« Petites entreprises : une insuffisance de poids politique »

« Petites entreprises : une insuffisance de poids politique »

Le sociologue Michel Offerlé estime, dans une tribune au « Monde », que si les petites entreprises sont incontournables sur le territoire, elles ne parviennent

Tribune. La pandémie a produit un effet de loupe sur les mondes patronaux. Sur les clivages divisant les entreprises, sur leurs intérêts divergents, sur les inégalités traversant les patronats.

Comment s’en sortir ? Ce que les patrons ont pu faire, et faire faire, pendant, et après, renvoie à des situations très contrastées selon les capitaux et les relations qu’ils peuvent mobiliser. Entre le PDG de Total et le carreleur de Bressuire, les possibilités de surmonter la crise sur le long terme sont incommensurables. Il faudrait analyser ici le nuancier des situations patronales. De la déréliction, la décompensation à la débrouillardise individuelle, de l’inaction collective à la prise en charge par des grandes entreprises soucieuses de préserver leurs filières ou à l’action des organisations patronales, diversement capables d’intervenir concrètement pour le plus grand nombre.

Ce sont également des déséquilibres gigantesques dans l’accès à l’information et aux aides publiques, et des professions montrées du doigt, banquiers bien sûr comme à l’accoutumée chez les petits patrons, mais aussi assureurs et donneurs d’ordre, qui ont pu profiter des circonstances pour imposer des conditions drastiques et des délais de paiement délétères. La solidarité entre patrons, rappelée par les organisations patronales durant la crise, n’est jamais un long fleuve tranquille.

Ces organisations sont incontournables, c’est vers elles que les pouvoirs politiques et les médias se tournent pour « faire parler les patrons ». Mais elles sont loin de représenter tous les patrons, comme l’a montré l’enquête de représentativité de 2017. Certes, on est là à des taux d’adhésion honorables dans le contexte français, mais beaucoup d’adhérents ignorent qu’ils adhèrent à une confédération nationale (l’adhésion se fait par les fédérations, et pour des raisons consuméristes). Et les chiffres revendiqués avant 2017, 750 000 pour le Medef, 550 000 pour la CGPME et 300 000 pour l’Union professionnelle artisanale (UPA, devenue U2P, regroupant artisans et professions libérales) ont été balayés par le réalisme de la pesée : respectivement 123 000 Medef, 144 000 CGPME, 150 000 U2P.

La CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) est une pièce centrale dans la représentation des petits patrons, même si le Medef prétend s’appuyer d’abord sur le tissu des entreprises enracinées dans des territoires et si l’UPA revendique d’être la voix des tout petits, de l’artisanat et de la proximité.

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