La coopération:pas la guerre Nicolas Forissier (chronique l’Opinion)

La coopération:pas la guerre Nicolas Forissier (chroniue l’Opinion)

 

L’Europe est aujourd’hui le champ de bataille de la guerre commerciale sino-américaine. Alors que les entreprises chinoises ont de plus en plus de difficultés à avoir des débouchés commerciaux aux Etats-Unis, l’Europe et ses 500 millions de consommateurs deviennent pour elles un marché prioritaire. Les Etats-Unis s’opposent avec virulence à cette alternative et pèsent de tout leur poids pour dissuader les pays européens de maintenir des relations commerciales solides avec la Chine et les entreprises chinoises. L’exemple de Huawei est éloquent : en quelques mois, cette entreprise internationale est devenue un trophée guerrier. Mais il ne faut pas oublier que derrière ce symbole, il y a un véritable enjeu pour les entreprises françaises présentes en Chine.

Coopération. Pour tenter d’échapper à cet étau entre l’Orient et l’Occident, les dirigeants européens mettent en avant un mot magique, « la souveraineté », et une ambition, « construisons notre souveraineté » déclinée sous tous les vocables, économiques, sociaux, Soyons réalistes , compoosn vec la chine et les Etats Unis plade Nicolas Forissier, député LR de l’Indre, rapporteur spécial du commerce extérieur qui privigie surtout la prblématique du bisiness.

l’Europe ne gagnera pas à s’obstiner là où elle a échoué ces dernières années, c’est-à-dire se construire sans les Etats-Unis, ni la Chine. L’intérêt principal des Etats européens est de quitter le champ de bataille et de préserver leurs accords commerciaux, avec l’objectif de soutenir ses entreprises et de créer de nouvelles synergies. La souveraineté passe aussi par la coopération technologique. Les investissements très importants consentis par la Chine sont une chance pour l’Europe. Pour cela elle doit nouer des partenariats vertueux sur la base du partage équilibré des efforts de recherche et développement, et de leur application dans notre production industrielle.

Le coût d’une dégradation des relations avec la Chine serait trop lourd à supporter pour l’Europe et les premières victimes seront les entreprises françaises et européennes

Ce rôle, l’Europe ne pourra le jouer que si ses Etats-membres, au premier rang desquels la France, adoptent une posture pragmatique : sans naïveté, mais sans frilosité. Le coût d’une dégradation des relations avec la Chine serait trop lourd à supporter pour l’Europe et les premières victimes seront les entreprises françaises et européennes.

La Chine a ouvert très largement son marché aux entreprises françaises et européennes. Il n’y a plus de 2 100 entreprises françaises installées en Chine et parmi elles les plus beaux fleurons de l’entrepreneuriat français. Le marché asiatique représente plus de 40 % du chiffre d’affaires de Pernod-Ricard, avec une progression de 21 % en Chine en 2019. Nokia et Ericsson équipent 20 % des réseaux télécoms chinois.

Ces débouchés sont essentiels alors que la balance commerciale entre la France et la deuxième puissance économique mondiale se creuse, à près de 30 milliards d’euros et constitue, pour la France, la première cause de déficit commercial.

La réciprocité est la seule méthode pour équilibrer cette balance commerciale. Elle va dans les deux sens. Si notre politique se durcit contre les entreprises chinoises, la Chine agira sur le même levier, dans le même sens.

. L’Allemagne l’a bien mesuré. Son approche pragmatique, sans naïveté, lui permet d’enregistrer un excédent commercial de 20 milliards d’euros avec la Chine. Elle a bien compris que la compétitivité de ses entreprises sera dopée par la 5G, notamment dans le domaine de la robotique qui a besoin de connexions rapides et fiables. Le déploiement de la 5G en Espagne a commencé dès juin 2019. La France tergiverse et n’a toujours pas affecté les fréquences 5G à ses opérateurs télécoms.

Alors que faire ?

D’abord ne pas être naïf. La France a développé un cadre réglementaire strict pour garantir cette souveraineté sur les savoir-faire de nos entreprises : faisons-lui confiance et engageons des collaborations exigeantes mais efficaces.

Ensuite mobiliser toutes les ressources disponibles pour relancer notre économie et lui donner le visage de demain. Ici encore il y a de vraies synergies à développer avec les entreprises chinoises, qui cherchent de nouveaux partenariats pour pallier les interdictions américaines : innovation, investissement, débouchées commerciaux… Qwant, le moteur de recherche internet français, a su saisir cette opportunité en équipant les derniers téléphones construits par Huawei. De ce point de vue, le volet de déploiement extérieur et d’internationalisation de nos PME, prévu dans le plan de relance que prépare le gouvernement, doit être une priorité absolue. Le commerce extérieur ne doit plus être le parent pauvre, comme trop souvent par le passé. Il porte 25 % du PIB français, faut-il encore le rappeler ?

Il faut ajuster nos objectifs : la guerre sino-américaine n’est pas la nôtre, mais la compétitivité de nos entreprises est bien une bataille que nous devons gagner.

La tradition française est de maintenir sa capacité de jugement face aux pressions étrangères. La France pourrait jouer un rôle moteur dans la définition d’une stratégie européenne équilibrée vis-à-vis de la Chine et se poser en exemple du pragmatisme à adopter, sans naïveté, avec les entreprises internationales.

Nicolas Forissier, député LR de l’Indre, rapporteur spécial du commerce extérieur.

 

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