«L’indécence du football moderne »

«L’indécence du football moderne »

Fustigeant l’augmentation des droits audiovisuels, du prix des places dans les stades ou encore le salaire des joueurs, Olivier Caremelle, adjoint à la mairie de Lille, propose dans une tribune au « Monde », deux mesures régulatrices : interdire l’achat et la vente de joueur ressemblant à la vente d’esclaves, et limiter la rémunération de ces derniers à 30 000 euros.

Tribune. La question du poids de l’argent dans le sport, et notamment le football, n’est pas nouvelle. Elle a suivi, crescendo, la montée en puissance des médias, la création des chaînes de télévision et, évidemment, celle d’Internet qui a repoussé les limites des diffusions.

Il est ainsi aujourd’hui possible, lorsque l’on est amateur de football, de regarder peu ou prou n’importe quel match, à n’importe quelle heure, à la condition de payer.

L’ancien directeur général de la Ligue de football professionnel (LFP), Didier Quillot, pouvait ainsi s’extasier il y a quelques semaines sur l’accord des droits TV, générant des ressources nouvelles pour les clubs et la Ligue. Les droits pour la Ligue 1 sont aujourd’hui de 1,15 milliard d’euros (2020-2024) contre 375 millions d’euros pour la saison 2004-2005 et 122 millions en 1998-1999, soit une multiplication par dix en vingt ans !

Cette nouvelle manne, censée alimenter les clubs et participer à leur bon état de santé financière, pose pourtant quelques interrogations, notamment sur la capacité des usagers à voir et donc à payer.

Elle semble déjà lointaine, l’arrivée en France du groupe Canal+, en 1984, acteur historique de la diffusion de tous les matchs de l’ancienne D1, puis au début des années 2000, de ceux de la Ligue des champions et des grands championnats étrangers.

La conséquence logique de ce grand marché libéral ? L’augmentation du panier moyen pour chaque téléspectateur afin de s’abonner, si ce dernier en a évidemment les moyens.

 

Ainsi, pour la prochaine saison 2020-2021, « le juste prix » de la facture totale montera jusqu’à une centaine d’euros, répartis entre un abonnement mensuel à Canal+ (20 euros), à BeIN Sports (15 euros), à RMC Sport (25 euros), et enfin au nouvel acteur espagnol Mediapro, à 25 euros. 

Toutes les grandes ligues européennes profitent en effet d’une situation de monopole qui leur permet de « saucissonner » les offres pour multiplier les lots et, donc, les rentrées financières. Ainsi, l’arrivée d’un nouvel opérateur sur le marché, tel Mediapro, dope le marché pourtant déjà concurrentiel à souhait. Quitte à ce que les opérateurs, conséquence de leur surenchère, doivent ensuite trouver de nouveaux accords comme celui récent entre Mediapro et Netflix.

Tout cela conforte, pour l’instant, la bulle spéculative autour des droits du football et devrait réjouir les grands décideurs du football français et les clubs dont les dotations vont en effet augmenter.

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