaires d’accès distincts des hommes à la piscine. Une fois, la loi votée, le préfet pourra suspendre les actes municipaux correspondant à ces situations en constatant cette carence républicaine. Et si sa décision n’était pas appliquée, se substituer à l’autorité locale avec l’accord du juge. C’est à la fois une mesure de protection de ce qui est la neutralité des services publics, de ce qui est aussi le maintien de l’ordre public. Et c’est ce qui dans certaines situations peut aussi permettre de protéger face à de telles pressions nos élus – parce que je ne sous-estime pas pour certains la pression sur le terrain qui peut exister.

Nous aurons sur beaucoup de sujets relevant du domaine médical, relevant de l’urbanisme des décisions très concrètes qui seront portées par ce texte de loi mais qui correspondent là aussi à des situations observées qui contreviennent qui à l’ordre public, qui à l’égalité femmes hommes et qu’il est important de régler avec beaucoup de calme là aussi, de respect, de pragmatisme.

Au sein de nombreux services publics exercés par des entreprises, en particulier les transports en commun, nous avons aussi vu ces dernières années se multiplier les dérives. Elles choquent et souvent elles sont constatées avec une forme d’impuissance parce qu’il y a un contournement de la loi. Des contrôleurs qui refusent à des femmes l’accès aux bus en raison de leur tenue – pour être très clair parce qu’elles n’ont pas une tenue qu’ils considèrent eux-mêmes comme décente ; des demandes de port de signes ostentatoires d’agents, certes de délégataires privés mais d’agents qui exercent des services délégués par la commune, par le département, par l’Etat ; et donc qui portent ces signes dans le cadre de leurs missions. Des phénomènes de radicalisation poussés qui progressent – nous avons ainsi, ces derniers mois, été amenés à suivre avec beaucoup plus d’attention plus de 80 personnes travaillant dans les services de Roissy Charles de Gaulle.

Tous ces sujets montrent que là où la neutralité du service public était claire et établie quand elle est dans la main des fonctionnaires, dans les lieux maîtrisés, s’étaient installées une série de dérives lorsque le service public était concédé. Ce que ce texte de loi permettra de faire de manière très concrète, c’est que l’obligation de neutralité sera applicable aux agents publics dans le cadre, évidemment, de leur action. Mais surtout, elle sera étendue aux salariés des entreprises délégataires ce qui n’était pas clairement le cas jusqu’alors. Ce qui nous permettra sur chacune des situations inacceptables que j’évoquais d’avoir une réponse claire, ferme, d’éviter ces dérives, parfois ces pressions inadmissibles. Tous ces faits qui ne sont pas conformes à nos principes, il fallait s’y attaquer et nous le faisons avec fermeté et conviction. Contrôler, poursuivre, sanctionner. Mais cela ne suffit pas.

A l’islamisme radical, brandi comme une fierté, nous devons opposer un patriotisme républicain assumé et aller plus loin. Le deuxième axe c’est celui qui concerne les associations. Nos associations sont un pilier de notre pacte républicain ; extrêmement importantes, le ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports le sait ô combien et je crois que tous les élus ici présents et le préfet le savent. Nos associations sont des acteurs, des relais et dans notre histoire elles ont forgé hors du temps, si je puis dire, stricto sensu de la République ou de nos rites républicains ou du temps de l’école ou des temps consacrés, elles forgent un temps de vie où nos valeurs sont en partage. Il est donc assez logique que celles et ceux qui portent ce projet de séparatisme islamiste aient investi le champ associatif parce qu’ils l’ont identifié comme la forme, en tout cas l’espace le plus efficace pour diffuser leurs idées. Rendre des services que des associations laïques ou que d’autres associations respectant la loi de la République ne rendaient plus, parfois que la République elle-même ne rendait plus et, par ce truchement, diffuser de manière subreptice, ou de manière très revendiquée, un message d’islam radical. Ce que nous constatons avec vous, avec les médias, les préfets, avec les universitaires qui travaillent le sujet, c’est que nombre d’associations proposant des activités sportives, culturelles, artistiques, linguistiques ou autres, qui ont pour raison d’être l’accompagnement des plus précaires ou l’aide alimentaire, déploient en réalité des stratégies assumées d’endoctrinement.

Les associations doivent unir la nation et pas la fracturer – et nous ne céderons rien sur ce principe qui est au cœur même de la liberté qui est associée à la protection des associations dans notre pays et au statut si particulier qu’elles occupent dans la République. Les motifs de dissolution des associations en conseil des ministres étaient jusque-là très limités : limités aux faits de terrorisme, de racisme et d’antisémitisme. Ils seront étendus à d’autres motifs comme les faits d’atteinte à la dignité de la personne ou de pressions psychologiques ou physiques.

Nous devons aller jusqu’au bout. Nous allons donc renforcer les contrôles, mettre dans la loi les principes en vertu desquels il sera permis de dissoudre les associations et assumer que, en vertu de nos principes républicains et sans attendre que ce soit le pire, on puisse dissoudre des associations dont il est établi qu’elles portent ces messages, qu’elles contreviennent à nos lois et nos principes. Avant la dissolution, il y a le financement. Toute association sollicitant une subvention auprès de l’État ou d’une collectivité territoriale devra signer un contrat de respect des valeurs de la République et des exigences minimales de la vie en société, pour reprendre la formule du Conseil constitutionnel. Si le contrat est rompu, ses responsables devront rembourser car il est nécessaire que l’argent public ne serve pas à financer les séparatistes ; c’est d’évidence. Beaucoup ont commencé sur cette voie et d’ailleurs dans votre département, je sais que beaucoup d’élus ont commencé à faire signer aux associations sportives ces chartes de laïcité. C’est un contrat renforcé, commun que nous proposerons à l’ensemble des collectivités territoriales comme modèle, que nous appliquerons, et nous avons commencé à le faire. Le ministre l’a fait pour d’ailleurs toutes les associations relevant du ministère de la Ville et nous sommes en train de le déployer pour toutes les associations du ministère des Sports parce que c’est une nécessité. Mais nous souhaitons que partout, États, collectivités, sur tout le territoire, aient la même nature de contrats et d’exigences et les mêmes règles en termes de respect des financements – avec là aussi un contrôle qui sera permis sur cette base et donc un suivi financier et une obligation de remboursement, comme je l’évoquais.

Au total, sur nos associations, la loi ainsi proposée permettra de renforcer les éléments de contrôle, le respect de nos valeurs républicaines, mettra des contraintes supplémentaires en termes de clarté du respect de nos principes sur les financements et permettra des dissolutions, là aussi, lorsque les infractions sont constatées sur les principes que j’évoquais. C’est une nécessité, nous le faisons en respectant la liberté d’association, avec un travail très fin qui a été mené par le garde des Sceaux et le ministre de l’Intérieur, et je les en remercie. Mais je crois aussi que c’est par ce dispositif que nous pourrons, beaucoup plus efficacement, fermer les structures inacceptables et accroître la pression sur les associations qui, subrepticement, dérivent.

