Un vaccin russe sur les critères du KGB

Un  vaccin russe sur les critères du KGB

 

Poutine, ancien responsable du KGB, applique les mêmes méthodes dans tous les domaines, politique, économique ou même scientifique. Ainsi n’hésite-t-il pas à violer toutes les règles scientifiques pour imposer par la force un vaccin russe. Poutine s’assoit sur toutes les règles et tous les protocoles en faisant l’économie de la période d’essai suffisante pour vérifier l’efficacité d’un vaccin et les contre-indications possibles. L’absence de données publiques sur le vaccin russe, notamment en terme de fabrication, de sécurité, de l’immuno-réponse et de prévention de l’infection par le COVID-19, prive les scientifiques, les autorités sanitaires et le public de données essentielles.

Ayfer Ali, spécialiste de la recherche pharmaceutique à la Warwick Business School, en Grande-Bretagne, a mis en garde contre les effets indésirables potentiels d’un vaccin approuvé aussi rapidement. François Balloux, expert à l’Institut Génétique de l’UCL, estime pour sa part qu’il s’agit d’”une décision imprudente et stupide”.

“La vaccination de masse avec un vaccin testé de façon inappropriée est contraire à l’éthique”, a-t-il ajouté.

“Tout problème lié à la campagne de vaccination russe serait désastreux, à la fois en raison de ses effets négatifs sur la santé, mais aussi parce qu’il retarderait davantage l’acceptation des vaccins par la population.”

Une analyse partagée par Danny Altmann, professeur d’immunologie à l’Imperial College de Londres, pour qui les “dommages collatéraux” liés à la diffusion de tout vaccin dont la sécurité et l’efficacité ne sont pas encore connues “exacerberaient de manière insurmontable nos problèmes actuels”. “Normalement, il faut qu’un grand nombre de personnes soient testées avant d’approuver un vaccin”, a dit Peter Kremsner, expert de l’hôpital universitaire de Tuebingen en Allemagne qui travaille sur les études cliniques du candidat vaccin pour CureVac.

Pour Keith Neal, spécialiste de l’épidémiologie des maladies infectieuses à l’université britannique de Nottingham, “il est impossible de savoir si le vaccin russe s’est avéré efficace sans la publication des documents scientifiques à analyser”.

Tandis que la Russie se félicite de son vaccin, plus d’une demi-douzaine de laboratoires à travers le monde sont en train de mener des essais pour un potentiel vaccin anti-COVID-19. Plusieurs de ces fabricants, dont Moderna, Pfizer et AstraZeneca, espèrent démontrer l’efficacité et la sûreté de leurs vaccins d’ici la fin de l’année.

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