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La loi climat européenne : une neutralité carbone illusoire en 2050

La loi climat européenne : une neutralité carbone illusoire  en 2050

Pour respecter l’Accord de Paris, l’objectif européen en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre devrait être de 65, voire de 70% au lieu d’environ 50 % prévus en 2030 explique Marie Toussaint, députée européenne EELV. Elle considère que la loi européenne n’est pas à la hauteur de l’enjeu

« Nous perdons un temps précieux. Il y a près d’un an, pourtant, la Commission européenne était élue avec ce grand cri : « Vive le Green deal ! ». Quel gâchis. Le pacte vert promis ressemble en réalité davantage à une indigeste mixture libérale, où la révolution consiste en une longue liste de législations environnementales à réviser ou à créer, sans même avoir ajusté en conséquence les objectifs qui nous permettraient d’être à la hauteur de la catastrophe annoncée.

Nous voilà à la veille du premier crash-test : la « loi climat européenne », qui vise la neutralité carbone de l’Union en 2050 et fixe les objectifs intermédiaires pour y parvenir. Votée ce mercredi en séance plénière du Parlement européen, elle devra dire si nous mettons vraiment en œuvre les mesures nécessaires à la préservation des droits humains et du climat. Cette loi est déjà dénoncée par Greta Thunberg comme une « capitulation ». Et il y a de quoi.

Pour respecter l’Accord de Paris, pour éviter les sécheresses comme celle du Doubs, où la rivière a disparu par endroits au courant du mois d’août, pour freiner l’écroulement des glaciers comme celui de Nioghalvfjerdsfjorden au nord-est du Groenland il y a trois semaines, ou juguler les records de chaleur enregistrés cet été dans 50 villes de France, l’objectif européen en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre devrait être de 65, voire de 70%. Disons le franchement : la proposition de la Commission est totalement à côté de la plaque avec sa timide promesse de viser une baisse de 55% de CO2. Un objectif qui, à la faveur de jeux de chiffres et d’experts risque fort d’être ramené à 52,8% à l’horizon 2030.

Nous perdons un temps précieux, parce que les scientifiques sont formels : si nous voulons tenir nos engagements internationaux, il nous reste dix ans pour agir. Chaque hésitation, chaque tremblement sont autant de redditions devant le chemin qu’il nous reste à parcourir pour préserver une planète vivable.

Alors certes, le Parlement européen devrait la semaine prochaine adopter une proposition ambitieuse, avec la création d’un Haut Conseil pour le climat européen, une amélioration de l’accès à la justice pour faciliter le contrôle citoyen comme tente de le faire la campagne de justice climatique l’Affaire du siècle. Bien sûr les parlementaires défendront la fin des subventions directes et indirectes aux énergies fossiles d’ici 2025. Evidemment ils rappelleront le lien étroit entre réchauffement climatique et conditions sociales.

Mais le risque est là, et il est grand, que l’Union européenne passe une nouvelle fois à côté de l’Histoire, en se dotant d’objectifs dérisoires. Et le Parlement européen, autrefois si pionnier, cède peu à peu du terrain aux productivistes et aux tenants du mirage de la croissance verte, en refusant le rapport de force avec la Commission européenne.

Pire, les parlementaires et notamment les élus LREM ont tendance à se contredire eux-mêmes, en demandant la fin des subventions directes et indirectes aux énergies fossiles d’ici 2025 tout en défendant la place du gaz dans le mix énergétique et les nouvelles infrastructures de l’Union (qui nous enfermeront dans le gaz pour les 30 à 40 prochaines années), ou en abandonnant la bataille budgétaire là où il manque au moins 470 milliards d’euros par an pour financer la transition.

Le refus d’ouvrir les yeux face aux émissions importées de l’Union européenne et de la France est une autre faute grave de la majorité de notre pays, si prompt à défendre les intérêts du climat dans les mots… et les intérêts économiques ou financiers des grandes firmes dans les actes. Ne parlons même pas des outils de contrôle de l’atteinte des objectifs climatiques de l’Union par ses Etats-membres, à peine renforcés, et certainement pas contraignants ou adossés à des sanctions.

Une nouvelle fois, les néolibéraux, les productivistes et les conservateurs semblent avoir noué une alliance indéfectible. Elle repose sur l’idée que, puisque les grandes puissances du monde sont dirigées par des climato-sceptiques, nous ne pourrions agir. Un nouveau mensonge, puisqu’y compris en termes de rationalité économique, toute innovation de notre modèle énergétique, de production et de consommation, constitue une belle promesse d’avenir, et ouvre des perspectives de millions d’emplois.

Un confortable mensonge, surtout, car l’application de ces changements sur la politique française risqueraient d’être bien lourde pour ceux qui pensent avoir intérêt au statu quo : une loi climat ambitieuse obligerait la France à un véritable moratoire sur l’artificialisation des sols et les coupes rases dans les forêts françaises, ou encore sur le déploiement de la 5G. Elle obligerait en somme le pays à tenir compte des mesures plébiscitées par la Convention citoyenne pour le climat, et le Président de la République à tenir ses promesses.

Nous perdons un temps précieux, que le gouvernement français préfère utiliser à faire passer les écologistes pour des fantaisistes rétrogrades, quand il ne porte pas des coups mortels aux quelques règles environnementales qui existent. Le tout en jurant la main sur le cœur que la planète est sa priorité. A d’autres. Nous ne transigerons pas sur notre avenir commun. »

 

Iran: contrainte de négocier avec les États-Unis

Iran: contrainte de négocier avec les États-Unis

 

Hamid Enayat, analyste iranien basé à Paris estime dans la tribune que l’Iran n’a pas d’autre solution que de négocier avec les États-Unis compte tenue de la situation catastrophique de son économie.

 

 

Ces deux dernières années, le ciel du régime iranien s’est assombri. La chute spectaculaire du rial (la monnaie iranienne, ndlr) a considérablement accru la pauvreté. L’inflation et les prix élevés s’envolent au quotidien. Il est certain que plus des deux tiers de la population iranienne vivent en deçà du seuil de pauvreté. Le chômage s’est intensifié avec la pandémie du coronavirus. L’économie a fait faillite. Et plus important encore, ces deux dernières années, le soulèvement de novembre a ébranlé les fondements du pouvoir. Les journaux officiels ont à plusieurs reprises mis en garde contre l’imminence d’un nouveau soulèvement. La raison en est que le régime a procédé à des exécutions hâtives en dépit de la pression internationale et au prix d’un isolement supplémentaire. Il est donc très clair que cette situation ne peut continuer.

Elle n’est plus supportable car l’armée des chômeurs et des affamés s’est tournée vers les Moudjahidine du peuple (OMPI), l’ennemi juré et de longue date du régime iranien, et ils ont démontré un leadership efficace dans les protestations et soulèvements.

Selon les responsables en Iran, les politiques actuelles de la Maison Blanche, du Sénat et de la Chambre des Représentants sont fortement influencées par l’OMPI.

« Il suffit d’examiner le sommet virtuel que ce groupe a tenu, juste un jour avant la mise en œuvre du snapback américain, écrit le très officiel Mardom Salari en Iran. Une réunion transatlantique à laquelle ont participé 9 sénateurs et 20 membres de la Chambre des Représentants des Etats-Unis, ainsi que Rudy Giuliani et une dizaine d’autres figures anti-iraniennes. Sénateurs, représentants et personnalités du parti républicain de Trump et du parti démocrate de Biden ! Même le sénateur Menendez, l’un des démocrates de plus haut rang qui fait tout pour empêcher la réélection de Trump, s’est rangé du côté de sénateurs néoconservateurs comme Ted Cruz et Marco Rubio. En plus de soutenir la pression maximale et de sanctionner l’Iran, il soutient Maryam Radjavi, la dirigeante de l’OMPI. »

La situation est-elle la même qu’en 2013, où la stratégie et la priorité d’Obama était le retrait des troupes américaines d’Irak ? Il avait alors pour ligne de conduite de geler les autres conflits, y compris avec l’Iran, un processus qui avait conduit au JCPOA, l’accord nucléaire.