Le troisième pilier de notre stratégie, c’est l’école. Celui-ci est ô combien essentiel et vous constatez qu’à mesure que j’avance, je rentre, si je puis dire, dans l’intimité de notre vie républicaine. L’école, c’est le creuset républicain. C’est ce qui fait qu’on protège nos enfants de manière complète par rapport à tout signe religieux, à la religion. C’est vraiment le cœur de l’espace de la laïcité, et c’est ce lieu où nous formons les consciences pour que les enfants deviennent des citoyens libres, rationnels, pouvant choisir leur vie. L’école est donc notre trésor collectif. C’est ce qui permet dans notre société de bâtir ce commun qu’est la République.

Or, là aussi, nous avons vu des dérives, nous voyons des contournements et nous avons un combat à mener. Aujourd’hui, plus de 50 000 enfants suivent l’instruction à domicile, un chiffre qui augmente chaque année. Chaque semaine, directeurs et directrices découvrent des cas d’enfants totalement hors système. Chaque mois, des préfets ferment des écoles, entre guillemets car elles ne sont pas déclarées même comme telles, illégales, souvent administrées par des extrémistes religieux. Partout sur notre territoire, le phénomène que nous voyons est simple, des parents d’élèves qui viennent voir le directeur ou la directrice d’école et qui disent : “le cours de musique, c’est terminé, sinon, il ne reviendra plus. La piscine avec les autres, c’est terminé, sinon, il ne reviendra plus”. Il y a ensuite des certificats pour allergie au chlore qui sont donnés, puis des absences répétées et enfin, la déscolarisation. “Nous allons l’inscrire au CNED. Ce sera très bien fait. C’est plus simple pour nous.” Ces enfants ne vont pas au CNED. Parfois, ils ne reçoivent aucune éducation. Mais ils vont dans des structures qui ne sont nullement déclarées. La semaine dernière, nous en avons encore identifié une en Seine-Saint-Denis. Des structures très simples, des murs, presque pas de fenêtres. Les enfants qui arrivent à 8h chaque jour, qui repartent à 15 heures, des femmes en niqab qui les accueillent. Et lorsqu’on les interroge, des prières, certains cours, voilà leur enseignement. C’est une réalité. Nous devons la regarder, la nommer en face.

Sur ce sujet, face à toutes ces dérives qui excluent des milliers d’enfants de l’éducation à la citoyenneté, de l’accès à la culture, à notre histoire, à nos valeurs, à l’expérience de l’altérité qui est le cœur de l’école républicaine, j’ai pris une décision, sans doute, et je la mesure, et nous en avons beaucoup débattu avec les ministres, sans doute l’une des plus radicales depuis les lois de 1882 et celles assurant la mixité scolaire entre garçons et filles en 1969. Dès la rentrée 2021, l’instruction à l’école sera rendue obligatoire pour tous dès 3 ans. L’instruction à domicile sera strictement limitée, notamment aux impératifs de santé. Nous changeons donc de paradigme, et c’est une nécessité. Notre école, ensuite, ne peut en aucun cas faire l’objet d’ingérence étrangère.

Nous l’avions constaté, c’est le fameux système des ElCO, des enseignements de langue et culture d’origine, qui conduisait à avoir sur notre sol, dans un cadre contractuel avec les pays d’origine, des enseignants qui ne maîtrisaient parfois pas le français, qui prodiguaient un enseignement dans le cadre de ces ElCO, je rappelle qu’ils faisaient l’objet de contrats avec l’Algérie, le Maroc et la Turquie, des enseignements qui eux-mêmes n’étaient pas conformes aux lois de la République ou aux principes fondamentaux de nos programmes.

Comme je l’avais annoncé à l’hiver dernier à Mulhouse, un travail a été conduit par le ministre de l’Education nationale et le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères pour précisément mettre un terme à ce système et faire en sorte que nous n’ayons qu’un système, celui des EILE, où nous pouvons avoir un enseignement par exemple en langue arabe, une contractualisation avec ces Etats, mais où nous avons un contrôle sur les enseignants, sur le respect de nos valeurs et sur les capacités linguistiques en langue française de ces derniers, c’est-à-dire un vrai contrôle de l’Éducation nationale sur la qualité des enseignants et de l’enseignement. C’est aujourd’hui une réalité. Nous sommes en train de parachever les derniers termes de la négociation. Mais au terme de négociations serrées avec les trois pays que j’évoquais, nous mettons donc bien fin aux ELCO. Ce n’est pas simplement un projet qui avait parfois pu être par le passé agité, discuté ; c’est une réalité.

Ensuite, parce que l’école doit d’abord inculquer les valeurs de la République et non celles d’une religion, former des citoyens non des fidèles, les écoles hors contrat, qui sont davantage contrôlées grâce à la grande avancée que constitue la loi dite Gatel, feront l’objet d’un encadrement encore renforcé.

Je le dis ici très clairement, la liberté d’enseignement est importante dans notre République et il ne s’agit en aucun cas de la remettre en cause, de réveiller des passions que notre pays a pu connaître et qui seraient contre-productives. Et je pense que là aussi, il ne faut avoir aucun amalgame. La liberté d’enseignement, nous savons vivre avec, nous nous sommes organisés et les choses avancent bien. Mais sur le parcours des personnels, le contenu pédagogique des enseignements, l’origine des financements, il est légitime que l’État renforce les contrôles. Nous avons tous été confrontés ces derniers mois à des cas de lycées, de collèges qui parfois étaient financés par l’État, par les régions et sur lesquels nous n’avions pas une visibilité complète parce que la loi ne le permettait pas. On se réveille quand le scandale arrive, ce qui est la pire des choses. Et donc ce qui a été décidé, c’est de doter le ministère, justement, des voies et moyens de contrôler chacun de ces sujets, de pouvoir procéder à des fermetures administratives quand elles s’imposent et il faut les assumer tout en respectant la liberté d’enseignement et sans créer de passions inutiles.

La République s’est construite autour de l’école, qui forme plus que des individus, qui élève des citoyens, qui façonne des esprits libres. C’est pourquoi, j’en suis convaincu, la République résistera par l’école à ceux qui veulent la combattre ou la diviser, et c’est par l’école que nous permettrons à tous nos enfants d’accéder aux savoirs, à la culture, à la civilité républicaine et donc à devenir pleinement citoyens et citoyennes.

