Lagardère sauve sa peau… pour un temps !

Lagardère sauve sa peau… pour un temps !

 

C’est la seconde fois en très peu de temps que Lagardère sauve sa peau. La dernière fois c’était il y a quelques semaines quand Lagardère était menacé de perdre le pouvoir sous la pression du fonds spéculatif Ambert . Grâce à Sarkozy, Bolloré était entré au capital de Lagardère pour s’opposer aux velléités du fonds. Lagardère n’a cependant pas tenu ses engagements vis-à-vis de sa société de commandite qui lui permet de demeurer à la tête de son groupe.  Bolloré s’est donc allié avec le fonds spéculatif pour tenter d’éjecter Lagardère de la direction de son groupe. Lagardère a cependant réagi juridiquement et financièrement. Il a en outre bénéficié de l’appui financier de Pinault . Il a pris de vitesse tout le monde avec une réunion anticipée des organes de direction. Lundi après midi, un conseil de surveillance du groupe Lagardère s’est réuni pour renforcer ses actions stratégiques face à la crise du covid et réorganiser sa gouvernance.

Côté opérationnel, le groupe Lagardère réaffirme sa stratégie assise sur deux pôles : l’édition et le Travel Retail. Pour le Travel Retail, touché de plein fouet par la crise du covid qui paralyse le trafic aérien, le groupe a mis en place des mesures qui évitent de consommer trop de cash. Au premier semestre 2020, le groupe avait brûlé 587 millions de liquidités. La filiale travel retail a donc négocié avec certains propriétaires d’aéroports un partage des revenus en contrepartie de la suppression des loyers. Pour l’édition, le groupe se dit prêt à saisir toutes les opportunités de croissance et officialise ainsi sa candidature au rachat de l’éditeur américain Simon & Schuster valorisé à près d’un milliard d’euros. Un pari extrêmement audacieux au moment où le groupe Lagardère a creusé sa dette à plus de 2 milliards d’euros et ne dispose plus que de 1 milliard d’euros de trésorerie et de lignes de crédit.
Au niveau de la gouvernance, le groupe a décidé de faire entrer à son nouveau conseil de gérance les deux responsables des branches d’activité : Arnaud Nourry, le patron de Hachette Livre et Dag Rasmussen, celui du travel retail.

Surtout, le conseil de surveillance a reconduit le mandat de gérant d’Arnaud Lagardère pour 4 ans, devançant ainsi l’échéance qui était prévue en mars 2021

Cela devrait réactiver le conflit ouvert par Vivendi et Amber Capital. Le 10 août, les deux premiers actionnaires (23,5% pour Vivendi et 20 % pour Amber) ont passé un accord pour demander la convocation d’une nouvelle Assemblée générale afin d’entériner la nomination de 4 nouveaux membres au conseil de surveillance (trois pour Amber Capital et 1 pour Vivendi). Les deux alliés ont jusqu’au 20 août pour formuler cette demande auprès du groupe Lagardère. En cas de refus de ce dernier, Vivendi et Amber porteront leur demande devant le tribunal de commerce. Le but des deux nouveaux alliés est de forcer Arnaud Lagardère à renoncer à sa commandite, structure juridique qui lui permet de maintenir son contrôle sur le groupe même s’il ne dispose que de 7,26 % du capital. Mais, en renouvelant par anticipation le mandat d’Arnaud Lagardère, le conseil de surveillance coupe l’herbe sous le pied d’Amber et de Vivendi qui voulaient y mettre fin.

Le sauvetage pourrait bien être temporaire, Lagardère a en effet reconnu être endetté à hauteur de 215 millions d’euros alors que sa participation dans Lagardère ne vaut plus que 145 millions d’euros. Lagardère peut sans doute compter sur l’appui de Macron qu’il a aidé lors de la prise du pouvoir et qu’il continue de soutenir dans les médias qu’il détient.

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