Sans l’ombre d’un doute, si Biden veut retourner au JCPOA, il visera la capacité de missiles ainsi que les politiques belligérantes du régime iranien dans la région. Et dans ce cas, certainement, il aura l’Europe à ses côtés. Il en résultera le retour contraint du régime iranien à l’intérieur de ses frontières, ce qui signifiera sa mort annoncée. La théocratie repose sur deux piliers, le premier étant l’exportation du terrorisme et l’intervention dans la région, et le second étant la répression à l’intérieur. Si l’un de ces piliers vient à être supprimé, cela entraînera son effondrement. L’administration Trump dit la même chose et vise la destruction des manettes de l’ingérence de Téhéran dans la région.

Option 1 – Quels changements pour Téhéran ?

Tout d’abord, la victoire des démocrates aux élections américaines de 2020 et une négociation avec Joe Biden. Il est clair que, depuis le retrait des États-Unis du JCPOA, Téhéran attend le résultat des élections américaines de 2020, il espère que les démocrates l’emporteront et qu’ensuite, les États-Unis retourneront au JCPOA. Certes, Téhéran y met beaucoup d’espoir et y voit non pas une bulle d’oxygène, mais une autoroute vers le désenclavement économique et politique.

Pour Téhéran, la victoire des démocrates peut avoir deux conséquences. Tout d’abord, les sanctions seraient levées, et ensuite les entreprises qui étaient prêtes à investir en Iran viendraient sur le terrain. Cependant, une victoire des démocrates et un retour américain au JCPOA pourraient également rendre la situation un peu plus difficile.

En effet, l’influence de l’Iran en Syrie, au Liban et en Irak a diminué. L’arrivée des démocrates ne rendra pas au régime iranien la domination qu’il avait sur la région. Les démocrates en sont conscients. Ainsi, il est peu probable que ces derniers soient disposés à emprunter le même chemin face à l’expansionnisme et l’ingérence de Téhéran.

Par conséquent, si les démocrates gagnent, cela impliquera inévitablement un changement dans la région, car ils poursuivent aussi leurs intérêts nationaux et régionaux. Ils contraindront la théocratie à abandonner ses programmes de missiles et ses interventions militaires au Liban, en Irak et au Yémen ; deux lignes rouges du régime iranien.

Option 2 - La poursuite de la présidence de Donald Trump

Si Trump l’emporte à nouveau, les négociations ne sont pas interdites. Trump a déclaré qu’il entamerait des négociations avec l’Iran s’il était élu. Mais si les Républicains gagnent, compte tenu de tous les problèmes qu’ils ont créés au régime iranien jusqu’à présent les décisions qu’ils prendront renforceront la pression et auront donc des conséquences irréparables pour Téhéran. D’autre part, certains pays de la région, comme l’Arabie saoudite et Israël, soutiennent la politique iranienne de Trump. En cas de victoire électorale, Trump dispose de suffisamment de temps pour tenir ses promesses et gérer le jeu de sorte à obtenir le plus grand nombre de points dans les négociations.

Option 3 - Négocier avec Donald Trump avant l’élection de 2020

Dans cette option, Trump ne peut évidemment pas avoir une main plus forte qu’après la victoire. Mais une bonne entente avec le régime iranien est pour lui le meilleur résultat des élections. Le régime semble donc avoir mis tous ses œufs de politique étrangère dans ce panier.

La conclusion est que, compte tenu des trois options mentionnées, la troisième, celle d’un accord avec l’administration Trump avant les élections de 2020, est certainement la meilleure pour le régime iranien. En revanche, les deux premières qui consistent à négocier avec les vainqueurs des élections américaines auront sûrement des résultats préjudiciables pour Téhéran.

Choisir entre le mal et le pire

Khamenei lui-même avait déclaré que les négociations avec les États-Unis étaient empoisonnées. L’option de négocier avec Washington, qui semble inévitable, est un choix en désespoir de cause.

Le régime iranien a toujours rassemblé et maintenu ses forces réactionnaires dans la société et dans la région avec le slogan de « A bas l’Amérique ». C’est avec ce slogan, qu’il a pu éliminer de nombreuses forces jusqu’à ce jour. Un responsable du renseignement avait déclaré pendant la guerre Iran-Irak que « le ministère du Renseignement ne nous a pas apporté autant que le slogan de ‘A bas l’Amérique’ ». C’est pourquoi les menaces creuses du commandant des gardiens de la révolution et de vengeance pour la mort de Soleimani sont devenues une forme de routine pour permettre au régime de maintenir le moral de ses forces.

Sans l’ombre d’un doute, dans les trois options, le régime iranien devra renoncer à ses politiques belligérantes dans la région et, par conséquent, à l’étape suivante, il devra abandonner le corps des pasdarans (le corps des Gardiens de la révolution islamique, ndlr), la milice du Bassij et sa pléthore de milices étrangères qui lui servent d’outils politiques. Ce faisant, il sciera la branche sur laquelle il est assis.

Mais le plus important est encore la présence d’une alternative en Iran, face à laquelle la théocratie a été contraint de choisir entre le mal et le pire. À l’heure actuelle, la dirigeante de l’opposition iranienne, Maryam Radjavi, avec son plan en dix points basé sur l’égalité des sexes, la séparation de la religion et de l’État, un Iran non nucléaire et l’abolition de la peine de mort, a une forte influence sur les femmes et la jeunesse iraniennes. En conséquence, le régime est contraint de choisir entre le marteau des sanctions et la forte présence d’une alternative politique à la tête des protestations. Face à cette donne-là, l’Europe et le résultat des élections américaines ne lui seront d’aucun secours.

Veolia Suez: l’hypocrisie du gouvernement

Veolia Suez: l’hypocrisie du gouvernement

Dans cette affaire de regroupement possible entre Veolia et Suez,  le gouvernement a montré à la fois son incompétence mais aussi son hypocrisie. Dans un premier temps,  le Premier ministre par exemple à considéré comme pertinente la perspective de construction d’un grand groupe international oubliant sans doute que déjà les deux entreprises étaient respectivement premières et deuxième au plan mondial.

Le Premier ministre a aussi négligé l’impact sur l’emploi car inévitablement des doublons vont amener à la suppression de nombreux superstructures de Suez et à une vague de suppressions d’emplois d’ampleur qu’on peut chiffrer de 3000 à 5000 en France. Dernier problème et pas des moindres, celui de la vente des activités de l’eau à un fonds d’investissement qui pourrait même être étranger pour satisfaire aux exigences de concurrence fixée par Bruxelles.

Ce n’est que récemment que le Premier ministre s’est approprié cette problématique et qu’il a en fait changer sa position comme le ministre de l’économie d’ailleurs. Le problème, c’est que le gouvernement s’est montré complètement incapable de neutraliser Engie dont il est l’actionnaire principal, et de loin.

Engie a pu ainsi vendre ses parts de Suez en négligeant totalement l’avis  du gouvernement. La vérité, c’est qu’il y a sans doute un double langage de la part du ministre de l’économie. Officiellement,  il réclame de prendre du temps, d’ouvrir des négociations mais il laisse faire Veolia dans son opération brutale de prise en main de Suez.

Il n’y avait pas urgence en effet à décider aujourd’hui de la vente des actions que possédait Engie dans Suez. La seule urgence d’Engie consistait  à masquer ses insuffisances de gestion et sa stratégie approximative grâce à l’apport de cash de 2 milliards récupérés par la vente des actions Suez. Les administrateurs de l’État d’énergie feraient mieux de concentrer leurs efforts sur la clarification de la stratégie de leur entreprise et d’imposer une plus grande rigueur de gestion. L’État avait les moyens de s’opposer à ce transfert précipité des actions d’Engie dans Suez.

Engie- Au 31 mars 2020 répartition
Capital social (et droits de vote) :
État français :
23,64 % (34,47 %)
Actionnariat salarié :
3,27 % (3,43 %)
BlackRock :
4,49 % (3,48 %)
CDC et CNP Assurances :
4,59 % (3,91 %)
Auto-détention :
0,76 % (0,59 %)
Public (y compris investisseurs institutionnels, actionnaires individuels et autres, y compris BlackRock) :
67,74 % (57,60 %)

 

Prix de l’eau : pourquoi une différence de 3 à 7 euros le mètre cube ?

Prix de l’eau : pourquoi une différence de 3 à 7 euros le mètre cube ?