Ce projet, vous le constatez, est extrêmement ambitieux. Il a fait l’objet d’un très grand travail et je veux en remercier vraiment les ministres, et il est pour moi un pilier essentiel de cette stratégie, positif mais déterminé.

Le quatrième axe de la stratégie que nous entendons conduire, de ce réveil républicain, il consiste à bâtir enfin un islam en France qui puisse être un islam des Lumières. Je suis toujours prudent sur ces formules, on en a eu beaucoup. On a pu parler d’un islam de France. Je ne veux pas ici rentrer dans des débats sémantiques parce que j’ai constaté que quand je les introduisais, je nourrissais ensuite énormément de commentaires. Donc, je ne pense pas qu’il faille une forme d’islam gallican, non. Mais il nous faut aider cette religion dans notre pays à se structurer pour être un partenaire de la République pour ce qui est des affaires que nous avons en partage. Et c’est normal. Les autres religions se sont ainsi structurées, d’abord parce que c’est leur histoire, parfois, je dirais, leur structure même, et nous avons appris à vivre ensemble. Mais là aussi, nous nous devons la lucidité.

Lorsque la loi de 1905 a été votée, l’islam n’était pas une religion si présente dans notre pays. Et elle s’est beaucoup développée ces dernières années aussi à travers les vagues migratoires qui sont plutôt celles du 20ème siècle. Et donc, nous sommes face à une réalité dont l’organisation ne correspond pas à nos propres méthodes, à nos propres truchements. Nos interlocuteurs, aujourd’hui, n’assument pas une vraie responsabilité cultuelle. Et donc, il est très difficile pour le ministre en charge des cultes, des préfets, des maires, de savoir à qui ils parlent lorsqu’ils veulent pouvoir évoquer les sujets qui relèvent du culte et ont un impact sur notre vie en société et parfois sur l’ordre public. Parce que le culte n’y est pas ainsi organisé.

Ça fait 3 ans qu’on travaille sur ce sujet d’arrache-pied. J’ai discuté avec à peu près tous les spécialistes, acteurs, les différentes équipes de direction du CFCM. J’ai pu à un moment réfléchir à une voie, celle d’une approche concordataire, mais je pense qu’elle était inadaptée au temps que nous vivons. Elle aurait créé des ruptures avec les autres religions, son cadre juridique aurait été très fragile, et je pense qu’elle aurait sans doute d’ailleurs suscité des réflexions contre-productives. Vous allez vous occuper, vous État, d’organiser l’islam, c’est donc vous qui allez financer telle et telle chose avec l’argent du contribuable ? Je vous laisse imaginer ce dans quoi nous serions rentrés, vu la passion des débats d’ordre irrationnel que nous avons parfois.

C’est pourquoi nous avons engagé un travail de structuration et aussi de responsabilités partagées. Il y a maintenant un peu plus de deux ans, le ministère de l’Intérieur a demandé à chaque préfet dans les départements d’identifier les interlocuteurs de l’islam. Ce qui aujourd’hui n’était pas véritablement fait, vous le savez, ce sont plutôt les CRCM qui existent. Ce travail a été fait et a permis d’identifier dans chaque département, ou dans certains territoires de manière interdépartementale, les interlocuteurs, donc de structurer un dialogue. Et nous avons mené un vrai travail, une vraie réflexion avec le Conseil français du culte musulman. Et c’est ce chemin que nous allons ouvrir ensemble. C’est-à-dire, essayer ensemble de bâtir une organisation qui va nous permettre, je l’espère, je le crois, de construire un islam des Lumières dans notre pays. C’est-à-dire un islam qui puisse être en paix avec la République, en respectant toutes les règles de séparation et en permettant d’apaiser toutes les voix. Ce n’est pas le travail de l’État de structurer l’islam. Mais nous devons, nous, permettre, accompagner cette émergence, et c’est ce que ce dialogue, toute cette préparation nous a permis de faire.

D’abord, et c’est le premier point en la matière, en libérant l’islam en France des influences étrangères. Sur ce sujet, nous allons le faire de deux manières, parce qu’il y a deux types d’influences. Il y a une influence qui est visible, qui est assumée, et il y a une influence qui est parfois plus profonde et dangereuse, mais qui est moins visible et moins assumée.

La première influence qu’on a décidée de réduire, en concertation avec les pays, c’est l’organisation même de l’Islam consulaire. Vous le savez, nous sommes un pays où nous organisions la formation des imams dans des pays étrangers, mais aussi celle de psalmodieurs que nous faisions venir de manière régulière. C’est la Turquie, le Maroc et l’Algérie qui fournissaient ces imams et ces psalmodieurs. Nous avons décidé de mettre fin à ce système, de manière totalement apaisée avec les pays d’origines. Et en transition, c’est-à-dire sur 4 ans en moyenne, parce qu’il faut que les choses se fassent progressivement parce que, je vais y revenir, nous allons nous-mêmes former nos imams et nos psalmodieurs, les musulmans en France. Et donc, nous devons détacher ce lien qui est celui qu’on nomme de l’islam consulaire. Parce qu’il nourrit des rivalités, des dysfonctionnements mais surtout, il continue de faire porter ce surmoi post-colonial que j’évoquais par ailleurs, avec énormément d’ambiguïtés et il ne permet pas à la structuration de cette religion dans notre pays d’avancer comme il faut. Et je le dis de manière vraiment très apaisée et en accord à la fois avec le CFCM et les 3 pays que j’évoquais. Et donc, nous mettons fin à ce lien et à cette influence étrangère.

L’autre influence, plus pernicieuse, plus grave, c’est celle du financement. Jusqu’à présent, nous avions une ambiguïté. Beaucoup de structures passaient par la loi de 1901 pour financer des activités cultuelles et avec beaucoup d’opacité. Des structures qu’on voyait arriver, on en a vu arriver tellement sur nos territoires dont nous découvrions qu’elles avaient été financées par telle fondation, parfois tel État étranger, tels intérêts, sans beaucoup de transparence. Les mosquées seront ainsi incitées à sortir de la forme associative pour basculer vers le régime prévu par la loi de 1905, à la fois plus avantageuse fiscalement et davantage contrôlée sur les plans des financements venant de l’étranger. Mais au-delà de cela, tous ceux qui continueraient à choisir la voie de 1901 verraient un contrôle renforcé drastiquement en termes d’origine de financement, du contrôle de cette origine et de transparence sur les fonds.

