Le confinement efficace ?

Le confinement efficace ?

 

Roland Salmon

Le Dr Roland Salmon,épidémiologiste, dans une tribune au « Monde », met en doute la fiabilité du modèle mathématique de l’Imperial College de Londres sur le Covid-19, qui sert de justification scientifique aux politiques de confinement.( le Monde)

 

Tribune. « Dans ce cas, gardez vos remèdes. Je ne veux pas avoir deux maladies, celle qui me travaille et celle que vous me donnerez », aurait rétorqué Napoléon à son dernier médecin, le docteur Antommarchi, rapporte celui-ci dans ses mémoires. Cette boutade pourrait s’appliquer à une population entière. La France et la Grande-Bretagne font l’expérience d’un confinement à domicile historique, dont le coût est évalué 350 milliards de livres sterling en Grande-Bretagne et 345 milliards d’euros en France, selon les indications des gouvernements.

Comment cette politique, imposée avec enthousiasme, est-elle susceptible d’évoluer ? La question se pose au moment où, en en France, le Conseil scientifique Covid-19 conseille à l’exécutif de prolonger le confinement à six semaines et où, au Royaume-Uni, le gouvernement promet de réfléchir à sa position dans les jours à venir.

Tort aussi souvent que raison

Dans les deux pays, c’est le modèle mathématique de l’Imperial College de Londres sur le Covid-19 qui a joué un rôle déterminant dans l’avis des experts. Ce modèle suggère actuellement qu’en Grande Bretagne, la vague épidémique puisse s’étaler sur une durée de douze à trente-deux semaines, pendant laquelle serait privilégié le confinement, l’objectif étant de limiter la surcharge des services de réanimation en ralentissant la circulation du virus.

Mais ce modèle est-il vraiment fiable ? L’Imperial College entretient des liens historiques avec les décideurs scientifiques britanniques et bénéficie d’une aura d’infaillibilité. Pourtant, dans ses prédictions sur l’évolution des grandes épidémies des trente dernières années, l’équipe de l’Imperial College a eu tort presque aussi souvent qu’elle a eu raison. Ses chercheurs ont prédit avec succès les épidémies évitables par l’immunisation (la rougeole, notamment), mais ont obtenu sur d’autres crises sanitaires des résultats mitigés.

Lors de la crise dite de la « vache folle », ils ont ainsi prédit, avec précision la date (mais pas l’ampleur) du pic de l’épidémie d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Ils ont aussi surestimé de six fois l’impact du VIH (sida) et, sur la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (la forme humaine de la maladie de la vache folle), ils ont cité une fourchette d’estimations variant de quelques dizaines de cas à des dizaines de milliers.

Pour ces deux crises sanitaires, d’autres groupes, utilisant des approches plus simples, ont fait des estimations plus exactes. Dans l’épidémie de fièvre aphteuse, en Grande-Bretagne en 2001, le plaidoyer de l’Imperial College pour l’abattage du bétail dans les fermes voisines a d’abord été loué pour avoir raccourci l’épidémie, mais des analyses ultérieures ont suggéré que le pic était déjà passé avant l’application de cette politique.

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