 

Il est évident que l’éventuel regroupement entre Veolia et Suez aura une incidence sur le niveau des prix puisque le nouvel ensemble va se trouver pratiquement en position hégémonique pour négocier avec des collectivités locales qui sont en quelque sorte sous dépendance ou en tout cas n’ont pas les moyens techniques et économiques pour discuter à égalité avec les opérateurs. Force est de constater une grande différence du prix de l’eau en France qui varie de trois à sept euros le mètre cube.

Une dépense non négligeable pour les ménages qui pour un couple utilisent annuellement environ 100 m³ ( 150 m³ pour quatre personnes).

Les clauses commerciales sont particulièrement complexes. Elles dépendent aussi des relations historiques qu’entretiennent certaines collectivités avec les opérateurs. Il faut noter que l’eau n’est pas seulement distribuée par des opérateurs privés. Veolia n’occupe en France en gros que 30 % de parts de marché à peu près autant que les régies qui évidemment elle sont totalement sous contrôle public. En général, le prix de l’eau et notoirement plus bas dans les régies (autour de 30 000 régies en France). Ce qui est certain c’est que Veolia comme Suez ont réussi leur développement grâce surtout au business de l’eau dont le prix s’est envolé au cours de ces dernières dizaines d’années.

La question se pose aussi de celle des capacités de financement des opérateurs. En effet en zone peu dense notamment, le réseau d’eau est très vieillissant puisqu’il a été créé juste après guerre. Les besoins d’investissement globaux se situeraient à 2 milliards par an. Le problème est de savoir qui va assumer le coût de la rénovation.

Nationaliser Veolia ?

  • Nationaliser Veolia ?
  • La question peut se poser dans la mesure où il est démontré que l’État n’a aucun pouvoir en dépit des actions qu’il possède dans les différentes entreprises concernées (34 % chez Engie, 34 % chez Suez via Engie, et 5 % chez Veolia).
  • Le problème est simple, Veolia sera en situation hégémonique avec le rachat de Suez. Il pourra encore mieux qu’aujourd’hui imposer ses conditions notamment tarifaires à des collectivités locales le plus souvent désarmées face au géant Veolia. Rappelons que Veolia comme Suez  d’ailleurs se sont surtout développées grâce aux énormes bénéfices réalisés sur l’eau dont les prix se sont envolés de 50 à 100 % par rapport à la tarification des anciennes régies.( Les prix au mètre cube varient de trois à sept euros).
  • Ce regroupement est évidemment une très mauvaise nouvelle pour les collectivités locales qui devront payer le prix fort à Veolia pour les services assurés. Puisque la concurrence n’est plus assurée la question d’une nationalisation peut se poser dans l’intérêt général .
  • Veolia a donc annoncé l’acquisition auprès d’Engie de sa part de 29,9% au capital de Suez après le feu vert de son conseil d’administration et a confirmé son intention de lancer une offre sur le solde du capital de son rival français.
  • “Conformément aux engagements pris, Veolia confirme son intention de déposer une offre publique d’acquisition volontaire sur le solde du capital de Suez afin de parachever le rapprochement des deux entreprises”, dit le groupe dans un communiqué.

Séparatisme : l’islamo gauchisme rampant à gauche

Séparatisme : l’islamo gauchisme rampant à gauche

 

Il est clair que d’un point de vue idéologique l’islamo- gauchisme ne cesse de gagner du terrain dans les organisations syndicales, politiques, écologistes et associatives et même dans l’université avec parfois des formes d’intolérance tout à fait contraires aux principes démocratiques.

Une sorte de glissement insidieux qui curieusement fait évoluer la pensée des plus anciens bouffeurs de curés vers le soutien implicite de l’islamisme. Pour preuve,  par exemple le choix délibéré de l’UNEF de se faire représenter à l’Assemblée nationale par une femme voilée. Ou encore l’opposition de nombre de ces organisations de gauche à vouloir traiter de l’influence de l’islam en tant que projet politique  dans des pays démocratiques comme la France. En fait une sorte de nouveau front gauchiste anticapitaliste bien sûr, anti impérialiste bien sûr et partisan d’une idéologie sectaire et radicale contraire même aux valeurs universalistes de la France.-(Référence par exemple aux théories du genre,  communautariste, décoloniale ou indigéniste .

Un mouvement qui se radicalise d’autant plus qu’il est minoritaire tant sur le plan politique, que sur le plan syndical et plus généralement sociétale. Pas étonnant il est surtout alimenté par les bobos urbains coupés  des réalités sociales et sociétales que vivent les plus défavorisés. Bref le drame permanent de la gauche en France qui veut représenter les couches populaires auxquels elle n’appartient pas.

Séparatisme ou laïcité: glissement sémantique ou recul

  • Séparatisme ou laïcité: glissement sémantique ou recul

 

  • Personne ne connaît encore le contenu de la loi annoncée par le président de la république à propos du séparatisme islamique. Même le titre pourrait être changé si l’on en croit les déclarations hier de Gérald Darmanin  à l’assemblée nationale. On pourrait passer du mot séparatisme à celui de laïcité. Certains pourront considérer qu’il s’agit d’un glissement sémantique sans grande conséquence sur le contenu mais d’autres estiment déjà le changement d’appellation comme un recul dans la mesure où le concept de laïcité se réfère essentiellement aux principes républicains et ne couvre pas la totalité de la problématique posée même par le président de la république. Cela pourrait constituer une sorte d’acceptation tacite d’un certain communautarisme qui refuse l’assimilation voir l’intégration. On peut en effet respecter la loi sans pour autant accepter le mode de civilisation et ses valeurs. Le choix du nom du texte législatif fait  donc déjà débat depuis que le mot séparatisme paraît abandonné .
  •  «Ce ne sera sans doute pas son nom, puisque le président de la République a évoqué dans son discours quelque chose qui ressemblerait à un projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains, a expliqué le numéro un de Beauvau. Mais l’idée est bien de lutter contre le séparatisme principal qui est l’islam radical, mais ce n’est pas le seul objet du texte.» Devant l’emballement médiatique, le ministère a dû rectifier le tir, rappelant que le titre exact du texte de loi n’était pas arbitré. «Nous avons du temps pour le choisir. L’important, c’est que la menace soit clairement désignée», insiste l’entourage de Darmanin. L’explication donnée par certains membres du gouvernement peine à convaincre de la pertinence du choix du mot laïcité. Il s’agirait en fait de donner un caractère plus positif au texte de loi mais qui en fait évacuerez la question du communautarisme

Nouveau plan d’aide US: Discussion reportée après les élections

Nouveau plan d’aide US: Discussion reportée après les élections

 

 

Le plan d’aide destinée à soutenir les petits entreprises et à lutter contre la pauvreté a été purement et simplement supprimé par Donal Trump en attendant les élections présidentielles. Le président fait ainsi plaisir à une partie de son électorat non favorable à l’aide publique pour les plus fragiles et les plus défavorisés. En fait,  la même démarche que celle qui concerne la couverture médicale.

Donald Trump «fait passer son intérêt avant celui du pays», a accusé la cheffe des démocrates au Congrès Nancy Pelosi. «Une fois encore, le président Trump a montré ses vraies couleurs: faire passer son intérêt avant celui du pays, avec la pleine complicité des membres républicains du Congrès», a-t-elle ainsi fustigé dans un communiqué. Et d’ajouter : «Manifestement, la Maison Blanche est en plein désarroi».

Pourtant ce nouveau plan de relance était souhaité par nombre d’économistes et par la banque centrale américaine elle-même. Le président de la banque centrale américaine (FED) a d’ailleurs lancé un cri d’alerte sur les risques de tendances déflationnistes en raison en particulier du tassement de l’emploi..

L’annonce du président américain intervient alors que le président de la Banque centrale américaine (Fed) Jerome Powell a, quelques heures plus tôt, alerté sur les conséquences désastreuses qui menaçaient l’économie américaine sans aide supplémentaire pour les ménages et les entreprises. «Cela pourrait déclencher une dynamique typique de récession, car la faiblesse se nourrit de la faiblesse», a-t-il déclaré. «Une longue période de progrès inutilement lents pourrait continuer à exacerber les disparités existantes de notre économie. Ce serait tragique», a-t-il encore prévenu. La Maison Blanche et le Congrès avaient déjà adopté fin mars un gigantesque plan de relance de 2.200 milliards de dollars. Mais les mesures mises en place expirent progressivement, notamment les aides supplémentaires pour les chômeurs et les prêts aux petites et moyennes entreprises.