Qu’est-ce que nous allons faire pour parler en termes simples, pour ceux qui connaissent ces questions ? Nous allons répliquer pour toutes les associations cultuelles qui se sont inscrites dans le cadre de la loi de 1901, les contraintes qui existaient dans le cadre de la loi de 1905, sans les avantages fiscaux de la loi de 1905. Normalement, c’est une incitation plutôt à aller vers 1905. Mais surtout, c’est la fin d’un système d’opacité. Il ne s’agit pas d’interdire les financements venant de l’étranger. Il s’agit simplement de les encadrer, de les rendre transparents, de les maîtriser. C’est un élément essentiel, là aussi, pour libérer l’islam en France des influences étrangères qui sont rarement pour le meilleur et comme nous l’avons constaté, le plus souvent pour le pire. Et il s’agit véritablement de revenir à l’esprit et à la lettre de la loi de 1905, au fond que ces contournements et des décennies de laisser-aller ont édulcoré dans la pratique. Ce que nous allons, de fait, faire pour tous les lieux de culte c’est donc renforcer les contrôles en termes de financement et aussi sur les associations qui les portent, renforcer comme je le disais tout à l’heure dans le deuxième axe, notre contrôle sur la nature de ce qui est dit, les actions qui y sont menées et le respect des valeurs de la République chez toutes celles et ceux qui les portent et les font vivre.

Ensuite, la volonté de protéger les responsables des mosquées des putschs, des prises de contrôle hostiles par des extrémistes, est un élément très important de cette structuration. Aujourd’hui, sur notre territoire, ce que nous voyons et je sais que les élus ici présents l’ont eux-mêmes constaté et parfois vécu, c’est au fond les prises de contrôle hostiles qui existent au niveau des mosquées pour aller justement soudainement changer les dirigeants de l’association cultuelle en quelques jours. Et on se réveille, en quelques jours on voit des islamistes radicaux profiter des faiblesses dans les statuts pour prendre le contrôle de l’association, de tous ses financements et mener la pire des politiques. Cela n’arrivera plus. Ce que nous allons très clairement installer c’est un dispositif anti-putsch, très robuste, dans la loi, qui permettra d’éviter que ces protagonistes qui sont les plus subtils, les plus sophistiqués, n’utilisent les faiblesses de nos propres règles pour venir prendre le contrôle des associations cultuelles et des mosquées pour aller prédiquer le pire, organiser le pire, souvent mener d’ailleurs dans le cadre de l’association cultuelle des activités qui ne le sont pas du tout, qui commencent à devenir politiques, etc. etc.

Enfin l’ambition de former et promouvoir en France une génération d’imams mais aussi d’intellectuels qui défendent un islam pleinement compatible avec les valeurs de la République est une nécessité. L’islam est une religion qui existe en France. Je sais que beaucoup ne veulent pas le voir et pensent que ce serait une manière efficace de lutter contre l’islam radical. Je pense que c’est une stupidité. D’abord parce que nier le réel n’est jamais une bonne voie et ensuite parce que, comme je vous le disais tout à l’heure, je pense que c’est le plus grand cadeau qu’on pourrait faire à ceux qui veulent basculer la République. Mais il nous faut, comme je le disais, aller au bout de cette structuration.

Et donc ce dont nous sommes convenus avec le Conseil français du culte musulman, c’est que d’ici à 6 mois au plus tard celui-ci allait finaliser un travail largement commencé depuis plusieurs mois et indispensable. Un travail qui consiste premièrement à labeliser des formations d’imam dans notre pays. Deuxièmement, à assumer une responsabilité cultuelle qui sera celle de la certification des imams. Troisièmement, d’écrire une charte dont le non-respect entraînera révocation des imams. La structuration du pèlerinage du hajj apportera des financements nécessaires. Nous avons conduit un très gros travail avec l’Arabie saoudite pour réglementer celui-ci et là aussi un travail a été mené par le CFCM, par la MIF, pour justement bâtir une solution qui permettra d’avoir ainsi des financements et de structurer ces formations.

Ce que je vous décris là, ça n’est pas l’État qui le fera, en vertu même du principe de séparation, ce sera au Conseil français du culte musulman. Mais je lui fais confiance et c’est une responsabilité immense que nous lui confions. Mais en même temps, je leur ai dit avec le ministre il y a deux jours, c’est une pression immense que nous allons exercer sur eux, parce que nous n’avons pas le droit d’échouer. Je pense que c’est aujourd’hui ce dont nous avons besoin.

S’agissant de la dimension intellectuelle, profane, l’État doit lui aussi s’engager. S’engager et soutenir ce qui, dans notre pays, doit nous permettre de faire émerger une meilleure compréhension de l’islam et aussi une meilleure formation intellectuelle, académique qui des religieux, mais tous nos concitoyens qui s’intéressent à cette religion, à cette civilisation pour mieux nous connaître aussi les uns les autres parce que c’est un enjeu pour nous-mêmes. À cette fin, nous soutiendrons à hauteur de 10 millions d’euros les initiatives qui seront prises par la Fondation pour l’islam de France en matière de culture, d’histoire et de science. Je pense en particulier au développement d’études islamiques de haut niveau à l’université. Je décide aussi que nous allons créer un Institut scientifique d’islamologie, et au bénéfice de la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche, nous créerons des postes supplémentaires dans l’enseignement supérieur pour, là aussi, continuer le travail, parfois le reprendre, en matière de recherche sur la civilisation musulmane mais aussi sur le Maghreb, le bassin méditerranéen, l’Afrique.

Beaucoup de ces sujets où la France excellait sur le plan académique ont été affaiblis et nous les avons abandonnés. Et ce faisant, nous avons laissé le débat intellectuel à d’autres, à ceux qui sont hors de la République en l’idéologisant, mais parfois à d’autres traditions universitaires. Je pense à la tradition anglo-saxonne qui a une autre histoire et qui n’est pas la nôtre. Et quand je vois aujourd’hui certaines théories en sciences sociales totalement importées des États-Unis d’Amérique avec leurs problèmes, que je respecte et qui existent, mais qui viennent s’ajouter aux nôtres, je me dis que nous sommes déraisonnables à ne pas faire ce choix. Et donc nous devons réinvestir, nous, très clairement, le champ des sciences sociales, de l’histoire, de la connaissance des civilisations, massivement en créant des postes, en développant le dialogue et la controverse académique et scientifique pour ne pas laisser la connaissance, la compréhension de l’islam comme religion, de la civilisation qu’elle porte, de sa contribution aussi à notre pays et notre continent à des débats idéologiques et exclusivement politiques.

Cette tâche, nous la mènerons là aussi avec beaucoup de méthode et de volonté. Je veux que la France devienne ce pays où on puisse enseigner la pensée d’AVERROES, d’IBN KHALDUN, que nous puissions être un pays d’excellence dans l’étude des civilisations musulmanes. Nous nous le devons à nous-mêmes et nous le devons pour cette lutte que j’évoquais. Parce qu’il n’y aura pas de réussite du projet que j’évoquais depuis tout à l’heure si nous ne connaissons pas mieux, si nous ne comprenons pas mieux les civilisations qui de fait cohabitent sur notre sol compte tenu de ce qu’est aujourd’hui le peuple français.

