Économie : une crise de recherche de sens (Jay Nirsimloo ,KPMG France)

Économie : une crise de recherche de sens (Jay Nirsimloo ,KPMG France)

 

Pour Jay Nirsimloo ,KPMG France , la crise sanitaire aura contribué à faire émerger une prise de conscience sur la crise de sens social et environnementale de l’économie ( tribune dans l’opinion)

 

Une crise de l’ampleur de celle que nous sommes en train de traverser ne dévoilera que progressivement les changements profonds auxquels elle donnera lieu dans l’économie et les entreprises. Certes, nous observons en direct les effets de la Covid-19 sur la conjoncture économique et sociale, et sur l’activité des entreprises. Mais il y aura d’autres effets, plus structurants, qui concerneront à la fois les priorités stratégiques des entreprises, leur cartographie des risques futurs et leur engagement en matière de responsabilité sociale et environnementale.

C’est en tout cas ce que laisse présager la nouvelle étude CEO Outlook menée par KPMG entre janvier et août de cette année, c’est-à-dire avant le déclenchement de la crise sanitaire, pendant le confinement et après la fin de ce dernier. Cette étude est particulièrement intéressante parce qu’elle est réalisée auprès de dirigeants d’entreprises d’une dizaine de pays et reflète donc le sentiment général de ces responsables quant à l’avenir de leurs entreprises.

On note, sans surprise, qu’entre janvier et juillet, leur niveau de confiance dans l’évolution de la situation économique au cours des deux ans qui viennent s’est fortement détérioré. Le paradoxe est que ces dirigeants sont beaucoup plus confiants dans la capacité de leur propre entreprise à surmonter la crise, ce qui témoigne de leur volonté de tout faire pour en sortir dans les meilleures conditions possible, afin de profiter à plein de la reprise de l’activité.

Une hiérarchie des risques bouleversée. Mais le plus intéressant est que la crise sanitaire a provoqué dans les entreprises une remise à plat de la cartographie de leurs risques. En janvier, deux catégories de risques concentraient l’attention des dirigeants ; ceux liés à l’environnement et ceux liés à la cybersécurité. En août, cette hiérarchie est totalement bouleversée, au profit du risque sur les talents et du risque sur la chaîne d’approvisionnement (supply chain), le premier l’emportant largement sur le second.

Les dirigeants ont pris conscience, dans une période de crise aiguë et soudaine, de l’importance de l’engagement de leurs collaborateurs, du caractère stratégique de leur sens de l’initiative, qui peuvent faire la différence entre une bonne et une moins bonne capacité de réponse aux crises

Cela signifie que les dirigeants ont pris conscience, dans une période de crise aiguë et soudaine, de l’importance de l’engagement de leurs collaborateurs, du caractère stratégique de leur sens de l’initiative, qui peuvent faire la différence entre une bonne et une moins bonne capacité de réponse aux crises. Il est probable que cet enseignement sera durable et qu’il incitera les entreprises à faire de leur politique de ressources humaines une priorité stratégique en cette période d’incertitude.

Quant au risque sur la supply chain, il est lui aussi porteur de changements profonds dans l’organisation des entreprises et peut préluder à des choix différents en termes de localisation des activités ou de diversification des sources d’approvisionnement.

Une hiérarchie des priorités redéfinie. Enfin, cette étude révèle un autre phénomène : l’attachement des dirigeants d’entreprises aux valeurs et aux engagements sociétaux et environnementaux. On aurait pu croire que l’urgence sanitaire, puis l’urgence économique auraient balayé toutes les autres préoccupations. Il n’en est rien. Les CEO affirment que cette crise les a amenés à vérifier que les objectifs de leur entreprise répondaient véritablement aux attentes de leurs parties prenantes. 80 % des dirigeants français (77 % à l’international) déclarent que leurs priorités sont aujourd’hui davantage en ligne avec la raison d’être de leur entreprise qu’avant la crise.

En sus du choc économique, la Covid-19 a donc créé un choc de valeurs, parce que la pandémie a frappé partout et qu’elle a révélé la fragilité de l’homme, de façon, hélas, très concrète pour beaucoup d’entre nous. Si l’un de ses effets indirects est de remettre les valeurs humaines au cœur des organisations, ce sera le signe que nous savons encore apprendre des crises et en faire émerger des raisons d’espérer dans l’avenir.

Jay Nirsimloo est président de KPMG France.

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