Hausse du commerce international ( OMC)

Hausse du commerce international ( OMC)

 

Pour l’OMC la chute sera moins conséquente qu’attendu au moment du pic de la crise sanitaire. Reste que le rebond prévu en 2021 ne permettra pas de retrouver le niveau de 2019.

 

L’OMC table désormais sur une chute de 9,2% du commerce international en 2020 suivie d’un rebond de 7,2% en 2021.

En avril, elle avait dit s’attendre à une baisse de 13% à 32% des échanges cette année et à un rebond de 21% à 24% l’an prochain.

L’organisation basée à Genève ajoute que ses prévisions restent soumises à un degré élevé d’incertitude en raison de l’évolution de la pandémie et des réponses des Etats à la crise en cours.

Elle précise que le rebond attendu l’an prochain ne suffira pas à ramener le commerce mondial à son niveau d’avant la crise.

Veolia Suez : une crise durable défavorable au cours des actions de Veolia

Veolia Suez : une crise durable défavorable au cours des actions de Veolia

La direction de Veolia s’est lancée dans une offensive brutale vis-à-vis de Suez qui risque de durer des mois. Il y a évidemment les aspects juridiques et déjà Suez conteste la régularité de l’opération de rachat des actions d’Engie dans Suez. Il y a des aspects politiques qui vont sans doute amener le gouvernement à s’impliquer de façon un peu plus sérieuse dans le dossier notamment concernant les conséquences de perte de maîtrise éventuelle de la gestion de l’eau.

Une gestion de l’eau qui pourrait se passer dans les mains d’un fonds d’investissement y compris étranger. En effet Veolia devra vendre nombre d’actifs pour satisfaire Bruxelles en matière de concurrence. Des actifs qui ne concerneront pas seulement l’activité eau de Suez. Or il y a une certaine cohérence entre la gestion de l’eau , la gestion des déchets et le recyclage. Nombre de collectivités passent des contrats globaux pour l’ensemble de ses activités avec le même opérateur. Les perspectives de regroupement qui entraîneront des doublons partout vont se traduire par la suppression d’emplois et de structures dans Suez qui vont améliorer sa compétitivité. Du coup, la bourse anticipe ces améliorations et fait monter le cours de Suez. L’inverse pour Veolia qui a dépensé 3 milliards pour les actions détenues par Engie mais dont on n’est pas sûr de l’utilité si l’opération ne se fait pas.

A la Bourse de Paris, l’action Suez gagnait dans la matinée 4,31% à 16,065 euros. La valeur a grimpé de plus de 30% depuis la déclaration d’intérêt de Veolia fin août.

Dans le même temps, l’action Veolia a reculé de 2,6%. Le titre avançait mardi de 0,75% tandis qu’Engie progressait de 1,34%.

Risque récessionniste d’après la Fed

Risque récessionniste d’après la Fed

 

On ne sait pas si l’alerte lancée par le président de la Fed se nourrit des tendances économiques constatées ou de l’environnement politique. En effet le président américain vient de suspendre les discussions sur le plan de relance. Or le président de la banque centrale américaine Jérôme Powel milite pour un soutien encore plus affirmé à la croissance. Il estime que grâce au soutien en particulier de la banque centrale le pire a jusqu’à maintenant été évité mais qu’une tendance baissière se dessine comme en Europe et se traduisant en particulier de manière négative sur l’emploi

“L’expansion est encore loin d’être achevée. A ce stade préliminaire, je dirais que les risques liés à l’intervention des politiques sont toujours asymétriques. Trop peu de soutien conduirait à une reprise faible, créant des difficultés superflues pour les ménages et les entreprises”, a-t-il dit lors de l’assemblée générale annuelle de la National Association for Business Economics (NABE).

“Les risques d’en faire trop semblent pour l’instant moins importants. Même si les mesures politiques se révèlent au final plus importantes que nécessaire, elle ne seront pas vaines. La reprise sera plus forte et plus rapide.”

Le président de la Fed a donc évoqué “un risque que les progrès initiaux rapides liés à la réouverture se transforment progressivement en un cheminement plus lent que prévu vers une reprise complète”. Une évolution qui pourrait “déclencher une dynamique récessionniste typique, la faiblesse alimentant la faiblesse”, a-t-il ajouté.

Brexit: des progrès ?

Brexit: des  progrès ?

 

On a l’habitude sur le dossier du brexit  de jeter alternativement le chaud et le froid surtout avec un Boris Johnson très versatile et capable de défendre avec le même enthousiasme le contraire de ce qu’il disait la veille. Faut-il rappeler encore que Boris Johnson était au départ contre le brexit et qu’il n’a changé de position que pour mettre en difficulté les Premiers ministres et prendre leur place. Officiellement, Boris Johnson est toujours sur la ligne dure du no deal.

Sur le fond l’union européenne a aussi défini les lignes rouges mais sur la forme entretient toujours le suspens. Ces derniers jours l’union européenne aurait même constaté des progrès dans la négociation même s’il reste encore de nombreux dossiers complexes relatifs en particulier aux droits de pêche, à la concurrence et à la gestion de cet accord éventuel. Ce qui est sûr c’est que l’union européenne ne veut pas porter la responsabilité d’une possible rupture. L’union européenne veut donc se montrer optimiste

Le dernier cycle de négociations sur les futures relations commerciales entre Londres et l’UE, qui s’est déroulé la semaine dernière, a été “l’un des plus positifs à ce jour”, selon des négociateurs. Bruxelles s’attend désormais à négocier, non plus jusqu’à la fin octobre, mais jusqu’à la mi-novembre pour éviter un “no deal”, a-t-on précisé de mêmes sources.

Les discussions doivent reprendre mercredi à Londres. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se réuniront les 15 et 16 octobre pour en évaluer les progrès. S’ils estiment qu’un accord est possible, ils donneront leur feu vert à un dernier “tunnel” de négociations. C’est-à-dire des négociations non stop.

Coronavirus France : 10.489 cas en 24 heures en France

Coronavirus France : 10.489 cas en 24 heures en France

 

10.489 cas de contamination au nouveau coronavirus en 24 heures pour un bilan de 634.763 personnes contaminées depuis le début de l’épidémie, montrent les données quotidiennes publiées mardi par le ministère de la Santé.

Soixante-six décès supplémentaires ont été signalés, ce qui porte le bilan total à 32.365 morts.

Les hospitalisations continuent de grimper avec 7.398 patients actuellement admis, 104 de plus que lundi. Les services de réanimation accueillent 1.426 personnes victimes du COVID-19, 11 de plus que la veille.

Croissance : rechute

Croissance : rechute

 

Après la publication des indicateur Markit concernant les perspectives économiques de toute l’Europe y compris la France, l’INSEE reprend à son compte la tendance baissière signalée en septembre et qui pourrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année. En clair, la croissance du quatrième trimestre pourrait être de zéro voire négative Contrairement à ce qui était affirmé au mois d’août il n’y a pas de véritable reprise et l’ensemble de l’année devrait accuser pour la France une baisse du PIB de 9 à 10 %. Le problème c’est que l’INSEE attribue quasi exclusivement cette inversion de tendance à la crise sanitaire

Comme depuis le début de la crise sanitaire, c’est l’évolution de l’épidémie qui devrait en grande partie conditionner celle de l’activité économique des tout prochains mois”, indique l’Institut national de la statistique dans sa note de conjoncture du mois d’octobre publiée mardi.

Or la crise sanitaire indiscutable n’est pas le seul facteur explicatif. Il y a d’une manière générale, en France surtout, un manque de confiance générale qui se traduit par un attentisme des consommateurs mais aussi en matière d’investissements dans les entreprises. Pour preuve,  comment expliquer que la baisse de la croissance de la France en 2020 sera à peu près le double de celle de l’Allemagne alors que dans le même temps jamais l’épargne n’aura connue un tel niveau. Environ 100 milliards auront été mis de côté par des épargnants qui diffèrent ou annulent leurs prévisions de dépenses notamment en matière d’équipement.

De leur côté les entreprises françaises ne distinguent pas clairement les objectifs du plan de relance dont on aura d’ailleurs beaucoup de mal à solliciter la totalité de l’enveloppe. En outre les effets immédiats de ce plan de relance seront très marginaux et il faudra attendre mi 2021 pour commencer à mesurer son influence..