Il nous faut aussi, et le ministre de l’Éducation nationale, à plusieurs reprises, s’est engagé sur ce point, enseigner davantage la langue arabe à l’école ou dans un périscolaire que nous maîtrisons. Car notre jeunesse est aussi riche de cette culture plurielle et il faut sur ce sujet, sortir de l’hypocrisie dans laquelle nous sommes. Quand nous nous ne l’enseignons pas à l’école ou dans un périscolaire qui est compatible avec les lois de la République, nous acceptons qu’il y ait plus de 60 000 jeunes aujourd’hui qui vont l’apprendre dans des associations qui leur proposent pour le pire et qui sont manipulés par ceux que j’évoquais. Et donc l’arabe, mais aussi beaucoup d’autres langues qui sont la richesse même de nos enfants, de leurs familles, nous devons savoir dans notre République à la fois les reconnaître mais les exalter, les faire vivre dans le cadre républicain. De manière extraordinairement décomplexée, simplement de manière encore une fois conforme à nos principes, mais reconnaissant notre richesse. Sortons de l’hypocrisie donc, ne déléguons pas cet enseignement et d’ici à deux ans, notre volonté avec le ministre, c’est d’avoir une vraie politique de connaissance des langues et des civilisations aussi à l’école, avec des enseignants et avec des locuteurs qui sont certifiés au plan linguistique et dont nous savons qu’ils respectent les valeurs de la République.

Enfin, et c’est le cinquième axe sur lequel je voulais insister. S’il faut faire craindre la République en appliquant ses règles sans faiblesse et redonner force à la loi, s’il faut reconquérir sur des axes essentiels que j’ai évoqués, il faut aussi la faire aimer à nouveau en démontrant qu’elle peut permettre à chacun de construire sa vie. Nous avons au fond un devoir d’espoir. Et je le dis très simplement dans le débat qui est le nôtre, parce qu’il y a aussi une forme d’insécurité qui s’est installée, que certains ont qualifié d’insécurité culturelle, je crois à juste titre, parce que notre société est perclus de fractures, de non-dits que nous avons laissé s’installer. On voudrait croire qu’on peut régler tous les problèmes par des décrets et par des lois.

Notre République a réussi quelque chose d’extraordinaire à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, elle a réussi parce qu’elle a conquis, elle a installé un ordre républicain, elle l’a réussi par l’école, elle l’a réussi par ses services publics, par la justice mais elle l’a réussi parce qu’elle a fait aimer la République, parce que pour des tas d’enfants, la République a donné un avenir. Et partout où la République ne donne plus d’avenir, n’attendez pas que ces enfants l’aiment, malheureusement. Et ça ne se décrète pas l’amour. Ça ne se légifère pas l’espoir. Ça se démontre.

Et donc le travail que nous avons commencé avec beaucoup de vigueur, je veux ici lui rendre hommage, c’est celui que nous devons intensifier. Cela implique en effet de refaire entrer la République dans le concret des vies. Et là, on a besoin de le faire avec tous les fonctionnaires, avec tous les élus, avec détermination et je sais que vous êtes ses combattants. Et ce qui est très dur, c’est comme beaucoup parfois de terrain était perdu, tout ce qui se fait ces dernières années qu’on fait tous ensemble, ça ne se voit pas forcément assez, ça a un caractère ingrat, mais je veux ici le redire avec force : le dédoublement des classes pour 300 000 élèves, c’est de la République au concret pour des enfants qui vont pouvoir apprendre à lire, écrire, compter, être éduqués dans les territoires les plus difficiles. C’est une réalité. Les réformes de l’orientation de l’accompagnement, tout ce qu’on a fait sur le temps extra-scolaire, devoir fait, etc., quartiers d’été cet été, avec ce qu’on a appelé l’été apprenant et culturel et sportif.

C’est une reconquête essentielle, c’est du concret pour ces enfants qu’on n’a pas laissé dans la main d’associations qui veulent la fin de la République. Ce travail est essentiel et nous le poursuivrons. L’ouverture de 80 cités éducatives, la labellisation de 530 maisons France Services, dans le secteur culturel, l’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques pour plus de 600 communes, la création, comme ici aux Mureaux, de près de 100 Micro-folies. C’est une série d’initiatives, de bataille, de terrain, si je puis dire, qu’on a tous mené ensemble ces dernières années pour aller reconquérir et dire : la République doit revenir. Mais c’est vrai dans toutes les composantes. Lorsqu’on a décidé 10 milliards supplémentaires pour l’ANRU, aller reconquérir, réouvrir des quartiers, redonner des financements aux associations de terrain, décider, comme on l’a fait cette année, de redonner des crédits à la justice pour permettre la justice de proximité dans ces maisons France Services, mais aussi en redonnant des moyens très concrets pour que la réponse de notre justice corresponde aussi aux moyens qu’on met du côté de notre sécurité.

C’est la République qui revient et qui reprend un sens ce qu’on a fait avec les quartiers de reconquête républicaine, avec la police de sécurité du quotidien. Ce que le ministre est en train de déployer, là aussi pour redonner des moyens. Ce qu’on fait lorsqu’on se bat contre l’inégalité femmes-hommes sur le terrain en redonnant des moyens aux associations, mais en permettant là aussi à la République de revenir avec des moyens, des structures. C’est la politique que nous menons. Et donc, tout cela s’est déployé depuis 3 ans avec force détermination, avec beaucoup de propositions qui ont été portées par les ministres qui ont été aussi portés par Jean-Louis BORLOO, dont je veux saluer le travail, l’implication et les idées. Et quand je regarde le rapport qui nous avait été remis, plus de trois quarts ont été mise en œuvre. On peut s’en féliciter. Et je pense que toutes ces énergies, nous en avons besoin.

Et donc, ce qu’il nous faut faire aujourd’hui, c’est d’aller plus loin. Nous le ferons avec le dédoublement des classes actuellement étendues aux élèves de grande section. 40 cités éducatives supplémentaires qui seront créées, 300 maisons France Services supplémentaires qui ouvriront dans les prochaines semaines, un investissement supplémentaire dans l’ANRU. Sur la sécurité et sur la justice, des investissements supplémentaires de concret avec sur le terrain des magistrats, des greffiers, des juges, parfois aussi des volontaires qui viendront aider dans des tâches de proximité, comme vous l’avez développé Monsieur le maire, avec aussi des policiers, des gendarmes sur le terrain et des moyens supplémentaires.

