Terrorisme : la banalisation de la violence

Terrorisme : la banalisation de la violence

Dans « Homo terrorismus : les chemins ordinaires de l’extrême violence », l’ancien officier François Thuillier et l’universitaire Emmanuel-Pierre Guittet offrent une réflexion alternative sur le terrorisme et pointent les dangers de la politique actuelle.

Livre. Dans son ouvrage La Révolution antiterroriste. Ce que le terrorisme a fait de nous, paru en 2019, l’ancien officier des services antiterroristes François Thuillier avait décrit, avec justesse, l’émergence inquiétante d’une « République antiterroriste » après l’irruption des attaques djihadistes sur le sol des démocraties occidentales. Cette fois-ci associé à l’universitaire Emmanuel-Pierre Guittet, il approfondit son sujet en se focalisant sur la figure du terroriste dans Homo terrorismus : les chemins ordinaires de l’extrême violence. Une manière de sortir d’un prêt-à-penser sécuritaire stérile et, surtout, d’inviter chacun à regarder en face la « banalité du mal ».

Ce petit livre réveille notre vigilance. Ce n’est pas un traité savant sur l’histoire du terrorisme, il s’attache à en déconstruire la perception, souvent mythifiée. Il pointe aussi les dangers d’une réponse étriquée de l’Etat face à cette violence qui a vampirisé les esprits. Pour ce faire, les auteurs ne s’appuient pas sur des procès-verbaux d’enquêtes judiciaires, ils associent expérience du terrain – pour l’un d’eux – et sciences sociales, cultures française et anglo-saxonne sur le sujet. Ils offrent ainsi une vraie réflexion alternative sur le terrorisme. « Nous disons, écrivent-ils, qu’il y a bien plus d’ordinaire que d’extraordinaire derrière le terme terrorisme. »

En examinant rapidement les différentes formes du terrorisme moderne, ils rappellent que les djihadistes n’ont pas le monopole de la « transnationalisation de la violence ». Les combattants étrangers qui ont rejoint l’Espagne en 1936, pour défendre la République, n’avaient rien à voir avec l’islam. C’est la révolution iranienne, en 1979, et surtout la « politisation du djihad » en Arabie saoudite, notamment après l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques, qui changent la donne et ouvrent un nouveau chapitre de cette violence dite « circulaire ». La guerre civile algérienne, au début des années 1990, a accentué ce mouvement.

Comme un manuel d’éducation contre la peur, l’ouvrage livre ensuite des clés utiles pour se défaire de l’effet sidérant de l’attentat. « L’attentat ne dit rien en soi. (…) L’acte violent absorbe les raisons et devient une obsession univoque qui contraint le questionnement à partir de la brutalité de l’événement. » L’attentat n’est pas un crime de rôdeur, c’est une construction intellectuelle qui peut et doit être décrite pour être combattue.

 

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