Les enquêtes de conjoncture signalent une activité en retrait et certains autres indicateurs, comme les montants agrégés de transactions par carte bancaire, suggèrent un ralentissement de la consommation des ménages le mois dernier, signale l’INSEE.

“Dans un scénario où, au quatrième trimestre, les services les plus affectés (hôtellerie-restauration, services de transport, activités récréatives et de loisirs) reviendraient, après une embellie durant l’été, à leur niveau d’activité de juin dernier et où l’investissement resterait, par attentisme, à un niveau proche de celui du troisième trimestre, la croissance serait nulle en fin d’année”, estime l’Insee.

L’institut prévient toutefois qu’un “durcissement durable” des restrictions sanitaires pourrait provoquer une nouvelle contraction du PIB au quatrième trimestre.“Inversement, si la situation sanitaire se stabilisait, l’évolution du PIB pourrait être positive en fin d’année”, ajoute l’Insee.

L’institut prévoit un rebond de 16% du PIB au troisième trimestre après une chute de 13,8% au deuxième et un repli de 5,9% au premier.

Pour l’ensemble de l’année, sa prévision est inchangée avec une contraction attendue du PIB de l’ordre de 9%.

La théologie du néolibéralisme

  • La  théologie du néolibéralisme

Michel Santi, économiste, propose dans la Tribune une définition du néolibéralisme, doctrine d’après lui jamais ouvertement citée alors qu’elle est pourtant au cœur des décisions politiques depuis 30 ans.

 

« Peu importe le parti au pouvoir, car il ne faut pas mettre en cause les individus, fussent-ils Premiers ministres ou présidents de la République. C’est une puissance irrésistible, une sorte de déterminisme qui impose une continuité lourde, au long cours, contre vents et marées. Le capitalisme oligarchique neutralise effectivement – voire stérilise – tout sur son passage. Jürgen Habermas (ndlr : philosophe et théoricien des sciences sociales) avait visé juste en qualifiant le rouleau compresseur économique de « théologie contemporaine », que nul n’ose pourtant ouvertement citer ou nommer, un peu comme si elle faisait partie d’un sacré qui ne peut ni ne doit s’articuler. Mentionnez-la dans un entretien télévisé et vous êtes un paria. Stigmatisez-la dans un article et vous passez pour un fantaisiste. Cette théologie sans nom s’avère indéfinissable et tabou, y compris pour celles et ceux qui en ont conscience. Imaginez si les Soviétiques de l’époque n’avaient jamais entendu parler du communisme, tout comme il est aujourd’hui impensable de l’évoquer : le néolibéralisme !

De fait, son anonymat est tout à la fois source et symptôme de sa toute puissance, même si c’est « lui » qui est aux fondements de toutes les liquéfactions financières depuis les années 1980, et de tous les abus. Crises boursières récurrentes, inégalités sans précédent dans l’histoire de l’Humanité, baisse du niveau de vie, de l’éducation, de l’accès aux soins, accélération de la pauvreté et de la précarité chez les jeunes comme chez les vieux, effondrement des écosystèmes. Autant de fruits pourris qui expriment les instincts primitifs de la nature humaine où compétitivité remplace jeux du cirque et mise à mort des gladiateurs. Dès lors, le « je pense donc je suis » est écrasé par le « je consomme donc je vis », et la dépense devient un vibrant hommage démocratique. Acheter est preuve de civisme, ne pas atteindre les objectifs en matière d’efficience conduit à la marginalisation, le tout dans un ballet où le désordre est savamment entretenu et sciemment exacerbé par le marché pour éliminer les maillons faibles. Dans cette arène globale, liberté ne peut se concevoir sans marché et inégalité rime forcément avec fatalité. Dans son infinie sagesse et efficience, le marché ne s’assure-t-il en effet pas que chacune et que chacun soit sanctionné selon ses faiblesses et rémunéré selon ses points forts ?

On comprend dès lors que cette authentique sélection darwinienne s’émeuve face à la moindre tentative de rétablir un semblant de balancier et d’équité, car la fortune de l’un ne peut nécessairement s’édifier que sur la misère de beaucoup d’autres. Dès lors, l’élite et les nantis rationalisent, justifient leur réussite matérielle et leur fortune par le talent ou par le mérite, alors qu’un nombre écrasant les doit à l’héritage, à la chance d’une bonne éducation, à un milieu social favorable… C’est alors que les pauvres se persuadent qu’ils ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes de leurs échecs, qu’ils se résignent au chômage ou au déclassement, un peu comme les bêtes mises à mort aux jeux du cirque scrutaient l’assistance l’espace d’un instant de répit. »

Economie, politique, société: les plus lus

L’abandon de l’enseignement technique responsable de l’écroulement économique de la France

L’abandon de l’enseignement technique responsable de l’écroulement économique de la France

Pierre Vellay, ancien directeur de la flotte d’Air France et grand expert de l’industrie aéronautique, explique dans la Tribune les raisons profondes de la désindustrialisation de la France et partage ses recommandations pour inverser la tendance.

 

 

En 1955, soit 10 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, l’enseignement technique français complétait l’enseignement dit « classique » dans lequel les « bons » devaient faire du latin et celui dit « moderne », qui était une sorte de « dépotoir » des élèves qui étaient entrés avec difficulté en 6eaprès avoir toutefois réussi l’examen de passage, examen supprimé en 1957.

Toujours à cette période furent créés les lycées techniques d’Etat, qui acceptaient les élèves à partir de la 6eme, puis les sélectionnaient avec un concours de passage en 4eme. Les premiers étaient orientés vers l’ENP, Ecole Nationale Professionnelle, et les autres vers une filière technique débouchant sur les diplômes de techniciens ou de techniciens supérieurs pour les meilleurs.

En 1963, Fouchet, ministre de l’éducation nationale de De Gaulle décida de réformer l’enseignement technique, d’une part en dégradant le contenu des programmes, tels que la Physique et la Chimie, en ne les enseignant plus qu’à partir de la seconde au lieu de la quatrième, d’autre part en cherchant à « démocratiser » le contenu technique par la création les Instituts Universitaires de Technologie (IUT), considérés à l’époque comme une voie de garage pour ceux qui ne pouvaient intégrer les Ecoles d’ingénieurs, grandes et petites, respectivement ENSI et ENI, le S pour supérieur. Le mot « technologie » était sensé dorer le blason de cette orientation nouvelle.

Les mesures de cette réforme, comme pour toute réforme, pouvaient être habilement présentées comme une amélioration, un progrès, en permettant à tous de trouver une formation, en adéquation avec les capacités intellectuelles, tout en occultant l’élitisme hyper-sélectif attaché aux fameuses grandes écoles d’ingénieurs, écoles gratuites, contrairement aux très chères « grandes » écoles commerciales.

La France avait d’autant plus besoin d’ingénieurs et de techniciens, que la politique d’indépendance nationale, stratégique, militaire et nucléaire d’alors imposait.

Quelques années plus tard, en 1986, un haut fonctionnaire, responsable de la Direction des Relations Internationales à la DGA (Délégation Générale de l’Armement), présentait lors d’une session au CHEAR (Centre des hautes études de l’Armement), le Rafale comme étant le dernier avion que la France développerait avec sa seule compétence, avion, moteur, système d’armes etc. Il citait à ce titre De Gaulle qui « aurait » dit, « pour être indépendant nous devons être présent partout même médiocrement », ce propos s’opposant au concept des alliances entre partenaires industriels de nations différentes détenteurs de « pôles d’excellence ». Au talent des Français de transformer le médiocre en excellence. A noter que le démonstrateur Rafale était équipé de moteurs américains GE F404, remplacés ultérieurement par le M88 de SNECMA.

Revenons aux IUT. Par chance, le corps des enseignants technique s’évertua à ce que les IUT soient des centres de formation plus spécialisés, aux domaines de compétence plus étendus, non limités au caractère technique et pratique des ateliers de production mécanique ou électrique/électronique. En 1965, l’informatique balbutiait et les premiers calculateurs étaient constitués de tores magnétiques placés sur des grilles en forme de cannage (voir ou revoir les publications de Louis Leprince Ringuet). En 1970, l’Institut Français du pétrole possédait un des deux calculateurs Control Data les plus puissants de la planète pour résoudre les matrices des équations de raffinage. La puissance de mon smartphone aujourd’hui est très supérieure à celle qu’avait ce calculateur.

En octobre 1973, le premier choc pétrolier, en pleine période de développement industriel (TGV, aéroport de Roissy, programme CFM, Airbus…, programmes soutenus par le Président de la République de l’époque, Georges Pompidou ) met un terme à une période industrielle «  glorieuse ».

La hausse brutale du coût de l’énergie, par épisodes successifs, s’est accompagnée à la fin de cette décennie d’une inflation de l’ordre de 18% pendant plusieurs années, avec un impact fort sur les modèles économiques et sociaux de l’époque. La France n’avait pas de pétrole, mais elle n’avait pas non plus d’idées ni de solutions crédibles à cette crise amplifiée par une politique calamiteuse menée par un président de la République méprisant ces secteurs de la recherche et de l’industrie, à l’exception de domaines privilégiés dans les mains de lobbies puissants (SNCF-TGV par exemple). Qui se souvient encore de cette période noire pour Airbus où les ventes ne décollaient pas, avec un marché américain fermé et un transport aérien sinistré. Puis ce fut l’élection présidentielle de mai 1981 et l’arrivée de la gauche au pouvoir, avec un programme dit commun et une liste fameuse de promesses attractives individuellement mais inconciliables dans leur agrégation. Avec Pierre Mauroy, premier ministre, la France ou plutôt les Français durent subir le contrôle des changes, avec son impact sur la balance du commerce extérieur, le plafonnement des salaires médians et surtout la 39eme heure. Comment ignorer que 40, c’était 5 fois 8 heures, et que 3 fois 8 égalent 24 heures. Cette réduction d’une heure a déstructuré le système et les organisations de toutes les entreprises travaillant en équipes voire 7 jours sur 7. Cette décision fut vraisemblablement nourrie par la dérive continue du chômage avec cette théorie infantile que l’emploi pouvait être maintenu en partageant la charge de travail, tout en ignorant totalement que la charge de travail est directement liée à la compétitivité.

Une personnalité iconique de la gauche ayant le même prénom que moi, m’avait confié que cette mesure dite des 39 heures était une absurdité de démagogie électoraliste. Cette réduction d’une heure devait initialement être le début d’un processus progressif, 39-38-37 etc. Le résultat quasi immédiat de cette réduction de la première heure eut un impact amplifié par l’élasticité de l’incidence de la double augmentation des taux horaires (39 payées 40 et désorganisation du travail en équipes), sur la compétitivité et une chute de plusieurs points de celle-ci. Le coût de la protection sociale croissant avec une fiscalité oppressante, confiscatoire et démagogiquement sélective, les Français ont perçu un risque de baisse de leur pouvoir d’achat, à la lecture d’indices exotiques judicieusement choisis, traitant l’évolution du coût de l’énergie par omission.

Ce constat latent a été le catalyseur d’un phénomène qui fonctionne comme l’entropie universelle avec une évolution à tendance unique de croissance. Comment pousser le citoyen, qui fondamentalement ignore que les règles de la macro-économie sont à l’opposé de celles de la micro-économie domestique, à consommer davantage avec des revenus nets en diminution. La solution : pratiquer une baisse des prix sur les articles courants par une importation massive de pays à bas coûts de production.

De plus, durant cette même période, des mesures de protection de l’emploi telle que le FNE, favorisant naïvement les départs (deux pour une embauche), ne faisaient que plomber l’économie future du pays et ses équilibres budgétaires.

Simultanément, l’industrie française devenant de moins en moins compétitive, avec une recherche et une capacité d’innovation affaiblie, la pression pour consommer se faisant plus forte, plusieurs actions concomitantes ont eu des effets retardateurs dont nous ne faisons qu’entrevoir les conséquences.

Les conditions qu’il fallait satisfaire pour exporter

Et tout ceci sans évoquer le coup de grâce avec les 35 heures, les RTT et les jours de congés additionnels d’hiver.

Pour pouvoir exporter nos produits, en contre partie des importations asiatiques massives et des achats pétroliers et gaziers, il fallait satisfaire plusieurs conditions :

- La qualité, la nouveauté et l’originalité du produit pour tenter de compenser, même très partiellement une acceptation du surcoût de production engendré par les horaires, les congés et les doubles charges sociales salarié/employeur,

- pour la même raison de surcoût, être capable de valoriser la valeur ajoutée de la « francité »

- être capable de produire en continu, depuis la conception jusqu’au support après-vente,

- être capable d’identifier les marchés, par nature et par zone géographique

Or les acheteurs potentiels ne se trouvaient pas sur des marchés déjà saturés ou matures, européens ou américains du nord, mais plutôt chez les BRIC ou assimilés, parmi lesquels des pays très émergents et avides de technologies.

Offsets

Précisément, ces mêmes pays avaient pour la plupart des taux de main d’œuvre bas, pour de multiples raisons que la morale d’état et l’éthique devraient réprouver, et cette soif de technologie fut satisfaite de la façon la plus naïve qui soit et qui se nomme « les compensations » ou offsets. Ceci n’est qu’une forme moderne du troc, où l’on achète du matériel sophistiqué contre des achats de matériels plus rustiques, ou quand le pays acheteur souhaite participer très modestement et hypocritement à la fabrication ou à l’assemblage du produit acheté, les volumes de ces compensations étant pondérés par le niveau de technologie transférée associée à la production sous traitée.

Ce principe de compensation fut rejeté à l’époque par Edouard Balladur qui déclara à Jacques Cresson, alors à la BFCE, que cette pratique était digne des républiques bananières. Ce qui est à la fois vrai et contestable tout comme la légitimité du marchandage. Marchande-t-on l’achat d’un foulard chez Hermès comme celui d’un tapis dans un souk ? Ne pas oublier que le crédit mit un terme à l’exclusivité du troc et fut à l’origine de la monnaie. Les compensations industrielles ont aussi des vertus dans le cadre d’alliances industrielles raisonnées.

Et c’est ainsi que des pays critiques, « politiquement, socialement » sont devenus des leaders mondiaux en informatique, demain, en intelligence artificielle, et ainsi inondent la planète avec les produits de consommation courante, au point d’assécher les ateliers des pays dits occidentaux, civilisés et libres. Cela permet aussi à Israël, l’Inde, la Chine, avec des développements informatiques liés irréversiblement à notre Défense et à nos armements, voire notre quotidien, de fragiliser notre sécurité, notre identité, notre vie privée et notre intimité.

L’Intelligence artificielle ne sera pas l’antidote de la stupidité naturelle. D’ailleurs faut il un ordinateur pour savoir que 24 n’est pas la moitié de 58, comme le pensaient, parait-il, Cécile Dufflot et Martine Aubry, en novembre 2011, ayant décidé dans le cadre d’un accord électoral de rassemblement gauche/verts, de fermer à terme 50% des 58 centrales nucléaires. Amateurisme, bluff, manque de sérieux pour des promesses de campagne, ou déficience en calcul mental, ou le tout « en même temps

Le concept d’intelligence artificielle aura un peu de crédit quand les prévisions météorologiques, à 48 heures seront fiables, ce qui n’est toujours pas le cas en utilisant les calculateurs parmi les plus puissants de la planète capables de 20 pétaflops.

A ce sujet, il faut rappeler la définition du mot : intelligence. L’art de lire entre les lignes. N’est ce pas la définition anglo-saxonne de l’espionnage et du déchiffrement ? Ce concept qualifié d’intelligent est plutôt perçu aujourd’hui comme un outil de traitement et de réconciliation des montagnes de données désordonnées accumulées aléatoirement. Ceci reste une lecture SUR ce qui se trouve sur les lignes, pas ENTRE.

Tsunami des importations chinoises

La recherche de coût de production les plus bas a aussi conduit à ce que ces mêmes ateliers sous traitent massivement les fabrications puis, les ateliers amaigris et situés en dessous des masses critiques se sont vus « externalisés », délocalisés, vers des pays qui ne se voulaient pas voir leur rôle réduit à celui d’exécuteurs de taches pratiques mais être partie prenante dans la conception.

Le transfert des populations des campagnes vers les villes, en Chine, induit par la mécanisation, a contribué au sur-développement des unités de production industrielle, donc au besoin d’exporter, facilité par des salaires horaires indécents.