Notre horizon est simple : c’est assurer une présence républicaine au bas de chaque tour, au bas de chaque immeuble. Là où nous avions reculé il faut revenir. Là où la réponse de la République n’était plus intelligible parce qu’on mettait des mois et des mois à répondre aux délits, on doit redonner du sens collectivement en permettant à notre justice de retrouver les moyens de répondre vite, de manière adaptée comme elle le fait pour que tout retrouve un sens, pour la victime comme pour le fauteur de trouble comme pour nos forces de sécurité.

Nous aimons la République au fond tous quand elle tient ses promesses d’émancipation. Tout ce que je viens d’évoquer c’est ce qui garantit cette promesse d’émancipation. La République c’est à la fois un ordre et une promesse. Et donc ce qu’il nous faut faire avec beaucoup de force c’est aller plus loin sur cette voie.

J’ai commencé à égrener des pistes pour l’égalité des chances, nous les poursuivrons en cette matière, dans la lutte contre les discriminations, en matière d’emploi et de logement avec de nouveaux testings qui ont été décidés, dans la systématisation des quartiers d’été que j’évoquais que nous allons pérenniser et pour faire en sorte que chacun, quelle que soit sa couleur de peau, son origine, sa religion, puisse trouver sa place. Ni le racisme ni l’antisémitisme ne sont compatibles avec la République. C’est pourquoi il nous faut aussi dans le cadre même de cette stratégie avoir l’ambition d’aller beaucoup plus loin que ce que nous avons commencé à faire. Je présenterai au cours de l’automne de nouvelles décisions en la matière et elles seront déclinées là aussi dans chaque département par les préfets en associant tous les élus, mais avec des choses profondes et simples.

En matière de logement, nous devons changer enfin radicalement nos textes. Nous ne pouvons pas continuer d’ajouter la pauvreté à la pauvreté. Tant que nous n’arrêterons pas cela, nous continuerons les difficultés éducatives, de formation et les problèmes que j’évoquais. Ce texte doit porter une réforme profonde de notre organisation en matière de logement, en particulier de logement social. De la même manière, nous devons porter, assumer la part de la relance qui ira à ces quartiers de la République. Il doit y avoir une part de ce plan de relance qui permet l’émancipation culturelle, économique, écologique de nos quartiers.

Arrêtons de traiter une partie de notre jeunesse ou de nos citoyens comme des consommables, ou au fond des simples récipiendaires de politiques publiques. Ils veulent faire. Ils veulent l’excellence. Ils veulent qu’on leur laisse la chance de réussir. Et donc dans ce plan France Relance, il doit y avoir et il y aura, j’aurai l’occasion de les présenter dans les prochaines semaines, là aussi, des changements profonds pour permettre à nos quartiers et à nos quartiers les plus en difficulté de mener les projets éducatifs, culturels, entrepreneuriaux qui sont souhaités et de réussir la transition, à la fois numérique et environnementale. Là aussi, ces transitions doivent être conduites. Là aussi, nous devons aider à réussir.

Mesdames et Messieurs, vous l’aurez compris, à travers ces 5 grands axes que j’ai voulu évoquer ce matin, c’est toute une stratégie de mobilisation de la nation pour un réveil républicain. Alors j’ai conscience que j’ai peut-être déçu ceux qui attendaient des caricatures dans un sens ou dans l’autre. Je l’assume et je continuerai de l’assumer.

Ce réveil républicain, il ne peut pas être le fait de quelques-uns. On n’administre pas des consciences. On gouverne un pays, on engage des citoyens. Et donc ce réveil, c’est celui des responsables politiques que nous sommes, des préfets, des policiers, des gendarmes, des professeurs, des fonctionnaires, des élus, des associations, des magistrats. De toutes celles et ceux qui, au quotidien, ont à faire vivre cette promesse. Ils ne m’ont pas attendus pour faire les constats que j’évoquais, mais nous voulons aujourd’hui leur donner les moyens de faire et un cadre clarifié et aussi des moyens en conséquence pour pouvoir agir.

Ce réveil c’est celui de tous les citoyens, c’est celui d’une France unie autour de ses valeurs. Plus nos ennemis chercheront à nous opposer, plus nous serons rassemblés. Plus ils chercheront à nous détruire, plus nous ferons bloc. Plus ils chercheront à faire vaciller nos valeurs, plus nous serons intransigeants, intransigeants, parce que c’est notre histoire dont il s’agit mais intransigeants parce qu’à cette intransigeance correspond la bienveillance républicaine que j’évoquais. Mais je vous le dis avec beaucoup de conviction, il y a au fond, derrière cette question existentielle pour notre nation, à réapprendre les raisons que nous avons de vivre ensemble.

Chaque jour, chaque jour, les uns et les autres veulent mettre en avant les bonnes raisons de nous diviser. Nous ne sommes pas une société d’individus. Nous sommes une nation de citoyens. Cela change tout. On apprend à être citoyen, on le devient. Ce sont des droits et des devoirs. Mais je ne céderai rien à ceux qui veulent nous diviser dans un sens ou dans l’autre, parce que je crois que notre plus beau trésor, c’est ce bloc que nous formons. Il est un et pluriel, ne l’oublions jamais. C’est ça la force de notre république. Pluriel, ça ne veut pas dire que nous serions un agglomérat de communautés. C’est que nous sommes une communauté nationale. Mais cette communauté nationale a 66 millions d’histoires. Et quelque chose qui est à chaque fois plus grand que chaque individu, ce qui fait qu’un individu devient citoyen. Son adhésion à l’universel républicain, c’est cela qu’il nous faut défendre.

Le Gouvernement prendra ses responsabilités en finissant le travail sur ce texte de loi. Je sais que l’ensemble de celles et ceux qui servent l’État le feront. Je sais que nos élus seront au rendez-vous et je sais que tous nos citoyens prendront cette part.

Vive la République et vive la France !»

 

« L’enjeu stratégique des câbles sous-marins » (Cyrille Dalmont)

 » L’enjeu stratégique des câbles sous-marins » (Cyrille Dalmont)

 

 

 « Plus de 99% du trafic Internet international passe par des câbles sous-marins, analyse le chercheur associé à l’Institut Thomas-More. En 2020, on en recense près de 380 à travers le monde, pour un total de 1,3 million de kilomètres posés. C’est un enjeu vital pour les Etats explique-t-il dans l’opinion

 

Le câble sous-marin de Google sur la côte française est le plus important câble transatlantique. Il permettra à Google d’augmenter ses capacités de transmission vers la France et les principaux centres de data.

 

« Le débat sur la souveraineté numérique relatif à la 5G fait rage depuis quelque temps en France, en particulier en raison des risques pour notre souveraineté et notre sécurité intérieure que soulève une éventuelle participation de l’entreprise Huawei au déploiement des antennes relais. Ce débat, selon des modalités et une intensité variables, la plupart des pays occidentaux l’ont ou l’ont eu. La 5G et ses implications (comme la crise sanitaire d’ailleurs) nous ramènent inévitablement aux fondamentaux de la politique : qui commande ? Qui dit « nous voulons » ?

