Prospective-Grande distribution en 2030

Prospective-Grande distribution en 2030

Jean-Philippe Kosmala, consultant dans le secteur de la grande distribution, imagine l’état du secteur à l’aube de la prochaine décennie. Selon lui, les enseignes qui n’auront pas anticipé leur nécessaire transformation auront disparu.(Tribune dans les Échos)

 

 

« L’épidémie de Covid-19 des années 2020 aura été destructrice pour la grande distribution. La plupart des enseignes, fondées durant les «Trente Glorieuses», ont continué de fonctionner selon leur ancien logiciel : c’est l’emplacement qui définit le succès d’un commerce.

Or l’envol du commerce en ligne, qui frôle en cette année 2030 les 25 % de part de marché (contre moins de 10 % en 2020) et l’évolution des comportements change profondément la donne. Les Français réclament des magasins plus proches de chez eux, moins grands (fini la corvée de course de plusieurs heures le samedi !) et qui proposent dans un délai de 24 à 48 heures tout ce que l’on trouve sur internet.

Plombées par leurs actifs surdimensionnés (immobilier et équipes centrales pléthoriques, peu agiles et mal formées au e-commerce) la plupart des enseignes ont multiplié les plans de départ et les cessions d’actifs sans réussir à redresser la barre durablement. C’est ainsi qu’un de nos fleurons de la grande distribution à la française a été vendue à la découpe en 2028, sur fond de déboires financiers.

Puisque qu’il y a dans chaque crise une opportunité, certaines enseignes ressortent gagnante de cette décennie 2020 de grande chambardement. Les magasins à bas prix se multiplient : Lidl et Aldi, Zeeman, Action, Normal et leurs semblables. Leur point commun : des coûts compressés (notamment au niveau du personnel et des structures centrales) et un assortiment à bas prix, mais suffisamment qualitatif (présence de marques nationales par exemple) pour attirer les classes moyennes et populaires appauvries par une dix années de stagnation économique.

A l’autre bout du spectre, Amazon et Alibaba bien sûr, mais également les enseignes françaises et européennes ont su prendre le virage serré du phygital [contraction de commerce physique et digital, NDLR]) en investissant dans des outils web efficaces et en redimensionnant leur parc immobilier pour multiplier les formats de proximité. Sans oublier les marques-enseignes ayant su par leur assortiment différenciant et leur image créer une relation préférentielle avec les Français : Ikea, Picard ou Decathlon, mais également une myriade demarques née du numérique, pour la plupart inconnues ou balbutiantes 10 ans auparavant.

Entre ces deux modèles, un vaste cimetière. La «retail apocalypse», née aux Etats-Unis avec la faillite de mastodontes tels que Sears ou Toys’R'Us (2018) a fini par atteindre l’Europe, condamnant les enseignes n’ayant pas compris ou pas su prendre le virage qui s’imposait pourtant.

Acteurs de la distribution français, où vous situerez-vous dans 10 ans ? Êtes-vous sûr d’avoir identifié les profonds changements économiques, sociologiques et comportementaux qui font que vos clients de demain seront radicalement différents de ceux d’aujourd’hui ? Quelle évolution de votre positionnement avez-vous prévu en conséquence ? En avez-vous identifié les moyens, les chantiers et les ressources à mettre en œuvre ? Ou espérez-vous simplement passer entre les gouttes, trop pris par le quotidien pour penser à un avenir si compliqué ?

Jean-Philippe Kosmala est consultant dans le secteur de la grande distribution.

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