Est-ce la satisfaction du superflu ou le tsunami des importations chinoises massives qui soutiennent la croissance ? L’obsolescence programmée d’articles usuels du quotidien aide-t-elle la production ou favorise-t-elle les importations, la réparabilité est elle une entrave à la production et au « réachat » de renouvellement imposé par une fiabilité plafonnée ?

Offrir du support

Les producteurs occidentaux se sont alors trouvés confrontés à ce problème : comment continuer à vendre leurs produits, quand les coûts de production, après toutes les acrobaties évoquées ci avant, sont encore supérieurs à leur valeur d’usage, selon des modèles économiques et comptables devenus universels. Réponse : en offrant du service. Initialement ce service dit d’après-vente se nommait « support produit », product support, qui devint soutien client, customer support.

Mais pour que ce nouveau modèle soit viable, il devenait impératif que le client soit captif du soutien offert (très cher, mais très progressivement) par le fournisseur originel, le moyen pour celui-ci fut donc de bloquer l’accès aux données techniques permettant la réparation par soi même ou pour des tiers du matériel fourni, principe nommé « propriété industrielle ».

Ceci a eu comme autre impact de masquer sous l’appellation de concessions commerciales ce qui n’était en fait que du préfinancement très cher devant être remboursé par les coûts de rechanges et des services de maintenance ou d’évolution du produit ou de consommables associés (cf. : prix élevé à coût quasi nul des mises à jour des logiciels du quotidien, prix des encres d’impression…)

La crise protéiforme que nous traversons, sanitaire, technique, sociale, politique, règlementaire, écologique a accéléré une sorte de prise de conscience collective, difficilement gérable par des politiques incapables de trouver, comme pour la météo, dans leurs connaissances actuelles, des situations précédentes similaires, qui faciliteraient les prédictions et orientations à prendre.

Les plateformes médiatiques sont les courroies instables de la transmission de messages ou de directives contradictoires, inconstantes et polluées par des considérations électoralistes d’échéances plus ou moins lointaines.

On dit, depuis l’antiquité, qu’il est impossible de résoudre la quadrature du cercle car on ne peut concilier un nombre algébrique à un nombre transcendant (Pi) tout comme la trisection de l’angle ou la duplication du cube. C’est ainsi que se pose l’équation d’aujourd’hui :

Comment en un temps relativement court, peut-on, sans critères particuliers de classement prioritaire, trouver les solutions à une telle équation implicite dans laquelle les différents facteurs sont dépendants:

- venir à bout de la pandémie,

- identifier les effets de cette crise sanitaire sur tous les domaines impactés, humains et matériels, économiques et politiques

-retrouver une partie de notre indépendance nationale, avec une analyse réaliste et programmable de ce qui est « rapatriable », sans remise en question des alliances historiques, associées à des échanges commerciaux bilatéraux,

- créer des emplois stables non assistés

maitriser les coûts de concept, d’industrialisation, de production, de soutien

- soutenir l’innovation créatrice et l’imagination fertile, la recherche

-inventer une approche nouvelle d‘agrément et de certification pour les produits en rupture technologique, quand le certificateur est moins compétent que l’innovateur,

- favoriser les échanges technologiques et la fécondation croisée des concepts innovants

- ne pas assécher les esprits par un excès d’utilisation de logiciels à intelligence réductrice et uniformisante. Exemple des architectes d’aujourd’hui qui ignorent ce que sont le plan, l’angle droit, le fil à plomb, leurs créations étant toutes assistées pour générer des surfaces réglées de Xieme ordre (syndrome de l’Opéra de Sydney). Savent-ils encore tenir un crayon et selon un sacro-saint principe de prudence, calculer manuellement l’ordre de grandeur du résultat attendu en termes de résistance ? L’effondrement du terminal 2E de Roissy, ou l’entrée en résonnance de la passerelle Léopold-Sédar-Senghor n’en seraient-ils pas des exemples parmi d’autres ?

- ne pas considérer l’assistance par les outils informatiques tantôt comme une orthèse tantôt une prothèse à l’imagination et à la création, un tuteur ou un substitut,

- veiller à ne pas élire des PMIR, politiques à mobilité intellectuelle réduite

motiver la jeunesse pour revenir sur des formations utiles, pratiques, tangibles, pérennes, saines, éloignées des phantasmes du football, du cinéma, de la téléréalité et de la communication

- apprendre à la jeunesse à écrire, lire, dessiner, planter, nager en eau claire, jouer d’un instrument, éduquer sa mémoire

- trouver un équilibre entre nos importations et exportations sans distorsion des règles comptables et financières, sans protectionnisme stérilisant

-réduire l’obésité des technostructures des grandes entreprises et de l’administration publique, conséquence d’une sédimentation historique de fonctions surabondantes justifiant des embauches

- revenir à des systèmes horaires de travail simples

- approcher le principe de la compétitivité sous un angle différent. Mitterrand avait déclaré : pour lutter contre le chômage nous avons tout essayé et rien n’a marché…et pour cause : on crée de l’emploi par de la charge de travail et non par le partage altérant la compétitivité. On ne gagne jamais une course de sprint ou d’endurance, en partant dans le sens opposé.

- trouver un équilibre entre les charges de travail humaine et mécanique ; Les investissements en machines-outils modernes modifient progressivement et durablement le rapport dit Homme/machine, qui est passé en peu de temps, dans certains secteurs de moyenne série, de deux hommes par machines à un homme pour trois machines, tout en accompagnant la sophistication des process de fabrication.

- réviser le format et la construction des taux horaires de main d’œuvre et de service,

- gérer avec pertinence le durcissement des règles sécuritaires et environnementales

- ne pas avoir à associer systématiquement écologie à punition, contraintes, taxes et avec des campagnes de promotion d’amélioration énergétique discriminatoires

- savoir identifier dans toute mesure dite écologique les effets secondaires d’un déséquilibre des lois de la nature,

- faire définir le cadre de la transition énergétique par des spécialistes impartiaux et neutres et compétents

- éviter le piège tendu aux incompétents des technologies périssables

- analyser la santé des entreprises sur une base annuelle et non trimestriellement (saisonnalité des activités, tourisme, transport aérien, viticulture…). Une mauvaise analyse pénalise le « rating bancaire », les levées de fonds et l’attraction boursière.

- apprécier la création de valeur par une juste approche financière, comptable et économique,

- mettre un frein à la bétonisation de nos campagnes. Ronds-points et grandes surfaces, et les gigantesques hangars de stockage de produits importés d’Asie ou d’achats internet en transit, contribuent à la désertification de nos campagnes.

- protéger la biodiversité animale et végétale, maintenir la diversité variétale sans imposer de normes de calibration de la nature

- visiter tous les musées traitant de notre histoire, de nos découvertes, de nos traditions artistiques et manufacturières. Il n’existe plus qu’une seule fabrique de clous et de pointes en Europe, à Creil et classée au Patrimoine Vivant. Le procédé d’élaboration des panneaux de verre églomisé des encadrements des devantures des boulangeries et charcuteries est partiellement perdu. La restauration des antiquités et monuments dégradés montre le potentiel résiduel et l’attrait pour des techniques redécouvertes, prouvant le génie de nos anciens.

- recentrer les études des écoles et grandes écoles techniques et scientifiques sur leur corps de métier et leur spécificité et que le complément de formation managériale ne se substitue pas à la compétence technique et ne trouve son application que lorsque la relève est assurée par la génération suivante de techniciens,

- s’assurer que les avis scientifiques de nos gouvernants ne seront pas pollués par l’opinion, collectée sur les chaines d’information continue et des organismes de sondages qui devraient revoir le sketch de Jean Marie Bigard sur ce thème et l’art d’interroger avec des questions stupides.

-demander à nos politiques de délivrer leurs messages et non ceux formatés par des communicants mimétiques, « manche à air » à la recherche de l’expression courte que pourront retenir les médias pour leurs titres

- demander aux journalistes de poser des questions ouvertes et non fermées en proposant la réponse, en y apportant toutefois aucune attention, déjà concentrés sur la question suivante,

- éviter qu’après chaque intervention télévisée d’une personnalité politique, les pseudo journalistes/présentateurs nous expliquent ce que nous aurions dû comprendre et ce qu’il fallait retenir, et qu’eux seuls ont été suffisamment intelligents pour décrypter (entre les mots !)

ouvrir au public, dans le cadre du développement muséal de Paris, de l’éducation et du rayonnement culturel de la France, les palais et autres hôtels particuliers (payés et entretenus par les contribuables qui en sont collectivement propriétaires) de nos ministères qui pourraient être relogés dans d’anciennes casernes désaffectées et transformables en « campus ministériel »

- forcer nos gouvernants actuels ou futurs candidats à raisonner au-delà des futures échéances électorales. Quand Colbert avait sélectionné les chênes de la Forêt de Tronçais, il pensait à la fabrication de la mature des navires 200 ans plus tard.

- prendre en compte la temporalité de l’industrie et des grands programmes, avec des décisions à effets différés, des retours d’investissement longs, à l’opposé des secteurs virtuels sans inertie et spéculatifs (communication/média)

réhabiliter l’enseignement technique semble une absolue priorité, de l’apprenti à l’ingénieur, y compris dans les écoles d’application (sup-Aéro, Mines, Ponts, Pétrole, Télécoms…). Cette réhabilitation est celle du rééquilibrage d’image entre les fonctions productives et tertiaires, entre les cols bleus et les cols blancs, entre le tangible et la finance, entre les actifs et les assistés perpétuels. Elle est indispensable à la motivation des acteurs.

Au-delà de ces recommandations ciblées sur la réhabilitation du secteur technique et scientifique, dont le succès sera subordonné à la capacité collective de modifier les comportements laxistes, il y en aurait d’autres à caractère plus politique telles que :

La remise en première ligne du mot « autorité »devenu un gros mot, dans la famille, à l’école, dans l’entreprise, redonner un sens à la notion de hiérarchie, après être passé d’un système vertical pyramidal à une totale horizontalité, presque concave, où la notion de représentativité est rejetée sous le prétexte d’être tous supposés égaux, en instruction, en culture, en résistance physique, en compétence, en intelligence,

-       Comprendre que le développement des « services « commerciaux d’après-vente, ne sont que le constat de l’incapacité de produire localement à des coûts (prix de revient) permettant de dégager un profit pour un prix de vente cohérent avec la valeur d’usage du bien, le client étant captif du fournisseur,

-       La réflexion faite par un leader des Républicains, rencontré par hasard, me déclarant que la « politique » manquait d’ingénieurs

-       En politique, comme dans les centres de recherche, nécessité de mixer jeunes et anciens, inventivité candide des uns et expérience résultant des succès et des échecs des autres,

-       Une capacité de gérer les solutions de continuité en période de chocs et de rupture (énergétique, économique, sociale, sociétale, technologique, générationnelle, culturelle, religieuse, politique …),

-       Associer le manuel et l’intellectuel, la main et le cerveau. Les architectes et les ingénieurs ne savent plus dessiner avec un crayon, l’écriture manuscrite disparait derrière le clavier, le pouce remplace l’index comme doigt dominant, la carte mémoire remplace les neurones.

Un enjeu majeur de demain pour retrouver notre liberté altérée par la dépendance à des fournisseurs extérieurs exclusifs, sera de trouver la juste consolidation isostatiquement équilibrée entre les capacités manuelles et intellectuelles, confortées par le développement du numérique qui devra servir de sécurité (assistance, validation, sauvegarde…), à condition que les outils de stockage des données soient éternellement pérennes et que la calibration des algorithmes reste humainement possible. Observons les peintures de Lascaux, les mosaïques de Pompéi, les schémas de Léonard, l’Art figuratif des siècles derniers, pour nous demander ce qui restera comme traces des bases de notre culture (littéraire, artistique, photographique, scientifique…)  dématérialisée sur des supports magnétiques ou numériques à courte durée de vie, voire dans les « nuages » non localisables.

Croissance septembre : coup de mou en France et en Europe

Croissance septembre : coup de mou  en France et en Europe

 

 

Comme on pouvait s’y attendre la reprise n’est pas du tout au rendez-vous en septembre contrairement aux attentes exprimées en août. Heureusement, le secteur manufacturier se porte mieux et progresse même légèrement du fait d’un phénomène de rattrapage qui existe beaucoup moins dans nombre de services. En cause sans doute dans cette détérioration,  la crainte et les conséquences d’une résurgence du virus. Pour le mois de septembre, l’indice composite global – qui combine l’activité des services et celle du secteur manufacturier – s’est lui aussi replié à 48,5, contre 51,6 en août. Une valeur inférieure à 50 signalant ainsi une contraction de l’activité.

« Ce recul de l’activité globale a résulté de la détérioration de la conjoncture dans le secteur des services, la recrudescence du nombre de cas de Covid-19 ayant en effet entraîné une forte baisse de l’activité chez les prestataires de services », explique le cabinet Markit dans un communiqué.

L’enquête IHS Markit montre également que l’activité du secteur privé de la zone euro a ralenti en septembre pour se maintenir d’extrême justesse en territoire de croissance. L’indice composite est tombé à 50,4 le mois dernier, contre 51,9 en août, pour se rapprocher dangereusement du seuil de 50 qui sépare la contraction de la croissance.

 

 

Les services, qui représentent les deux tiers du produit intérieur brut (PIB) de l’union monétaire, ont encore pesé avec un indice tombé à 48,0 contre 50,05 en août. Cet indice des services est néanmoins légèrement supérieur à une première estimation à 47,6. « Avec une économie de la zone euro quasiment à l’arrêt en septembre, les chances d’un nouveau repli au quatrième trimestre ont clairement augmenté », commente Chris Williamson, chef économiste d’IHS Markit.

5G : la priorité aux zones blanches ?

5G : la priorité aux zones blanches ?

Pour justifier la 5G,  le gouvernement utilise l’argument de l’aménagement du territoire et promet que la technologie atteindra y compris les zones les moins denses.

 

Pour l’instant, pendant qu’on parle de la 5G pour la téléphonie mobile qui doit révolutionner l’économie nombre de zones ne reçoivent  rien du tout ou bien doivent se contenter de temps en temps de la trois j’ai de la 4G. La moindre perturbation météorologique isole complètement les relations téléphoniques. Par ailleurs les liaisons Internet par le réseau cuivre sont de plus en plus hypothétique du fait de la détérioration lamentable des lignes qui non seulement ne sont pas entretenues mais dont  Orange envisage la destruction et la vente. Dans ces zones, on n’hypothèque guère sur l’avenue du câble qui en tout état de cause ne desservira au mieux que le centre des bourgs. Bref dans les zones blanches, ni 5g, ni câble ni même Internet régulier. À chaque nouveau plan de développement de la téléphonie on promet une meilleure couverture. Un plan est ainsi prévu de mieux couvrir la France d’ici 2022. Reste en vérifier l’application dans les zones blanches comme dans les zones grises.

Retraites complémentaires gelées

 Retraites complémentaires gelées

Contrairement à ce qui avait été prévu et annoncé les retraites complémentaires pourrait être gelées.  Pourtant, l’accord signé en mai 2019 par les partenaires sociaux prévoyait que, durant quatre ans (de 2020 à 2023), les retraites complémentaires – qui représentent 60 % des pensions des cadres – soient indexées sur l’inflation, afin de préserver le pouvoir d’achat des retraités. Mais il n’était pas prévu qu’avec la crise l’inflation devienne supérieure à l’évolution des salaires. «Cette année, le salaire de référence va baisser de 7 % à 8 % en raison des mesures de chômage partiel, nous proposons donc de geler la revalorisation de la valeur de service du point, qui sert à calculer les pensions», justifie au Figaro Jean-Claude Barboul, le président CFDT de l’Agirc-Arrco. Tout en soulignant que la hausse sur l’inflation ne serait que de 0,1 %.

 

Pour régime Agirc-Arrco, d le déficit pourrait se creuser cette année à 6,5 milliards d’euros, après être revenu à l’équilibre l’an dernier. Surtout, les réserves s’amenuisent au regard des charges à couvrir: alors qu’elles représentaient 81 % des prestations servies en 2019 et encore 73 % en 2020, elles devraient tomber à 67% en 2021 et passer sous la barre des 50 % en 2026. À cette date, les réserves représenteront donc moins des six mois de prestations prévus dans l’accord de 2019.

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