Mais une autre guerre des mondes sévit dans le même temps à bas bruit : celle des câbles internet. La réalité est simple : pour les communications internationales, plus de 99% du trafic Internet passe par des câbles sous-marins. En 2020, on en recense près de 380 à travers le monde, pour un total de 1,3 million de kilomètres posés. C’est un enjeu vital pour les Etats. On retrouve donc sur l’échiquier mondial les champions industriels de la pose de câbles qui s’affrontent pour asseoir l’hégémonie des principales puissances mondiales. Etats-Unis et Chine en tête, mais aussi Russie et, hélas très modestement, Europe : tous se livrent à des assauts répétés les uns contre les autres pour dominer le secteur.

Pourquoi est-ce si important pour les Etats ? Tout simplement parce que celui qui possède le câble peut contrôler le flux de données, les maîtriser, éventuellement les espionner (comme autrefois les ports, les ponts et routes) et, en cas de conflit, couper les communications de certaines régions, voire de nations entières. L’utilisateur Internet ne choisit pas par quel câble il passe et, plus un pays possède ou contrôle de câbles, plus il peut capter de trafic de données.

Sur le terrain, la Chine est particulièrement offensive et son fer de lance était jusqu’à il y a peu la société Huawei marine networks, créée en 2008. Dans le cadre des « Routes de la soie numériques », elle a travaillé à elle seule sur près d’une centaine de projets de construction ou de modernisation de liaisons par fibre optique sur les fonds marins. Cet expansionnisme a connu un coup d’arrêt avec l’embargo récent (15 mai 2019) de l’administration Trump à l’encontre de la firme chinoise Huawei. Accusé d’espionnage à grande échelle au profit du gouvernement chinois, il est désormais interdit aux sociétés américaines de travailler avec le constructeur chinois. Donald Trump a encore haussé le ton en mai dernier et cet embargo s’applique désormais aux fournisseurs basés hors des Etats-Unis, dès lors que leurs produits ou services utilisent des technologies américaines, qu’il s’agisse de propriété intellectuelle, de logiciels ou d’équipements de production.

Mais cet embargo sera vite contourné car la Chine a trouvé rapidement la parade : Huawei a annoncé en juin la cession de 51% de Huawei marine networks à Hengtong optic-electric, une autre entreprise chinoise. Bien évidemment, la Chine non seulement ne ralentit pas mais entend amplifier son programme de pose de câbles comme l’a confirmé, au retour de sa tournée européenne, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi, lors de la signature d’un accord avec le Kazakhstan.

 

«Google possède ou contrôle aujourd’hui pas moins de 14 câbles (dont trois en propre). Facebook en possède 10, Microsoft quatre et Amazon trois» 

De leur côté, les Etats-Unis, inventeurs d’Internet, dominent toujours aujourd’hui le marché mondial du transfert de données, notamment grâce à l’activité débordante des Gafam, en particulier Facebook et Google dont l’appétit pour la pose de câbles est à la hauteur des ressources, c’est-à-dire sans limite. Google possède ou contrôle aujourd’hui pas moins de 14 câbles (dont trois en propre). Facebook en possède 10, Microsoft quatre et Amazon trois.

Si elle est moins dépendante des câbles sous-marins que les Occidentaux, en raison du continuum de son territoire, et moins active dans la pose de câbles, la Russie, quant à elle, n’hésite pas à jouer les trouble-fêtes avec ses mini-sous-marins espions de plongée profonde à propulsion nucléaire, connus sous le terme russe AGS. Ou à mettre la pression sur des pays de son environnement pour imposer sa volonté quant au choix d’une société de pose de câble.

Epée de bois. C’est ce qui s’est passé en Géorgie, pour le groupe azéri Neqsol avec l’acquisition de Caucasus Online, seule société géorgienne détenant la gestion du réseau de fibre venant d’Europe à travers la Mer Noire, dans le cadre d’un projet de route de fibre optique entre l’Europe, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et l’Asie, qui devait permettre une alternative aux routes terrestres actuelles à travers la Russie. Cette opération, finalisée en 2019, est bloquée depuis juillet, la Commission nationale géorgienne des communications semblant chercher tous les moyens d’annuler la vente. Tous les coups sont ainsi permis dans cette guerre où le droit du plus fort devient le droit tout court.

Et l’Europe dans tout cela ? Dans ce domaine comme dans tant d’autres, dotée d’une expérience industrielle indéniable (notamment avec le groupe Alcatel submarine networks, désormais filiale de Nokia) mais privée de direction comme de volonté politique, elle n’a ni stratégie, vision de long terme. Les entreprises européennes se contentent donc le plus souvent de participer à des projets de groupement internationaux telle que le projet 2Africa de câble sous-marin de 37 000 kilomètres reliant 23 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Europe et s’étendant vers l’Asie.

Si nous assistons bien à une guerre de puissance et de souveraineté entre Etats, au travers de leurs champions industriels, l’Europe joue les candides et monte au front avec une épée de bois quand les Etats-Unis, la Chine et la Russie savent utiliser les authentiques ressorts de la puissance. En refusant de devenir un véritable acteur majeur du numérique – ce qui réclamerait de mettre en place un « écosystème » européen indépendant alliant investissements, recherche, industrie, vecteurs de diffusion, mesures douanières et surtout une vision géostratégique de l’économie – l’Europe laisse son avenir économique et sa souveraineté entre les mains d’autres puissances mondiales.

Cyrille Dalmont est chercheur associé à l’Institut Thomas-More

Brexit : Johnson « optimiste » !

Brexit : Johnson « optimiste » !

 

L’intoxication permanente caractérise désormais les dernières discussions concernant le brexit. Chaque partie considère en effet que les discussions sont difficiles mais que la perspective d’un accord n’est pas à écarter. La vérité c’est que ni l’union économique ni le Royaume-Uni ne veulent  endosser la responsabilité de la rupture. La vérité sur les discussions c’est qu’on a avancé sur certains sujets secondaires mais que sur l’essentiel.

il n’y a toujours pas de progrès sauf à ce que l’union économique lâche sur tout permettant ainsi l’accès du marché européen sans contrainte au Royaume-Uni. Il n’est pas impossible que Boris Johnson compte sur l’appui de l’Allemagne qui discrètement serait favorable à un accord qui sauverait les échanges entre les deux zones. Comme d’habitude l’Allemagne privilégie son business.

En tout cas, le  Premier ministre britannique Boris Johnson s’est dit « assez optimiste » au sujet d’un accord post-Brexit, dans un entretien au Telegraph, alors qu’il doit échanger en visio-conférence avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen samedi, en vue du sommet européen du 15 octobre. « Le Royaume-Uni a toujours été clair sur ce que nous voulons, nous voulons un accord comme celui passé (par l’UE) avec le Canada », a expliqué M. Johnson, avant d’ajouter: « Nous avons été membres (de l’Union européenne) pendant 45 ans, et je ne vois pas pourquoi ils ne peuvent pas avoir le même accord avec nous, donc je suis plutôt optimiste ». Notons qu’il y a une différence de taille avec le Canada très éloigné. En effet Royaume-Uni se trouve aux portes de l’Europe et par ailleurs l’Irlande d’une nord  bénéficiant du régime de l’Irlande du Sud pourrait constituer une porte ouverte sans condition aux marchés européens. Une sorte de Singapour pour l’Europe.

 

Trump contaminé mais ne manque pas d’air!

Trump contaminé mais ne manque pas d’air!

D’après les déclarations officielles , Trump  contaminé par le virus n’aurait pas été alimenté par un supplément d’oxygène. Mais les déclarations à ce propos sont assez contradictoires.

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce président ne manque pas d’air;  lui qui avait conseillé de tester son adversaire Joe Biden avant le débat entre les deux hommes devant les chaînes de télévision. Trump voulait vérifier si son concurrent n’était pas dopé. En tout cas, Trump  ne manque pas d’air quand il affirme que de toute façon, il  n’est pas sûr d’accepter  le résultat des élections. En clair, il s’apprête à créer une situation d’instabilité politique en refusant éventuellement le résultat, ce qui va créer un imbroglio juridique et sans  doute politique et économique.

 

Ce qui paraît certain ,  c’est l’insuffisance de la politique de prévention. Pour preuve nombre de conseillers de trame ont aussi été contaminés.  La Maison Blanche enregistre multiples contaminations. La liste des proches de M. Trump infectés s’allonge: son épouse Melania, sa conseillère Hope Hicks, son directeur de campagne Bill Stepien, trois sénateurs républicains, et l’ancienne conseillère Kellyanne Conway…. Sans compter trois journalistes accrédités. Rien que samedi, on a appris que le sénateur Ron Johnson et Chris Christie, qui a aidé M. Trump à se préparer au débat télévisé de mardi dernier contre Joe Biden, avaient reçu un test positif.

« Faire respecter l’État de droit aux géants du numérique » (Joëlle Toledano, économiste)

« Faire respecter l’État de droit aux géants du numérique » (Joëlle Toledano, économiste)

 

Dans son dernier ouvrage, l’économiste Joëlle Toledano, professeur émérite à l’université Paris-Dauphine, prône un « changement d’approche » de la régulation européenne, pour « enfin faire respecter l’état de droit » aux géants du Net américains. Entretien dans la Tribune.

 

 

Votre dernier livre décortique comment les Gafa [Google, Apple, Facebook, Amazon, ndlr] ont tissé leur toile jusqu’à étouffer la concurrence dans leurs secteurs respectifs. Pendant des années, ils ont échappé aux filets des régulateurs, notamment en Europe, qui est devenue une colonie numérique des Etats-Unis. Pourquoi la régulation ne fonctionne-t-elle pas avec eux ?

 

JOËLLE TOLEDANO - Mon livre dresse effectivement un constat d’échec de la régulation jusqu’à présent, qui n’agit qu’a posteriori une fois les dérives identifiées. Contrairement aux autres plateformes numériques, chacun de ces empires a réussi à sa façon à étendre ses activités de façon à créer de puissants écosystèmes qui sont devenus des places fortes. Les pratiques abusives de chacun des quatre Gafa sont largement connues et documentées, sans même parler de leur expertise pour l’optimisation fiscale, de l’impact d’Amazon sur le commerce et les emplois, ou encore des énormes défis démocratiques posés par les contenus haineux et les fake news sur les réseaux sociaux.

Je pense que le problème des régulateurs du XXè siècle est qu’ils arrivent toujours un peu après la bataille, à moins que les Gafa, qui sont des entreprises visionnaires, aient toujours un temps d’avance sur tout le monde. Pourquoi les autorités de la concurrence ont-elles autorisé Facebook à acquérir Instagram et WhatsApp, ce qui a offert à Mark Zuckerberg un quasi-monopole sur les réseaux sociaux ? Parce que les règles que devaient appliquer les autorités de concurrence pour évaluer et éventuellement refuser de telles acquisitions étaient beaucoup trop strictes. Nos outils de régulation sont inadaptés car ils n’empêchent pas ces acteurs non seulement de façonner des empires économiques et financiers d’une puissance inédite, mais aussi d’abuser de leurs positions et d’étouffer la concurrence.

L’enseignement que j’en tire est que pour réguler efficacement les Gafa, il faut monter en compétence et se donner les moyens de comprendre comment ils fonctionnent. Pour cela, il faut d’abord aller au cœur de leur modèle économique, c’est-à-dire inspecter sous le capot des algorithmes, s’attaquer à l’opacité qui entoure les relations économiques à l’intérieur des écosystèmes, et comprendre la façon dont s’effectue le partage de la valeur dans la publicité ou sur les places de marché. Ensuite, il faut identifier et interdire un certain nombre de pratiques qui nuisent à la concurrence. Enfin, il faut, entreprise par entreprise, prendre des mesures pour rendre possible à nouveau la concurrence.

Le constat que je dresse est donc sévère mais je ne suis pas fataliste pour autant. Je pense que réguler les Gafa est possible, mais seulement si on s’en donne les moyens intellectuels et politiques. Par contre, cela nécessite de changer profondément d’approche, et de se retrousser sérieusement les manches.

Sauf que la puissance des Gafa ne cesse de se renforcer. Même la crise du Covid-19 ne les fragilise pas. Comment résoudre l’équation entre la nécessité de repenser en profondeur leur régulation et celle d’aller vite ?

Se donner les moyens, c’est d’abord constituer une équipe compétente. Il manque, à mon avis, un organe de régulation au niveau européen complété par des équipes nationales, dédié aux Gafa, avec des experts compétents.

 

Note endettement de la France maintenue par S&P

Note endettement de la France maintenue par S&P

 

L’agence de notation a également maintenu la perspective de la France à «stable». S&P estime en effet que «les récentes réformes économiques, budgétaires et structurelles mises en place par le gouvernement ont amélioré la capacité de l’économie à résister aux effets négatifs de la pandémie de covid-19», précise-t-elle dans un communiqué. L’agence de notation Fitch avait, elle, abaissé en mai la perspective de la France, tout en gardant sa note AA.

L’agence S&P rejoint à peu près les prévisions du gouvernement qui prévoit une baisse de croissance de leurs 2 % en 2020 et un redressements autour de 8 % en 2021.

1...2627282930



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol